Adorer en esprit et en vérité

Il y a des gens qui savent que Dieu existe, mais qui ne cherchent pas à l’adorer. Soit ils ne ressentent pas leur besoin d’être en communion avec lui ou de recevoir son aide pour les problèmes de la vie, soit ils manquent de gratitude pour les bienfaits qu’ils reçoivent de lui chaque jour, soit ils ne se disent pas, en réfléchissant à la grandeur de Dieu : « Il est beau de célébrer notre Dieu, il est doux, il est bienséant de le louer » (Psaume 147.1). Cet article ne s’adresse pas à de telles personnes. Il s’adresse plutôt à ceux qui remplissent déjà les nombreux lieux d’adoration à travers le monde parce qu’ils le trouvent tout à fait normal d’offrir un culte à leur Créateur. Non seulement ils désirent donner à Dieu la louange dont il est digne, mais ils veulent s’associer à d’autres croyants pour le faire.

Ils ont raison d’éprouver ce désir, car Dieu veut que les hommes l’adorent. Par contre, il ne veut pas qu’on l’adore n’importe comment. Caïn et Abel, les premiers adorateurs mentionnés dans la Bible, ont tous les deux offert des sacrifices à Dieu, mais l’adoration de Caïn ne lui a pas été acceptable. « L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande » (Gen. 4.4,5). Par le prophète Malachie Dieu dit aux descendants des Juifs revenus de l’exil en Babylonie : « Lequel de vous fermera les portes [du temple], pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et les offrandes de votre main ne me sont point agréables » (Mal. 1.10). Jésus dit au sujet de certains Juifs en Matthieu 15.9 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » Il y a certainement différentes raisons pour lesquelles Dieu a rejeté l’adoration de toutes ces personnes, mais ces exemples suffisent pour démontrer qu’il n’est pas vrai que tous les cultes sont bons puisqu’on adore tous le même Dieu.

Le fait que Dieu n’accepte pas n’importe quelle adoration est souligné par les paroles célèbres de Jésus en Jean 4.23,24 : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » Ces versets sont bien connus, mais pas forcément bien compris.

Adorer

Qu’est-ce que nous voulons dire par le mot « adorer » ? Celui qui adore s’humilie devant l’objet de son adoration. L’adoration n’est pas un dialogue entre des égaux. Dieu est Dieu, et nous sommes des humains. Dieu est esprit pur, mais nous sommes revêtus de chair et os. Dieu est le Créateur, nous sommes ses créatures. Dieu sait tout, mais nous sommes ignorants de tout sauf de ce que Dieu a révélé dans la nature et dans sa Parole. Dieu est juste, alors que nous sommes pécheurs. Dieu est sans commencement ni fin ; en comparaison avec lui, le plus âgé d’entre nous n’existe que depuis un instant. Nous devons être conscients de la grandeur et la supériorité du Dieu Très-Haut par rapport à nous-mêmes.

On peut, dans un sens, glorifier ou adorer Dieu par toute sa façon de vivre. C’est ainsi que Romains 12.1 exhorte à « offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». Mais la Bible parle aussi de l’adoration comme étant une chose que l’on peut faire dans un lieu précis et à un moment précis. Abraham dit à ses serviteurs en Genèse 22.5 : « Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. » Abraham ne parlait pas de sa vie en général, mais d’une activité qu’il a appelée « adorer », une activité dans laquelle il n’était pas engagé au moment où il parlait. En Actes 8.27,28, l’auteur nous dit que l’eunuque éthiopien était « venu à Jérusalem pour adorer, et s’en retournait ». Voilà le sens habituel du mot. C’est principalement dans ce sens, le sens habituel, que nous employons le mot « adorer » dans cette étude. Retenons, cependant, que même si « adorer » se réfère à des actes précis et extérieurs que nous accomplissons, pour constituer une adoration valable, ces actes doivent être accomplis avec l’attitude qui convient.

Quand on parle d’adoration, il s’agit à la fois donc d’une attitude et d’un ensemble d’actions par lesquelles nous rendons honneur à Dieu, nous lui offrons des louanges et nous exprimons notre émerveillement devant sa grandeur. Nous voulons que notre attitude et nos actes d’adoration plaisent à celui que nous adorons. Hébreux 12.28 nous rappelle : « C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. » Cela semble évident, mais en réalité, on est très souvent tenté de donner la priorité aux préférences humaines. On se demande par quels moyens on peut attirer du monde, impressionner les visiteurs, éviter que les moins spirituels soient ennuyés, etc. On crée parfois des spectacles qui rivalisent ceux des artistes professionnels ou des cours royales. Ou bien on cultive une ambiance de fête. Mais dans tout cela, on oublie facilement que l’auditoire est composé de Dieu seul. Les hommes ne sont pas les vrais spectateurs d’un culte – ils devraient être les adorateurs.

Certes, un culte offert à Dieu peut, et devrait, apporter quelque chose de positif aux adorateurs. Cela fait partie même des instructions que l’apôtre Paul donna à l’Église : « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification » (1 Cor. 14.26). Mais l’objet premier est de glorifier Dieu, et c’est Dieu seul qui décide ce qui le glorifie, ce qui lui plaît.

En esprit

Tout au long de la Bible, l’accent est mis sur l’homme intérieur aussi bien que sur ses actes extérieurs. Sous l’Ancien Testament, Dieu était rigoureux en ce qui concerne l’obéissance à ses ordonnances concernant l’adoration, jusque dans les moindres détails, mais il recherchait aussi une adoration qui venait du cœur. Jésus dit que le plus grand commandement de toute la loi était : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée » (Matt. 22.37).

Ailleurs dans le Nouveau Testament nous retrouvons l’idée de « en esprit et en vérité » exprimée en d’autres termes. Par exemple, en 1 Timothée 1.18,19 Paul exhorte l’évangéliste à combattre « le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience ». « La foi » ici se réfère aux croyances chrétiennes, la vérité ou la foi révélée dans les Écritures. « La bonne conscience » a trait à la sincérité et la bonne moralité. En Romains 1.9 Paul dit : « Je sers [Dieu] en mon esprit dans l’Évangile de son Fils. » Le dévouement à Dieu doit venir de l’homme intérieur, c’est-à-dire dans la sincérité, du fond du cœur, et il doit s’exprimer selon les ordonnances de l’Évangile, c’est-à-dire de la vérité révélée par Dieu.

Ajoutons que l’adoration de Dieu demande un effort mental. Il est très facile de se laisser distraire, de chanter ou prononcer de bonnes paroles tout en pensant à autre chose. Notre esprit peut être ailleurs, même si notre corps se trouve au milieu de l’assemblée en train de faire des gestes de piété. Adorer comme il faut exige que l’on se discipline et que l’on se concentre.

En vérité

Il faut adorer en esprit, mais il faut aussi adorer en vérité, ce qui veut dire qu’on adore Dieu selon des critères objectifs, en conformité à la révélation de sa volonté, en suivant sa Parole qui, d’après Jean 17.17, est la vérité. Les hommes de nos jours insistent beaucoup sur l’importance de la sincérité, mais beaucoup ne croient pas que Dieu tienne vraiment compte des actes qui composent un culte ; ils pensent que c’est seulement l’intention que Dieu considère. Réfléchissons donc à l’importance de ce que l’Église fait ou omet de faire quand elle se réunit pour adorer Dieu.

