La prière pour les morts

Entendez-vous jamais, lors d’un décès, qu’il est du devoir des vivants de prier pour l’âme du défunt ? Dans les messages de consolation, on trouve très souvent des paroles comme « Qu’il repose en paix » ou « Paix à son âme ». Certaines communautés consacrent un jour spécial chaque année à la prière pour les morts. La Commémoration de tous les fidèles Défunts, appelée aussi jour des Morts, est une célébration catholique qui a lieu chaque année le 2 novembre, le lendemain du jour de la Toussaint. Que ce soit chez les catholiques, les orthodoxes, les musulmans, les bouddhistes, les hindous ou certains protestants, il est recommandé de prier pour des morts.

Dans le catholicisme, les pratiques de prier, d’allumer des cierges et de payer des messes pour les morts sont liées à la croyance au Purgatoire. Selon le catéchisme de l’Église catholique :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés […] Le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché […] Puisque les fidèles défunts sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés. » (¶ 1030, 1031, 1475, 1479)

Les Églises orthodoxes n’acceptent pas l’idée d’un lieu de tourment appelé « Purgatoire », mais elles recommandent les mêmes moyens que l’Église catholique (la prière, l’Eucharistie, les œuvres de charité, etc.) pour libérer les âmes d’un « lieu de ténèbres et de tristesse » où elles sont purifiées de leurs péchés. Pareillement, les musulmans ne parlent pas de Purgatoire, mais ils prient pour les morts qui n’ont peut-être pas été assez justes pour accéder au paradis, afin de faire pencher la balance en leur faveur.

Que faut-il penser de la prière pour les morts ? S’agit-il d’un devoir ? Et les formules telles que « Paix à son âme », sont-elles utiles ou bien relèvent-elles du vœu pieux ? Pouvons-nous aider, après leur mort, ceux que nous avons aimés dans cette vie ?

En fait, cette pratique pose de sérieux problèmes.

De faux espoirs

Dans l’histoire de l’homme riche et Lazare que Jésus raconte en Luc 16.19-31, il nous donne un aperçu de l’état de ceux qui sont déjà morts et qui attendent le Jugement dernier. (Nous savons que le Jugement dernier n’avait pas encore eu lieu dans le récit, car l’homme riche s’inquiétait pour ses cinq frères et voulait qu’ils se repentent, avant qu’il ne soit trop tard, afin de ne pas le rejoindre dans le tourment.) Étant dans le séjour des morts, l’homme riche souffrait déjà, et Lazare, dans « le sein d’Abraham », était déjà consolé des souffrances qu’il avait endurées pendant sa vie. Dieu, qui ne fait pas d’erreurs, avait mis chacun dans les conditions appropriées pour attendre la résurrection, et ces âmes ne changeraient pas de place, quel que soit le temps qui passerait sur la terre. Abraham expliqua à l’homme riche : « D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire » (Luc 16.26). Jésus ne parla d’aucun lieu temporaire de châtiment ou de purification, d’où une personne sortirait tôt ou tard.

Craintes inutiles

Alors que la croyance au Purgatoire et la pratique de la prière pour les morts encouragent des espoirs sans fondement chez les uns, elles suscitent des craintes inutiles chez les autres. Si l’immense majorité de chrétiens fidèles, « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu », doit, après la mort, passer un temps plus ou moins long dans le tourment, alors la peur, sinon la terreur, sera inévitable. Pourtant, la Bible dit que Jésus nous délivre de la crainte de la mort.

« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin de détruire, par la mort, celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » (Hébreux 2.14,15)

Comment être libres de la peur, sachant que nous allons directement dans les flammes du tourment pour une durée inconnue – des années ou même des siècles ? ! La Bible, par contre, promet à ceux qui meurent en Christ quelque chose de mieux après cette vie :

« Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » (Apocalypse 14.13)

Dénigrement de l’œuvre du Christ

Enseigner que les morts en Christ ont encore besoin de nos prières est une façon de refuser à l’œuvre du Christ toute sa vraie valeur. C’est nier l’efficacité de son sang pour la purification des pécheurs. Il est vrai que même un chrétien fidèle n’est pas assez juste, par sa propre justice personnelle, d’accéder à la présence du Dieu trois fois saint. Comme Ésaïe 64.5 le dit : « Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé. » Même le chrétien sincère et dévoué lutte avec ses faiblesses et se reconnaît chaque jour endetté envers la grâce divine. Mais gloire à Dieu ! Cette grâce est disponible et parfaitement efficace.

« Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. […] Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1.7,9)

La doctrine catholique qualifie différents péchés

de « mortels » (graves) et « véniels » (moins graves) et prétend que ce sont les péchés véniels qui sont expiés dans le Purgatoire. Ceux qui sont coupables de péchés mortels iraient directement en enfer. Mais la Bible n’emploie pas les termes mortel et véniel, et elle ne contient aucune liste de péchés rangés selon le caractère sérieux de tel ou tel acte. Elle nous informe que le salaire du péché (tout péché), c’est la mort (Romains 6.23), et que le sang de Jésus purifie de tout péché celui qui est sauvé.

L’apôtre Paul fait le contraste entre la misère de la personne qui n’est pas pardonnée et le bonheur de ceux qui sont en Christ :

« Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! […] Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Romains 7.24,25 ; 8.1)

L’Épître aux Hébreux aussi insiste sur la perfection de ce que Jésus, notre souverain sacrificateur, a fait pour résoudre notre problème de péché :

« Car, par une seule offrande il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi […] : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » (Hébreux 10.14-17)

Aucune autre œuvre n’est nécessaire après notre mort pour que Dieu nous accepte. S’il ne se souvient plus de nos péchés, pourrait-il s’attendre à ce que nous payions le prix de ces péchés au Purgatoire ? Une seule de ces deux choses peut arriver : soit le châtiment, soit le pardon, mais non pas tous les deux.

Conflit avec le principe de la responsabilité individuelle

La Bible enseigne de plusieurs manières que chacun de nous sera jugé selon ses propres choix, sa propre vie. Déjà dans l’Ancien Testament, on trouve ce principe :

« L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui. » (Ézéchiel 18.20)

Le Nouveau Testament le dit plus succinctement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains 14.12). Nous pouvons essayer d’influencer les autres pour le bien, mais nous ne pouvons pas obéir à Dieu à leur place.

Beaucoup ont l’idée erronée que nous sommes tous condamnés par le péché de nos premiers parents, qui ont vécu très longtemps avant nous. Pourquoi alors, se disent-ils, ne serions-nous pas épargnés du châtiment grâce à la piété de ceux qui nous survivent sur la terre ? En réalité, personne n’est souillé devant Dieu par les péchés de ses ancêtres. Quand l’apôtre Paul voulait prouver dans l’Épître aux Romains que tous ont besoin du salut, il ne dit pas que tous héritent le péché – il énuméra plutôt les péchés que commettaient les païens et les péchés que commettaient les Juifs, avant de conclure : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Il est vrai que nous subissons certaines conséquences des actes de ceux qui nous ont précédés sur la terre, y compris Adam et Ève, mais une conséquence n’est pas la même chose que la culpabilité. Nous nous rendons coupables quand nous commettons personnellement du péché.

