Le livre de mormon

Ayant connu plusieurs membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, j’ai eu plusieurs occasions de discuter et d’étudier avec eux au sujet de leur foi. J’ai passé de nombreuses heures à étudier leurs écritures et d’autres publications mormones. Bien que j’aie vu en toutes ces personnes beaucoup à admirer, je n’ai pa vu – ni dans les écrits, ni dans nos entretiens – de quoi me convaincre de la vérité de leur message. Au contraire, je pense qu’un examen objectif des arguments pour et contre pourrait démontrer aux membres de l’Église Mormone que leur foi n’est pas fondée sur la vérité.

Je ne demande jamais aux hommes de croire aveuglément à la Bible: elle ne craint pas l’examen objectif des faits. Examiner la Bible à la lumière des découvertes de l’archéologie, l’histoire profane, la science, et la linguistique ne fait qu’augmenter ma confiance en elle. Si le livre de Mormon était, elle aussi, inspiré de Dieu, je m’attendrais à la même sorte de confirmation de sa fidélité. Ce n’est pas ce que je trouve.

Les amis mormons m’ont toujours demandé de prier Dieu et lui demander un témoignage en faveur du Livre de Mormon. Je peux dire que je l’ai fait dans la sincérité, sans recevoir de confirmation quelconque. Mais il faut dire que si cette confirmation venait en forme de sentiment que Dieu me disait de croire à ce livre, je serais obligé de mettre en doute ce sentiment si un examen objectif des faits, et surtout de la Bible, démentait ce «témoignage». Je dis cela parce que les sentiments sont souvent trompeurs. Beaucoup de personnes prétendent avoir un «sentiment dans le cœur» qu’elles sont sauvées, et pourtant, elles n’ont pas accompli les conditions du salut précisées dans la parole de Dieu. Les Juifs de Bérée, dont nous lisons en Actes 17.11, ont démontré leur caractère noble en ceci: «ils examinaient chaque jour les écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact.» Pour vérifier un message il faut examiner, non pas son propre cœur, mais les Saintes Écritures. 

L’origine prétendue et le contenu du Livre de Mormon

Dans les premières pages de chaque exemplaire du Livre de Mormon se trouve l’explication que fournit Joseph Smith, fondateur de l’Église Mormone, concernant l’origine de ce livre. Smith, que les Mormons considèrent être un prophète, prétendit avoir reçu, à l’âge de 18 ans, la visite d’un ange du nom de Moroni. Ce fut en 1823 dans l’état de New York. Ce messager lui dit qu’il existait un livre caché, écrit sur des plaques d’or, donnant l’histoire des anciens habitants de l’Amérique. Il dit aussi que la plénitude de l’évangile éternel y était contenue, telle qu’elle avait été donnée par le Sauveur à ces anciens habitants. Les plaques lui furent montrées, mais ce fut quatre ans plus tard que le messager céleste lui permit de les enlever de leur place et lui donna les moyens miraculeux de traduire leur contenu de la langue «égyptienne réformée» en anglais. L’œuvre fut publiée en 1830.

Il n’y a aucun moyen de vérifier ce récit, car, selon Smith, l’ange lui a repris les plaques après qu’il avait fini de les traduire et elles ne se trouvent plus sur la terre. Il est vrai qu’onze hommes, dont les noms figurent au début de chaque exemplaire du Livre de Mormon ont attesté qu’ils avaient bien vu les plaques d’or; trois d’entre eux ont prétendu avoir vu un ange. Il est difficile de respecter le témoignage de ces hommes quand on considère que la plupart des témoins sont tombés dans l’apostasie du point de vue mormon. Oliver Cowdery devint plus tard méthodiste, reconnut qu’il avait commis une erreur, implora le pardon et dit qu’il avait honte d’avoir été associé au mormonisme. David Whitmer fut accusé par ses associés mormons d’être menteur, voleur, tricheur, fabricant de faux billets et d’avoir jeté le discrédit sur son témoignage. Martin Harris changea huit fois sa position religieuse, y compris des conversions à d’autres religions après être devenu mormon.

Pour ce qui est du contenu, le Livre de Mormon donne l’histoire de trois groupes de personnes qui auraient quitté la Palestine pour se rendre en Amérique. Le premier groupe, les Jaredites, partit vers le temps de la Tour de Babel (2200 av. J.-C.) et donc aurait échappé à la confusion des langues décrite en Genèse 11. Ils traversèrent l’océan Atlantique dans huit petits bateaux avec l’aide miraculeuse de Dieu. Ce peuple se détruisit complètement au cours d’une bataille à la colline de Cumorah. Deux millions de personnes – toute la nation – périrent donc avant l’arrivée du deuxième groupe d’immigrants. Ce groupe était le moins important des trois. C’étaient des Juifs sous la conduite d’un fils du roi Sédécias vers le temps de la captivité des Juifs en Babylonie. Ils ne restèrent pas fidèles à Dieu, n’ayant pas apporté avec eux les Saintes Écritures.

Le troisième groupe aurait quitté la Palestine vers 600 av. J.-C. sous la direction d’un prophète appelé Léhi. Environ 23 personnes arrivèrent avec lui en Amérique. Deux parties distincts se formèrent bientôt: les Lamanites (des méchants) et des Néphites (des bons). La plupart du Livre de Mormon concerne les luttes entre ces deux factions. Dieu punit les Lamanites en rendant leur peau d’une couleur sombre, mais les Néphites écoutaient les prophètes que Dieu leur envoyait. Pendant les trois jours que Jésus passa au tombeau, il apparut (selon le livre de Mormon, bien sûr) au peuple en Amérique, où il exerça un ministère d’enseignement et de guérison. Il donna le Saint-Esprit et choisit 12 apôtres. L’Église prospéra en Amérique pendant deux siècles, mais beaucoup reprirent les mauvaises habitudes de leurs ancêtres. Entre 400 et 421 apr. J.-C. une deuxième bataille à la colline de Cumorah vit la mort de 230.000 hommes. Tous les justes périrent, et les autochtones (Indiens américains) que les Européens trouvèrent en Amérique des siècles plus tard seraient les descendants des méchants Lamanites (à la peau sombre) qui survécurent.

Disons en passant que les Mormons ont produit d’autres livres qu’ils considèrent inspirés de Dieu: Doctrines et alliances (composés de révélations modernes données à Joseph Smith et ses successeurs) et La perle de grand prix, qui comporte les articles de foi de l’Église mormone, d’autres écrits de Joseph Smith (tel que le récit de sa première vision), et des écrits d’Abraham et de Moïse.

Qu’est-ce qui pousserait quelqu’un à rejeter les prétentions des Mormons à l’égard de leur livre?

Problèmes linguistiques

À part le Livre de Mormon, il n’existe aucun autre document en langue «égyptienne réformée». Les originaux à partir desquels Smith aurait traduit son livre ne sont pas disponibles pour qu’on les examine aujourd’hui. L’existence même de cette langue doit donc être mise en doute. Si l’on voulait admettre la possibilité de son existence, on serait toujours confrontés à plusieurs invraisemblances: Pourquoi des Juifs, qui avaient déjà un meilleur système d’écriture que les Égyptiens, auraient-ils daigné préserver des écrits sacrés dans une langue païenne? Pourquoi ne trouve-t-on pas d’autres écrits égyptiens en Amérique? Si l’ancienne Amérique fut habitée par des Hébreux qui employaient aussi la langue égyptienne, comment peut-on expliquer l’absence totale de mots et d’influence hébreux et égyptiens dans les langues des Indiens américains?

Un texte écrit par des Juifs qui auraient quitté la Palestine avant la captivité babylonienne (au début du 6e siècle av. J.-C.) ne pourrait pas contenir des mots et des noms grecs. En effet, l’influence grecque ne se fit ressentir en Palestine qu’après la conquête d’Alexandre le Grand, presque 300 ans plus tard. Mais le Livre de Mormon contient plusieurs mots grecs: alpha et oméga (3 Néphi 9.18), Timothée et Jonas (3 Néphi 19.4), synagogue (2 Néphi 26.26), etc. D’ailleurs, l’institution de la synagogue ne fut créée par les Juifs qu’après la déportation à Babylone: par quel moyen les Juifs «américains» du livre de Mormon en auraient-ils eu connaissance?

Là où il est possible de vérifier le travail de Joseph Smith comme traducteur, on trouve que ce qu’il appelle une traduction ne correspond nullement au sens du texte qu’il prétendait avoir traduit. Il s’agit du Livre d’Abraham, une partie du Perle de grand prix. En 1966 le papyrus que Smith «traduisit» et auquel il donna le titre de «Livre d’Abraham» fut retrouvé au Musé Métropolitain d’Art de New York, et reconnut comme tel par les responsables de l’Église Mormone. À l’époque de Smith, personne en Amérique n’était en mesure de valider ou d’invalider sa traduction, car ce n’était qu’à partir des années 1830 que Champollion, en Europe, arriva à déchiffrer les hiéroglyphes (caractères d’écriture égyptiens). Les experts modernes qui examinèrent le papyrus en question déclarèrent qu’il comporte, en fait, «un livre de soufflements et deux livres des morts», se rapportant aux croyances égyptiennes à l’égard de l’existence après la mort. Le texte ne contient aucune référence à Abraham, ni aux choses décrites dans la «traduction» de Smith.

Conflits avec la Bible

Nous avons déjà cité l’exemple des Béréens que la Bible félicite parce qu’ils «examinaient chaque jour les écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact» (Actes 17.11). Pour celui qui accepte l’inspiration de la Bible, tout livre qui n’est pas en harmonie avec elle ne pourrait jamais être reconnu comme étant la parole de Dieu, Celui qui ne se contredit pas.

Il y a plusieurs points où le Livre de Mormon ne s’accorde pas avec la Bible. Tout lecteur de la Bible sait que selon l’évangile (Matthieu 2.1-6) et selon les prophètes de l’Ancien Testament (Michée 5.1,2), Jésus-Christ devait naître à Bethléhem, la ville de David, son ancêtre. Le Livre de Mormon, par contre, place la naissance du Sauveur à Jérusalem (Alma 7.10). Ce ne sont pas deux appellations pour la même ville.

La Bible parle en Genèse et dans l’Épître aux Hébreux d’un personnage assez mystérieux du nom de Melchisédek. Un fait très remarquable à son sujet, c’est qu’il «est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie» (Hébreux 7.1-3). Le Livre de Mormon, par contre, dit au sujet de Melchisédek: «il régna sous son père» (Alma 13.18).

En bas de chaque page du Livre de Mormon l’on trouve la date des événements décrits. Il est donc intéressant de constater que ce qui est relaté en Mosiah 18.17 eut lieu en l’an 147 av. J.-C.  Ce verset dit: «Et désormais ils furent appelés l’Église de Dieu ou l’Église du Christ. Et quiconque était baptisé par le pouvoir et l’autorité de Dieu était ajouté à son Église.» Et pourtant, en Matthieu 16.18 Jésus dit pendant son ministère terrestre (27-30 apr. J.-C.) «je bâtirai mon Église». Remarquez bien qu’il met son verbe au temps futur, car son Église n’était pas encore établie. Le Nouveau Testament, en effet, ne remplaça l’ancienne loi mosaïque qu’après la mort de Christ: «Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testateur vit.» C’est ainsi que dans la Bible l’Église n’est mentionnée comme une réalité présente qu’à partir du jour de la Pentecôte (l’an 30 apr. J.-C.) en Actes 2.

Un autre anachronisme évident dans le Livre du Mormon, quand on le compare à la Bible, est l’emploi du nom «chrétien»: «Ceux qui appartenaient à l’Église étaient fidèles; oui, tous ceux qui croyaient vraiment au Christ prirent avec joie le nom du Christ ou de chrétiens qu’on leur donnait.» Ce fut, selon la date en bas de la page, en 73 av. J.-C. Mais la Bible dit catégoriquement en Actes 11.26: «Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens.» Ce fut donc plusieurs années après la mort et la résurrection du Christ, et à Antioche (en Syrie) plutôt qu’en Amérique. Peut-on vraiment croire que le Livre de Mormon ait raison de parler de chrétiens avant Christ?

Problèmes internes

Le contenu du Livre de Mormon présente des problèmes même en dehors de ses contradictions avec la Bible. Il y a, par exemple, ce passage en 2 Néphi 5.15: «Et j’enseignai à mon peuple l’art de bâtir des maisons et de faire toutes sortes d’ouvrages en bois, en fer, en cuivre, en airain, en acier, en or, en argent, et en minerais précieux qui étaient en grande abondance.» Où est le problème? Le verset suivant, qui dit: «Et moi, Néphi, je bâtis un temple et je le construisis sur le modèle du temple de Salomon, à part qu’il ne fut pas construit de tant de choses précieuses, parce qu’on ne pouvait pas les trouver dans le pays.» On se demandera naturellement laquelle de ces deux déclarations est vraie, car on a du mal à les concilier.

En Mosiah 12.1 on trouve ce récit curieux: «Au bout de deux ans, Abinadi vint parmi eux, déguisé de manière à ne pas être reconnu. Il commença à prophétiser parmi eux, disant: Le Seigneur m’a donné ce commandement — Abinadi, va, prophétise parmi ce peuple, car il s’est endurci son cœur contre ma parole.» On se demande bien pendant combien de temps ce déguisement a réussi à cacher l’identité du prophète!

Encore, essayez d’imaginer, si possible, la scène décrite dans ces versets: «Et quand Coriantumr se fut appuyé sur son épée pour se reposer un peu, il coupa la tête de Shiz. Et quand il eut coupé la tête à Shiz, Shiz se souleva sur les mains et tomba; et après avoir essayé de respirer, il mourut» (Ether 15.30,31). Un homme décapité, peut-il essayer de respirer?

Et que penser de ce passage fameux du livre de Mormon? Ne semble-t-il pas que ce livre «sacré» fut écrit par une personne raciste plutôt qu’un Dieu qui aime TOUS les hommes qu’il a créés, quelle que soit leur race? «Et il avait fait tomber la malédiction sur eux, oui, même une grande malédiction, à cause de leur iniquité. Car voici, ils s’étaient endurci le cœur contre lui, et ils étaient devenus durs comme le roc: et comme ils étaient blancs, très beaux et pleins de charme, le Seigneur Dieu couvrit leur peau d’une couleur sombre, afin qu’ils ne fussent point un sujet de séduction pour mon peuple. Et ainsi dit le Seigneur Dieu: Je les rendrai repoussants pour mon peuple, à moins qu’ils ne se repentent de leurs iniquités» (2 Néphi 5.21,22). Ce passage explique le fait que jusqu’aux années 1970, les noirs n’avaient pas les même privilèges que les blancs dans l’Église Mormone, et on n’évangélisait pas en Afrique.

La plupart de ce qui distingue les Mormons ne se trouve même pas dans le Livre de Mormon

Beaucoup de croyances et de pratiques distinguent les Mormons des autres groupes religieux. Joseph Smith dit, par exemple: «Tel que l’homme est maintenant, Dieu était autrefois; tel que Dieu est maintenant, l’homme peut devenir.» La doctrine de la progression éternelle chez les Mormons enseigne que Dieu a progressé jusqu’à sa position actuelle, et qu’il continuera de progresser. La doctrine mormone maintient qu’il y a trois degrés de salut: les niveaux céleste, terrestre et téleste. Elle enseigne que les mariages prononcés dans des temples mormons sont scellés pour le temps et pour l’éternité. Elle enseigne qu’il y a des péchés qui sont trop graves pour que le sang de Christ les purifie, et que seul le sang du coupable lui-même suffira pour purifier son âme. Un devoir et un privilège du Mormon est celui de se faire baptiser pour des morts afin que ces derniers puissent être sauvés si, dans le séjour des morts, ils croient à l’évangile qui leur sera prêché (malgré l’enseignement clair de la Bible qui dit qu’au dernier jugement chacun recevra «selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps» – 2 Cor. 5.10). Le mormonisme enseigne que Dieu et Christ sont des êtres distincts qui ont des corps littéraux composés de chair et d’os, comme nos corps terrestres. (Malgré que Jésus dit que «Dieu est esprit» – Jean 4.24 – et «un esprit n’a ni chair ni os» – Luc 24.39.)

Ce qui est étonnant, c’est qu’aucune de ces doctrines distinctives ne peut se trouver dans le livre de Mormon! Et pourtant, on devrait s’attendre à les trouver quand on considère les prétentions faites en faveur de ce livre:

Selon Joseph Smith, le Livre de Mormon est le livre le plus correct au monde, la pierre angulaire de la religion mormone, et qu’un homme pourrait s’approcher plus de Dieu en suivant ses préceptes que par tout autre livre (Histoire de l’Église, vol. 4, p. 461). Si ce livre est la pierre angulaire du mormonisme, et s’il était nécessaire que ce livre soit donné au monde par l’intermédiaire de Joseph Smith, n’est-ce pas curieux que le Livre de Mormon omet presque tout ce qui distingue la foi mormone des autres religions?

