Les mariages mixtes (sur le plan religieux)

Est-ce qu’il importe à Dieu avec qui vous vous mariez ? Le choix d’un conjoint est l’une des décisions les plus importantes que l’on prend dans sa vie. Cette décision aura sans doute des conséquences pour votre bonheur sur la terre, le service que vous pourrez rendre à Dieu, l’avenir de vos enfants et votre propre salut éternel. Dans bien des cas, elle révèle vos priorités et vos valeurs. Il serait donc étonnant si Dieu y était indifférent.

Il y a, bien sûr, bon nombre de considérations valables qui peuvent figurer dans le choix d’un conjoint, mais pour le chrétien, le facteur qui devrait prendre plus d’importance que les autres, c’est la foi.

Pourquoi se marier avec un chrétien fidèle ?

Examinons trois raisons fondamentales de se marier dans l’Église, c’est-à-dire avec un chrétien fidèle.

À cause de votre âme

Commençons par deux textes de l’Ancien Testament. Nous reconnaissons que le chrétien ne vit pas sous la loi de Moïse, mais cette loi nous enseigne souvent des principes spirituels ou pratiques qui valent pour les chrétiens aussi bien que pour les Israélites d’autrefois.

Avant que le peuple d’Israël ne fasse la conquête du pays de Canaan, Dieu lui donna des instructions très claires concernant les nations idolâtres qu’il allait déposséder :

« Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils ; car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous : il te détruirait promptement. » (Deut. 7.3,4)

Remarquez que ce n’était pas une question de racisme. L’obstacle au mariage n’était pas l’importance de préserver la pureté du sang des Israélites ; le problème était religieux, spirituel. Dieu dit : les païens « détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux ». (Dans le livre de Ruth, l’ancêtre du roi David a épousé une femme moabite, mais cette femme s’était déjà engagée à servir l’Éternel – Ruth 1.16,17. Ce mariage ne présentait pas de danger spirituel.) Remarquez aussi que les Israélites ne devaient permettre le mariage ni de leurs fils ni de leurs filles à ces peuples qui ne servaient pas le vrai Dieu. Chez les musulmans, il est généralement interdit à la fille musulmane de devenir l’épouse d’un chrétien, mais on accepte souvent que l’homme musulman se marie avec une fille chrétienne, car il est sous-entendu que le mari est le chef de la famille. Mais Dieu interdit tous les mariages mixtes entre les Israélites et les non-croyants, le danger spirituel étant un problème pour les hommes aussi bien que les femmes.

Dans la vie du roi Salomon, nous voyons la tragédie qui s’est produite quand il choisit de désobéir au commandement de Dieu dans ce domaine.

« Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères […] appartenant aux nations dont l’Éternel avait dit aux enfants d’Israël : Vous n’irez point chez elles, et elles ne viendront point chez vous ; elles tourneraient certainement vos cœurs du côté de leurs dieux […] À l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu, comme l’avait été le cœur de David, son père. » (1 Rois 11.1,2,4)

Salomon désobéit à Dieu en épousant des femmes païennes, puis il eut l’audace de construire à Jérusalem, la ville sainte, des temples d’idoles pour complaire à ces femmes (v. 7). Comme on pouvait s’y attendre, il finit par adorer lui-même les faux dieux.

Salomon est connu pour avoir été l’homme le plus sage de l’histoire, et Dieu lui avait même apparu par deux fois.

« Il n’y avait point de roi semblable à lui parmi la multitude des nations, il était aimé de son Dieu, et Dieu l’avait établi roi sur tout Israël ; néanmoins, les femmes étrangères l’entraînèrent aussi dans le péché. » (Néh. 13.26)

Si le cœur même de Salomon fut détourné de Dieu à cause de son amour pour des femmes qui suivaient d’autres religions, un chrétien aujourd’hui ne devrait pas se croire si fort qu’il peut se marier sans danger avec un non-chrétien.

Le même principe est enseigné dans le Nouveau Testament. En 1 Corinthiens 7.39 la Bible donne la règle suivante :

« Une femme est liée aussi longtemps que son mari est vivant ; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut ; seulement, que ce soit dans le Seigneur. »

Une veuve peut bien se remarier après la mort de son premier mari, mais qu’elle se marie avec un chrétien.

En 1 Corinthiens 9.5, Paul dit qu’il avait, en tant qu’apôtre, certains droits, même s’il n’en usait pas toujours. Il dit qu’il avait, par exemple, le droit d’épouser une femme (contrairement à la doctrine de certaines Églises qui défendent aux conducteurs chrétiens de se marier) : « N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre épouse, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur et Céphas ? » Vous remarquerez que Paul précise « une sœur », c’est-à-dire une chrétienne, une femme qui serait sa sœur en Christ ; il n’aurait jamais songé à se lier avec une non-chrétienne dans le mariage. Quelle entrave ce serait pour son ministère ! En fait, aucun passage du Nouveau Testament ne suggère qu’il serait acceptable de choisir un mari ou une femme qui ne soit pas déjà en Christ.

Voici un conseil sage : cherchez un conjoint qui vous aidera à parvenir au ciel. La vie chrétienne a beaucoup de récompenses, mais elle n’est pas du tout facile. Les tentations abondent. La faiblesse est toujours là. Voilà pourquoi la Bible est remplie de passages qui nous recommandent de faire certaines choses « les uns pour les autres » : Aimez-vous les uns les autres. Exhortez-vous réciproquement. Portez les fardeaux les uns des autres. Soyez serviteurs les uns des autres. Supportez-vous, édifiez-vous, consolez-vous les uns les autres. Il est évident que nous avons besoin de l’aide spirituelle de nos frères et sœurs en Christ, et quand le mari et la femme sont tous deux chrétiens, cette aide si nécessaire est disponible tous les jours à la maison.

Quand on se marie, même avec un non-chrétien, on peut espérer des avantages sur le plan matériel, de la satisfaction sur le plan sexuel, de l’aide pratique pour la vie professionnelle ou domestique, et plus, mais le chrétien qui se marie à quelqu’un d’une autre religion ne doit pas s’attendre au soutien de son partenaire sur le plan spirituel. Au contraire, il risque de rencontrer tôt ou tard l’incompréhension, le mépris, la moquerie, les bâtons dans les roues, voire l’opposition ouverte. Certains non-chrétiens trouvent divers moyens pour empêcher leurs conjoints de se rendre au culte, de participer aux activités de l’Église, de recevoir la visite des frères et sœurs en Christ. Même dans le meilleur des cas, on ne reçoit pas de son mari ou sa femme l’encouragement dont nous avons tous besoin ; au contraire, on aura à faire avec l’indifférence, l’hostilité ou même la persécution.

Même quand votre partenaire semble neutre à l’égard de votre foi et ne fait rien pour vous empêcher dans vos activités spirituelles, son influence humaniste, mondaine ou païenne risque de vous transformer avec le temps. « Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15.33). Quant à ceux qui croient en Jésus, mais qui adhèrent fortement à de fausses doctrines, ils peuvent finir par vous convaincre que la conformité à la Parole de Dieu n’est pas si importante que ça. À la longue vous risquez de vous éloigner de l’Église du Seigneur.

À cause de votre foyer

En 2 Corinthiens 6 nous avons cette exhortation :

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. [Ne formez pas un attelage disparate ou hétérogène.] Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? » (2 Cor. 6.14,15)

Deux bêtes attelées sous un même joug sont obligées d’aller dans le même sens, de collaborer étroitement ensemble. C’est l’image d’une association intime dont on ne peut pas facilement se dégager. Il ne convient pas de placer sous un même joug deux bêtes qui sont trop différentes l’une de l’autre. Moïse a même ordonné : « Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble » (Deut. 22.10). L’image du joug correspond au mariage, et l’image d’un bœuf et un âne attelés ensemble représente bien l’union d’un chrétien et un non-chrétien dans le mariage. Ce n’est pas normal, et ça ne marche pas bien.

Quand deux personnes se marient, elles sont censées avoir tout en commun, former une seule chair (Éph. 5.31), s’unir profondément pour former un couple et, par la grâce de Dieu, faire des enfants et les élever ensemble. C’est l’union la plus profonde qui puisse exister entre deux êtres humains. Mais quand l’un est chrétien et l’autre ne l’est pas, ils n’ont pas en commun ce qui est le plus fondamental, le plus important. L’un veut vivre dans la lumière du Christ, alors que l’autre reste encore dans les ténèbres. L’apôtre Paul nous dit de ne pas nous mettre dans une telle situation.

Le mariage est censé être une bénédiction, mais il demande beaucoup d’effort. Il finit trop souvent dans le divorce ou la misère. Nous avons besoin de ce qui peut renforcer nos unions. La foi commune en Jésus-Christ, la détermination d’atteindre le même objectif (le ciel), les valeurs partagées que nous apprenons dans la Bible et qui nous guident dans les décisions de chaque jour, la consolation et le courage dans les épreuves que nous avons grâce à notre espérance chrétienne – toutes ces choses contribuent au succès d’un foyer chrétien.

Quand vous êtes marié avec un non-chrétien, non seulement vous n’avez pas tout cela pour vous rapprocher, mais vous devez faire face à beaucoup qui peut vous diviser. Vous n’avez pas les mêmes valeurs et priorités, et vous risquez d’avoir des points de vue inconciliables sur l’utilisation de l’argent (le non-chrétien ne veut pas le « gaspiller » en le donnant à l’Église), sur la permanence du mariage (le non-chrétien trouve qu’il y a de nombreuses causes valables du divorce), sur la consommation de l’alcool, sur l’avortement comme moyen de contrôler les naissances, sur la nécessité de réserver tous les dimanches pour aller au culte (sans parler des réunions de prière ou les études bibliques), sur l’obligation absolue de la fidélité sexuelle de l’homme aussi bien que de la femme, sur la possibilité de consulter un charlatan si votre enfant est malade et que les médecins ne le soignent pas avec succès, etc. Il y a de nombreuses sources potentielles de conflit. Même si votre conjoint est un croyant fervent, mais membre d’une autre communauté, il faut prévoir la possibilité de conflits : Dans quelle communauté allez-vous élever vos enfants ? Comment pourrez-vous évangéliser ensemble si vous n’êtes pas d’accord sur les conditions du salut ? Chacun sera-t‑il satisfait de voir une partie de l’argent, pour lequel il a fait sa part afin de le gagner, utilisée pour propager des doctrines qu’il n’accepte pas ?

À cause de vos enfants

Rappelez-vous qu’en choisissant la personne que vous allez épouser, vous choisissez pour vos enfants futurs leur père ou leur mère. Ce choix aura certainement des retombées sur votre capacité de les éduquer comme Dieu le veut. Les parents ont toujours eu le devoir de transmettre à leurs enfants la connaissance de Dieu et de sa volonté. L’Éternel dit aux Israélites :

« Quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous présente aujourd’hui ? Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton cœur ; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants. » (Deut. 4.8,9)

« Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. » (Deut. 6.6,7)

Le même devoir incombe aux parents chrétiens : « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur » (Éph. 6.4).

Si le non-chrétien ne participe pas à la vie de l’Église, l’autre pourrait quand même, en principe, amener les enfants au culte et à l’étude biblique. (Cela n’est pas forcément le cas. Si l’évêque catholique autorise un catholique à entrer dans un mariage mixte, il est dit explicitement que les enfants doivent être éduqués dans la foi catholique. Dans certains pays musulmans, l’enfant d’un parent musulman est automatiquement et légalement musulman, et c’est un crime que de l’influencer à devenir chrétien.) Mais même si le non-croyant permet à son partenaire de partir à l’église avec les enfants, son exemple aura quand même une influence négative sur eux. Quand les enfants grandiront, ils voudront peut-être, comme le parent non chrétien, rester à la maison le dimanche, dormir, regarder la télé, recevoir des amis, etc. En plus de son exemple, le parent d’une autre religion aura certainement une influence à travers ses conseils, sa façon de raisonner, sa moralité et la place qu’il aura naturellement dans le cœur de ses enfants.

Le chrétien qui se propose d’épouser un non-chrétien doit bien réfléchir à cette question : « Et si je mourais ? » Au cas où le parent chrétien meurt, que deviendront les enfants si le parent qui reste n’est pas chrétien ? Les accompagnera-t‑il aux activités de l’Église ? Leur montrera-t‑il chaque jour comment vivre pour plaire à Dieu ?

Si vous êtes déjà dans un mariage mixte

Si vous vous êtes déjà mariés avec un non-chrétien, vous avez besoin de comprendre deux vérités :

1) Un mariage mixte est toujours un mariage aux yeux de Dieu. Parfois c’est le résultat d’une mauvaise décision du côté du chrétien, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans certaines cultures, les parents choisissent des époux pour leurs enfants et ne cherchent pas l’avis de ces derniers. Souvent, l’homme et sa femme étaient déjà mariés avant d’entendre l’Évangile ; l’un devient chrétien et l’autre rejette la Parole. Du coup, c’est un mariage mixte. Parfois, les deux époux sont chrétiens au départ, mais l’un d’eux abandonne sa foi. Alors que dans l’Islam, un mariage est suspendu ou annulé si, par exemple, la femme se convertit et le mari demeure incrédule (le Coran, sourate 60, ayat 10), selon la Bible, les obligations conjugales subsistent.

« Si un frère a une femme non-croyante et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ; et si une femme a un mari non-croyant et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne répudie point son mari. Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. » (1 Cor. 7.12-14)

Même si vous avez pris une mauvaise décision dans votre choix d’un conjoint, vous êtes engagé. C’est toujours un mariage aux yeux de Dieu, et vos enfants ne sont pas illégitimes.

(2) Vous avez le devoir d’être un bon époux et de garder l’espoir que votre mari ou femme se convertira un jour. « Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? » (1 Cor. 7.16).

« Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent pas à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. » (1 Pierre 3.1,2)

Si vous n’êtes pas encore engagé

Supposons que vous êtes encore célibataire, et que vous commenciez à vous intéresser à une personne que vous espérez convertir avant de vous marier avec elle. Voici deux conseils pratiques :

(1) Ne lui dites surtout pas qu’elle doit devenir chrétienne avant que vous ne l’épousiez. Il se peut qu’elle se fasse baptiser juste pour que vous acceptiez de vous marier avec elle. Ainsi, elle ne sera pas baptisée pour les bonnes raisons et risque de ne pas respecter son engagement.

(2) Ne vous mariez pas en pensant que vous allez convertir l’autre après le mariage. Ne vous mariez pas avec quelqu’un en ayant à l’esprit l’idée de changer son caractère, ses activités, ses habitudes ou sa façon de penser. Vouloir forcer votre conjoint à changer est un moyen assez sûr de provoquer les conflits et le malheur dans le foyer.

Lorsqu’un chrétien choisit de se marier avec quelqu’un d’une autre religion, il y a 80 % de probabilité qu’il n’arrivera pas à convertir son époux et jouir du bonheur d’un foyer chrétien ; d’ailleurs, plus de 50 % des chrétiens qui se marient à des non-chrétiens finissent par devenir eux-mêmes infidèles et quitter l’Église. Le risque d’une catastrophe spirituelle est très grand.

Enfin, répétons-le : choisissez quelqu’un qui vous aidera à aller au ciel, quelqu’un avec qui vous vous entendrez puisqu’il partage vos valeurs chrétiennes, et quelqu’un qui sera un bon parent chrétien pour vos enfants. Demandez à Dieu de vous aider, et cherchez parmi son peuple.


Que voulons-nous dire par chrétien ou non-chrétien ?

Il va sans dire que la personne qui ne partage pas la foi en Christ serait dans la catégorie de non-chrétien. Un païen – quelqu’un, par exemple, qui adore des idoles ou les esprits des ancêtres, qui craint les mauvais sorts et les malédictions, qui pratique la magie ou cherche des amulettes pour se protéger contre la sorcellerie – est un non-chrétien. Le Juif qui ne croit pas que Jésus est le Christ est un non-chrétien. L’homme moderne qui, explicitement athée ou pas, ne s’intéresse qu’aux choses mondaines n’est manifestement pas un disciple du Christ. Et les musulmans, dont beaucoup prétendent croire en Jésus, bien qu’ils ne croient pas la même chose à son sujet que ce que la Bible enseigne, ne sont pas chrétiens.

Mais il faut considérer une autre sorte de personne : le non-chrétien peut être celui ou celle qui est membre fidèle d’une dénomination ou communauté dite chrétienne. Selon la Bible, ceux qui appellent Jésus « Seigneur, Seigneur » ne font pas tous la volonté du Père et ne seront pas tous reconnus par lui au dernier jour (Luc 6.46 ; Matt. 7.21-23). Qu’ils soient sincères ou pas, beaucoup n’ont pas obéi au plan du salut enseigné dans le Nouveau Testament, car ils adhèrent à une confession qui prêche une doctrine contraire. Beaucoup adorent Dieu en suivant des traditions humaines plutôt que la Parole de Dieu (Matt. 15.9). Quand nous parlons de chrétiens fidèles, nous n’entendons pas les membres des dénominations, ces Églises qui sont étrangères à la Parole de Dieu.

B.B.
(Vol. 19, No. 5)

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

Depuis presque un siècle, la Palestine était tombée sous la domination de l’Empire romain, et la plupart des Juifs en étaient très mécontents. Les travaux forcés, les symboles idolâtres étalés dans « la terre sainte », la manière dont les opposants étaient torturés et mis à mort, la perte de liberté et de dignité – tout cela contribuait à la rancœur. Les impôts que les Romains imposaient au peuple juif étaient particulièrement détestés, un rappel continuel de l’humiliation nationale. Chacun devait verser à ce pouvoir étranger 10 % de sa production de céréales, 20 % des vins et des huiles, 1 % de tous ses revenus et un denier (l’équivalent du salaire d’une journée) par personne chaque année. Voilà la mise en scène d’un piège que les ennemis de Jésus lui ont tendu. Ils cherchaient une occasion soit de discréditer Jésus auprès du peuple juif, soit de l’accuser de rébellion auprès des autorités romaines.

« Et ils vinrent lui dire : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t’inquiètes de personne ; car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? Devons-nous payer, ou ne pas payer ? Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit : Pourquoi me tentez-vous ? Apportez-moi un denier, afin que je le voie. Ils en apportèrent un ; et Jésus leur demanda : De qui sont cette effigie et cette inscription ? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l’étonnement. » (Marc 12.14-17)

Le fait que l’on pouvait produire si facilement une pièce de monnaie romaine montrait que les Juifs étaient sous l’autorité de César, car ces pièces n’étaient employées que sur le territoire romain. D’ailleurs, les pièces émises par un roi de l’antiquité pour l’utilisation sur son territoire étaient considérées comme étant sa propriété – d’où la parole de Jésus, « Rendez à César ce qui est à César ». Mais tout en affirmant un devoir envers les gouvernements humains, Jésus a souligné aussi les devoirs envers le Roi de l’univers.

Les gouvernements civils et l’Église ont tous les deux été établis par Dieu, mais ils n’ont ni les mêmes rôles ni les mêmes champs d’action. L’État a, par exemple, le droit de punir les malfaiteurs, même jusqu’à l’application de la peine de mort. Quant à l’Église, « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles » (2 Cor. 10.4). Ce n’est pas à l’Église d’« exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal » (Rom. 13.4). Par contre, ce n’est pas à l’État civil de décider comment les chrétiens doivent adorer Dieu ou quel message ils doivent prêcher. Ces choses sont déterminées par la Bible seule.

Considérons donc nos responsabilités envers le gouvernement, après quoi nous verrons ce qu’il faut rendre à Dieu.

Rendez à César ce qui est à César

Les impôts

Jésus enseigne clairement en Marc 12.17 que nous devons payer des impôts. Il semble que la majorité des gouvernements soient caractérisés par le gaspillage, l’inefficacité et la corruption, mais cela ne change pas notre devoir. « Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut » (Rom. 13.7). Que ce soit les taxes douanières, les impôts sur le revenu, la TVA, les permis obligatoires ou d’autres obligations financières imposées par l’État, le chrétien ne doit pas agir malhonnêtement pour les éviter. Peu importe si nos concitoyens sont nombreux à commettre avec succès de la fraude fiscale, nous ne devons pas leur ressembler.