Le fait que nous avons tous péché nous aide à comprendre pourquoi Jésus est la seule personne dont la justice pourrait nous sauver. En effet, il n’a commis aucun péché (2 Corinthiens 5.21; Hébreux 4.14,15). Il n’avait pas, comme toute autre personne, sa propre dette à payer ; il n’avait pas mérité « le salaire du péché [qui est] la mort » (Romains 6.23). Jésus, et Jésus seul, est spirituellement riche et capable de nous venir en aide. Mais personne ne peut accepter son offre de la grâce à ma place. Personne ne peut s’engager comme disciple de Jésus à ma place. Personne ne peut persévérer en Christ à ma place. Je rendrai compte à Dieu pour moi-même.

La date limite

Nous ne pouvons pas obéir à Dieu pour ceux que nous aimons ; nous ne pouvons que faire de notre mieux pour les influencer dans le bon sens. Mais il arrive un moment où il est trop tard pour nous de les influencer et trop tard pour eux de se laisser influencer par nos paroles, nos exemples et notre amour. Ce moment, c’est la mort. Hébreux 9.27 nous avertit : « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. »

Le jugement en question sera basé entièrement sur les décisions que nous prenons et les actes que nous posons pendant que nous sommes dans notre corps physique, c’est-à-dire avant notre mort. Notre justification dépendra de la foi obéissante que nous aurons exprimée personnellement durant notre vie sur terre.

« Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » (2 Corinthiens 5.10)

Si, après ma mort, mes enfants, ma veuve ou mes frères en Christ font des prières en ma faveur ou posent des actes de charité à mon nom, cela ne pourra pas figurer dans ma récompense dans l’au-delà. Ce que je recevrai dépendra de ce que j’aurai fait de mon vivant.

Soutien biblique ?

N’y a-t-il aucun passage biblique qui soutienne la doctrine du purgatoire et la pratique de prier pour les morts ? Certains textes sont proposés, mais, quand on les regarde de près, ils ne fournissent pas les preuves souhaitées.

1 Corinthiens 3.15 – le Purgatoire ?

Un passage de choix aux yeux des catholiques se trouve en 1 Corinthiens 3.15 : « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » On nous dit que Paul enseigne ici que la personne dont il parle est sauvée, mais que sa vie et son caractère doivent être purifiés de ce qui est indigne ; cette purification s’accomplirait au moyen des flammes du Purgatoire.

Comme c’est généralement le cas lorsqu’on cherche à comprendre un verset biblique, il est nécessaire de tenir compte du contexte. Prenez donc le temps de commencer votre lecture à partir du verset 4 et de lire jusqu’au verset 17. Vous verrez que l’apôtre ne traite pas le sujet de la vie et du caractère d’un individu qui se sont construits au long de son séjour sur terre. Paul parle d’avoir semé la Parole de Dieu à Corinthe, une semence qui a été arrosée par la suite grâce aux efforts d’Apollos. Il se réfère à l’Église comme le champ de Dieu, et puis il change de métaphore pour l’appeler un édifice. Paul lui-même commença cette œuvre à Corinthe ; il en avait posé le fondement, et d’autres construisaient dessus. Mais ils avaient besoin de faire du bon travail afin que ce qu’ils accomplissaient dans l’œuvre du Seigneur soit aussi durable que possible. Il dit que si les efforts d’un évangéliste tel qu’Apollos ou Paul, ou de n’importe quel chrétien, d’ailleurs, contribuaient à l’œuvre, la qualité de son travail serait évidente pour tous à la fin, « car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun » (v. 13). Le feu représente soit le Jugement dernier soit les épreuves telles que la persécution, parce que dans les deux cas on verra, parmi les âmes que nous conduisons au Seigneur, les personnes qui auront été animées d’une foi sincère et solide.

Notre propre salut ne dépend ni de l’obéissance, ni de la persévérance, ni du salut final de ceux que nous essayons d’évangéliser, mais, si nous arrivons à amener d’autres âmes au ciel avec nous, nous aurons une récompense. Lorsque Paul dit : « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée », il se réfère aux gens qui ont été gagnés au Christ par nos efforts, mais qui ne restent pas fidèles et finissent par perdre leur salut (voir Chemin de Vérité, Vol. 10, No. 5). Dans un tel cas, le chrétien qui les avait évangélisés « perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu » (v. 15). C’est l’image d’une personne qui s’échappe d’une maison qui a pris feu, mais sans pouvoir récupérer les choses de valeur qui s’y trouvaient. Ce passage n’a rien à voir avec un chrétien qui serait tourmenté au Purgatoire afin d’expier ses « péchés véniels » ou d’apprendre ce qu’il n’a pas appris sur terre et devenir ainsi suffisamment pur pour entrer au paradis.

2 Maccabées 12.39-46 – La prière pour les morts ?

Dans le livre de 2 Maccabées, on lit qu’à la suite d’une bataille entre les Juifs et les ennemis qui occupaient leur pays aux années 160 av. J.‑C., le général juif, Judas Maccabée, et ses hommes trouvèrent sur les cadavres de leurs frères juifs qui avaient péri dans le combat des objets associés à l’idolâtrie. Selon les versets 43,44 :

« Puis, ayant fait une collecte d’environ 2 000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts. » (2 Macc. 12.43,44)

Le premier problème que nous constatons à l’égard de ce texte est qu’il provient de l’Apocryphe, une collection de livres que l’on trouve dans les éditions de la Bible dites catholiques, mais qui est absente des autres éditions. Le mot « apocryphe » est dérivé d’un mot grec qui signifiait à l’origine « caché », mais qui, avant la fin du deuxième siècle, avait revêtu le sens de « douteux, suspect, ou contrefait ». L’Église catholique appelle ces livres « deutérocanoniques », ce qui signifie « appartenant à la deuxième liste » et qui suggère quand même que ces livres ne sont pas au même niveau que les autres livres dans la Bible. Alors, ces livres, qui contiennent, il faut le reconnaître, des renseignements utiles et des passages édifiants, pourquoi ne sont-ils pas inclus dans toutes les Bibles ?

Premièrement, les Juifs ne les ont pas reconnus comme faisant partie de la révélation de Dieu. Ceci est important, car l’apôtre Paul écrit en Romains 3.1,2 : « Quel est donc l’avantage des Juifs, ou quelle est l’utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés. » Les Juifs, qui avaient l’honneur d’être les gardiens des Écritures venues de Dieu, ne considéraient pas les livres de l’Apocryphe comme y faisant partie.

