Cherchez les choses d’en haut

La vie chrétienne est remplie de bénédictions que l’on reçoit déjà dans cette vie sur la terre. Nous avons la paix avec Dieu et l’assurance de son amour pour nous ; nous avons accès auprès de Dieu par la prière grâce à notre médiateur, Jésus-Christ ; nous avons une famille spirituelle, l’Église ; nous avons l’Esprit de Dieu lui-même qui habite en nous ; nous avons une mission importante à laquelle nous pouvons consacrer nos efforts, qui est l’évangélisation du monde entier ; nous avons appris la joie de servir les autres et les secourir dans leurs difficultés, à la gloire de notre Seigneur ; nous avons la Parole de Dieu pour nous guider, nous fortifier, nous consoler et nous enseigner.

Mais cette vie comporte en même temps sa part de souffrances et douleurs, de déceptions et découragements, de moments de solitude ou même d’abandon, de pertes et d’injustices. Le chrétien n’en est pas épargné. Au contraire, il peut être l’objet de raillerie, de mépris ou même de persécution violente pour la simple raison qu’il est chrétien.

L’apôtre Paul, souvent prisonnier à cause de sa prédication, raconte quelques-unes de ses épreuves :

« Souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé… J’ai été… en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens,… en péril parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises. » (2 Corinthiens 11.23-28)

Ce n’est donc pas surprenant que Paul dit ailleurs : « Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes » (1 Corinthiens 15.19). Mais ce n’est pas dans cette vie seulement que le chrétien espère, et cette espérance en Christ – cette attente d’une récompense éternelle – fait qu’au lieu d’être réellement les plus malheureux des hommes, nous sommes les plus bénis. Paul, bien que prisonnier, dit au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces liens ! » (Actes 26.29).

En parlant des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, la Bible dit qu’ils ont reconnu « qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste » (Hébreux 11.13-16). La patrie céleste est sans aucun doute meilleure que n’importe quel pays sur la terre, y compris le pays de Canaan que Dieu promit à Abraham et ses descendants, y compris la France, le Canada, les États-Unis ou n’importe quel autre pays vers lequel de nombreuses personnes cherchent à émigrer. Mais qu’est-ce qui le rend si attrayant qu’on accepterait de payer n’importe quel prix pour l’atteindre ? Qu’est qui nous attend au ciel ?

Une récompense éternelle

Persévérer dans la fidélité n’est pas facile, mais le Seigneur nous rassure de plusieurs manières que nos efforts seront pleinement récompensés.

D’abord nous connaîtrons la joie de l’entendre nous dire des mots d’approbation et d’accueil : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître… Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde » (Matthieu 25.21,34). Quelle joie de savoir que nous avons fait plaisir au Maître que nous aimons !

Tel un athlète victorieux qui, après des années de discipline, d’effort laborieux et de sacrifices, se voit honoré d’une médaille d’or (ou, comme au temps des premiers Jeux Olympiques, par une couronne d’olivier), le chrétien fidèle attend sa couronne. Vers la fin de sa vie l’apôtre Paul dit :

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (2 Timothée 4.7,8)

Cette récompense est souvent décrite comme un trésor, un héritage. Des hommes passent toute leur vie à chercher des richesses dans ce monde, des richesses incertaines qu’ils perdent inévitablement lorsqu’ils meurent (et qu’ils perdent très souvent bien avant de mourir). Mais les biens célestes qui nous sont proposés sont tellement supérieurs à ces trésors terrestres, qu’il nous est difficile de les imaginer. Il fut dit aux chrétiens persécutés : « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération » (Hébreux 10.34,35). « Dieu… nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux » (1 Pierre 1.3,4).

Jésus nous exhorte en Matthieu 6.19-21 :

« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les vers et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »

(Remarquez que là où se trouve notre trésor, et là où devrait se trouver notre cœur, c’est au ciel, ce qui semble bien être en contradiction avec la doctrine de certains qui disent que les justes vivront éternellement sur une terre transformée en paradis.)

Un corps glorifié, immortel, incorruptible

Non seulement nous aurons un héritage merveilleux dans notre pays promis, le ciel, mais nous y vivrons dans des corps merveilleux.

« Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses. » (Philippiens 3.20,21)

Depuis que le péché est entré dans le monde, le corps de l’homme est sujet à la mort. Nos corps sont atteints de maladie, ils sont affaiblis et même déformés par l’âge, et ils finissent par pourrir dans la tombe. Comme Job le dit, ils « deviennent la pâture des vers » (Job 21.26). Malgré les bénédictions dont nous jouissons déjà en tant que sauvés, bénédictions que nous avons commencé à énumérer au début de cet article, « nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » (Romains 8.23). Au ciel chacun de nous aura un nouveau corps et sera libéré de tout ce qui nous fait souffrir dans nos corps actuels.