Ce n’est pas en suivant des commandements d’hommes qu’on peut plaire à Dieu. Comme nous l’avons déjà dit, le but d’un culte est de plaire à celui qu’on adore. Mais on ne peut savoir ce qui plaît à notre Dieu s’il ne nous dit pas lui-même ce qui lui plaît. Comme le dit Ésaïe 55.8 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » (Ainsi, il importe peu si je le trouve normal, par exemple, que les femmes n’aient pas le droit de prêcher dans l’Église ou conduire les hommes dans un culte.1Voir aussi « Il n’y a plus ni homme ni femme » En effet, après avoir dit : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler », l’apôtre Paul ajoute : « Si quelqu’un croit être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » – 1 Cor. 14.34,37.) Il ne faut pas se référer à ses opinions ou ses préférences personnelles pour décider de la manière dont on adorera Dieu. Il faut se référer aux instructions de Dieu, à sa Parole, à la vérité. Dieu, en effet, a toujours fait savoir aux hommes ce qui est capable de lui plaire.

Quand Dieu révélait sa Loi au peuple d’Israël, il leur a fait savoir clairement que c’est lui qui déterminait la sorte de culte qu’on devait lui offrir. Il dit par Moïse en Deutéronome 12.8 : « Vous n’agirez donc pas comme nous le faisons maintenant ici, où chacun fait ce qui lui semble bon. » Il ajoute que son peuple ne devait pas se référer aux pratiques des autres pour savoir comment adorer Dieu :

« Le Seigneur votre Dieu éliminera, à votre approche, les nations établies dans le territoire où vous pénétrerez ; vous pourrez ainsi les déposséder et vous installer dans leur pays. Lorsqu’elles auront été exterminées devant vous, ayez grand soin de ne pas vous laisser prendre au piège de leur exemple. Ne vous intéressez pas à leurs dieux, ne vous préoccupez pas de la façon dont elles les adoraient, avec l’intention d’adopter leurs pratiques. Ne les imitez pas pour adorer le Seigneur votre Dieu ; en effet, dans leurs cultes, ces nations commettent toutes sortes d’actes que le Seigneur déteste et condamne. » (Deutéronome 12.29-31, FC)

Au lieu de se référer à leur propre goût en faisant ce qui leur semblait bon, au lieu de s’inspirer de ce que leurs voisins religieux faisaient dans leurs cultes, les Israélites devaient se contenter de suivre scrupuleusement les instructions que Dieu leur donnait dans sa Parole. « Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n’y ajouterez rien et vous n’en retrancherez rien » (Deutéronome 12.32).

Bien que nous nous instruisions ici de principes que Dieu communiqua aux Israélites, il est très important de reconnaître que les chrétiens ne vivent pas sous la Loi de Moïse, mais sous la nouvelle alliance.2Voir aussi « Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui » L’auteur de l’Épître aux Hébreux dit : « La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre » (Héb. 9.1). Quelques versets plus loin il poursuit en disant que c’étaient « des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation » (Héb. 9.10). L’ancienne Loi fut clouée à la croix (Col. 2.14-17 ; Éph. 2.14-16). Ainsi, Paul dit aux Galates qu’ils n’avaient pas droit de choisir des éléments de l’ancienne Loi comme pratiques religieuses à suivre dans l’Église.

« Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. » (Gal. 5.3,4)

Aujourd’hui, nous qui sommes chrétiens, nous servons Dieu sous une nouvelle alliance. La Loi de Moïse n’est plus en vigueur ; nous vivons sous la loi de Christ (1 Corinthiens 9.21). Mais il ne faut pas supposer que Christ nous a laissés sans direction en ce qui concerne son culte. Nous ne revenons pas en arrière, à une époque où « chacun fait ce qui lui semble bon ». Au contraire, Dieu nous a montré dans le Nouveau Testament un modèle à suivre, et comme il a dit à Moïse, il nous dit, à nous aussi : « Aie soin de faire tout d’après le modèle qui a été montré » (Héb. 8.5). Les premiers chrétiens étaient enseignés par des hommes inspirés de Dieu, les apôtres de Jésus-Christ, qui leur montraient de quelle manière ils devaient servir le Seigneur. Nous voyons à travers l’étude du Nouveau Testament ce que les premiers chrétiens faisaient quand ils se réunissaient en tant qu’Église. Nous voyons de quelle manière on leur disait d’adorer. L’Église du premier siècle nous sert donc de modèle à suivre. Ce sont les paroles de Christ et de ses apôtres que nous devons garder si nous voulons plaire à celui que nous adorons. Que ce soit en matière d’adoration, de vie quotidienne, de doctrine ou de l’organisation de l’Église, nous avons le devoir d’apprendre ce que le Christ et ses apôtres enseignaient, et puis de suivre cet enseignement sans rien ajouter ni retrancher. « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9).

Les éléments du culte

Au total cinq éléments du culte sont présentés dans le Nouveau Testament.3Voir aussi « Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » à EditionsCEB.com

Commençons par la prière. Elle s’adresse à Dieu seul, et se fait au nom de Jésus-Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes (Col. 3.17; Éph. 5.20; 1 Tim. 2.5). Elle n’est pas constituée d’une « vaine répétition » de mots et de phrases que l’on ne comprend pas ou auxquels on ne pense pas ; elle doit venir du cœur (Matt. 6.7,8). Notre Dieu est grand et majestueux, et nous devons donc le prier avec un ton de respect profond. La Bible dit aussi que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix », et son culte doit se faire « avec bienséance et avec ordre » (1 Corinthiens 14.33,40). Quand nous prions en groupe, tous ne doivent pas parler à haute voix en même temps. Un frère prend la parole pour parler à Dieu au nom de toute l’assemblée. Les autres suivent la prière dans leur cœur et expriment leur assentiment en disant « Amen » (1 Cor. 14.16,17).

Un deuxième élément du culte selon le Nouveau Testament est la Sainte Cène, ou la Communion.4Voir aussi « Le repas du Seigneur » Il s’agit d’un repas sacré et symbolique qui se fait en mémoire de Christ. Chaque dimanche, et seulement les dimanches (Ac. 2.42; 20.7; 1 Cor. 16.1,2), tous les baptisés fidèles prennent ensemble du pain, qui représente le corps du Seigneur Jésus, et du vin, ou jus de raisin, qui représente son sang qui a été versé sur la croix pour nos péchés (1 Cor. 11.23-25). Le pain que l’on prend ne contient pas de levure ; le levain, étant symbole de l’impureté, était défendu aux Juifs pendant la fête de Pâque qui se déroulait au moment où Jésus a institué la Sainte Cène (Luc 22.14-20 ; Deut. 16.1-8). Notons que Jésus et les apôtres n’ont jamais ordonné de s’abstenir de ce repas à cause de l’absence d’un pasteur ou d’un prêtre. N’importe quel groupe de chrétiens, que tel ou tel membre soit présent ou pas, devrait l’observer fidèlement chaque dimanche, comme Jésus l’a demandé quand il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (1 Corinthiens 11.24).