Cela explique ce fait curieux : ni Jésus ni ses apôtres n’ont jamais cité l’un des livres « deutérocanoniques », alors qu’ils tiraient des citations de pratiquement tous les autres livres de l’Ancien Testament (ou au moins y faisaient des allusions nettes). Ces autres livres reconnus comme étant la Parole de Dieu faisaient autorité, ce qui n’était pas le cas de l’Apocryphe.

De plus, aucun des livres en question ne prétend être inspiré. Le livre de 2 Maccabées fait même comprendre qu’il ne l’est pas. Vers la fin de sa composition, l’auteur écrit :

« Je vais arrêter ici mon récit. S’il est bien composé et intéressant, alors j’ai atteint mon but ; s’il est imparfait et sans grande valeur, j’ai tout de même fait ce que j’ai pu. » (2 Macc. 15.37,38)

Ce n’est pas ainsi que l’on s’exprime quand on croit avoir été guidé par l’Esprit de Dieu pour écrire les paroles de Dieu lui-même (cf. 1 Cor. 14.37; 1 Th. 2.13). Il est clair qu’un passage d’un tel livre ne constitue pas une preuve biblique.

Un deuxième problème concernant ce texte, c’est que 2 Maccabées 12 contredit la doctrine catholique qui précise que l’on prie seulement pour les péchés véniels, car ceux qui meurent dans le péché mortel sont censés partir directement en enfer. Or, les soldats dont il est question dans ce passage avaient commis l’idolâtrie, un péché mortel. La prière n’aurait servi à rien.

1 Jean 5.16,17 – Le péché mortel ?

Nous avons parlé plus haut de la doctrine catholique qui crée une distinction entre les péchés « mortels » et les péchés « véniels ». Voici un passage qui paraît, à première vue, appuyer cette conception :

« Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. Toute désobéissance à la loi est un péché, mais il y a tel péché qui ne mène pas à la mort. » (1 Jean 5.16,17)

Si un « péché qui conduit à la mort » était égal au péché mortel et un « péché qui ne conduit pas à la mort » était un synonyme de péché véniel, le sens du passage serait : « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché véniel, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère[…] Il y a un péché mortel ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. » Mais cela ne correspond pas à la position catholique. Il n’est pas dit que, si vous voyez quelqu’un commettre un péché véniel, vous pouvez prier pour lui, mais que s’il commet un péché mortel, vous ne devriez pas prier pour lui. Vous pouvez prier qu’une personne qui commet n’importe quel péché puisse revenir à la raison et se repentir. Et si elle se repent, vous pouvez certainement prier Dieu de lui pardonner.

Alors, à quoi se réfère l’apôtre quand il parle de péché « à la mort » ? Il a déjà écrit en 1 Jean 1.9 que Dieu pardonnera tout péché qu’un frère pénitent confessera. S’il y a donc un péché que Dieu ne pardonne pas, il semble raisonnable de conclure qu’il s’agit d’un péché que le chrétien refuse de reconnaître et dont il ne se détourne pas. Il serait inutile de prier Dieu de pardonner à un tel frère.

Conclusion

Non seulement la doctrine du Purgatoire et la pratique de prier pour les morts ne s’harmonisent pas avec des enseignements clairs de la Parole de Dieu, mais elles n’ont aucun soutien dans la Bible. Absolument aucun exemple biblique ne nous montre les chrétiens du temps des apôtres en train de prier pour les morts, que les défunts soient chrétiens ou pas. Aucune épître ne contient de recommandation de faire de telles prières et aucun passage ne suggère l’existence du Purgatoire. N’allons pas au-delà de ce qui est écrit (1 Cor. 4.6) pour offrir de faux espoirs ou créer de la peur inutile. Au contraire, faisons tout pour être trouvés en Christ, des serviteurs fidèles de Jésus, lors de son retour.

B.B.
(dans Vol. 19., No. 3)

La prière

Comment prier

« Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier. » (Luc 11.1)

C’est cette question des disciples de Jésus qui nous vaut ce modèle de prière que l’on appelle par ses premiers mots : le Notre Père. « Voici comment vous devez prier », dit Jésus.

« Notre Père, qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. » (Matthieu 6.9-13)

Voici donc un premier exemple de prière – le plus grand sans doute, puisqu’il nous vient du Maître même. Les disciples voulaient savoir comment ils pouvaient s’adresser à Dieu et ce qu’ils pouvaient attendre de lui en fait d’exaucement.

Dès le premier mot, le plus doux de cette prière, Jésus veut que ses disciples invoquent Dieu comme leur Père, car ils sont ses enfants. Le jour de sa résurrection, ne dira-t-il pas à Marie de Magdala :

« Va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jean 20.17) ?

Il ne manquera pas une occasion de donner à ses disciples le goût de cette merveilleuse filiation.

C’est à Dieu seul que doivent s’adresser les prières

Doit-on insister sur le fait que c’est à Dieu seul que doivent s’adresser les prières des enfants de Dieu. Car lui seul peut exaucer, guérir, secourir, pardonner et sauver. Je suis navré de voir tant de personnes sincères adresser leurs prières ferventes à toutes sortes de personnages que les hommes ont déifiés et invoquer toutes sortes d’intercessions par d’innombrables « Priez pour nous », exceptée celle du Christ « l’unique médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Timothée 2.5; cf. Hébreux 4.14-16; 1 Jean 2.1; Jean 14.6).

Pourquoi ? Aux dires de certains, Dieu est si grand, il paraît si terrible, si inaccessible dans sa majesté qu’on n’ose pas le déranger. Pourtant, ce n’est pas un juge redoutable que Jésus est venu nous révéler. C’est avant tout un Père attentif à nos besoins et qui a préparé un grand salut depuis longtemps. « Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? » demande Jésus. « Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? » (Luc 11.5-12). Et il conclut par ce trait de logique désarmant : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Matthieu 7.7-11).

Il nous fallait ouvrir cette parenthèse. Elle nous servira d’ailleurs pour mieux comprendre comment nous devons prier. Autrement dit, quel doivent être le contenu de nos prières et la façon de prier ? Puisque Dieu est un Père, l’enfant peut se confier librement, avec assurance, spontanément, car il sait qu’il sera accueilli avec bienveillance et amour.

Souhaits, demandes et reconnaissance

Dans sa prière modèle, Jésus formule trois souhaits et fait trois demandes. Les trois souhaits concernent la glorification de Dieu, la venue de son règne et la soumission des hommes à sa volonté. Concernant la venue du royaume, nous pouvons dire que, dans un sens, ce souhait a été réalisé par l’établissement de l’Église, et l’installation du roi « à la droite de Dieu », mais on peut aujourd’hui formuler ce même souhait dans le sens du règne de Dieu dans le cœur de chaque homme (Luc 17.21).

Les trois demandes concernent le pain qui nous est nécessaire aujourd’hui, le pardon de nos offenses et la délivrance dans l’épreuve.