La suffisance de la Bible 

Pour «vendre» le Livre de Mormon, et donc leur religion, les Mormons essayent de créer un besoin, de convaincre les gens qu’un besoin existe pour une révélation en plus de la Bible. Afin d’atteindre ce but, ils dévaluent la Bible de deux manières. Premièrement, ils soulignent le fait que la Bible mentionne certains livres qui n’ont pas été conservés et ne font pas partie de la Bible: «le Livre des guerres d’Israël», «le Livre de l’Alliance», «le Livre des actes de Salomon», «l’Épître aux Laodicéens», etc. Mais le fait que la Bible cite un livre ou le mentionne ne prouve pas que ce livre soit inspiré. L’apôtre Paul a cité des auteurs païens (Actes 17.28; Tite 1.12), mais cela ne signifie pas que leurs écrits doivent faire partie de la Bible. Le même argument pourrait se faire contre le Livre de Mormon qui parle des écrits de Zénos, Zénock, Néum, et Ezias, alors que ces ouvrages ne se trouvent pas dans le Livre de Mormon (1 Néphi 19.10). La deuxième manière des Mormons de réduire la confiance à la Bible est de suggérer que les manuscrits de la Bible sont corrompus et que des parties importantes en ont été perdues. Mais la science et la découverte de vieux manuscrits, tels que les célèbres manuscrits de la mer Morte, appuient de plus en plus notre confiance à la fiabilité du texte de la Bible tel qu’il nous est parvenu.

En réalité, la Bible est une révélation complète de la volonté de Dieu pour les hommes, et Dieu a toujours veillé sur cette parole de telle sorte qu’il n’ait pas besoin de la révéler de nouveau. Jésus dit aux apôtres en Jean 16.13 que le Saint-Esprit les conduirait dans toute la vérité, et l’apôtre Paul dit aux anciens de l’Église d’Éphèse qu’il leur avait déclaré tout le conseil de Dieu (Actes 20.27). L’apôtre Pierre dit qu’au premier siècle Dieu avait déjà donné aux hommes tout ce qui contribue à la vie et à la piété (2 Pierre 1.3). Pierre et d’autres apôtres ont écrit ce que nous avons dans le Nouveau Testament afin qu’après leur départ nous puissions nous souvenir de ces choses (2 Pierre 1.12-15). Cette parole inspirée est «vivante et permanente,» et elle «demeure éternellement» (1 Pierre 1.23-25; Matt. 24.35). Dieu veille sur elle pour la préserver. C’est ainsi que le Seigneur nous dit concernant la foi chrétienne (l’ensemble des vérités auxquelles nous croyons en tant que chrétiens) qu’elle «a été transmise aux saints une fois pour toutes» (Jude 3). Le Livre de Mormon n’est ni digne de confiance ni nécessaire, car nous avons dans la Bible tout ce qu’il nous faut.

B.B.

Le sabbat

«Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles» (1 Jean 5.3)

Bien que l’homme ne veuille souvent pas le reconnaître, les lois de Dieu ne sont pas faites pour l’opprimer, mais pour le bénir. Si les hommes se soumettaient aux commandements de Dieu, tous seraient heureux. Dieu, qui connaît parfaitement l’homme qu’il a créé, donne des lois qui lui conviennent, qui lui feront du bien s’il les respecte.

Ce principe est particulièrement manifeste en ce qui concerne le sabbat. Le mot «sabbat» vient de l’hébreu, shabbath, et signifie «repos». Dieu dit aux Israélites en Exode 16.29: «Considérez que l’Éternel vous a donné le sabbat». En effet, le sabbat, le jour de repos à observer le septième jour de chaque semaine, était plus qu’un ordre; c’était un don. Ainsi, Jésus rappela aux Juifs: «Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat» (Marc 2.27).

L’homme a besoin d’un repos périodique, mais il a souvent le désir de négliger ce besoin réel afin de poursuivre d’autres intérêts, tel que l’argent. Dieu a donc prescrit aux Israélites une loi qui protège l’homme de ses propres tendances dangereuses en lui ordonnant de se reposer chaque samedi.

Comme beaucoup d’aspects de la loi mosaïque, cette loi n’a pas été reprise dans la nouvelle alliance. Et pourtant, plusieurs principes éternels s’y rapportent.

La nature du sabbat

Exode 16.13-30 décrit la première fois dans la Bible où des hommes sont appelés à observer le sabbat. (Il est signifié déjà en Genèse 2.1-3 qu’après avoir créé l’univers, Dieu se reposa et sanctifia le septième jour, mais ces versets ne constituent pas un commandement adressé aux hommes.) Exode 16 décrit la manière dont Dieu a nourri les Israélites qu’il avait délivrés de l’Égypte. Puisqu’ils se trouvaient au désert, Dieu fit tomber du ciel une nourriture spéciale pour les Israélites, la manne. Ils allaient trouver la manne par terre chaque matin, mais Dieu les avertit que le sixième jour ils devaient en ramasser une quantité double, car le septième jour serait le sabbat, consacré à l’Éternel. Le jour du sabbat il n’y aurait pas de manne, et tous auraient à se reposer.

Quelques semaines plus tard, l’ordre de se reposer le septième jour réapparaît parmi les dix commandements (Exode 20.8-11). Ici, l’ordre est lié au fait que Dieu s’était reposé le septième jour, après son œuvre de création. Évidemment Dieu ne s’est pas reposé dans le sens de récupérer à cause de la fatigue («C’est le Dieu d’éternité, l’Éternel, qui a créé les extrémités de la terre; il ne se fatigue point, il ne se lasse point;» – Ésaïe 40.28) mais dans le sens de cesser son activité de création après avoir atteint son objectif, et de marquer une pause pour contempler avec plaisir que ce qu’il avait fait de ses mains était «très bon». En Exode 20, le commandement précise que l’on se souvienne du jour, qu’on le sanctifie, et que l’on ne fasse aucun ouvrage en ce jour.

Exode 31.12-17 reprend le même commandement et ajoute qu’il s’agit d’un signe entre Dieu et les Israélites, une alliance perpétuelle. Il servait à identifier et distinguer Israël comme le peuple sanctifié par l’Éternel.

En Deutéronome 5, les dix commandements sont répétés avant qu’Israël n’entre dans le pays de Canaan. Ici, l’ordre est lié au fait que Dieu avait délivré les Israélites de l’esclavage en Égypte (Deut. 5.12-15). Dieu leur avait donc donné du repos, et le sabbat rappelait cette grâce.

Le commandement était très général: «Tu ne fera aucun ouvrage» (Exode 20.10). Une précision s’ajoute en Exode 35.3: «Vous n’allumerez point de feu, dans aucune de vos demeures le jour du sabbat».  On ne devait pas non plus faire la cuisine le jour du sabbat, mais plutôt préparer ses repas la veille (Ex. 16.23). Dieu ordonna également une sainte convocation (Lév. 23.3); on offrait en sacrifice deux agneaux (Nb. 28.9), et on remplaçait les pains de proposition dans le tabernacle (Lév. 24.5-8).

Au temps de Jésus, la tradition juive avait ajouté beaucoup de lois relatives au sabbat, ce qui mettait Jésus très souvent en conflit avec les chefs religieux. Ceux-ci avaient désigné au moins 39 catégories d’activités comme étant défendues, y compris le fait de semer, moissonner, lier des gerbes, laver de la laine,  faire un nœud, défaire un nœud, faire deux points (en couture), écrire deux lettres, éteindre un feu, transporter un objet d’une propriété à une autre, etc. En Matthieu 12.1-7, les disciples de Jésus furent accusés d’avoir violé le sabbat parce qu’ils avaient arraché des épis pour manger en traversant un champ. Le Seigneur dit, pourtant, qu’ils étaient «innocents», car ils n’avaient violé qu’ une tradition humaine, et non pas un commandement divin. (Le roi David, par contre, avait mangé ce qu’il ne lui était pas permis de manger selon la loi de Dieu, mais les chefs juifs ne condamnaient pas son action.) Jésus, le Seigneur, était maître du sabbat, et mieux qualifié que tout homme de définir ce qui était réellement interdit par le commandement de ne pas travailler. Il n’était pas, par exemple, interdit de faire du bien en guérissant un malade le jour du sabbat (Marc 3.1-6; Luc 13.10-17; 14.1-5; Jean 5.1-18). Les restrictions ajoutées à la loi du sabbat sont un exemple de ce dont Jésus accusait les docteurs de la loi: «Vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous n’y touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts» (Luc 11.46).

Les principes moraux et spirituels

Le jour du sabbat était un jour sanctifié, consacré entièrement à Dieu. Les autres préoccupations de la vie devaient attendre pour que l’on puisse honorer Dieu de façon spéciale. Bien que le sabbat ne soit pas une obligation chrétienne et que Dieu n’ait pas désigné un jour dans la semaine où nous devons prendre notre repos, il nous demande, à nous aussi, de consacrer du temps au Seigneur (par la prière, l’étude, l’évangélisation, le service aux autres, etc.) et de nous réunir avec l’Église chaque dimanche.

Le fait de s’abstenir du travail et consacrer un jour sur sept à Dieu, et à Dieu seul, demandait de la confiance en Dieu pour certaines personnes. Il y a des moments dans la vie où l’on craint des pertes financières si l’on saute un jour de travail. La loi était pourtant claire: «Tu travailleras six jours, et tu te reposeras le septième jour; tu te reposeras, même au temps du labourage et de la moisson» (Ex 34.21). Dieu voulait que les hommes lui fassent confiance, plutôt que de chercher leurs intérêts immédiats. Ils les béniraient. Ainsi, Dieu dit par le prophète Ésaïe: «Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, si tu fais du sabbat tes délices, pour sanctifier l’Éternel en le glorifiant, et si tu l’honores en ne suivant point tes voies… je te ferai monter sur les hauteurs du pays, je te ferai jouir de l’héritage de Jacob, ton père» (És. 58.13,14). Le temps de repos et de la sainte convocation ne devait pas être négligé.

Dieu n’a pas fixé un jour de repos pour les chrétiens, mais nous ne devons pas négliger le repos et «les saintes convocations» non plus. Jésus disait à ses disciples de se reposer (Marc 6.31). Tout comme les Juifs, nous devons avoir suffisamment de confiance au Seigneur pour lui donner ce temps, même en période de moisson pour les cultivateurs, en période d’examens pour les élèves, en période de fête pour les tailleurs, etc.

Le quatrième des dix commandements insiste beaucoup sur le fait qu’un homme devait non seulement s’abstenir de travailler lui-même le jour du sabbat, mais aussi permettre à sa famille, ses serviteurs, et même ses animaux de se reposer (Deut. 5.14,15). Exode 23.12 dit «Mais le septième jour, tu te reposeras, afin que ton bœuf et ton âne aient du repos, afin que le fils de ton esclave et l’étranger aient du relâche». Les Israélites avaient été opprimés en Égypte. Ils ne devaient pas opprimer les autres, mais reconnaître le besoin de repos qu’éprouvent tous les hommes. L’employeur chrétien, aussi, doit considérer les besoins de ses employés (Colossiens 4.1).

La réalité dont le sabbat était l’ombre

En partie parce que le sabbat figure parmi les dix commandements, certains croyants pensent que le commandement d’observer le sabbat s’est toujours appliqué à toute l’humanité, y compris les chrétiens. Pour soutenir cette idée ils font remarquer que ce commandement est décrit comme une alliance «perpétuelle», «un signe qui devra durer à perpétuité» (Ex. 31.16,17).

Le contexte de ces termes «signe» et «alliance» montre, pourtant, qu’il ne s’agit pas d’un devoir qui concerne tous les hommes. Il est bien dit que c’était un signe entre les enfants d’Israël et Dieu. Ézékiel 20.12 indique aussi que le sabbat était un signe entre Israël et Dieu «pour manifester la relation qui les unit à moi et leur rappeler que moi, le Seigneur, je les consacre à mon service» (Français courant). Si le sabbat est une loi que toute l’humanité est censée observer, en quoi peut-il constituer un signe entre Dieu et Israël? D’ailleurs, ceux qui ont vécu avant Moïse n’ont pas connu cette loi, puisque c’était au mont Sinaï que Dieu «fit connaître» à Israël son saint sabbat (Néhémie 9.13,14).

En quel sens le sabbat était-il alors à durer «à perpétuité»? Dans le même sens que la circoncision (Gen. 17.13), le temple (2 Chroniques 7.16), le sacerdoce (Exode 12.14), la Pentecôte (Lév. 23.12), les holocaustes (Ex. 29.42), les lampes du tabernacle (Lév. 24.3,4), et l’encens (Ex. 30.8) étaient tous «à perpétuité», puisque la même expression est appliquée à toutes ces choses. Au lieu de signifier «sans fin», ce terme en hébreu désigne tout ce qui doit durer pour une longue période de temps indéterminé. Toutes ces choses devaient continuer jusqu’à ce que Dieu annonce leur fin.

Le sabbat était limité aux Juifs, mais même les Juifs ne sont plus obligés de le garder, puisque le Christ a effacé l’acte qui l’ordonnait, le clouant à la croix. «Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix… Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats: c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ» (Colossiens 2.14,16,17).

De quoi alors le sabbat était-il une ombre? C’est l’auteur de l’Épître aux Hébreux qui en donne la réponse. Après avoir comparé le repos hebdomadaire du sabbat au repos donné aux Israélites dans le pays de Canaan au temps de Josué (Héb. 3.16-4.8), il déclare: «Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu… Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance» (Héb. 4.9,11).

Dieu donna la loi du sabbat pour bénir son peuple, Israël, mais il a préparé un repos plus parfait, céleste et éternel pour ses enfants. Soyons donc fidèles afin de pouvoir bénéficier de ce que Dieu veut nous donner.  Beaucoup d’Israélites n’ont pas pu entrer dans leur terre promise. Que nous ne suivions pas leur exemple. C’est le moment de travailler et de persévérer. Mais notre sabbat, le repos éternel nous attend.

B.B.

(dans Vol. 11, No. 1)

Écriture et tradition

L’article suivant consiste principalement en extraits de Once A Catholic, un livre écrit par Tony Coffey, ancien Catholique irlandais. (Toutes les citations bibliques sont tirées de la Bible de Jérusalem.) Notez que ses observations sur la tradition s’appliquent à beaucoup de groupes religieux et non seulement à l’Église Catholique. B.B. 

Des changements positifs
Depuis que le Pape Jean XXIII appela l’Église Catholique Romaine à ouvrir les fenêtres et laisser entrer de l’air frais, un vent puissant a soufflé à travers cette Église, apportant beaucoup de changements dans une institution considérée comme étant stationnaire. Le temps était arrivé où l’Église immuable se transformerait. Les documents du Deuxième Concile du Vatican surgirent de cet environnement et reflétèrent le nouveau visage du Catholicisme. Les documents furent reçus avec enthousiasme par le monde catholique et avec approbation des autres traditions chrétiennes.
La papauté reçut également un nouveau visage. Dans toute sa longue histoire la papauté n’a jamais joui d’une si grande visibilité. Le Pape ne reste plus dans les murs du Vatican; parcourir le globe fait maintenant partie de ses devoirs. Le média accorde à la papauté la condition d’une célébrité. Les aspects honteux ou sinistres de son passé sont quasiment oubliés.
Le renouveau charismatique dans l’Église Catholique a aussi contribué à la transformation de son image de marque. Quelles que soient les appréhensions que l’on puisse avoir à l’égard de ce mouvement, il faut reconnaître qu’il a produit des fruits positifs. Pour la toute première fois les Écritures ont commencé à jouer un rôle indispensable dans la vie de nombreux Catholiques.

