Leçons du livre des conversions


Le livre des Actes est un livre très important dans le Nouveau Testament. Les Évangiles nous présentent le ministère de Jésus parmi les Juifs dans le pays d’Israël. Ils se terminent tous par la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Ils nous montrent le Seigneur ressuscité qui se manifeste à ses apôtres et leur dit d’aller dans le monde entier et de prêcher partout la Bonne Nouvelle de sa mort pour nos péchés et de sa résurrection d’entre les morts.

Dans la dernière partie du Nouveau Testament, nous trouvons les Épîtres, des lettres écrites par les apôtres et d’autres hommes inspirés de Dieu. Dans ces lettres ils donnent des enseignements, des conseils, des exhortations et parfois des ordres à des Églises et des chrétiens individuels. Ces lettres nous montrent une situation très différente de celle qui existait à la fin des Évangiles. La Bonne Nouvelle s’est maintenant répandue, et il y a des assemblées de chrétiens un peu partout.

C’est le livre des Actes qui nous montre la progression de l’Évangile, depuis l’établissement de l’Église à Jérusalem jusqu’à l’arrivée de l’apôtre Paul dans la ville de Rome. Il sert donc de pont entre les Évangiles et les Épîtres. Mais il est très important aussi, parce qu’il nous montre clairement comment on devient chrétien.

Dans les Évangiles on regarde en avant, vers le salut qui serait rendu possible par la mort de Jésus. Dans les Épîtres, par contre, les auteurs s’adressent à ceux qui ont déjà été sauvés. Mais c’est dans le livre des Actes que nous voyons de nombreux exemples de conversion. C’est dans ce livre que nous voyons exactement ce que les apôtres disaient de la part du Seigneur quand ils prêchaient aux hommes perdus. Quelles étaient les conditions à remplir pour recevoir le pardon en Jésus-Christ ? C’est dans les Actes que la Bible nous révèle ce que ces gens perdus faisaient pour obéir à l’Évangile. Il nous fournit un modèle à suivre. Nous voulons obtenir le même salut qu’ils ont eu. Nous voulons entrer dans le même royaume spirituel, la même Église. Nous voulons avoir droit aux mêmes bénédictions. Alors, nous avons intérêt à étudier soigneusement le livre des Actes, « le livre des conversions ». Considérons ici deux récits importants et les leçons qu’ils nous enseignent.

L’eunuque éthiopien

Au chapitre 8 nous avons l’histoire d’un ministre de la reine d’Éthiopie. Cet homme était un adorateur dévoué de l’Éternel, ayant entrepris un voyage de presque 5 000 kilomètres (aller-retour), rien que pour adorer Dieu dans son temple à Jérusalem.

« Un ange du Seigneur, s’adressant à Philippe, lui dit : Lève-toi, et va du côté du midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, celui qui est désert. Il se leva et partit. Et voici, un Éthiopien, un eunuque, ministre de Candace, reine d’Éthiopie, et surintendant de tous ses trésors, venu à Jérusalem pour adorer, s’en retournait, assis sur son char, et lisait le prophète Ésaïe. L’Esprit dit à Philippe : Avance, et approche-toi de ce char. Philippe accourut et entendit l’Éthiopien qui lisait le prophète Ésaïe. Il lui dit : Comprends-tu ce que tu lis ? Il répondit : Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? Et il invita Philippe à monter et à s’asseoir avec lui. Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci :

Il a été mené comme une brebis à la boucherie ; et comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’a point ouvert la bouche. Dans son humiliation, son jugement a été levé. Et sa postérité, qui la dépeindra ? Car sa vie a été retranchée de la terre.

L’eunuque dit à Philippe : Je te prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi ? Est-ce de lui-même, ou de quelque autre ? Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.

Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L’eunuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route. » (Actes 8.26-39)

Dieu se sert des hommes pour sauver des hommes

Une vérité qui est illustrée dans cette histoire est le fait que Dieu se sert des hommes pour sauver des hommes. Il est vrai qu’il y a eu l’intervention d’un ange pour préparer cette conversion, mais l’ange n’a pas prêché à l’eunuque. Il a plutôt dit à un évangéliste du nom de Philippe d’aller à sa rencontre. Philippe savait qu’il devait s’approcher du char de l’eunuque afin de lui annoncer l’Évangile. En effet, Romains 1.16 nous dit que « l’Évangile est la puissance de Dieu pour le salut » ; sans l’avoir entendu et accepté, aucun pécheur ne peut être sauvé. C’est aux hommes et non pas aux anges que Dieu a confié la responsabilité de prêcher cette bonne nouvelle.

Il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus

L’eunuque était en train de lire un passage de l’Ancien Testament qui parlait de Jésus. Mais ne connaissant pas l’histoire de Jésus, il ne comprenait pas le passage. En fait, ce texte était particulièrement difficile pour les Juifs de comprendre, parce qu’ils avaient du mal à accepter l’idée que le Seigneur et Sauveur serait aussi quelqu’un qui devait souffrir injustement. Or, le passage parle des souffrances par lesquelles le Christ sauverait les hommes de leurs péchés. Très naturellement, Philippe a donc commencé par ce passage pour lui annoncer « la bonne nouvelle de Jésus ».

En prêchant Christ, Philippe a sans aucun doute parlé de ce que Jésus a fait et ce qu’il a promis, mais aussi de ce qu’il a ordonné, y compris le baptême. S’il n’en était pas ainsi, comment l’eunuque aurait-il su qu’il avait besoin d’être baptisé ? La Bonne Nouvelle de la mort et la résurrection de Jésus n’est pas une bonne nouvelle pour moi si je ne sais pas comment être sauvé par ce que Jésus a fait pour moi. Annoncer la Bonne Nouvelle comporte le fait d’annoncer les conditions que l’homme doit remplir pour recevoir le salut. Certaines personnes considèrent qu’elles ont prêché l’Évangile quand elles n’ont pas encore expliqué bibliquement comment recevoir le salut que Jésus apporta. Si nous disons aux hommes que Jésus est mort pour les sauver, sans leur dire que c’est dans le baptême que l’on entre en Christ pour recevoir le pardon des péchés, nous n’avons pas encore fait notre devoir envers eux.

Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ?

Comme nous venons de le souligner, l’eunuque a su par l’enseignement de Philippe qu’il avait besoin du baptême. Voilà pourquoi il dit au verset 36 : « Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » Beaucoup de personnes n’osent pas demander le baptême. Elles pensent que ce sont leurs enseignants religieux qui doivent décider et leur dire si elles sont prêtes à être baptisées. Mais la personne perdue dans le péché est la plus concernée, et elle a certainement le droit de prendre l’initiative et demander le baptême.

La réponse de Philippe est très significative. Il dit : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L’eunuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » (Actes 8.37). La personne qui ne croit pas sincèrement en Christ ou qui ne comprend pas l’Évangile ne devrait pas être baptisée. Voilà une raison pour laquelle les bébés ne sont jamais mentionnés dans la Bible comme étant des candidats au baptême. Ils sont incapables de croire. Par contre, quand une personne croit réellement (et accepte, bien sûr, les implications de cette foi, telles que la nécessité de se repentir et de se soumettre au Christ), il n’y a aucun besoin d’attendre avant d’être baptisée. Philippe n’a pas proposé que l’eunuque suive premièrement des cours de baptême ou un catéchisme de plusieurs mois. Il n’a pas dit : « Il faut qu’on étudie ton comportement pour un temps afin de déterminer si tu es sincère avant de t’admettre au baptême. » Il a dit : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. »

En réponse, l’eunuque a fait ce qu’on appelle la belle confession. Il dit : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » (v. 37). Le jeune homme Timothée a fait cette même déclaration. En 1 Timothée 6.12 Paul l’exhorte : « Saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. » Dire que nous croyons en Jésus est nécessaire. Jésus lui-même dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu » (Luc 12.8,9).

Ils descendirent tous deux dans l’eau

Pour terminer l’histoire de l’eunuque, Actes 8.38,39 dit : « Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route ». Cet exemple nous montre très clairement que le baptême biblique est une immersion dans l’eau. Depuis plusieurs siècles certaines Églises font avec de l’eau des cérémonies qu’elles appellent aussi « le baptême ». Généralement on met un peu d’eau sur la tête de la personne qui reçoit ce « baptême par aspersion ». Mais évidemment il serait déraisonnable de descendre dans l’eau avec une personne si l’on va simplement l’asperger. Qui peut douter que Philippe ait immergé l’Éthiopien ? D’ailleurs, Romains 6.3,4 enseigne clairement que le baptême symbolise la mort, l’enterrement et la résurrection avec Jésus. L’aspersion ne ressemble en rien à un enterrement et une résurrection.

Saul de Tarse

De toutes les conversions racontées dans le livre des Actes, aucune n’est plus remarquable que celle de Saul de Tarse. Cette conversion, en effet, est racontée trois fois dans le livre : aux chapitres 9, 22 et 26. Elle est remarquable par le grand changement de direction dans la vie de cet homme, qui était, avant sa conversion, un ennemi acharné du christianisme. Elle est remarquable par l’intervention du Seigneur en conduisant Saul vers la conversion et par l’effet produit par ce converti sur la suite de l’histoire chrétienne. Cette conversion n’est PAS remarquable par les conditions remplies pour le salut. Comme nous le verrons, Saul de Tarse, que l’on connaît mieux sous le nom de l’apôtre Paul, s’est converti par les mêmes étapes que tous les autres convertis dans le livre des Actes.

Voici le récit en Actes 9.1-9 :

« Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amène liés à Jérusalem.

Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux soient ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. »

Pour la suite du récit, nous pouvons lire les propos de Paul lui-même en Actes 22.12-16 :

« Or, un nommé Ananias, homme pieux selon la loi, et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage, vint se présenter à moi et me dit : Saul, mon frère, recouvre la vue. Au même instant je recouvrai la vue et je le regardai. Il dit : Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste et à entendre les paroles de sa bouche ; car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. »

Un persécuteur sincère

Cet homme, Saul de Tarse, était, selon ses propres mots, « un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent » (1 Timothée 1.13). En parlant de ses actions contre les chrétiens, il dit en Actes 26.10,11 :

« Quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres. Je les ai souvent châtiés dans les synagogues, et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères. »

Malgré les crimes qu’il avait commis contre le peuple de Dieu, il dit en Actes 23.1 : « C’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu. » Comment pouvait-il maltraiter les chrétiens et garder en même temps une bonne conscience ? C’est qu’il croyaient sincèrement que les chrétiens étaient coupables de blasphème en disant que Jésus est le Fils de Dieu. Il voulait à tout prix les empêcher de persuader d’autres personnes à déshonorer Dieu de la même manière. La passion meurtrière de Saul démontre la vérité de la prophétie de Jésus en Jean 16.2, où il dit à ses disciples : « Même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. »

Saul avait sur les mains du sang innocent, mais il croyait bien faire. Il obéissait à sa conscience. Son cas nous montre donc très clairement qu’il ne faut pas se fier à sa conscience seule. Il est vrai que l’on ne doit pas violer sa conscience, ou faire ce que l’on croit être injuste. Mais ce n’est pas parce que notre conscience ne nous accuse pas que nous sommes dans le bon chemin. Pour être un guide fiable, la conscience doit être formée par une connaissance de la vérité. Le sentiment que j’ai raison ne prouve pas que j’ai raison. L’essentiel n’est pas de savoir si ma conscience m’accuse, mais de savoir si la Parole de Dieu m’accuse. Sur la route de Damas, Saul découvrit qu’il avait tort.

La sincérité de Saul ne l’excusait pas. Il était coupable. La sincérité est une qualité essentielle, mais elle ne blanchit pas le pécheur.

Seigneur, que veux-tu que je fasse ?

Ayant compris son erreur, Saul demanda humblement ce qu’il devait faire. Comment pouvait-il faire effacer son péché ? Jésus lui dit d’entrer dans la ville, où on lui dirait ce qu’il devait faire.

Certaines personnes de nos jours prétendent qu’ils ont vu Jésus en vision. Selon elles, le Seigneur leurs aurait pardonné à ce moment-là, les déclarant sauvées, comme il faisait pour certaines personnes quand il était encore sur la terre. Mais avant de quitter la terre, Jésus a confié à ses disciples la mission de prêcher l’Évangile, y compris les conditions du salut. Après son ascension, la Bible ne parle pas d’un seul cas où Jésus pardonna à quelqu’un vis-à-vis. S’il avait voulu faire ainsi, son apparition à Saul de Tarse aurait été une occasion parfaite. Mais Saul ne fut pas sauvé sur la route de Damas. Comme nous l’avons vu, Jésus lui ordonna d’entrer dans la ville, où quelqu’un lui dirait ce qu’il devait faire.

La réaction de Saul montre bien qu’il avait maintenant cru en Jésus. Étant allé dans la ville pour attendre qu’on vienne lui dire ce qu’il devait faire, Saul priait, mais il ne mangeait ni ne buvait. La prière et le jeûne démontraient son repentir. Saul regrettait profondément ses actions contre Dieu, et il n’allait certainement pas les reprendre.

Quand Ananias, l’envoyé du Seigneur, est finalement arrivé auprès de Saul, il l’a informé que Dieu l’avait choisi pour servir de témoin à la résurrection de Jésus. Ensuite, Ananias dit à Saul de se faire baptiser pour qu’il soit sauvé.

Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés

Malgré le fait que Dieu avait choisi Saul pour jouer un rôle spécial, malgré sa nouvelle foi concernant Jésus et malgré sa repentance, Saul était encore dans ses péchés. Il avait encore à remplir une condition du salut établie par le Seigneur et qui concerne tout homme : le baptême. Actes 22.16 est parmi les passages les plus clairs de toute la Bible concernant le but du baptême. « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » On n’est pas baptisé pour montrer que l’on est déjà sauvé de ses péchés. C’est dans les eaux du baptême que l’homme croyant et pénitent est « lavé de ses péchés », purifié par le sang de Jésus. Tant que l’on n’a pas obéi à l’ordre de se faire baptiser, on est toujours souillé et séparé de Dieu. En obéissant de cette manière, l’homme « invoque le nom du Seigneur ». Ce n’est pas en priant simplement : « Seigneur, sauve-moi ! » qu’une personne peut être sauvée de ses péchés. Quand on fait ce que Dieu dit de faire pour être pardonné, on « invoque le Seigneur » par l’obéissance à son ordre.

Pourquoi tardes-tu ?

Vue la nécessité du baptême pour le pardon, Ananias demanda à Saul : « Pourquoi tardes-tu ? » Qu’est-ce que vous attendez ? Les uns attendent parce qu’ils pensent être sauvés sans le baptême – ils ne voient donc aucune urgence. D’autres attendent parce qu’ils n’osent pas s’opposer à un commandement des hommes qui exige que le baptême soit administré seulement par une personne désignée (prêtre ou pasteur) qui, assez souvent, n’est pas disponible. D’autres attendent un jour fixé (souvent la fête de Pâques) pour être baptisés ensemble avec d’autres personnes lors d’une grande cérémonie impressionnante. D’autres encore veulent d’abord vaincre toutes les tentations et être libres du péché avant de se faire baptiser. D’autres attendent que Dieu lui-même leur montre un signe personnel que le moment est venu pour qu’ils soient baptisés. Ces raisons n’ont aucun fondement biblique et ne sont donc pas valables. Quelle que soit la cause du retard, il y a un grand danger dans le fait de remettre au lendemain son obéissance. Du moment où l’on croit sincèrement en Jésus et qu’on est prêt à se détourner du péché malgré tous les sacrifices de la vie en Christ, on devrait obéir et être lavé de ses péchés. Pourquoi vouloir demeurer encore un jour souillé par le péché, séparé de Dieu et sans espérance de la vie éternelle ?

L’eunuque a demandé : « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » Selon Actes 9.18, Saul « se leva et fut baptisé ». Si vous n’avez pas encore fait comme eux, ne voulez-vous pas saisir la vie éternelle aujourd’hui ?

B.B.
Vol. 18, No. 1

La prière

Comment prier

« Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier. » (Luc 11.1)

C’est cette question des disciples de Jésus qui nous vaut ce modèle de prière que l’on appelle par ses premiers mots : le Notre Père. « Voici comment vous devez prier », dit Jésus.

« Notre Père, qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. » (Matthieu 6.9-13)

Voici donc un premier exemple de prière – le plus grand sans doute, puisqu’il nous vient du Maître même. Les disciples voulaient savoir comment ils pouvaient s’adresser à Dieu et ce qu’ils pouvaient attendre de lui en fait d’exaucement.

Dès le premier mot, le plus doux de cette prière, Jésus veut que ses disciples invoquent Dieu comme leur Père, car ils sont ses enfants. Le jour de sa résurrection, ne dira-t-il pas à Marie de Magdala :

« Va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jean 20.17) ?

Il ne manquera pas une occasion de donner à ses disciples le goût de cette merveilleuse filiation.