La prière se termine par une reconnaissance de la gloire et de la toute-puissance de Dieu, de qui dépendent la création et les créatures.

Jésus a donc donné à ses disciples cette prière comme modèle. Cela ne signifie pas qu’il faille l’utiliser telle quelle en toutes circonstances. Cela signifie que toutes les prières des enfants de Dieu devront s’inspirer de ce modèle. Il faudra prier selon l’esprit de cette prière, pour éviter certaines attitudes qui répugnent à Dieu, comme celle du pharisien décrite en Luc 18.9-14.

On a parfois l’impression que certaines personnes se servent de la prière modèle de Jésus comme d’une formule magique pour écarter un péril ou soulager une douleur. Rien n’empêche évidemment qu’on utilise occasionnellement ces mêmes mots dans ce même ordre pour prier Dieu. Mais rien n’est plus nuisible à la spontanéité et à la sincérité, que de répéter plusieurs fois d’affilée, et tous les jours, en toutes circonstances, cette prière apprise par cœur.

C’est le cœur qui doit s’exprimer

Dans une prière, c’est le cœur qui doit s’exprimer. Si le cœur est heureux, qu’il rende grâces à Dieu. S’il est abattu, qu’il se confie en Dieu. S’il est éprouvé, qu’il cherche en Dieu son refuge. L’apôtre Paul a écrit : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu » (Philippiens 4.6). L’apôtre Pierre, pour sa part, écrit en 1 Pierre 5.7 : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. »

Selon les circonstances, une prière jaillira du cœur et des lèvres. Là encore, Jésus nous donne un exemple à suivre.

Il suffit de lire le chapitre 17 de l’Évangile selon Jean, qui n’est qu’une longue prière que Jésus adresse à son Père en faveur de ses disciples et de ceux qui entendront leur prédication, car il vient de leur faire ses adieux. Aussi les paroles qu’il adresse à son Père n’ont-elles pas la sobriété du Notre Père. Le contenu de la prière est différent, car les circonstances et l’état d’âme sont différents.

Dans le jardin de Gethsémané, nous le retrouvons en proie à une grande tristesse et à l’angoisse. Les événements qui l’attendent, la mission qu’il est venu remplir, la méchanceté des hommes – tout cela pèse sur lui plus lourdement que la croix qu’il portera demain. Son âme est « triste jusqu’à la mort ». Alors, dans une ferveur douloureuse, se jetant face contre terre, on l’entendra prier ainsi : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Matthieu 26.39).

Et lorsqu’ils le crucifièrent et qu’il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23.34) – n’était-ce pas aussi une prière, une suprême intercession, un cri d’amour ?

Nous retrouvons chez les apôtres cette même spontanéité dans la prière dont le contenu est dicté par l’événement. Par exemple, lorsqu’ils doivent choisir le remplaçant de Judas, entre deux candidats, ils adressent à Dieu une prière pour qu’il les aide dans ce choix, lui « qui connaît les cœurs de tous » (Actes 1.23-25). De même, lorsque les persécutions commencèrent à s’abattre sur la jeune Église, ils prendront Dieu à témoin et le supplieront de les aider puissamment (Actes 4.23-30).

N’oubliez pas d’exprimer la gratitude

Il faut avouer que nous avons trop tendance à considérer la prière comme le baume à appliquer exclusivement en cas de malheur, une sorte de solution de désespoir. Pensons-nous, chers amis, à dire merci – car c’est ce que signifie « rendre grâces » – pour les bénédictions banales, parce que quotidiennes, de la vie ? Pensons-nous à rendre grâces lorsque nous nous mettons à table ? Peut-être n’avons-nous pas assez de lucidité spirituelle pour reconnaître dans un simple repas un don de Dieu. Que dire du toit qui nous abrite ? de nos vêtements ? de nos amis ?

Ne sommes-nous pas souvent – pardonnez-moi l’image, mais je crois, hélas ! qu’elle est assez juste – comme ces porcs qui se gavent de glands avec avidité, le groin obstinément rivé à la terre, et qui ne pensent jamais à lever les yeux vers le chêne qui leur a donné leur nourriture ?

Je crois sincèrement que nous nous sentirons plus à l’aise dans nos prières, moins ennuyés au sujet de ce qu’il faut dire et de comment il faut le dire, lorsque nous aurons appris à dire simplement : « Merci, Seigneur, pour toutes ces choses si quotidiennes, si ordinaires, qu’elles passent inaperçues, mais dont la somme fait que la vie est bonne à vivre. »

Dieu merci ! C’est un premier pas. Or, nous commençons presque toujours par nous demander comment il faut dire : « Donne, Seigneur, donne. »

La prière est le privilège des enfants de Dieu !

Je voudrais préciser que la prière est surtout le privilège des enfants de Dieu. Certes, Dieu est notre Père du fait qu’il est notre créateur. Mais nous oublions en cela que le péché est venu tout gâcher. Or, c’est en Jésus-Christ que Dieu est venu recruter ses véritables enfants. Il faut donc devenir enfants de Dieu. Et cette possibilité, ce pouvoir, nous est donné en Jésus-Christ (Jean 1.11-13).

Dans un langage assez inattendu mais très expressif, l’apôtre Paul explique que pour être en Jésus-Christ, il faut s’unir à lui dans sa mort et dans sa résurrection, et ce, par la foi et le baptême (Romains 6.3,4).

« Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ », écrit-il aux Galates. « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Galates 3.26,27; cf. 2 Corinthiens 5.17,18)

« Vous avez reçu un esprit d’adoption par lequel nous crions Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains 8.15,16)

Chers amis, j’espère de tout cœur que ces paroles s’adressent à vous. Si toutefois vous ne vous êtes pas intégrés à la famille de Dieu en Jésus-Christ, cela ne dépend plus que de vous.

Richard ANDREJEWSKI


La prière et la soumission

Le disciple qui demanda « Seigneur, apprends-nous à prier » ressentait un besoin chez lui et aussi chez les autres. Nous avons tous besoin d’apprendre auprès de Jésus, car nous avons souvent des idées erronées concernant la prière.

Certains pensent à la prière comme une sortie de secours à employer dans les moments de crise. Ces gens ne prient pas régulièrement. Ils ont recours à la prière lorsque le trouble se présente. Ils mènent leur vie sans beaucoup penser à la volonté de Dieu, ou même pas du tout. Puis soudain, quand cela semble nécessaire, ils se souviennent de Dieu et se précipitent vers leur « sortie de secours », appelée « la prière ».

D’autres font de la prière une habitude, mais pour eux, il importe peu de quelle manière ils vivent, tant qu’ils marmonnent une prière à l’heure de se coucher. La prière devient une sorte de porte-bonheur spirituel – tel qu’une amulette. Ils pensent que quelques prières rituelles suffisent pour continuer de jouir de la bonne chance.