« Le corps est semé corruptible, il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel… Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. » (1 Corinthiens 15.42-44,50-53)

Jésus nous promet que les sauvés « ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges, et qu’ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Luc 20.36).

Le repos

Êtes-vous jamais fatigué de la vie ? Fatigué par l’effort continuel qu’il faut juste pour survivre sur le plan matériel ? Fatigué de la lutte continuelle que vous devez mener sur le plan spirituel dans un monde où Satan vous assaille de tous côtés ? Fatigué de pleurer la perte de vos bien-aimés ? Fatigué de voir jour après jour toute sorte d’injustice et de péché ? Fatigué de la « vanité » de la plupart de ce qui se passe « sous le soleil » ? Qu’est-ce qu’il est réconfortant de savoir que le repos nous attend au ciel !

« Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres. » (Hébreux 4.9,10)

La voix du ciel dit en Apocalypse 14.13 : « Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les accompagnent. » Le contraste avec les âmes perdues est terrible, car il est écrit à leur sujet : « La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit » (Apocalypse 14.11).

Ceux qui sont persécutés pour Jésus auront du repos (2 Thessaloniciens 1.6-8). Ceux qui sont affligés seront consolés (Matthieu 5.4). Ceux qui sont éprouvés n’auront plus d’épreuves à supporter, car ces épreuves ne sont que « pour un peu de temps » (1 Pierre 1.6). Nous aurons fini avec tout ce qui fait souffrir dans ce monde.

« Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur. Car l’agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apocalypse 7.16,17)

La ressemblance au Seigneur

1 Jean 3.2,3 contient une promesse étonnante :

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsqu’il sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. »

La gloire qui nous attend est si merveilleuse que nous ne pouvons pas la saisir, et elle ne peut probablement pas être clairement exprimée en paroles humaines. Notre souhait le plus profond en tant que chrétiens est de ressembler à notre Seigneur, non pas en autorité, puissance ou omniscience, mais en sainteté, pureté et amour. Celui qui désire ardemment cette ressemblance fait déjà des efforts pour imiter l’objet de son admiration. On ne réussit jamais totalement dans cette vie, mais on s’y donne avec persévérance. Quelle joie de savoir qu’au ciel nous aurons réellement fini avec la tentation et le péché. Dieu « peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse » (Jude 24).

Cet aspect de notre espérance céleste s’exprime bien dans le cantique « Grandis en moi » :

Grandis en moi, Seigneur, et que je diminue,
C’est là tout mon souhait.
Hâte l’œuvre en mon cœur, car j’attends ta venue ;
Bientôt tu reviendras, glorieux, sur la nue,
Et je veux être prêt.

Prêt à te rencontrer, Mon Sauveur adorable,
Parfait en sainteté.
Oh ! quel ravissement, quelle joie ineffable,
Quand ton disciple enfin te sera fait semblable,
Contemplant ta beauté.

La communion avec les saints de tous les âges

On pose parfois la question de savoir si nous pourrons nous reconnaître les uns les autres au ciel. La Bible semble répondre par l’affirmative. Jésus dit en Matthieu 8.11 : « Je vous déclare que plusieurs viendront de l’orient et de l’occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. » À quoi bon une telle promesse si ceux qui en bénéficieront ne pourront pas savoir qu’ils se trouvent effectivement en présence de ces grands patriarches ?

À la transfiguration de Jésus, les apôtres ont reconnu Moïse et Élie, car « Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie » (Matthieu 17.4). Or, ces deux hommes étaient morts depuis des siècles, et Pierre, Jean et Jacques ne les avaient pas connus en personne. Si donc il sera possible de reconnaître des individus que nous n’avons pas connus personnellement sur terre, n’est-il pas sous-entendu que nous reconnaîtrons ceux que nous avons connus pendant notre vie ?

Onésime était un esclave qui s’est enfui de son maître, un chrétien du nom de Philémon. Arrivé à Rome, Onésime rencontra Paul et devint, lui aussi, chrétien. L’apôtre renvoya Onésime auprès de Philémon, en lui remettant l’épître qui porte son nom. Il écrit concernant Onésime : « Peut-être a-t-il été séparé de toi pour un temps, afin que tu le recouvres pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais comme supérieur à un esclave, comme un frère bien-aimé » (Philémon 15,16). Cette nouvelle relation fraternelle entre Philémon et Onésime devait évidemment se poursuivre au ciel.