C’est à Dieu seul que doivent s’adresser les prières

Doit-on insister sur le fait que c’est à Dieu seul que doivent s’adresser les prières des enfants de Dieu. Car lui seul peut exaucer, guérir, secourir, pardonner et sauver. Je suis navré de voir tant de personnes sincères adresser leurs prières ferventes à toutes sortes de personnages que les hommes ont déifiés et invoquer toutes sortes d’intercessions par d’innombrables « Priez pour nous », exceptée celle du Christ « l’unique médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Timothée 2.5; cf. Hébreux 4.14-16; 1 Jean 2.1; Jean 14.6).

Pourquoi ? Aux dires de certains, Dieu est si grand, il paraît si terrible, si inaccessible dans sa majesté qu’on n’ose pas le déranger. Pourtant, ce n’est pas un juge redoutable que Jésus est venu nous révéler. C’est avant tout un Père attentif à nos besoins et qui a préparé un grand salut depuis longtemps. « Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? » demande Jésus. « Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? » (Luc 11.5-12). Et il conclut par ce trait de logique désarmant : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Matthieu 7.7-11).

Il nous fallait ouvrir cette parenthèse. Elle nous servira d’ailleurs pour mieux comprendre comment nous devons prier. Autrement dit, quel doivent être le contenu de nos prières et la façon de prier ? Puisque Dieu est un Père, l’enfant peut se confier librement, avec assurance, spontanément, car il sait qu’il sera accueilli avec bienveillance et amour.

Souhaits, demandes et reconnaissance

Dans sa prière modèle, Jésus formule trois souhaits et fait trois demandes. Les trois souhaits concernent la glorification de Dieu, la venue de son règne et la soumission des hommes à sa volonté. Concernant la venue du royaume, nous pouvons dire que, dans un sens, ce souhait a été réalisé par l’établissement de l’Église, et l’installation du roi « à la droite de Dieu », mais on peut aujourd’hui formuler ce même souhait dans le sens du règne de Dieu dans le cœur de chaque homme (Luc 17.21).

Les trois demandes concernent le pain qui nous est nécessaire aujourd’hui, le pardon de nos offenses et la délivrance dans l’épreuve.

La prière se termine par une reconnaissance de la gloire et de la toute-puissance de Dieu, de qui dépendent la création et les créatures.

Jésus a donc donné à ses disciples cette prière comme modèle. Cela ne signifie pas qu’il faille l’utiliser telle quelle en toutes circonstances. Cela signifie que toutes les prières des enfants de Dieu devront s’inspirer de ce modèle. Il faudra prier selon l’esprit de cette prière, pour éviter certaines attitudes qui répugnent à Dieu, comme celle du pharisien décrite en Luc 18.9-14.

On a parfois l’impression que certaines personnes se servent de la prière modèle de Jésus comme d’une formule magique pour écarter un péril ou soulager une douleur. Rien n’empêche évidemment qu’on utilise occasionnellement ces mêmes mots dans ce même ordre pour prier Dieu. Mais rien n’est plus nuisible à la spontanéité et à la sincérité, que de répéter plusieurs fois d’affilée, et tous les jours, en toutes circonstances, cette prière apprise par cœur.

C’est le cœur qui doit s’exprimer

Dans une prière, c’est le cœur qui doit s’exprimer. Si le cœur est heureux, qu’il rende grâces à Dieu. S’il est abattu, qu’il se confie en Dieu. S’il est éprouvé, qu’il cherche en Dieu son refuge. L’apôtre Paul a écrit : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu » (Philippiens 4.6). L’apôtre Pierre, pour sa part, écrit en 1 Pierre 5.7 : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. »

Selon les circonstances, une prière jaillira du cœur et des lèvres. Là encore, Jésus nous donne un exemple à suivre.

Il suffit de lire le chapitre 17 de l’Évangile selon Jean, qui n’est qu’une longue prière que Jésus adresse à son Père en faveur de ses disciples et de ceux qui entendront leur prédication, car il vient de leur faire ses adieux. Aussi les paroles qu’il adresse à son Père n’ont-elles pas la sobriété du Notre Père. Le contenu de la prière est différent, car les circonstances et l’état d’âme sont différents.

Dans le jardin de Gethsémané, nous le retrouvons en proie à une grande tristesse et à l’angoisse. Les événements qui l’attendent, la mission qu’il est venu remplir, la méchanceté des hommes – tout cela pèse sur lui plus lourdement que la croix qu’il portera demain. Son âme est « triste jusqu’à la mort ». Alors, dans une ferveur douloureuse, se jetant face contre terre, on l’entendra prier ainsi : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Matthieu 26.39).

Et lorsqu’ils le crucifièrent et qu’il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23.34) – n’était-ce pas aussi une prière, une suprême intercession, un cri d’amour ?

Nous retrouvons chez les apôtres cette même spontanéité dans la prière dont le contenu est dicté par l’événement. Par exemple, lorsqu’ils doivent choisir le remplaçant de Judas, entre deux candidats, ils adressent à Dieu une prière pour qu’il les aide dans ce choix, lui « qui connaît les cœurs de tous » (Actes 1.23-25). De même, lorsque les persécutions commencèrent à s’abattre sur la jeune Église, ils prendront Dieu à témoin et le supplieront de les aider puissamment (Actes 4.23-30).

N’oubliez pas d’exprimer la gratitude

Il faut avouer que nous avons trop tendance à considérer la prière comme le baume à appliquer exclusivement en cas de malheur, une sorte de solution de désespoir. Pensons-nous, chers amis, à dire merci – car c’est ce que signifie « rendre grâces » – pour les bénédictions banales, parce que quotidiennes, de la vie ? Pensons-nous à rendre grâces lorsque nous nous mettons à table ? Peut-être n’avons-nous pas assez de lucidité spirituelle pour reconnaître dans un simple repas un don de Dieu. Que dire du toit qui nous abrite ? de nos vêtements ? de nos amis ?

Ne sommes-nous pas souvent – pardonnez-moi l’image, mais je crois, hélas ! qu’elle est assez juste – comme ces porcs qui se gavent de glands avec avidité, le groin obstinément rivé à la terre, et qui ne pensent jamais à lever les yeux vers le chêne qui leur a donné leur nourriture ?

Je crois sincèrement que nous nous sentirons plus à l’aise dans nos prières, moins ennuyés au sujet de ce qu’il faut dire et de comment il faut le dire, lorsque nous aurons appris à dire simplement : « Merci, Seigneur, pour toutes ces choses si quotidiennes, si ordinaires, qu’elles passent inaperçues, mais dont la somme fait que la vie est bonne à vivre. »

Dieu merci ! C’est un premier pas. Or, nous commençons presque toujours par nous demander comment il faut dire : « Donne, Seigneur, donne. »

La prière est le privilège des enfants de Dieu !

Je voudrais préciser que la prière est surtout le privilège des enfants de Dieu. Certes, Dieu est notre Père du fait qu’il est notre créateur. Mais nous oublions en cela que le péché est venu tout gâcher. Or, c’est en Jésus-Christ que Dieu est venu recruter ses véritables enfants. Il faut donc devenir enfants de Dieu. Et cette possibilité, ce pouvoir, nous est donné en Jésus-Christ (Jean 1.11-13).

Dans un langage assez inattendu mais très expressif, l’apôtre Paul explique que pour être en Jésus-Christ, il faut s’unir à lui dans sa mort et dans sa résurrection, et ce, par la foi et le baptême (Romains 6.3,4).

« Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ », écrit-il aux Galates. « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Galates 3.26,27; cf. 2 Corinthiens 5.17,18)

« Vous avez reçu un esprit d’adoption par lequel nous crions Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains 8.15,16)

Chers amis, j’espère de tout cœur que ces paroles s’adressent à vous. Si toutefois vous ne vous êtes pas intégrés à la famille de Dieu en Jésus-Christ, cela ne dépend plus que de vous.

Richard ANDREJEWSKI


La prière et la soumission

Le disciple qui demanda « Seigneur, apprends-nous à prier » ressentait un besoin chez lui et aussi chez les autres. Nous avons tous besoin d’apprendre auprès de Jésus, car nous avons souvent des idées erronées concernant la prière.

Certains pensent à la prière comme une sortie de secours à employer dans les moments de crise. Ces gens ne prient pas régulièrement. Ils ont recours à la prière lorsque le trouble se présente. Ils mènent leur vie sans beaucoup penser à la volonté de Dieu, ou même pas du tout. Puis soudain, quand cela semble nécessaire, ils se souviennent de Dieu et se précipitent vers leur « sortie de secours », appelée « la prière ».

D’autres font de la prière une habitude, mais pour eux, il importe peu de quelle manière ils vivent, tant qu’ils marmonnent une prière à l’heure de se coucher. La prière devient une sorte de porte-bonheur spirituel – tel qu’une amulette. Ils pensent que quelques prières rituelles suffisent pour continuer de jouir de la bonne chance.

Certains croyants traitent la prière comme une visite chez un parent riche ou comme l’utilisation d’un distributeur automatique de billets. Il suffit d’appuyer « les boutons », et Dieu vous donnera exactement ce que vous désirez : le bonheur, la santé, les congés, l’argent, les amis, la prospérité, et plus. Il y a des dirigeants religieux qui vous encouragent à réclamer ce que vous voulez, car Dieu vous donnera carte blanche. Ils prétendent hardiment que si vous n’êtes pas en bonne santé, et si vous ne vous enrichissez pas toujours plus, c’est une preuve certaine que vous ne savez pas prier.

L’attitude de Jésus dans la prière

L’attitude de Jésus était totalement différente. Sa prière dit : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matt. 26.39). En d’autres termes : « Je ne veux pas, Père, que tu me donnes carte blanche. J’accepterai tout ce que tu décideras pour moi. »

Jésus naquit dans une famille pauvre, et il était pauvre tout au long de sa vie terrestre. Il dit un jour qu’il n’avait pas où reposer sa tête (Matt. 8.20). Ses disciples partageaient cet humble niveau de vie. Vers la fin de son ministère, il était pratiquement sans amis et sans un sou en poche, « homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53.3). Jésus avait-il mal compris la prière efficace ? Avait-il besoin d’un prédicateur moderne de la prospérité ?

Et que dire des apôtres ? Jésus leur donna le pouvoir de guérir les malades et de ressusciter les morts. S’ils l’avaient souhaité, ils auraient pu employer un tel pouvoir pour s’enrichir (Luc 8.43; Actes 8.18-20). Mais Pierre n’a pas amassé de fortune. Il dit à l’homme boiteux : « Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Actes 3.6).

Quant à Paul, il s’est décrit comme « les balayures du monde… pauvre… n’ayant rien » (1 Cor. 4.12,13; 2 Cor. 6.10). Paul et ses coéquipiers dans l’œuvre du Seigneur avaient aussi leurs problèmes de santé (Gal. 4.15; Phil. 2.27; 1 Tim. 5.23; 2 Tim. 4.20; 2 Cor. 12.7). Certains aujourd’hui leur diraient : « Vos problèmes signalent un manque de foi. Permettez-nous de vous montrer comment exploiter la puissance de Dieu – comment suivre la formule de Dieu pour le succès financier et social. » Peut-être que Paul parlait de telles personnes quand il se référait à ceux qui sont « privés de la vérité, et croyant que la piété est un moyen de s’enrichir » (1 Tim. 6.5).

Qu’en est-il donc ? La prière est-elle une affaire d’appuyer les boutons qu’il faut pour que Dieu nous livre le fric, ou la santé, ou le succès social ? Ou bien, la prière est-elle un acte de soumission, dans lequel vous vous abandonnez à Dieu et lui dites : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » ?

Jésus était soumis

La grande puissance et un rang élevé mènent souvent à l’orgueil et au sentiment que les lois sont pour les autres. Jésus jouissait d’une position très élevée et d’une puissance inimaginable. Pourtant, il avait en toute chose une attitude obéissante envers Dieu.

« Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » (Jean 4.34)

« Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. » (Jean 6.38)

« Je ne fais rien de moi-même, mais je parle selon ce que le Père m’a enseigné. » (Jean 8.28)

Pensez aux premiers mots du Notre Père. Dieu est le Père ; nous sommes les enfants. Il est au ciel ; nous sommes sur la terre. Son nom doit être « sanctifié » – traité avec le plus grand respect comme étant « saint ». Puisque Dieu est absolument suprême, la priorité dans la prière est son royaume. Il est vrai que Jésus règne depuis son ascension et l’établissement de son Église, ou royaume spirituel, mais nous pouvons demander qu’il règne sur nous personnellement. Nous voulons que sa volonté soit faite dans notre vie aussi pleinement que dans le ciel. Dans ces premiers mots de la prière, Jésus souligne que la véritable prière concerne la volonté du Père plutôt que la nôtre.

« Sauve-moi » ou « Glorifie-toi » ?

En tant que fils obéissant, Jésus a montré l’exemple. Avant sa mort, Jésus luttait avec des pensées concernant ce qu’il allait souffrir sur la croix. Il dit :

« Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ?… Père, délivre-moi de cette heure ?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. » (Jean 12.27,28)

Nous aussi, nous demandons : « Devrais-je rechercher égoïstement ce qui serait avantageux pour moi ? » Si nous suivons dans les traces de Jésus, la réponse sera : « Non ! Je désirerai ce qui permettra à Dieu de se glorifier lui-même à travers ma vie (ou ma mort) ! » En effet, nous devons savoir que des prières mal motivées ne seront pas agréées. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4.3).

Dans le jardin de Gethsémané, Jésus pria : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Marc 14.36). Dans sa deuxième prière, il dit : « S’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » (Matthieu 26.42). Dans chacune de ces prières, nous voyons une attitude de soumission totale à la volonté de Dieu.

Jésus était en harmonie avec la volonté de Dieu. Ayant lui-même suivi ce principe dans ses prières, Jésus nous appelle à l’adopter aussi. Voici comment nos prières seront efficaces : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15.7).

Le Seigneur promet d’exaucer les prières de ceux qui honorent la volonté de Dieu. Ils demandent d’une manière responsable parce qu’ils cherchent à lui plaire. La promesse n’est pas offerte à ceux qui sont constamment égoïstes, irresponsables et désobéissants. Jean nous a montré l’attitude de prière qu’il avait apprise de Jésus :

« Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » (1 Jean 5.14,15)

John REESE, traduit et adapté par B. B.

Qui est mon frère ?

Il y a de nombreuses années, je suis allé pour ma première fois dans l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire pour évangéliser. Un ami m’avait demandé de l’accompagner dans son village natal pour y annoncer la Parole. Nous sommes arrivés dans le village, et après un accueil chaleureux, on m’a montré ma case pour que je me repose un peu. J’étais donc couché quand mon ami a frappé à la porte en me disant que mes frères étaient venus me voir ! Quels frères ? Je ne connaissais personne dans toute la région, et il n’y avait pas d’Église dans le village. J’étais perplexe. Je suis donc sorti pour découvrir mes « frères ». C’étaient des hommes libériens qui vivaient là et qui, ayant entendu qu’un Américain était arrivé, voulaient causer avec moi. Après, j’ai demandé à mon ami pourquoi il avait dit que ces hommes étaient mes frères. Il a répondu : « Ce sont des Libériens, donc ils parlent anglais. Vous êtes Américain, et vous parlez anglais. Ça fait que vous êtes frères, non ? »

Il est sûr que le mot frère peut être employé de plusieurs manières. Paul dit en Actes 17.26 que tous les hommes sont sortis d’un seul sang – nous sommes tous descendus d’Adam et Ève et sommes donc tous, dans un sens très large, frères et sœurs. Dans ce sens tout être humain est mon frère. Ananias a appelé Saul de Tarse « mon frère » parce qu’ils étaient tous deux de la nation juive (Actes 9.17) ; dans ce sens, tous mes compatriotes sont mes frères. Parfois on emploie le mot frère pour parler de ceux qui nous sont parentés de manière biologique, surtout si nous sommes enfants d’un même père ou d’une même mère. Et puis l’on constate que le mot frère est employé plus que tout autre pour parler des chrétiens, de ceux qui font partie de la même famille spirituelle en Christ. C’est dans ce sens que Pierre emploie le mot quand il écrit en 1 Pierre 2.17 pour encourager un attachement particulier entre chrétiens : « Honorez tout le monde ; aimez les frères. »

Pour mieux comprendre à qui il devait de l’amour, un homme demanda à Jésus : « Qui est mon prochain ? » De même, il nous serait utile de poser la question : « Qui est mon frère en Christ ? » Ce n’est pas que nous avons l’intention de maltraiter ou de mépriser ceux qui ne sont pas nos frères spirituels ; Pierre a bien dit d’honorer tout le monde. Mais nous sommes appelés à une communion profonde avec nos frères et sœurs, et cette communion est fondée sur la relation que nous avons avec Dieu. Les apôtres prêchaient l’Évangile pour que les autres soient en communion avec Dieu et donc avec eux.

« Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. » (1 Jean 1.3)

Par contre, quelqu’un qui n’est pas encore chrétien n’est pas encore en communion avec Dieu et donc pas encore en communion avec le peuple de Dieu. En Éphésiens 2.12 Paul décrit des non-chrétiens comme étant « sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde ». Cela peut paraître dur, mais ceux qui ne sont pas nés dans la famille (ou n’ont pas été adoptés par le père) ne sont pas de la famille. Ils sont parfois « amis » de la famille, mais ils n’hériteront pas avec les enfants légitimes. Il est donc important de pouvoir faire la part des choses et savoir qui sont nos frères. Autrement, nous risquons de laisser dans l’ignorance des personnes qui ont besoin de comprendre leur vraie condition devant Dieu et de savoir ce qu’ils ont besoin de faire pour être réellement en communion avec lui.

Choses qui ne suffisent pas

Commençons par considérer des choses qui ne suffisent pas pour faire de quelqu’un un frère en Christ.

Mener une bonne vie morale

Corneille était un homme admirable qui menait une vie exemplaire. La Bible le décrit en ces termes :

« Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centenier dans la cohorte dite italienne. Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. » (Actes 10.1,2)

N’importe quel chrétien aurait eu du respect pour un tel homme. Même Dieu n’était pas indifférent à l’égard de ses œuvres, car il envoya un ange qui lui dit : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu, et il s’en est souvenu » (Actes 10.4). Mais Corneille n’était pas encore enfant de Dieu ; il n’était pas encore sauvé. Il avait besoin d’entendre et d’obéir à l’Évangile, car l’ange lui dit en plus : « Envoie à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre, qui te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (Actes 11.13,14). Reconnaître que quelqu’un n’est pas sauvé ne veut pas dire qu’on se croit meilleur que cette personne. Mais même une personne aussi pieuse et généreuse que Corneille a besoin d’être en Christ pour avoir le pardon de ses péchés.

Avoir du zèle pour Dieu

Ce n’est pas parce qu’un homme est animé d’un zèle sincère pour Dieu qu’il serait mon frère en Christ. Il y a des gens qui font preuve d’un très grand courage en prêchant des vérités concernant Dieu à des auditeurs hostiles. Il y a des gens qui font de très grands sacrifices pour servir, par amour pour Dieu, les pauvres, les malades et les malheureux. Il y a des gens qui acceptent le martyre au lieu de renier leur foi. J’ai beaucoup d’estime pour toutes ces personnes, mais il faut reconnaître qu’elles ne sont pas forcément des enfants de Dieu.

L’apôtre Paul écrivit concernant les Juifs qui n’acceptaient pas la bonne nouvelle :

« Frères, ce que je désire de tout mon cœur et que je demande à Dieu pour les Juifs, c’est qu’ils soient sauvés. Certes, je peux témoigner en leur faveur qu’ils sont pleins de zèle pour Dieu, mais leur zèle n’est pas éclairé par la connaissance. En effet, ils n’ont pas compris comment Dieu rend les hommes justes devant lui et ils ont cherché à établir leur propre façon de l’être. Ainsi, ils ne se sont pas soumis à l’œuvre salutaire de Dieu. » (Romains 10.1-3, FC)

Certes, le manque de zèle ne plaît pas à Dieu (Apoc. 3.14-19), mais il ne suffit pas d’être plein de zèle pour être sauvé.

Employer le nom de Christ

Il est même possible qu’une personne invoque le nom de Christ et reconnaisse Jésus comme Sauveur, sans être un enfant de Dieu (et donc un frère en Christ). C’est Jésus lui-même qui nous a signifié cette possibilité : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7.21). Cela donne à réfléchir, n’est-ce pas ? On peut considérer Jésus comme son Sauveur sans pour autant accomplir la volonté de Dieu et avoir accès au royaume des cieux.

Jésus poursuit cette pensée en ajoutant que certaines personnes auront même fait des miracles au nom de Jésus sans avoir jamais été les siens :

« Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matt. 7.22,23)

Ce texte ne donne pas l’impression que ces personnes étaient des hypocrites qui faisaient semblant de vouloir servir Dieu. Ils avaient l’air surpris de ne pas pouvoir entrer au paradis. Ils étaient des gens religieux, des gens qui se considéraient certainement chrétiens, mais ils avaient manqué quelque part de faire la volonté de Dieu qui nous est exposée dans sa Parole. Ils n’étaient pas sauvés.

Ce qu’il faut pour être frère

Que faut-il faire alors pour être enfant de Dieu et donc frère en Christ ? C’est la Parole de Dieu seule qui donne la réponse à cette question, et la réponse n’est pas compliquée.

1. Croire en Jésus

Le Christ a donné sa vie « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3.16). À ceux qui croient, la Bible dit : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ » (Galates 3.26). Mais à l’égard des autres qui ont quand même entendu la Bonne Nouvelle, « la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent » (Hébreux 4.2). La Bible ne dit nulle part que l’homme est sauvé par « la foi seule », mais la foi en Jésus-Christ comme Fils de Dieu est absolument nécessaire.

2. Se repentir du péché

Si nous désirons le pardon de nos péchés, si nous regrettons d’avoir désobéi à Dieu, nous serons prêts à nous détourner du mal. La décision de se repentir du péché portera du fruit – un changement de comportement. Renoncer à tout péché dans sa vie n’est pas facile ; on doit s’asseoir pour « calculer la dépense » (Luc 14.27-30) avant de s’engager. Mais difficile ou pas, il faut passer par la repentance pour arriver au pardon. « Dieu annonce maintenant à tous les hommes en tous lieux qu’ils aient à se repentir » (Actes 17.30). La repentance est nécessaire. Mais ce n’est pas au moment du repentir que le pécheur est pardonné.

3. Confesser sa foi en Jésus

Une foi qui reste cachée dans le cœur n’est pas ce que le Seigneur demande. Il veut que cette conviction soit annoncée aux autres.

« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut. » (Romains 10.9,10)

Confesser sa foi (dire aux autres que l’on croit en Jésus) est nécessaire pour devenir chrétien (Actes 8.36-38). Jésus lui-même a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 10.32,33). Par contre, il ne faut pas se contenter d’honorer Jésus de sa bouche, car il a dit aussi : « Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc 6.46). La confession de foi est nécessaire, mais elle ne suffit pas.

4. Se faire baptiser

Jésus a commandé aux hommes d’être baptisés aussi pour recevoir le salut : « Allez par tout le monde et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.15,16). Les apôtres n’ont donc pas manqué de préciser dans leur prédication que le baptême est nécessaire pour le pardon des péchés : « Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38).

Le baptême, c’est l’immersion (l’ensevelissement) du croyant dans l’eau (Actes 8.36-39) à l’image de la mort, l’enterrement et la résurrection de Jésus-Christ (Romains 6.2-4). Ce n’est pas par le baptême seul qu’on est sauvé. Pourtant, la personne qui a cru en Jésus-Christ, qui s’est repentie de ses péchés et qui a confessé sa foi reçoit dans le baptême le pardon – « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

La Bible nous dit que « toute bénédiction spirituelle » est « en Christ » (Éphésiens 1.3). C’est par le baptême que le croyant pénitent entre en Christ. « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? » (Romains 6.3). « Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui » (Colossiens 2.12). « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Galates 3.27). Celui qui n’est pas encore baptisé en Christ ne peut pas, quelles que soient ses qualités, être mon frère en Christ.

La foi est, bien sûr, la condition de base pour recevoir le salut, mais le baptême est le moment critique où Dieu « nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Colossiens 1.13). C’est le point où nous sommes ajoutés à l’Église, qui est la famille de Dieu, le corps de Christ : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps » (1 Corinthiens 12.13).

Rappelons-nous que nous n’avons pas droit de prendre des termes bibliques et leur donner un autre sens que celui voulu par l’auteur inspiré. Quand Jésus, Pierre, Paul ou d’autres parlaient dans les Écritures de l’acte du baptême, il ne s’agissait pas de toutes les cérémonies que les hommes ont l’habitude d’appeler « baptême ». Cela n’avait rien à voir avec le fait de mettre quelques gouttes d’eau sur la tête d’une personne, qu’elle soit nouveau-née ou adulte. Le mot grec traduit par « baptême » signifie toujours immersion et jamais aspersion. Voilà pourquoi Jésus, en Matthieu 3.13-17, et l’eunuque éthiopien en Actes 8.35-39, descendirent dans l’eau pour être baptisés et sortirent de l’eau après leur baptême.

Le baptême biblique n’est pas le symbole extérieur d’une grâce intérieure qu’un individu a déjà reçue. Ce n’est pas simplement un commandement de Jésus auquel il faut obéir après avoir été sauvé. Si l’on se croit sauvé avant de se faire baptiser, on ne comprend pas le sens biblique du baptême, car la Bible dit de se faire baptiser « pour le pardon des péchés » (Actes 2.38).

En Actes 19.1-5, l’apôtre Paul rencontra des disciples qui avaient été immergés, mais le sens de leur baptême ne correspondait pas au sens du baptême que Jésus avait ordonné. Ils avaient reçu le baptême de Jean-Baptiste. Paul ne leur dit pas : « Ne vous inquiétez pas. Vous avez la foi, et le baptême que vous avez eu est suffisant, même s’il n’était pas exactement conforme à l’Évangile. » Non. Comme Aquilas et Priscille avaient fait pour Apollos en Actes 18.24-27, Paul leur exposa « plus exactement la voie de Dieu » et les baptisa.

Une guerre entre le cœur et la tête

Certains chrétiens comprennent depuis longtemps l’enseignement biblique sur le rôle du baptême dans le plan du salut, mais aujourd’hui ils ne veulent pas qu’on dise clairement que ceux qui ne sont pas baptisés bibliquement en Christ ne sont pas nos frères en Christ. Parfois ils disent que les autres ne comprennent pas de la même manière que nous, mais que ce n’est pas pour cela qu’on ne doit pas les accepter comme frères. Ils admirent leurs bonnes qualités et ont envie d’être en communion avec toutes ces personnes sincères et pleines de foi qui n’ont jamais été baptisées bibliquement. Ou peut-être qu’ils vivent là où il y a très peu de gens qui partagent vraiment la même foi, et donc ils cherchent la fraternité auprès de ceux qui reconnaissent au moins que Jésus est le Fils de Dieu.

On peut comprendre le désir d’accepter et d’être accepté. On veut être des artisans de paix et ne pas construire de barrières. On veut garder l’humilité. Mais il faut reconnaître que le conflit est, en fin de compte, entre nos émotions et la vérité de la Parole de Dieu, et dans ce conflit, c’est la vérité qui doit prendre le dessus. La Bible est très claire sur les conditions à remplir pour être sauvé. Si nous refusons de reconnaître ce qu’elle dit sur ce sujet si fondamental, nous minons la confiance en la Parole de Dieu comme guide. Nous faisons croire que la Bible ne peut pas être comprise de toute façon, alors qu’en fait le vrai problème vient des hommes, qui s’accrochent à leurs traditions, leurs émotions ou leurs raisonnements humains.

Si au niveau de notre assemblée locale, on s’abstient de poser des questions sur le baptême d’une personne qui vient d’une autre communauté et qui veut devenir membre de notre assemblée, si nous avons peur de l’offenser ou le frustrer et préférons l’accepter quelle que soit la sorte de baptême qu’elle a reçue, nous faisons du tort à cette nouvelle personne et à l’Église. Nous avons le devoir de « proclamer la vérité avec amour » (Éphésiens 4.15).

Quand j’étais adolescent, j’ai connu une jeune femme qui avait été « baptisée » comme bébé, mais qui a commencé à fréquenter l’Église du Christ. Elle a beaucoup aimé l’enseignement et l’ambiance. Elle a été bien reçue par les autres jeunes, et elle se sentait vraiment en famille. Mais après plusieurs mois, un membre de l’Église l’a prise à part pour lui dire : « Anne, tu sais que nous t’aimons tous énormément. Mais il faut que tu comprennes que tu n’es pas membre de la famille. Nous voulons que tu sois notre sœur, mais tu n’as pas encore obéi à l’Évangile. » Anne m’a dit qu’elle est rentrée chez elle cette nuit-là, et elle a pleuré à chaudes larmes. Mais quand elle s’est calmée, elle s’est rendu compte que ce membre lui avait simplement dit la vérité. Elle avait déjà entendu le plan de salut et savait que son baptême n’était pas conforme à l’enseignement de la Bible. Alors, elle n’a plus attendu pour se faire immerger pour le pardon de ses péchés, et une joie durable a pris la place de ses larmes.

Conclusion

Une campagne de sensibilisation il y a quelques années disait : « Les amis ne laissent pas leurs amis conduire en état d’ivresse. » Nous pourrions dire aussi que les vrais amis ne laissent pas leurs amis continuer à croire qu’ils sont frères quand ils ne le sont pas, mais pourraient le devenir.

Jésus parlait un jour avec un pharisien qui n’était pas comme les autres. Il lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu » (Marc 12.34). Il y a toujours des gens comme cela, des gens qui aiment Dieu et qui comprennent des vérités très fondamentales que certains chrétiens n’ont pas encore saisies. Mais être « non loin du royaume » ne suffit pas. Ayons le courage et l’amour nécessaires pour montrer à de telles personnes ce qui leur manque encore.

B.B.
(Vol. 17, No. 5)

Adorer en esprit et en vérité

Il y a des gens qui savent que Dieu existe, mais qui ne cherchent pas à l’adorer. Soit ils ne ressentent pas leur besoin d’être en communion avec lui ou de recevoir son aide pour les problèmes de la vie, soit ils manquent de gratitude pour les bienfaits qu’ils reçoivent de lui chaque jour, soit ils ne se disent pas, en réfléchissant à la grandeur de Dieu : « Il est beau de célébrer notre Dieu, il est doux, il est bienséant de le louer » (Psaume 147.1). Cet article ne s’adresse pas à de telles personnes. Il s’adresse plutôt à ceux qui remplissent déjà les nombreux lieux d’adoration à travers le monde parce qu’ils le trouvent tout à fait normal d’offrir un culte à leur Créateur. Non seulement ils désirent donner à Dieu la louange dont il est digne, mais ils veulent s’associer à d’autres croyants pour le faire.

Ils ont raison d’éprouver ce désir, car Dieu veut que les hommes l’adorent. Par contre, il ne veut pas qu’on l’adore n’importe comment. Caïn et Abel, les premiers adorateurs mentionnés dans la Bible, ont tous les deux offert des sacrifices à Dieu, mais l’adoration de Caïn ne lui a pas été acceptable. « L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande » (Gen. 4.4,5). Par le prophète Malachie Dieu dit aux descendants des Juifs revenus de l’exil en Babylonie : « Lequel de vous fermera les portes [du temple], pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et les offrandes de votre main ne me sont point agréables » (Mal. 1.10). Jésus dit au sujet de certains Juifs en Matthieu 15.9 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » Il y a certainement différentes raisons pour lesquelles Dieu a rejeté l’adoration de toutes ces personnes, mais ces exemples suffisent pour démontrer qu’il n’est pas vrai que tous les cultes sont bons puisqu’on adore tous le même Dieu.

Le fait que Dieu n’accepte pas n’importe quelle adoration est souligné par les paroles célèbres de Jésus en Jean 4.23,24 : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » Ces versets sont bien connus, mais pas forcément bien compris.

Adorer

Qu’est-ce que nous voulons dire par le mot « adorer » ? Celui qui adore s’humilie devant l’objet de son adoration. L’adoration n’est pas un dialogue entre des égaux. Dieu est Dieu, et nous sommes des humains. Dieu est esprit pur, mais nous sommes revêtus de chair et os. Dieu est le Créateur, nous sommes ses créatures. Dieu sait tout, mais nous sommes ignorants de tout sauf de ce que Dieu a révélé dans la nature et dans sa Parole. Dieu est juste, alors que nous sommes pécheurs. Dieu est sans commencement ni fin ; en comparaison avec lui, le plus âgé d’entre nous n’existe que depuis un instant. Nous devons être conscients de la grandeur et la supériorité du Dieu Très-Haut par rapport à nous-mêmes.

On peut, dans un sens, glorifier ou adorer Dieu par toute sa façon de vivre. C’est ainsi que Romains 12.1 exhorte à « offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». Mais la Bible parle aussi de l’adoration comme étant une chose que l’on peut faire dans un lieu précis et à un moment précis. Abraham dit à ses serviteurs en Genèse 22.5 : « Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. » Abraham ne parlait pas de sa vie en général, mais d’une activité qu’il a appelée « adorer », une activité dans laquelle il n’était pas engagé au moment où il parlait. En Actes 8.27,28, l’auteur nous dit que l’eunuque éthiopien était « venu à Jérusalem pour adorer, et s’en retournait ». Voilà le sens habituel du mot. C’est principalement dans ce sens, le sens habituel, que nous employons le mot « adorer » dans cette étude. Retenons, cependant, que même si « adorer » se réfère à des actes précis et extérieurs que nous accomplissons, pour constituer une adoration valable, ces actes doivent être accomplis avec l’attitude qui convient.