Certains croyants traitent la prière comme une visite chez un parent riche ou comme l’utilisation d’un distributeur automatique de billets. Il suffit d’appuyer « les boutons », et Dieu vous donnera exactement ce que vous désirez : le bonheur, la santé, les congés, l’argent, les amis, la prospérité, et plus. Il y a des dirigeants religieux qui vous encouragent à réclamer ce que vous voulez, car Dieu vous donnera carte blanche. Ils prétendent hardiment que si vous n’êtes pas en bonne santé, et si vous ne vous enrichissez pas toujours plus, c’est une preuve certaine que vous ne savez pas prier.

L’attitude de Jésus dans la prière

L’attitude de Jésus était totalement différente. Sa prière dit : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matt. 26.39). En d’autres termes : « Je ne veux pas, Père, que tu me donnes carte blanche. J’accepterai tout ce que tu décideras pour moi. »

Jésus naquit dans une famille pauvre, et il était pauvre tout au long de sa vie terrestre. Il dit un jour qu’il n’avait pas où reposer sa tête (Matt. 8.20). Ses disciples partageaient cet humble niveau de vie. Vers la fin de son ministère, il était pratiquement sans amis et sans un sou en poche, « homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53.3). Jésus avait-il mal compris la prière efficace ? Avait-il besoin d’un prédicateur moderne de la prospérité ?

Et que dire des apôtres ? Jésus leur donna le pouvoir de guérir les malades et de ressusciter les morts. S’ils l’avaient souhaité, ils auraient pu employer un tel pouvoir pour s’enrichir (Luc 8.43; Actes 8.18-20). Mais Pierre n’a pas amassé de fortune. Il dit à l’homme boiteux : « Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Actes 3.6).

Quant à Paul, il s’est décrit comme « les balayures du monde… pauvre… n’ayant rien » (1 Cor. 4.12,13; 2 Cor. 6.10). Paul et ses coéquipiers dans l’œuvre du Seigneur avaient aussi leurs problèmes de santé (Gal. 4.15; Phil. 2.27; 1 Tim. 5.23; 2 Tim. 4.20; 2 Cor. 12.7). Certains aujourd’hui leur diraient : « Vos problèmes signalent un manque de foi. Permettez-nous de vous montrer comment exploiter la puissance de Dieu – comment suivre la formule de Dieu pour le succès financier et social. » Peut-être que Paul parlait de telles personnes quand il se référait à ceux qui sont « privés de la vérité, et croyant que la piété est un moyen de s’enrichir » (1 Tim. 6.5).

Qu’en est-il donc ? La prière est-elle une affaire d’appuyer les boutons qu’il faut pour que Dieu nous livre le fric, ou la santé, ou le succès social ? Ou bien, la prière est-elle un acte de soumission, dans lequel vous vous abandonnez à Dieu et lui dites : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » ?

Jésus était soumis

La grande puissance et un rang élevé mènent souvent à l’orgueil et au sentiment que les lois sont pour les autres. Jésus jouissait d’une position très élevée et d’une puissance inimaginable. Pourtant, il avait en toute chose une attitude obéissante envers Dieu.

« Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » (Jean 4.34)

« Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. » (Jean 6.38)

« Je ne fais rien de moi-même, mais je parle selon ce que le Père m’a enseigné. » (Jean 8.28)

Pensez aux premiers mots du Notre Père. Dieu est le Père ; nous sommes les enfants. Il est au ciel ; nous sommes sur la terre. Son nom doit être « sanctifié » – traité avec le plus grand respect comme étant « saint ». Puisque Dieu est absolument suprême, la priorité dans la prière est son royaume. Il est vrai que Jésus règne depuis son ascension et l’établissement de son Église, ou royaume spirituel, mais nous pouvons demander qu’il règne sur nous personnellement. Nous voulons que sa volonté soit faite dans notre vie aussi pleinement que dans le ciel. Dans ces premiers mots de la prière, Jésus souligne que la véritable prière concerne la volonté du Père plutôt que la nôtre.

« Sauve-moi » ou « Glorifie-toi » ?

En tant que fils obéissant, Jésus a montré l’exemple. Avant sa mort, Jésus luttait avec des pensées concernant ce qu’il allait souffrir sur la croix. Il dit :

« Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ?… Père, délivre-moi de cette heure ?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. » (Jean 12.27,28)

Nous aussi, nous demandons : « Devrais-je rechercher égoïstement ce qui serait avantageux pour moi ? » Si nous suivons dans les traces de Jésus, la réponse sera : « Non ! Je désirerai ce qui permettra à Dieu de se glorifier lui-même à travers ma vie (ou ma mort) ! » En effet, nous devons savoir que des prières mal motivées ne seront pas agréées. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4.3).

Dans le jardin de Gethsémané, Jésus pria : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Marc 14.36). Dans sa deuxième prière, il dit : « S’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » (Matthieu 26.42). Dans chacune de ces prières, nous voyons une attitude de soumission totale à la volonté de Dieu.

Jésus était en harmonie avec la volonté de Dieu. Ayant lui-même suivi ce principe dans ses prières, Jésus nous appelle à l’adopter aussi. Voici comment nos prières seront efficaces : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15.7).

Le Seigneur promet d’exaucer les prières de ceux qui honorent la volonté de Dieu. Ils demandent d’une manière responsable parce qu’ils cherchent à lui plaire. La promesse n’est pas offerte à ceux qui sont constamment égoïstes, irresponsables et désobéissants. Jean nous a montré l’attitude de prière qu’il avait apprise de Jésus :

« Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » (1 Jean 5.14,15)

John REESE, traduit et adapté par B. B.

Extrait de « dois-je renoncer à ma soutane» par Fausto Salvoni

La Sainte Écriture ne nous interdit pas de confesser nos péchés à d’autres personnes si nous le désirons : «Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière du juste a une grande puissance.» (Jacques 5.16). Mais cette confession n’est pas obligatoire, sauf pour l’offenseur qui doit confesser ses fautes à celui qu’il a outragé. Pour recevoir cette confession biblique, il n’est pas nécessaire d’être prêtre, mais il suffit d’être chrétien, c’est-à-dire d’être frère ou sœur spirituel du pécheur : «Confessez donc vos péchés les uns autres et priez les uns pour les autres.» Quand on dit «Que les laïques se confessent donc aux prêtres», c’est un changement que l’on apporte à la parole de Dieu, qui déclare : «les uns aux autres». Si les laïques doivent se confesser aux prêtres, les prêtres, réciproquement, doivent le faire aux laïques !

Jusqu’à la fin du 12e siècle de l’ère chrétienne, les prêtres catholiques, continuant la tradition apostolique, ne donnaient pas l’absolution aux pécheurs, mais comme le font encore maintenant les prêtres grecs, ils priaient seulement Dieu de pardonner le pénitent qui se confessait… Mais, aujourd’hui, c’est le prêtre catholique, pécheur lui-même, qui pardonne les péchés au nom de Jésus… Mais où a-t-il puisé ce pouvoir ? Dans toute la Bible, il n’en existe pas la moindre trace.