Un problème fondamental demeure
Bien que les changements dans l’Église Catholique aient été nombreuses et favorables, le problème le plus fondamental n’a pas encore été résolu: le problème de l’autorité. Faut-il accepter les Écritures seules pour traiter toute question de foi et de pratique, ou bien faut-il, comme le prétend l’Église Catholique, que les Écritures soient complétées par la tradition? Il faut prendre une décision là-dessus, car il est impossible que toutes les deux positions soient correctes. Les siècles de tradition ont donné lieu à des doctrines inconnues de Jésus et ses apôtres.
Les Catholiques acceptent l’autorité de leur Église en plus de celle des Écritures. Ils maintiennent que la plénitude de la Vérité n’est pas contenue dans les seules Écritures, mais dans les Écritures plus la tradition. Par «tradition» j’entends l’enseignement de l’Église Catholique. Ce sont des enseignements dont l’origine n’est pas la Bible, mais qui ont évolué au cours des siècles et qui ont finalement été définis par l’Église comme dogmes (points fondamentaux de doctrine).
Cette idée se voit clairement dans la citation suivante, tirée du Catéchisme de l’Église Catholique (1992): «La Sainte Ecriture est la parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit…Quant à la Sainte Tradition, elle porte la parole de Dieu, confiée… aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs… Il en résulte que l’Église à laquelle est confiée la transmission et l’interprétation de la Révélation, “ne tire pas de la seule Ecriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d’amour et respect.” La charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église…, c’est-à-dire aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l’évêque de Rome.» ¶81,82,85
Quant à moi, j’ai pris la décision de reconnaître les Écritures comme seule autorité dans la religion. Ce n’est pas l’Église mais plutôt ce que dit la Bible qui détermine les limites de mes croyances.
Ceci n’a pas toujours été ma position. Les racines de mon héritage religieux sont bien dans le catholicisme, qui fit venir dans ma vie des bénédictions incontestables. Mais nous avons fini par nous séparer. Je me suis trouvé à un carrefour spirituel, et une décision s’imposait. Devais-je rejeter beaucoup de ce qu’on m’avait enseigné en tant que Catholique, des enseignements qui n’étaient pas fondés sur la Bible, et baser ma foi plutôt sur l’Écriture seule? La chemin que j’avais besoin d’emprunter était clairement indiqué. «Moi, je suis la lumière du monde – dit Jésus; Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres…» (Jean 8.12). Si je me fiais totalement à Jésus et ne suivait que ce qu’il disait, comment pourrais-je me tromper? Je commençai ainsi une nouvelle vie en tant que son disciple. Dès ce jour j’ai eu le désir de partager ma foi avec d’autres personnes. Voilà pourquoi j’écris aujourd’hui. 

Faut-il parler des erreurs religieuses?
Je crains que certains me voient comme n’étant pas au courant du climat oecuménique de notre temps. On considère que l’idée de réfuter les croyances d’autrui appartient au passé reculé. Comment faut-il répondre à une telle attitude?
En fait, la vie et les enseignements de Jésus, même pendant son ministère, suscitaient de la polémique, mais il ne fuyait pas la controverse. Il était souvent en conflit avec l’établissement religieux; il réfutait leurs croyances et condamnait leurs pratiques qui étaient fondées sur la tradition et n’avaient aucun rapport avec la parole de Dieu. Jésus avait-il tort de signaler leurs erreurs? Bien sûr que non.
L’apôtre Paul avait-il tort de défendre l’Évangile qu’il voyait miné par des traditions religieuses? Il employa un langage si fort pour dénoncer ceux qui prêchaient un autre évangile que beaucoup de personnes de nos jours l’auraient trouvé offensif: 
Eh bien! si nous-même, si un ange venu du ciel
 vous annonçait un évangile différent de celui que nous avons prêché, qu’il soit anathème! (maudit). Nous l’avons déjà dit, et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vousavez reçu, qu’il soit anathème! (Galates 1.8,9).
Ce sont bien des paroles très fortes. Mais remercions Dieu pour des hommes comme Paul qui désirent plus défendre le message salvateur de Jésus que jouir de la faveur de l’établissement religieux. 

L’attitude de Jésus à l’égard de l’Écriture
En naviguant la vie, nous devons, si nous voulons atteindre notre destination céleste, imiter l’attitude de Jésus à l’égard des Écritures. Jésus dit «l’Écriture ne peut être récusée» (Jean 10.35). (Le mot récuser signifie, selon Le petit Larousse 2003: «Ne pas admettre l’autorité de quelqu’un, la valeur de quelque chose dans une décision.») Une déclaration si claire devrait décider pour tous les temps la question de l’autorité des Écritures. L’obéissance à ce que dit la Bible n’est pas facultative.
Selon l’éducation que j’avais reçue, je croyais à l’autorité de l’enseignement de l’Église Catholique. Mais en lisant les quatre Évangiles, je fus constamment frappé en voyant que Jésus se référait uniquement à l’Écriture et jamais à la tradition quand il enseignait sur la foi et la moralité. C’était très différent de la pratique de l’Église Catholique de faire appel aux enseignements des Papes, à leurs décrets et à la tradition, mais rarement à la Bible. J’ai raisonné que si Jésus n’acceptait que les Écritures, je ne pourrais pas me tromper en suivant son exemple.
Je vous prie de lire les exemples qui suivent pour voir comment Jésus traitait quelques-unes des questions les plus importantes de la vie. Dans chaque cas, il renvoie les gens à la parole écrite de Dieu.
Dans le premier des quatre exemples un expert dans la Loi (juive) posa une question à Jésus. C’était la question la plus importante qu’un homme puisse poser: «Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? » Jésus lui demanda: «Dans la Loi, qu’y a-t-il écrit? Comment lis-tu?» (Luc 10.25-26). Je suis impressionné par le fait qu’il répond à une question concernant la vie éternelle en se référant, non pas à la tradition, mais aux Écritures.
Comment l’Église Catholique répondrait-elle à la question que cet homme soumit à Jésus? Chercherait-on la réponse dans les Écritures, ou bien ferait-on appel à une source additionnelle? Ce ne serait pas aux Écritures, puisque l’Église Catholique ne croit pas que toute la volonté de Dieu soit contenue dans les seules Écritures, mais que l’Écriture doit être complétée par l’enseignement de l’Église. Pourtant, je suis tout à fait persuadé que si l’on posait à Jésus la même question aujourd’hui, il ne dirait pas: «Vous devez écouter l’Église Catholique.» Il nous renverrait plutôt aux Écritures, comme il le faisait toujours pendant son ministère sur la terre.
Un deuxième exemple se trouve dans une histoire que Jésus dit au sujet de deux hommes, un riche et un mendiant. Il arriva que tous les deux moururent. Le pauvre alla au paradis, et le riche se trouva aux tourments. Dans sa souffrance ce dernier plaida pour qu’on envoie quelqu’un auprès de sa famille pour l’avertir, de peur que ses frères ne finissent par subir le même sort que lui. Il fut informé que cela n’était pas nécessaire, car Dieu avait déjà pourvu les Écritures pour donner aux hommes la direction spirituelle dont ils avaient besoin. «Ils ont Moïse et les Prophètes; qu’ils les écoutent» (Luc 16.29).
Cette histoire contient plusieurs leçons importantes, mais celle qui nous intéresse, c’est que le Seigneur croyait que les Écritures (Moïse et les Prophètes) étaient largement suffisantes pour montrer à l’être humain comment vivre pour Dieu. Jésus nous enseigne que les hommes peuvent éviter d’être perdus s’ils écoutent ce que Dieu nous dit dans les Écritures. Le problème n’est pas que Dieu ait été silencieux; c’est que nous sommes de mauvais auditeurs.
Notre troisième exemple est tiré du récit de l’entretien de Jésus avec deux disciples sur la route d’Émaüs, le jour même de sa résurrection. La mort du Christ avait enlevé toute joie et tout espoir du cœur de ces deux hommes. Mais ce soir-là, Jésus se révéla à leurs yeux: «Et commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait» (Luc 24.27). Quelle étude biblique merveilleuse cela devait être! «Ils se dirent l’un à l’autre: “Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures?”» (Luc 24.32). Au cours de cette discussion, Jésus aurait cité tous les textes majeurs de l’Ancien Testament qui se référaient à sa venue dans le monde et son œuvre de rédemption pour chacun de nous. Toutes ces grandes doctrines étaient contenues, non pas dans un corps de tradition pareil à celui que l’on retrouve dans l’Église Catholique, mais dans les seules Écritures.
Finalement, Jésus dit à ses disciples avant son ascension: «Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous: il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes» (Luc 24.44). On ne peut pas trop insister dessus: Jésus est venu, non pour accomplir la tradition, mais pour accomplir seulement ce qui était écrit de lui dans l’Écriture. Jésus pouvait se référer aux Écritures pour établir son identité et la nature de sa mission dans le monde. Il pouvait indiquer les écrits de Moïse, Ésaïe, Daniel, David, etc. et dire: «Le voici; lisez pour vous-même».
Étudier les prophéties concernant Jésus a convaincu beaucoup de gens que les Écritures sont bien de Dieu. Par exemple, comment les prophètes qui ont vécu des siècles avant la naissance de Jésus pouvaient-ils connaître tant de détails le concernant? Comment savaient-ils qu’il serait né d’une vierge dans la ville de Béthléhem? Qu’il serait élevé à Nazareth? Qu’il serait trahi pour trente pièces d’argent? Comment savaient-ils qu’il serait crucifié entre deux brigands et qu’il ressusciterait d’entre les morts?
Une seule explication est possible: «Ce n’est pas d’une volonté humaine qu’est jamais venue une prophétie, c’est poussés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu» (2 Pierre 1.21). Ainsi les paroles de l’apôtre Paul: «Toute Écriture est inspirée deDieu…» (2 Timothée 3.16).
Les enseignements de l’Église Catholique ne pourraient jamais être reproduits à partir des Écritures seules, car de son propre aveu, une bonne partie de la croyance catholique est fondée sur la tradition et non sur l’Écriture. C’est un aveu auquel tout Catholique devrait prêter très attention, car vous ne seriez jamais Catholique si vous suiviez tout simplement les enseignements qui se trouvent dans la Bible.
L’Écriture, non pas la tradition, fait autorité en toute question de doctrine et de moralité. Jésus dit: «l’Écriture ne peut être récusée» (Jean 10.35). 

Pourquoi les Juifs rejetèrent-ils Jésus?
Je me suis souvent demandé pourquoi Jésus fut rejeté par un peuple si religieux qui croyait en Dieu. En plus, ils étudiaient beaucoup sa parole – ils devaient reconnaître en Jésus le Sauveur promis. Jésus dit aux chefs religieux: «Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!… Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est de moi qu’il a écrit» (Jean 5.39,46). Le problème c’est que leur religion se basait en grande partie sur la tradition plutôt que la parole de Dieu. Leurs traditions les aveuglaient et les empêchaient de reconnaître le message très claire de l’Écriture. Jésus n’était pas la sorte de Messie auquel ils s’attendaient. Leur déception n’était pas due à quelque chose que l’Écriture avait dit mais à ce que disait leur tradition au sujet du Messie. Ainsi, on évaluait Jésus selon la tradition.
La loi du sabbat fut donnée aux Juifs pour commémorer leur délivrance de l’Égypte (Deutéronome 5.15). Ils devaient sanctifier ce jour en s’abstenant de travailler (Exode 20.8-11). Au cours des siècles, les enseignants juifs avaient dressé une longue liste d’activités qu’ils considéraient comme interdites ou permises le jour du sabbat, et on imposait ces règles détaillées au peuple. A cause de cela Jésus accusa les docteurs de la Loi de «charger les gens de fardeaux impossibles à porter» (Luc 11.46). Lorsque Jésus vint et qu’il opéra des miracles le jour du sabbat, les autorités juives le dénoncèrent comme un pécheur, un rebelle à l’égard de la loi de Dieu. Mais Jésus viola-t-il réellement le commandement de Dieu? Certes non! Il viola simplement des traditions faites par des hommes.
Un jour de sabbat Jésus guérit un homme aveugle-né. Certains des Juifs dirent alors à son sujet: «Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu’il n’observe pas le sabbat…Nous, c’est de Moïse que nous sommes disciples. Nous savons, nous que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est.» (Jean 9.16,29). L’homme qui avait été guéri leur répondit: «C’est bien là l’étonnant: que vous ne sachiez pas d’où il est, et qu’il m’ait ouvert les yeux…Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.» (Jean 9.30,32,33). Il lui répondirent: «De naissance tu n’es que péché et tu nous fais la leçon! Et ils le jetèrent dehors». Excommunié!
Qu’est-ce qui les empêchait de voir que Jésus était de Dieu? Ils étaient aveuglés par leurs propres traditions de sorte qu’ils ne puissent pas admettre la possibilité qu’ils aient tort. Une fois que l’on abandonne l’Écriture comme règle, on se retrouve sur une pente glissante. Quand on ne reconnaît plus l’autorité de l’Écriture, on a beau l’étudier; cela ne profite pas.
J’ai vu comment cela se passe, et combien les propos de Jésus sont pertinents pour notre époque. Dans mon travail d’évangéliste, je me suis souvent entretenu sur les Écritures avec des prêtres catholiques. Je me rappelle plusieurs occasions où nous avons discuté des merveilles de la croix du Christ et ce qu’elle représente pour nous – à savoir, que dans sa mort, Jésus a pleinement payé le prix de nos péchés, qu’il a subi la peine que nous avions méritée; par conséquent, nous sommes libérés: «Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (Romains 8.1). Jusqu’à ce point, nous étions toujours d’accord. Puis, je demandais: «Etant donné que la mort de Jésus nous purifie de toute iniquité (1 Jean 1.7; Hébreux 7.25; 10.14; etc.), quel besoin y a-t-il du Purgatoire?» [Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ce mot, voici l’explication fournie dans le Catéchisme de l’Église Catholique: «Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est distincte du châtiment des damnés.» ¶1030, 1031] Sans exception, la réponse de ces prêtres à ma question était: «Mais l’Église Catholique enseigne… ». Peu importe l’efficacité des arguments avancés sur la base de ce que la Bible dit, peu importe la clarté des passages bibliques qui enseignent que Jésus nous pardonne pleinement et que l’idée du Purgatoire est une insulte au sacrifice du Christ, la réponse ne variait pas: «Mais l’Église Catholique dit…» La même réponse était donnée quand on parlait d’autres pratiques ou doctrines qui étaient absentes de la Bible ou qui contredisaient carrément des enseignements bibliques.
Voyez-vous ce qui se passe? Bien que les preuves de l’Écriture soient irrésistibles, on les rejette en faveur des traditions qui se basent sur les enseignements des hommes. Ce que Jésus dit au sujet des Juifs de son époque s’applique aussi à l’enseignement catholique: «Les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains. Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes» (Marc 7.7,8).

S’attacher à ce qui ne change pas
Je vois la folie de suivre les enseignements des hommes quand je considère certaines croyances auxquelles les Catholiques s’attachaient autrefois. Je me rappelle certaines règles que nous étions tenus à garder sous peine de «péché mortel». Avant de recevoir la sainte Communion nous devions jeûner à partir de minuit le samedi. Rompre le jeûne et puis recevoir la Communion était un péché. Pareillement, il était strictement interdit de manger de la viande le vendredi. Ces lois ne sont plus en vigueur. Elles ont été faites par des hommes et ont été enlevées par des hommes, ce qui prouve qu’elles n’avaient pas été données par Dieu. Comment une chose pourrait-elle être un péché hier et ne pas être un péché aujourd’hui, or que nous vivons toujours sous la même alliance (Hébreux 8.6-13)?
J’ai quitté l’Église une fois que j’ai été convaincu que les Écritures seules font autorité finale. Ma façon de penser commença à changer lorsque je me suis mis à lire les Écritures. C’était une nouvelle expérience pour moi. Ce que je faisais m’effrayait et me passionnait à la fois. J’avais peur parce que je m’aventurais dans des eaux inconnues et sortais des frontières à l’intérieur desquelles, me disait-on, réside toute vérité, à savoir dans l’enseignement officiel de l’Église. Mais j’étais passionné en découvrant la simplicité d’un retour aux Écritures pour n’être rien qu’un chrétien, membre du corps de Christ. Je voulais m’attacher à quelque chose qui ne change jamais; l’Écriture m’a fourni le seul message qui est à la fois vrai et immuable.

(dans Vol. 10, No. 3)

L’inspiration de la Bible

Les hommes peuvent se tromper, mais Dieu ne se trompe jamais. S’il nous dit quelque chose dans sa Parole, nous pouvons être sûrs de cette vérité ; nous pouvons avoir une confiance absolue à ce qu’il dit. Les chrétiens reconnaissent la Bible comme le livre où Dieu nous parle.

Mais qu’est-ce qui nous pousse à croire que la Bible est effectivement la parole de Dieu lui-même ? Considérons plusieurs raisons pour cette confiance dans la Bible :

La Bible elle-même prétend être inspirée de Dieu.

En disant que la Bible vient de Dieu et nous communique sa volonté, nous n’allons pas au-delà de ce que la Bible dit à son propre sujet. Tout au long de ce livre on trouve des passages qui affirment son origine divine. Voici quelques exemples :

L’auteur des cinq premiers livres de la Bible fut Moïse. Selon Exode chapitre 4, Dieu appela Moïse à être son porte-parole auprès des Israélites et des Égyptiens. Moïse ne voulait pas accepter cette charge, mais Dieu l’a assuré qu’il serait lui-même avec Moïse. « Moïse dit au Seigneur : Ce n’est pas possible, Seigneur, je ne suis pas un orateur. Je ne l’ai jamais été, et je ne le suis pas davantage depuis que tu me parles. J’ai beaucoup trop de peine à m’exprimer. Le Seigneur lui rétorqua : Qui a donné une bouche à l’homme ? Qui peut le rendre muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, le Seigneur ? Eh bien, maintenant, va. Je serai avec toi quand tu parleras, je t’indiquerai ce que tu devras dire » (Exode 4.10-12, FC). Les cinq livres de Moïse, (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) répètent 420 fois que les paroles que Moïse écrivait étaient celles de Dieu.