Quand on parle d’adoration, il s’agit à la fois donc d’une attitude et d’un ensemble d’actions par lesquelles nous rendons honneur à Dieu, nous lui offrons des louanges et nous exprimons notre émerveillement devant sa grandeur. Nous voulons que notre attitude et nos actes d’adoration plaisent à celui que nous adorons. Hébreux 12.28 nous rappelle : « C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. » Cela semble évident, mais en réalité, on est très souvent tenté de donner la priorité aux préférences humaines. On se demande par quels moyens on peut attirer du monde, impressionner les visiteurs, éviter que les moins spirituels soient ennuyés, etc. On crée parfois des spectacles qui rivalisent ceux des artistes professionnels ou des cours royales. Ou bien on cultive une ambiance de fête. Mais dans tout cela, on oublie facilement que l’auditoire est composé de Dieu seul. Les hommes ne sont pas les vrais spectateurs d’un culte – ils devraient être les adorateurs.

Certes, un culte offert à Dieu peut, et devrait, apporter quelque chose de positif aux adorateurs. Cela fait partie même des instructions que l’apôtre Paul donna à l’Église : « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification » (1 Cor. 14.26). Mais l’objet premier est de glorifier Dieu, et c’est Dieu seul qui décide ce qui le glorifie, ce qui lui plaît.

En esprit

Tout au long de la Bible, l’accent est mis sur l’homme intérieur aussi bien que sur ses actes extérieurs. Sous l’Ancien Testament, Dieu était rigoureux en ce qui concerne l’obéissance à ses ordonnances concernant l’adoration, jusque dans les moindres détails, mais il recherchait aussi une adoration qui venait du cœur. Jésus dit que le plus grand commandement de toute la loi était : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée » (Matt. 22.37).

Ailleurs dans le Nouveau Testament nous retrouvons l’idée de « en esprit et en vérité » exprimée en d’autres termes. Par exemple, en 1 Timothée 1.18,19 Paul exhorte l’évangéliste à combattre « le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience ». « La foi » ici se réfère aux croyances chrétiennes, la vérité ou la foi révélée dans les Écritures. « La bonne conscience » a trait à la sincérité et la bonne moralité. En Romains 1.9 Paul dit : « Je sers [Dieu] en mon esprit dans l’Évangile de son Fils. » Le dévouement à Dieu doit venir de l’homme intérieur, c’est-à-dire dans la sincérité, du fond du cœur, et il doit s’exprimer selon les ordonnances de l’Évangile, c’est-à-dire de la vérité révélée par Dieu.

Ajoutons que l’adoration de Dieu demande un effort mental. Il est très facile de se laisser distraire, de chanter ou prononcer de bonnes paroles tout en pensant à autre chose. Notre esprit peut être ailleurs, même si notre corps se trouve au milieu de l’assemblée en train de faire des gestes de piété. Adorer comme il faut exige que l’on se discipline et que l’on se concentre.

En vérité

Il faut adorer en esprit, mais il faut aussi adorer en vérité, ce qui veut dire qu’on adore Dieu selon des critères objectifs, en conformité à la révélation de sa volonté, en suivant sa Parole qui, d’après Jean 17.17, est la vérité. Les hommes de nos jours insistent beaucoup sur l’importance de la sincérité, mais beaucoup ne croient pas que Dieu tienne vraiment compte des actes qui composent un culte ; ils pensent que c’est seulement l’intention que Dieu considère. Réfléchissons donc à l’importance de ce que l’Église fait ou omet de faire quand elle se réunit pour adorer Dieu.

Ce n’est pas en suivant des commandements d’hommes qu’on peut plaire à Dieu. Comme nous l’avons déjà dit, le but d’un culte est de plaire à celui qu’on adore. Mais on ne peut savoir ce qui plaît à notre Dieu s’il ne nous dit pas lui-même ce qui lui plaît. Comme le dit Ésaïe 55.8 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » (Ainsi, il importe peu si je le trouve normal, par exemple, que les femmes n’aient pas le droit de prêcher dans l’Église ou conduire les hommes dans un culte.1Voir aussi « Il n’y a plus ni homme ni femme » En effet, après avoir dit : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler », l’apôtre Paul ajoute : « Si quelqu’un croit être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » – 1 Cor. 14.34,37.) Il ne faut pas se référer à ses opinions ou ses préférences personnelles pour décider de la manière dont on adorera Dieu. Il faut se référer aux instructions de Dieu, à sa Parole, à la vérité. Dieu, en effet, a toujours fait savoir aux hommes ce qui est capable de lui plaire.

Quand Dieu révélait sa Loi au peuple d’Israël, il leur a fait savoir clairement que c’est lui qui déterminait la sorte de culte qu’on devait lui offrir. Il dit par Moïse en Deutéronome 12.8 : « Vous n’agirez donc pas comme nous le faisons maintenant ici, où chacun fait ce qui lui semble bon. » Il ajoute que son peuple ne devait pas se référer aux pratiques des autres pour savoir comment adorer Dieu :

« Le Seigneur votre Dieu éliminera, à votre approche, les nations établies dans le territoire où vous pénétrerez ; vous pourrez ainsi les déposséder et vous installer dans leur pays. Lorsqu’elles auront été exterminées devant vous, ayez grand soin de ne pas vous laisser prendre au piège de leur exemple. Ne vous intéressez pas à leurs dieux, ne vous préoccupez pas de la façon dont elles les adoraient, avec l’intention d’adopter leurs pratiques. Ne les imitez pas pour adorer le Seigneur votre Dieu ; en effet, dans leurs cultes, ces nations commettent toutes sortes d’actes que le Seigneur déteste et condamne. » (Deutéronome 12.29-31, FC)

Au lieu de se référer à leur propre goût en faisant ce qui leur semblait bon, au lieu de s’inspirer de ce que leurs voisins religieux faisaient dans leurs cultes, les Israélites devaient se contenter de suivre scrupuleusement les instructions que Dieu leur donnait dans sa Parole. « Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n’y ajouterez rien et vous n’en retrancherez rien » (Deutéronome 12.32).

Bien que nous nous instruisions ici de principes que Dieu communiqua aux Israélites, il est très important de reconnaître que les chrétiens ne vivent pas sous la Loi de Moïse, mais sous la nouvelle alliance.2Voir aussi « Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui » L’auteur de l’Épître aux Hébreux dit : « La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre » (Héb. 9.1). Quelques versets plus loin il poursuit en disant que c’étaient « des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation » (Héb. 9.10). L’ancienne Loi fut clouée à la croix (Col. 2.14-17 ; Éph. 2.14-16). Ainsi, Paul dit aux Galates qu’ils n’avaient pas droit de choisir des éléments de l’ancienne Loi comme pratiques religieuses à suivre dans l’Église.

« Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. » (Gal. 5.3,4)

Aujourd’hui, nous qui sommes chrétiens, nous servons Dieu sous une nouvelle alliance. La Loi de Moïse n’est plus en vigueur ; nous vivons sous la loi de Christ (1 Corinthiens 9.21). Mais il ne faut pas supposer que Christ nous a laissés sans direction en ce qui concerne son culte. Nous ne revenons pas en arrière, à une époque où « chacun fait ce qui lui semble bon ». Au contraire, Dieu nous a montré dans le Nouveau Testament un modèle à suivre, et comme il a dit à Moïse, il nous dit, à nous aussi : « Aie soin de faire tout d’après le modèle qui a été montré » (Héb. 8.5). Les premiers chrétiens étaient enseignés par des hommes inspirés de Dieu, les apôtres de Jésus-Christ, qui leur montraient de quelle manière ils devaient servir le Seigneur. Nous voyons à travers l’étude du Nouveau Testament ce que les premiers chrétiens faisaient quand ils se réunissaient en tant qu’Église. Nous voyons de quelle manière on leur disait d’adorer. L’Église du premier siècle nous sert donc de modèle à suivre. Ce sont les paroles de Christ et de ses apôtres que nous devons garder si nous voulons plaire à celui que nous adorons. Que ce soit en matière d’adoration, de vie quotidienne, de doctrine ou de l’organisation de l’Église, nous avons le devoir d’apprendre ce que le Christ et ses apôtres enseignaient, et puis de suivre cet enseignement sans rien ajouter ni retrancher. « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9).

Les éléments du culte

Au total cinq éléments du culte sont présentés dans le Nouveau Testament.3Voir aussi « Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » à EditionsCEB.com

Commençons par la prière. Elle s’adresse à Dieu seul, et se fait au nom de Jésus-Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes (Col. 3.17; Éph. 5.20; 1 Tim. 2.5). Elle n’est pas constituée d’une « vaine répétition » de mots et de phrases que l’on ne comprend pas ou auxquels on ne pense pas ; elle doit venir du cœur (Matt. 6.7,8). Notre Dieu est grand et majestueux, et nous devons donc le prier avec un ton de respect profond. La Bible dit aussi que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix », et son culte doit se faire « avec bienséance et avec ordre » (1 Corinthiens 14.33,40). Quand nous prions en groupe, tous ne doivent pas parler à haute voix en même temps. Un frère prend la parole pour parler à Dieu au nom de toute l’assemblée. Les autres suivent la prière dans leur cœur et expriment leur assentiment en disant « Amen » (1 Cor. 14.16,17).

Un deuxième élément du culte selon le Nouveau Testament est la Sainte Cène, ou la Communion.4Voir aussi « Le repas du Seigneur » Il s’agit d’un repas sacré et symbolique qui se fait en mémoire de Christ. Chaque dimanche, et seulement les dimanches (Ac. 2.42; 20.7; 1 Cor. 16.1,2), tous les baptisés fidèles prennent ensemble du pain, qui représente le corps du Seigneur Jésus, et du vin, ou jus de raisin, qui représente son sang qui a été versé sur la croix pour nos péchés (1 Cor. 11.23-25). Le pain que l’on prend ne contient pas de levure ; le levain, étant symbole de l’impureté, était défendu aux Juifs pendant la fête de Pâque qui se déroulait au moment où Jésus a institué la Sainte Cène (Luc 22.14-20 ; Deut. 16.1-8). Notons que Jésus et les apôtres n’ont jamais ordonné de s’abstenir de ce repas à cause de l’absence d’un pasteur ou d’un prêtre. N’importe quel groupe de chrétiens, que tel ou tel membre soit présent ou pas, devrait l’observer fidèlement chaque dimanche, comme Jésus l’a demandé quand il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (1 Corinthiens 11.24).

Les premiers chrétiens consacraient aussi une partie du temps de leur culte à l’écoute de la Parole de Dieu. Que ce soit de simples lectures bibliques ou des sermons, l’Église se nourrissait de l’enseignement de Jésus et de ses apôtres, ainsi que des Écritures de l’Ancien Testament (Ac. 2.42 ; 20.7 ; 1 Tim. 4.13). Il n’y a pas un seul style approuvé pour la prédication et l’enseignement, mais il faut que ceux qui prêchent présentent fidèlement ce que la Bible dit. Les auditeurs doivent suivre l’exemple des Béréens, dont la Bible dit :

« Ils recevaient la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact. » (Actes 17.11)

Une quatrième manière par laquelle Dieu nous demande de lui rendre honneur est par les cantiques que nous chantons. « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce » (Colossiens 3.16). Nous ne sommes pas des spectateurs mais des participants. Peu importe si je n’ai pas la plus belle voix, Dieu met l’accent sur les paroles que je chante et l’amour qui est dans mon cœur. Il n’a pas demandé des instruments de musique dans son culte. La musique de l’Église est purement vocale.5Voir aussi « La musique dans le culte »

Le cinquième élément du culte est la collecte, la mise en commun des dons volontaires apportés par les adorateurs.6Voir aussi « Le financement de l’œuvre de l’Église »

« Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. » (1 Corinthiens 16.1,2)

Ces dons se font de façon discrète, et ils se font librement, car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Cor. 9.7).

La Bible n’impose pas un ordre précis pour l’accomplissement de ces actes d’adoration, mais ce sont les seuls actes que la Bible a autorisés pour le culte chrétien.

Conclusion

Les premiers chrétiens pratiquaient donc un culte empreint de simplicité, la sorte de culte que l’on peut rendre à Dieu n’importe où, que l’on soit riche ou pauvre, que l’on soit à deux ou à trois ou dans une assemblée de plusieurs milliers de personnes. Que ceux qui fréquentent les lieux de prière aujourd’hui et qui offrent leur adoration à Dieu considèrent ce qu’ils font. Qu’ils s’assurent que leur culte vient du cœur et qu’il est bien conforme à ce qui est enseigné et autorisé par Dieu dans le Nouveau Testament.

B.B.


De plus amples renseignements sont disponibles dans les articles suivantes :

1« Il n’y a plus ni homme ni femme »

2« Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui »

3« Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » (à EditionsCEB.com)

4« Le repas du Seigneur »

5« La musique dans le culte »

6« Le financement de l’œuvre de l’Église »

Gardez-vous de l’hypocrisie

À quoi pensez-vous quand vous entendez le mot « hypocrisie » ?

  • À l’escroc immoral et criminel qui se sert sciemment d’une apparence de piété pour gagner la confiance des autres et les exploiter, comme le Tartuffe de Molière ? Au prêtre qui commet des abus sexuels contre de jeunes garçons ou le pasteur qui séduit des femmes dans son assemblée ?
  • À l’homme politique qui prétend aimer et servir le peuple, alors qu’il vide les caisses de l’État pour se remplir les poches et enrichir ses amis ?
  • Au mari adultère qui se permet de tromper sa femme mais, entre dans une colère noire s’il apprend qu’elle a parlé à un autre homme ?
  • Aux membres d’une famille qui voient les souffrances d’un parent malade sans faire aucun geste pour le faire soigner ou soulager ses douleurs, sous prétexte qu’« il n’y a pas d’argent », mais qui sortent de grosses sommes lors des funérailles pour faire croire au monde qu’ils aimaient le défunt ?
  • Au chrétien qui condamne les péchés dans la société alors qu’il fait les mêmes choses ?

Nous savons que Jésus a souvent condamné l’hypocrisie, surtout des chefs religieux de son temps. Combien de fois Jésus a-t-il proclamé : « Malheur à vous, scribes et pharisiens, hypocrites ! » ? Tandis qu’il était appelé l’ami des pécheurs, des péagers et des prostituées, à qui il offrait le pardon quand ils se repentaient (Matt. 21.31,32 ; Luc 19.1-10), Jésus était particulièrement sévère à l’égard des hypocrites. Il dit clairement qu’au dernier jour ils seront condamnés. En parlant d’un serviteur méchant, Jésus dit : « Le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matt. 24.50,51). Nous ne voulons donc ni tolérer l’hypocrisie en nous-mêmes ni l’approuver chez les autres. Nous avons intérêt à écouter Jésus lui-même pour nous dire exactement ce que c’est que l’hypocrisie.

Les traits de l’hypocrite, selon Jésus

Quand l’hypocrite fait le bien, c’est généralement pour recevoir l’approbation des hommes. Jésus nous dit :

« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes… Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes… Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. » (Matt. 6.1,2,5,16)

L’hypocrite aime les titres d’honneur et le respect des hommes. « Ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi » (Matt. 23.6,7). Si vous suivez Jésus parce que les hommes vous honorent, si vous servez comme enseignant ou dirigeant religieux parce qu’on vous met sur un piédestal, c’est de l’hypocrisie.

L’hypocrite se préoccupe plus des traditions humaines que des commandements de Dieu.

« Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » (Matt. 15.6-9)

Voilà pourquoi il est très important de ne pas confondre les commandements d’hommes et les commandements de Dieu. Il faut toujours se poser la question : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné l’autorité de les faire ? » (Marc 11.28). Si nous pratiquons notre religion pour plaire à Dieu, nous ferons bien ce qu’enseigne sa Parole.

L’hypocrite observe les aspects extérieurs de la justice comme il se doit, mais il néglige le cœur, l’homme intérieur, que les hommes ne voient pas.

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Matt. 23.27,28)

Jésus a souvent insisté sur l’importance de veiller sur son cœur. Il dit, par exemple :

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » (Matt. 5.27,28)

Proverbes 4.23 nous conseille : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »

Jésus ajoute :

« Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.21-23)

Pour éviter l’hypocrisie, rien n’est plus important que de veiller sur son cœur.

Les paroles et les actions de l’hypocrite ne s’accordent pas. Jésus donna ce conseil à l’égard des scribes et des pharisiens : « Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas » (Matt. 23.3). Nous devrions tous reconnaître avoir été coupables de cette faute, mais un péché n’est pas moins coupable parce qu’on est nombreux à le commettre.