écrit par Fausto Salvoni (ancien prêtre catholique, ancien professeur de langues orientales du Grand Séminaire de Milan) dans le livre, Dois-je renoncer à ma soutane?

Les promesses de Dieu

Quand nous parlons de la confiance en Dieu et la valeur de compter sur le Seigneur dans les différentes situations de nos vies quotidiennes, il est important de savoir ce que Dieu a réellement promis de faire pour nous. Si nous comptons que Dieu fera quelque chose, et que la chose que nous attendons ne se produit pas, nous risquons de penser qu’il n’a pas été fidèle, qu’il nous a trahis, et qu’il sera difficile de lui faire confiance à l’avenir. Mais il se peut que nous attendions qu’il fasse quelque chose qu’il n’a jamais promis de faire. Il est bien possible que ce soit quelque chose qu’il fait parfois pour certaines personnes, mais qui n’est pas le sujet d’une promesse ou garantie.

Quelles sont les promesses de Dieu ?

Quelles sont donc les promesses que Dieu fait à ses enfants? Il y en a plusieurs, et elles sont très importantes. Elles concernent et nos besoins physiques et nos besoins spirituels, mais elles visent surtout notre bien-être éternel. L’apôtre Pierre dit, en effet, que Dieu « nous a accordé de précieuses et très grandes promesses, afin qu’en recevant ce qu’il a promis vous puissiez échapper au désir destructeur qui règne dans le monde et participer à la nature divine » (2 Pierre 1.4).

Ces « précieuses et très grandes promesses » concernent d’abord le salut que Dieu a pourvu pour ceux qui obéissent à l’évangile. Au lieu de la colère et le châtiment que nous avons mérités par notre rébellion envers le Créateur, Dieu nous offre, par le sacrifice de son Fils, le pardon de nos péchés et la vie éternelle dans le ciel. Paul nous dit en Romains 5.8,9 : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. » La même promesse est exprimée dans le chapitre suivant. La première partie du verset est très familière, mais lisez aussi la deuxième partie : « Car le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romans 6:23).

Plusieurs promesses de Dieu, par contre, se rapportent à notre vie sur la terre, bien avant le moment d’aller au paradis. Jésus nous dit de nous préoccuper premièrement des biens éternels, mais il nous assure que Dieu nous donnera le nécessaire pour notre corps physique. Il dit en Matthieu 6.31-33 :  « Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? Que boirons-nous? De quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »  L’apôtre Paul assure les chrétiens philippiens de la même provision divine aux besoins matériels :  « Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ » (Phil. 4:19). En fait, Paul enseigne que, sur le plan matériel, Dieu donnera non seulement assez pour nos besoins personnels, mais aussi pour nous permettre de faire de bonnes œuvres en faveur des autres.  2 Corinthiens 9.8,11 dit : « Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre. … Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités, qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces. »

À travers son Église, le Seigneur offre aux chrétiens une famille spirituelle. Grâce à cette famille, le chrétien trouve le soutien moral et émotionnel, le partage sincère, le remède à la solitude, et bien d’autres avantages spirituels et matériels. Quand l’un des apôtres a fait remarquer qu’ils avaient tout abandonné pour suivre Jésus, le Seigneur répondit « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres, avec des persécutions, et dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Mark 10:29-30).

Il y a bien des gens dans le monde qui ont tout ce qu’on peut désirer sur le plan matériel, mais qui ne sont toujours pas heureux. Ils ont de l’argent, mais ils ne dorment pas la nuit. Ils ont des maisons, mais remplies de conflit. Ils sont célèbres et même adorés par le public, mais ils cherchent dans la drogue et l’alcool une autre réalité, car ils ont l’âme troublée. Dieu promet au chrétien ce que le monde ne peut jamais donner : « Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’homme peut comprendre, gardera vos cœurs et vos esprits, en Jésus-Christ » (Philippiens 4.7).

Les gens du monde vivent souvent dans la peur des sorciers, des ancêtres, des esprits méchants, des forces spirituelles qu’ils ne sauraient maîtriser. Les chrétiens sont délivrés de cette peur. La parole de Dieu leur fait cette promesse: « Vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4).

En plus de tout cela (et bien d’autres promesses), nous avons l’assurance de la présence de Dieu lui-même. Jésus dit en Matthieu 18.20 : « Car là où deux ou trois sont assemblées en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Plus tard, après avoir communiqué aux apôtres la mission mondiale d’évangélisation qu’il leur confiait, Jésus dit: « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.20). Cette assurance devrait nous libérer d’un piège dans lequel il semble que le monde entier soit pris. Hébreux 13.5 dit :  « Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent; contentez-vous de ce que vous avez; car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point ». Non seulement Dieu est avec nous; par le Saint-Esprit qu’il nous donne lors de notre baptême, Dieu est en nous. « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu…? » (1 Cor. 6.19).

Ce que Dieu n’a pas promis

Dans ces passages nous remarquons, pourtant, que certaines choses que l’on désire ne sont pas forcément comprises dans « les très grandes promesses » de Dieu. Contrairement à ce que prétendent certains prédicateurs qui annoncent un évangile de prospérité, Dieu ne dit pas que tous les chrétiens fidèles auront de grandes richesses matérielles dans ce monde. Il ne dit pas que nous aurons assez pour nous acheter une belle maison, pour envoyer nos enfants dans les meilleures écoles, pour manger dans les bons restaurants et rouler dans nos propres voitures personnelles. Il ne promet pas que nous jouirons toujours de bonne santé ou que nous aurons une longue vie sur la terre. Il n’y a pas de garantie de sa part que vous réussirez à l’école ou dans les affaires, que vous trouverez un époux ou une épouse, ou que vous aurez des enfants. Le Seigneur ne promet pas l’absence de persécution – au contraire il indique plutôt qu’il faut s’y attendre (2 Timothée 3.12).

Il ne faut pas s’y tromper : nous ne sommes pas encore entrés en possession de tout l’héritage qui nous est promis. Comme Paul nous le rappelle en Romains 8.24,25: « C’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance ». Notre situation doit se comparer à celle des Israélites que Dieu a délivrés de l’esclavage aux Égyptiens au temps de Moïse. Ils avaient été sauvés de l’oppression, mais ils n’étaient pas tout de suite dans le pays que Dieu leur avait promis. Il y avait toute une période d’épreuves difficiles à traverser dans le désert de Sinaï. Il fallait qu’ils restent fidèles, qu’ils gardent leur confiance en Dieu et qu’ils lui restent soumis – ce que beaucoup d’entre eux n’ont pas fait.