Un autre grand prophète de l’Ancien Testament s’appelait Ésaïe. Ses messages au peuple s’introduisent souvent par l’expression : « Ainsi parle l’Éternel ». (C’était la phrase utilisée traditionnellement par le porte-parole d’un roi avant de donner un message quelconque de sa part.) Les mots « Ainsi parle l’Éternel » se trouvent 80 fois dans le livre du prophète Ésaïe.

Comme Moïse, le prophète Jérémie se sentait trop timide pour accepter la charge de messager de Dieu. Mais en Jérémie 1.9, il écrivit : « L’Éternel me dit : Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. »

Ce n’est pas seulement les auteurs de l’Ancien Testament eux-mêmes qui disaient qu’ils étaient inspirés. Jésus et ses apôtres reconnaissaient que les écrits de ces prophètes constituaient non pas la parole des hommes, mais celle de Dieu (Matthieu 5.17,18; 22.31,32; 2 Timothée 3.15-17). Mais Jésus promit que ses apôtres, aussi, seraient guidés par l’Esprit de Dieu dans ce qu’ils diraient. Il leur dit en Matthieu 10.19,20 : « Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même ; car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » Il dit encore à ses apôtres en Jean 16.13 : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de Vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Comme les autres apôtres du Seigneur, l’apôtre Paul prétendait parler pour Dieu ; il dit en 1 Corinthiens 14.37 : « Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur. » L’apôtre Pierre a effectivement reconnu les écrits de Paul comme inspirés de Dieu. En 2 Pierre 3.15,16, il les a classés ensemble avec les autres « Écritures », c’est-à-dire les écrits reconnus comme étant la Parole de Dieu.

Dans cette même épître Pierre explique l’idée de l’inspiration de la manière suivante : « Ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pierre 1.21).

En tenant compte des différents passages de la Bible, il est évident que certaines parties ont été dictées par Dieu à son prophète, mot-à-mot. Pour d’autres parties, il a plutôt guidé le prophète ou l’auteur pour que le message contienne uniquement les idées que Dieu voulait, sans l’introduction d’une erreur quelconque, mais tout en permettant à l’homme de s’exprimer selon sa personnalité et sa culture. Dans tous les cas, le Saint-Esprit conduisait ces hommes et garantissait qu’ils parlent véritablement de la part de Dieu.

Évidemment, quelqu’un peut prétendre être un prophète de Dieu quand en fait Dieu ne lui a pas parlé. C’est ce qui se passe malheureusement très souvent. Y a-t-il des raisons pour croire que la Bible est réellement ce qu’elle prétend être ? Oui, il y en a beaucoup. Voyons-en brièvement quelques-uns.

Des preuves de son inspiration  :

L’indestructibilité de la Bible

Jésus dit en Matthieu 24.35 : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » L’apôtre Pierre parle dans le même sens : « Toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe ; mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile » (1 Pierre 1.24,25).

Si la Bible existe encore de nos jours, c’est parce que Dieu a veillé sur sa parole pour la protéger et la préserver. Les parties les plus anciennes de la Bible remontent à plus de trois mille cinq cents ans. D’autres livres de la même époque ont disparu depuis longtemps, mais la Bible a survécu malgré de nombreux efforts de la part des non-croyants de la détruire. Par exemple, l’empereur romain Dioclétien, dans ses efforts de détruire le christianisme, ordonna la peine de mort pour toute personne possédant une Bible. Mêmes les membres de la famille du condamné devaient être exécutés s’ils ne dénonçaient pas celui des leurs qui gardait une Bible. Deux ans après, l’empereur se vantait : « J’ai complètement exterminé tous les écrits chrétiens. » Cependant, plus tard, quand un autre empereur, nommé Constantin, promit une récompense importante pour tout exemplaire de la Bible qu’on lui apporterait, plus de cinquante lui furent remis dans les vingt-quatre heures.

De nos jours, la Bible est le livre le plus lu au monde. Voltaire, le célèbre philosophe, se moquait de la Bible et prédit que le christianisme disparaîtrait en moins de cent ans. Voltaire est mort depuis plus de deux cents ans ; la Bible est toujours le bestseller de tous les temps, et aujourd’hui, la maison dans laquelle Voltaire a vécu est devenue un dépôt de la Société Biblique. De ce lieu sont envoyées dans le monde entier des milliers et des milliers de Bibles !

Que ce soit l’Empire romain, le communisme, les autres religions, ou les philosophes modernes, aucune force n’a réussi à détruire la Bible. La raison en est qu’elle vient de Dieu.

L’unité de la Bible

La Bible est en fait un recueil de plusieurs livres, 66 en tout. Ces livres furent écrits par quarante différents auteurs, utilisant trois langues : l’hébreu, l’araméen et le grec. Ces hommes venaient de tous les milieux : des rois, des bergers, des prophètes, des prêtres, un collecteur d’impôts, un médecin, des pêcheurs, un homme militaire, des cultivateurs, etc. Évidemment quelques-uns étaient très instruits, d’autres ne l’étaient pas. Certaines parties furent écrites dans un désert, d’autres parties dans des palais royaux, et d’autres parties en prison. L’auteur des premiers livres de la Bible vécut mille six cents ans avant l’auteur des derniers livres. Et pourtant, non seulement la Bible ne se contredit pas, mais elle développe un seul thème, elle raconte une seule grande histoire, elle fait un ensemble harmonieux, elle présente une unité parfaite.

Comment une telle chose pourrait-elle se produire ? Cela ne peut s’expliquer que par l’intervention de Dieu. C’est lui qui a guidé tous ces hommes pour qu’ils écrivent son message à l’humanité.

L’exactitude scientifique de la Bible

La Bible n’est pas un livre de science, et pourtant, elle est remarquable par sa conformité aux principes de la meilleure science de nos jours. D’une part elle ne contient pas d’erreurs scientifiques, et d’autre part elle révèle des principes scientifiques qui n’ont été découverts que récemment par la science moderne.

Prenons, par exemple, le domaine de la médecine. Plusieurs des lois dans les livres de Moïse suivent des principes qui étaient complètement inconnus des autres peuples de son époque, y compris les Égyptiens parmi lesquels Moïse avait grandi et dont la civilisation était la plus avancée au monde à cette époque.

♦ Deutéronome 14.21 dit qu’un animal mort d’une mort naturelle ne devait pas être mangé. Or la médecine moderne a démontré que ces animaux peuvent être porteurs de microbes qui provoquent des maladies.

♦ Les dangers de l’eau polluée n’ont été découverts que très récemment. La typhoïde et le choléra se répandent surtout par ce moyen. Mais Dieu avait dit à Moïse que le peuple ne devait boire l’eau dans laquelle on avait trouvé un cadavre. Seules l’eau courante et les grandes étendues devaient être considérées comme étant sans danger (Lévitique 11.36).

♦ La quarantaine, la pratique d’isoler des personnes ayant certaines maladies, est une autre de ces lois remarquables. Elle est ordonnée en Lévitique 13 et 14. Au quatorzième siècle la peste bubonique, une maladie très mortelle, faisait des victimes partout en Europe. Soixante millions de personnes moururent de cette maladie au quatorzième siècle ! En fait, les médecins eux-mêmes aidaient à répandre la maladie par manque d’hygiène. Et bien sûr, ils n’arrivaient pas à arrêter le fléau. Finalement, ils se tournèrent vers l’Église qui trouva dans l’Ancien Testament le principe de la quarantaine, qui limite strictement le contacte entre les malades et les personnes en bonne santé. Dans quelques mois seulement, la peste fut arrêtée.

♦ Nous savons aujourd’hui que plusieurs maladies sont transmises par les excréments humains. Moïse donna des instructions pour que les excréments soient enterrés et non abandonnés à la surface du sol, où les mouches pourraient se poser dessus et transmettre ensuite la maladie aux hommes (Deutéronome 23.13).

Comment expliquer la sagesse de ces lois bibliques, surtout quand on considère les pratiques des médecins égyptiens au temps de Moïse ? Ils recommandaient, par exemple, d’appliquer aux petites blessures une pommade faite de crotte d’âne mêlée de sang de ver. Étant donné que l’excrément est rempli de spores de tétanos, ce « remède » provoquait de nombreuses morts dues à l’infection. Comment Moïse a-t-il pu incorporer dans la loi israélite des principes que les hommes scientifiques n’ont découvert que trois mille cinq cents ans plus tard et éviter d’inclure les idées erronées de son époque ? Est-ce le hasard ? Non, c’est l’inspiration. C’est Dieu qui était la source de ces lois bibliques.

Les prophéties de la Bible

Comme Jacques 4.14 le dit : l’homme ne sait même pas ce qui arrivera demain. Dieu, par contre, voit l’avenir mieux que nous ne voyons le passé. Lui seul peut savoir ce que le futur cache de nos yeux. « Je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli. Je dis : mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté » (Ésaïe 46.9,10).

Prophéties sur des nations

La Bible contient de nombreuses prédictions qui n’auraient jamais pu être faites par des hommes. Longtemps avant les événements en question, Dieu a décrit le destin de divers pays et peuples. Prenons un seul exemple parmi des dizaines.

Ninive, située au bord du fleuve Tigre, était, comme la célèbre Babylone, une grande ville entourée d’une grande muraille. On estime que la population totale était de plus de 600 000 habitants, et la ville existait depuis plus de 17 siècles. Quand cette ville était encore très puissante le prophète Nahum prophétisa qu’elle tomberait et qu’un déluge aiderait les ennemis à s’en emparer (Nahum 1.8; 2.6). Sophonie a ajouté que la ville serait abandonnée et deviendrait tout simplement un endroit pour faire paître des moutons.

Ninive a été prise par ses ennemis en 612 av J-C quand le Tigre a débordé et cassé une partie de la muraille, permettant à l’armée des Mèdes, des Scythes et des Babyloniens d’y entrer. Environ 200 ans plus tard l’armée grecque passait par là. Elle ne trouva qu’un monceau de rocaille là où la grande ville s’était trouvée. Le lieu est toujours inhabité, mais il est bon pour une chose : on y fait paître des moutons. En fait, son nom moderne en arabe signifie « Monceau de beaucoup de moutons ».

Prophéties de Jésus

Il y a beaucoup d’autres prédictions dans la Bible concernant des villes et des pays, prédictions qui se sont accomplies comme celle-ci. Mais voyons une autre sorte de prédiction – celle qui concerne le Messie ou Sauveur que Dieu avait promis envoyer dans le monde.

Beaucoup de détails concernant la vie du Christ ont été annoncés des siècles avant sa naissance. Par exemple, le prophète Michée avait écrit de la part de Dieu : « Et toi, Bethléhem Éphrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5.1). Selon Matthieu 2.1-6 les Juifs du premier siècle comprenaient clairement que ce passage parlait du lieu de naissance du Christ.

En Jérémie 23.5,6, comme dans plusieurs autres passages de l’Ancien Testament, il est dit que le Christ serait un descendant du roi David (voir Matthieu 1.1).

Un seul chapitre en Ésaïe (53) contient plus d’une dizaine de prophéties concernant ce Serviteur de l’Éternel :

  • Il serait méprisé des hommes (v. 3; Matt. 27.39-43).
  • Il serait habitué à la souffrance (v. 3; Héb. 2.17; 1 Pierre 2.21).
  • Il serait rejeté par son peuple (v. 3; Jean 1.10,11).
  • Il apporterait la guérison (v. 4; Matt. 8.16,17).
  • Il serait sans péché (v. 9; 1 Pierre 2.22).
  • Il serait châtié pour nos péchés (v. 5; 1 Cor 15.3; 1 Pierre 2.24,25).
  • Il serait mis au nombre des malfaiteurs (v. 12; Luc 22.37; 23.32).
  • Il intercéderait pour des coupables (v. 12; Luc 23.34).
  • Son tombeau serait avec le riche (v. 9; Matt. 27.57-60).
  • Il serait ressuscité (v. 10; Luc 24.6-8).
  • Il serait honoré (v. 12; Phil. 2.9-11).

Il y a beaucoup d’autres choses qui ont été prédites concernant Jésus, mais vous voyez déjà combien ces prophéties sont étonnantes. Dieu a fait dans la Bible ce qu’un homme n’aurait jamais pu faire : il a donné des centaines de détails concernant la vie d’un individu des siècles avant la naissance de ce dernier.

Que ce soit des prophéties concernant telle ou telle nation ou bien concernant Jésus-Christ, ce sont des preuves certaines que la Bible n’aurait jamais pu être l’invention de simples hommes. Elle vient de Dieu qui sait tout et qui garde sa parole.

La Bible est elle-même la preuve la plus convaincante de son inspiration.

Jésus dit en Jean 7.17 : « Si quelqu’un veut faire sa volonté (c’est-à-dire, la volonté de Dieu) il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. » Comme dit l’auteur de l’Épître aux Hébreux « la parole de Dieu est vivante et efficace… elle juge les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4.12). À travers les paroles de ce livre, l’Esprit de Dieu « convainc le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16.8).

Oui, un examen objectif de la Bible nous met en face de beaucoup de choses que nous ne pourrions pas expliquer s’il s’agissait d’un livre écrit par des hommes ordinaires qui vécurent il y a des milliers d’années. L’indestructibilité, l’unité, l’exactitude scientifique, et les prophéties de la Bible nous assurent qu’elle est ce qu’elle prétend être : la parole de Dieu. Mais en plus de tout cela, la Bible parle à notre cœur. Malgré les différences culturelles entre nous et les auteurs de la Bible, ce livre nous parle. Il nous accuse, et nous reconnaissons que l’accusation est juste. Il nous offre de l’espoir, et nous savons que c’est ce dont nous avons le plus besoin. Il nous montre comment il faut vivre, et nous comprenons que c’est le seul chemin possible. Et cela aussi nous confirme que c’est Dieu qui en est le vrai auteur. Seul Dieu, le créateur de tout homme, serait capable de produire un livre qui puisse satisfaire aux besoins de chacun de nous. Que la Bible soit donc l’objet de nos études tous les jours et notre unique guide dans la vie.

«Aie soin de faire tout d’après le modèle»

L’importance des modèles

Un modèle, nous le savons tous, c’est ce qui est donné pour servir de référence, pour être reproduit. C’est un original à imiter. Celui qui a conçu un modèle peut montrer à celui qui doit le reproduire un échantillon ou prototype. Il peut aussi lui donner une liste de critères à respecter, des instructions orales ou écrites.

L’emploi de modèles est courant dans presque tous les domaines de la vie. Une cliente apporte à son couturier une robe et un tissu. La robe doit lui servir de modèle pour qu’il en fasse une autre du même style et de la même taille. Un client montre à son menuisier la photo d’un meuble qu’il veut faire confectionner, ajoutant oralement des détails sur les dimensions. Un maître d’école affiche des exemplaires de toutes les lettres de l’alphabet pour que les écoliers apprennent à les reproduire dans leurs cahiers. Un entrepreneur fournit à des constructeurs des plans préparés par un architecte pour que l’édifice soit à la fois solide, fonctionnel et conforme au goût de celui pour qui on le construit.

Dans tous ces domaines et bien d’autres, dévier du modèle a des conséquences parfois désastreuses. Dans l’industrie, les pièces de rechange sont inutiles s’ils ne sont pas conformes aux modèles dans les moindres détails. Dans l’éducation, l’élève ne réussit pas s’il n’apprend pas à faire ce que le maître lui montre. Dans l’artisanat, le tailleur, le menuisier ou le sculpteur qui n’arrive pas à bien copier le modèle qui lui est donné perdra tous ses clients. Le bâtiment qui n’est pas construit selon des plans professionnels peut s’écrouler et occasionner la mort de tous ceux qui se trouvent à l’intérieur.

Il faut se référer constamment au modèle pour ne pas introduire des éléments qui n’y sont pas conformes, qui faussent le résultat final, qui affaiblissent ce qu’on veut bâtir, ou qui déplaisent au client ou patron. Ne pas respecter le modèle empêche l’uniformité. C’est le désordre, la confusion et l’échec qui en résultent.

L’existence d’un modèle dans le christianisme

Le principe de suivre un modèle est important dans le domaine de la religion, aussi. Dans l’Ancien Testament, Dieu a ordonné à Moïse de faire construire un lieu d’adoration, une tente sacrée appelée « le tabernacle ». Dieu a précisé dans les moindres détails de quelle manière il serait construit, les meubles qui s’y trouveraient, l’habillement des sacrificateurs qui y célébreraient un culte, et les cérémonies que ces sacrificateurs devaient faire. Et il tenait absolument à ce que sa volonté soit respectée en ces choses. Hébreux 8.5 nous dit que Moïse fut « divinement averti » : « Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne. » Dieu ne laissa pas aux Israélites la liberté de décider de quelle manière ils serviraient l’Éternel. Dans le Nouveau Testament pareillement, il est clair que le Seigneur lui-même a décidé ce que son Église doit faire et enseigner, ce à quoi elle doit ressembler, et de quelle manière ses membres doivent se conduire et travailler. Jésus a parlé sévèrement de ceux qui délaissaient les choses que Dieu avait ordonnées et qui instituaient des pratiques d’origine humaine : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition » (Marc 7.7-9).