L’apôtre Paul met en garde concernant « l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque du fer rouge dans leur propre conscience » (1 Tim. 4.2), et Pierre parle de faux docteurs qui, par amour de l’argent, « vous exploiteront au moyen de paroles trompeuses » (2 Pi. 2.3). Remarquez, pourtant, que l’hypocrisie ne se rapporte pas exclusivement à la personne qui prétend être pieuse alors qu’elle ne s’intéresse pas du tout à Dieu et à sa volonté. Il s’agit parfois d’actions qui ne s’accordent pas avec les principes auxquels on adhère. L’apôtre Paul accusa Pierre et Barnabas d’hypocrisie en Galates 2.11-16, non parce qu’ils faisaient semblant d’être ce qu’ils n’étaient pas. Paul s’opposait plutôt à leur refus de manger avec les chrétiens non-juifs, parce qu’ils étaient infidèles à leur propre croyance que les chrétiens d’origine païenne étaient acceptés par Dieu au même titre que ceux d’origine juive.

L’hypocrite voit très bien les défauts des autres, mais il minimise ses propres péchés. Jésus demande :

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Matt. 7.3-5)

Il est ironique que ceux qui accusent les autres de l’hypocrisie ne voient souvent pas qu’ils sont coupables de la même faute.

Il semble que l’hypocrisie, en effet, comme l’orgueil, est un péché dont le coupable peut être inconscient. Il ne s’agit souvent pas de jouer consciemment un rôle théâtral, de faire semblant d’être ce qu’on n’est pas. Craig M. Watts (www.preaching.com) a fait l’observation que, dans bien des cas, les hommes ne sont pas ce qu’ils prétendent être, non parce qu’ils essaient de tromper autrui, mais parce qu’ils se trompent eux-mêmes. Ils prétendent être une certaine sorte de personne parce que c’est ainsi qu’ils s’imaginent. Ce n’est pas chez eux une question de sincérité, mais de la perception de soi-même. Un superviseur dira, par exemple : « Je suis la sorte de personne qui attend beaucoup de la part des autres, parce que je suis très exigent envers moi-même », alors que les autres employés savent tous qu’il est paresseux et s’absente du travail plus que tous ceux qu’il supervise. Parfois cette sorte d’aveuglement est simplement amusant, mais il peut être dangereux et tragique. Quand nous nous accrochons à de fausses perceptions de nous-mêmes, nous nous privons de la possibilité de nous repentir et recevoir le pardon, de nous corriger et de grandir spirituellement.

La Bible nous dit donc à maintes reprises : Ne vous trompez pas. L’apôtre Jean nous avertit : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, H, et la vérité n’est point en nous » (1 Jean 1.8). Voilà pourquoi tout chrétien a besoin de s’examiner régulièrement et humblement. Peut-être que nous nous séduisons. Il est possible que nous soyons aveugles à notre propre hypocrisie.

Enfin, bien que l’hypocrisie soit un problème universel, comme les exemples dans l’introduction de cet article l’ont suggéré, c’est un danger particulier pour les gens religieux, et surtout les chefs religieux. Ils se soucient peut-être plus les autres de ce que l’on pense d’eux. Ce n’est pas que les gens s’engagent généralement dans une vie religieuse avec l’intention de tromper les autres. Au départ ils se soucient beaucoup de ne pas salir le nom de Christ ou de son Église, mais leur pensée se corrompt en quelque sorte, et à la fin c’est leur propre honneur qui leur importe. Ils finissent par fixer leur attention sur ce que les hommes voient, et ils essaient de cacher leurs péchés. Jésus dit donc à ses disciples : « Avant tout, gardez-vous de… l’hypocrisie » (Luc 12.1).

Des remèdes à l’hypocrisie

Il est important de demander à Dieu de nous aider avec le problème de l’hypocrisie. David a prié : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité » (Psaume 139.23,24). Dieu peut nous aider à voir s’il y a un conflit entre nos croyances et ce que nous faisons ou ce que nous sommes. Mais sachons que la discipline de Dieu risque d’être douloureuse. La Bible dit :

« Nos pères nous corrigeaient pour peu de temps, comme ils le jugeaient bon. Mais Dieu nous corrige pour notre bien, afin que nous ayons part à sa sainteté. Quand nous sommes corrigés, il nous semble au moment même que c’est là une cause de tristesse et non de joie. Mais plus tard, ceux qui ont reçu une telle formation bénéficient de l’effet qu’elle produit : la paix associée à une vie juste. » (Hébreux 12.10,11, FC)

On se demande parfois pourquoi Dieu permet que son peuple soit persécuté. Le célèbre prédicateur anglais, Charles Spurgeon, dit que l’on peut cesser de prêcher contre l’hypocrisie quand la persécution bat son plein et que les chrétiens risquent la torture et la mort. En effet, peu d’hommes seront hypocrites dans ces conditions, car ceux qui font semblant n’acceptent pas de supporter la souffrance, la douleur et la mort. Nous ne souhaitons pas l’épreuve, mais quand elle vient dans notre vie, elle peut, nous dit l’apôtre Pierre, purifier notre foi. Dieu peut considérer qu’il faut que « vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable – qui cependant est éprouvé par le feu – ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1.6,7).

Mais les paroles de Jésus en Matthieu 6 suggèrent un autre remède, qui est valable même en l’absence de persécution. Quand il dit de ne pas pratiquer notre justice devant les hommes pour en être vus, il ajoute chaque fois : « Ton Père céleste, qui voit dans le secret, te le rendra quand tu fais l’aumône en secret… Ton Père céleste te le rendra quand tu fais tes prières en secret… Ton Père céleste te le rendra quand tu ne fais pas savoir aux autres que tu jeûnes » (Matt. 6.4,6,18).

Comment faire pour nous débarrasser de l’hypocrisie ? Rappelons-nous toujours que Dieu voit tous nos actes, entend toutes nos paroles et connaît même toutes nos pensées. Je ne peux pas user de tromperie quand je suis conscient du fait que Dieu me regarde.

Pour finir, il semble logique que confesser nos péchés – et le faire de manière assez spécifique – nous aidera à ne pas tomber dans l’hypocrisie. Soyons honnêtes avec Dieu (1 Jean 1.9), et efforçons-nous d’être transparents, surtout avec nos frères et sœurs en Christ (Jacques 5.16).

B.B.


Voir aussi L’hypocrisie dans l’Église trouble-t-elle votre foi ?

L’hypocrisie dans l’Église trouble-t-elle votre foi ?

Avant de suggérer des raisons pour lesquelles il ne faut pas abandonner sa foi ou s’éloigner de l’Église à cause de l’hypocrisie des autres, remarquons que c’est parfois à tort qu’on accuse des gens d’être hypocrites.

La faiblesse n’est pas l’hypocrisie. Il est vrai que les chrétiens n’arrivent pas à suivre parfaitement l’enseignement de leur Maître. Cela ne fait pas d’eux des hypocrites. L’Église est composée d’hommes et de femmes qui sont forcément faillibles et pécheurs. Comme tout être humain ils ont des défauts. La vie chrétienne est un processus, une affaire de croissance spirituelle. On lutte pour la perfection, mais on ne l’atteint que dans l’éternité.

Chanter des cantiques qui expriment un amour profond pour Dieu, la volonté de souffrir pour le nom de Christ, le désir de prier sans cesse et le plaisir de servir les malheureux ou de porter l’Évangile aux gens perdus n’est pas de l’hypocrisie simplement parce qu’on n’éprouve pas tellement ces sentiments. Les chants ne décrivent pas toujours ; parfois ils prescrivent. Ils nous rappellent ce que nous devrions être ; ils présentent un état vers lequel nous devrions tendre.

Faire le bien, parler avec bonté, adorer ou servir quand nous n’en avons pas envie n’est pas de l’hypocrisie. Nous avons une tendance naturelle à être égoïstes et orgueilleux et à dire des choses qui blessent. Les actions qui reflètent l’amour de Dieu ne viennent pas facilement. Mais quand nous nous efforçons de faire ce que nous devrions faire, quand nous agissons comme si nous étions meilleurs que ce que nous sommes, notre caractère intérieur s’améliore avec le temps, et ce qui nous semblait artificiel devient, avec la pratique, une seconde nature. Ce n’est pas que nous essayons de tromper les autres ; nous essayons plutôt de nous former moralement et d’être les imitateurs du Père céleste (Matt. 5.43-48).

Y a-t-il de l’hypocrisie dans les Églises ? Oui, bien sûr. Il y a des gens qui font semblant d’être justes et ne font pas de vrais efforts pour faire la volonté de Dieu. Cela ne devrait pas vous surprendre. Si une « mauvaise personne » veut que les autres la prennent pour quelqu’un de bien, il est très probable qu’elle participe aux services religieux. Même parmi les apôtres il y avait un hypocrite – il s’appelait Judas Iscariot (Jean 12.3-6). D’ailleurs, il existe des contrefaçons de presque tout ce qui a de la valeur. La foi en Christ est donc apparemment quelque chose de bien, puisque tant de personnes veulent faire croire aux autres qu’elles la possèdent.

La présence de vrais hypocrites au milieu des chrétiens est malheureuse, mais elle ne devrait pas troubler démesurément, comme si cette réalité enlevait à la foi chrétienne toute sa valeur ou démontrait qu’elle était fausse. (Au contraire, une accusation d’hypocrisie suppose forcément une règle de bien et de mal que quelqu’un aurait violée. La réalité de cette règle morale soutient l’existence d’un Dieu moral qui a créé des êtres moraux et a établi la loi morale.) Une étude a révélé qu’environ 38 % des médecins aux États-Unis sont en surpoids, malgré les conseils qu’ils donnent aux patients de combattre l’obésité, qui nuit à la santé. En Italie, en France et au Japon, un médecin sur quatre fume des cigarettes. Le fait que ces médecins « hypocrites » n’arrivent pas à suivre leurs propres conseils n’enlève rien à la valeur d’éviter l’obésité et le tabac.

Il y a des « hypocrites » en d’autres domaines de la vie, n’est-ce pas, sans que leur présence empêche ceux qui sont sincères de poursuivre ce qui les intéresse profondément. Par exemple, il y a souvent des spectateurs à des événements sportifs ou artistiques qui ne regardent guère le match et n’écoutent guère la musique. Ils sont là pour rencontrer des amis ou se faire des relations. Les vrais supporters ne se découragent pas pour cela de soutenir leur équipe préférée, et les vrais mélomanes ne cessent pas de se rendre aux spectacles qu’ils aiment. Pourquoi, alors, le croyant sincère se priverait-il d’adorer son Dieu ou d’écouter la Sainte Parole en disant que d’autres viennent à l’Église pour des raisons indignes ? Si vous vous éloignez de l’Église sous prétexte que vous n’aimez pas la compagnie des hypocrites, n’oubliez pas qu’ils seront en enfer (Matt. 23.33). Mais vous aussi, vous serez coupable d’avoir rejeté le plan de Dieu. (Voir Vol. 13, No. 6, « CHRIST, OUI ! L’Église, Non ? ».) Si vous servez Dieu dans la sincérité et la fidélité à sa Parole, vous n’aurez à supporter des hypocrites que pendant cette vie.

B.B.


Voir aussi Gardez-vous de l’hypocrisie

Le rôle de l’Esprit Saint

À la fin du livre de Job, Dieu reprend Job d’avoir « obscurci ses desseins par des discours sans intelligence » (Job 38.1,2) et ses amis de ne pas avoir parlé de Dieu avec droiture (Job 42.7). C’est donc avec humilité que nous essayons de parler aujourd’hui de l’action de l’Esprit de Dieu, sachant bien qu’il fait certainement beaucoup que nous ignorons et ne pourrions pas comprendre si l’on nous le déclarait. Mais il y a des vérités que Dieu lui-même révèle à son propre sujet dans les saintes Écritures, et nous devons permettre à ces vérités d’orienter nos pensées. C’est ainsi que nous voulons interroger les Écritures sur le sujet du Saint-Esprit et son rôle dans deux domaines : la conversion des pécheurs et la compréhension de la Bible.

Le rôle de l’Esprit dans la conversion

Nul ne peut nier que le Saint-Esprit, le Consolateur, joue un rôle important dans ce domaine, car Jésus a dit : « Si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16.7,8). L’Esprit convainc le monde, mais par quel moyen le fait-il ? Agit-il directement, voire miraculeusement, sur le cœur des incroyants ? Beaucoup répondent par l’affirmative sans considérer les problèmes relatifs à la nature de la foi, la liberté de l’homme et le manque de favoritisme chez Dieu que suscite une telle position.

Certains ont l’idée qu’une personne ne peut pas vraiment accepter la Parole de Dieu jusqu’à ce que l’Esprit de Dieu touche son cœur, ouvre ses yeux et la rende capable de saisir profondément le sens de l’Évangile. Ils admirent parfois la foi des autres, mais se lamentent en disant que Dieu ne leur a pas donné une telle foi. Ils estiment que tout dépend de Dieu. S’il te donne la foi, tu l’auras. S’il ne te la donne pas, ce n’est pas de ta faute. Il y a des gens qui disent qu’ils espèrent se convertir un jour, mais que Dieu ne les a pas encore appelés. Ils disent que ce n’est pas encore leur tour.

Prédestiné à croire ?

Ces propos sont parfois offerts par des gens qui ne sont pas très religieux, mais en fait, cette façon de penser s’accorde très bien avec la théologie du célèbre réformateur Jean Calvin. Ce dernier croyait que Dieu avait choisi d’avance les individus qu’il voulait sauver de la condamnation éternelle – il les avait élus, ou prédestinés, à la vie. Ces personnes seraient les objets de sa grâce irrésistible. Croyant que tous les hommes sont totalement dépravés, incapables de bien penser ou de bien faire de quelque manière que ce soit (voir Chemin de Vérité, Vol. 15, No. 3, « Totalement mauvais »), Calvin écrivit :

« Dieu ordonne que le Saint-Esprit touche le cœur de tous ceux qu’il a élus à la vie éternelle. L’appel intérieur de l’Esprit résulte toujours dans la conversion. Cet appel n’est adressé qu’aux élus. L’Esprit ne dépend ni de leur aide ni de leur coopération pour le succès de son œuvre. »

L’Église réformée, connue en France et dans plusieurs autres pays simplement comme l’Église protestante, continue d’enseigner la même sorte d’idée. On peut lire dans son catéchisme :

« Dieu nous donne notre espérance en nous parlant directement… en sorte que ce n’est pas d’un tiers que nous tenons notre foi… Notre foi est le miracle du Saint-Esprit au-dedans de nous… Il donne l’unique assurance sans intermédiaire, avec ou contre nos raisonnements, nos inclinations ou nos désirs… Dieu nous place en face de son Fils mais ne nous laisse pas conclure librement ce que nous allons en penser. S’il nous laissait libres à ce moment-là, il nous perdrait sans aucun doute car de nous-mêmes nous sommes fermés à la grâce et ennemis de Dieu… Dieu décide d’en finir avec nos raisonnements et nos hésitations. C’est Dieu lui-même qui prend pitié de nous, nous visite et croit en Jésus-Christ à notre place puisque nous n’y croyons pas nous-mêmes. »

Ce langage est très fort, n’est-ce pas ? Je ne connais pas beaucoup de gens qui croient tout à fait de cette façon concernant le salut. Néanmoins, on rencontre souvent l’idée que la foi est un don de Dieu, qu’elle est mystérieuse, que l’Esprit de Dieu doit toucher le cœur d’un homme de façon directe avant que les paroles de la Bible ne puissent avoir un effet sur lui.

La foi : un don ou un devoir ?

Il est vrai que certains passages bibliques semblent au premier abord soutenir une telle manière de penser, mais quand on les examine de plus près, ou quand on les complète avec d’autres passages, on voit que l’on a mal compris. Éphésiens 2.8,9 est un tel passage : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » Certaines personnes lisent ces versets et tirent la conclusion que, selon Paul, la foi ne vient pas de vous, car c’est le don de Dieu. Mais si Paul avait voulu dire que la foi ne venait pas de nous, il aurait écrit : « Vous êtes sauvés par le moyen de la foi. Et elle ne vient pas de vous. » Le mot « foi » étant au féminin, que ce soit en français ou en grec, le pronom qui s’y réfère doit être au féminin aussi. Nous trouvons plutôt un pronom neutre, « cela ». « Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Le don de Dieu en question, la chose qui ne vient pas de nous, n’est pas la foi, mais le fait que Dieu nous sauve par la grâce. Nous étions incapables d’effacer les péchés qui nous condamnaient, mais Dieu est intervenu pour nous sauver. Notre salut n’est pas dû à nos mérites ou à notre justice. C’est un don de Dieu. La foi, par contre, est bien quelque chose que Dieu attend de notre part quand nous avons entendu sa Parole.