En même temps, il ne faut pas oublier ce que Dieu faisait pour les Israélites pendant leurs épreuves. Il a pourvu à leurs besoins matériels jour par jour. Comme Jésus nous a appris à demander à Dieu de nous donner « aujourd’hui notre pain quotidien », de même Dieu apprenait aux Israélites à compter sur lui un jour à la fois. Dieu les protégeait de leurs ennemis et empêchait qu’on arrive à leur faire du mal par les moyens occultes (la malédiction) (Nombres 23.23). Il les guidait dans leur marche et les accompagnait sur leur parcours. Pareillement, Dieu ne nous promet pas une vie facile, mais il pourvoira à nos vrais besoins, il nous protégera des attaques spirituelles, il nous guidera par sa parole et nous tiendra personnellement compagnie sur le chemin. Et voici une autre promesse : bien que les épreuves et les tentations soient présentes dans notre vie, Dieu, qui connaît chacun de nous parfaitement, fixe des limites à ce que Satan peut nous faire. Paul nous rappelle:  « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Cor. 10:13).

Tout ce que vous demanderez

Nous venons de voir que le chrétien n’aura pas forcément une vie facile, et pourtant, certaines promesses dans la Bible semblent nous offrir carte blanche – tout ce que nous voulons. Jésus dit, par exemple, en Matthieu 21.21,22 :  « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point… quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez ». Ou encore nous lisons en Jean 15.7 : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé ». Un autre passage dit : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée » (1 Jean 5.14,15).

Que faut-il en penser? Ces passages ne sont-ils pas autant de promesses claires que, si nous croyons, Dieu fera tout ce que nous lui demanderons? N’avons-nous pas droit de nous attendre à recevoir tout ce que nous demanderons avec foi? Regardons quelques-uns de ces passages de plus près. Commençons par le dernier, 1 Jean 5.14,15, mais insistons sur une partie qu’il ne faut pas négliger. Selon l’apôtre Jean, « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » Remarquez que nos prières doivent se faire dans une soumission totale à la volonté de Dieu et un désir sincère de voir s’accomplir sa volonté.  C’est l’exemple que Jésus nous a laissé quand il priait son Père céleste peu de temps avant son arrestation et crucifixion. En demandant que la coupe de souffrance s’éloigne de lui, Jésus a bien précisé  qu’il voulait que la volonté du Père se fasse, non pas la sienne (Luc 22.42). Dieu n’a pas accepté d’épargner son Fils de la souffrance qui l’attendait, mais cela ne veut pas dire que la prière de Jésus a été sans effet. Le verset suivant dit: « Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier ».

Ce que Jésus demandait à son Père était normal – il exprimait un désir de ne pas passer par l’agonie de la croix s’il y avait un autre moyen par lequel Dieu pouvait atteindre son but de nous sauver. Mais Jésus était prêt à tout supporter si telle était la décision de Dieu. Nous pouvons demander à Dieu des choses qui sont naturelles et qu’il n’est pas condamnable de souhaiter. Par exemple, il n’y a rien de mal dans le fait de demander à Dieu de me guérir d’un mal, ou de préserver la vie de mon enfant, ou me permettre d’obtenir de l’emploi pour nourrir ma famille. Philippiens 4.6 nous dit : « en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces », et 1 Pierre 5.7 nous invite à nous décharger sur le Seigneur de tous nos soucis. Mais tout en faisant nos requêtes à Dieu, nous devons nous rappeler qu’il faut demander « selon sa volonté » et garder l’attitude de Jésus, qui a dit: « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ».

Réfléchissez à un autre passage que nous avons lu tout à l’heure, le passage où Jésus dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15.7). Nous aimons peut-être insister sur la deuxième partie, qui dit: « demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé ». J’ai souvent vu de jolis tableaux en vente dans les villes africaines, des tableaux de maisons de luxe entourées de piscines et de beaux jardins, avec de belles voitures neuves garées devant ; imprimé sur le tableau était un verset biblique tel que Jean 15.7. Le message était clair: Demandez à Dieu de vous donner une telle prospérité, demandez avec foi, et tôt ou tard vous l’aurez. Le Seigneur n’a-t-il pas dit: « Demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » ? Mais il serait bien de réfléchir davantage à la première partie du verset : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez ».  Si les paroles de Christ demeurent véritablement en nous et que nous nous laissons guider par ces paroles, demanderons-nous de manière égoïste et matérialiste les richesses et les luxes de ce monde ? Les paroles de Christ ne nous enseignent-elles pas à demander à Dieu notre pain quotidien, et ne nous disent-elles pas : « Faites attention, gardez-vous de tout amour des richesses, car la vraie vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche » (Luc 12.15)?

Il semble que certains chrétiens du premier siècle aient mal compris ces promesses concernant la prière, tout comme certains le font de nos jours. Jacques 4.3,4 adresse des mots un peu durs à de telles personnes : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. Adultères que vous êtes! Ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu? ». Il est certainement vrai que Dieu considère notre foi quand nous le prions, mais il considère aussi ce qui nous motive. Nous ne devrions pas faire des prières mondaines et matérialistes.

Psaume 37.4 dit: « Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur demande ». Si le désir de mon cœur se rapporte à ma propre gloire, à mon propre confort, et à ma propre satisfaction, peut-on dire que je fais réellement de l’Éternel mes délices?

Quand nous demandons que la volonté de Dieu se fasse, comme Jésus l’a fait, il est possible que nous ayons à supporter de la douleur, des pertes ou des déceptions; il se peut que nous ne recevions pas ce que nous voulions recevoir. Mais se soumettre à sa volonté et accepter ce qu’il donne, c’est un aspect important de la foi: nous acceptons sa réponse et sa volonté parce que nous avons confiance en lui. Il sait ce qui est mieux pour nous, et il agit toujours par amour pour ses enfants.

L’obéissance

Que ce soit une promesse faite par un homme ou par Dieu, certaines promesses sont conditionnelles. Parfois Dieu promet faire telle chose à condition que nous fassions ce qu’il nous ordonne. Il promit aux Israélites qu’il livrerait entre leurs mains la ville de Jéricho, mais il fallait que le peuple obéisse à l’ordre de faire le tour de la ville pendant sept jours (Josué 6). Dieu promit aux Juifs revenus de l’exil qu’il les comblerait de bienfaits et empêcherait les insectes de détruire leurs récoltes, mais seulement si le peuple revenait à Dieu et se mettait à lui apporter les dîmes et offrandes demandées par la loi de Moïse. (Malachie 3.7-12).

Le même principe s’applique aux promesses du pardon des péchés et de la vie éternelle que Dieu nous offre dans le Nouveau Testament. Il est fidèle, mais pour bénéficier de ses promesses, nous devons obéir aux conditions annoncées dans sa parole. Jésus a formulé au moins cinq conditions que doit remplir la personne qui entend la bonne nouvelle:

1. Croire en Jésus (Jean 8.24)

2. Se repentir du péché (Luc 13.3,5)

3. Confesser sa foi en Christ (Matthieu 10.32,33)

4. Être baptisé (immergé) (Marc 16.16)

5. Demeurer en Christ (Jean 15.5,6)

Dieu tiendra sa promesse de nous sauver par le sacrifice de Jésus, mais seulement si nous obéissons à ces commandements contenus dans l’Évangile.