L’obéissance

Plusieurs passages du Nouveau Testament insistent sur la nécessité d’obéir aux lois des gouvernements humains sous lesquels nous vivons :

« Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. » (1 Pi. 2.13,14 )

« Rappelle-leur d’être soumis aux magistrats et aux autorités, d’obéir, d’être prêts à toute bonne œuvre. » (Tite 3.1)

Le texte le plus complet à ce sujet se trouve en Romains 13.

« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. » (Rom. 13.1-5)

Le chrétien se soumet au gouvernement, non seulement pour éviter d’être puni par les autorités, mais surtout à cause de son respect pour Dieu. Il y a, bien sûr, des lois dont tout le monde reconnaît le bien-fondé, comme celles qui interdisent le vol, le meurtre, le viol, etc., mais l’enfant de Dieu est appelé à se soumettre même aux règlements qui semblent parfois gênants. Par exemple, certains trouvent que les lois sur l’immigration sont trop compliquées ou onéreuses ; que cela soit le cas ou non, le chrétien qui voudrait immigrer dans un pays qui n’est pas le sien doit procéder de la façon légale. Les limites de vitesse semblent parfois trop basses, mais ce ne sont pas simplement des suggestions ; il faut essayer sincèrement de les respecter. Le mariage traditionnel est plus courant que le mariage légal dans beaucoup de pays, mais si la loi chez vous ordonne de légaliser vos unions conjugales, vous devez, en tant que chrétiens, vous conformer à ces exigences. Si vous habitez un pays qui offre des aides en matière de logement, santé, retraite, éducation, etc., vous ne devez pas employer de faux papiers ou donner des pots-de-vin pour obtenir des avantages auxquels vous n’avez pas droit. Le chrétien respecte la loi.

C’est Dieu qui a voulu l’existence de l’institution qu’on appelle « gouvernement ». L’État a été établi par Dieu pour le bien de la société. Il est presque toujours préférable d’avoir même un mauvais gouvernement que de ne pas en avoir du tout. Demandez à quiconque subit les effets de l’anarchie dans un pays déchiré par la guerre et dont l’État ne peut assurer la sécurité de personne. Les chapitres 17 à 21 du livre des Juges décrivent une période de violence et d’injustice criante en Israël. Et pourquoi le désordre avait-il augmenté à ce point ? « En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qu’il voulait » (Jug. 21.25). Dieu a donc établi le gouvernement pour notre bien.

Mais c’est aussi Dieu qui fait que telle ou telle personne détienne le pouvoir ; c’est lui qui établit les autorités. Selon Daniel 4.17, Dieu promit d’exercer un jugement sur Nebuchadnetsar, le roi orgueilleux de Babylone, « afin que les vivants sachent que le Très-Haut domine sur le règne des hommes, qu’il le donne à qui il lui plaît, et qu’il y élève le plus vil des hommes ». Ceux qui sont au pouvoir ne comprennent pas souvent cette vérité. En Ésaïe 10.5-17, Dieu appelle le roi assyrien la verge de sa colère, la verge dans sa main pour punir son peuple infidèle (Israël), mais ce roi « n’en juge pas ainsi, et ce n’est pas là la pensée de son cœur. Il ne songe qu’à détruire ». Le verset 12 ajoute : « Mais, quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre sur la montagne de Sion et à Jérusalem, je punirai le roi d’Assyrie pour le fruit de son cœur orgueilleux, et pour l’arrogance de ses regards hautains ». Tout le livre de l’Apocalypse souligne le fait que Dieu, en son temps, allait punir et renverser l’Empire romain qui persécutait l’Église. De nombreux passages bibliques montrent que Dieu élève au pouvoir et enlève du pouvoir, pas forcément à cause de la justice ou de l’injustice de ces chefs d’État, mais pour accomplir ses propres desseins. Malgré les apparences, c’est toujours le Seigneur qui règne. Le chrétien ne se joindrait pas à une rébellion armée pour renverser un gouvernement, car c’est à Dieu d’établir ou d’enlever qui il veut et quand il le veut.

La prière

« J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur. » (1 Tim. 2.1-3)

Le devoir de prier pour les autorités ne dépend pas de leur justice. Les empereurs romains qui régnaient sur le monde quand Paul écrivait ces mots étaient des hommes immoraux et injustes. Mais remarquons que la Parole ne dit pas qu’il faut forcément demander à Dieu de donner au chef d’État une longue vie ou le succès de tous ses projets ou sa réélection. On prie Dieu que les décisions des autorités permettent aux chrétiens de vivre dans la paix et la piété. Quand ceux qui gouvernent sont favorables à l’œuvre de Dieu, on peut en remercier Dieu et lui demander de les bénir dans ce qu’ils font de positif. Quand ils se mettent à persécuter le peuple de Dieu ou à promouvoir l’immoralité et l’injustice, on peut prier Dieu de les amener, si possible, à la repentance, pour leur propre bien, le bien de la société et le bien de l’Église.

L’honneur

« Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. » (Rom. 13.7)

« Craignez Dieu ; honorez le roi. » (1 Pi. 2.17)

Quand Dieu ordonne d’honorer quelqu’un, que ce soit nos parents, les gouverneurs ou les rois, il importe peu si nous estimons qu’ils sont personnellement dignes d’honneur. Il y a des pères négligents ou sans tendresse paternelle, des mères qui sont esclaves de la boisson ou la drogue, et des autorités civiles qui sont remplies d’orgueil et assoiffées d’argent et de pouvoir. Mais nous les traitons avec du respect à cause de leur position d’autorité à notre égard, sachant que c’est Dieu qui les a placés. Quand le roi Saül cherchait à faire mourir le jeune homme David, qui ne lui avait fait aucun mal, David eut plus d’une fois l’occasion de tuer Saül. L’entourage de David l’encouragea à le faire, en lui disant que Dieu avait livré Saül entre ses mains. Saül était devenu un tyran, et son caractère ne méritait plus le respect. C’est à cause de son grand respect pour Dieu que David ne s’est pas permis de faire du mal à Saül, parce que Dieu l’avait établi roi, ou « oint ».

« Qui pourrait impunément porter la main sur l’oint de l’Éternel ? Et David dit : L’Éternel est vivant ! C’est à l’Éternel seul à le frapper, soit que son jour vienne et qu’il meure, soit qu’il descende sur un champ de bataille et qu’il y périsse. Que l’Éternel me garde de porter la main sur l’oint de l’Éternel ! » (1 Sam. 26.9-11)

Dans la société moderne, l’exemple de la presse nous apprend soit à critiquer impitoyablement et sans cesse nos autorités, soit à les soutenir aveuglément et servilement dans toutes leurs politiques. Le chrétien doit essayer de parler toujours avec respect pour les autorités, même s’il doit parfois, comme Jean-Baptiste a fait à l’égard du roi Hérode (Matt. 14.3,4), leur dire des vérités qu’elles ne voudraient pas entendre.

Remarquez que ces passages bibliques qui parlent de nos devoirs à l’égard des autorités n’enseignent pas qu’il faut forcément participer au processus politique, qu’il faut voter ou qu’il faut être très patriotique. Ils ne défendent pas ces choses, non plus, mais l’activité politique n’est apparemment pas une partie essentielle de la vie chrétienne. La Bible ne recommande ni la monarchie ni la démocratie – l’une ou l’autre peut servir les besoins du peuple ou, au contraire, permettre d’exercer la tyrannie sur une partie de la population. Les chrétiens doivent s’accrocher fermement à leur foi face aux régimes oppressifs et ne pas tomber dans la paresse spirituelle sous des gouvernements tolérants. Dans tous les cas, la prédication de l’Église devrait être apolitique, dans le sens où elle ne s’aligne pas derrière un parti ou un homme politique. En plus, l’Église de Dieu n’a pas de nationalité.

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu

Tous « nos » biens

Le chrétien reconnaît que tous « ses » biens appartiennent déjà à Dieu ; nous n’en sommes que des gestionnaires. Voilà l’idée derrière les paraboles des talents (Matt. 25.13-46) et des mines (Luc 19.11-26), dans lesquelles Jésus parle de maîtres qui confient à leurs serviteurs des sommes d’argent pour les faire valoir et rendre compte par la suite de leur gestion. Comme Dieu avait dit par le prophète Aggée : « L’argent est à moi, et l’or est à moi » (Ag. 2.8). Le roi David reconnut cette vérité quand il présentait à Dieu une offrande de la part de son peuple :

« Éternel, notre Dieu, c’est de ta main que viennent toutes ces richesses que nous avons préparées pour te bâtir une maison, à toi, à ton saint nom, et c’est à toi que tout appartient. » (1 Chr. 29.16)

L’obéissance absolue

On doit obéir aux gouvernements humains, mais que faire si un homme ordonne ce qui est contraire aux ordres de Dieu ? La Bible est très claire : en cas de conflit entre les ordres d’un homme quelconque et ceux du Seigneur, « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5.29). Jésus avait ordonné à ses disciples de prêcher l’Évangile au monde entier, mais les chefs juifs leur interdirent de parler en son nom.

« Pierre et Jean leur répondirent : Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4.19,20)

Les apôtres et des chrétiens sans nombre depuis leur temps ont accepté l’emprisonnement, la torture, l’exil et la mort au lieu de se taire et de désobéir ainsi à leur Seigneur.

Schadrac, Méschac et Abed-Nego, les trois célèbres amis de Daniel, ont reçu l’ordre de se prosterner devant la statue dressée par le roi Nebucadnetsar et de l’adorer ; autrement, ils seraient jetés dans une fournaise ardente. Mais Dieu avait dit à son peuple :

« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. Tu ne te feras pas d’image taillée […] Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. » (Exode 20.3-5)

Voici donc la réaction de ces hommes pleins de courage :

« Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. Même s’il ne le fait pas, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. » (Dan. 3.17,18)

Nos corps et nos vies

Que ce soit pour réclamer le droit à l’avortement ou le droit de refuser une injection, on voit parfois le slogan, « Mon corps, mon choix ». Mais pour le chrétien, son corps ne lui appartient pas, à plus forte raison il n’appartient à l’État.

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » (1 Cor. 6.19,20)

Dans le contexte, l’apôtre Paul enseigne que le chrétien n’a pas le droit de se servir de son corps pour commettre du péché sexuel. Il va sans dire que si mon corps appartient à Dieu, je n’ai pas non plus le droit de l’abîmer ou le détruire. Je fais de mon mieux pour le maintenir pour le service de Dieu, son vrai propriétaire.

Notre amour

Le véritable amour est toujours quelque chose de bien, que ce soit pour sa famille, ses voisins ou sa patrie, tout comme l’orgueil et l’égoïsme sont toujours condamnables. Mais il y a un amour qui doit primer sur tous les autres : quand on demanda à Jésus quel était le plus grand commandement de la loi, il répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Matt. 22.37). Comparés à l’amour que nous devons avoir pour Jésus, tous les autres amours, y compris l’amour pour nous-mêmes, ressembleraient à de la haine :

« Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (Luc 14.26 ; voir aussi Matt. 10.37)

Daniel manifesta son amour pour Dieu et son courage quand il choisit de prier Dieu au lieu de se soumettre à l’ordre du roi des Mèdes et des Perses qui interdisait d’adresser des prières à quelque dieu ou à quelque homme, excepté au roi lui-même, sous peine d’être jeté dans la fosse aux lions.

« Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem ; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant. » (Dan. 6.10)

L’amour pour Dieu se manifeste dans les actions.

Dieu établit les autorités, mais elles ne doivent pas usurper les droits qui appartiennent à Dieu seul. Évidemment, pour nous les chrétiens, ni notre pays ni son gouvernement ne peut jamais avoir la première place dans notre cœur, car elle appartient déjà à notre Seigneur.

Citoyens du royaume des cieux

Quand nous sommes nés d’eau et d’Esprit par l’obéissance à l’Évangile (Jean 3.5), nous avons été transportés dans le royaume de Christ (Col. 1.13). Nous nous attachons désormais, non plus aux choses de la terre, mais aux « choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu » (Col. 3.1), car son royaume « n’est point d’ici-bas » (Jean 18.36). Nous sommes désormais « citoyens des cieux, d’où nous attendons que vienne notre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ » (Phil. 3.20, FC). Cela fait de nous des « étrangers et voyageurs sur la terre » (1 Pi. 2.11). Et contrairement à tous les gouvernements humains, ce royaume que nous recevons est inébranlable (Héb. 12.28). Soyons de bons sujets des pays où nous sommes de passage, mais soyons aussi de bons citoyens de notre patrie céleste, et ne négligeons jamais de rendre à Dieu ce qui est à Dieu.

B.B.
(dans Vol. 19., No. 4)

La prière pour les morts

Entendez-vous jamais, lors d’un décès, qu’il est du devoir des vivants de prier pour l’âme du défunt ? Dans les messages de consolation, on trouve très souvent des paroles comme « Qu’il repose en paix » ou « Paix à son âme ». Certaines communautés consacrent un jour spécial chaque année à la prière pour les morts. La Commémoration de tous les fidèles Défunts, appelée aussi jour des Morts, est une célébration catholique qui a lieu chaque année le 2 novembre, le lendemain du jour de la Toussaint. Que ce soit chez les catholiques, les orthodoxes, les musulmans, les bouddhistes, les hindous ou certains protestants, il est recommandé de prier pour des morts.

Dans le catholicisme, les pratiques de prier, d’allumer des cierges et de payer des messes pour les morts sont liées à la croyance au Purgatoire. Selon le catéchisme de l’Église catholique :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés […] Le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché […] Puisque les fidèles défunts sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés. » (¶ 1030, 1031, 1475, 1479)

Les Églises orthodoxes n’acceptent pas l’idée d’un lieu de tourment appelé « Purgatoire », mais elles recommandent les mêmes moyens que l’Église catholique (la prière, l’Eucharistie, les œuvres de charité, etc.) pour libérer les âmes d’un « lieu de ténèbres et de tristesse » où elles sont purifiées de leurs péchés. Pareillement, les musulmans ne parlent pas de Purgatoire, mais ils prient pour les morts qui n’ont peut-être pas été assez justes pour accéder au paradis, afin de faire pencher la balance en leur faveur.

Que faut-il penser de la prière pour les morts ? S’agit-il d’un devoir ? Et les formules telles que « Paix à son âme », sont-elles utiles ou bien relèvent-elles du vœu pieux ? Pouvons-nous aider, après leur mort, ceux que nous avons aimés dans cette vie ?

En fait, cette pratique pose de sérieux problèmes.

De faux espoirs

Dans l’histoire de l’homme riche et Lazare que Jésus raconte en Luc 16.19-31, il nous donne un aperçu de l’état de ceux qui sont déjà morts et qui attendent le Jugement dernier. (Nous savons que le Jugement dernier n’avait pas encore eu lieu dans le récit, car l’homme riche s’inquiétait pour ses cinq frères et voulait qu’ils se repentent, avant qu’il ne soit trop tard, afin de ne pas le rejoindre dans le tourment.) Étant dans le séjour des morts, l’homme riche souffrait déjà, et Lazare, dans « le sein d’Abraham », était déjà consolé des souffrances qu’il avait endurées pendant sa vie. Dieu, qui ne fait pas d’erreurs, avait mis chacun dans les conditions appropriées pour attendre la résurrection, et ces âmes ne changeraient pas de place, quel que soit le temps qui passerait sur la terre. Abraham expliqua à l’homme riche : « D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire » (Luc 16.26). Jésus ne parla d’aucun lieu temporaire de châtiment ou de purification, d’où une personne sortirait tôt ou tard.

Craintes inutiles

Alors que la croyance au Purgatoire et la pratique de la prière pour les morts encouragent des espoirs sans fondement chez les uns, elles suscitent des craintes inutiles chez les autres. Si l’immense majorité de chrétiens fidèles, « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu », doit, après la mort, passer un temps plus ou moins long dans le tourment, alors la peur, sinon la terreur, sera inévitable. Pourtant, la Bible dit que Jésus nous délivre de la crainte de la mort.

« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin de détruire, par la mort, celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » (Hébreux 2.14,15)

Comment être libres de la peur, sachant que nous allons directement dans les flammes du tourment pour une durée inconnue – des années ou même des siècles ? ! La Bible, par contre, promet à ceux qui meurent en Christ quelque chose de mieux après cette vie :

« Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » (Apocalypse 14.13)

Dénigrement de l’œuvre du Christ

Enseigner que les morts en Christ ont encore besoin de nos prières est une façon de refuser à l’œuvre du Christ toute sa vraie valeur. C’est nier l’efficacité de son sang pour la purification des pécheurs. Il est vrai que même un chrétien fidèle n’est pas assez juste, par sa propre justice personnelle, d’accéder à la présence du Dieu trois fois saint. Comme Ésaïe 64.5 le dit : « Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé. » Même le chrétien sincère et dévoué lutte avec ses faiblesses et se reconnaît chaque jour endetté envers la grâce divine. Mais gloire à Dieu ! Cette grâce est disponible et parfaitement efficace.

« Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. […] Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1.7,9)

La doctrine catholique qualifie différents péchés

de « mortels » (graves) et « véniels » (moins graves) et prétend que ce sont les péchés véniels qui sont expiés dans le Purgatoire. Ceux qui sont coupables de péchés mortels iraient directement en enfer. Mais la Bible n’emploie pas les termes mortel et véniel, et elle ne contient aucune liste de péchés rangés selon le caractère sérieux de tel ou tel acte. Elle nous informe que le salaire du péché (tout péché), c’est la mort (Romains 6.23), et que le sang de Jésus purifie de tout péché celui qui est sauvé.

L’apôtre Paul fait le contraste entre la misère de la personne qui n’est pas pardonnée et le bonheur de ceux qui sont en Christ :

« Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! […] Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Romains 7.24,25 ; 8.1)

L’Épître aux Hébreux aussi insiste sur la perfection de ce que Jésus, notre souverain sacrificateur, a fait pour résoudre notre problème de péché :

« Car, par une seule offrande il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi […] : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » (Hébreux 10.14-17)

Aucune autre œuvre n’est nécessaire après notre mort pour que Dieu nous accepte. S’il ne se souvient plus de nos péchés, pourrait-il s’attendre à ce que nous payions le prix de ces péchés au Purgatoire ? Une seule de ces deux choses peut arriver : soit le châtiment, soit le pardon, mais non pas tous les deux.

Conflit avec le principe de la responsabilité individuelle

La Bible enseigne de plusieurs manières que chacun de nous sera jugé selon ses propres choix, sa propre vie. Déjà dans l’Ancien Testament, on trouve ce principe :

« L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui. » (Ézéchiel 18.20)

Le Nouveau Testament le dit plus succinctement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains 14.12). Nous pouvons essayer d’influencer les autres pour le bien, mais nous ne pouvons pas obéir à Dieu à leur place.

Beaucoup ont l’idée erronée que nous sommes tous condamnés par le péché de nos premiers parents, qui ont vécu très longtemps avant nous. Pourquoi alors, se disent-ils, ne serions-nous pas épargnés du châtiment grâce à la piété de ceux qui nous survivent sur la terre ? En réalité, personne n’est souillé devant Dieu par les péchés de ses ancêtres. Quand l’apôtre Paul voulait prouver dans l’Épître aux Romains que tous ont besoin du salut, il ne dit pas que tous héritent le péché – il énuméra plutôt les péchés que commettaient les païens et les péchés que commettaient les Juifs, avant de conclure : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Il est vrai que nous subissons certaines conséquences des actes de ceux qui nous ont précédés sur la terre, y compris Adam et Ève, mais une conséquence n’est pas la même chose que la culpabilité. Nous nous rendons coupables quand nous commettons personnellement du péché.

Le fait que nous avons tous péché nous aide à comprendre pourquoi Jésus est la seule personne dont la justice pourrait nous sauver. En effet, il n’a commis aucun péché (2 Corinthiens 5.21; Hébreux 4.14,15). Il n’avait pas, comme toute autre personne, sa propre dette à payer ; il n’avait pas mérité « le salaire du péché [qui est] la mort » (Romains 6.23). Jésus, et Jésus seul, est spirituellement riche et capable de nous venir en aide. Mais personne ne peut accepter son offre de la grâce à ma place. Personne ne peut s’engager comme disciple de Jésus à ma place. Personne ne peut persévérer en Christ à ma place. Je rendrai compte à Dieu pour moi-même.