La Bible dit clairement que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Selon 1 Timothée 2.3,4, « Dieu notre Sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Selon 2 Pierre 3.9, Dieu « use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance ». Si Dieu veut sincèrement que tous les hommes soient sauvés, si la foi est une condition pour ce salut, et si personne ne peut avoir la foi sans que Dieu lui-même ne l’accorde, n’est-il pas évident que Dieu donnera la foi à tous les hommes ? Si tous n’ont pas la foi, ce sera la faute de Dieu, n’est-ce pas ? Jésus dit en Marc 16.16 : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Si une personne ne croit pas parce que Dieu ne lui a pas donné la foi, comment Dieu pourrait-il condamner cette personne pour n’avoir pas cru ? Ne serait-il pas injuste s’il faisait ainsi ? Encore, si nous voyions que certains avaient la foi mais que d’autres ne croyaient pas parce que Dieu ne leur aurait pas donné la foi, ce serait une preuve que Dieu montre du favoritisme. Pourtant, la Bible dit à plusieurs reprises : « Devant Dieu il n’y a point d’acception de personnes » (Romains 2.11).

L’Esprit convainc indirectement, au moyen de la Parole

En fait, la foi que Dieu demande de nous dépend de deux choses : il faut entendre la Parole de Dieu, et il faut la recevoir dans un cœur honnête et bon. Romains 10.17 dit que « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ ». Lorsque Jésus priait pour ses apôtres en Jean 17.20, il dit : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » Nous croyons en Jésus grâce à la parole des apôtres contenue dans le Nouveau Testament. L’apôtre Jean dit en Jean 20.31 : « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » Voilà pourquoi l’apôtre Paul demande en Romains 10.14 : « Comment donc croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? » L’Esprit se sert d’un outil (ou d’une arme) pour produire la foi dans le cœur ; il se sert de « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Éph. 6.17).

Cette Parole n’a pas le même effet chez tous les auditeurs, mais le facteur déterminant n’est pas une action directe du Saint-Esprit accordée aux uns et non aux autres. Jésus dit une parabole dans laquelle il compare la Parole de Dieu à une semence semée par un cultivateur ; il compare les cœurs des auditeurs à différentes sortes de sol. Quand le semeur disperse la semence, une partie tombe sur le chemin où il marche, une partie sur de la pierre recouverte d’une fine couche de sol, une partie au milieu des épines, et une partie dans une bonne terre où elle pousse et finit par porter du fruit. Ces différentes sortes de sol correspondent à différentes sortes de personnes : celles qui ne s’y intéressent pas et oublient la parole aussitôt, celles qui l’acceptent sans mesurer l’engagement demandé et qui ne persévèrent pas, et celles qui permettent aux plaisirs et aux soucis de cette vie d’étouffer le message de Dieu. Et puis, dit Jésus, il y a ceux qui, « ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » (Luc 8.15).

Comme nous l’avons dit, la foi dépend de deux choses : il faut entendre la Parole de Dieu, et il faut la recevoir dans un cœur honnête et bon. Voilà pourquoi dans la Bible on ne demande pas au non-croyant : « Priez Dieu afin d’avoir la foi pour que vous soyez sauvé. » On dit plutôt, comme en Hébreux 3.15 : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. »

Des choses qui aident à préparer le sol

Certes, il y a des facteurs qui influencent le cœur d’une personne et la rendent plus susceptible d’accepter le message de l’Évangile. Par exemple, un non-croyant s’intéresse davantage à la Parole quand il voit la conduite, l’amour et la joie profonde d’un chrétien fidèle. « Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée » (1 Pierre 3.1,2).

La Bible enseigne de plusieurs manières que Dieu est toujours à l’œuvre dans le monde. Il fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment (Rom. 8.28). Tant de choses différentes disposent les cœurs à écouter, alors qu’ils n’y pensaient pas auparavant : un échec professionnel ou scolaire, le décès d’un proche, une prière exaucée, une guerre, la naissance d’un enfant, la lecture d’un livre, un rêve, et j’en passe. Paul dit à la population de Lystre que Dieu n’avait cessé « de rendre témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance » (Actes 14.17). Par contre, David dit en Psaume 119.67 : « Avant d’avoir été humilié, je m’égarais ; maintenant j’observe ta parole. » L’Esprit de Dieu peut se servir de toutes sortes de circonstances, agréables ou pénibles, pour rendre des cœurs plus ouverts à la Parole. Il ouvre des portes pour sa Parole (Col. 4.3 ; 1 Cor. 16.9 ; 2 Cor. 2.12).

Il est important de noter que ces moyens de préparer les cœurs – c’est-à-dire l’influence de l’exemple d’un bon chrétien ou l’effet des circonstances que Dieu crée dans nos vies par son action providentielle – ces moyens n’enlèvent à l’homme ni son libre arbitre ni la responsabilité pour ses choix. Dieu est tout-puissant et pourrait bien nous forcer à faire ce que nous devons faire, mais il ne se permet pas d’agir ainsi envers nous. Remarquez aussi que ces moyens de préparer des cœurs n’éliminent pas non plus la nécessité d’entendre et de croire à l’Évangile pour être sauvé. L’action de l’Esprit pour amener l’homme à la conversion est plutôt indirecte.

L’obéissance à l’Évangile d’abord, la venue de l’Esprit après

L’idée que l’Esprit n’entre pas dans le cœur du non-croyant pour l’amener à la foi s’accorde avec un autre principe que nous trouvons dans le Nouveau Testament. L’Esprit est promis à ceux qui croient en Jésus et sont baptisés en lui. Jésus dit : « “Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.” Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jean 7.38,39a). Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38). Paul dit : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils » (Galates 4.6). Ce n’est donc qu’après avoir été sauvé par l’obéissance à l’Évangile qu’on reçoit l’Esprit. Jésus dit en Jean 14.17 que le monde ne peut pas recevoir l’Esprit de vérité. L’Esprit exerce une influence sur le pécheur, surtout au moyen de l’Évangile, mais l’Esprit n’est pas présent dans son cœur. Le don de sa présence est un privilège qui est réservé à celui qui est déjà chrétien.

Le rôle de l’Esprit dans la compréhension de la Bible après la conversion

Supposons que nous avons obéi à l’Évangile et que nous sommes maintenant chrétiens. L’Esprit qui fait maintenant sa demeure en nous, est-ce qu’il nous aide à comprendre la Bible ? Disons d’abord que la Bible n’est pas un livre codé, dont les auteurs cherchaient à en cacher le vrai sens. Moïse dit au peuple d’Israël, par exemple : « La loi que je vous communique aujourd’hui n’est pas trop difficile à comprendre ni hors d’atteinte pour vous… Non, cette loi est tout près de vous, dans votre bouche et dans votre cœur, et vous pouvez la mettre en pratique » (Deutéronome 30.11,14, FC). L’apôtre Paul n’adresse pas ses épîtres aux prêtres ou pasteurs ou professeurs, mais aux Églises et aux chrétiens en général. Il adresse sa Première Épître aux Corinthiens : « à l’Église de Dieu qui est à Corinthe… à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre » (1 Cor. 1.2). Jésus a signalé que ses enseignements étaient plus facilement saisis par les gens ordinaires : « Jésus déclara : Ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits » (Matt. 11.25, FC). En effet, le désir sincère de connaître et faire la volonté de Dieu est plus important que le niveau d’instruction (Jean 7.17).

Selon certains croyants, pourtant, même après qu’une personne est née de nouveau, elle sera incapable de comprendre les Écritures si elle n’a pas d’assistance surnaturelle. Quand un interlocuteur n’accepte pas leur interprétation d’un passage biblique, ils disent : « Le problème, c’est que tu essaies de le comprendre charnellement. C’est seulement par l’Esprit qu’on peut comprendre le vrai sens. »

Cette façon de penser est parfois appelée la doctrine de l’illumination. Elle maintient que l’Esprit de Dieu doit « illuminer » le chrétien, le rendre capable de comprendre le message ou lui expliquer en quelque sorte le sens des Écritures. Trois passages sont souvent employés pour appuyer cette conception. Tous les trois parlent, en fait, non pas de l’illumination mais de la révélation.

1 Cor. 2.14,15 : « Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. »

Les partisans de la doctrine de l’illumination expliquent ces versets en affirmant que l’homme naturel, ou selon certaines versions, l’homme animal, serait l’homme qui n’a pas l’Esprit. L’homme spirituel serait celui qui a l’Esprit. En réalité, comme Paul parle dans ce contexte de l’inspiration, on doit reconnaître que l’homme naturel est celui qui n’est pas inspiré ou qui n’a pas accès à la révélation donnée par l’Esprit. Il s’appuie sur la sagesse humaine, il ne connaît que ce que l’homme peut découvrir par ses sens physiques et par sa propre logique. L’homme spirituel serait celui qui était inspiré du Saint-Esprit et qui en recevait des révélations authentiques. Il s’agit des apôtres et des prophètes. (L’homme spirituel pourrait aussi être celui qui se laisse guider par les vraies révélations de Dieu au lieu de se référer à ce qui peut être connu naturellement, sans la Parole de Dieu.) L’homme spirituel n’est jugé par aucun homme, non pas en ce qui concerne ses actions (les actions de Pierre étaient une fois condamnables – Gal. 2), mais dans les révélations qu’il donne, puisque c’est la pensée du Seigneur qu’il révèle (ou qu’il suit, selon le cas).

Les remarques de David Lipscomb sur ce passage semblent utiles :

« L’homme par ses facultés naturelles, sans révélation, ne pouvait pas apprendre la volonté de Dieu ; mais afin qu’il la connaisse, l’Esprit de Dieu, qui connaît les choses de Dieu… fit savoir par les apôtres la volonté de Dieu, et ils la révélèrent au peuple. L’homme naturel est donc l’homme qui n’a jamais entendu la volonté de Dieu, car il n’a aucun moyen de la découvrir jusqu’à ce que ceux qui ont reçu la révélation la lui fasse connaître… Cela signifie plus ou moins la même chose que ce que Paul dit en 1 Corinthiens 1.21 : “Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, dans la sagesse de Dieu il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.” »

Un deuxième passage utilisé pour prouver l’idée de l’illumination est Jean 16.13 :

« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Il suffit de faire remarquer qu’en Jean 13–17 Jésus était seul avec ses apôtres et que cette promesse s’adresse à eux plutôt qu’à tous les chrétiens en général. Nous bénéficions de ce que Jésus a promis ici chaque fois que nous lisons le Nouveau Testament, mais la promesse ne s’applique pas directement aux chrétiens de nos jours.

Le troisième passage auquel on fait appel est 1 Corinthiens 12.3 : « Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. » Ce texte fut cité par Jean Calvin pour soutenir sa doctrine de l’illumination. Le frère Wayne Jackson répond de cette façon :

« Ce passage affirme simplement que la croyance à la seigneurie de Christ dépend de la mission révélatrice de l’Esprit. Suggérer qu’il enseigne que chaque individu doit être éclairé personnellement et directement par l’Esprit, c’est supposer beaucoup plus que ce que le texte dit. Le Saint-Esprit est l’auteur des Écritures ; sans les informations qu’elles contiennent, aucun homme ne peut déclarer que Christ est Seigneur. Cette déclaration doit donc être attribuée à l’Esprit. Mais ceci n’appuie nullement la théorie d’illumination directe. » (Jackson, Wayne. « The Holy Spirit “Illumination” Theory : A Critical Review. » ChristianCourier.com.)

Le frère Jackson poursuit avec une série de questions :

« Si l’Esprit illumine la pensée de l’étudiant chrétien, explique-t-il aussi infailliblement qu’il a inspiré ceux qui ont écrit le message sacré au départ ? Sinon, pourquoi pas ? En plus, comment quelqu’un pourrait-il savoir si, ou quand, il a été illuminé ? S’il croit avoir été illuminé à l’égard d’un passage précis, peut-il jamais par la suite modifier sa position sur ce texte ? Si oui, l’Esprit l’avait-il mal conduit auparavant ?

Si l’on a été illuminé à l’égard d’un passage, toute personne qui prendrait une autre position là-dessus, serait-elle en erreur ? Si deux personnes qui toutes les deux prétendent bénéficier de l’illumination ne sont pas d’accord sur le sens d’un passage, comment peut-on savoir laquelle a raison – ou si toutes les deux ont tort ? Si le Saint-Esprit n’a pas été à même de rendre les Écritures compréhensibles au premier tour (par le processus de la révélation), comment pourrions-nous être confiants qu’il sera capable de le faire au deuxième tour (par le processus de “l’illumination”) ? »

Conclusion

L’Esprit de Dieu joue un rôle crucial dans conversion. C’est lui qui rend témoignage de Jésus – il le fait par les Écritures. Elles ne sont pas sans puissance pour toucher le cœur avant la conversion, et elles ne sont pas incompréhensibles après la conversion jusqu’à ce que le lecteur reçoive une soi-disant illumination de l’Esprit. La Bible, l’épée de l’Esprit, est déjà bien adaptée aux besoins de tous, chrétiens comme non-chrétiens.

B.B.

La suffisance des Écritures

De faux docteurs troublaient l’Église dans la ville de Colosses. Pour vendre leur fausse doctrine, ils essayaient de semer le doute dans l’esprit des chrétiens et leur faire croire qu’il leur manquait quelque chose. Ils prétendaient détenir des vérités cachées, des trésors spirituels, une sorte de « plénitude » qui n’était pas à la portée de tous ceux qui étaient en Christ. Ces enseignants voulaient faire croire aux chrétiens qu’ils n’avaient pas encore tout ce qu’il fallait pour leur épanouissement. Paul dit dans son Épître aux Colossiens qu’en réalité Dieu leur avait déjà donné tout pleinement en Christ. Il leur rappela qu’en lui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. Je dis cela afin que personne ne vous trompe par des discours séduisants » (Col. 2.3,4). Il poursuivit son idée quelques versets plus loin :

« Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui. » (Col. 2.8-10)

Oui, dans son amour et sa sagesse parfaite Dieu « nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1.3). Par la mort et la résurrection de Jésus, il nous donne l’espérance de la vie éternelle et le courage de persévérer (1 Cor. 15). Par son pouvoir absolu sur le monde (Éph. 1.20,21; 1 Cor. 3.21-23), il fait concourir toutes choses à notre bien (Rom. 8.28). Par son Saint-Esprit dans notre homme intérieur, il nous fortifie spirituellement et nous aide à développer les différents fruits de l’Esprit, tels que l’amour, la joie, la paix, la patience, etc. (Éph. 3.16; Gal. 5.22). Dieu a aussi mis à notre disposition toute la connaissance dont nous avons besoin pour guider nos pas dans ce monde, pour le servir comme il le faut, pour amener les autres à croire et pour arriver nous-mêmes au ciel. Dans la Bible Dieu nous donne tout ce dont nous avons besoin :

« Toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (2 Tim. 3.17)

Comme à Colosses au premier siècle, il y a de nos jours ceux qui voudraient nous faire douter du caractère suffisant de ce que Dieu nous a donné. Ils suggèrent que la Bible n’est pas complète, qu’elle ne pourrait convenir à toutes les cultures et toutes les générations ou qu’elle n’est pas capable de produire la foi. Ils disent que nous avons donc besoin d’autre chose. Comme Paul le dit, « que personne ne vous trompe par des discours séduisants ».

Il n’y a pas besoin d’autres révélations pour compléter les Écritures.

Dieu a toujours su révéler ce que son peuple avait besoin de savoir pour le servir, même s’il ne dévoilait pas tout ce qui aurait pu satisfaire à leur curiosité. Moïse dit au peuple d’Israël : « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi » (Deut. 29.29). Dans l’ère chrétienne, aussi, Dieu a fait connaître par Jésus et ses apôtres tout ce qui nous est utile pour notre salut. Paul dit aux Éphésiens : « Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu » (Actes 20.27). Ce conseil de Dieu est conservé dans « les saintes lettres [les Écritures] qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Tim. 3.15).

Quand Jésus était encore avec ses apôtres, il leur a fait cette promesse : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16.13). Cette promesse fut accomplie. Inspirés du Saint-Esprit, les apôtres ont transmis de la part du Seigneur toute la vérité concernant la volonté de Dieu, tout ce que l’homme doit savoir pour plaire à Dieu. Ils ont aussi consigné par écrit ces révélations dont toute génération aurait besoin. Pierre dit, par exemple :

« Voilà pourquoi je vous rappellerai toujours ces choses, bien que vous les connaissiez déjà et que vous restiez fermement attachés à la vérité que vous avez reçue. Mais j’estime juste de vous tenir en éveil par mes rappels, tant que je suis encore en vie. Car je sais que je vais bientôt quitter ce corps mortel, comme notre Seigneur Jésus-Christ me l’a révélé. Je ferai donc en sorte que, même après ma mort, vous puissiez toujours vous rappeler ces choses. » (2 Pierre 1.12-15, FC)

Les écrits des apôtres ne sont pas de simples paroles d’hommes. Paul dit sans ambiguïté : « Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Cor. 14.37).