Conclusion

Comme nous l’avons dit au début, il est important de savoir ce que Dieu a réellement promis de faire pour nous. Sinon, nous risquons de l’accuser faussement, de nous sentir trahis et de faiblir de notre foi.  Mais au fait, nous devrions non seulement nous contenter de ce qu’il a promis, mais nous réjouir grandement dans ce qu’il promet, car ses promesses sont, en vérité, «précieuses et très grandes».

B.B.

(dans vol. 13 no. 4)

Peut-on prier les «Saints» tant qu’on n’a pas recours aux images?

Même si l’on s’abstenait de se prosterner devant leurs images et de leur prodiguer des louanges que Dieu seul a le droit de recevoir, on n’aurait pas raison d’adresser aux «Saints» nos requêtes. Dieu dit dans l’Ancien Testament: «Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple» (Lévitique 20.6). «Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S’adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ?» (Ésaïe 8.19). Les «Saints» ne sont-ils pas morts ?  (En fait, le mot «saints» dans le Nouveau Testament se réfère tout simplement aux chrétiens. La Bible ne connaît pas de «saints» dans le sens de personnes mortes désignées par l’Église comme ayant mérité par leur justice un rang supérieur et la capacité de dispenser des grâces aux autres hommes.)

Il a été dit que la «vénération» d’un «Saint» est l’acte de dévotion envers un juste que l’on croit plus saint que nous et qui bénéficie de «l’oreille attentive» de Dieu. Nous avons déjà un tel juste, et il s’appelle Jésus. «Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous !» (Rom. 8.34). «Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses…; Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins» (Héb. 4.15,16). Croyez-vous que Jésus, qui nous a tant aimés qu’il accepta de mourir dans l’agonie sur la croix pour nous, serait insensible à nos besoins? L’oreille de Dieu ne serait-elle pas attentive à Jésus lui-même? En vérité, que ce soit avec ou sans images, il n’y a aucun besoin de nous adresser à ceux qu’on appelle les «Saints», car déjà «nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste» (1 Jean 2.1).

B.B.

(Dans Vol. 13 No. 3)

La prière modèle

LA PRIERE MODELE

Un passage bien connu à travers le monde est Matthieu 6:9-13. Ce passage présente ce qu’on appelle “Le Notre Père” ou “La Prière du Seigneur.”
Dans le contexte de ce chapitre Jésus vient de parler au sujet des mauvaises attitudes qu’il faut éviter en priant Dieu. L’hypocrisie, la prétention et la multiplication de vaines paroles n’ont pas leur place dans la prière sincèrement adressée au Seigneur (voir les versets 6-8).
Au lieu de se pavaner et d’être rempli d’orgueil en faisant la prière, l’on doit se prosterner devant Dieu en toute humilité et soumission. Les hypocrites qui prient de manière à se faire remarquer par les hommes “reçoivent leur récompense”: La louange des hommes, mais pas celle de Dieu.
En outre, Jésus dit que ce sont les “païens qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.” Mais dans la prière acceptable il ne s’agit pas de la quantité de paroles employées mais de leur qualité spirituelle.
Alors, pour donner un exemple (c’est-à-dire, un modèle) de la prière qu’accepte Dieu, Jésus dit: “Voici comment vous devez prier:” (verset 9). Evidemment ce n’est pas une prière à réciter mot à mot en toute circonstance. Bien au contraire.
En effet, cette prière modèle nous aide à apprendre à prier du cœur et pas des lèvres seulement; il n’est pas nécessaire de réciter ces paroles précises. Les Ecritures Saintes nous enseignent de prier Dieu personnellement et avec spontanéité (voir Luc 11.1-13).
La prière modèle de Jésus comporte six éléments. Notons-les:
1. Invocation. Qui devons-nous invoquer? Notre Père qui es aux cieux.” Il y a “un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous” (Ephésiens 4.6). C’est Dieu qui est le Souverain de l’univers.
2. Louange. Que ton nom soit sanctifié.” Dans la salutation de Paul aux frères corinthiens, il dit: “Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus- Christ! Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet, pour la grâce qui vous a été accordée en Jésus-Christ.” (I Corinthiens 1.3,4). Dans la prière nous devons exprimer l’hommage le plus profond pour le nom de Dieu.
3. Souhait. “Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.” Au moment où Jésus donnait cette prière modèle à ses disciples, “le royaume” promis par les prophètes (Daniel 2.44) n’était pas encore établi. Jean-Baptiste, en débutant sa mission, a ordonné au peuple: “Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche”(Matthieu 3.2; voir aussi Marc 9.1). Ce royaume s’est manifesté pour la première fois au jour de la Pentecôte avec la descente du Saint- Esprit sur les apôtres (Luc 24.45-49; Actes 1.6,7; 2.1-4). Après le jour de la Pentecôte, le Nouveau Testament parle de l’établissement du royaume comme d’un fait accompli (voir Actes 28.23; I Corinthiens 15.24,25; Colossiens 1.13,14,18). Etant donné que le royaume existe depuis le premier siècle, il est inutile de prier pour la venue du royaume. Ce n’est pas raisonnable de prier pour quelque chose qui nous a déjà été accordée. Voilà une bonne raison, parmi d’autres, pour laquelle les chrétiens ne doivent pas faire cette prière mot à mot.
4. Demande. “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin.” Dieu veut que nous le priions pour les choses dont nous avons besoin dans la vie quotidienne – la nourriture, les vêtements, etc. Nous devons aussi prier pour le pardon (voir I Jean 1.8-10), mais remarquons que nous recevons le pardon de Dieu dans la mesure où nous voulons pardonner les offenses d’autrui (versets 14,15). Et Dieu s’attend aussi à ce que nous le priions pour la délivrance de la tentation (voir I Corinthiens 10.13).
5. Reconnaissance de la gloire de Dieu. “Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous lessiècles, le régne, la puissance et la gloire.” Dans toutes nos prières, nous devons reconnaître la souveraineté, la puissance, et la gloire de Dieu (voir Jude 25).
6. Clôture. “Amen.” Amen veut dire tout simplement “ainsi soit-il.” Sachant que Jésus est le médiateur entre Dieu et les hommes, nous devons prier au nom du Christ (voir I Timothée 2.5; Hébreux 4.15,16; Ephésiens 5.20).
Alors, le Seigneur nous permet d’utiliser cette prière comme modèle, mais nous devons nous rendre compte qu’elle ne comprend pas tout ce que nous devons prier. Nous devons aussi prier pour les malades, les ennemis, les autorités civiles, et d’autres (I Timothée 2.1-3; Matthieu 5.44; etc.). En outre nous devons prier du coeur, parlant à Dieu comme notre Père célèste.
par  Jerry Davidson

(dans Vol. 2, No. 1)