La date limite

Nous ne pouvons pas obéir à Dieu pour ceux que nous aimons ; nous ne pouvons que faire de notre mieux pour les influencer dans le bon sens. Mais il arrive un moment où il est trop tard pour nous de les influencer et trop tard pour eux de se laisser influencer par nos paroles, nos exemples et notre amour. Ce moment, c’est la mort. Hébreux 9.27 nous avertit : « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. »

Le jugement en question sera basé entièrement sur les décisions que nous prenons et les actes que nous posons pendant que nous sommes dans notre corps physique, c’est-à-dire avant notre mort. Notre justification dépendra de la foi obéissante que nous aurons exprimée personnellement durant notre vie sur terre.

« Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » (2 Corinthiens 5.10)

Si, après ma mort, mes enfants, ma veuve ou mes frères en Christ font des prières en ma faveur ou posent des actes de charité à mon nom, cela ne pourra pas figurer dans ma récompense dans l’au-delà. Ce que je recevrai dépendra de ce que j’aurai fait de mon vivant.

Soutien biblique ?

N’y a-t-il aucun passage biblique qui soutienne la doctrine du purgatoire et la pratique de prier pour les morts ? Certains textes sont proposés, mais, quand on les regarde de près, ils ne fournissent pas les preuves souhaitées.

1 Corinthiens 3.15 – le Purgatoire ?

Un passage de choix aux yeux des catholiques se trouve en 1 Corinthiens 3.15 : « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » On nous dit que Paul enseigne ici que la personne dont il parle est sauvée, mais que sa vie et son caractère doivent être purifiés de ce qui est indigne ; cette purification s’accomplirait au moyen des flammes du Purgatoire.

Comme c’est généralement le cas lorsqu’on cherche à comprendre un verset biblique, il est nécessaire de tenir compte du contexte. Prenez donc le temps de commencer votre lecture à partir du verset 4 et de lire jusqu’au verset 17. Vous verrez que l’apôtre ne traite pas le sujet de la vie et du caractère d’un individu qui se sont construits au long de son séjour sur terre. Paul parle d’avoir semé la Parole de Dieu à Corinthe, une semence qui a été arrosée par la suite grâce aux efforts d’Apollos. Il se réfère à l’Église comme le champ de Dieu, et puis il change de métaphore pour l’appeler un édifice. Paul lui-même commença cette œuvre à Corinthe ; il en avait posé le fondement, et d’autres construisaient dessus. Mais ils avaient besoin de faire du bon travail afin que ce qu’ils accomplissaient dans l’œuvre du Seigneur soit aussi durable que possible. Il dit que si les efforts d’un évangéliste tel qu’Apollos ou Paul, ou de n’importe quel chrétien, d’ailleurs, contribuaient à l’œuvre, la qualité de son travail serait évidente pour tous à la fin, « car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun » (v. 13). Le feu représente soit le Jugement dernier soit les épreuves telles que la persécution, parce que dans les deux cas on verra, parmi les âmes que nous conduisons au Seigneur, les personnes qui auront été animées d’une foi sincère et solide.

Notre propre salut ne dépend ni de l’obéissance, ni de la persévérance, ni du salut final de ceux que nous essayons d’évangéliser, mais, si nous arrivons à amener d’autres âmes au ciel avec nous, nous aurons une récompense. Lorsque Paul dit : « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée », il se réfère aux gens qui ont été gagnés au Christ par nos efforts, mais qui ne restent pas fidèles et finissent par perdre leur salut (voir Chemin de Vérité, Vol. 10, No. 5). Dans un tel cas, le chrétien qui les avait évangélisés « perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu » (v. 15). C’est l’image d’une personne qui s’échappe d’une maison qui a pris feu, mais sans pouvoir récupérer les choses de valeur qui s’y trouvaient. Ce passage n’a rien à voir avec un chrétien qui serait tourmenté au Purgatoire afin d’expier ses « péchés véniels » ou d’apprendre ce qu’il n’a pas appris sur terre et devenir ainsi suffisamment pur pour entrer au paradis.

2 Maccabées 12.39-46 – La prière pour les morts ?

Dans le livre de 2 Maccabées, on lit qu’à la suite d’une bataille entre les Juifs et les ennemis qui occupaient leur pays aux années 160 av. J.‑C., le général juif, Judas Maccabée, et ses hommes trouvèrent sur les cadavres de leurs frères juifs qui avaient péri dans le combat des objets associés à l’idolâtrie. Selon les versets 43,44 :

« Puis, ayant fait une collecte d’environ 2 000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts. » (2 Macc. 12.43,44)

Le premier problème que nous constatons à l’égard de ce texte est qu’il provient de l’Apocryphe, une collection de livres que l’on trouve dans les éditions de la Bible dites catholiques, mais qui est absente des autres éditions. Le mot « apocryphe » est dérivé d’un mot grec qui signifiait à l’origine « caché », mais qui, avant la fin du deuxième siècle, avait revêtu le sens de « douteux, suspect, ou contrefait ». L’Église catholique appelle ces livres « deutérocanoniques », ce qui signifie « appartenant à la deuxième liste » et qui suggère quand même que ces livres ne sont pas au même niveau que les autres livres dans la Bible. Alors, ces livres, qui contiennent, il faut le reconnaître, des renseignements utiles et des passages édifiants, pourquoi ne sont-ils pas inclus dans toutes les Bibles ?

Premièrement, les Juifs ne les ont pas reconnus comme faisant partie de la révélation de Dieu. Ceci est important, car l’apôtre Paul écrit en Romains 3.1,2 : « Quel est donc l’avantage des Juifs, ou quelle est l’utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés. » Les Juifs, qui avaient l’honneur d’être les gardiens des Écritures venues de Dieu, ne considéraient pas les livres de l’Apocryphe comme y faisant partie.

Cela explique ce fait curieux : ni Jésus ni ses apôtres n’ont jamais cité l’un des livres « deutérocanoniques », alors qu’ils tiraient des citations de pratiquement tous les autres livres de l’Ancien Testament (ou au moins y faisaient des allusions nettes). Ces autres livres reconnus comme étant la Parole de Dieu faisaient autorité, ce qui n’était pas le cas de l’Apocryphe.

De plus, aucun des livres en question ne prétend être inspiré. Le livre de 2 Maccabées fait même comprendre qu’il ne l’est pas. Vers la fin de sa composition, l’auteur écrit :

« Je vais arrêter ici mon récit. S’il est bien composé et intéressant, alors j’ai atteint mon but ; s’il est imparfait et sans grande valeur, j’ai tout de même fait ce que j’ai pu. » (2 Macc. 15.37,38)

Ce n’est pas ainsi que l’on s’exprime quand on croit avoir été guidé par l’Esprit de Dieu pour écrire les paroles de Dieu lui-même (cf. 1 Cor. 14.37; 1 Th. 2.13). Il est clair qu’un passage d’un tel livre ne constitue pas une preuve biblique.

Un deuxième problème concernant ce texte, c’est que 2 Maccabées 12 contredit la doctrine catholique qui précise que l’on prie seulement pour les péchés véniels, car ceux qui meurent dans le péché mortel sont censés partir directement en enfer. Or, les soldats dont il est question dans ce passage avaient commis l’idolâtrie, un péché mortel. La prière n’aurait servi à rien.

1 Jean 5.16,17 – Le péché mortel ?

Nous avons parlé plus haut de la doctrine catholique qui crée une distinction entre les péchés « mortels » et les péchés « véniels ». Voici un passage qui paraît, à première vue, appuyer cette conception :

« Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. Toute désobéissance à la loi est un péché, mais il y a tel péché qui ne mène pas à la mort. » (1 Jean 5.16,17)

Si un « péché qui conduit à la mort » était égal au péché mortel et un « péché qui ne conduit pas à la mort » était un synonyme de péché véniel, le sens du passage serait : « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché véniel, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère[…] Il y a un péché mortel ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. » Mais cela ne correspond pas à la position catholique. Il n’est pas dit que, si vous voyez quelqu’un commettre un péché véniel, vous pouvez prier pour lui, mais que s’il commet un péché mortel, vous ne devriez pas prier pour lui. Vous pouvez prier qu’une personne qui commet n’importe quel péché puisse revenir à la raison et se repentir. Et si elle se repent, vous pouvez certainement prier Dieu de lui pardonner.

Alors, à quoi se réfère l’apôtre quand il parle de péché « à la mort » ? Il a déjà écrit en 1 Jean 1.9 que Dieu pardonnera tout péché qu’un frère pénitent confessera. S’il y a donc un péché que Dieu ne pardonne pas, il semble raisonnable de conclure qu’il s’agit d’un péché que le chrétien refuse de reconnaître et dont il ne se détourne pas. Il serait inutile de prier Dieu de pardonner à un tel frère.

Conclusion

Non seulement la doctrine du Purgatoire et la pratique de prier pour les morts ne s’harmonisent pas avec des enseignements clairs de la Parole de Dieu, mais elles n’ont aucun soutien dans la Bible. Absolument aucun exemple biblique ne nous montre les chrétiens du temps des apôtres en train de prier pour les morts, que les défunts soient chrétiens ou pas. Aucune épître ne contient de recommandation de faire de telles prières et aucun passage ne suggère l’existence du Purgatoire. N’allons pas au-delà de ce qui est écrit (1 Cor. 4.6) pour offrir de faux espoirs ou créer de la peur inutile. Au contraire, faisons tout pour être trouvés en Christ, des serviteurs fidèles de Jésus, lors de son retour.

B.B.
(dans Vol. 19., No. 3)

Les péchés de la langue

Beaucoup connaissent bien ces paroles : « Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères, que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission ; oui, j’ai vraiment péché. » Elles sont sans aucun doute des paroles que toute personne sincère pourrait prononcer, car, comme Jacques 3.2 le dit : « Nous trébuchons tous de plusieurs manières. » Mais fixons notre pensée sur deux petits mots : J’ai péché en parole. Jacques les souligne dans la suite du verset que nous venons de citer : « Si quelqu’un ne trébuche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. » Plus loin dans cet avertissement concernant l’usage de la langue, l’auteur dit :

« De même, la langue est un petit membre, mais elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! La langue aussi est un feu ; c’est le monde de l’iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne. Toutes les espèces de bêtes et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins sont domptés et ont été domptés par l’espèce humaine ; mais la langue, aucun homme ne peut la dompter ; c’est un mal qu’on ne peut réprimer ; elle est pleine d’un venin mortel. » (Jac. 3.5-8)

Non seulement nous sommes capables de faire des ravages par les choses que nous disons, mais nous n’arrivons jamais au point où nous n’avons plus besoin de vigilance dans ce domaine. Comme il faut toujours veiller sur un animal dangereux qui ne peut pas être réellement apprivoisé, nous devons veiller continuellement sur nos paroles et bien réfléchir avant de parler. Nous devons imiter le comportement que David essayait d’adopter : « Je veillerai sur mes voies, de peur de pécher par ma langue ; je mettrai un frein à ma bouche, tant que le méchant sera devant moi » (Ps. 39.2).

Jésus, aussi, a parlé de la gravité de pécher en paroles : « Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matt. 12.36,37).

Mais pouvons-nous éviter les péchés de la langue si nous ne sommes pas capables de les identifier ? Prenons donc le temps d’énumérer et expliquer brièvement les différents péchés de la langue.

Les mensonges

Commençons par l’un des péchés les plus évidents. Les hommes reconnaissent presque universellement qu’il n’est pas bien de mentir, peut-être parce que personne n’aime qu’on lui mente. Mais étrangement, presque tout le monde se permet, au moins de temps en temps, de mentir aux autres. Nous trouvons de nombreux prétextes pour justifier nos mensonges (pour ne pas offenser, pour protéger, pour éviter une perte financière, ou tout simplement parce qu’on était « obligé » de mentir), mais Dieu, « qui ne ment point » (Tite 1.2) et qui nous appelle à être saints comme lui, nous défend tout mensonge.

« Vous n’userez ni de mensonge ni de tromperie les uns envers les autres. » (Lév. 19.11)

« Il y a six choses que hait l’Éternel et même sept qu’il a en horreur : les yeux hautains, la langue menteuse, les mains qui répandent le sang innocent, le cœur qui médite des projets iniques, les pieds qui se hâtent de courir au mal, le faux témoin qui dit des mensonges, et celui qui excite des querelles entre frères. » (Prov. 6.16-19)

« Les lèvres fausses sont en horreur à l’Éternel, mais ceux qui agissent avec vérité lui sont agréables. » (Prov. 12.22)

« C’est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain. » (Éph. 4.25)

Ces principes ne sont pas simplement pour les autres, et comme nous l’avons souligné dans un numéro assez récent (Vol. 18, No. 3), la fin ne justifie pas les moyens. Parmi les derniers mots de la Bible on trouve ceci : « Pour […] tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre : cela, c’est la seconde mort » (Apoc. 21.8).

Les insultes

Jésus nous défend catégoriquement de lancer des injures (Matt. 5.21,22). Peu importe si « c’est lui qui a commencé ! » La Bible nous dit à plus d’une reprise : « Ne rendez point mal pour mal, ni insulte pour insulte » (1 Pi. 3.9). Si vous n’êtes pas sûr que ce que vous vous apprêtez à dire constitue une parole injurieuse que le Seigneur nous défendrait d’employer, demandez-vous ce que vous ressentiriez si l’on vous le disait. Après tout, nous avons aussi cette règle pour nous guider : « Et comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de même envers eux » (Luc 6.31, TOB). Veillez non seulement sur les paroles que vous dites, mais aussi sur le ton que vous employez. Nous savons tous très bien que les paroles apparemment innocentes peuvent être prononcées de manière à blesser, à humilier, à culpabiliser ou à produire d’autres effets négatifs sur ceux qui entendent.

Les murmures

« Ne murmurez point comme murmurèrent quelques-uns d’eux, qui périrent par l’exterminateur » (1 Cor. 10.10). Murmurer doucement à l’oreille de son enfant pour le calmer n’est clairement pas un péché. Alors, quel est ce péché qui est condamné si sévèrement ? L’apôtre Paul se réfère aux Israélites du temps de Moïse qui « murmurèrent » et provoquèrent souvent la colère de Dieu. Après que Dieu leur avait fait voir son grand pouvoir et sa grâce en les délivrant de l’esclavage en Égypte, ils murmurèrent quand il leur manquait de nourriture (Ex. 16.1-3), quand il leur manquait de l’eau (Ex. 17.1-4), quand ils ne croyaient pas que Dieu leur ferait conquérir le pays de Canaan (Nomb. 14.1-4,36,37), quand Dieu avait puni des rebelles parmi eux (Nomb. 16.1-3,41), et quand ils voulaient autre chose que la nourriture que Dieu leur donnait chaque jour (Nomb. 21.4,5).

Ces exemples nous aident à comprendre la nature de ce péché. Au lieu de supporter gracieusement une situation qui ne plaît pas, ou de parler ouvertement mais respectueusement à ceux qui pourraient y remédier, au lieu de garder sa confiance en Dieu et d’être toujours reconnaissant pour ses diverses grâces, on se plaint à voix basse et l’on crée du mécontentement autour de soi. On sème ainsi la discorde et l’on démoralise les autres. Comme la plupart des péchés de la langue, le problème se trouve au niveau du cœur : on manque de confiance en Dieu, de gratitude et de respect. Jésus dit, en effet : « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Matt. 12.34). Ne soyons pas comme les Israélites, mais obéissons au conseil de l’apôtre Paul : « Faites toutes choses sans murmures ni hésitations » (Phil. 2.14).

La calomnie

Calomnier, c’est dire du mal faussement d’autrui, mais il ne s’agit pas forcément d’inventer de toute pièce des mensonges qui n’ont aucune base dans la réalité. Calomnier peut être le fait de dénaturer sciemment quelque chose par de fausses interprétations. Combien de fois avons-nous attribué à quelqu’un des mobiles coupables pour un acte ou une parole, alors qu’il n’avait pas expliqué ce qui le motivait (et nous ne connaissions certainement pas son cœur) ? Parfois l’intention méchante qui a été faussement attribuée à la personne devient une partie intégrante de la rumeur qui sera publiée au loin. Peu importe si je suis convaincu que l’autre a parlé ou agi pour telle raison, je n’ai pas le droit d’affirmer comme une certitude ce que je ne peux pas prouver, surtout si mes paroles auront l’effet de diminuer l’estime des autres pour cette personne. Non seulement je ne dois pas présenter mes soupçons comme des certitudes, mais je ne dois pas non plus intoxiquer mon entourage et le tourner contre quelqu’un par des suggestions, des insinuations ou des sous-entendus.

Une connaissance croise mon chemin sans répondre à ma salutation, et cela me blesse. Je commence à dire aux autres que cette personne est snob ou orgueilleuse. Pourtant, la personne était, en réalité, tellement préoccupée par un problème personnel – la maladie d’un proche, la perte de son emploi, le trouble dans son foyer – qu’il ne m’a ni vu ni entendu. Je l’ai accusé à tort, sans même l’aborder pour demander si je l’avais offensé sans m’en rendre compte, ou s’il avait, lui, un problème que je pourrais l’aider à résoudre. On suppose le pire, et puis on parle aux autres comme s’il s’agit d’un fait établi.

Mais souvent, le calomniateur est tout à fait conscient que ses paroles sont fausses, et il les prononce avec l’intention d’infliger le plus de mal que possible à sa victime. Que ce soit par jalousie, par amertume ou par haine, il n’hésite pas à prononcer des mensonges éhontés pour ruiner une réputation, un commerce, un mariage ou toute autre chose de valeur.

Ce péché figure dans plusieurs listes de choses qui nous souillent et que nous devons rejeter. « … la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme » (Marc 7.22,23). « Que […] toute calomnie et toute espèce de méchanceté disparaissent du milieu de vous » (Éph. 4.31). « Renoncez […] à la calomnie » (Col. 3.8).

La médisance

Un autre péché de la langue dont la Parole de Dieu nous met plusieurs fois en garde, c’est la médisance : « Rejetant donc toute malfaisance et toute fraude, la dissimulation, l’envie et toute médisance… » (1 Pi. 2.1). La médisance consiste à révéler les défauts de quelqu’un avec l’intention de nuire. Même quand le mal qu’on dit concernant quelqu’un est réel, nous devons considérer ce qui nous motive. Il y a bien des situations où il peut être nécessaire de dire ouvertement le mal commis par quelqu’un afin de protéger les autres. Par exemple, l’apôtre Paul avertit son collaborateur concernant un certain adversaire à la vérité : « Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Garde-toi aussi de lui, car il s’est fortement opposé à nos paroles » (2 Tim. 4.14,15). Mais très souvent, il ne sert à rien de dévoiler les erreurs ou les défauts d’autrui. Si l’on examinait son cœur, on se rendrait compte que l’on est motivé par le plaisir de rabaisser quelqu’un ou de se présenter comme était moralement supérieur à l’autre. Il ne suffit pas d’objecter que vos paroles sont vraies. Sont-elles utiles ou nécessaires ?

Les malédictions

Est-il possible de faire tomber le malheur sur quelqu’un par ses paroles ? Proverbes 26.2 dit : « Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet. » Cela pourrait laisser supposer qu’une malédiction méritée est capable de faire du mal. Quoi qu’il en soit, le chrétien ne doit pas maudire un autre, non parce que nous ne croyons pas à l’efficacité des malédictions, mais parce nous ne laissons pas de place dans nos cœurs pour la rancune. Au lieu d’appeler sur quelqu’un le malheur ou la colère divine, nous devons souhaiter pour celui qui agit mal qu’il se repente et reçoive le pardon.

« Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. » (Rom. 12.14)

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Matt. 5.43-45)

Le blasphème

Le blasphème signifie, selon larousse.com, « parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré ». (Comme nous le voyons en Actes 19.37, le blasphème est à distinguer du sacrilège : le premier consiste en paroles, le second en actes.) Sous la loi de Moïse, c’était un crime qui devait être puni par la peine de mort :

« Celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort : toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra pour avoir blasphémé le nom de Dieu. » (Lév. 24.16)

On blasphème quand on parle mal de Dieu. Paul dit à des Juifs hypocrites : « Car le nom de Dieu est à cause de vous blasphémé parmi les païens » (Rom. 2.24). On blasphème quand on s’attribue des honneurs qui appartiennent à Dieu seul (Apoc. 13.1 ; Jean 10.33), ou quand on accepte que les autres nous les attribuent (Actes 12.20-23 ; 14.11-18). Il y a des chefs religieux de nos jours qui devraient se repentir d’avoir commis du blasphème dans ce sens. Il y a des fidèles qui devraient examiner les paroles de louange qu’ils ont l’habitude d’adresser à des êtres qui ne sont pas Dieu. Ce qu’on justifie comme « vénération » peut bien être, aux yeux de Dieu, du blasphème pur et simple.

Il y a différentes manières de manquer de respect envers Dieu dans nos paroles, en plus des outrages manifestes et du fait d’accepter des honneurs divins. Que ce soit dans l’orgueil, dans la colère ou pour faire rire, des hommes profèrent trop souvent des paroles qui déshonorent Dieu. L’humour ne rend pas acceptable l’irrespect à l’égard de ce qui est saint. Il faut donc veiller soigneusement sur ce qu’on dit quand on parle de Dieu et des choses sacrées. Nous n’approuvons pas les mesures violentes que certains musulmans prennent pour venger l’honneur de leur Dieu et leur prophète, mais nous leur donnons raison en ceci : leur profond respect les amène à comprendre que le Dieu très-haut et sa sainte Parole ne sont pas des sujets appropriés pour les blagues.

Le nom de Dieu pris en vain

« Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain (Ex. 20.7). On peut prendre le nom de Dieu en vain soit en jurant faussement au nom de Dieu, soit en utilisant son nom comme un juron ou même une simple exclamation que l’on prononce pour exprimer un sentiment quelconque, mais sans penser réellement à Dieu ni lui faire appel. Même certains croyants ont l’habitude de s’écrier sans réflexion, « Oh, mon Dieu ! » ou « Oh, Seigneur ! » quand ils sont surpris par quelque chose, ou simplement quand ils s’asseyent à la fin d’une journée fatigante.

Les Juifs devaient jurer au nom de l’Éternel au lieu de jurer au nom des dieux païens, comme leurs voisins. Mais Jésus nous dit de ne même pas jurer.

« Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est son marchepied ; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. » (Matt. 5.33-37)

Le chrétien devrait avoir la réputation d’être si véridique qu’on ne pense pas avoir besoin de lui faire jurer pour appuyer sa parole.

Les promesses non tenues

L’Ecclésiaste nous offre de bons conseils concernant les promesses que nous faisons à Dieu, et ces conseils s’appliquent également aux promesses que nous faisons aux hommes :

« Ne parle pas précipitamment et ne décide pas trop vite de faire des promesses à Dieu ; Dieu est au ciel et toi, tu es sur la terre. Par conséquent, mesure tes paroles. En effet, plus on parle, plus on risque de prononcer des propos irréfléchis, de même que plus on a de soucis, plus on risque d’avoir de mauvais rêves. Si tu fais une promesse à Dieu, accomplis-la sans retard, car Dieu n’aime pas ceux qui agissent sans réfléchir. C’est pourquoi, tiens ce que tu promets. Il vaut mieux ne pas promettre que de promettre sans tenir parole. Évite les propos qui te rendraient coupable. » (Eccl. 5.1-5, FC)

Les paroles grossières

« Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles grossières qui pourraient sortir de votre bouche » (Col. 3.8). Avant de devenir chrétien, vous aviez peut-être déjà l’habitude d’employer un langage ordurier ou sale. Peut-être que votre entourage parlait de cette façon et que vous ne vous rendiez pas compte que certains de vos mots étaient malséants, obscènes ou offensifs. Étant maintenant enfant de Dieu, il est important d’éliminer de votre vocabulaire quotidien tous les gros mots.

Un dernier mot

Que ce soit le mensonge, les murmures ou les gros mots, évitons avec soin tous les péchés de la langue. Essayons, au contraire, d’employer notre langue pour ne faire que du bien. Gardons à l’esprit cette exhortation de l’apôtre Paul :

« Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent. » (Éph. 4.29)

B. B.
(dans vol. 19, no. 1)

L’obéissance

Dieu n’est pas bête. C’est le titre d’un recueil de poèmes, prières et méditations écrit par Lois Cheney et publié en 1969. Voici une traduction de l’article qui fournit au livre son titre :

On dit que Dieu est infiniment patient, et cela me réconforte énormément.

On dit que Dieu est toujours là, et cette pensée satisfait profondément.

On dit que Dieu t’accueille à nouveau sans cesse, et cette certitude me donne de la paresse.

On dit que Dieu ne désespère jamais, et je compte dessus.

On dit que tu peux t’éloigner de lui pour de longues années, et il sera là, en attente, quand tu reviendras.

On dit que tu peux commettre faute sur faute, et que Dieu pardonnera toujours, oubliera toujours.

On dit beaucoup de choses, ces gens qui ne lisent jamais l’Ancien Testament.

Mais il arrive un moment, un temps spécifique et certain, où Dieu se retourne.

Je ne crois pas que Dieu ait changé de peau quand le Christ a introduit le Nouveau Testament ;

Christ nous a montré un autre côté de Dieu, et c’est vraiment merveilleux.

Mais il n’a pas changé Dieu. Dieu demeure à tout jamais, et ce Dieu n’est pas bête.

L’idée que Dieu a dû changer (ou que le Dieu de l’Ancien Testament et celui du Nouveau Testament sont deux êtres différents) n’est pas nouvelle. Déjà au deuxième siècle, un hérétique du nom de Marcion proclamait que le Dieu miséricordieux du Nouveau Testament n’avait rien à voir avec le Dieu justicier de l’Ancien Testament. Pour lui, le Père de Jésus-Christ n’était pas celui qui avait parlé avec Moïse au désert. Afin de rester fidèle à sa propre conviction là-dessus, Marcion s’est même permis de rejeter plusieurs écrits du Nouveau Testament qui ne s’harmonisaient pas facilement avec son idée – il n’acceptait que l’Évangile de Luc et les écrits de l’apôtre Paul. (Et même là, tellement il était opposé à ce que le Dieu de l’Ancien Testament avait à dire, il supprimait dans les écrits de Luc et de Paul toutes les citations tirées de l’Ancien Testament.)

Il n’y a probablement plus de disciples de Marcion aujourd’hui, mais une mauvaise compréhension de la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau, entre la Loi et l’Évangile, persiste encore. Elle prend parfois la forme de la pensée que Lois Cheney mettait en cause dans son écrit, la pensée que depuis la venue de Jésus-Christ, Dieu n’est plus exigeant avec les hommes. La grâce de Dieu qui s’est manifestée si clairement dans l’Évangile aurait éclipsé sa justice et rendu la stricte obéissance à ses ordres une question d’importance secondaire, voire négligeable.

La rigueur de Dieu sous l’Ancien Testament

Au cours des siècles décrits dans l’Ancien Testament, Dieu s’est révélé à son peuple, et dans cette révélation de sa propre nature, il insistait à maintes reprises sur certaines vérités :

◈ Il est le seul vrai Dieu, et il se réserve à lui seul le droit d’être adoré.

« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. Tu ne te feras pas d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. » (Exode 20.3-5)

◈ Il est un Dieu saint, et son peuple doit être saint comme lui.

« Car je suis l’Éternel, qui vous ai fait monter du pays d’Égypte, pour être votre Dieu, et pour que vous soyez saints ; car je suis saint […] Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi. » (Lévitique 11.45; 20.26)

◈ Il bénit abondamment ceux qui mettent leur confiance en lui et qui expriment cette confiance par l’obéissance à ses commandements.

Un exemple concret de ce dernier principe se voit dans le cas du roi Ézéchias. Considérez comment la Bible le décrit :

« Il mit sa confiance en l’Éternel, le Dieu d’Israël ; et parmi tous les rois de Juda qui vinrent après lui ou qui le précédèrent, il n’y en eut point de semblable à lui. Il fut attaché à l’Éternel, il ne se détourna point de lui, et il observa les commandements que l’Éternel avait prescrits à Moïse. Et l’Éternel fut avec Ézéchias, qui réussit dans toutes ses entreprises. » (2 Rois 18.5-7)

Tous les rois d’Israël et de Juda furent évalués selon ce même critère et non selon leurs succès militaires, diplomatiques ou économiques.

À maintes reprises dans les paroles que Dieu adressa à Israël, il avait insisté sur les récompenses de la foi et l’obéissance et sur les conséquences désastreuses de l’incrédulité et la désobéissance. Voici un exemple typique :

« Si vous suivez mes lois, si vous gardez mes commandements et les mettez en pratique, je vous enverrai des pluies en leur saison, la terre donnera ses produits et les arbres des champs donneront leurs fruits… vous mangerez votre pain à satiété, et vous habiterez en sécurité dans votre pays. Je mettrai la paix dans le pays, et personne ne troublera votre sommeil […]

Mais si vous ne m’écoutez pas et ne mettez pas en pratique tous ces commandements, si vous méprisez mes lois, et si votre âme a en horreur mes ordonnances, en sorte que vous ne pratiquiez pas tous mes commandements et que vous rompiez mon alliance, voici alors ce que je vous ferai : j’enverrai sur vous la terreur, la consomption et la fièvre, qui vous consumeront les yeux et rendront votre âme souffrante […] Je tournerai ma face contre vous, et vous serez battus devant vos ennemis ; ceux qui vous haïssent domineront sur vous, et vous fuirez sans que l’on vous poursuive.

Si, malgré cela, vous ne m’écoutez pas, je vous châtierai sept fois plus pour vos péchés. » (Lévitique 26.3-6, 14-18)

Voici un autre texte qui établit le même lien entre l’obéissance aux commandements de Dieu et ses bénédictions :

« J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Deutéronome 30.19,20)

Exemples de désobéissance

Plusieurs récits bien connus dans l’Ancien Testament illustrent le principe. Par exemple, en Nombres 20, le peuple d’Israël que Dieu avait délivré de la servitude en Égypte manquait d’eau dans le désert.

« L’Éternel parla à Moïse, et dit : Prends la verge, et convoque l’assemblée, toi et ton frère Aaron. Vous parlerez en leur présence au rocher, et il donnera ses eaux ; tu feras sortir pour eux de l’eau du rocher, et tu abreuveras l’assemblée et leur bétail. » (Nombres 20.7,8)

Au lieu de parler au rocher, comme Dieu lui avait clairement dit de faire,

« Moïse leva la main et frappa deux fois le rocher avec sa verge. Il sortit de l’eau en abondance. L’assemblée but, et le bétail aussi.

Alors l’Éternel dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous n’avez pas cru en moi, pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, vous ne ferez point entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne. » (v. 11,12)

Moïse n’a pas suivi les instructions de Dieu. Quelques chapitres plus loin, Dieu rappelle à Moïse pourquoi son frère et lui devaient mourir sans entrer dans le pays promis : « Vous avez été rebelles à mon ordre, dans le désert de Tsin, lors de la contestation de l’assemblée, et […] vous ne m’avez point sanctifié à leurs yeux à l’occasion des eaux » (Nombres 27.14). Cette erreur qu’ont commise Moïse et Aaron peut ne pas nous sembler bien grave. Quel mal cela a-t-il fait que de frapper le rocher au lieu de lui parler ? Mais Moïse et Aaron devaient donner le bon exemple d’obéissance au peuple. Quand on n’obéit pas à Dieu, on n’agit pas par la foi. Quand on fait confiance totale en Dieu, on fait ce qu’il dit, sans se détourner de ses ordres et sans mettre en cause le bien-fondé de sa volonté. Les conséquences de cette désobéissance étaient très douloureuses pour Moïse.

Un autre exemple se voit dans la vie de Saül, le premier roi d’Israël. En tant que juge souverain du monde, l’Éternel avait donné l’ordre au roi Saül de détruire les Amalécites, un peuple païen qui avait attaqué sans cause et sans provocation les Israélites. Dieu dit à Saül :

« Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient ; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes. » (1 Samuel 15.3)

Saül rassembla une armée et partit en guerre contre Amalek, mais il n’obéit que partiellement :

« Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag [le roi d’Amalek], et les meilleures brebis, les meilleurs bœufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu’il y avait de bon ; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif. » (1 Samuel 15.9)

Alors Dieu envoya le prophète Samuel à la rencontre de Saül, et Samuel le confronta pour sa désobéissance. Saül prétendit dans un premier temps qu’il avait bien suivi les ordres de Dieu de détruire Amalek, mais Samuel lui fit remarquer le bruit des animaux qu’il entendait. Saül rejeta alors la faute sur le peuple, qui, selon lui, avait gardé les meilleures bêtes afin de les offrir en sacrifice à l’Éternel. Samuel répondit :

« L’Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l’Éternel, il te rejette aussi comme roi. » (1 Samuel 15.22,23)

Pour Dieu, l’obéissance partielle est égale à la désobéissance. Saül paya sa faute au prix de son trône pour lui-même et pour ses descendants. On a beau offrir un culte enthousiaste à Dieu et lui faire des offrandes généreuses ; si l’on prend ses commandements à la légère, ce culte ne sera pas accepté.

L’exemple d’Uzza, en 2 Samuel 6.1-7, nous enseigne que même ce qui nous semble une bonne action accomplie avec des motifs purs est coupable aux yeux de Dieu si elle constitue une désobéissance à ses lois. Le roi David faisait transporter l’arche le l’alliance, cette caisse sacrée qui contenait les dix commandements, pour la faire venir à Jérusalem. Malheureusement, il ne faisait pas suivre les instructions de Dieu concernant la manière de la transporter. Elle devait être portée sur les épaules de quatre hommes à l’aide de deux longues barres passées par des anneaux aux coins de l’arche, mais on l’a mise plutôt sur un char tiré par des bœufs. Arrivés à un certain endroit, les bœufs faisaient pencher l’arche, et un Lévite du nom d’Uzza étendit la main pour saisir l’arche et l’empêcher de tomber. « La colère de l’Éternel s’enflamma contre Uzza, et l’Éternel le frappa parce qu’il avait étendu la main sur l’arche. Uzza mourut là, devant Dieu » (1 Chroniques 13.10). Pourquoi Uzza fut-il mis à mort pour avoir voulu faire du bien ? Parce que Dieu avait dit explicitement dans sa loi que personne ne devait toucher l’arche, sous peine de mort (Nombres 4.15-20). Quelles que soient nos bonnes intentions, nous n’avons pas droit de mettre de côté des commandements de Dieu. La désobéissance, c’est la désobéissance. La sincérité de cœur est indispensable, mais elle ne remplace pas la conformité à la Parole de Dieu.

Dieu n’a pas changé

La Bible affirme clairement que Dieu ne change pas. « Car je suis l’Éternel, je ne change pas » (Malachie 3.6; voir aussi Hébreux 1.8-10). Il est vrai que Jésus a fait connaître la nature de Dieu plus clairement et plus pleinement que jamais auparavant. En souffrant et en mourant pour les hommes pécheurs, il a prouvé incontestablement l’amour de Dieu (Romains 5.8). L’apôtre Jean écrit :

« La loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. » (Jean 1.17,18)

Mais la nature de Dieu n’a pas changé. Dieu aimait déjà ses créatures dans le passé, et il avait toujours préféré pardonner que de punir. Il dit à Israël par le prophète Ézéchiel :

« Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. » (Ézéchiel 18.30-32)

De même, les qualités de Dieu mises en exergue dans l’Ancien Testament, y compris sa sévérité à l’égard du péché, n’ont pas disparu dans le Nouveau Testament. Dieu continue de ressentir de la colère face à la rébellion et le péché. L’auteur de l’Épître aux Hébreux nous rappelle :

« Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles. Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu comme sans valeur le sang de l’alliance par lequel il a été sanctifié et qui aura insulté l’Esprit de la grâce ? Car nous connaissons celui qui a dit : À moi la vengeance, à moi la rétribution ! et encore : Le Seigneur jugera son peuple. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (Hébreux 10.26-31)

La colère de Dieu a été versée sur Jésus. « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5.21). Mais comme le texte en Hébreux nous le dit, il ne faut pas insulter l’Esprit de la grâce. Cette grâce est merveilleuse, mais elle ne s’accorde pas de façon inconditionnelle : il faut la foi, exprimée dans l’obéissance.

Que ce soit l’Ancien Testament ou le Nouveau, la Bible présente Dieu d’une manière équilibrée :

« Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché. » (Romains 11.22)

Dieu exige toujours l’obéissance

Voici quelques-uns des nombreux passages du Nouveau Testament qui montrent que l’obéissance est toujours essentielle :

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7.21)

« Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc 6.46)

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai et je me ferai connaître à lui. » (Jean 14.21)

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-même par de faux raisonnements. » (Jacques 1.22)

« [Jésus] est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. » (Hébreux 5.9)

« Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. » (2 Thessaloniciens 1.7,8)

« Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres ; réservant […] l’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. » (Romains 2.5-8)

L’obéissance à l’Évangile par la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême (immersion dans l’eau pour le pardon des péchés) est nécessaire pour le salut. Et pour entendre un jour les mots, « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; […] entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25.21), nous devons, après notre baptême, continuer à obéir au Seigneur.

Il y a au moins deux catégories de personnes qui ont grand besoin de réfléchir à ce que nous venons de voir dans la Bible sur le sujet de l’obéissance. Premièrement, il y a des gens qui croient en Jésus, mais qui hésitent ou qui négligent d’obéir à l’Évangile dans la repentance et le baptême. Peut-être qu’ils ne pensent pas au fond d’eux-mêmes que Dieu soit capable de condamner des hommes pécheurs. Leur conception de Dieu ressemble à l’image d’un grand-père indulgent qui excuse tout. Peut-être qu’on leur a enseigné qu’ils sont sauvés par la foi seule : puisque le salut est par la grâce et non par les œuvres, on leur dit que l’obéissance aux commandements de l’Évangile n’a aucun rôle à jouer dans leur salut. Les œuvres par lesquelles on pense mériter le salut sont bien exclues, ainsi que les œuvres de la loi de Moïse, mais la grâce n’est pas inconditionnelle : il faut une foi obéissante.

Deuxièmement, il y a ceux qui pensent que, pour une personne qui est déjà en Christ, le sang de Christ la purifie continuellement (1 Jean 1.7) et que « l’écoute sélective » des commandements de Dieu ne pose pas de vrai problème. Mais il faut lire le verset en entier. 1 Jean 1.7 dit : « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » Si nous marchons réellement dans la lumière, si nous aimons réellement Jésus, si nous voulons vraiment aller au ciel, nous garderons ses commandements (Jean 14.15). Que le sujet soit l’adoration, l’honnêteté dans les affaires ou la pureté sexuelle, le devoir d’évangéliser ou de donner selon notre prospérité, la nécessité du baptême, l’interdit de divorcer et se remarier, le rôle des femmes dans l’Église ou tout autre sujet sur lequel Dieu nous donne des instructions, nous devons faire tous nos efforts pour lui obéir avec du sérieux, du respect et de l’amour.

B. B.
(dans vol. 19, no. 1)

Qu’est-ce qui empêche 
que je sois baptisé ?

Dans un numéro récent de Chemin de Vérité, nous avons tiré des leçons de la conversion de l’eunuque éthiopien, dont le récit est préservé pour nous en Actes 8.26-40. L’évangéliste Philippe trouva cet homme en train de lire une prophétie du livre d’Ésaïe, « et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus » (v. 35). Ayant compris à travers l’enseignement de Philippe qu’il avait besoin d’être baptisé, et voyant qu’il y avait suffisamment d’eau à proximité, l’eunuque posa la question qui servira de titre à cette étude : Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ?