Les premiers chrétiens consacraient aussi une partie du temps de leur culte à l’écoute de la Parole de Dieu. Que ce soit de simples lectures bibliques ou des sermons, l’Église se nourrissait de l’enseignement de Jésus et de ses apôtres, ainsi que des Écritures de l’Ancien Testament (Ac. 2.42 ; 20.7 ; 1 Tim. 4.13). Il n’y a pas un seul style approuvé pour la prédication et l’enseignement, mais il faut que ceux qui prêchent présentent fidèlement ce que la Bible dit. Les auditeurs doivent suivre l’exemple des Béréens, dont la Bible dit :

« Ils recevaient la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact. » (Actes 17.11)

Une quatrième manière par laquelle Dieu nous demande de lui rendre honneur est par les cantiques que nous chantons. « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce » (Colossiens 3.16). Nous ne sommes pas des spectateurs mais des participants. Peu importe si je n’ai pas la plus belle voix, Dieu met l’accent sur les paroles que je chante et l’amour qui est dans mon cœur. Il n’a pas demandé des instruments de musique dans son culte. La musique de l’Église est purement vocale.5Voir aussi « La musique dans le culte »

Le cinquième élément du culte est la collecte, la mise en commun des dons volontaires apportés par les adorateurs.6Voir aussi « Le financement de l’œuvre de l’Église »

« Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. » (1 Corinthiens 16.1,2)

Ces dons se font de façon discrète, et ils se font librement, car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Cor. 9.7).

La Bible n’impose pas un ordre précis pour l’accomplissement de ces actes d’adoration, mais ce sont les seuls actes que la Bible a autorisés pour le culte chrétien.

Conclusion

Les premiers chrétiens pratiquaient donc un culte empreint de simplicité, la sorte de culte que l’on peut rendre à Dieu n’importe où, que l’on soit riche ou pauvre, que l’on soit à deux ou à trois ou dans une assemblée de plusieurs milliers de personnes. Que ceux qui fréquentent les lieux de prière aujourd’hui et qui offrent leur adoration à Dieu considèrent ce qu’ils font. Qu’ils s’assurent que leur culte vient du cœur et qu’il est bien conforme à ce qui est enseigné et autorisé par Dieu dans le Nouveau Testament.

B.B.


De plus amples renseignements sont disponibles dans les articles suivantes :

1« Il n’y a plus ni homme ni femme »

2« Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui »

3« Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » (à EditionsCEB.com)

4« Le repas du Seigneur »

5« La musique dans le culte »

6« Le financement de l’œuvre de l’Église »

Où l’Église doit-elle se réunir?

Sous l’Ancien Testament, le lieu où l’on adorait Dieu était très important. Moïse ordonna aux Israélites:

«…Vous irez au lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira parmi toutes vos tribus pour y placer son nom…  C’est là que vous présenterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, vos prémices… C’est là que vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu… Garde-toi d’offrir tes holocaustes dans tous les lieux que tu verras; mais tu offriras tes holocaustes au lieu que l’Éternel choisira.» (Genèse 12. 6,12)

Le lieu d’adoration était donc très important sous la loi de Moïse, mais Jésus dit à la femme samaritaine que les choses étaient sur le point de changer: «Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne (en Samarie) ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande» (Jean 4.21,23). Ce que nous faisons et notre manière de le faire, voilà ce qui est plus important aux yeux de Dieu.

Il faut, néanmoins, adorer quelque part. Alors, quand il s’agit de lieux de culte, il y a deux attitudes opposées qui, toutes les deux, risquent de faire du mal à l’œuvre du Seigneur. La première est une sorte d’indifférence totale en ce qui concerne quelque chose qui pourrait faciliter grandement l’évangélisation et l’édification de l’Église. La deuxième est un souci exagéré, voire même une obsession, avec ce qui ne figure nullement dans les conseils inspirés que nous trouvons dans les pages du Nouveau Testament concernant la vie et le travail de l’Église.

Un aperçu historique

Si l’Église obéit à la recommandation biblique de s’assembler (Héb. 10.25), elle doit évidemment, comme nous venons de le constater, s’assembler quelque part. Dans certains climats, il est possible que ce lieu soit en plein air (au moins quand il ne pleut pas), sous un arbre, par exemple. Dans d’autres régions du monde, le froid et la neige exigent forcément une sorte d’abri. Le Nouveau Testament ne nous fournit pas beaucoup de détails concernant les endroits où les assemblées se réunissaient au premier siècle. Tout au début, l’Église de Jérusalem se réunissait au temple juif (Actes 2.46). Il faut comprendre que la grande majorité des Juifs n’avaient pas droit d’entrer dans le bâtiment propre du temple – ce droit était réservé aux lévites et aux sacrificateurs en fonction. Les adorateurs «ordinaires» se retrouvaient dans la cour du temple qui était composée de grandes places et de «portiques», ou galeries dont les toits étaient soutenus par de magnifiques colonnes. Plus tard nous trouvons des chrétiens réunis dans les maisons de certains membres (Actes 12.12; 1 Cor. 16.19; Philémon 2; etc.). Avant le jour de Pentecôte les disciples s’assemblaient dans une grande «chambre haute» qui semble avoir été soit empruntée soit louée (Actes 1.12-15; Luc 22.7-14), et les chrétiens de Troas disposaient, eux aussi, d’une chambre haute pour leurs réunions (Actes 20.7-10). L’histoire nous apprend que plus tard les chrétiens de Rome se retrouvaient dans les catacombes, un réseau de tunnels et de chambres qui constituait un cimetière souterrain. La raison pour un tel lieu de culte était la persécution subie par l’Église – de petits groupes pouvaient s’y réunir en cachette. On dit que les païens, qui craignaient les esprits des morts, ne fréquentaient pas de tels lieux. Ce n’est que des siècles plus tard, quand la persécution avait pris fin, que des Églises commencèrent à construire des édifices magnifiques dans le but de glorifier Dieu et inspirer les adorateurs par leur beauté artistique. Entre les catacombes et les cathédrales, une grande variété de lieux de prière ont été construits selon les cultures, les climats et les moyens des assemblées.

Quelle valeur attacher aux édifices?

Ce qui est certain, c’est que la validité d’une assemblée aux yeux de Dieu ne dépend pas du lieu de culte dont elle est dotée; ce n’est donc pas un lieu de culte qui devrait déterminer le respect que les hommes accordent à une assemblée. L’importance exagérée que le lieu de culte revêt dans la pensée de beaucoup d’hommes risque de fausser l’image que l’on a d’une communauté chrétienne. Une Église qui est en total accord avec la volonté de Dieu et qui enseigne fidèlement sa parole peut être rejetée d’office par certaines personnes pour la simple raison qu’elle se réunit dans une maison privée, dans une salle de classe, ou dans un autre local très modeste. C’est une grave erreur que de baser une décision dont les conséquences sont éternelles sur un facteur qui n’a aucune importance spirituelle. Certaines personnes se laissent impressionner et attirer par la grandeur, le confort ou la beauté d’un édifice et ne tiennent même pas compte du fait que ce qui se passe dans cet édifice est contraire à la parole de Dieu. C’est un piège qui peut coûter la vie éternelle.