Il ressort clairement des épîtres de Paul qu’il enseignait la même chose partout où il allait. Ce n’est pas qu’il manquait d’originalité pour trouver de nouvelles idées. Ce n’est pas non plus que la culture était pareille dans tous les pays où il travaillait. Les gens de Lystre et de Derbe étaient considérés par les autres comme ignorants, superstitieux et presque « sauvages » ; les Corinthiens étaient des gens mondains qui poursuivaient avant tout le luxe et le plaisir sexuel ; ceux de Philippes étaient fiers de leur citoyenneté et culture romaines, qui les distinguaient des villes grecques aux alentours ; la force des Ephésiens, c’était la magie ; la gloire des Athéniens, c’était la philosophie. Chaque ville, chaque pays avait ses propres culture et mentalité, mais l’apôtre était convaincu que tous avaient besoin du même enseignement. Il recommandait les mêmes pratiques partout. Et pourquoi ? Parce qu’il était très conscient du fait qu’il y avait un modèle à suivre, un modèle qu’il n’avait pas inventé, mais qui lui avait été montré par le Seigneur et auquel il devait être fidèle. Le Créateur de tous les hommes était, aux yeux de Paul, parfaitement capable de concevoir un plan et promulguer un message appropriés à tous les hommes de tous les pays. Quand on considère l’interdiction de changer les institutions divines (Jean 8.31; 2 Jean 9; Jude 3; Apoc. 22.18,19; etc), il est évident que le plan et le message donnés par Dieu seraient appropriés, non seulement dans tous les pays, mais également aux hommes de toute génération. Ils n’auraient donc pas besoin d’être adaptés ou modifiés pour satisfaire aux besoins de l’homme « moderne ».

Le modèle s’applique à tout ce qui concerne la foi chrétienne

Le message

C’est Dieu lui-même qui a déterminé ce que son Église doit prêcher aux hommes perdus. Nous n’avons aucun droit de dévier de l’Évangile tel qu’il fût révélé aux apôtres. Paul dit aux Corinthiens : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain » (1 Cor. 15.1-2). Certains dans les Églises de la Galatie avaient déjà commencé à changer le message qu’ils avaient reçu. Paul leur adresse un avertissement très sévère : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un Évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème (maudit) ! » (Galates 1.8).

En 1 Corinthiens 7.17-24, Paul explique qu’il ne faut pas enseigner des conditions de salut que Dieu n’a pas imposées. Le célibataire qui se gardait pur n’avait pas besoin de se marier pour être chrétien ; le marié qui avait, selon la parole de Dieu, le droit de se marier, n’avait pas besoin de redevenir célibataire pour servir Dieu. L’incirconcis n’a pas besoin d’être circoncis pour être sauvé, et l’esclave n’est pas obligé de devenir un homme libre pour plaire à Dieu. Ces conditions ne sont pas des états de péché, et Paul dit : « Que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a faite, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu… Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (1 Cor. 7.17,24). Mais ce que nous voulons souligner dans ce passage, c’est la fin du verset 17 : « C’est ainsi que je l’ordonne dans toutes les Églises. » Paul annonçait le même Évangile et les mêmes conditions de salut partout où il allait, parce qu’il se conformait au modèle révélé par Dieu.

L’organisation de l’Église

En Actes 14.23, nous voyons que Paul et Barnabas ont conduit les Églises de la Galatie (Antioche, Icone, Lystre et Derbe) à mettre en place une même forme d’organisation : « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église. » Ils n’ont pas enseigné à chaque assemblée de s’organiser selon son propre goût, soit avec un chef d’Église, un pasteur unique, un archevêque ou un président. Ils ont amené chaque assemblée à nommer un groupe d’hommes pour la diriger, des anciens. Chaque Église était autonome et avait ses propres anciens au lieu d’être soumise à un conseil ou dirigeant national ou régional. La Bible ne parle ni de paroisse ni de diocèse. Environ vingt ans plus tard, Paul donna des instructions pour les Églises dans un autre pays, mais ce fût le même plan d’organisation qu’il recommanda. Il dit à Tite : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville » (Tite 1.5).

Dans les versets suivants, Paul énumère les critères à remplir par ceux qu’on choisirait comme anciens ou évêques (deux noms pour la même fonction) (Tite 1.6-9). Puisque cet enseignement fait partie du modèle inspiré de Dieu, nous ne devons pas être surpris de découvrir que ces qualifications correspondent à celles qui devaient être enseignées par Timothée dans la ville d’Éphèse (1 Tim. 3.3-7). L’organisation désirée ne variait pas selon l’endroit ou l’année. Elle constituait une partie du modèle.

Le financement du travail de l’Église

En Actes 11.29, nous voyons l’assemblée d’Antioche en Syrie qui envoie de l’aide aux frères pauvres en Judée. Elle n’a pas imposé une cotisation ou montant fixe que chaque membre de l’ Église devait contribuer. Au contraire, « les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée ». L’apôtre Paul enseignait à l’Église de Corinthe de suivre le même principe. « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur » (2 Corinthiens 9.7), et que chacun donne « selon sa prospérité » 1 Corinthiens 16.2).

Un autre principe concernant le financement des œuvres de l’Église, c’est que l’on faisait la collecte « le premier jour de la semaine » (1 Corinthiens 16.2), c’est -a-dire le dimanche. Encore, il est important de souligner que cette recommandation ne se limitait pas à l’Église de Corinthe, à elle seule. Paul introduit cet enseignement en disant : « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de Galatie » (1 Corinthiens 16.1). Ce modèle s’appliquait partout.

L’adoration

Quand Paul envoyait à l’Église de Corinthe des instructions concernant le culte, il était très clair que ces règles s’appliquaient dans toutes les autres assemblées, aussi. Prenez, par exemple, le bon ordre et le silence des femmes : « Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi … Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.33,34,36,37). L’Église de Corinthe n’avait pas la liberté de donner la parole aux femmes pour prêcher ou conduire des prières ou cantiques lors du culte. Elle n’avait pas le droit d’innover de cette façon. Le modèle biblique exige que ce soit des hommes et non des femmes qui prennent la direction de l’adoration en public.

Un autre exemple est l’enseignement sur le repas du Seigneur en 1 Corinthiens 11.17-34. Paul précise au verset 23 : « Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné. » Le modèle n’est venu ni de Paul ni d’un homme quelconque. C’est le Seigneur qui a confié aux apôtres ce qu’ils devaient enseigner au sujet de la communion.

L’enseignement

Ce n’est pas seulement l’enseignement sur le culte, mais toute doctrine, qui doit être conforme au modèle. Paul dit à Timothée : « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle de saines paroles que tu as reçues de moi. Garde le bon dépôt… » (2 Timothée 1.13,14). Ces saines paroles devaient être transmises fidèlement d’une génération d’enseignants à une autre : « Ce que tu as entendu de moi, en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres » (2 Timothée 2.2).

La vie et le ministère

Enfin, la Bible parle d’un modèle, non seulement pour l’organisation, le financement, l’adoration et l’enseignement de l’Église, mais aussi pour la manière de vivre et de servir. Paul était conscient du fait qu’il laissait un exemple à suivre en ce qu’il disait, mais aussi en ce qu’il faisait : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4.9). Si nous suivons l’exemple que Paul et les autres apôtres nous ont laissé, Dieu sera avec nous. Si nous nous éloignons du modèle divin, nous serons, au contraire, sous la condamnation.

Comment identifier le modèle biblique

Comme nous l’avons dit, un tailleur, un menuisier, un constructeur ou un élève arrive à reproduire le modèle qui lui est fourni s’il regarde bien un exemplaire, une photo ou un plan, et s’il prête attention aux instructions qui accompagnent l’exemplaire. En tant que chrétiens, nous pouvons identifier le modèle à suivre si, en étudiant le Nouveau Testament, nous recherchons :

  1. des exemples approuvés, c’est-à-dire des passages qui nous montrent des Églises en train de mettre en pratique un enseignement inspiré, sous la direction ou avec l’approbation des apôtres ; et
  2. des commandements ou instructions données aux Églises, aux chrétiens ou à ceux qui voulaient devenir chrétiens.

En suivant ces exemples et commandements, nous devons respecter le silence de la Bible (Deut. 4.2; 12.32; Prov. 30.6; 1 Cor. 4.6; 2 Jean 9-11; Apoc. 22.18,19). Quand un parent donne de l’argent à son enfant et l’envoie à la boutique en lui disant de payer cinq bouteilles de coca-cola, l’enfant n’a pas le droit d’acheter également quelques bouteilles de bière et un jouet simplement parce que son père ne lui a pas dit expressément de ne pas faire ainsi. Le père n’a pas besoin de citer tout ce qu’il ne veut pas. Le modèle biblique autorise l’emploi du fruit de la vigne et du pain sans levain pour le repas du Seigneur. La parole ne dit rien au sujet de viande et de tomates en ce qui concerne ce repas, mais ce n’est pas pour cela que nous pouvons ajouter ces éléments. Le silence n’autorise pas à faire tout ce qui n’est pas expressément défendu.

Respecter le silence des Écritures signifie également que l’on ne doit pas imposer des devoirs dans la religion qui ne sont pas enseignés dans la parole de Dieu.

En suivant les commandements, il faut aussi considérer à quel point un commandement est spécifique ou générique. Par exemple, quand Dieu dit à Noé de construire l’arche, il a précisé : « Fais-toi une arche de bois de gopher » (Genèse 6.14). Le commandement étant très spécifique, l’utilisation d’autres espèces de bois, tel que le chêne, le pin ou l’ébène, était exclue. Quand Jésus dit, par contre, « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle » (Marc 16.15), l’ordre d’aller est très générique et n’impose pas un seul moyen de transport. On peut aller à pied, en voiture, ou en avion, pourvu qu’on aille.

Conclusion

Une chose qui distingue les Églises du Christ de la plupart des groupes religieux, c’est la conviction que Jésus-Christ a bâti une seule Église, et que l’homme n’a ni besoin ni droit d’en créer une autre. Le plan de Dieu pour son Église est amplement révélée dans le Nouveau Testament. Si nous nous conformons réellement à ce modèle divin, nous n’aurons pas créé quelque chose de nouveau mais retrouvé l’original. Ce n’est pas de l’orgueil qui nous pousse à dire que l’Église du Christ n’est pas une dénomination. Ce n’est pas que l’on se croit plus spirituel ou plus intelligent que tous les autres. Mais force est de reconnaître qu’aucun homme n’est capable d’améliorer ce que Dieu a fait ou conçu.

La parole de Dieu est comme une semence (Luc 8.11) : Si on la prêche sans y ajouter les doctrines des hommes, elle produira toujours la même Église qu’elle a produite au premier siècle. Malgré des centaines d’années d’apostasie, les hommes peuvent, grâce à cette parole éternelle, découvrir et restaurer l’Église de Jésus-Christ.

Ayons donc soin de faire tout d’après le modèle qui nous a été montré.

B.B.

Les fêtes religieuses

LES FETES RELIGIEUSES

Les hommes ont toujours éprouvé ce désir naturel de se réjouir. Ainsi, à travers les âges, ils ont toujours eu des moments de réjouissance populaire: les fêtes. Cette tendance se retrouve aussi bien dans l’histoire profane que dans l’histoire biblique. Mais compte tenu du fait que les fêtes dites religieuses pullulent aujourd’hui, il nous apparaît plus que nécessaire de nous poser des questions: Est-il biblique de célébrer des fêtes religieuses aujourd’hui? Pour répondre à cette interrogation, nous essayerons d’examiner toutes les fêtes religieuses une à une pour voir les conditions dans lesquelles elles ont été instituées et surtout s’il faut toujours leur accorder de l’importance.

I. Les fêtes juives.

1) La pâque. (Exode 12.1-28; Lévitique 23.4-7)  Le nom signifie: passé par-dessus. La fête a lieu pendant huit jours entiers, c’est-àdire à partir du 14e jour du 1er mois de l’année jusqu’au 21e jour selon le calendrier juif. Mais déjà au 10e jour, l’on doit prendre un agneau ou un chevreau mâle, sans défaut, ayant un an pour l’immoler le 14e jour. Son sang est mis sur toutes les portes. L’agneau est rôti au feu et mangé la nuit même avec des pains sans levain et des herbes amères. Pendant le dîner, l’on doit manger précipitamment tout en ayant les reins ceints, les souliers aux pieds et le bâton à la main. L’on ne doit pas conserver de la viande pour la manger le lendemain matin. Pendant le reste des 7 jours (du 15 au 21) l’on doit manger uniquement des pains sans levain. Cette fête commémore la délivrance du peuple juif de l’Egypte (voir Deutéronome 16.1-3). Il n’y a pas plusieurs pâques dans la Bible. c’est la seule dont la Bible parle. Elle n’est plus en vigueur comme toutes les autres fêtes que nous verrons d’ailleurs. (Je donnerai la raison sur d’autres pages). De plus, ceux qui voudraient l’observer doivent respecter scrupuleusement les règles ci-dessus énumérées concernant sa célébration.

2) La Pentecôte ou fête des prémices. (1eres récoltes)    Elle est aussi appelée « fêtes des semaines » (Nombres 28.26). Pendant la moisson, l’on apporte une gerbe des prémices au sacrificateur qui l’agitera le lendemain du sabbat. Le même jour, on offre en holocauste à l’Eternel un agneau d’un an, sans défaut. On y ajoute 2/10 de fleur de farine pétrie à l’huile puis on fait une libation de 1/4 de hin de vin. (Lévitique 23.10-14) Sept semaines après cette cérémonie, on passe à la fête proprement dite (Deutéronome 16.9,10): on apporte 2 pains faits de 2/10 de fleur de farine cuits avec du levain pour être agités; ensuite on offre en holocauste 7 agneaux d’un an, 1 jeune taureau, 2 béliers. On y ajoute l’offrande et la libation ordinaires puis on offre 1 bouc en sacrifice d’expiation et 2 agneaux d’un an en sacrifice d’actions de grâces. (voir Lévitique 233.15-21) C’est l’Eternel qui choisissait le lieu où cette fête devait être célébrée. Elle n’avait lieu donc qu’à Jérusalem selon l’indication du Seigneur. (Deutéronome 12.11,12; I Rois 8.1,29,30)

3) La fête des tabernacles (Lévitique 23.33-36; Deutéronome 16.13-17)    C’est la fête de la moisson à la fin des récoltes. Elle dure une semaine entière (7 jours): elle commence le 15e jour du 7e mois. Pendant ces jours, l’on offre à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu, on se réjouit, on fait des dons selon sa prospérité (Deutéronome 16.17). Mais il n’est pas question de vente aux enchères. Pendant ces 7 jours, l’on doit demeurer sous des tentes (Lévitique 23.42). 4) La fêtes des trompettes (Nombres 29.1-6; Lévitique 23.24) C’est un jour de repos publié au son des trompettes. Ce jour, l’on offre à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu: on offre en holocauste 1 jeune taureau, 1 bélier, 7 agneaux d’un an sans défaut. On y ajoute une offrande de fleur de farine pétrie à l’huile, 3/10 pour le taureau, 2/10 pour le bélier, et 1/10 pour chacun des agneaux. Beaucoup d’autres sacrifices sont encore faits. Cette fête a lieu le 1er jour du 7e mois.

5) Le jour des expiations (Lévitique 23.26-31; Exode 30.10; Hébreux 9.7-28) C’était un jour où les juifs s’humiliaient pour le pardon de leurs péchés. Le souverain sacrificateur apporte du sang dans la partie du tabernacle appelée le saint des saints pour l’expiation de ses péchés et ceux du peuple. Cela a lieu une fois par année, au 10e jour du 7e mois.

6) La fête des purim (Esther 9.17-22)    Elle a lieu le 14e jour du mois d’Adar (12e mois). C’est un jour de réjouissance pendant lequel on distribue des dons aux indigents, où on pratique la générosité. Cette fête fut instituée pour commémorer la délivrance des juifs au temps d’Esther.

7) La fête de la dédicace (Jean 10.22)     Elle fut instituée en -164 par Judas Maccabée et ses frères en souvenir de la purification du temple après les 3 ans d’occupation syrienne.