Puisque les Écritures suffisent pour que « l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre », Paul exhorte les Corinthiens « à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit » (1 Cor. 4.6). Ils doivent au contraire demeurer dans la Parole de Christ. Comme Jésus lui-même le dit en Jean 8.31,32 : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » L’apôtre Jean reprend la même expression en 2 Jean 9 : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. » Compte tenu des mots « quiconque va plus loin », les mots « demeurer dans la doctrine » portent surtout l’idée de ne pas emprunter sa propre voie au lieu de rester dans les limites de l’enseignement autorisé par Dieu, c’est-à-dire de la révélation que nous avons dans l’Écriture.

Voilà pourquoi dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau Testament nous trouvons de nombreux avertissements de ne pas ajouter à la Parole de Dieu.

« Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris. » (Deut. 4.2)

Remarquez qu’il est assez clair que l’on peut être coupable d’avoir « ajouté » à la Parole par la manière de l’observer. Qu’on ajoute des mots au texte ou pas, on ajoute à la Parole quand on introduit dans la religion des pratiques, des devoirs, des exceptions, etc. qui ne font pas partie de la loi de Dieu.

Nous lisons aussi :

« N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur. » (Prov. 30.6)

« Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre. » (Apoc. 22.18)

La Bible, telle que Dieu l’a donnée, répond à nos besoins spirituels. Il ne faut donc pas modifier son enseignement de quelque manière que ce soit.

« Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. » (1 Cor. 15.1,2)

« Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un Évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un Évangile s’écartant de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit. » (Gal. 1.8,9)

Dieu n’enverra pas de message, ni par un ange ni par un prophète ou soi-disant apôtre, qui soit différent de celui qui est conservé dans l’Écriture. Comme Jude le dit, la foi chrétienne « a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3). Évidemment, si tel est le cas, Dieu doit veiller sur sa Parole. C’est exactement ce qu’il a promis de faire, car elle doit être préservée afin de remplir son rôle dans le salut des hommes :

« Je veille sur ma parole, pour l’exécuter. » (Jér. 1.12)

« Vous êtes nés de nouveau, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. Car toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe ; mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile. » (1 Pierre 1.23,25)

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Marc 13.31)

Quand on considère tous les efforts accomplis par des hommes puissants au cours de l’histoire pour détruire toutes les copies de l’Écriture, quand on pense à tous les ouvrages des siècles passés dont pas un seul exemplaire n’existe de nos jours, il serait difficile de croire que la Bible ait survécu sans l’intervention de Dieu. Il veille réellement sur ce livre.

Dieu n’a aucun besoin de donner de nouvelles révélations aux hommes aujourd’hui, car

  • il a déjà révélé tout ce dont nous avons besoin ;
  • cette révélation a été conservée dans les Écritures ;
  • les Écritures ont été préservées à travers les siècles jusqu’à notre temps.

Il n’y a pas besoin de traditions humaines pour compléter les Écritures.

Bien que Dieu ait donné toutes les instructions dont nous avons besoin dans la Sainte Bible, les hommes ont toujours eu tendance à chercher ailleurs. Ils semblent se considérer comme obligés de se conformer, par exemple, aux traditions reçues de leurs parents ou de leurs prédécesseurs, plus qu’aux Écritures. Jésus accusait les Juifs de son temps d’avoir élevé au-dessus de la Parole de Dieu leurs traditions, qu’il qualifiait de « commandements d’hommes ».

« Jésus leur répondit : Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. » (Marc 7.6-9)

Si, au lieu de se référer aux Écritures pour justifier une croyance ou une pratique, on parle du fait qu’on a toujours cru ou fait de cette façon, c’est qu’il s’agit d’une tradition. Même si la pratique n’est pas contraire à l’enseignement de la Bible, on n’a pas le droit de l’imposer aux hommes, et l’on aurait tort de permettre à cette coutume d’empêcher l’obéissance à ce que Dieu a réellement commandé dans sa Parole.

Le monde dit chrétien est rempli de pratiques transmises d’une génération à l’autre mais qui ne sont autorisées nulle part dans le Nouveau Testament :

  • le baptême des nouveau-nés ou les cérémonies de présentation d’enfants
  • l’emploi d’instruments de musique, de bougies, d’encens, d’images et de danse dans les cultes
  • les fêtes telles que les Pâques, la Noël, la Toussaint, l’Assomption, etc.
  • les hiérarchies ecclésiastiques, les sièges et organisations nationales, régionales ou internationales
  • le célibat, les ordres monastiques, le chapelet
  • les noms protestant, évangélique, catholique, etc.

Au lieu de fournir quelque chose d’utile qui manquerait à la Bible, les traditions humaines éloignent les hommes de ce que Dieu demande réellement. Comme le prophète Ésaïe le dit au peuple de son temps : « C’est aux instructions et aux messages du Seigneur qu’il faut revenir. Celui qui n’adoptera pas ce mot d’ordre ne verra pas l’aurore » (Ésaïe 8.20, FC).

Le problème n’est pas que la Bible ne s’adresse pas tous les besoins des hommes individuels ou tous les besoins de l’Église ; notre problème, c’est que nous n’étudions pas suffisamment et ne connaissons pas suffisamment la Bible pour profiter pleinement de sa lumière.

Il n’y a pas besoin de miracles pour compléter les Écritures.

Encore une autre manière de traiter les Écritures d’insuffisantes est de prétendre qu’il faut des miracles modernes pour que les hommes soient amenés à la conversion. On se dit que sans guérisons miraculeuses, sans prophéties, sans prodiges impressionnants, la plupart des gens n’accepteront jamais l’Évangile.

La Bible elle-même, par contre, insiste beaucoup sur la puissance de la Parole de Dieu pour produire la foi, pour transformer des vies, pour sauver les hommes perdus.

Romains 10.17 : « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. »

Jean 20.30,31 : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. »

Romains 1.16 : « Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec. »

Hébreux 4.12 : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. »

Luc 8.11,15 : « Voici ce que signifie cette parabole : La semence, c’est la parole de Dieu… Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance. »

Il est vrai que le Saint-Esprit convainc les hommes en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement, comme Jésus l’a dit en Jean 16.8-11, mais le Saint-Esprit le fait au moyen des Écritures qu’il a inspirées (2 Pierre 1.21). Ceux qui insistent sur la nécessité de révélations modernes déprécient toujours la Bible, qu’ils l’avouent ou pas. Ils pensent que la Bible est insuffisante.

Dans l’histoire de l’homme riche et Lazare que Jésus a racontée en Luc, l’homme riche, dans le séjour des morts, a demandé dans un premier temps que Lazare soit envoyé du « sein d’Abraham », où il était consolé, pour apporter un peu d’eau afin de soulager la soif de l’homme riche, qui était tourmenté dans les flammes. Quand Abraham l’informa que cela n’était pas possible, il dit :

« Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit [en se référant aux Écritures dont les Juifs disposaient au temps de Jésus] : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. » (Luc 16.27-31)

L’homme riche pensait que l’Écriture n’était pas suffisante pour convaincre ses frères, et qu’il fallait y ajouter un grand miracle. Abraham lui dit qu’il avait tort.

Quand Dieu donna ses lois par Moïse, beaucoup de miracles ont attesté que Moïse parlait réellement de la part de Dieu. Les livres de Moïse étaient donc reconnus comme étant inspirés. C’était la loi de Dieu. Le temps n’a pas changé l’origine ni l’inspiration des livres de Moïse – ils avaient été confirmés quand Dieu les a donnés, et ils demeuraient sa Parole.

Quand Dieu a introduit la nouvelle alliance, l’Évangile de Christ, beaucoup de miracles ont attesté que Jésus et ses apôtres parlaient de la part de Dieu. Les écrits du Nouveau Testament et leur message de salut en Christ ont ainsi été reconnus comme étant inspirés. Ce « si grand salut… annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté » (Hébreux 2.3,4). L’apôtre Paul dit aux Corinthiens : « Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles » (2 Cor. 12.12). Les lecteurs pouvaient donc être convaincus que ce qu’il écrivait était les commandements du Seigneur (1 Cor. 14.37). Comme pour les livres de Moïse et des prophètes, les écrits des apôtres demeurent la Parole de Dieu, toujours vivante et efficace.

Cette Parole est une vraie arme spirituelle. C’est « l’épée de l’Esprit » (Éph. 6.17). C’est à l’aide de cette arme que nous pouvons partir à la conquête du monde pour notre Seigneur. C’est par elle que les perdus seront régénérés, ou nés de nouveau (1 Pi. 1.23 ; 1 Cor. 4.15). C’est par elle que les âmes perdues seront sauvées (Jacques 1.21).

Conclusion

Comme Paul a exhorté les Colossiens, que personne ne vous trompe. Dieu vous a vraiment donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Son Esprit a conduit les apôtres dans toute la vérité, et cette vérité est à notre portée, dans les pages de la Sainte Bible. Nous n’avons pas besoin d’une autre révélation pour nous guider, et les traditions des hommes n’ont rien à ajouter à la sagesse de Dieu contenue dans sa Parole. Cette Parole n’a pas besoin d’être complétée par des miracles, étant confirmée depuis deux mille ans et déjà capable de produire la foi dans des cœurs honnêtes.

B.B.

Ce que Dieu a déclaré pur

Un musulman m’a demandé récemment pourquoi certains chrétiens mangent du porc. Il voulait savoir si Jésus avait autorisé cela.

Règles alimentaires et la religion

En fait, les questions du manger ont toujours été d’actualité un peu partout au monde, et les différentes religions ont leurs règles ou leurs principes à cet égard.

Bon nombre d’hindous, de bouddhistes et de sikhs pratiquent le végétarisme. Le régime ital des rastafariens, lui aussi, recommande l’abstinence de tout aliment d’origine animale.

Le véganisme (appelé également le végétalisme intégral) est une « philosophie et mode de vie qui tend à exclure, autant qu’il est possible, toutes formes d’exploitation et de cruauté faites aux animaux afin de se nourrir, se vêtir ou dans n’importe quel autre but » (wikipedia.fr). Bien que dans la population de l’état moderne d’Israël on trouve le pourcentage le plus élevé au monde qui pratique le véganisme, un tel système n’est pas imposé dans la religion juive. Dieu a bien interdit aux Israélites plusieurs sortes de viande, mais il n’a jamais ordonné au peuple de pratiquer le végétarisme.

En fait, l’Éternel imposa un grand nombre de restrictions alimentaires aux Juifs (Lévitique 11, Deutéronome 14.3-21). Parmi les animaux terrestres, ils ne devaient manger que ceux qui ont le pied fourchu et qui ruminent (par exemple, le bœuf, la brebis, la chèvre, le cerf, la gazelle, la girafe, etc.). Défendus étaient le chameau, le lièvre, et le porc (Lév. 11.1-8). Parmi les animaux marins, les Israélites ne devaient manger que ceux qui avaient des nageoires et des écailles (Lév. 11.9-12). La liste d’oiseaux impurs est assez longue et comporte pratiquement tous les oiseaux de proie (Lév. 11.13-19). Les insectes ayant des ailes et des pattes étaient impurs, sauf ceux qui sautent, comme la sauterelle et le criquet (Lév. 11.20-25).

Les règles semblent assez compliquées chez les musulmans aussi.

« En règle générale, la nourriture licite est dite “halal”. La viande est halal s’il s’agit d’animaux autorisés et abattus rituellement en prononçant la formule : “Au Nom de Dieu, Dieu est Le plus Grand” Bismilah, allaho akbar, en dirigeant l’animal vers la Mecque. Toutefois, le Coran, dans la sourate 5, Al Maïda, La Table servie, au verset 3 énumère des aliments dits “haram” ou illicites : Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah.

L’on y ajoute les dérivés du sang (boudin…), la graisse de porc, les animaux nécrophages, l’âne domestique, les félidés, le mulet, l’aigle, l’éléphant, le singe, les oiseaux carnassiers et en général tout omnivore. » (islamfrance.com)

Quant à ceux qui se réclament du nom chrétien, plusieurs groupes, y compris les adventistes, les harristes, les chrétiens célestes, les mormons, les orthodoxes éthiopiens et d’autres, recommandent de s’abstenir de certains aliments (porc, oiseaux blancs ou même la viande en général) afin de plaire à Dieu. Certains se basent sur les mêmes passages de l’Ancien Testament que nous avons évoqués plus haut en parlant des Juifs.

La majorité de ceux qui croient en Jésus, par contre, se considèrent libres de manger de tout. Mais qu’en dit la Bible ? C’est elle qui doit avoir le dernier mot.

Lors de la création, Dieu dit à l’homme et la femme : « Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture » (Genèse 1.29). En revanche, après le déluge Dieu modifia ses instructions à cet égard. Il dit à Noé et ses descendants : « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (Gen. 9.3,4). Ce principe devait s’appliquer évidemment à toute l’humanité.

La loi mosaïque et les aliments impurs

Des siècles plus tard Dieu fit une alliance avec un peuple particulier, les enfants d’Israël. Ce peuple devait désormais appartenir à Dieu d’une manière spéciale et jouer un rôle très important dans son plan pour les hommes. Dans un monde porté vers l’idolâtrie, Israël devait rester fidèle au seul vrai Dieu et être ainsi une sorte de lumière aux nations. Et de ce peuple sortirait un jour la véritable lumière du monde, le Messie, Jésus-Christ.

Dieu donna donc aux Israélites un ensemble de commandements que nous appelons la loi de Moïse. Cette loi avait plusieurs fonctions : entre autres, elle donnait aux Israélites une idée plus correcte de la vraie justice ; elle faisait ressentir la distance qui sépare le Dieu saint et l’homme pécheur et donc le besoin d’un sauveur ; elle aidait le peuple d’Israël à conserver son identité unique parmi les nations jusqu’à l’arrivée du Sauveur de tous les hommes. Les lois alimentaires semblent avoir joué un rôle dans cela, et les Juifs reconnaissent que leurs pratiques alimentaires les aident dans ce sens jusqu’à ce jour. Dieu semble associer ces règlements au fait qu’Israël devait rester à part : « Vous observerez la distinction entre les animaux purs et impurs… que je vous ai appris à distinguer comme impurs. Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples afin que vous soyez à moi » (Lévitique 20.25,26). Malgré de multiples fois où Israël s’est détourné de Dieu, il était toujours, lorsque Jésus est venu, un peuple distinct et qui était en gros très zélé pour la loi que Dieu avait donnée.

Une bonne partie de la loi mosaïque concernait la pureté, mais une pureté que nous appelons souvent cérémonielle. Certains aliments, certaines conditions corporelles, le contact avec des cadavres, etc., rendaient des personnes impures devant Dieu. Parfois la condition impure passait après un certain délai, mais souvent un sacrifice ou une cérémonie était nécessaire pour que la personne soit purifiée.

Se trouver dans un état d’impureté, bien que ce soit lié à l’idée du péché, n’était pas toujours un péché. Certaines souillures ne pouvaient même pas être évitées, telles que les règles d’une femme ou son accouchement. Tandis que le péché vient du fait de céder à la tentation (Jacques 1.14,15), cela n’était pas toujours le cas de l’impureté traitée dans la loi de Moïse. Néanmoins, on devait éviter le plus possible de se trouver dans une condition souillée.

Certaines lois de Dieu sont liées à sa nature même ou la nature du monde tel qu’il l’a créé. Par exemple, Dieu ne peut pas mentir (Tite 1.2), et il ne tolère pas le mensonge chez les hommes. Il a créé l’homme à son image, et il exige que la vie humaine soit respectée. D’autres lois auraient pu être différentes. Cela se verra dans la suite de cette étude dans le fait qu’elles ne sont plus en vigueur.

Il a été suggéré que les lois sur l’impureté se rapportent aux principes de santé et d’hygiène. La lèpre est contagieuse, les cadavres et les excréments peuvent répandre la maladie, la viande de porc qui n’est pas bien cuite peut transmettre des parasites, et ainsi de suite. Dieu, pourtant, n’a pas précisé les raisons pour lesquelles il déclarait impure telle ou telle chose. Il n’a pas jugé nécessaire de dire aux Israélites les raisons pour certains commandements. Il leur demandait tout simplement d’obéir. [Et il faut remarquer qu’il y avait de nombreux commandements dans cette loi qui ne concernaient pas les non-Israélites, y compris les règlements alimentaires. Par exemple : « Vous ne mangerez d’aucune bête morte ; tu la donneras à l’étranger qui sera dans tes portes, afin qu’il la mange, ou tu la vendras à un étranger ; car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 14.21).]