Est-ce donc une erreur pour une assemblée de chrétiens de construire un local pour y rendre son culte à Dieu, pour s’y réunir afin d’étudier la Bible et jouir de la communion fraternelle? Non, ce n’est pas ce que nous disons. Un bâtiment est un outil, autorisé par le commandement de nous assembler (Hébreux 10.25, etc.).

Mais il faut garder une bonne conception des édifices. Un bâtiment, que ce soit une jolie chapelle, une cathédrale, ou une simple construction de bois, ne sauve personne. Romains 1.16 nous dit que c’est l’Évangile qui est «la puissance de Dieu pour le salut». En plus, le bâtiment n’est pas un moyen d’évangéliser: la bonne nouvelle du salut se répand aux autres grâce à des hommes et des femmes qui ont cru et qui ont été transformés par ce message. Certains appellent le bâtiment où l’on prie «la maison de Dieu» ou «le temple» de Dieu, mais Dieu n’y habite pas. Il habite en nous chrétiens. Paul dit en 1 Corinthiens 3.16: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous?» Un joli lieu de culte n’assure pas la survie de l’Église: si les membres vivent dans l’immoralité, s’ils tombent dans de fausses doctrines, ou s’ils manquent d’amour les uns pour les autres, l’assemblée sera rejetée par Dieu, ou abandonnée par les hommes, ou les deux. Enfin, ces bâtiments, auxquels on attache tant de valeur, seront détruits le jour où le Seigneur reviendra. L’apôtre Pierre dit:
«Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour, le ciel disparaîtra avec un bruit effrayant, les corps célestes seront détruits par le feu, la terre avec tout ce qu’elle contient cessera d’exister. Puisque tout va être détruit de cette façon, vous comprenez bien quel doit être votre comportement! Vous devez avoir une conduite sainte et marquée par l’attachement à Dieu» (2 Pierre 3.10,11, FC). Évidemment, les choses physiques que nous pouvons voir de nos yeux et toucher de nos mains ne sont pas l’essentiel pour Dieu.

Les avantages (et quelques dangers) d’un lieu de culte

N’y a-t-il pas des avantages à un lieu permanent pour une assemblée locale (un lieu loué ou acquis par l’Église) par rapport à la maison d’un membre, une salle de classe dans une école ou une salle publique qu’on louerait juste pour le culte du dimanche? Il y en a plusieurs:

1. La flexibilité. Un lieu qui est en tout moment à la disposition de l’Église permet de programmer des activités quand on le veut, même à la dernière minute. Que ce soit un culte, une étude biblique, une réunion de prière, une séance d’évangélisation, un repas fraternel, une activité spéciale pour les jeunes ou les femmes, ou même un rendez-vous pour n’importe quel entretien spirituel, le local de l’Église est un lieu approprié et disponible.

2. La tranquillité. Quand on fait le culte dans le domicile d’un membre de l’Église, il y a parfois des activités domestiques qui se passent en même temps que l’adoration et qui constituent une distraction. Il peut y avoir des personnes qui font partie du foyer mais qui ne sont pas membres de l’Église et qui s’entêtent à faire autre chose en même temps que l’assemblée essaie d’adorer Dieu: celle-ci fait sa linge, ou son ménage ou sa cuisine (et parfois gêne les autres avec la fumée); celui-là joue la radio trop fort; ceux-ci parlent haut et fort tout près de l’entrée de la salle. Si le culte se fait dans une cour commune, les distractions se multiplient en fonction du nombre de personnes dans la cour.

3. La légalité. Dans certains pays ou certaines villes, il existe des lois qui interdisent d’organiser des assemblées religieuses dans les maisons privées.

4. La respectabilité.  Cet argument doit être admis, mais dans une mesure plus limitée: il est vrai que les préjugés dans certains milieux font qu’une Église qui ne se réunit pas dans une chapelle assez traditionnelle peut être mal vue. Ceux du dehors peuvent avoir l’idée que l’assemblée n’est pas «sérieuse». Ils se disent qu’il s’agit simplement d’un effort d’escroquer les autres, comme une entreprise qui s’ouvre et se ferme subitement sans honorer ses engagements ou sans rembourser l’argent des clients qui n’ont pas eu satisfaction. Par contre, l’Église ne doit pas tomber dans le piège d’être l’esclave des attentes des non-chrétiens, des attentes qui n’ont rien à voir avec ce que Dieu veut pour son Église. Ce n’est pas à ceux qui ne sont même pas dans l’Église de déterminer les priorités de l’Église dans l’emploi de ses ressources.

Quand il s’agit d’un lieu que l’assemblée achète plutôt que de louer, il y a potentiellement un cinquième avantage et aussi quelques dangers:

5. La stabilité. Chaque fois qu’une assemblée change son lieu de réunion, elle perd généralement quelques visiteurs réguliers ou même des membres. Quand on est locataire ou qu’on s’arrange avec une école ou une famille dans l’Église pour l’emploi d’un espace, on n’a pas de garantie. Le propriétaire peut annuler ou ne pas renouveler le bail; l’école peut changer de directeur ou de politique en ce qui concerne l’utilisation de ses salles; la famille chrétienne peut déménager ou rechuter. La famille hôte peut s’engager dans des comportements qui déshonorent l’assemblée, ou profiter de la dépendance de l’Église en ce qui concerne le lieu d’adoration pour dominer sur les autres ou imposer sa volonté quand l’assemblée prend des décisions – ce qui pousse l’assemblée à vouloir changer de lieu. Quelle que soit la raison pour le déménagement de l’assemblée, il y a le danger de perdre certaines personnes.

Les dangers

(1) Le lieu que l’assemblée s’acquiert peut se trouver loin de là où habitent la plupart des membres actuels ou de ceux qu’on arrive à convertir. Les parcelles à la périphérie d’une ville sont souvent plus abordables, mais elles sont aussi moins accessibles. S’il y a déjà des assemblées dans quelques quartiers bien établis de la ville, il peut être très sage d’en établir aussi dans les quartiers en construction qui sont plus retirés du centre. Les nouveaux habitants trouveront une assemblée pour y prier. Mais si la première assemblée dans une ville s’implante tout à fait à l’extrémité sud de la ville, elle peut avoir du mal à attirer des gens du centre ou du côté nord, surtout là où beaucoup de la population ne disposent pas de leurs propres moyens de transport.

(2) Le local peut se trouver dans un quartier trop bruyant, trop dangereux ou trop sale. Soit il est entouré de beaucoup de sources de distraction, soit le milieu découragent les visiteurs. Si l’assemblée est propriétaire du local, elle peut se sentir forcée d’y rester malgré le fait qu’un autre quartier serait nettement mieux pour ses activités. Elle devient prisonnière de son lieu de culte.