Selon Hébreux 12.22,23, en s’approchant de la Jérusalem céleste, on s’approche non seulement de Dieu, de Jésus et des anges, mais aussi de « l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux » (l’Église glorifiée) et « des esprits des justes parvenus à la perfection » (probablement ceux qui, sous la première alliance, sont morts dans la fidélité).

Ce sera une grande joie que de s’associer avec ceux qui ont aimé et fidèlement servi Dieu au cours de l’histoire, que ce soit de grands personnages de la Bible, des personnes que nous avons déjà connues et aimées dans nos familles et nos assemblées ou bien d’autres que nous découvrirons dans l’au-delà. Par contre, on ne peut éviter la conclusion que l’enfer sera encore plus horrible parce qu’on y passera l’éternité avec des êtres méchants, égoïstes et rebelles envers Dieu.

La présence de Dieu

Il est réconfortant de penser que nous retrouverons au ciel nos bien-aimés « un instant disparus », mais ce qui devrait nous attirer le plus, c’est la joie de nous trouver en présence de notre Seigneur. Avant de remonter au ciel, Jésus dit à ses disciples : « Lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jean 14.3). Il dit aussi à Dieu : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi » (Jean 17.24).

L’apôtre Paul dit plus d’une fois qu’il préférait mourir que de vivre sur terre, car il voulait tellement être auprès du Seigneur (Philippiens 1.21-23; 2 Corinthiens 5.8). Et il nous exhorte tous : « Cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre » (Colossiens 3.1,2). Nous devrions cultiver un cœur pour Dieu comme celui de David, qui dit : « Je demande à l’Éternel une chose, que je désire ardemment : je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Éternel, pour contempler la magnificence de l’Éternel » (Psaume 27.4). « Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Psaume 42.2,3). Trop souvent nous ne sommes pas motivés par l’idée du ciel parce que l’amour de ce monde nous habite plus que l’amour de Dieu. Plus nous aimons Dieu lui-même, plus nous aurons hâte de le voir et de l’adorer dans toute sa splendeur.

Conclusion

Partout au monde on trouve que les gens évitent de mal parler des morts, quel que soit leur comportement de leur vivant. Mais on va plus loin : lors des funérailles, on parle comme si TOUS sont destinés au ciel. L’espérance d’une demeure au ciel est une belle chose, mais tous n’y ont pas droit. Jésus dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7.21). Quant à « ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus, ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Thessaloniciens 1.8,9).

Si vous n’avez pas encore obéi à l’Évangile par la foi, la repentance et le baptême, ou si vous ne vivez pas dans la fidélité au Seigneur, n’attendez plus. « Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard » (Hébreux 4.1). Faites en sorte que vous puissiez réellement dire, comme l’apôtre Paul : « Nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur » (2 Corinthiens 5.8).

B.B.

Le baptême des enfants

Supposez que vous venez de faire un enfant. Serait-il important de le faire baptiser ? Peut-être que vous avez reçu le baptême quand vous étiez trop jeune pour vous en souvenir. Faut-il mettre en doute la validité de ce baptême ? Faut-il écouter ceux qui vous conseilleraient de vous faire rebaptiser ?

La grande majorité de ceux qui se considèrent chrétiens acceptent la pratique de baptiser des enfants, y compris des nouveaux-nés. On trouve le baptême des enfants chez les catholiques, les orthodoxes, et beaucoup de protestants (luthériens, réformés, anglicans, presbytériens, méthodistes, nazaréens, etc.). L’Église catholique le considère si important qu’elle enseigne que des parents chrétiens qui retardent excessivement ou qui négligent complètement de procéder au baptême de leurs enfants commettent un péché « mortel » ; ils priveraient leurs enfants de la certitude d’une entrée dans la présence de Dieu en cas de mort, et ils s’exposeraient eux-mêmes au danger de l’enfer.

Des millions d’autres rejettent le baptême des enfants pour plusieurs raisons, notamment parce qu’il n’est jamais mentionné dans la Bible et qu’il présente plusieurs conflits avec ce que les Écritures enseignent au sujet du baptême, du salut et de la responsabilité individuelle.

Arguments en faveur

Voyons d’abord les arguments que l’on avance pour soutenir le baptême des enfants.

1. Les enfants seraient souillés par le péché originel ; ils hériteraient la faute commise par Adam et Ève dans le jardin d’Éden.