8) Le sabbat (Deutéronome 5.12-15; Lévitique 23.1-3)     Il a lieu chaque samedi. C’est un jour solennel pendant lequel aucune activité n’est permise: on ne marche pas plus d’un kilomètre, l’on ne doit pas faire de feux; ce qu’on doit manger est préparé le vendredi… Ce jour devait rappeler aux israélites leurs années d’esclavage en Egypte, et le fait que Dieu les en avait délivrés, lui qui s’est reposé le 7e jour après avoir créé toutes choses. Ce sont là les fêtes dont la Bible parle. Toutes les autres que nous verrons maintenant ne sont que des ordonnances d’hommes. Mais comme je le disais, même ces fêtes qui étaient observées par les Juifs sous l’ancien testament ne sont plus en vigueur aujourd’hui. Et ceux qui veulent les observer à tout prix les dénaturent puisqu’ils ne respectent pas les conditions de leur célébration.

II. Les fêtes non bibliques

1) La Noël: « anniversaire de Jésus » Selon une tradition bien établie, Jésus serait né le 25 décembre, ce qui est douteux quand on sait que dans ce mois il fait un mauvais temps en Palestine (c’est l’hiver) et les bergers n’avaient pas l’habitude de veiller dehors. Or, à la naissance de Jésus, les bergers veillaient dans les champs avec leurs troupeaux (Luc 2.8-11). De plus, nulle part dans la Bible, il n’est fait mention de la commémoration du jour anniversaire de Jésus. C’est la preuve évidente que les premiers chrétiens n’ont pas observé Noël.. Certes les hommes fêtent leur anniversaire et il apparaît tout à fait logique de fêter l’anniversaire de celui qui est notre sauveur. Mais si le Seigneur lui-même n’a pas cru bon d’instituer une telle fête, ce n’est pas à nous de le faire. Rappelons-nous que nous ne devons rien ajouter au message biblique car « quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu » (II Jean 9). (lire aussi Apocalypse 22.18,19; Galates 1.6-9)

2) L’Assomption:    D’après la tradition, Marie mère de Jésus serait montée au ciel après sa mort. L’Assomption commémorerait donc cette mystérieuse montée. Mais lisez toute la Bible, vous serez peut-être surpris de constater que cette fête n’y est pas mentionnée. Ce n’est qu’une autre invention de l’imagination « fertile » des hommes.

3) L’Ascension:    Contrairement à l’Assomption, l’Ascension est un évènement réel. C’est la montée du Christ au ciel (Actes 1.9). Mais dans la Bible, aucune fête ne fut instituée en mémoire de cette montée. On ne trouve aucun exemple dans la Bible qui suggère que les apôtres et les premiers chrétiens ont observé cette fête.

4) La fête des rameaux:      Les gens pensent que la Bible ordonne de célébrer la fête des rameaux. Mais il n’en est rien. Tenez! Un jour, Jésus entrait à Jérusalem sur un ânon. Ce fut un jour de réjouissance: la plupart des gens de la foule étendirent leur vêtements sur le chemin; d’autres coupaient des branches d’arbres et en jonchèrent la route et tous criaient: hosana, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Ce fut un évènement unique qui ne fut pas commémoré par les apôtres et les premiers chrétiens. (lire Marc 11.1-10) D’ailleurs, comment cela pouvait-il se faire quand on sait que Christ est monté au Ciel? Qui pourrait monter sur l’ânon et devant qui pourrait-on étendre les vêtements? A qui pourrait-on dire: béni soit celui qui vient au nom du Seigneur? Autant de choses qui montrent encore que cette fête n’est qu’une institution humaine. Les hommes ont institué de leur propre chef beaucoup d’autres fêtes que je ne pourrai citer ici (Toussaint, fête en l’honneur de Jean- Baptiste…) Sachons toutefois que nous ne devons pas observer ces traditions aux dépens de la parole de Dieu.

III. Pourquoi les fêtes juives ne sont plus en vigueur?

Les fêtes juives sont les seules dont la Bible parle. Toutes les autres qui sont inventées par les hommes sont à écarter. Mais je soutenais tantôt que même les fêtes juives ne doivent plus être célébrées car elles ne sont plus en vigueur. Je vais m’expliquer. Toutes ces fêtes faisaient partie de la loi et cette loi a été abolie sur la croix: « ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions... » (Ephésiens 2.15) [L’expression “la loi” désigne d’abord l’ensemble des commandements de Dieu pour Israël, en particulier ceux que Moïse communiqua à ce peuple au Sinaï (Exode 20). Par extension, la loi vint à désigner parfois les livres où sont consignés ces commandements, c’est-à-dire essentiellement les cinq premiers livres de la Bible. L’expression, « la loi » est alors synonyme de « les livres de Moïse ». En un sens encore plus large, elle désigne l’ensemble de l’Ancien Testament. C’est dans ce dernier sens qu’il faut comprendre ce terme dans cette leçon.] . L’apôtre Paul disait donc aux Colossiens: « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats: c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ » (Colossiens 2.16-17). Le même Paul était exaspéré de constater que les Galates observaient toujours les fêtes juives: « vous observez les jours, les mois, les temps, les années! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. » (lire Galates 4.9-11) D’ailleurs, la Bible dit qu’il ne faut pas extraire des ordonnances de la loi pour les pratiquer; autrement l’on est tenu d’observer toute la loi (cf. Galates. 3.10; 5.2-3), à savoir, faire des sacrifices d’animaux, observer les restrictions alimentaires (telles que la souris, le serpent, le porc, le lièvre, le hibou…qui ne devaient pas être mangés sous l’Ancien Testament: lire Lévitique 11). Or, tous ceux qui continuent de célébrer les fêtes juives n’observent pas les autres consignes de l’Ancien Testament. Pis, ils n’observent même pas toutes ces fêtes. Ils relèvent des écritures quelques-unes (sûrement celles qui leur plaisent) pour les célébrer. Ils sont donc transgresseurs de la loi « car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » (Jacques 2.10). De toute façon, Galates 5.4 soutient que ceux qui veulent pratiquer la loi sont « séparés de Christ », « déchus de la grâce ». La loi n’est cependant pas contre les promesses de Dieu. Elle était comme un surveillant, un guide qui devait conduire le peuple vers le Christ Jésus. Jésus étant venu, « nous ne sommes plus sous ce pédagogue » (Galates 3.24,25).

IV. Pourquoi Jésus a-t-il observé les fêtes juives?

Quelqu’un dira: Pourquoi Jésus a-t-il donc observé toutes les fêtes juives s’il est vrai qu’elles ne doivent plus être célébrées? (Luc 2.41,42; 22.7-8; Jean 4.4,5; 5.1; 7.2) D’abord c’est parce que Jésus était juif. Or, tous ceux qui observent ces fêtes actuellement ne sont pas tous des Juifs. De plus, Jésus est né sous la loi (Galates 4.4). Il fut donc soumis à cette loi. Il est venu inaugurer une nouvelle alliance, un nouveau testament. Mais ce testament n’est entré en vigueur qu’après sa mort car « là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constaté » pour que ce testament soit en vigueur (Hébreux 9.16). Les fêtes juives devaient donc être célébrées jusqu’à la mort de Jésus. La seule fête instituée par Jésus et observée par les premiers chrétiens c’est la sainte cène qui commémore sa mort sur la croix. Elle consiste en la prise par les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, du pain sans levain (symbole du corps de Jésus) et du jus de raisin (symbole de son sang expiatoire). Elle a lieu chaque premier jour de la semaine, c’est-àdire le dimanche. (lire Luc 22.14-20; I Corinthiens 11.23-26; Actes 20.7). Voyez-vous, les hommes ont l’imagination très fertile et ils essayent d’imposer leurs convictions, les faire accepter comme si el les étaient bibliques. Heureusement que la Bible est là pour réfuter tous ces contradicteurs. Examinons tous d’une manière objective, sans parti pris les écritures pour voir ce qu’elles disent des fêtes religieuses. Si la Bible confirme ces propos, soyons assez humbles pour les accepter. Car au dernier jour, c’est la Bible, la Parole de Dieu qui nous jugera.

M’Bla Kouassi Séraphin

(dans Vol. 6, No. 3)

LA MUSIQUE DANS LE CULTE

LA MUSIQUE DANS LE CULTE

AVANT-PROPOS
On s’interroge souvent sur les raisons pour lesquelles les Églises du Christ n’utilisent pas d’instruments de musique dans le culte. C’est peut-être l’une des choses les plus frappantes pour le visiteur qui assiste pour la première fois à nos réunions, que de constater l’absence d’orgue, de piano, de guitare, de tam-tam, ou d’autres instruments d’accompagnement du culte. Cet étonnement est assez naturel si l’on considère que l’usage en est presque universel.
Par la voie de cet article, nous croyons utile de répondre à la question posée, en nous rapportant aux paroles de l’apôtre Pierre, qui nous dit: «Soyez toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.» (1 Pierre 3.15)
Signalons immédiatement que ce n’est ni par goût personnel, ni par mesure d’économie, que nous nous abstenons d’employer des instruments de musique dans l’exercice du culte que nous rendons à Dieu, mais que c’est par principe de foi.

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Qu’a autorisé Dieu dans le culte chrétien, quant à l’adoration sous forme de cantiques ? Écoutons le Saint-Esprit quand il dit : «Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Seigneur;» (Éphésiens 5.19) Écoutons la même expression de pensée dans l’Épître aux Colossiens : «Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » (Colossiens 3.16)
Notons en particulier que l’Esprit-Saint nous recommande expressément de nous «entretenir », c’est-à-dire, nous « instruire » et de nous «exhorter » mutuellement par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels et de chanter à Dieu sous l’inspiration de la grâce. Il s’avère que Dieu autorise, pour sa louange, l’usage de nos voix et de «nos cœurs », en chantant, en récitant les psaumes, etc.
La musique que Dieu agrée pour le culte qu’on lui rend se «joue» uniquement par les «cordes» de nos coeurs et s’élève jusqu’à lui par nos voix. Il n’est nulle part question dans le Nouveau Testament, que ce culte lui soit rendu avec l’addition ou par le moyen d’instruments quelconques.
Telle est la voie indiquée par Dieu. Et puisque c’est Dieu que nous voulons adorer et exalter, et puisque c’est à lui que nous voulons plaire, obéissons attentivement à ses instructions.
En parlant de culte, nous faisons uniquement allusion à celui pratiqué sous l’ère chrétienne et non à celui pratiqué sous l’ère patriarcale ou mosaïque. Nous savons, en effet, que sous la loi de Moïse la musique instrumentale était non seulement tolérée, mais commandée par le Livre des Chroniques dans les termes suivants: « Il fit placer les Lévites dans la maison de l’Éternel avec des cymbales, des luths et des harpes, selon l’ordre de David, de Gad le voyant du roi, et de Nathan le prophète; car c’était un ordre de l’Éternel,transmis par ses prophètes.» (1 Chroniques 29.25) Mais il faut cependant remarquer qu’à l’époque indiquée l’exercice du culte comprenait également des sacrifices d’animaux qui ne seraient assurément plus tolérés de nos jours.
De même, si un homme se présentait à notre lieu de culte avec un agneau sans défaut, afin de l’offrir en sacrifice à Dieu, lui serait-il permis de le faire sous prétexte que David offrait de tels sacrifices et qu’ils étaient à cette époque agréables à Dieu ? Que répondrions-nous? Simplement que nous ne vivons plus actuellement sous la loi qui commandait des sacrifices d’animaux.
L’apôtre Paul a averti les chrétiens de Galatie que s’ils cherchaient leur justification dans la loi de Moïse, ils seraient « déchus de la grâce» et « séparés de Christ.» Dans le même contexte, il leur dit que s’ils cherchaient leur justification dans une partie de la loi, ils étaient tenus logiquement de l’observer tout entière (Galates 5.4,3; voir aussi Jacques 2.10).
Il faut donc s’en reporter à Jésus plutôt qu’à Moïse pour l’observance justifiée des pratiques auxquelles doivent obéir ceux qui s’appellent des chrétiens. Paul nous exhorte : «Quoi que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.» (Colossiens 3.17). Ainsi tout ce que nous faisons en tant que chrétiens doit s’accomplir, non au nom de Moïse, mais «au nom du Seigneur Jésus.» Cette expression «au nom de» implique l’autorité dont elle est revêtue. Par exemple «au nom du roi» implique l’autorité royale comme base de directive. Faire quelque chose au nom du Seigneur signifie le faire par son autorité. Or, nous ne pouvons pas employer les instruments de musique dans le culte pour la bonne raison qu’il ne les a jamais autorisés.
Et ceux qui les emploient sans l’autorité divine doivent tenir compte de l’avertissement de l’apôtre Jean: «Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu.» (2 Jean 9). Or, aller plus loin que la doctrine (ou l’enseignement) du Christ, c’est faire ce qu’il n’a pas autorisé, et c’est le cas lorsqu’on se sert d’instruments de musique dans le culte. Il ne s’agit pas là d’une opinion ou d’une théorie humaine, mais bien d’un principe enseigné dans l’Ecriture Sainte.
Il ne faut pas se tromper sur l’importance d’un ordre ou d’une directive émanant de Dieu. Il est clair que Dieu exige toujours que nous observions scrupuleusement sa parole. Comparons les avertissements de l’Ancien Testament avec ceux du Nouveau Testament. Dans le premier cas, Dieu dit : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l’Éternel votre Dieu, tels que je vous les prescris. » (Deutéronome 4.2). Dans le Nouveau Testament il est tout aussi sévère quant à ceux qui modifient sa parole (voir Apocalypse 22.18,19)
Considérons le cas de Moïse qui, pour avoir frappé un rocher afin qu’il en sorte de l’eau, au lieu, simplement de lui parler comme Dieu lui avait ordonné de faire, perdit son droit d’entrer en Terre Promise (Nombres 20.8-12). Et pourtant, Dieu lui avait ordonné auparavant de frapper un rocher (Exode 17.6). Il faut donc faire attention à ne rien faire que Dieu n’ait pas autorisé.
Sur le point de quitter ses apôtres et de retourner chez son Père, le Christ comprenait et prévoyait qu’ils auraient besoin de directives infaillibles, bien qu’il les eût personnellement instruits pendant plus de trois ans. C’est pourquoi il leur dit : « Et moi, je prierai le Père, et ilvous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit devérité, que le monde ne peut recevoir.» (Jean 14.16,17). Il leur dit encore : «Mais le consolateur, l’Esprit de vérité, vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.» (Jean 16.13). L’Esprit- Saint descendit sur les apôtres au jour de la Pentecôte suivant la résurrection du Christ (Actes 2.1-4). Comme prévu et annoncé il vint sur eux pour les diriger dans toute la vérité. Les apôtres ont reçu et annoncé dans l’Évangile cette vérité qui sauve (1 Pierre 1.22-25). Il est à remarquer pourtant que l’Esprit n’a pas indiqué aux apôtres d’employer la musique instrumentale en les dirigeant « dans toute la vérité»
Il s’en suit forcément que l’emploi d’instruments de musique ne fait aucunement partie de la «vérité» transmise par les apôtres.
Écoutons l’avertissement biblique contre la tendance qui prévaut d’élever nos propres désirs jusqu’à ne plus supporter la saine doctrine qui est l’Évangile de Christ (2 Timothée 4.3,4).