(3) Si le bâtiment est construit ou acheté par des fonds venant d’ailleurs, telle qu’une autre assemblée qui se trouve à l’étranger, il est fort possible que le coût de l’entretien du bâtiment soit au-delà des moyens de l’assemblée qui a bénéficié de la largesse des autres. Ce qui a été prévu comme une aide, peut finir par devenir une charge difficile à porter. Il est souvent avantageux d’exercer de la patience à cet égard. Quand on s’applique à cultiver l’engagement, la foi et la générosité des membres d’une assemblée, ils apprennent à donner suffisamment pour satisfaire aux besoins de l’œuvre, y compris le besoin de construire et d’entretenir un lieu permanent pour ses réunions. Même si une aide d’ailleurs pour compléter les efforts locaux est la bienvenue, la responsabilité principale repose sur l’Église locale. Quand nous cherchons la facilité, voulant que d’autres personnes nous fassent cadeau d’un lieu de culte pour lequel nous n’avons pas sacrifié, nous n’apprenons pas les leçons spirituelles dont nous avons besoin. Que ce soit une question de force physique ou spirituelle, c’est par le travail et l’effort que l’on devient plus fort. L’aide accordée avec les meilleures intentions fait parfois plus de mal que de bien, surtout si elle est trop généreuse ou si elle est accordée sans que les bénéficiaires fassent des efforts selon leurs capacités.

Il est important de reconnaître que ce qui précède ne s’applique pas seulement dans des milieux pauvres. Il y a de très nombreux exemples d’assemblées qui ont bénéficié d’aides importantes pour construire leurs lieux de culte, et qui n’ont jamais appris à donner selon leurs moyens.  Que ce soit dans des pays riches, tels que l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et d’autres, ou dans les pays très pauvres, des assemblées où les membres gagnaient des salaires comme ceux de leurs compatriotes ont perdu leurs locaux parce qu’elles n’arrivaient pas à payer les impôts fonciers ou ont permis à ces locaux de tomber en ruine par manque d’entretien. Les membres n’avaient pas investi leur propre argent pour les construire, et par conséquent, ils n’étaient pas prêts à dépenser ce qui était nécessaire pour les conserver. Ils considéraient que c’était le devoir d’autrui de leur fournir un lieu de culte. Même si une telle aide peut être utile ou appréciée, il est important de comprendre que rien dans la Bible n’indique que les apôtres et les évangélistes au premier siècle fournissaient les fonds pour louer ou acheter des lieux de culte pour les assemblées qu’ils établissaient. Aucun passage n’enseigne qu’il est le devoir d’une assemblée de fournir un lieu de réunion pour une autre assemblée.

Un bâtiment produit-il la croissance?

Nous avons admis qu’un lieu de culte peut être très utile pour une assemblée et constituer une aide dans son travail d’évangélisation. Il y a peu de gens qui diraient le contraire. Mais nombreux sont ceux qui exagèrent l’importance du local. Le dirigeant d’une Église en Côte d’Ivoire me parlait un jour du grand édifice que son assemblée construisait depuis plusieurs années. J’ai été fort surpris de l’entendre dire: «C’est ce bâtiment qui va évangéliser pour nous». Je me suis demandé si ce bâtiment serait capable de produire la foi dans le cœur des hommes, car la Bible dit: «La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ» (Romains 10.17). J’ai pensé aux chapelles et aux cathédrales que j’avais vues en Europe qui étaient beaucoup plus magnifiques que ce que son assemblée construisait; pourtant ces édifices n’étaient plus fréquentés. J’ai pensé à un joli lieu de culte que des Américains avaient construits quelques années auparavant pour une assemblée baptiste dans une autre ville ivoirienne: ce «temple», beau et spacieux, ne recevait pourtant qu’une poignée de fidèles. Je pensais aux villageois qui avaient encouragé les chrétiens à construire, en disant: «Quand vous aurez construit votre église, nous serons avec vous, car nous voyons que vous prêchez la vérité». Le bâtiment fut construit, mais ces gens-là n’ont jamais rejoint ceux qui y adoraient. Si la vérité ne pouvait pas les gagner sans bâtiment, c’est qu’ils n’aimaient pas vraiment la vérité.

Pareillement, certains frères se plaignent qu’ils convertissent des gens, mais que ces convertis ne restent pas longtemps parce que le lieu de culte n’est pas satisfaisant. Jésus dit en Matthieu 10.37-39: «Celui  qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.» Le problème n’est probablement pas le lieu de culte, mais plutôt le fait que ces «convertis» n’avaient pas la sorte d’engagement que Jésus demande; ils n’avaient pas «calculé la dépense» (Luc 14.28-30); ils n’étaient pas dignes d’être ses disciples. L’Église au premier siècle ne disposait pas de lieux de culte comme ceux auxquels on pense de nos jours; en plus, elle était persécutée avec furie. Et pourtant, elle grandissait et remplissait le monde de sa doctrine.

Ce qui contribue réellement à la croissance

L’évangile que nous devons prêcher et le cœur de celui qui l’écoute sont les deux éléments les plus importants dans la conversion. Certaines personnes ne se convertissent pas ou ne restent pas fidèles parce qu’elles n’ont pas le cœur «bon et honnête», comme Jésus nous l’enseigne dans la parabole des sols (Luc 8.5-15). Si nous cherchons, après ces deux éléments, des facteurs secondaires, soyons assez honnêtes pour reconnaître que le lieu de culte est relativement bas sur la liste. Beaucoup plus nécessaires sont le zèle et la fidélité dans l’enseignement de la parole de Dieu, l’amour sincère les uns pour les autres et pour ceux du dehors, des vies dans la communauté qui s’harmonisent avec notre prédication, et un accueil chaleureux pour tous – qu’ils soient riches ou pauvres, autochtones ou étrangers. Est-ce que des visiteurs ou de nouveaux convertis trouvent des gens qui sont plutôt moroses, qui se plaignent de ce qu’on ne les aide pas, et qui se comparent défavorablement aux autres groupes religieux? Ou bien, ces visiteurs et nouveaux chrétiens découvrent-ils des personnes qui sont heureuses d’appartenir à l’Église que Jésus a créée, de faire partie d’une vraie famille spirituelle, de posséder la vérité qui sauve leurs âmes, et de pouvoir consacrer leurs vies et leurs biens à la gloire de Dieu?  Si ces visiteurs découvrent un peuple avec une telle joie, avec ou sans bâtiment, ils seront attirés.

Mettons donc l’accent là où la parole de Dieu le met:

«Exhorte de même les jeunes gens à être modérés, te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes œuvres, et donnant un enseignement pur, digne, une parole saine, irréprochable, afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous.»

(Tite 2.6-8).

«Alors le proconsul crut… étant frappé de la doctrine du Seigneur.»

(Actes 13.12).

«Faites tout sans murmure ni plainte. Ne soyez pas de perpétuels mécontents ou hésitants. Mettez-vous en garde contre un esprit de contestation et de doute. Alors personne ne saura vous trouver en faute, vous pourrez vous présenter en hommes irréprochables, nets de toute fausseté, en authentiques enfants de Dieu au sein d’une humanité dégénérée et corrompue. En cette époque perverse et dépravée, brillez comme des foyers de lumière au milieu d’un monde enténébré

(Philippiens 2.14,15, Parole vivante).

«A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.»

(Jean 13.35).

BB

(dans Vol. 12, No. 2)

«Aie soin de faire tout d’après le modèle»

L’importance des modèles

Un modèle, nous le savons tous, c’est ce qui est donné pour servir de référence, pour être reproduit. C’est un original à imiter. Celui qui a conçu un modèle peut montrer à celui qui doit le reproduire un échantillon ou prototype. Il peut aussi lui donner une liste de critères à respecter, des instructions orales ou écrites.