Philippe avait sans aucun doute enseigné, et l’eunuque avait bien compris, ce que Jésus avait dit avant de remonter au ciel après sa résurrection : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16.15,16). Philippe avait, de toute évidence, prêché de la même manière que l’apôtre Pierre, qui ordonna à ceux qui avaient cru à sa prédication le jour de la Pentecôte : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38). L’eunuque avait naturellement saisi le caractère urgent de son besoin, cette urgence qu’Ananias avait tenté de communiquer à Saul de Tarse quand il lui dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

Mais il arrive que certaines personnes qui ont compris le sens et la nécessité du baptême pour leur salut ne pensent pas pouvoir le recevoir. Elles croient, à raison ou à tort, qu’il existe des obstacles à leur obéissance. Certains de ces « obstacles » n’existent que dans l’esprit, alors que d’autres, qui sont quand même réels, peuvent être enlevés par les concernés.

Un manque de foi

Pour répondre à la question de l’eunuque, Philippe a indiqué clairement que s’il n’avait pas la foi en Christ, il ne pourrait pas être baptisé : « Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.37). Jésus avait bien dit, en effet : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. » La foi est la base de tout, le point de départ. Que l’on soit baptisé ou pas, les paroles de Christ, « si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8.24), s’appliquent toujours. Si vous ne pouvez pas dire sincèrement, comme l’eunuque : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » (Actes 8.37), le baptême ne vous servira à rien. Vous ne remplissez pas la première condition pour recevoir le baptême.

Voilà une raison pour laquelle, si vous avez été « baptisé » en tant que bébé, vous n’avez pas vraiment été baptisé. Vous avez subi une cérémonie avec de l’eau, mais cette expérience ne correspond pas au baptême biblique. Même si la forme de votre baptême était conforme à l’enseignement de la Bible, c’est-à-dire que vous avez été immergé dans l’eau, sans la foi ce n’est pas ce que la Bible appelle « baptême ». Vous avez été mouillé, et c’est tout.

Si vous n’êtes pas sûr que vous croyez que Jésus est le Fils de Dieu, lisez encore la Bible, et surtout les Évangiles. Jean dit à la fin de son Évangile : « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20.31), et Paul dit en Romains 10.17 : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. »

Un manque de repentance

Une autre condition pour recevoir le baptême, c’est la repentance. Si vous n’êtes pas prêt à vous repentir, cela devrait vous empêcher d’être baptisé.

La repentance n’est pas le simple remords, bien que « la tristesse selon Dieu produit [la] repentance » (2 Corinthiens 7.9,10). La repentance n’est pas le changement de vie, car ce changement est le « fruit digne de la repentance » (Matthieu 3.8), c’est le résultat. La repentance est la décision sincère que l’on prend d’abandonner ses péchés ; c’est une résolution de faire de son mieux pour vivre désormais dans la soumission envers Dieu, dans l’obéissance à sa Parole. Pour que le baptême soit valable, la repentance est aussi nécessaire que la foi.

Nous avons déjà cité les paroles de Pierre en Actes 2.38 : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de vos péchés. » La foi et le baptême sont des conditions de salut, mais la repentance en est une aussi. « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » (Actes 3.19). « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice » (Actes 17.30,31).

Si vous êtes conscient de péché dans votre vie auquel vous n’avez pas l’intention de renoncer, vous n’êtes pas apte au baptême. La personne, par exemple, qui vit dans le concubinage, la polygamie, le libertinage sexuel ou une relation adultère, et qui ne s’engage pas à abandonner ces péchés ne devrait pas cacher sa pensée et persister à demander le baptême. Il serait inutile de procéder au baptême dans un tel cas. L’apôtre Pierre décrit ainsi ceux qui se font purifier du péché, mais qui se plongent de nouveau dans « les souillures du monde » :

« Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai : Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier. » (2 Pierre 2.21,22)

Jésus a comparé la personne qui pense devenir son disciple à celui qui se propose de construire un bâtiment :

« Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pas pu achever ? » (Luc 14.28-30)

Ainsi, la personne qui veut devenir chrétienne, mais qui n’a pas, par exemple, l’intention de participer fidèlement à la vie de l’Église (Hébreux 10.25,26), à laquelle le Seigneur ajoute ceux qui sont sauvés (Actes 2.47), le corps du Christ que nous formons à partir de notre baptême (1 Corinthiens 12.13) – cette personne ne se soumet pas encore à la volonté de Dieu et n’est donc pas prête pour le baptême.

La réaction des autres

Trop souvent, des gens qui ont compris leur besoin d’être baptisés craignent ce que les autres diront ou feront. Dans certains cas, les autres membres de la famille ne croient pas en Christ et ne veulent pas que l’un des leurs accepte l’Évangile, soit parce que ce ne serait pas dans son intérêt, soit parce qu’ils pensent à l’honneur de la famille au sein de leur communauté. Dans d’autres cas, la famille se considère chrétienne, et les membres sont profondément blessés de ce que l’enfant à qui ils croyaient avoir donné la bonne éducation spirituelle accepte une doctrine différente. Quelle que soit la situation précise, certaines familles exercent une pression énorme sur celui dont la conscience le pousse au baptême. Elles le boudent ou elles crient sur lui ; elles le privent d’assistance ou elles le déshéritent ; dans certains cas extrêmes, des familles font mourir celui ou celle qui ose quitter la religion familiale.

Même quand la personne qui pense se faire baptiser ne dépend pas matériellement de sa famille, il est difficile de se voir rejeter par ceux qu’on aime. Mais Jésus est catégorique : il n’accepte pas la deuxième place. « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10.37). Nos actions révèlent ce qui nous importe le plus. Par exemple, certains des chefs juifs ont cru en Jésus, « mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue » (Jean 12.42). Qu’ils l’aient reconnu ou pas, leur problème, selon le verset suivant, était ceci : « Ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. » Nous devons parfois nous demander à qui nous cherchons à plaire. Quant à l’apôtre Paul, il a bien fait son choix : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire ou celle de Dieu ? […] Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ » (Galates 1.10).

Il y a des gens qui veulent, plus que tout, être acceptés et appréciés par les autres, mais la faveur des hommes ne donne pas le bonheur dans cette vie, et elle aura encore moins d’utilité au Jugement dernier. Le but de notre existence est de faire la volonté de celui qui nous a créés et de lui plaire.

Les parents décédés

Parfois, ce n’est pas seulement les membres de la famille encore en vie qui découragent l’obéissance au commandement du Seigneur ; certaines personnes hésitent à se faire baptiser parce qu’elles pensent à des parents ou des grands-parents morts qui n’ont pas été baptisés. Elles se disent que ce serait un acte de déloyauté envers leurs aïeux que de recevoir un baptême que ces bien-aimés n’ont pas connu ou n’ont pas accepté. Ils étaient pourtant de braves gens, voire même des personnes pieuses qui aimaient Dieu.

Prenons d’abord le scénario où l’on ne leur a jamais enseigné pleinement ce que la Bible enseigne au sujet du baptême ; ils ne comprenaient pas son vrai sens. Nous n’avons aucun besoin de nous mettre à la place de Dieu et de prononcer leur sort éternel ; nous avons simplement le devoir d’enseigner fidèlement aux vivants ce que la Parole de Dieu ordonne et d’y obéir nous-mêmes. Mais supposons que ces personnes étaient maintenant privées de toute espérance de vie éternelle à cause de leurs péchés, n’ayant pas obéi à la vraie doctrine pour obtenir le pardon de ces péchés. Ne pensez-vous pas que, s’ils avaient connu la vérité, étant des gens sincères et justes, ils auraient obéi à cette vérité ? Si oui, nous marchons quand même dans les traces de leur soumission pieuse quand nous obéissons à l’ordre de nous faire baptiser. (D’ailleurs, nous ne nous abstenons pas des avantages terrestres, tels que la médecine moderne, les téléphones cellulaires, les voitures et les avions, parce que nos ancêtres n’ont pas pu en jouir. Pourquoi donc nous passer des biens célestes ? En quoi est-ce que cela ferait honneur à qui que ce soit ?)

Même si nos parents n’étaient pas très spirituels pendant leur vie sur terre, même s’ils entendirent et rejetèrent la Vérité de leur vivant, pensez-vous vraiment qu’ils voudraient que leurs enfants et petits-enfants les rejoignent inutilement dans un lieu de châtiment ? Dans l’Évangile de Luc, Jésus a raconté l’histoire d’un homme riche qui avait mené une vie plutôt égoïste et qui, après sa mort, s’est retrouvé dans une souffrance atroce au séjour des morts. Voyant le patriarche Abraham à l’autre côté d’un abîme infranchissable, avec un pauvre nommé Lazare, qui était consolé des maux qu’il avait supportés pendant sa vie, l’homme riche fit cette demande : « Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments » (Luc 16.27,28). Qu’il ait la possibilité d’un soulagement pour lui-même ou pas, cet homme perdu ne voulait pas que les membres de sa famille soient perdus comme lui.

De fausses conceptions

D’autres personnes ne se font pas baptiser ou tardent à le faire parce qu’ils ont diverses idées erronées. Par exemple, elles pensent qu’il faut avoir une large connaissance de la Bible avant d’être qualifié pour le baptême. Cette idée est appuyée par la pratique de certaines dénominations qui imposent des cours de baptême de quelques mois, ou même des années. À la fin du cours et avant d’accéder au baptême, le candidat doit apprendre par cœur les Dix commandements, les noms des douze apôtres ou d’autres informations bibliques. On ne remarque pas que, dans le livre des Actes, la plupart des convertis furent baptisés après avoir entendu un seul message au sujet du Christ. Il y avait forcément plein de choses qu’ils ne connaissaient pas encore. Mais cela s’accorde avec ce que Jésus a commandé en Matthieu 28.19,20 :

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »

Remarquez que Jésus parle d’enseigner avant de baptiser (faire des disciples), de baptiser, et puis d’enseigner encore. Logiquement, avant de s’engager à être disciple de Jésus, on doit comprendre que l’on a désespérément besoin de lui (parce qu’on est pécheur et parce que le Fils de Dieu est le seul Sauveur), on doit « s’asseoir et calculer la dépense », ou mesurer l’engagement qui est demandé (Luc 14.28-30), et l’on doit comprendre le vrai sens de l’acte que l’on s’apprête à poser (le baptême). Mais il est clair que l’enseignement essentiel pour ces choses peut se dispenser en une seule séance, puisque plusieurs récits le confirment :

« Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ 3 000 âmes. » (Actes 2.41)

« Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? […] Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. » (Actes 8.36-38)

« Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. » (Actes 16.32,33 – le geôlier philippien)

Après le baptême en Christ (où a lieu la nouvelle naissance, selon Jean 3.1-5), une personne est une nouvelle créature (2 Corinthiens 5.17), un nouveau-né spirituel qui a besoin de l’aliment spirituel de la Parole de Dieu : « Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut » (1 Pierre 2.2). C’est ainsi qu’après la conversion des Juifs le jour de la Pentecôte, « ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres » (Actes 2.42). Il n’était pas nécessaire de tout savoir avant le baptême, car après, on devait leur enseigner à observer tout ce que le Seigneur avait ordonné.

D’autres personnes pensent à tort qu’il faut avoir déjà surmonté presque tous les péchés dans leur vie avant de procéder au baptême, et encore, certaines dénominations appuient cette fausse idée en faisant attendre les candidats pour qu’on observe leur conduite pendant des mois ou des années avant de les approuver. Les mêmes versets que nous venons de voir concernant ceux qui recevaient le baptême juste après avoir entendu l’Évangile montrent que cette pratique n’est pas biblique. D’ailleurs, c’est lors du baptême que l’on reçoit le don du Saint-Esprit (Actes 2.38), qui nous aide à vivre la vie chrétienne. S’il fallait atteindre la quasi-perfection avant de recevoir le baptême, c’est que finalement le don du Saint-Esprit ne servirait pas à grand-chose. Non, si l’on veut être baptisé, il faut se résoudre à chercher la conformité parfaite à la volonté de Dieu, sachant que cette recherche se poursuivra, avec l’aide de Dieu, tout au long de sa vie chrétienne. Le baptême ressemble plus à l’inscription dans l’école de Dieu qu’à la cérémonie de remise de diplômes.

Beaucoup pensent que le baptême doit avoir lieu dans certaines circonstances « sacrées », dans une chapelle ou cathédrale, administré par un membre du clergé, avec des habits « appropriés » (soutane ou robe blanche) et suffisamment de pompe. La date doit être choisie avec soin, bien à l’avance, et des personnes importantes devraient être présentes pour y assister. Mais l’eunuque a été baptisé sur-le-champ au bord de la route sur laquelle il voyageait. Et aucun récit d’un baptême dans le Nouveau Testament ne mentionne ces différentes circonstances qui sont aujourd’hui considérées comme étant essentielles au baptême.

Des obstacles créés par les Églises

Enfin, ce sont parfois les Églises elles-mêmes qui empêchent d’être baptisés ceux qui le désirent. Dans la plupart des dénominations, un baptême n’est pas reconnu s’il n’a pas été administré par une personne autorisée – un prêtre ou un « pasteur titulaire ». J’ai connu une Église protestante dans un village en Afrique où une centaine de croyants avaient attendu le baptême depuis 10 ans pour la simple raison que le pasteur n’était pas venu de la ville pour organiser la cérémonie. Le prédicateur, qui n’était pas un pasteur « ordonné », n’osait pas les baptiser, car son Église ne le lui permettait pas. Mais la Bible n’enseigne nulle part que seuls certains individus ont le droit de plonger dans l’eau au nom de Jésus ceux qui ont cru et qui se sont repentis. Tous les chrétiens à Corinthe avaient été baptisés (Actes 18.8; 1 Cor. 6.11; 12.13), mais ce n’était pas l’apôtre Paul qui les avait immergés (1 Cor. 1.14-17). Pour Paul, il n’était pas important de savoir qui administrait le baptême – c’est celui qui reçoit le baptême qui compte. La Bible ne parle même pas de « clergé ». On n’a pas besoin de demander si l’homme qui baptise est « ordonné » pasteur ou prêtre, puisque n’importe quel chrétien peut obéir à l’ordre de baptiser (Matt. 28.19). Il faut plutôt demander si celui qui est baptisé croit en Jésus de tout son cœur et s’il se repent de ses péchés.

Les Églises font fréquemment attendre des candidats au baptême jusqu’à une date fixée pour baptiser tout un groupe ensemble, parfois en période de Pâques ou d’une autre fête. On pense que baptiser plusieurs à la fois fait joli et rend la cérémonie plus impressionnante, en plus du fait que c’est commode. Mais cette façon de faire révèle une grave erreur dans la manière de comprendre le baptême, et donc inévitablement d’enseigner sur le baptême. Elle révèle que cette Église ne croit pas ce que la Bible dit sur le but du baptême, qui est le pardon des péchés, le salut (Marc 16.16; Actes 2.38; 22.16; etc.). Si l’on comprenait cet aspect fondamental du baptême, on reconnaîtrait aussi son urgence et ne mettrait pas les âmes en péril par le fait de tant reporter leur obéissance à l’Évangile. Si ce qui vous empêche d’être baptisé, c’est la pratique que nous venons de décrire, vous ne cherchez pas le baptême là où il faut.

Qu’est-ce qui VOUS empêche d’être baptisé ?

Comme nous l’avons vu, certains obstacles au baptême ont été créés par des hommes, et vous n’avez aucun besoin de les permettre de vous empêcher d’être sauvé. D’autres obstacles, tels qu’un manque de foi ou de repentance, sont réels, mais vous avez la possibilité de les balayer – le choix est à vous.

Si vous voulez être lavé de vos péchés par le sang précieux de Jésus, vous avez besoin d’être baptisé, immergé dans l’eau à l’image de sa mort, son ensevelissement et sa résurrection. Le baptême seul ne sauve pas, mais sans passer par le baptême biblique un pécheur n’a pas la promesse de la vie éternelle. Si vous croyez que Jésus est le Fils de Dieu et si vous vous repentez de vos péchés, ne tardez pas pour rien à vous faire baptiser. Le jour de la Pentecôte, Pierre « les implorait et les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse » (Actes 2.40). Nous voulons faire de même à votre égard.

B. B.
(dans vol. 18, no. 6)

Ceux qui se disent « apôtres »

Lors d’une visite en République Démocratique du Congo, je me suis trouvé un jour en compagnie d’un prêtre catholique qui causait avec moi des défis spirituels dans son pays. Il dit : « Ici au Congo, c’est grave. L’homme s’endort ; quand il se réveille, il est apôtre ! » Ce prêtre était troublé parce que le peuple acceptait facilement comme légitimes ces « apôtres » autoproclamés. Un simple rêve (ou la prétention d’avoir fait un rêve) suffit-il pour qualifier une personne comme apôtre de Jésus-Christ ?

Ce n’est pas exactement que ce prêtre refusait l’idée qu’il peut y avoir, dans un sens, des apôtres de nos jours. En effet, l’Église catholique présente ses évêques comme étant « les successeurs des apôtres ». Mais on ne devient pas évêque catholique parce qu’on croit avoir été appelé à cette fonction par le Seigneur lui-même. Il y a un processus établi par lequel la hiérarchie de l’Église désigne et élève des hommes à ce rang. D’autres communautés également, telles que les mormons et l’Église néo-apostolique, donnent le titre d’apôtre à certains dirigeants qui ont gravi les échelons. Mais dans certains milieux, il est souvent vrai que toute personne peut s’ordonner pasteur, ou apôtre, sans avoir besoin de la reconnaissance d’une autorité religieuse ou d’un diplôme.

Ce qui nous intéresse est de savoir ce que la Bible enseigne sur le rôle et les qualifications des apôtres. Est-il nécessaire ou même possible d’avoir des apôtres dans les Églises aujourd’hui ? Est-il permis de mettre en doute la prétention d’un homme qui se dit apôtre de Christ, que ce soit sur la base d’un rêve ou de la décision d’une Église ? Serait-on irréligieux de contester ou de douter ?

La fonction des apôtres

Jésus avait beaucoup de disciples, mais un jour il a fait un choix parmi eux. « En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d’apôtres » (Luc 6.12,13). L’Évangile de Marc ajoute : « Il en établit douze, pour les avoir avec lui et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons » (Marc 3.14,15).

Le mot « apôtre » veut dire quelqu’un de choisi et envoyé avec une mission spéciale ; il est envoyé en tant que représentant autorisé de celui qui envoie. La Bible elle-même emploie ce mot dans deux sens. Parfois c’est dans le sens large et non officiel pour parler de quelqu’un qui est envoyé par une assemblée pour prêcher, comme ceux que nous appelons souvent « missionnaires ». Mais généralement la Bible emploie le mot apôtre dans le sens de quelqu’un qui a été choisi par le Seigneur Jésus lui-même et doté par lui de certains pouvoirs et d’une autorité pour parler à son nom. C’est ainsi que nous voyons que Jésus a donné à ces hommes la mission de prêcher et le pouvoir de chasser des démons et guérir les malades.

Mais le mot-clé en ce qui concerne le travail d’un apôtre de Christ est le mot « témoin ». Les apôtres étaient témoins du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus, et leur témoignage est la base de la foi chrétienne. Considérez combien de fois ce mot est employé en rapport avec les apôtres.

En Jean 15.26,27 Jésus leur dit avant sa mort :

« Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. »

En Luc 24.46,48, le jour de sa résurrection, Jésus leur dit : « Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour […] Vous êtes témoins de ces choses. »

En Actes 1.8, avant de remonter au ciel, il leur dit encore :

« Mais vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Les apôtres eux-mêmes ont compris que ce témoignage était au cœur du rôle qu’ils devaient jouer. Ayant constaté la trahison et le suicide de Judas Iscariot, ils ont dit :

« Il faut donc que d’entre les hommes qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. » (Actes 1.21,22)

Comme Pierre l’a expliqué des années plus tard dans la maison de Corneille : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu’il apparaisse, non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu’il fut ressuscité des morts » (Actes 10.40,41).