DES OBJECTIONS

Certaines objections sont soulevées contre cette pratique, pourtant apostolique, d’exclure les instruments de musique du culte chrétien.
1. «La Bible ne défend pas de se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien.»
Répondons qu’il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas, et méditons l’exemple ci-après. Dans le livre du Lévitique, nous lisons que Nadab et Abihu, fils d’Aaron «apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné », au lieu du feu qu’il autorisait. A cause de cette substitution, que Dieu compta comme désobéissance volontaire, « le feu sortit de devant l’Éternel et les consuma: ils moururent devant l’Éternel » (Lévitique 10.1,2) Il est vrai que Dieu n’avait pas dit explicitement de ne pas utiliser le feu que ces deux sacrificateurs ont employé pour brûler le parfum. Mais il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas qu’on fasse. Un ordre positive et explicite exclut d’office tout ce qui n’est pas compris dans un tel ordre. La parole de Dieu est en même temps exclusive et inclusive: elle inclut tout ce qui est commandé et elle exclut tout ce qui ne l’est pas.
Voyons un autre exemple: lorsque Dieu dit à Noé de construire l’arche, il lui dit de la construire en bois de gopher (Genèse 6.14). Dieu ne lui a pas dit: « Tu ne te servira pas de bois de sapin, ou de chêne.» En spécifiant «bois de gopher» toutes autres espèces de bois étaient automatiquement exclues, sans que Dieu fut tenu à les citer par leur nom.
Le même principe doit s’appliquer aux instruments de musique. Il y a deux sortes de musique: la musique vocale et la musique instrumentale.
Le Seigneur ayant spécifié la musique vocale, il n’était pas nécessaire de défendre explicitement tout autre genre de musique. Le commandement de chanter précise ce que Dieu veut et exclut la musique instrumentale tout comme dans la Sainte Cène, l’ordre spécifiant le pain et le fruit de la vigne élimine tout autre aliment de la table du Seigneur. La substitution ou l’addition de lait, de viande, de pommes de terre, d’eau, etc., serait une désobéissance à l’ordre. Puisque nous admettons tous que Dieu exclut d’une manière positive et définitive tout autre aliment de cette partie du culte sans l’interdire explicitement, pourquoi ne pas faire application du même principe en ce qui concerne la musique instrumentale dans le culte ? Le commandement positif et explicite de chanter est une exclusion de tout autre genre de musique.
2. «On peut nous objecter que le Nouveau Testament nous exhorte à adorer Dieu par des Psaumes et que le 150e, parmi d’autres, recommandant qu’on l’adore avec toutes sortes d’instruments, nous pouvons le faire.»
Cette objection contre notre thèse perd sa force lorsque l’on considère à nouveau les textes des Écritures précités. En effet, il ne faut pas perdre de vue que les Psaumes issus de l’Ancien Testament recommandent aussi aux adorateurs d’autres actes de culte tels que les holocaustes (Psaumes 66.13-15), actes qui ont été abolis.
En effet les Psaumes et de telles prescriptions font partie de l’Ancienne Alliance, qui fut remplacée par la Nouvelle (Hébreux 8.7).
L’usage recommandé par le Nouveau Testament pour les Psaumes nous autorise à les chanter, à les réciter, mais n’autorise pas l’emploi d’instruments de musique.
3. «Il est loisible d’avoir des instruments de musique chez soi; pourquoi donc ne pas les avoir dans l’Église ?»
Chez soi, tout ce qui est moralement juste est permis, mais dans l’Église rien n’est permis qui ne soit autorisé par le Nouveau Testament. Ce qui est moralement acceptable chez soi n’est pas nécessairement permis dans le culte. Par exemple, il est moralement permis de se laver les mains avant le repas, mais ce ne sera pas là un acte de culte.
4. «Il n’y a pas de différence entre l’emploi d’instruments de musique, et l’emploi d’un baptistère ou d’un recueil de cantiques; ils sont l’un et l’autre tout simplement des aides dans le service de Dieu»
Il est vrai qu’un baptistère et un recueil de cantiques sont des aides, mais l’instrument de musique est une addition. L’acte accompli dans un baptistère est l’acte ordonné par Dieu tandis que l’acte exécuté quand on joue d’un instrument de musique est un acte que Dieu n’a pas ordonné. Se servir d’un livre de cantiques en chantant constitue un acte que Dieu a ordonné (ni plus ni moins), mais chanter n’est pas jouer : ce sont deux actes bien différents. Chacun peut exister sans l’autre. Dieu a ordonné l’un dans le culte mais pas l’autre. 

Les Instruments dans l’Église
Il n’y a pas eu d’instruments de musique dans le culte chrétien pendant plus de 600 ans après la mort du Christ – 600 ans après l’établissement de l’Église du Seigneur. Citons l’American Encyclopedia : «Le Pape Vitalien a, pour la première fois, introduit les orgues dans quelques églises d’Europe occidentale vers l’an 670. Mais le plus ancien rapport digne de confiance est celui d’un orgue envoyé comme cadeau par l’empereur grec Constantin Copronymu, à Pépin, roi de Francs, en 755» (Tome XII, page 688).
Citons aussi la Schaff-Herzog Encyclopedia: « Dans l’Église grecque l’orgue n’est jamais entré en usage. Mais après le VIIIe siècle il est devenu de plus en plus courant dans l’Église latine: pas toutefois, sans opposition du côté des moines…» (Tome III, page 702). L’Église orthodoxe, quoique ne suivant pas les ordonnances bibliques en bien des points, a conservé néanmoins l’exemple biblique dans le baptême par immersion et dans la musiquea capella, c’est-à-dire sans instrument.
Le fait d’exclure les instruments de musique dans leur culte n’est pas une « idée fixe» suivie uniquement par les Églises du Christ. C’est plutôt un point de conviction commun à plusieurs chefs religieux des plus éminents et érudits. Ecoutons ce que quelques-uns d’entre eux disent à ce sujet.
Martin Luther rejeta l’emploi de l’orgue en disant: «L’orgue dans le culte à Dieu est un insigne de Baal.»
Jean Calvin disait de l’orgue dans le culte: « Les instruments de musique pour célébrer les louanges de Dieu ne sont pas plus appropriés que de brûler de l’encens, d’allumer des lampes ou de restaurer les autres ombres de la loi. Les hommes qui aiment la pompe extérieure peuvent se réjouir dans ce bruit mais la simplicité que Dieu nous recommande par les apôtres lui est de beaucoup plus agréable… La voix humaine… surpasse assurément tous les instruments de musique» (Dans son commentaire du 23e Psaume).
John Wesley dit: «Je n’ai point d’objection contre les instruments de musique dans nos églises, pourvu qu’ils ne soient ni vus, ni entendus » (Adam Clarke’s Commentary, Tome IV, page 684).
Adam Clarke est compté parmi les plus éminents commentateurs bibliques au monde. Il fut contemporain de John Wesley. Concernant les orgues dans le culte, il dit: «Je suis un vieil homme et un vieux prédicateur: et je déclare que je n’ai jamais pu constater qu’ils aient été producteurs d’un bien quelconque dans l’adoration de Dieu: et j’ai des raisons de croire qu’ils ont été producteurs de beaucoup de mal. La musique en tant que science, je l’estime et l’admire, mais les instruments de musique dans la maison de Dieu je les ai en abomination et je les déteste; c’est l’abus de la musique et je joins ma protestation contre toutes corruptions pareilles dans le culte de l’Auteur du Christianisme.» (Adam Clarke’s Commentary, page 684).
Ce qu’ont pensé ces hommes ne prouve pas qu’on ne doit pas se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien: seul l’enseignement du Christ et de ses apôtres peut établir cette interdiction. Mais ces hommes sont cités pour démontrer que de tels instruments dans le culte ont été rejetés par beaucoup parmi les plus grands chefs religieux.
Résumons donc en disant au sujet de la musique instrumentale que ni le Christ, ni le Saint-Esprit, ni les apôtres ne l’ont jamais autorisée. Aucune assemblée apostolique ne l’a employée. Prenant le Nouveau Testament comme notre seule règle de foi et de pratique en matière du culte chrétien, et voulant demeurer dans l’enseignement apostolique, nous nous voyons dans l’obligation absolue d’exclure les instruments de musique de notre culte.
Auteur inconnu

(Vol. 4, No. 4

Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui?

Introduction

Depuis le premier siècle, beaucoup de chrétiens ont été dans la confusion à l’égard de la loi de Moïse. Beaucoup n’ont pas voulu admettre le caractère temporaire de cette loi. Beaucoup ont voulu conserver des parties de la loi qui ne font pas partie de la doctrine de Christ et de ses apôtres. D’autres reconnaissent que la loi n’est plus en vigueur, mais ne comprennent pas pourquoi le Dieu parfait aurait donné une loi « imparfaite » ayant besoin d’être remplacée par la suite. Quelle était son imperfection et quel serait le but de cette loi imparfaite ? Si elle n’est plus en vigueur, pourquoi la conserver dans nos Bibles aujourd’hui ? Voilà des questions auxquelles nous essayerons de répondre dans ce numéro.

Le chrétien ne vit pas sous la loi de Moïse

Comme nous venons de le dire, beaucoup de chrétiens dès le premier siècle ont eu du mal à accepter que la loi mosaïque ait été enlevée. Ce fait explique la présence de nombreux passages du Nouveau Testament qui soulignent justement cet enseignement. Il est affirmé à maintes reprises et de plusieurs manières que la loi était passagère.

Matthieu 5.17,18 – Voici un passage qui, pour certaines personnes, soutient que la loi est éternelle. Jésus dit qu’il n’est pas venu abolir la loi et les prophètes, mais pour les accomplir. Il dit que la moindre partie de la loi ne disparaîtrait pas jusqu’à ce que tout soit accompli. Or, en disant cela, Jésus affirme que la loi disparaîtrait, puisque tout au long de son ministère il accomplissait ce qui était écrit dans la loi et les prophètes (Matt. 2.15,17,23; 4.14; 8.17; 13.14,35; 21.4; 26.56; 27.9,35; Jean 12.38; 13.18), et à la fin il prétend que tout avait été accompli (Jean 19.30; Luc 24.22-27).

Remarquez que ce n’est pas seulement le code légal contenu dans les livres de Moïse qui fut accompli à la mort du Christ : Jésus parle de l’accomplissement de ce qui était écrit « dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes ». Toutes ces Écritures se rapportent à ce que nous appelons l’ancienne alliance, l’ancienne loi, ou l’Ancien Testament. Si la loi de Moïse est encore en vigueur, tout l’Ancien Testament est en vigueur ; si la loi n’est plus en vigueur, c’est que nous ne vivons plus sous l’Ancien Testament dans son ensemble.

Romains 7.1-6 – Dans ce passage la relation avec la loi mosaïque est comparée au mariage. Une femme mariée est libre de prendre un autre mari si son premier mari meurt, parce que cette union est dissoute par la mort. De la même manière, le chrétien, étant mort avec Christ par le baptême, est dégagé de son union à la loi. Vouloir être uni à la loi et au Christ à la fois serait une sorte de polygamie, ou adultère spirituel.

2 Corinthiens 3.6-11 – Paul glorifie Dieu ici de l’avoir rendu capable d’être ministre d’une nouvelle alliance. Il compare ces deux alliances ainsi : la première était un ministère de la mort et la condamnation, la deuxième de la réconciliation ; la première était glorieuse, la deuxième plus glorieuse ; la première était passagère, la deuxième est permanente.

Galates 4.1-7 – La condition d’un héritier qui est encore enfant n’est pas trop différente de celle d’un esclave, jusqu’au temps marqué par le père. C’était aussi la condition de ceux qui étaient sous la loi. Or, le temps marqué est déjà venu, et nous ne sommes plus esclaves (de la loi).

Galates 5.1-5 – La justification est par la foi en Christ. Chercher à être rendu juste par l’observation de la loi de Moïse nous sépare de Christ. Nous avons été affranchis de la loi et ne devons pas nous mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

Éphésiens 2.11-19 – Les païens et les Juifs étaient séparés auparavant par la loi qui avait été donnée aux Juifs mais non aux païens. Le Christ a fait de ces deux peuples un seul en anéantissant la loi juive qui créait un mur entre eux. Par le Christ, tous ont accès auprès de Dieu.

Colossiens 2.13-17 – Christ a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient ; il l’a détruit en le clouant à la croix. Ainsi, personne ne devrait juger les autres au sujet des dispositions de cette loi, telles que les aliments purs et impurs, les fêtes, etc.

Hébreux 7.11-14 – Jésus est notre souverain sacrificateur (Héb. 6.20). La loi de Moïse ordonnait que les sacrificateurs soient uniquement de la tribu de Lévi. Évidemment, ce n’est pas selon la loi de Moïse que Jésus a été établi sacrificateur. « Le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. »

Hébreux 8.6-13 – Les défauts de la première alliance ont nécessité son remplacement par l’alliance plus excellente dont Jésus est le médiateur. Ce remplacement de l’ancienne alliance avait même été déclaré six cents ans d’avance par le prophète Jérémie (Jér. 31.31-34). D’ailleurs, parler d’une alliance nouvelle indique déjà que la première est considérée comme ancienne, prête à disparaître.

En quoi la loi n’était-elle pas parfaite ?

Ceux qui comprennent que la loi mosaïque avait besoin d’être remplacée et qu’elle ne pouvait pas amener les hommes à la perfection pensent trouver en elle des défauts là où, en fait, il n’y en a pas. Ils ne reconnaissent pas en quoi l’ancienne alliance était imparfaite, et les accusations qu’ils lancent contre la loi ne sont pas justes.

Considérons quelques critiques faites souvent à l’égard de la loi de Moïse qui manquent au but, qui n’identifient pas la vraie raison pour laquelle cette loi fut remplacée.

« La loi ne tenait pas compte de l’homme intérieur, des motifs du cœur. »

Il est peut-être vrai que Jésus et ses apôtres insistaient plus que la loi sur l’importance de la pureté et la sincérité du cœur. Cela est probablement dû non pas au fait que l’homme intérieur n’est pas visé dans la loi, mais parce que les chefs religieux parmi les Juifs s’étaient occupés des exigences extérieures et cérémonielles au point de négliger les principes fondamentaux de la moralité (Matt. 9.13; 23.23). C’étaient les dirigeants, et pas la loi, qui mettaient l’accent uniquement sur les apparences (Matt. 6.1-4; 23.14). Ils se cachaient derrière une façade de justice qui masquaient la pourriture intérieure (Matt. 23.25-28).

En réalité, la loi parlait de l’homme intérieur, des motifs, des sentiments, du cœur. Considérez ces exemples :

« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » (Ex. 20.17)

« Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur…Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lév. 19.17,18)

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deut. 6.5)

« La moralité exigée par la loi n’était pas suffisamment élevée. »

Il est vrai que Jésus met en contraste ce qui avait été dit et ce qu’il disait lui-même. Jésus appelait les hommes à une moralité plus élevée, plus spirituelle. Mais pour la plupart, au lieu de contredire les principes de la loi, il ne faisait que les approfondir et leur redonner le sens que Dieu avait voulu. Ce sont les hommes qui s’étaient éloignés du vrai sens des commandements. Jésus les rappelle à l’esprit de la loi.

Par exemple, la loi demandait aux hommes non seulement de ne pas tuer (Matt. 5.21s), mais aussi de ne pas haïr ou garder rancune – Lév. 19.17,18. Elle disait non seulement de ne pas commettre l’adultère avec la femme de son prochain (Matt. 5.27s), mais aussi de ne pas convoiter la femme de son prochain – Ex. 20.17. Jésus dit que Moïse permettait le divorce à cause de la dureté de cœur des hommes (Matt. 19.8). Quand il dit que l’infidélité était la seule cause du divorce, il confirmait l’interprétation de certains rabbins de ce que Moïse lui-même avait commandé : le divorce au cas où l’homme trouve en sa femme « quelque chose de honteux » – c’est-à-dire l’infidélité (Deut. 24.1). Il est vrai que Jésus enseigne de ne même pas jurer, mais le sens de ses paroles s’aligne avec l’exigence de la loi d’être complètement véridique, et il est possible qu’il défend les serments à cause des abus (Matt. 23.16-22). La loi disait bien de suivre le principe « œil pour œil, dent pour dent » dans un cadre juridique (Deut. 19.15-21; Lév. 24.13-20; Ex. 21), mais en ce qui concerne les relations personnelles, on oublie que la loi aussi disait : « Tu ne te vengeras point » (Lév. 19.18), ou : « Si tu rencontres le bœuf de ton ennemi ou son âne égaré, tu le lui ramèneras » (Ex. 23.4).

« Elle est trop négative : Tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela. »

Tandis qu’il est vrai que parmi les dix commandements il y en a huit qui sont négatifs, la loi dans son ensemble contenait beaucoup d’exigences positives : aimer Dieu ; donner aux pauvres ; célébrer des fêtes en l’honneur de l’Éternel ; se lever devant le vieillard ; avoir des poids exacts pour le commerce ; etc.

En même temps, le Nouveau Testament contient de nombreuses défenses (1 Cor. 6.9,10; Gal. 5.19-21; Jacques 4.1-12, etc.) sans que ce fait enlève quoi que ce soit de sa valeur.

« Elle est trop difficile à respecter. »

Cette réponse est plus proche de la vérité, mais elle n’est pas tout à fait juste. Oui, l’apôtre Pierre a dit que la loi était « un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter » (Actes 15.10). Mais le problème n’est pas avec la loi elle-même. Paul écrit en Romains 7.12,14,16 : « La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste, et bon… nous savons que la loi est spirituelle… je reconnais que la loi est bonne. » Si la loi ne condamnait pas le péché, ce serait facile de l’observer, mais elle ne serait plus sainte et juste.

La loi de Christ n’est pas plus facile que celle de Moïse dans le degré de sainteté qu’elle demande. Jésus n’a pas placé la barre plus bas. Il nous dit, au contraire : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matt. 5.48).

Le vrai problème

Le vrai problème dans la loi n’est pas qu’elle est trop difficile, mais que (1) l’homme est trop faible, et que (2) cette loi sainte n’a pas de provision pour compenser la faiblesse de l’homme.

Pour le premier point notez ces versets :

« La loi est spirituelle, mais moi, je suis charnel, vendu au péché… je ne fais pas ce que je veux, et je fais ce que je hais. » (Romains 7.14,15; aussi Galates 5.17)

« Car – chose impossible à la loi, car la chair la rendait sans force – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. » (Romains 8.3,4)

« Car c’est avec l’expression d’un blâme que le Seigneur dit à Israël : … je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… car ils n’ont pas persévéré dans mon alliance. » (Hébreux 8.8,9)

Les versets suivants soutiennent le second point :

« Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi. » (Romains 3.20)

« S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché. » (Gal. 3.21,22)

« Si la perfection avait été possible par le sacerdoce lévitique… qu’était-il encore besoin que parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek ? » (Héb. 7.11)

« La loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. » (Héb. 10.1)

« Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte le péché. » (Héb. 10.4)

« Tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés. » (Héb. 10.11)

L’imperfection de la loi réside dans le fait que l’homme n’arrive pas à la garder parfaitement et qu’elle ne contient pas de provision qui puisse effacer la faute de l’homme.