L’emploi de modèles est courant dans presque tous les domaines de la vie. Une cliente apporte à son couturier une robe et un tissu. La robe doit lui servir de modèle pour qu’il en fasse une autre du même style et de la même taille. Un client montre à son menuisier la photo d’un meuble qu’il veut faire confectionner, ajoutant oralement des détails sur les dimensions. Un maître d’école affiche des exemplaires de toutes les lettres de l’alphabet pour que les écoliers apprennent à les reproduire dans leurs cahiers. Un entrepreneur fournit à des constructeurs des plans préparés par un architecte pour que l’édifice soit à la fois solide, fonctionnel et conforme au goût de celui pour qui on le construit.

Dans tous ces domaines et bien d’autres, dévier du modèle a des conséquences parfois désastreuses. Dans l’industrie, les pièces de rechange sont inutiles s’ils ne sont pas conformes aux modèles dans les moindres détails. Dans l’éducation, l’élève ne réussit pas s’il n’apprend pas à faire ce que le maître lui montre. Dans l’artisanat, le tailleur, le menuisier ou le sculpteur qui n’arrive pas à bien copier le modèle qui lui est donné perdra tous ses clients. Le bâtiment qui n’est pas construit selon des plans professionnels peut s’écrouler et occasionner la mort de tous ceux qui se trouvent à l’intérieur.

Il faut se référer constamment au modèle pour ne pas introduire des éléments qui n’y sont pas conformes, qui faussent le résultat final, qui affaiblissent ce qu’on veut bâtir, ou qui déplaisent au client ou patron. Ne pas respecter le modèle empêche l’uniformité. C’est le désordre, la confusion et l’échec qui en résultent.

L’existence d’un modèle dans le christianisme

Le principe de suivre un modèle est important dans le domaine de la religion, aussi. Dans l’Ancien Testament, Dieu a ordonné à Moïse de faire construire un lieu d’adoration, une tente sacrée appelée « le tabernacle ». Dieu a précisé dans les moindres détails de quelle manière il serait construit, les meubles qui s’y trouveraient, l’habillement des sacrificateurs qui y célébreraient un culte, et les cérémonies que ces sacrificateurs devaient faire. Et il tenait absolument à ce que sa volonté soit respectée en ces choses. Hébreux 8.5 nous dit que Moïse fut « divinement averti » : « Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne. » Dieu ne laissa pas aux Israélites la liberté de décider de quelle manière ils serviraient l’Éternel. Dans le Nouveau Testament pareillement, il est clair que le Seigneur lui-même a décidé ce que son Église doit faire et enseigner, ce à quoi elle doit ressembler, et de quelle manière ses membres doivent se conduire et travailler. Jésus a parlé sévèrement de ceux qui délaissaient les choses que Dieu avait ordonnées et qui instituaient des pratiques d’origine humaine : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition » (Marc 7.7-9).

Il ressort clairement des épîtres de Paul qu’il enseignait la même chose partout où il allait. Ce n’est pas qu’il manquait d’originalité pour trouver de nouvelles idées. Ce n’est pas non plus que la culture était pareille dans tous les pays où il travaillait. Les gens de Lystre et de Derbe étaient considérés par les autres comme ignorants, superstitieux et presque « sauvages » ; les Corinthiens étaient des gens mondains qui poursuivaient avant tout le luxe et le plaisir sexuel ; ceux de Philippes étaient fiers de leur citoyenneté et culture romaines, qui les distinguaient des villes grecques aux alentours ; la force des Ephésiens, c’était la magie ; la gloire des Athéniens, c’était la philosophie. Chaque ville, chaque pays avait ses propres culture et mentalité, mais l’apôtre était convaincu que tous avaient besoin du même enseignement. Il recommandait les mêmes pratiques partout. Et pourquoi ? Parce qu’il était très conscient du fait qu’il y avait un modèle à suivre, un modèle qu’il n’avait pas inventé, mais qui lui avait été montré par le Seigneur et auquel il devait être fidèle. Le Créateur de tous les hommes était, aux yeux de Paul, parfaitement capable de concevoir un plan et promulguer un message appropriés à tous les hommes de tous les pays. Quand on considère l’interdiction de changer les institutions divines (Jean 8.31; 2 Jean 9; Jude 3; Apoc. 22.18,19; etc), il est évident que le plan et le message donnés par Dieu seraient appropriés, non seulement dans tous les pays, mais également aux hommes de toute génération. Ils n’auraient donc pas besoin d’être adaptés ou modifiés pour satisfaire aux besoins de l’homme « moderne ».

Le modèle s’applique à tout ce qui concerne la foi chrétienne

Le message

C’est Dieu lui-même qui a déterminé ce que son Église doit prêcher aux hommes perdus. Nous n’avons aucun droit de dévier de l’Évangile tel qu’il fût révélé aux apôtres. Paul dit aux Corinthiens : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain » (1 Cor. 15.1-2). Certains dans les Églises de la Galatie avaient déjà commencé à changer le message qu’ils avaient reçu. Paul leur adresse un avertissement très sévère : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un Évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème (maudit) ! » (Galates 1.8).

En 1 Corinthiens 7.17-24, Paul explique qu’il ne faut pas enseigner des conditions de salut que Dieu n’a pas imposées. Le célibataire qui se gardait pur n’avait pas besoin de se marier pour être chrétien ; le marié qui avait, selon la parole de Dieu, le droit de se marier, n’avait pas besoin de redevenir célibataire pour servir Dieu. L’incirconcis n’a pas besoin d’être circoncis pour être sauvé, et l’esclave n’est pas obligé de devenir un homme libre pour plaire à Dieu. Ces conditions ne sont pas des états de péché, et Paul dit : « Que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a faite, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu… Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (1 Cor. 7.17,24). Mais ce que nous voulons souligner dans ce passage, c’est la fin du verset 17 : « C’est ainsi que je l’ordonne dans toutes les Églises. » Paul annonçait le même Évangile et les mêmes conditions de salut partout où il allait, parce qu’il se conformait au modèle révélé par Dieu.

L’organisation de l’Église

En Actes 14.23, nous voyons que Paul et Barnabas ont conduit les Églises de la Galatie (Antioche, Icone, Lystre et Derbe) à mettre en place une même forme d’organisation : « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église. » Ils n’ont pas enseigné à chaque assemblée de s’organiser selon son propre goût, soit avec un chef d’Église, un pasteur unique, un archevêque ou un président. Ils ont amené chaque assemblée à nommer un groupe d’hommes pour la diriger, des anciens. Chaque Église était autonome et avait ses propres anciens au lieu d’être soumise à un conseil ou dirigeant national ou régional. La Bible ne parle ni de paroisse ni de diocèse. Environ vingt ans plus tard, Paul donna des instructions pour les Églises dans un autre pays, mais ce fût le même plan d’organisation qu’il recommanda. Il dit à Tite : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville » (Tite 1.5).