Les qualifications nécessaires

Les passages que nous venons de lire indiquent clairement les deux qualifications qu’un homme devait avoir pour être apôtre. Premièrement il fallait être témoin de la résurrection de Jésus. Voilà pourquoi l’apôtre Paul, lorsque les fausses accusations le poussaient à défendre son apostolat, soulignait qu’il était, lui aussi, témoin de la résurrection de Jésus. En 1 Corinthiens 9.1, il dit : « Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? » Les deux idées vont forcément ensemble. En 1 Corinthiens 15.7-9 Paul dit : « [Jésus] est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton ; car je suis le moindre des apôtres. »

Non seulement il fallait être témoin de la résurrection de Jésus pour être apôtre, mais il était aussi nécessaire d’être « choisi » par le Seigneur lui-même. Même quand les onze ont cherché à remplacer Judas, ils ne prétendaient pas choisir par eux-mêmes. Ils ont sélectionné des témoins de la vie et de la résurrection du Seigneur, Justus et Barsabbas ; puis « ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat » (Actes 1.24,25).

Ceux que le Seigneur avait choisis comme témoins voyaient leur légitimité confirmée par les pouvoirs miraculeux qui sont décrits dans le Nouveau Testament. À ce propos l’apôtre Paul écrit en 2 Corinthiens 12.11,12 :

« Je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges, et des miracles. »

L’impossibilité de succession

Quand nous comprenons l’importance capitale de l’aspect « témoin » du travail des apôtres, nous voyons facilement que ceux-ci ne pouvaient avoir de successeurs – et qu’ils n’en auraient d’ailleurs pas besoin. Une organisation ne peut pas nommer un témoin si la personne n’a pas vu ce dont elle doit témoigner. Un témoin ne peut pas avoir de successeur. Si j’ai vu deux voitures se heurter, je suis témoin de l’accident. Mais je ne peux pas, avant de mourir, nommer mon fils comme successeur, comme témoin de l’accident à ma place, s’il n’a pas été présent, lui, et n’a pas vu personnellement ce qui s’est passé.

Judas Iscariot, en trahissant le Seigneur et en se donnant la mort par la suite, a renoncé à sa place, et de plus il n’a pas vu le Christ ressuscité. Pierre dit en Actes 1.25 que Judas avait « abandonné » l’apostolat « pour aller en son lieu », et que, selon les Écritures, un autre devait prendre sa charge (Actes 1.20). Lorsque, quelques années plus tard, l’apôtre Jacques fut mis à mort (Actes 12.1,2), on n’a pas cherché de remplaçant ou de successeur. Malgré sa mort, Jacques conservait encore sa place. En réalité, par sa mort comme martyr, en acceptant de mourir plutôt que de renoncer à l’Évangile, il a scellé et embelli son témoignage de la résurrection ; il l’a aussi rendu encore plus convaincant.

Il continue ainsi de remplir sa fonction en tant que témoin. Les autres apôtres, eux aussi, sont restés fidèles à leur témoignage jusqu’à la mort. L’Église aujourd’hui a donc les mêmes apôtres qu’au premier siècle, à savoir les 12 plus Paul. (En se référant à lui-même comme « l’avorton » parmi les apôtres, Paul a ainsi signalé qu’il n’y aurait pas d’autres apôtres après lui. Quand une chienne met bas, le dernier chiot de la portée est parfois plus petit que les autres, il est faible et chétif : on l’appelle l’avorton. L’avorton est le dernier des chiots, et Paul était le dernier des apôtres.)

Il est certainement vrai que les apôtres chargeaient les évêques de paître les assemblées où ils se trouvaient, comme Paul le fit pour ceux d’Éphèse en Actes 20.28-30 et ceux de Galatie en Actes 14.21-23 avant de se séparer d’eux, mais les apôtres n’ont jamais appelé les évêques leurs successeurs ou leurs remplaçants.

Des révélateurs de la volonté du Seigneur

Intimement lié avec le rôle qu’ils jouaient en tant que témoins du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus venait s’ajouter le rôle des apôtres en tant que révélateurs de la volonté du Seigneur, comme porte-parole qui transmettaient à l’Église les enseignements et les commandements de son chef. Après l’établissement de l’Église, nous voyons que les premiers chrétiens « persévéraient dans la doctrine des apôtres » (Actes 2.42). Aujourd’hui donc nous enseignons ce qui a été révélé auparavant, ce qui est conservé dans les pages de la Bible ; les apôtres recevaient directement du Seigneur, c’est-à-dire par inspiration divine, les messages qu’ils transmettaient. C’est ce que Jésus leur avait promis en Jean 14.26 et 16.13 : « L’Esprit-Saint […] vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit […] Il vous conduira dans toute la vérité […] Il vous annoncera les choses à venir. » L’apôtre Jean parle donc de tous les apôtres, quand il dit : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur » (1 Jean 4.6).

Le fondement des apôtres et des prophètes

Les apôtres avaient la possibilité, en imposant les mains à certaines personnes dans l’Église, de leur transmettre des dons ou pouvoirs miraculeux. Parmi ces dons était celui de la prophétie. Bibliquement, le mot « prophétie » ne se réfère pas particulièrement au fait de prédire l’avenir, mais plutôt au fait de transmettre des messages reçus directement de la part de Dieu, de parler par inspiration. Ceux qui avaient reçu ce don étaient appelés « prophètes ». Dieu révélait aux prophètes ses enseignements, ses exhortations et d’autres messages destinés aux assemblées ainsi qu’à certains individus. Le rôle de prophète est cité juste après celui d’apôtre dans une liste de fonctions dans l’Église en Éphésiens 4.11. En effet, les rôles d’apôtre et de prophète étaient étroitement liés. Ils sont souvent mentionnés ensemble. En Éphésiens 2.20 Paul dit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » Dans le chapitre suivant, il dit que le mystère de Christ « n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ » (Éphésiens 3.5).

Un fondement (témoignage et révélation de la vérité) posé au début

Il est significatif que Paul se réfère au « fondement des apôtres et prophètes ». Le témoignage des apôtres concernant Jésus-Christ et les enseignements inspirés qu’ils nous ont transmis avec les prophètes, lesquels ont été conservés pour nous dans le Nouveau Testament, constituent bien un fondement sur lequel le christianisme est construit. La foi chrétienne tient debout depuis deux mille ans parce que son fondement est solide. Mais nous savons tous qu’un fondement est posé au début de la construction d’un immeuble. Quand il est bien fait, on ne revient pas dessus pour le modifier ou le rendre plus solide. La pose du fondement est achevée, mais la construction se poursuit. De même, l’Église continue à grandir au fil du temps, au fur et à mesure que des gens se convertissent et y sont ajoutés, telles des « pierres vivantes » selon 1 Pierre 2.5 et Éphésiens 2.20-22, mais le fondement demeure le même.

Cette réalité s’accorde bien avec deux choses que nous constatons dans les Écritures : la déclaration selon laquelle les prophéties prendraient fin, et l’absence de successeurs pour les apôtres.

En effet, Paul dit en 1 Corinthiens 13.8-10 :

« Les prophéties prendront fin […] Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. »

Quand la Bible serait achevée et que la révélation complète serait donnée, les prophéties, n’étant que des révélations partielles de la volonté de Dieu, ne seraient plus nécessaires. La révélation de toute la vérité ayant été accomplie du vivant des apôtres, ceux-ci, ne s’attendant pas à avoir de successeurs, ne laissèrent aucune instruction en ce sens afin que l’Église choisisse des hommes pour les remplacer. L’apôtre Pierre expliquait en 2 Pierre 1.12-15 que Dieu lui avait fait savoir qu’il mourrait subitement. Il écrivit donc à l’Église, en disant : « J’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses » (2 Pierre 1.15).

« De faux apôtres »

Revenons à la question que nous avons posée plus haut : Est-il permis de mettre en doute la prétention d’un homme qui se dit apôtre de Jésus-Christ, que ce soit sur la base d’un rêve ou d’une décision des hommes qui dirigent l’Église ?

En réalité, il se trouve que la Bible répond explicitement à cette question. Le Christ lui-même félicite l’Église d’Éphèse en ces termes :

« Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs. » (Apocalypse 2.2)

L’assemblée d’Éphèse avait tout à fait raison d’éprouver ceux qui se disaient apôtres. Étaient-ils témoins oculaires de la résurrection de Jésus ? Avaient-ils été choisis par de simples hommes ou par le Seigneur lui-même ? Étaient-ils capables d’opérer les signes miraculeux d’un apôtre (2 Corinthiens 12.11,12) ? La doctrine qu’ils apportaient, était-elle en harmonie avec celle des apôtres reconnus (Galates 1.8,9; 2 Jean 9-11; 1 Jean 4.6) ?

Il est important de comprendre que les faux apôtres ont souvent l’air saints et pieux. Il faut s’y attendre et ne pas se laisser tromper. La Bible nous avertit clairement :

« Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. » (2 Corinthiens 11.13-15)

Il est possible que certains hommes croient sincèrement que leur Église a le droit de leur donner le titre d’apôtre. Il est possible que certains hommes se soient persuadés que Dieu les a appelés au ministère d’apôtre à travers un rêve ou une prétendue prophétie. C’est Dieu, et non pas nous, qui juge les cœurs. Mais cela n’empêche que ces hommes soient dans l’erreur, et que la faute soit très grave.

Au temps du prophète Jérémie, Dieu annonçait (par de vrais prophètes comme Jérémie, Ézéchiel et Habacuc) le châtiment qui venait sur le peuple d’Israël à cause de ses péchés, mais de faux prophètes parmi le peuple donnaient l’assurance qu’il n’en serait pas ainsi. C’était tragique pour le peuple et pour les faux prophètes.

« Et l’Éternel me dit : C’est le mensonge que prophétisent en mon nom les prophètes ; je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d’ordre, je ne leur ai point parlé ; ce sont des visions mensongères, de vaines prédictions, des tromperies de leur cœur, qu’ils vous prophétisent. C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel sur les prophètes qui prophétisent en mon nom, sans que je les aie envoyés, et qui disent : Il n’y aura dans ce pays ni épée ni famine : Ces prophètes périront par l’épée et par la famine. Et ceux à qui ils prophétisent seront étendus dans les rues de Jérusalem, par la famine et par l’épée. » (Jérémie 14.14,15)

Dire au nom de Dieu ce qu’il n’a pas dit n’est pas sans conséquence ! C’est dangereux pour celui qui ose parler ainsi, et dangereux pour ceux qui y croient. Réclamer le titre et le rôle d’apôtre alors qu’on n’y a pas droit ressemble au crime commis lors de la révolte de Koré (Nombres 16, 17). Des hommes osèrent « s’attribuer la dignité » d’être sacrificateurs sans être appelés par Dieu (Hébreux 5.4), une faute qu’ils payèrent de leurs vies, eux et les gens qui les avaient suivis. Ne sous-estimons pas la gravité du péché de s’autoproclamer apôtre de Jésus-Christ.

B.B.
Vol. 18, No. 5

L’amour

Aux yeux de Dieu, aucune qualité n’est plus importante que l’amour. Quels que soient les dons que possède un homme, même des dons miraculeux, sans l’amour cet homme n’est rien. Quels que soient les actes de foi qu’il pose, quels que soient les sacrifices auxquels il consent, sans amour, cela ne lui sert de rien (1 Cor. 13.1-3). Quand on demanda à Jésus quel commandement de la Loi de Moïse était le plus grand, il répondit sans hésitation que le premier était d’aimer Dieu et que le deuxième était d’aimer son prochain (Marc 12.28-31). L’amour est si fondamental que l’apôtre Jean dit : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4.7,8). Selon Jésus, c’est par leur amour que l’on devrait pouvoir reconnaître ses disciples (Jean 13.35).

Malheureusement, les mots « amour » et « aimer » sont employés pour beaucoup de choses différentes aujourd’hui, ce qui fait que l’on peut facilement mal comprendre leur sens dans la Bible. Dans le langage courant, on emploie « amour » pour parler du sexe, d’une préférence en matière de nourriture, du patriotisme, de la tendresse d’une mère pour son enfant, et de mille autres choses. Très souvent l’amour est considéré comme une émotion. Parfois, on parle comme si la personne qui aime doit toujours faire ce que l’objet de son amour veut (« Si tu m’aimais, tu coucherais avec moi pour le prouver »), ou ne jamais faire ce qui déplaît à l’objet de son amour (« J’aime trop mon enfant pour le punir ou le priver de quoi que ce soit »). Cela vaut donc la peine de commencer par un effort de définir l’amour selon la Parole de Dieu.

Qu’est-ce que l’amour ?

Puisque « l’amour est de Dieu » (1 Jean 4.7) et que « pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4.19), il semble logique, pour comprendre l’amour, de réfléchir en premier sur l’amour que Dieu nous a montré. Ce qui nous frappe est le fait que, dans son amour, Dieu veut nous faire du bien, malgré le fait que nous n’en sommes pas dignes et malgré le prix inimaginable qu’il eut à payer pour procurer le bien qu’il nous fallait :

« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Rom. 5.8)

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3.16)

« Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés. » (Éph. 2.3-5)

Dieu ne nous a pas aimés parce que nous étions aimables ; nous étions spirituellement morts, dignes d’être punis, des objets légitimes de sa colère. Malgré tout ce que nous avions fait de mal, Dieu voulait notre bien, et cette bonne disposition en lui l’a poussé à agir pour nous sauver. C’est ainsi que l’expression « bienveillance invincible » a été proposée. L’amour serait la volonté résolue de rechercher ce qui est dans l’intérêt de la personne qu’on aime parce qu’on lui attache une grande valeur, une extrême importance. L’amour est contraire à l’égoïsme et l’orgueil. Ainsi, l’apôtre Paul écrit : « L’amour n’est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil […] il ne cherche point son intérêt » (1 Cor. 13.4,5).

Que l’on parle de l’amour pour Dieu, pour un époux, pour un voisin ou pour un ennemi, il faut comprendre que l’amour est, au fond, une affaire de volonté. De nombreux mariages échouent parce que les époux voient l’amour comme étant, avant tout, une question de sentiment. Ils décident de se divorcer « parce qu’on ne s’aime plus » ; ils ne diraient jamais qu’ils ont décidé de ne plus se traiter l’un l’autre de la manière qu’ils avaient promis de faire lorsqu’ils ont prononcé leurs vœux. Ils veulent dire qu’ils ne ressentent plus les mêmes émotions l’un envers l’autre. Mais l’amour n’est pas ce qu’on ressent – les émotions changent d’un moment à l’autre ; c’est plutôt une volonté tenace et le comportement qui en découle.

L’amour pour Dieu

« Un des scribes […] s’approcha et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ? Jésus répondit : Voici le premier : Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. » (Marc 12.28-30)

De tous les amours qui puissent exister en nous, le plus grand devrait être notre amour pour Dieu. Nous devrions lui attacher une valeur sans borne, reconnaître que personne ne pourrait avoir plus d’importance à nos yeux que Celui qui nous a créés, Celui qui nous accorde jour par jour la vie et tout ce dont nous avons besoin, Celui qui, malgré nos rébellions et nos faiblesses, « nous a aimés le premier » (1 Jean 4.19). Quand on parle d’aimer Dieu, il n’est pas tellement question de « rechercher ce qui est dans son intérêt ». Après tout, comme Paul dit aux Athéniens, Dieu « n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses » (Actes 17.25).

Si nous prisons Dieu plus que toute autre chose, si nous l’aimons de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force, nous voudrons ardemment l’honorer et faire ce qui lui plaira. La seule manière de faire cela est par notre obéissance à sa Parole. L’obéissance vaut mieux que les sacrifices (1 Sam. 15.22). Appeler Jésus « Seigneur » ou accomplir même des miracles en son nom n’aura servi à rien si nous n’avons pas fait la volonté de son Père qui est dans cieux (Matt. 7.21-23).

Jésus dit :

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements. » (Jean 14.15)

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime […] Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. » (Jean 14.21-24)

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. » (Jean 15.10)

Son apôtre, Jean, parle dans le même sens :

« Si nous gardons ses commandements, par là nous savons que nous l’avons connu. Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui. » (1 Jean 2.3-5)

« Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. » (1 Jean 5.3)

« Et l’amour consiste à marcher selon ses commandements. » (2 Jean 6)

Il est certainement possible d’obéir à de nombreux commandements de Dieu sans être motivé par l’amour pour lui. Par exemple, Jésus a bien dit : « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux » (Matt. 6.1). Mais il n’est pas possible d’aimer Dieu sans faire de notre mieux pour obéir à ses commandements. Cela veut dire que nous devons faire très attention de ne pas mettre les commandements des hommes à la place de ceux de Dieu.

« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. » (Marc 7.6-8)

Si nous voulons aimer Dieu, appliquons-nous à étudier sa Parole et la mettre en pratique.

L’amour pour le prochain

« Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12.31)

Dieu doit avoir la première place ; c’est lui qu’on doit aimer de TOUT notre être. Mais le Seigneur exige de nous un très grand amour pour nos semblables aussi. Nous devons attacher une valeur inestimable à chaque personne et vouloir son bien. (Puisque nous, en tant que chrétiens, reconnaissons que chaque être humain passera l’éternité quelque part, nous savons que le bien d’une personne n’est pas limité à son existence terrestre. L’amour nous pousse à œuvrer pour ce qui est dans l’intérêt de notre prochain physiquement, moralement et spirituellement.) Si j’aime l’autre comme moi-même, je le traiterai conformément à la parole de Christ qu’on appelle communément la règle d’or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux » (Matt. 7.12).

Disons en passant que le commandement cité par Christ, celui d’aimer son prochain comme soi-même, ne sous-entend pas, comme certains le disent de nos jours, que l’on ne peut pas aimer son prochain si l’on n’a pas déjà cultivé son amour-propre, si l’on a trop peu d’estime de soi. Pour Jésus il va sans dire que les hommes s’aiment eux-mêmes, dans le sens où ils cherchent automatiquement ce qu’ils pensent être dans leur intérêt.

Il nous manque souvent d’objectivité, et nous justifions facilement nos mauvaises actions. Nous nous persuadons parfois que nous faisons bien, alors que nous n’agissons pas, en fait, par amour. Même lorsque nos motifs sont purs, il peut nous arriver de faire ce qui n’est pas du tout dans l’intérêt de notre prochain. Heureusement, la même source qui nous fait savoir ce qui honore Dieu et ce qui lui plaît est là pour nous enseigner ce que l’amour du prochain exige : les commandements de Dieu contenus dans la Bible. En effet, après avoir dit que le premier commandement était d’aimer Dieu et que le deuxième était d’aimer son prochain, Jésus ajouta : « De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matt. 22.40). D’autres passages soulignent la même idée :

« Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. » (Rom. 13.8-10 ; voir aussi Gal. 5.14)

La Bible est remplie d’enseignements qui nous montrent comment nous devrions nous conduire envers différentes personnes dans notre vie. Un père qui aime ses enfants fournit à ceux-ci le nécessaire pour leur vie physique (1 Tim. 5.8), mais une bonne éducation spirituelle aussi (Éph. 6.4; voir aussi Héb. 12.5-11). Une femme qui aime son mari lui est fidèle sexuellement (elle est « chaste ») et le traite avec respect (1 Pi. 3.1,2). Un mari qui aime sa femme l’honore comme co-héritière avec lui de la grâce de Dieu (1 Pi. 3.7) ; il la nourrit et en prend soin, comme il fait pour son propre corps et comme Christ fait pour l’Église (Éph. 5.28,29).

Il faut aimer tout le monde, mais le degré d’amour que je dois ou la responsabilité que l’amour m’impose envers chacun n’est pas identique. Je dois aimer et honorer mes parents (Matt. 15.4,5; Éph. 6.1-3), mais je dois aimer Jésus encore plus (Matt. 10.37). Je dois aider les nécessiteux, mais j’ai un devoir particulier envers les membres de ma famille (1 Tim. 5.8). Il est aussi normal de privilégier les membres de la famille spirituelle qu’est l’Église : « Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous et surtout envers les frères en la foi » (Gal. 6.10).

Celui qui aime répond aux besoins matériels de ceux qui souffrent : « Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jean 3.17). Celui qui aime fait tout son possible aussi afin que les hommes perdus entendent l’Évangile pour être sauvés. L’apôtre Paul démontrait cet amour envers ses frères juifs incrédules, malgré le fait qu’ils le persécutaient de ville en ville :

« J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être maudit et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair […] Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 9.2,3; 10.1)

L’amour pour les ennemis

L’exemple de Paul et les Juifs qui le persécutaient nous amène au devoir le plus difficile, celui d’aimer nos ennemis. Certes, le mot « prochain » comporte tout le monde, y compris les ennemis, mais la Bible ne laisse pas planer de doute sur ce point. Jésus dit :

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? » (Matt. 5.44-46)

Quant à l’apôtre Paul, il recommande : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire » (Rom. 12.20).