Une nouvelle alliance

Déjà dans l’Ancien Testament Dieu a fait comprendre que l’alliance faite avec Israël au mont Sinaï serait remplacée par une nouvelle alliance (Jérémie 31.31,32). Quand Jésus est venu, il a signalé que la distinction entre les Juifs et les non-Juifs était sur le point de disparaître. « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10.16). Il dit à la femme samaritaine qu’il ne serait plus nécessaire d’adorer à Jérusalem, comme la loi juive ordonnait : « Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande » (Jean 4.21,23). Il ordonna à ses apôtres de « faire de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28.19). Et il a indiqué clairement que les restrictions alimentaires qui distinguaient les Juifs des non-Juifs s’en allaient :

« Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller ? Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis s’en va dans les lieux secrets. Il déclarait ainsi tous les aliments purs. Il dit encore : Ce qui sort de l’homme, c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.18b-23)

Il y a bien des principes moraux qui figuraient dans la loi de Moïse et qui sont incorporés dans la nouvelle alliance sous laquelle vit le chrétien aujourd’hui, mais la distinction entre aliments purs et impurs ne fait pas partie de la moralité que Dieu cherche en tous les hommes. Hébreux 9.10 nous dit que les lois sur les aliments « étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réforme ».

Il n’est pas facile de changer

Les Juifs avaient respecté ces lois alimentaires depuis fort longtemps, et ils ont eu du mal à accepter que la distinction entre l’aliment pur et l’aliment impur n’existait plus. Même l’apôtre Pierre n’avait pas changé sa façon de manger plusieurs années après l’établissement de l’Église. Actes 10 décrit une vision qu’il a eue :

« Il eut faim, et il voulut manger. Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et un objet semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s’abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, tue et mange. Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur. Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » (Actes 10.10-15)

Pierre n’était pas le seul chrétien juif qui était lent à comprendre sur ce point. Voilà pourquoi plusieurs épîtres du Nouveau Testament insistent sur le fait que les commandements qui traitaient divers aliments comme étant impurs avaient été enlevés en même temps que la loi mosaïque dans son ensemble. Paul dit, par exemple, en Colossiens 2 que Dieu

« … a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous [la loi de Moïse], et il l’a détruit en le clouant à la croix… Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. » (Colossiens 2.14,16,17)

Selon 1 Timothée 4.1-5, ce serait propager une doctrine des démons que d’imposer aux hommes aujourd’hui de :

« s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâce par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. » (1 Timothée 4.4,5)

Il est important de noter que même si l’apôtre Paul n’acceptait pas qu’une telle doctrine soit enseignée à l’Église, il demandait qu’on fasse preuve d’amour et de patience envers ceux qui n’étaient pas encore convaincus qu’ils avaient le droit de manger de tout. Paul qualifiait ces frères et sœurs de « faibles » : « Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli » (Romains 14.2,3). Il dit clairement que celui qui ne croyait pas pouvoir manger de tout avait tort : « Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi, et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure » (Rom. 14.14). Mais Paul reconnaît qu’une personne qui croit de cette manière, bien qu’elle ait tort, commettra un péché devant Dieu si elle viole sa conscience en mangeant ce qu’elle croit être défendu. « Celui qui a des doutes au sujet de ce qu’il mange est condamné, parce qu’il n’agit pas par conviction. Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché » (Rom. 14.23).

Une autre sorte de pureté

La question de pureté est toujours importante dans le Nouveau Testament, car Dieu est toujours saint, et il demande que son peuple soit, à cause de sa présence, pur et séparé du monde pécheur. Ainsi, Paul cite la loi (Exode 29.45) quand il écrit en 2 Corinthiens 6.16–7.1 :

« J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai… Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant votre sanctification dans la crainte de Dieu. »

Mais la pureté dont nous devons nous occuper en tant que chrétiens est plutôt du cœur, en nous gardant du péché. « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5.8).

Pour terminer, rappelons les paroles de Jésus que nous avons déjà vues :

« Rien de ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller… C’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.18,21-23)


Deux choses à ne pas consommer

Bien que la nouvelle alliance ne qualifie aucun aliment d’« impur », il y a deux choses que le chrétien ne doit pas manger : la viande sacrifiée aux idoles et le sang.

En 1 Corinthiens 10 l’apôtre Paul répond à trois questions des Corinthiens concernant la viande sacrifiée :

  1. Peut-on s’asseoir dans un temple païen et manger de cette viande, sachant intérieurement que l’idole n’est rien et se disant qu’on ne l’adore pas ?
  2. Peut-on acheter au marché de la viande qui a été sacrifiée à un dieu païen ?
  3. Peut-on manger chez un païen ne sachant pas si la viande qu’il sert a été offerte en sacrifice ?

Pour la première question, Paul explique aux versets 14-22 que participer à un festin en honneur d’une idole, quelle que soit son intention personnelle, est un acte d’adoration qui met le participant en communion avec l’idole. Ce serait manger à la table des démons et provoquer la jalousie du Seigneur. La réponse est non.

Pour la deuxième question, Paul répond aux versets 25 et 26 que l’on pouvait manger de tout ce qui était vendu au marché, mais que l’on ne devait pas poser des questions pour savoir si la viande avait été sacrifiée. En ajoutant : « Car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme », il veut dire que la viande n’appartenait pas réellement à l’idole, même si elle lui avait été consacrée. Dieu est le propriétaire de toutes choses, et les actions des hommes ne peuvent rien changer à cette vérité. La viande n’était pas souillée en elle-même.

Pour la troisième question, Paul dit aux versets 27 et 28 que nous pouvons manger ce qu’on nous sert chez un païen, mais que si quelqu’un nous informe que la viande a été sacrifiée, nous ne devons pas en manger.

La conclusion est que le chrétien doit s’abstenir totalement de tout ce qui est identifié comme ayant été sacrifié à une idole, mais manger d’un sacrifice sans le savoir ne souille pas.

Le livre de l’Apocalypse appuie la conclusion qu’on ne doit jamais manger sciemment de ces choses. Après avoir reproché à l’Église de Pergame d’avoir toléré des gens comme Balaam, qui « enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (Apocalypse 2.14), Jésus condamne l’Église de Thyatire pour une faute semblable. Le Seigneur dit :

« Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. » (Apoc. 2.20)

Pour ce qui est du sang, on remarque qu’il fut interdit avant la loi de Moïse (l’ère patriarcale), sous la loi de Moïse et sous la nouvelle alliance. Quand Dieu autorisa la consommation de viande au temps de Noé, il dit : « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (Gen. 9.3,4). Sous la loi que Dieu donna aux Israélites, ce commandement s’appliquait aux étrangers aussi bien qu’aux Israélites :

« Si un homme de la maison d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux mange du sang d’une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes. » (Lévitique 17.10,11)

Soulignons que le sang n’est pas dans la catégorie d’aliments impurs. Il n’était pas interdit d’en manger parce que le sang serait impur, mais parce qu’il était consacré par Dieu pour un usage spécial – pour expier les péchés. Ce n’était pas seulement le sang des animaux que l’on pouvait sacrifier qu’il ne fallait pas manger – le sang de n’importe quel animal ou oiseau était défendu (Lév. 17.13,14). Même si nous ne faisons pas de sacrifice d’animaux en tant que chrétiens, le principe reste toujours. Après l’établissement de l’Église, la défense de manger du sang devait être maintenue. En Actes 15 les apôtres et prophètes réunis à Jérusalem ont communiqué ce principe aux nouveaux convertis parmi les païens :

« Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. » (Actes 15.28,29)

B.B.

La modestie

Cet article fut adapté d’un écrit de Rachel Baggott à l’intention des filles et femmes chrétiennes. Les hommes y trouveront des idées utiles pour leurs épouses, leurs filles et leurs sœurs, mais ils feront bien de reconnaître que le principe de la modestie s’applique aux hommes aussi bien qu’aux femmes.


J’ai entendu parler d’une femme qui portait un chemisier qui mettait trop en valeur sa poitrine et dévoilait ses seins. La mère de cette femme, afin de lui montrer sa désapprobation, lui dit en parabole : « On ne fait pas la publicité de ce qu’on ne vend pas. »

En tant que filles et femmes chrétiennes, vous ne devez pas faire la publicité de ce que vous n’avez pas à vendre. Vivez plutôt dans la pureté, et habillez-vous d’une manière décente et modeste.

Lisons deux passages clés au sujet de la modestie. La première est 1 Timothée 2.9,10 où l’apôtre Paul écrit :

« Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent des bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. »

La version Français courant de ce même passage dit :

« Je désire aussi que les femmes s’habillent d’une façon convenable, avec modestie et simplicité ; qu’elles ne s’ornent pas de coiffures compliquées, ou de bijoux d’or, ou de perles, ou de vêtements coûteux, mais d’œuvres bonnes, comme il convient à des femmes qui déclarent respecter Dieu. »

Le deuxième passage, c’est 1 Pierre 3.3,4 :

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

L’enfant de Dieu, homme ou femme, ne s’habille pas de manière à séduire ou s’attirer les regards du sexe opposé. Il faut « avoir l’extérieur qui convient à la sainteté » (Tite 2.3). Le principe de la modestie peut être violé par un habillement qui est trop coûteux, qui révèle trop ou qui est choisi parce qu’il sera vu comme bizarre ou comme un signe de rébellion à l’égard de la société.

Depuis le jardin d’Éden, les hommes et les femmes ont compris qu’ils devraient se couvrir le corps. Aujourd’hui encore c’est toujours honteux de trop dévoiler son corps en public. Une telle façon d’agir est contraire à la modestie. Ce sont les fous qui se promènent nus. Ceux qui ont du bon sens portent des habits pour se couvrir.

  • Un dimanche matin, j’assistais à un cours biblique pour les enfants à l’Église. Il y avait là une jeune femme chrétienne qui désirait enseigner ces enfants et observait donc la classe pour savoir comment s’y prendre. Elle portait une mini-jupe et était assise juste en face de moi sur un banc. Pendant tout le cours, on pouvait facilement voir le slip de cette jeune femme parce que sa jupe était beaucoup trop courte. Malheureusement après un certain temps, cette fille a quitté l’Église.
  • Il y avait une autre fille, une non-chrétienne qui venait au culte avec ses parents. Je me rappelle qu’une fois, j’étais sortie de la salle pendant le culte, et j’ai vu cette fille assise dehors sur un petit rocher. J’ai été surprise de voir que la fille avait relevé sa jupe de sorte qu’on pouvait bien voir ses jambes et ses cuisses. Quelques temps après, j’ai appris que cette fille était tombée enceinte d’un élève qu’elle connaissait.
  • Il y avait une troisième jeune femme, une chrétienne très dévouée à l’Église et appréciée de tous. Pourtant, j’ai remarqué qu’elle portait souvent des habits moulants ou des chemisiers transparents. Un jour j’ai appris que la sœur avait eu un bébé avec un non-chrétien. Je me suis demandé si c’était sa façon de s’habiller qui avait attiré cet homme. Je me suis demandé aussi si j’aurais dû lui parler de sa manière de s’habiller.

Pensez-vous qu’il existe un rapport entre ces trois cas d’infidélité au Seigneur ? Le fait de ne pas s’habiller avec modestie pouvait être ou bien un symptôme d’une attitude mondaine, ou bien ce qui a ouvert la porte à des tentations sexuelles auxquelles ces jeunes femmes n’ont pas su résister. Si vous êtes une jeune femme et qu’une sœur en Christ, peut-être une femme plus âgée, prend son courage pour vous parler de votre façon de vous habiller, écoutez-la avec respect, et ne dites pas en vous-même que l’avis de cette femme n’a pas d’importance parce qu’elle est trop âgée pour comprendre la mode actuelle. Rappelez-vous ceci : les habits ou les coiffures qui sont à la mode ne sont souvent pas modestes. Ne soyez pas esclaves de la mode. Même si « tout le monde » les porte, cela ne veut pas dire que Dieu les accepte ou que vous pouvez lui plaire en suivant ces modes.

La modestie et la décence impliquent deux idées :

1. Couvrir son corps pour ne pas éveiller la convoitise des hommes.

Matthieu 5.28 : « Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » La femme chrétienne ne doit pas provoquer le péché d’un homme par son habillement « sexy » ou indécent.

Une femme ne devrait pas s’habiller de façon séduisante (habits qui serrent trop, jupes trop courtes, excès de maquillage, etc.) tout en se disant : « Si les hommes ont des convoitises à mon égard, c’est leur problème ; ils ne devraient pas penser ainsi. J’ai le droit de porter ce que je veux. » Au contraire, la Bible enseigne une toute autre attitude. En Romains 14 Paul parle du fait que, même si le chrétien a droit de manger de toute sorte de nourriture, il doit penser à l’effet de son action sur les autres, car son frère peut penser que c’est un péché que de manger de certaines choses. Même s’il a tort, ce n’est pas la peine de le choquer ou de le tenter à violer sa conscience en mangeant en sa présence ce qu’il croit être interdit. Paul dit :

« Si tu fais de la peine à ton frère à cause d’un aliment que tu manges, tu ne te conduis plus selon l’amour. Ne va pas entraîner la perte de celui pour qui le Christ est mort, simplement à cause de ce que tu manges !… Il est bien de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. » (Romains 14.15, FC ; 14.21, LSG)

Jésus emploie des termes encore plus forts : « Quel malheur pour le monde qu’il y ait des faits qui entraînent les hommes à pécher ! Il y aura toujours de tels faits, mais malheur à l’homme qui en est la cause ! » (Matthieu 18.7). (On pourrait dire « malheur à l’homme ou à la femme », car les principes dont nous parlons, y compris la modestie, concernent les deux sexes.)

On a souvent suggéré que les hommes sont plus facilement excités que les femmes par ce qui est visuel. Ils sont un peu plus aptes que les femmes à développer une addiction à la pornographie. Voilà pourquoi on insiste particulièrement sur l’idée que les femmes devraient se couvrir pour ne pas s’attirer les regards impurs des hommes. Mais souvent, les femmes ne choisissent pas tel ou tel style pour séduire les hommes – elles cherchent plutôt à impressionner d’autres femmes. Elles ne se demandent pas ce qui peut attirer le regard des hommes – elles se demandent ce que leurs amies ou leurs voisines portent. Il s’agit de la concurrence entre femmes et de la conformité à la mode. Tout comme les hommes portent bêtement des pantalons de telle façon qu’on voie leurs sous-vêtements ou leurs fesses ou qu’ils soient obligés de constamment attraper leurs pantalons pour les soulever – non pas parce que c’est pratique ou joli à voir, mais parce qu’ils sont esclaves de la mode, de même des femmes, à cause de la mode, portent bêtement des habits qui ne les couvrent pas suffisamment quand il fait froid ; elles disent : « Le style n’a pas froid. » La version « Parole Vivante » de la Bible (une synthèse de plusieurs traductions) nous dit en Romains 12.2 :

« Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui régissent le siècle présent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez-vous plutôt entièrement transformer par le renouvellement de votre mentalité. Adoptez une attitude intérieure différente. Donnez à vos pensées une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconnaître ce qui est bon à ses yeux, ce qui lui plaît et qui vous conduit à une réelle maturité. »

2. La modestie implique aussi que l’on doit s’habiller correctement mais pas d’une façon sophistiquée, compliquée, élaborée ou très coûteuse. On ne doit pas s’habiller de manière à attirer l’attention des autres, mais plutôt d’une façon discrète et sans exagération.

Dans les magazines, on voit parfois des femmes qui portent des tresses élaborées, ou avec de l’or, des perles coûteuses et autres bijoux tissés dans les cheveux. On voit aussi des vêtements de luxe, des vêtements très chers. Nous avons déjà lu 1 Pierre 3.3,4, qui dit :

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

La version Français courant dit :

« Ne cherchez pas à vous rendre belles par des moyens extérieurs, comme la façon d’arranger vos cheveux et les bijoux d’or ou les beaux vêtements que vous pourriez porter. Mais que votre beauté soit celle de votre être intérieure, qu’elle soit la beauté impérissable d’un esprit doux et tranquille, qui est d’une grande valeur devant Dieu. »

Les choses qui embellissent l’apparence extérieure n’ont aucune valeur quand on les compare aux bonnes œuvres et aux qualités d’un esprit doux et paisible. Ce sont ces dernières qui font qu’une chrétienne plaît à Dieu. Des caractéristiques comme l’honnêteté, la gentillesse et l’amour pour Dieu sont plus importantes que la beauté ou le charme, qui sont éphémères. Dieu veut des œuvres bonnes, un cœur pur, un esprit doux et tranquille. Les choses qui viennent de notre cœur, voilà ce qui déterminera où nous passerons l’éternité.

  1. Pour réviser, rappelons-nous que Dieu nous demande de nous habiller d’une manière modeste, ce qui comporte deux idées :
  2. Couvrir notre corps pour ne pas éveiller la convoitise des hommes.

Nous habiller correctement et non pas d’une façon très coûteuse, compliquée ou qui attire l’attention.

Dieu voudrait que nous mettions l’accent sur les qualités qu’il demande de nous et sur les pensées de notre cœur plutôt que sur l’habillement et la beauté extérieure.

Rachel BAGGOTT