Dans les versets suivants, Paul énumère les critères à remplir par ceux qu’on choisirait comme anciens ou évêques (deux noms pour la même fonction) (Tite 1.6-9). Puisque cet enseignement fait partie du modèle inspiré de Dieu, nous ne devons pas être surpris de découvrir que ces qualifications correspondent à celles qui devaient être enseignées par Timothée dans la ville d’Éphèse (1 Tim. 3.3-7). L’organisation désirée ne variait pas selon l’endroit ou l’année. Elle constituait une partie du modèle.

Le financement du travail de l’Église

En Actes 11.29, nous voyons l’assemblée d’Antioche en Syrie qui envoie de l’aide aux frères pauvres en Judée. Elle n’a pas imposé une cotisation ou montant fixe que chaque membre de l’ Église devait contribuer. Au contraire, « les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée ». L’apôtre Paul enseignait à l’Église de Corinthe de suivre le même principe. « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur » (2 Corinthiens 9.7), et que chacun donne « selon sa prospérité » 1 Corinthiens 16.2).

Un autre principe concernant le financement des œuvres de l’Église, c’est que l’on faisait la collecte « le premier jour de la semaine » (1 Corinthiens 16.2), c’est -a-dire le dimanche. Encore, il est important de souligner que cette recommandation ne se limitait pas à l’Église de Corinthe, à elle seule. Paul introduit cet enseignement en disant : « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de Galatie » (1 Corinthiens 16.1). Ce modèle s’appliquait partout.

L’adoration

Quand Paul envoyait à l’Église de Corinthe des instructions concernant le culte, il était très clair que ces règles s’appliquaient dans toutes les autres assemblées, aussi. Prenez, par exemple, le bon ordre et le silence des femmes : « Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi … Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.33,34,36,37). L’Église de Corinthe n’avait pas la liberté de donner la parole aux femmes pour prêcher ou conduire des prières ou cantiques lors du culte. Elle n’avait pas le droit d’innover de cette façon. Le modèle biblique exige que ce soit des hommes et non des femmes qui prennent la direction de l’adoration en public.

Un autre exemple est l’enseignement sur le repas du Seigneur en 1 Corinthiens 11.17-34. Paul précise au verset 23 : « Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné. » Le modèle n’est venu ni de Paul ni d’un homme quelconque. C’est le Seigneur qui a confié aux apôtres ce qu’ils devaient enseigner au sujet de la communion.

L’enseignement

Ce n’est pas seulement l’enseignement sur le culte, mais toute doctrine, qui doit être conforme au modèle. Paul dit à Timothée : « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle de saines paroles que tu as reçues de moi. Garde le bon dépôt… » (2 Timothée 1.13,14). Ces saines paroles devaient être transmises fidèlement d’une génération d’enseignants à une autre : « Ce que tu as entendu de moi, en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres » (2 Timothée 2.2).

La vie et le ministère

Enfin, la Bible parle d’un modèle, non seulement pour l’organisation, le financement, l’adoration et l’enseignement de l’Église, mais aussi pour la manière de vivre et de servir. Paul était conscient du fait qu’il laissait un exemple à suivre en ce qu’il disait, mais aussi en ce qu’il faisait : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4.9). Si nous suivons l’exemple que Paul et les autres apôtres nous ont laissé, Dieu sera avec nous. Si nous nous éloignons du modèle divin, nous serons, au contraire, sous la condamnation.

Comment identifier le modèle biblique

Comme nous l’avons dit, un tailleur, un menuisier, un constructeur ou un élève arrive à reproduire le modèle qui lui est fourni s’il regarde bien un exemplaire, une photo ou un plan, et s’il prête attention aux instructions qui accompagnent l’exemplaire. En tant que chrétiens, nous pouvons identifier le modèle à suivre si, en étudiant le Nouveau Testament, nous recherchons :

  1. des exemples approuvés, c’est-à-dire des passages qui nous montrent des Églises en train de mettre en pratique un enseignement inspiré, sous la direction ou avec l’approbation des apôtres ; et
  2. des commandements ou instructions données aux Églises, aux chrétiens ou à ceux qui voulaient devenir chrétiens.

En suivant ces exemples et commandements, nous devons respecter le silence de la Bible (Deut. 4.2; 12.32; Prov. 30.6; 1 Cor. 4.6; 2 Jean 9-11; Apoc. 22.18,19). Quand un parent donne de l’argent à son enfant et l’envoie à la boutique en lui disant de payer cinq bouteilles de coca-cola, l’enfant n’a pas le droit d’acheter également quelques bouteilles de bière et un jouet simplement parce que son père ne lui a pas dit expressément de ne pas faire ainsi. Le père n’a pas besoin de citer tout ce qu’il ne veut pas. Le modèle biblique autorise l’emploi du fruit de la vigne et du pain sans levain pour le repas du Seigneur. La parole ne dit rien au sujet de viande et de tomates en ce qui concerne ce repas, mais ce n’est pas pour cela que nous pouvons ajouter ces éléments. Le silence n’autorise pas à faire tout ce qui n’est pas expressément défendu.

Respecter le silence des Écritures signifie également que l’on ne doit pas imposer des devoirs dans la religion qui ne sont pas enseignés dans la parole de Dieu.

En suivant les commandements, il faut aussi considérer à quel point un commandement est spécifique ou générique. Par exemple, quand Dieu dit à Noé de construire l’arche, il a précisé : « Fais-toi une arche de bois de gopher » (Genèse 6.14). Le commandement étant très spécifique, l’utilisation d’autres espèces de bois, tel que le chêne, le pin ou l’ébène, était exclue. Quand Jésus dit, par contre, « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle » (Marc 16.15), l’ordre d’aller est très générique et n’impose pas un seul moyen de transport. On peut aller à pied, en voiture, ou en avion, pourvu qu’on aille.

Conclusion

Une chose qui distingue les Églises du Christ de la plupart des groupes religieux, c’est la conviction que Jésus-Christ a bâti une seule Église, et que l’homme n’a ni besoin ni droit d’en créer une autre. Le plan de Dieu pour son Église est amplement révélée dans le Nouveau Testament. Si nous nous conformons réellement à ce modèle divin, nous n’aurons pas créé quelque chose de nouveau mais retrouvé l’original. Ce n’est pas de l’orgueil qui nous pousse à dire que l’Église du Christ n’est pas une dénomination. Ce n’est pas que l’on se croit plus spirituel ou plus intelligent que tous les autres. Mais force est de reconnaître qu’aucun homme n’est capable d’améliorer ce que Dieu a fait ou conçu.

La parole de Dieu est comme une semence (Luc 8.11) : Si on la prêche sans y ajouter les doctrines des hommes, elle produira toujours la même Église qu’elle a produite au premier siècle. Malgré des centaines d’années d’apostasie, les hommes peuvent, grâce à cette parole éternelle, découvrir et restaurer l’Église de Jésus-Christ.

Ayons donc soin de faire tout d’après le modèle qui nous a été montré.

B.B.

L’assistance est-elle vraiment importante ?