Les pensées de C. S. Lewis sur l’amour de l’ennemi sont à propos. Après avoir reconnu que le Seigneur lui dit d’aimer son prochain, et donc son ennemi, comme il s’aime lui-même, Lewis se demande : « Comment se manifeste l’amour que j’ai pour moi ? » Il constate qu’il n’éprouve pas exactement de l’affection pour lui-même et ne jouit parfois même pas de sa propre compagnie. Il conclut que « aimer son prochain » ne signifie pas éprouver de l’affection pour l’autre ou le trouver attirant. Il va plus loin :

« J’estime non seulement que je ne suis pas un excellent individu, mais que je suis fort désagréable. Je me remémore avec horreur et dégoût certains actes que j’ai accomplis. Aussi, m’est-il permis d’exécrer et de haïr les mauvaises actions de mes ennemis. Maintenant que j’y réfléchis, je me souviens des professeurs chrétiens d’autrefois m’expliquant que je devais haïr les mauvaises actions d’autrui, mais non l’individu lui-même ; haïr le péché mais non le pécheur.

Fort longtemps, j’ai pensé que c’était là un distinguo stupide qui coupait les cheveux en quatre. Comment pouvait-on haïr ce qu’un homme faisait sans haïr l’individu ? Or, bien des années plus tard, il me vint à l’esprit qu’il y avait un homme que j’avais traité ainsi toute ma vie, c’était moi-même. Quel qu’ait pu être le dégoût de ma lâcheté, mon orgueil ou ma cupidité, j’ai continué à m’aimer sans la moindre difficulté. » (C. S. Lewis, Les fondements du christianisme)

Comment cultiver l’amour en nous

Lewis continue avec le conseil suivant pour nous aider à grandir en amour :

« Bien qu’il convienne normalement d’encourager les affections naturelles, penser que la façon de devenir charitable consiste à essayer de cultiver des sentiments affectueux serait une grave erreur […] Ne vous tracassez pas de savoir si vous « aimez » votre voisin ; agissez comme si vous l’aimiez […] Lorsque vous vous conduisez comme si vous aimiez une personne, vous en arrivez bientôt à l’aimer. De même, si vous blessez quelqu’un qui vous déplaît, vous en arrivez bientôt à le détester encore plus. Rendez-lui un service, vous le détesterez moins !

On dit aux gens qu’ils doivent aimer Dieu. Or ils ne découvrent aucune trace de cet amour en eux-mêmes. Que doivent-ils faire ? La réponse est la même que précédemment : agissez comme si vous ressentiez cet amour. Ne vous forcez pas des heures durant à susciter un tel sentiment. Demandez-vous : « Si j’étais assuré d’aimer Dieu, que ferais-je ? » Quand vous aurez trouvé la réponse, mettez-la en pratique.

Personne ne saurait éprouver en permanence des sentiments pieux ; serait-ce même le cas, sachons que Dieu ne se soucie pas spécialement de tels sentiments. L’amour chrétien, qu’il s’exerce envers Dieu ou envers les hommes, est une affaire de volonté. Si nous nous efforçons de faire la volonté de Dieu, nous obéissons au commandement : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » (Lewis, ibid.)

Plusieurs choses pourraient nous aider à aimer plus. Quand nous nous réunissons dans l’Église, nous pouvons, par les encouragements mutuels, « nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres » (Héb. 10.24,25). Le Saint-Esprit en nous peut nous aider à grandir en amour (Rom. 5.5; Gal. 5.22). Réfléchir sur l’amour que nous avons reçu de la part de Dieu nous apprend à mieux aimer Dieu et les autres (Luc 7.47; 1 Jean 3.16). Et enfin, comme nous venons de le voir, exerçons-nous à pratiquer l’amour comme Dieu nous le demande au lieu de fixer notre attention sur le fait de le ressentir.

B.B.
Vol. 18, No. 4

Chacun a-t-il droit à sa propre moralité ?

Quand il est question de moralité, le point de vue relativiste est très populaire de nos jours. Les gens pensent que le bien et le mal varient selon la société, l’époque, la situation ou la personne. Certains non-croyants vont jusqu’à nier le concept du Bien et du Mal. La moralité est-elle donc relative ? Ou bien, peut-on parler de principes moraux qui sont éternels et universels, des règles auxquelles toute personne devrait obéir ?

Aucun principe moral universel ?

Chez les non-croyants on trouve des individus qui prétendent que le Bien et le Mal n’existent pas en réalité. Si l’univers n’était que matériel, si l’homme n’était qu’une collection fortuite de molécules, une telle conclusion ne serait pas déraisonnable. Les valeurs morales n’existeraient pas sans Dieu et sans la certitude que « Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12.16).

D’autres athées disent qu’ils n’ont pas besoin de Dieu pour être bons. Il est vrai que beaucoup de personnes qui disent ne pas croire en Dieu cherchent tout de même à être intègres, à exercer la compassion, à garder du respect pour les autres, etc. Mais ils n’ont pas d’argument convaincant pour prouver que les autres devraient vivre selon cette même moralité. En effet, il n’y a aucune raison logique qui justifie le passage de la déclaration « Cette action fera du mal à autrui » à la déclaration « Je ne devrais pas agir de cette façon ».

Plusieurs grands penseurs athées ont reconnu que les valeurs morales objectives ne sont pas possibles dans un monde purement matériel. Jean-Paul Sartre, par exemple, écrivit :

« Et lorsqu’on parle de délaissement, […] nous voulons dire seulement que Dieu n’existe pas, et qu’il faut en tirer jusqu’au bout les conséquences. L’existentialiste est très opposé à un certain type de morale laïque qui voudrait supprimer Dieu avec le moins de frais possible. Lorsque, vers 1880, des professeurs français essayèrent de constituer une morale laïque, ils dirent : “[…] Rien ne sera changé si Dieu n’existe pas ; nous retrouverons les mêmes normes d’honnêteté, de progrès, d’humanisme, et nous aurons fait de Dieu une hypothèse périmée qui mourra tranquillement et d’elle-même.” L’existentialiste, au contraire, pense qu’il est très gênant que Dieu n’existe pas, car avec lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible ; il ne peut plus y avoir de bien a priori, puisqu’il n’y a pas de conscience infinie et parfaite pour le penser ; il n’est écrit nulle part que le bien existe, qu’il faut être honnête, qu’il ne faut pas mentir, puisque précisément nous sommes sur un plan où il y a seulement des hommes. Dostoïevsky avait écrit : “Si Dieu n’existait pas, tout serait permis.” » (L’existentialisme est un humanisme)

L’athée célèbre Richard Dawkins a dit :

« L’univers que nous observons a précisément les traits auxquels on s’attendrait s’il n’y avait, au fond, aucun dessein, aucun but (c.-à-d. aucun Dieu), aucun mal, aucun bien, rien sauf de l’indifférence impitoyable […] Il est assez difficile de défendre une moralité absolue sur une base qui n’est pas religieuse. » (The God Delusion)

Ces observations posent un problème sérieux, car il est évident à toute personne honnête que certaines valeurs morales existent et sont même absolues. Un vrai relativiste moral serait obligé de rejeter les idées suivantes :

  • La cruauté pour le plaisir d’être cruel est un mal.
  • Torturer un autre pour s’amuser est un mal.
  • Le viol et la génocide sont immoraux.
  • La compassion est une vertu.
  • Les parents devraient prendre soin de leurs enfants.

C. S. Lewis était un athée qui devint non seulement croyant, mais grand défenseur de la foi chrétienne. Ses réflexions sur le sens du Bien et du Mal, qui est inné chez les êtres humains de tous les pays et tous les siècles, l’ont mis sur le chemin de la foi au Dieu de la Bible. Il commença le premier chapitre de son livre, Les fondements du christianisme, de cette manière :

« Vous est-il arrivé d’entendre des gens se quereller ? C’est quelquefois amusant, mais parfois franchement déplaisant. Quelle que soit l’impression produite, nous pouvons tirer grand profit de ces disputes. En effet, n’entendons-nous pas tous les jours des gens éduqués ou frustres, enfants comme adultes, s’insurger ainsi : “Aimeriez-vous que l’on agisse de même à votre égard ?… C’est ma chaise, j’y étais avant toi… Laissez-le tranquille, il ne vous a rien fait… De quel droit jouez-vous des coudes pour doubler tout le monde ?… Donnez-moi un peu de votre orange, je vous ai bien donné quelques quartiers de la mienne… Venez donc, vous l’avez promis…”

Or, ce qui rend ces polémiques intéressantes, c’est que le plaignant n’implique pas seulement que la conduite de son interlocuteur ne lui convient pas. Il en appelle aussi à un modèle de conduite que son vis-à-vis ne devrait pas ignorer. Et il est bien rare que l’autre réplique : “Allez au diable avec votre code.” Presque toujours il essaie de se justifier ; non pas en mettant en question la norme admise, mais en avançant une excuse particulière. Dans chaque cas, il se réfugie derrière quelque raison spéciale : la personne qui avait occupé le siège n’y avait pas droit ; les conditions dans lesquelles on lui avait donné un morceau d’orange étaient tout à fait différentes ; un événement fortuit l’empêchait de tenir sa promesse. Il semble, en fait, que les deux parties aient à l’esprit une sorte de loi ou de règle morale sur laquelle ils se basent. Et c’est bien vrai. Si ce n’était pas le cas, ils auraient beau se battre comme des bêtes, ils ne pourraient pas se quereller au sens humain du terme, c’est-à-dire chercher à prouver que l’autre a tort. Agir de la sorte n’aurait aucun sens si l’un et l’autre n’étaient à peu près d’accord sur la notion du Bien et du Mal. »

Plus loin il termine le chapitre en soulignant deux points :

« En premier lieu, que les êtres humains par toute la Terre ont cette curieuse idée d’un code de conduite pré-étabi qu’ils ne peuvent ignorer. Deuxièmement, qu’en réalité, ils n’agissent pas conformément à ce code. Ils connaissent la Loi et la transgressent. Ces deux constatations sont le fondement de toute réflexion lucide sur nous-mêmes et sur l’univers dans lequel nous vivons. »

Dans un autre ouvrage, L’abolition de l’homme, Lewis démontre par des citations tirées de la littérature égyptienne, nordique, chinoise, grecque, babylonienne, hébraïque, hindoue et latine, et même de la sagesse des indigènes de l’Australie et de l’Amérique du Nord, que les mêmes valeurs morales ont été reconnues partout au monde tout au long de l’histoire humaine. Les différences d’une culture à une autre en matière de morale sont beaucoup moins importantes qu’on ne les pense.

La loi écrite dans le cœur

Tout cela s’accorde bien avec ce que l’apôtre Paul écrit en Romains 2.14-16, parlant de ceux qui n’avaient pas reçu de révélation écrite de la part de Dieu, telle que la Loi de Moïse :

« Quand les païens qui n’ont point la loi font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, bien qu’ils n’aient point la loi ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes. »

Les non-croyants relativistes disent parfois que toutes les valeurs morales sont égales, n’étant en fin de compte que des conventions, des préférences d’une personne ou d’une société. Mais la plupart d’hommes ont du mal à admettre dans leur cœur que les actions d’Adolph Hitler, Pol Pot, ou Idi Amin n’étaient pas objectivement condamnables. Pourquoi ne disent-ils pas que ces dictateurs sanglants ont simplement fait des choix que les autres n’aimaient pas, mais qu’on ne peut pas qualifier de mauvaises sur le plan moral ? Ils ne le disent pas parce qu’ils savent au fond d’eux-mêmes que le Bien et le Mal existent et que ces hommes ont violé une règle absolue, une loi morale que l’être humain n’a ni inventée ni imaginée. Ils le savent parce que Dieu a donné ce sens inné aux hommes. Les valeurs universelles existent bel et bien. (Et pour ceux qui veulent le reconnaître, ce sens indéniable du Bien et du Mal est l’une des preuves de l’existence de Dieu.)

Une éthique de situation

Beaucoup de gens aujourd’hui préconisent une moralité qui est relativiste mais qui admet l’idée que le Bien et le Mal existent. Ils ne rejettent pas forcément la foi en Dieu ou l’idée que nous serons tenus pour responsables de nos choix moraux. Pas mal de chrétiens adoptent ce point de vue, consciemment ou inconsciemment. On l’appelle parfois l’éthique de situation.

Cette option maintient que la moralité d’une action dépend entièrement de la situation et qu’aucune action n’est mauvaise en soi. La motivation de la personne qui pose l’acte et le résultat final de l’acte sont les facteurs essentiels. Si l’on agit par « l’amour » et si le fruit de l’acte est positif, il ne peut y avoir de condamnation. (La fin justifie les moyens, selon ce point de vue.) Selon ces personnes, aucun code moral ne pourrait s’appliquer à toutes les diverses situations possibles dans la vie. On propose de nombreuses situations hypothétiques pour justifier cette position. On parle, par exemple, du cas d’une femme injustement détenue qui se fait enceinter par un gardien de prison pour profiter d’un règlement qui permettait la libération des femmes enceintes. Puisqu’elle agissait par amour pour sa famille, qui veut, bien sûr, qu’elle puisse la rejoindre, son péché d’adultère ne serait plus compté comme péché. Tout dépend des circonstances et des mobiles.

Peter Kreeft répond ainsi à l’éthique de situation :

« La moralité est bien conditionnée, ou partiellement déterminée, par les situations et les mobiles, mais elle n’est pas entièrement déterminée par ces choses. La moralité traditionnelle (soutenue par le bon sens plutôt que la philosophie) tient compte de trois déterminants moraux, trois facteurs qui permettent de déterminer si un acte précis constitue du bien ou du mal sur le plan moral : la nature de l’acte, la situation et la motivation. En d’autres termes, ce que tu fais ; quand, où et comment tu le fais ; et pourquoi tu le fais. Il est vrai que faire la bonne chose dans la mauvaise situation ou pour une mauvaise raison n’est pas bon. Faire l’amour à votre femme est bien, mais le faire quand c’est dangereux pour des raisons médicales ne l’est pas. L’acte est moral, mais non dans cette situation. Donner de l’argent aux pauvres est une bonne action, mais donner pour se faire remarquer n’est pas bon. L’acte est bon, mais la motivation non.

Cependant, il faut un acte avant qu’il ne puisse être qualifié par des mobiles subjectifs ou des situations relatives. C’est un facteur très pertinent.

Ainsi, la bonne moralité exige que tu fasses ce qui est bien, l’acte même ; et que tu aies une raison valide, une bonne motivation ; et que tu le fasses de la bonne manière, la situation. En outre, les situations, bien que relatives, sont objectives et non subjectives. Et les mobiles, bien que subjectifs, sont à évaluer par des principes moraux qui sont absolus […] Et le fait que les mêmes principes doivent s’appliquer à différentes situations suppose la validité de ces principes. » (peterkreeft.com)

De nombreux récits bibliques nous présentent des hommes de foi qui auraient pu facilement considérer que les situations dans lesquelles ils se trouvaient leur donnaient le droit de mettre de côté certains commandements. Daniel et ses trois amis étaient captifs, contraints de servir dans la cour du roi babylonien. Quand on voulait qu’ils se nourrissent d’aliments que Dieu avait défendus aux Juifs, ces jeunes hommes auraient pu se dire qu’ils n’avaient pas de choix et que ce ne serait pas de toute façon une faute grave. Mais « Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi », et Dieu le bénit (Dan. 1). Plus tard, le roi ordonna à Shadrach, Méschac et Abed-Nego d’adorer son image, sinon ils seraient jetés dans une fournaise ardente. Ils auraient pu justifier l’acte en se disant que Dieu connaissait leur cœur et qu’il savait qu’ils n’adoraient pas l’idole de leur plein gré, mais ils étaient prêts à mourir au lieu de déshonorer leur Dieu (Dan. 3). Leur courage et fidélité nous servent de modèle (Héb. 11.32-40). Il y a, par contre, des exemples négatifs où des individus désobéirent à des commandements de Dieu et furent punis, malgré leurs bonnes intentions (1 Chr. 13, 15).

L’amour et la loi, l’esprit et la lettre

Il y a une tendance malheureuse, même chez de nombreux chrétiens, à minimiser la nécessité d’obéir aux commandements de Dieu. On met parfois l’amour en opposition à la loi. Mais pour Dieu, l’amour qu’il demande et les commandements qu’il donne ne sont pas en conflit. Au contraire, c’est uniquement en nous référant à ses lois que nous pouvons savoir ce que l’amour pour Dieu et l’amour du prochain exige dans une situation donnée. Lorsque l’apôtre Paul écrit en Romains 13.10 : « L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi », il ne voulait pas dire qu’il est possible d’aimer son prochain tout en délaissant la loi de Dieu. Il veut dire que, quand on agit réellement selon l’amour, on agit forcément en harmonie avec la loi. On ne convoite pas et ne vole pas les biens du prochain, on ne séduit pas sa femme, on ne le tue pas, on ne lui ment pas, etc. Ce n’est pas seulement l’amour du prochain qui dépend du respect des commandements de Dieu ; l’amour pour Dieu lui-même en dépend. « L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5.3).

Mais certains ont l’idée erronée qu’il est parfois nécessaire de violer « la lettre de la loi » afin d’en respecter l’esprit. Ils citent les paroles de Paul en 2 Corinthiens 3.6, où il dit que « la lettre tue, mais l’esprit vivifie ». Ils supposent que « la lettre » se réfère aux commandements de Dieu et le souci de les respecter scrupuleusement, peut-être en suivant une interprétation trop littérale, alors que « l’esprit » se réfère à l’intention générale de celui qui a fait la loi et une attitude de souplesse dans son application. Ceux qui pensent ainsi minimisent généralement l’importance de l’obéissance aux commandements.

Certes, il ne faut interpréter les Écritures ni de manière à déformer le sens des mots ni de manière à contourner l’intention manifeste du Seigneur. (Il est possible, voire nécessaire, de respecter « la lettre » et « l’esprit ».) Mais ce n’est pas de ce sujet que le texte parle en 2 Corinthiens 3. Quand on lit tout le passage, depuis le verset 6 jusqu’au verset 11, il devient clair que l’apôtre ne compare pas une approche stricte et une approche souple dans l’interprétation des commandements ; il compare deux alliances, la loi mosaïque et l’Évangile. La loi de Moïse (« gravée avec des lettres sur des pierres ») était un « ministère de la condamnation ». Elle avait pour rôle de faire comprendre à l’homme son état pécheur et son besoin du Sauveur. Le « ministère de l’esprit », l’Évangile, avait pour rôle la réconciliation et la justification. L’ancienne alliance tuait, car elle condamnait le pécheur, mais ne contenait pas de provision capable d’enlever sa culpabilité. La nouvelle alliance vivifie, car elle nous purifie par le sang de Christ si nous obéissons à la Bonne Nouvelle et continuons de marcher dans la lumière (1 Jean 1.7).

Une lampe à mes pieds

Parlons donc de ces principes moraux, qu’on peut appeler aussi des lois ou des commandements. On les connaît naturellement, de façon innée, comme nous l’avons vu. Ils nous ont été communiqués de manière beaucoup plus explicite, claire et exacte grâce à la révélation que Dieu a donnée à l’humanité dans sa Parole, la Bible. En Psaume 119.105 nous lisons : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » Elle nous permet de bien choisir les actes que nous devons poser, même quand nos désirs, nos passions ou les pressions exercées par les autres pourraient obscurcir notre jugement.