En quoi la loi était-elle parfaite ? – Psaume 19.8

La loi était quand même parfaite en ce qui concernait ses vrais buts. Elle était incapable de résoudre le problème du péché, mais elle n’avait jamais été destinée à faire cela.

« C’est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Rom. 3.20)

« Or, la loi est intervenue pour que l’offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Romains 5.20)

« Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. » (Romains 7.7)

« Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité… » (Gal. 3.19)

« Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. » (Gal. 3.24)

Les païens sans la loi pouvaient reconnaître qu’ils étaient coupables, même dignes de la mort (Romains 2.15; 1.32), mais la loi devait renforcer mille fois ce sentiment. La loi de Moïse faisait ressentir profondément la grande distance qui sépare l’homme pécheur et le Dieu très saint. Elle montre de nombreuses manières la réalité du péché, la souillure de l’homme, la nature de tout péché, les conséquences du péché, le prix du péché, et en même temps la justice et la sainteté de Dieu. Celui qui comprend la loi se voit condamné au plus haut degré, éloigné de Dieu, incapable d’ôter ses propres péchés, dans le plus grand besoin de la grâce de Dieu, bref, dans le besoin de Jésus le Sauveur.

Le Christ étant venu et le monde entier étant maintenant sous l’autorité, non pas de la loi mosaïque, mais de la loi du Christ (Matthieu 28.18; 1 Cor. 9.21; Gal. 6.2; Héb. 7.12; Jacques 2.12), l’ancienne loi a atteint son but. Elle a fait l’œuvre pour laquelle Dieu l’a donnée.

L’utilité de l’étude de la loi aujourd’hui

La connaissance du péché

Avant que Jésus ne vienne, la loi montrait aux hommes qu’ils étaient pécheurs. Le Nouveau Testament, comme l’Ancien Testament, identifie et condamne le péché. L’étude de l’Ancien Testament peut toujours aider les chrétiens à clarifier la nature de certains péchés. En plus, tout le système mosaïque soulignait la gravité du péché en faisant ressentir la séparation de l’homme pécheur et de Dieu. L’accès auprès de Dieu était strictement limité (Héb. 9.8).

L’Ancien Testament rend donc plus claires nos idées du péché, nous décrit bien notre état perdu et augmente notre appréciation de notre salut.

Son témoignage sur Jésus

Le Nouveau Testament affirme à plusieurs reprises que l’Ancien Testament parle de Jésus (Jean 1.45; 5.39; Luc 24.27; Actes 10.43). Cela augmente notre foi en Jésus que de voir que tout ce qu’il a fait était en conformité avec les Écritures données auparavant par Dieu (2 Pierre 1.18-21). L’Ancien Testament en parle de plusieurs manières : 1) par des prophéties (Actes 26.22,23) ; 2) par le fait de démontrer le besoin d’un Sauveur (Gal. 3.22-24) ; 3) par les symboles qui préfiguraient l’œuvre du Christ (Jean 1.29; 1 Cor. 5.7; Héb. 9.11-12; etc.). Un livre inspiré qui nous parle tant de Jésus-Christ mérite forcément qu’on l’étudie.

Les leçons de l’histoire

Des récits contenus dans la loi de Moïse nous enseignent beaucoup sur les relations de Dieu avec les hommes et sur la manière dont les hommes agissent entre eux. Il faut, bien sûr, interpréter l’histoire et dégager ses leçons en tenant compte du fait que nous ne vivons pas sous la même loi qu’eux. Voici plusieurs sortes de leçons : la patience de Dieu, le rôle actif qu’il joue dans les affaires des nations, sa justice et son châtiment du mal, les conséquences du péché dans la vie du pécheur et des autres, les exemples de soumission à Dieu, de foi, et de piété, la supériorité de Dieu par rapport aux idoles, la nécessité de servir Dieu du cœur et non seulement dans les actes extérieurs, l’importance de respecter les choix de Dieu, la bienveillance de Dieu envers son peuple, le danger de l’orgueil, etc. Le Nouveau Testament nous recommande la lecture de l’Ancien pour renforcer de telles leçons (1 Cor. 10.1-12 – surtout verset 11; Romains 15.4; Héb. 11).

Son enseignement sur Dieu

Le Nouveau Testament suppose que les lecteurs connaissent déjà Dieu et ce qu’il a fait. C’est l’Ancien Testament qui nous parle en détail de sa création du monde, de sa sainteté, de sa puissance, de sa fidélité, de sa haine pour le péché, etc. Par contre, les connaissances révélées dans l’Ancien Testament sont approfondies par la révélation faite dans la personne de Jésus-Christ (Héb. 1.1-3).

Conclusion

J’espère que cette étude nous aidera tous à faire usage légitime de la loi. Si nous voulons apprendre l’organisation de l’Église du Seigneur, le plan du salut auquel nous devons obéir, les actes d’adoration chrétienne, et beaucoup d’autres sujets, c’est surtout au Nouveau Testament que nous devons nous référer. Nous ne vivons plus sous l’ancienne alliance. La loi reste, néanmoins, très utile comme sujet d’étude pour le chrétien. La négliger c’est choisir de ne pas s’enrichir spirituellement de tout ce qu’elle peut nous offrir.

B.B.

L’ancienne alliance: est-elle toujours en vigueur

L’ANCIENNE ALLIANCE: ESTELLE TOUJOURS EN VIGUEUR ?
Une lecture même superficielle des Écritures nous montre clairement que l’Ancienne Alliance faite entre Dieu et Israël était appelée à disparaître pour faire face à une loi meilleure. Jérémie le prophète l’annonce plusieurs siècles avant Jésus-Christ, on ne peut plus nettement. (Jérémie 31.31ss). Plus tard, lorsque le Christ aura accompli sa mission parmi les hommes, l’écrivain d’Hébreux consacrera la quasi totalité de sa lettre à l’explication du rapport qui existe entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle inaugurée par le Christ. C’est là que nous lisons: «Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection – et introduction d’une espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu ». (Hébreux 7.18, 19).
Puis après avoir parlé du rôle de Moise sous l’ ancien régime, il déclare que Jésus «a obtenu un ministère d’autant plus supérieur qu’il est le médiateur dune alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde». (Hébreux 8.6, 6.)
Ce langage ne permet plus aucun doute sur cette question. Il est clair que le système de l’Ancienne Loi a été aboli, abrogé, et remplacé, avec le Christ, par une meilleure Alliance. Il est également clair que c’est toute l’Ancienne loi qui a disparu et non une partie seulement. (Nous reviendrons plus tard à cet aspect de la question.) 
POUR ACCOMPLIR

A ce point, quelqu’un dira peut-être: n’y a-t-il pas une contradiction frappante entre ce que nous venons de lire et ce que Jésus dit lui même, a savoir: «Ne croyez pas que je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota ou un seul trait de lettre jusqu’à ce que tout soit arrivé.» (Matthieu 5.17, 18). Jesus ne souligne-t-il pas ici la durabilité de la Loi, jusqu’à la fin du monde? Ce n’est pas du tout l’enseignement qu’il veut donner.
Notons encore la seconde partie de la déclaration; elle est la clé de ce texte : « il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre jusqu’à ce que tout soit arrivé. (Certaines traductions disent; jusqu’à ce que tout soit accompli.) Jésus déclare ici qu’il est venu réaliser tout ce qui est dit de lui dans l’Écriture et que rien ne pourra l’empêcher de le faire. Car tout l’Ancien Testament est comme une chrysalide qui attend de s’ouvrir pour laisser sortir le papillon accompli. C’est ainsi que nous rencontrons souvent dans les page des Évangiles cette expression significative : afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par le prophète. Voyez Matthieu 2.15, 17,23; 4.14; 8.17; 13.14, 35; 21.4; 26.56; 27.9; 27.35; Jean 12.38; 13.18, etc.
LES DERNIERS MOTS DU CRUCIFIÉ
Vers la fin de son ministère terrestre, après sa résurrection il déclare à ses disciples émerveillés; «C’est là ce que je disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplit tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moise, dans les prophètes et dans les Psaumes. Alors, il leur ouvrit l’esprit afin qu’ils comprissent les Écritures.» Et leur dit;«Ainsi il est écrit que le christ souffrirait et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations.» (Luc 24.44-47)
La loi ne devait pas disparaître «jusqu’à ce que tout soit réalisé.» Or, tout était maintenant accompli. Ce sont les derniers mots du crucifié. (Jean 19.30). 
LE VOILE DU TEMPLE SE DÉCHIRA

A la lumière de ces textes, nous pouvons mieux comprend pourquoi le voile du temple se déchira depuis le haut jusqu’en bas tandis qu’expirait le réalisateur de la loi. Nous pouvons mieux saisir toute la portée de ces mots de Paul: «Christ est la fin de la loi». Rom.10.4.«Vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre…» «Nous avons été dégagé de la loi…» (Romains 7.4, 6.)
Une autre question s’éclaire également; sous l’Ancienne Loi, avant la venue du Christ, il y avait, d’ une part les juifs, et d’autre part les païens, c’està -dire tous les non juifs. Le mur de séparation était la loi, accordée aux juifs, et inconnue des païens. Mais à présent; en Jésus-Christ, il n’y a plus de différence, car juifs comme païens sont également appelés à former un seul peuple par la foi en Christ. Paul explique comment cela a été réalisé: «Christest notre paix, lui qui des deux n en a fait qu un, et qui a renversé le mur de séparation, l inimité, créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau.» (Éphésiens 2.14, 15.)
UN PÉDAGOGUE
En disant que la loi a été comme un pédagogue pour nous amener à Christ, les écritures expliquent clairement que la loi a eu un rôle temporaire, et que ce rôle est accompli. (Un pédagogue est une sorte de précepteur, un tuteur, responsable de la formation d’un élève jusqu’à sont émancipation.) Le texte ajoute: « La foi étant venu c’est-à-dire l’évangiles par le Christ nous ne sommes plus sous ce pédagogue; car vous êtes tous Fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni juif, ni homme ni femme; car vous êtes tous un en Jésus-Christ.» (Galates 3.25-28). 
UNE SEULE LOI

A ce point, il faut signaler, sinon dénoncer, une théorie tout à fait erronée en ce qui concerne la loi de l’Ancien Testament. Comme de trop nombreux textes déclarent sans confusion possible que la loi ancienne a été abolie, on a imaginé qu’il y a dans l’Ancien Testament deux sortes de loi: La loi cérémoniale, de caractère temporaire, abolie effectivement par le Christ; et la loi morale, qui dure à jamais. On ajoute à cela que la première est appelée la loi de Moïse et que les Écritures désignent la seconde par l’expression la loi de Dieu.
Il est vrai que l’Ancien Testament comprend plusieurs sortes de lois. Il y a des lois morales, des lois cérémoniales, des lois civiles, etc. Mais il est à noter qu’ elles s’entremêlent au point de rendre toute distinction presque impossible; et cela tout simplement par ce que la loi est une et indivisible. Que ce soit un rite cérémonial, que ce soit un acte social, tout était réglé par Dieu dans la loi donnée par Moïse. Le langage biblique ne connaît pas de distinction entre loi morale et loi cérémoniale. Lorsque Jésus dit qu’Il est venu accomplir la loi, Il parle de la loi en entier, la loi dans sa totalité, de tout le système Mosaïque. Quand Jésus dit qu’il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre jusqu à ce que tout soit arrivé, Il parle de toute la loi, voire de tout l’Ancien Testament. Les termes employés dans la Bible pour indiquer les divisions de l’Ancien Testament sont; la loi, les psaumes et les prophètes; ou simplement: la loi et les prophètes. (Matthieu 7.12; Luc 16.16; Luc 24.44; Actes 24.14). Ces expressions désignaient l’ensemble de la loi. Mais parler de loi morale et de loi cérémoniale pour donner à l’une un caractère passager et à l’autre un caractère éternel, serait se servir d’un langage et de conceptions étrangers à la Bible. Nous devons nous garder de donner au vocabulaire biblique un sens qu’il n’avait pas dans l’esprit de ses auteurs.
Etablissons donc bien ce fait dans nos esprits: lorsque Jésus, un apôtre ou n’importe quel auteur biblique parle de la loi de Moïse, qu’il s’agisse de l’obéissance à cette loi ou de son abrogation, c’est de toute la loi qu’il parle.
Quant à la distinction que l’on fait entre Loi de Dieu et Loi de Moïse, le texte biblique ne l’autorise pas davantage. Voyez les texes suivants: Néhémie 8.18; 10.29; Esdras 7.6; II Chroniques 34.14, ou la Bible parle tantôt de «la loi de Dieu donnée par Moïse» tantôt de «la loi de Moïse donnée par Dieu», et souvent dans le même contexte. 
LES COMMANDEMENTS:
 UN RESUME
On insiste souvent sur le fait que la loi des dix commandements est une loi immuable. D’abord parce que c’est la « loi morale » (!), ensuite parce que c’est Dieu lui-même qui l’a gravée dans la pierre. Cela n’est-il pas significatif ?
Lorsque Moïse descendit de la Montagne, il tenait dans ses bras les tables de la loi. Elles étaient la preuve que Dieu lui avait parlé, que ces commandements étaient de Dieu lui-même, d’autant plus que son visage resplendissait d’un éclat insoutenable. C’est pourquoi ces tables sont appelées «Le témoignage» (Exode 16.34; 25.16; 27.21; etc.) Mais ces tables n’étaient que le résumé de la loi donnée à Israël. Elles ne constituaient pas un recueil de la loi à part, destiné à survivre au reste des préceptes. Car, nous l’avons vu, la Loi était toute la loi.
On insiste beaucoup dans certains groupes sur le caractère éternel des dix commandements car ils renferment la loi du sabbat. C’est la seule vraie raison pour laquelle on tient tellement à ces tables de la loi.
Parler des tables de la loi, c’est évoquer toute la loi dont elles étaient le symbole. Ansi, lorsque l’apôtre Paul parle du remplacement de la Loi ancienne par la loi supérieure du Christ, il fait précisément intervenir les dix commandements dans son explication, et il en parle comme d’un ministère de mort et de condamnation par contraste avec le ministère de l’Esprit (c’est-à -dire l’Évangile du Christ) .Voici ce qu’il écrit : «Or, si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire fût passagère, combien le ministère de l’esprit ne sera-t-il pas plus glorieux !» «Si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, ce qui a été glorieux ne l’a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce qui était passager a été glorieux, ce qui est permanent est bien plus glorieux. » (II Corinthiens 3.7-11).                                                                                Par Richard Andrejewski

(dans Vol. 1, No. 3)

L’apocryphe

Pourquoi la Bible « de l’Église Catholique renferme-t-elle 73 livres tandis que la Bible« Prote-stante» n’en contient que 66? Pourtant, le mouvement protestant est sorti du catholicisme. Ces livres additionnels, sont-ils inspirés ou pas ?
La Bible «Catholique » contient certains livres appelés «deutérocanoniques», ce qui suggère qu’ils furent admis en dernier lieu dans la liste officielle de livres bibliques; d’autre les appellent «apocryphes», un mot qui désigne ce qui est non authentique, suspect, ou douteux. Il y a eu beaucoup de discussion au sujet de ces livres au cours de l’histoire, mais pour plusieurs raisons on ne leur attribuait pas l’autorité des autres livres dont l’inspiration n’était pas contestée.
D’abord, les Juifs, de qui nous avons reçu les livres de l’Ancien Testament, ont exclu ces livres apocryphes de leurs Écritures dès le premier siècle de notre ère. Deuxièmement, Jésus et les apôtres ainsi que les autres auteurs du Nouveau Testament n’ont cité aucun de ces livres, tandis que le Nouveau Testament tire des citations (260 fois) ou fait des références (370 fois) à presque tous les livres de l’Ancien Testament. Troisièmement, aucun des auteurs de ces livres apocryphes ne prétend être inspiré, et quelques-uns disent franchement qu’il ne le sont pas. Ces livres ne furent reconnus officiellement par l’Église Catholique qu’en 1546 au Concile de Trente, donc, après que la division s’était déclarée entre Protestants et Catholiques. Au début du Protestantisme, même l’Église Catholique n’avait pas encore décidée en faveur de ces livres «douteux». Vu le manque de preuves en faveur de ces livres, on dirait que l’Église Catholique devait garder sa première position du scepticisme à leur égard.

B.B.

(dans Vol. 1, No. 3)