On pourrait demander en toute sincérité : « L’assistance au culte est-elle vraiment importante ? Nous sommes parfois fatigués, occupés, et préoccupés par beaucoup de choses. Si le culte est si important, comme on le dit, je ferai l’effort nécessaire pour y participer, mais il faut me rappeler de temps en temps son importance réelle. »

C’est important pour le Seigneur. Il n’abandonne jamais l’assemblée des chrétiens et il demande aux autres de faire autant (Matthieu 18.20; Hébreux 10.25).

C’est important pour votre famille. Votre foi et votre exemple parlent avec plus de force que 10 millions de paroles. Il n’est pas probable que vos enfants apprennent à aimer l’Église plus que vous l’aimez. Vos actions comme modèle pour les autres sont d’une importance suprême.

C’est important pour vos voisins. Le message de ce que nous faisons passe avant et peut rendre nul le message de ce que nous disons. Le premier test que les autres appliquent à votre foi est : « Sa vie est-elle conforme à ce qu’il prétend croire ? »

C’est important pour l’Église. Chaque aspect de l’œuvre de l’Église souffre quand les chrétiens négligent le privilège d’adoration. Aucun sermon ne peut surmonter l’effet de votre place vide.

C’est important pour ceux qui conduisent l’assemblée. Ces hommes portent un fardeau lourd en essayant d’encourager l’Église et de la garder fidèle. Le manque de fidélité peut être pour ces hommes une source de découragement et de confusion. Votre fidélité fait une différence énorme et les aide à porter leur charge – plus qu’on ne puisse le dire.

C’est important pour votre développement spirituel. Les chrétiens sont des disciples, ce qui signifie ceux qui suivent et apprennent, des élèves. Tout comme le fait de s’absenter à l’école publique produit l’échec, ainsi il empêche le progrès et le succès spirituels.

C’est important pour Dieu. Il est certain que celui qui nous a tant aimés qu’il a donné son Fils est sensible au degré d’amour que vous manifestez pour lui.

Votre assistance fidèle est très importante. Je vous prie de ne pas négliger cet aspect de vote christianisme qui joue un si grand rôle dans le bien-être de votre âme et le bien-être spirituel des autres.

par Owen Cosgrove
(dans Vol. 2, No. 4)

Conseils pour de petites assemblées

La plupart des Églises du Christ dans le monde francophone sont de petites assemblées – composées de moins de vingt membres. Certaines n’ont que quatre ou cinq membres. Une assemblée peut certainement être une Église valable aux yeux de Dieu bien qu’elle ait peu de membres. Jésus nous assure : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.20). En s’adressant à l’Église de Philadelphie le Seigneur dit : « Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer » (Apocalypse 3.8). L’Église de Philadelphie n’était peut-être pas une grande assemblée – elle avait « peu de puissance ». Et pourtant, le Seigneur félicita cette assemblée à cause de sa fidélité.

Aux yeux de Dieu, le fait d’avoir un nombre restreint n’est pas un défaut en soi pour une Église. Parfois le manque de croissance est le résultat de certains défauts chez l’assemblée tels que la division, un mauvais témoignage à cause du péché, ou un manque de zèle et de persévérance dans l’évangélisation. Mais Dieu ne juge pas les assemblées sur le nombre de leur assistance.

Les petites assemblées, pourtant, doivent être particulièrement vigilantes pour éviter certaines erreurs qui peuvent non seulement faire obstacle à leur croissance, mais aussi déplaire à Dieu.

1. Heures des réunions non respectées

Un petit groupe peut se permettre d’être plus flexible en ce qui concerne ses réunions, mais cette flexibilité peut jouer contre les efforts d’attirer les autres. Si l’on n’a pas d’heure fixe ou que l’on ne la respecte pas, les visiteurs qui ne vous trouvent pas prêts pour le culte risquent de ne plus revenir. (Ce qui est encore pire, c’est de ne même pas se réunir par occasion. C’est un défaut constaté dans certaines petites assemblées et qui précipite leur mort en tant qu’Église.)

2. Mauvaise préparation des leçons

Généralement celui qui doit s’adresser à une grande assistance ne veut pas avoir honte devant tant de personnes. Pour cette raison il prend le temps nécessaire de bien préparer ce qu’il va dire. Il veut avoir quelque chose de bon à présenter de la Parole de Dieu. Dans une petite assemblée, on sent moins de pression. Et pourtant, que les hommes soient nombreux ou pas, tout ce que nous faisons pour Dieu doit être de notre mieux. C’est la faveur de Dieu que nous devons rechercher en toutes choses (Galates 1.10).

En plus, la petite assemblée peut avoir en son sein moins de frères doués pour l’enseignement. Si l’on veut que les membres soient nourris spirituellement et que les visiteurs soient convaincus, ceux qui doivent enseigner ont besoin de faire encore plus d’efforts dans leurs préparatifs par rapport à la personne ayant plus de formation, d’expérience ou de dons naturels.

3. Négligence dans l’observance du repas du Seigneur

Certaines petites assemblées sont très irrégulières en ce qui concerne la communion, surtout des assemblées se trouvant loin de la ville. Elles ne prévoient pas l’achat du jus de la vigne ou même la farine pour faire du pain sans levain. Il n’y a pas d’excuse pour une telle négligence. Bien avant le dimanche il faut s’assurer que le nécessaire est là pour rendre à Dieu un culte conforme au modèle biblique.

4. La paresse en ce qui concerne le lieu d’adoration

Quand une assemblée vient de commencer, elle est souvent obligée de « se débrouiller » pour avoir un lieu de réunion. Ce sera peut-être dans le salon d’un frère ou même d’un « sympathisant », dans une salle de classe d’une école primaire, ou même sous un arbre. Ces solutions devraient généralement être provisoires. L’Église peut ne disposer du lieu que pendant des heures bien déterminées, ce qui l’empêche d’organiser des activités spéciales. L’assemblée peut être « chassée » par un nouvel administrateur de l’école ou suite à un changement d’attitude chez le propriétaire de la maison. Et bien sûr, un arbre ne constitue pas un abri pendant la saison des pluies. Si vous vous êtes jamais réunis dans de tels lieux, vous pourriez énumérer d’autres inconvénients. Parfois on se contente de ces solutions insatisfaisantes parce qu’elles ne demandent pas de sacrifice financier. Au lieu de faire l’effort nécessaire afin de pourvoir un lieu propre à l’Église, on opte pour la voie la plus facile. Frères, un tel comportement ne convient pas au service de Dieu et ne contribue pas au progrès de l’Église.

5. Le défaitisme

Quand on est peu nombreux, on est souvent tenté de penser que l’on ne peut rien réaliser, que ses ressources sont trop limitées. Sans même faire d’effort on se voit déjà comme vaincu. Que ce soit une question d’évangélisation, de construction de lieu de culte, d’œuvre bénévole, ou de l’organisation d’une période de communion fraternelle, certains frères sont prêts à décourager toute initiative en prédisant son échec. On oublie si vite que « je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4.13), que « tout est possible à celui qui croit » (Marc 9.23), et que Dieu « peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons » (Éphésiens 3.20).

Tant qu’elle est fidèle, une petite assemblée n’a pas besoin d’avoir honte du fait qu’elle est petite. Mais que les nombres restreints ne deviennent jamais une excuse pour la négligence dans l’œuvre du Seigneur.

B.B.
(dans Vol. 2, No. 4)