Certaines personnes nous disent qu’il faut toujours écouter son cœur, mais notre cœur est capable de nous égarer. « Rien n’est plus trompeur que le cœur humain » (Jérémie 17.9, FC). En suivant leur cœur, leurs propres raisonnements humains, des gens qui prétendent servir Dieu se justifient tout en violant leurs vœux solennels de mariage. Une telle personne se dit, par exemple : « Dieu veut sûrement que je sois heureux, mais comment pourrais-je être heureux si je reste avec celui (ou celle) que je n’aime plus ? Je vais divorcer d’avec mon conjoint et en épouser un autre. Dieu comprendra. » Le Seigneur a pourtant dit clairement ce qu’il pense du divorce (Mal. 2.14-16; Matt. 5.31,32; 19.3-9). Un voleur, pour citer un autre exemple, se justifiera en disant que sa victime a plus qu’il ne lui faut, alors que lui, le voleur, en a plus besoin que le propriétaire. Dieu veut qu’il y ait justice et égalité, n’est-ce pas ? La Bible dit, par contre : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Éph. 4.28). Beaucoup justifient leurs mensonges, en disant qu’ils sont obligés de mentir pour ne pas blesser une autre personne, pour ne pas perdre de l’argent, pour avoir un visa, pour aider un ami, etc. Mais la Parole de Dieu nous dit sans détour : « Tous les menteurs auront leur part dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort » (Apoc. 21.8).

Voilà pourquoi la Bible avertit à maintes reprises : « Ne vous trompez pas ! » Elle conseille d’obéir scrupuleusement aux commandements de Dieu.

« Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris… Vous ferez avec soin ce que l’Éternel, votre Dieu, vous a ordonné ; vous ne vous en détournerez ni à droite ni à gauche… Prenez à cœur toutes les paroles que je vous supplie aujourd’hui de recommander à vos enfants, afin qu’ils observent et mettent en pratique toutes les paroles de cette loi. Car ce n’est pas une chose sans importance pour vous ; c’est votre vie. » (Deut. 4.2; 5.32; 32.46,47)

Jésus, qui est notre modèle, n’a jamais cherché à contourner les ordres de Dieu. Il dit :

« Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé… Je ne fais rien de moi-même, mais […] je parle selon ce que le Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable… Je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. » (Jean 5.30; 8.28,29; 12.49,50)

Voilà l’attitude que nous devons imiter. Comme Jésus, nous devons être « fidèles jusqu’à la mort » (Apoc. 2.10).

Les principes du Bien et du Mal existent, qu’on le veuille ou pas. Ces lois morales nous viennent de la part de Dieu lui-même. Elles s’appliquent à chaque personne et chaque situation, et elles ne changent pas. Non, elles ne sont pas toujours faciles à respecter, mais elles sont néanmoins le seul guide infaillible pour diriger le sens de nos pas.

B.B.
Vol. 18, No. 3

A-t-on droit à sa propre vérité ?

La Bible contient de nombreuses déclarations qui sont répugnantes pour ceux qui acceptent l’esprit du siècle présent. Par exemple, elle parle toujours de la vérité au singulier et déclare que ce qui est contraire à cette réalité est forcément faux. Jésus dit qu’il y a une seule voie qui mène à la vie, et que cette voie est étroite (Matt. 7.13,14). L’apôtre Jean ne dit pas que celui qui nie que Jésus est le Christ a un autre point de vue, mais qu’il est menteur (1 Jean 2.22). L’apôtre Paul dit que ceux qui n’ont pas l’amour de LA vérité seront condamnés (2 Thess. 2.10-12).

Mais aujourd’hui on entend communément l’idée que la vérité est toujours relative, qu’elle dépend de ce que chacun décide de croire et qu’il n’y a donc pas de vérité absolue ou universelle. Dans une campagne publicitaire pour une marque de jeans et de sous-vêtements, une série de stars font part tour à tour de « leurs » vérités avec le slogan : « Je dis ma vérité dans mes Calvins. » L’idée de dire « LEURS vérités » ou « SA vérité » soulève une question raisonnable : Chacun a-t-il droit à sa propre vérité ?

Si l’on se réfère simplement à la liberté de pensée ou d’expression, la réponse sera probablement « oui ». Je ne suis pas obligé de croire ce qu’un autre homme me dit de croire. Je suis libre de tirer mes propres conclusions. La liberté de pensée, de parole et de religion est très importante. Malheureusement, beaucoup de pays rendent un hommage de pure forme à cette liberté, tout en interdisant ou essayant de réglementer certaines religions, ou même toutes les religions. De nombreux États pensent avoir droit de regard dans les pratiques religieuses des citoyens et de leur dire que telle ou telle croyance est inadmissible ou malsaine.

Dans beaucoup de pays, c’est la population autant que l’État qui met une pression sur les gens pour qu’ils se conforment à certaines idées, et là il ne s’agit pas simplement des pays musulmans ou communistes, qui ne sont pas réputés pour la liberté d’expression. Dans le monde occidental, on fait de grands efforts pour supprimer des idées qui, pour certains, sont des vérités. Par exemple, les médias, les réseaux sociaux sur l’Internet, les écoles, les grandes entreprises, les associations professionnelles, etc., essaient de faire taire certains points de vue sur une variété de sujets, tels que la réalité ou les causes du changement climatique, l’origine de la vie sur terre, la moralité des pratiques homosexuelles et la possibilité d’un lien entre les doctrines musulmanes et le terrorisme à travers le monde. On se sert de termes comme négationniste, laïcité, discours haineux, islamophobie, etc., pour donner une force morale à ces efforts de réprimer les idées qu’on n’aime pas.

Sans prendre position sur ces questions, faisons remarquer simplement qu’il y a une certaine hypocrisie dans une société qui proclame que chacun a droit à sa vérité, mais qui fait tout son possible pour exclure de nombreuses idées du discours public. Oui, dans ce sens, chacun devrait avoir droit à « sa vérité », même si la majorité n’est pas d’accord avec l’idée épousée. Si l’on veut faire taire une idée, il est mieux de le faire par la réfutation plutôt que par la force ou la pression sociale, légale et économique.

La nature de la vérité – absolue ou relative ?

Mais en fait, la question, « Chacun a-t-il droit à sa propre vérité ? », ne se réfère pas tellement au droit légal de croire ou de dire les choses que l’on considère comme étant vraies. Ce qu’il faut souligner dans la phrase n’est pas le mot « droit », mais les mots « sa propre ». Ce que nous voulons examiner n’est pas un droit ou une liberté, mais la nature de la vérité. Est-elle objective ou subjective ? Est-elle absolue ou relative ?

« Une femme blanche se sent noire et se représente ainsi. Elle gravit les rangs de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP), jusqu’à ce que son « autofiction » soit exposée. Elle refuse de s’éclipser discrètement, pourtant. Elle sent qu’elle est noire, donc elle est noire. Un homme néerlandais âgé de 69 ans demande au tribunal de pouvoir changer légalement son âge à 49 ans, parce qu’il se sent avoir cet âge-là. Et bien sûr, presque tous les jours nous entendons parler d’hommes et de garçons qui, ayant tous les chromosomes et membres corporels qui font qu’ils sont de sexe masculin, se déclarent de sexe féminin. Et de plus en plus de femmes et de filles, pareillement, se déclarent hommes ou garçons. Ils se sentent être d’un sexe ou de l’autre, et donc ils SONT de ce sexe-là, et nous autres, nous devons l’accepter, quelle que soit la réalité. Dans une vidéo devenue virale, un Américain blanc qui mesure 1m75 demande à des étudiants de l’Université de Washington d’admettre qu’il est chinois, ou une femme, ou qu’il fait un mètre quatre-vingt-quinze. Quelques-uns hésitent, mais personne ne lui dira que ce qu’il prétend n’est pas vrai. Ce serait être méchant et intolérant. » (Paul Copan, Prager University)

Le monde moderne a du mal à dire que certaines prétentions sont du non-sens, parce qu’il a accepté l’idée que la vérité est ce que chaque personne considère comme étant vrai, qu’il n’existe pas de vérité absolue et que, s’il en existait une, l’homme ne serait pas en mesure de la connaître.

Jésus proclame l’existence de la vérité

Cette façon de penser est contraire à la foi chrétienne, et ceux qui se considèrent chrétiens et qui ont malheureusement adopté l’attitude relativiste de notre époque se trompent gravement. Jésus a affirmé l’existence de la vérité, et il a dit que l’homme peut la connaître. En plus, il a parlé de la vérité comme étant unique – il n’y a pas plusieurs vérités.

Considérez par exemple les trois déclarations suivantes :

« Jésus dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. » (Jean 14.6)

« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jean 8.31,32)

« Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jean 18.37)

Celui que nous prétendons suivre dit qu’il est venu rendre témoignage à la vérité. Ponce Pilate, son interlocuteur en Jean 18, a demandé, peut-être ironiquement, puisqu’il n’a pas attendu une réponse : « Qu’est-ce que la vérité ? » (v. 18) Peut-être que, comme certaines personnes de notre temps, Pilate doutait de l’existence d’une vérité absolue ; mais il est clair que Jésus proclamait qu’elle existe. Ses apôtres aussi insistaient sur l’importance de la vérité. Paul écrit en 2 Thessaloniciens 2.10,12 concernant « ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ». Il dit : « Tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, [seront] condamnés. »

Ce que disent les relativistes

Quels raisonnements pourraient amener les gens à nier la nature objective de la vérité ? Quels arguments avance-t-on ?

1. « Toutes les croyances viennent de l’influence de nos sociétés et des cultures dans lesquelles nous sommes élevés. Elles sont donc forcément subjectives. »

Il y a dans cet argument une fausse présupposition : que tout ce que nous apprenons grâce à la société humaine doit être subjectif. Cela n’est pas vrai. Nous apprenons des hommes les règles du football, mais nous apprenons également des hommes les règles de la multiplication. Les règles du football sont subjectives et créées par les hommes. Il n’en est pas ainsi des règles de la multiplication. L’intelligence humaine crée au lieu de découvrir les règles du football, mais nous découvrons au lieu d’inventer les règles de la multiplication. Le fait que nous apprenons telle loi, telle vérité ou telle valeur grâce à la société dans laquelle nous vivons ne prouve pas que la loi ou la valeur est subjective.

En fait, les vérités spirituelles et les principes moraux sont universels parce que l’homme lui-même n’en est pas l’origine. Voici la base de ce que l’apôtre Paul écrit en Romains 2.14-16, où il dit que l’activité de la conscience humaine indique que Dieu a écrit ses lois morales sur le cœur des hommes, qu’ils aient déjà reçu sa révélation écrite (la Bible) ou pas :

« Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, bien qu’ils n’aient point la loi ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes. »

2. « Quand je dis que telle chose est vraie, cela signifie simplement que moi, je perçois la chose comme vraie ou réelle. Une autre personne peut avoir une autre perception. Qui peut dire que ma perception est plus juste que celle de cette autre personne ? Il est donc impossible de connaître la vérité, même si elle existe. Nous n’en avons que nos perceptions subjectives. »

Cette sorte de relativisme comme philosophie existe depuis au moins le temps de Protagoras, le premier penseur grec à s’être revendiqué « sophiste » et à avoir demandé une rétribution financière pour son enseignement. Dans le Théétète, Socrate, son contemporain, se demandait pourquoi on donnerait de l’argent au relativiste Protagoras pour son enseignement, puisqu’il n’était sûr de rien de ce qu’il disait.

Le relativisme est basé sur une confusion fondamentale : c’est qu’on ne distingue pas entre la vérité et notre recherche de la vérité. Il est clair que notre recherche de la vérité est subjective, personnelle, relative. Nous sommes souvent contraints de changer d’avis, de rejeter ce que nous avons prétendu connaître. Mais cela ne veut pas du tout dire que la vérité elle-même soit subjective. Au contraire, nous avons changé d’avis parce que nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas encore saisi, ou découvert, ou compris la vérité.

Il y a certainement de nombreux points sur lesquels les gens ne sont pas d’accord. Il ne s’en suit pas qu’il est impossible de connaître une vérité quelconque. Une perception peut être fausse, mais cela ne prouve pas que la réalité n’existe pas. Il arrive parfois à mon facteur de mettre dans ma boîte aux lettres le courrier de mon voisin, parce qu’il a mal lu l’adresse sur l’enveloppe. Peu importe cette mauvaise perception du facteur, le courrier, qu’il contienne une lettre, un chèque ou une facture, n’appartient qu’à son vrai destinataire. L’adresse correspond à une réalité objective et ne dépend ni de la perception ni de la volonté du facteur.

3. « Prétendre que la vérité est universelle et objective serait faire preuve d’arrogance et d’intolérance à l’égard des autres qui croient à des vérités différentes de la vôtre. »

L’attitude de la personne qui avance un argument ou souscrit à une idée ne détruit pas la validité de son argument, et elle ne réfute pas la vérité de ce qu’il affirme. L’arrogance n’est pas bonne, certes, mais si un élève répond que 2 et 2 font 5, il a tort quand bien même la maîtresse a une attitude dénigrante quand elle le corrige. Même si une personne est mal à l’aise quand on suggère qu’elle a tort, même si elle est obligée de défendre logiquement ce qu’elle pense, ce n’est pas bien de faire semblant que son idée est juste si elle ne l’est pas. Le fait que je n’accepte pas ce que vous dites n’implique pas que je me crois plus intelligent que vous ; je peux simplement penser que vous avez tort. Il n’y a pas de mal dans le fait d’examiner nos points de vue pour voir lequel est plus juste, plus conforme à la raison et à la réalité.

Il est probable que cette idée concernant l’intolérance influence le plus grand nombre de personnes de nos jours qui adoptent le relativisme. Les gens ont généralement trop de bon sens pour douter sérieusement de la réalité de tout ce que leurs sens font croire. Ce sont des malades mentaux qui ont de sérieux problèmes à distinguer le réel de l’imaginaire. En plus, les gens savent au fond d’eux-mêmes que deux déclarations qui se contredisent ne peuvent pas être vraies en même temps. Dire que ta vérité et ma vérité sont toutes les deux vraies, même si elles se contredisent, c’est du non-sens. Ce n’est pas la raison ou la logique qui amène les gens à rejeter l’idée de vérités objectives. La plupart des gens aujourd’hui qui optent pour le relativisme le font dans le désir d’être tolérants et faire preuve d’un esprit large.

Selon le site gotquestions.org :

« La tolérance est devenue la vertu cardinale de notre société post-moderne, le seul absolu. Par conséquent, l’intolérance est le seul mal. Toute croyance dogmatique, surtout en une vérité absolue, est considérée comme intolérante, le péché ultime. Ceux qui nient l’existence de toute vérité absolue disent souvent que chacun peut croire ce qu’il veut, tant qu’il n’essaie pas d’imposer ses croyances aux autres. Mais cette position est en elle-même une croyance absolue, que ceux qui la défendent essaient clairement d’imposer aux autres. Ils définissent une norme comportementale et insistent que tous la suivent, violant ainsi leurs propres principes par une nouvelle autocontradiction. »

En réalité, la croyance à des vérités universelles et objectives ne suscite pas automatiquement l’intolérance, au moins pas dans le sens de maltraiter ceux qui n’acceptent pas ces vérités ou de vouloir empêcher à ceux qui tiennent des idées différentes de pouvoir les exprimer. Les sciences, qui traitent de vérités considérées comme étant objectives, ont fait beaucoup de progrès parce qu’elles ont accepté d’écouter et d’examiner une diversité d’idées, même celles qui étaient « hérétiques ». Les idées de la minorité des scientifiques ont parfois fini par être reconnues comme étant les bonnes. La croyance aux vérités universelles et objectives n’est pas incompatible avec le respect des autres, la tolérance, l’esprit ouvert et la liberté. Ceux qui croient que toute vérité est subjective sont parfois plus intolérants que quiconque, surtout envers ceux qui croient à l’existence de vérités objectives et universelles.

L’Évangile est un message de vérité absolue

Il est très important pour le chrétien de reconnaître que son message est absolument et objectivement vrai et qu’il s’applique à tous les peuples, partout et pour toujours. Ce message est au-dessus de toutes les cultures. En effet, il vient de celui qui a créé tous les êtres humains. Toutes les cultures sont appelées à reconnaître en Dieu l’origine de l’humanité toute entière et donc à se soumettre à ses lois. Puisque Dieu seul est éternel, universel et immuable, il est la seule source de vérité éternelle, universelle et immuable.

Trois facteurs font de l’Évangile un message de vérité absolue :

1) Il est universel.

Le message de l’Évangile n’est pas pour une seule culture, une seule nation ou certains individus qui le choisissent. Il concerne tout être humain, et tous ont le devoir de s’y conformer.

« Jésus… leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matt. 28.18-20 ; voir aussi Marc 16.15)

« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts… » (Actes 17.30,31)

2) Il est final et complet.

Même des croyants nous disent parfois que Dieu peut révéler de nouvelles vérités pour notre temps. Certes, Dieu est capable de faire comme il veut, mais il nous a prévenus que la révélation qu’il a faite dans le Nouveau Testament est définitive. Il ne s’agit pas d’une entente de principe, de quelque chose de provisoire ou passager.

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Matthieu 24.35)

« Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » (Jude 3)

Déjà au premier siècle, les apôtres ont pu « annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20.27). Ils affirmaient que sa divine puissance nous avait déjà donné « tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1.3).

3) Il est immuable.

Les croyances subjectives changent avec le temps. On les modifie ou les abandonne pour diverses raisons. Mais nul n’a le droit de changer la Parole de Dieu. Il faut plutôt la recevoir telle quelle et la conserver. Les conséquences pour celui qui la remplace ou la transforme sont très graves.

« Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. » (1 Corinthiens 15.1,2)

L’Évangile est basé sur la vérité historique de la résurrection de Jésus-Christ. Si cette vérité n’est pas réelle, notre foi n’est pas simplement une option parmi plusieurs – elle est inutile. C’est ce que l’apôtre Paul affirme en 1 Corinthiens 15.12-19, et voici sa conclusion :

« Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. » (vs.17-19)

Il est clair que pour Paul, on ne peut pas dire que l’essentiel, c’est que l’Évangile est « vrai pour nous ». Soit Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, soit il ne l’est pas. S’il est ressuscité, « tous les hommes en tous lieux ont à se repentir » (Actes 17.30). S’il ne l’est pas, ceux qui adhèrent à la foi chrétienne se font des illusions, perdent leur temps et, dans bien des cas, supportent inutilement la persécution.

Il est possible de connaître et de comprendre la vérité

Même si la Bible contient des « points difficiles à comprendre » (2 Pierre 3.16), difficile n’est pas impossible. Difficile demande simplement des efforts sérieux et honnêtes. La vérité que Dieu nous demande de croire est bien à notre portée. Jésus dit : « Si vous demeurez dans ma parole… vous connaîtrez la vérité » (Jean 8.31,32). Moïse dit au peuple d’Israël :

« La loi que je vous communique aujourd’hui n’est pas trop difficile à comprendre ni hors d’atteinte pour vous… Non, cette loi est tout près de vous, dans votre bouche et dans votre cœur, et vous pouvez la mettre en pratique. » (Deutéronome 30.11,14, FC)

Voici les éléments les plus importants pour reconnaître la vérité, surtout au sujet de Dieu : un cœur honnête et bon (Luc 8.15) et le désir de savoir si la doctrine est de Dieu (Jean 7.17). Il faut également admettre que la vérité existe, et il faut aimer la vérité (2 Thess. 2.10-12).

La vérité existe, elle ne se contredit pas, elle ne dépend pas de ce que chacun pense, elle ne change pas. Reconnaître cette réalité est peut-être le premier pas pour trouver « la vérité vraie ». Alors, reconnaissons que la vérité absolue, universelle et éternelle existe, et recherchons-la de tout notre cœur.

Jésus dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jean 8.31,32)

B.B.
Vol. 18, No. 2


Le relativisme s’applique, bien sûr, comme nous l’avons vu, à ce que l’on croit être vrai ou réel. Mais on le trouve encore plus fréquemment dans un domaine particulier des croyances : la moralité, ou l’éthique. Non seulement les gens croient que chacun a droit à sa propre vérité, mais chacun aurait droit à ses propres valeurs, ses propres principes du bien et du mal, sa propre moralité. Un acte peut être considéré comme un péché pour une personne, mais une bonne chose pour une autre personne. Tout dépend. Nous essaierons de traiter cet aspect de la question dans un prochain numéro de Chemin de Vérité.