Nous avons traité cette erreur en long et en large dans un autre numéro de Chemin de Vérité, (Vol. 15, No. 2, Le péché originel), et nous vous encourageons à lire cette étude. Parmi les vérités bibliques qui démentent l’idée d’un péché originel héréditaire, il y a le fait que chacun rendra compte à Dieu pour lui-même. Il est vrai que mes actions peuvent avoir des effets négatifs dans la vie d’autres personnes, mais ces personnes ne sont pas jugées ou condamnées pour mes péchés.

En Ézéchiel 18, le prophète répond au peuple qui, puni par Dieu, essayait de rejeter la faute sur leurs ancêtres. Il leur dit : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.20). Ce principe fondamental de la justice ne s’applique pas seulement dans cette vie sur terre ; Dieu nous dit clairement et à maintes reprises qu’il agira selon le même principe d’équité au dernier jugement. Romains 14.12 dit simplement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (et non, évidemment, pour Adam et Ève).

Deux Corinthiens 5.10 énonce le même principe : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. »

Si l’enfant n’est pas souillé par le péché de son ancêtre et s’il n’a pas encore la faculté de choisir et donc de commettre du péché, c’est qu’il n’a pas besoin d’être purifié. Il est déjà pur.

De nos jours, beaucoup n’acceptent ni l’idée que le nouveau-né serait perdu à cause du péché originel ni l’idée que le baptême se fait pour le pardon des péchés. Ils tiennent quand même à conserver le baptême des enfants. Pour justifier la pratique, ils en font une cérémonie de dédicace de l’enfant et une occasion de permettre aux parents de l’enfant de s’engager à l’élever dans la foi chrétienne. Le problème principal en cela est que cette façon de faire déforme totalement le sens du baptême. Dans la Bible, le baptême n’a rien à voir avec l’éducation spirituelle que doit recevoir un nouveau-né. C’est un acte d’obéissance par lequel un pécheur exprime sa foi au Sauveur, s’engage à se conformer à la volonté de Dieu, et obtient, grâce au sang de Jésus, le pardon de ses péchés.

2. Le baptême des enfants serait valable parce que c’est une vieille tradition de l’Église.

Il est vrai que la pratique de baptiser des enfants remonte très loin dans l’histoire chrétienne, mais aucune preuve ne permet de dire que Jésus et ses apôtres l’ont instituée. La Bible n’en parle pas du tout. Aucun auteur du deuxième siècle ne parle clairement du baptême des enfants, ni pour l’appuyer ni pour s’y opposer. Le célèbre Justin Martyr, qui mourut en 166 apr. J.-C., était de l’Église de Rome mais ne semblait pas connaître un tel baptême. Dans son Apologie I, 61, il donne une raison pour le baptême qui exclut le baptême des nouveau-nés : « Pour ce qui est [du baptême d’eau] nous avons appris des apôtres cette raison. Puisque lors de notre naissance nous naissons sans notre connaissance ou notre choix, le mélange fortuit de nos parents ; et ensuite nous sommes élevés dans l’habitude du mal et des leçons de l’iniquité. Or, pour que nous ne restions pas ainsi les fils du hasard et de l’ignorance, mais de choix et de connaissance, l’eau vient nous obtenir la rémission de toutes nos fautes passées. » Justin fait donc un contraste : pour notre naissance physique, nous n’avons pas de choix ; pour la naissance spirituelle lors du baptême, nous devons choisir en connaissance de cause.

Au troisième siècle, le baptême des enfants était répandu, mais il n’était pas accepté partout. Tertullien, par exemple, un « Père de l’Église » d’Afrique, qui naquit vers 150 et mourut entre 220 et 240, était hostile au baptême des petits enfants.

Mais en réalité, même une vieille tradition, même une tradition qui semble être acceptée universellement, si elle ne provient pas de Jésus et des apôtres inspirés, si elle n’est pas enseignée dans les pages de la Bible, ne fait pas autorité pour l’enfant de Dieu. Jésus met solennellement en garde contre le danger de se laisser guider par les traditions humaines. Il dit en Marc 7.7,8 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. »

3. La Bible parle du baptême de plusieurs familles entières. Comme une famille a généralement des enfants, ceux-ci ont dû recevoir le baptême aussi.

Nous voyons la conversion de trois familles entières dans le livre des Actes : Corneille (10.44-48), Lydie (16.14,15) et le geôlier philippien (16.32-34). On nous dit qu’il y avait sûrement des enfants dans ces familles et que ces enfants ont donc été baptisés. Mais dans le cas de la famille de Corneille, le texte parle explicitement de « ceux qui écoutaient la parole ». Pour ce qui est du geôlier, il est dit que Paul et Silas « lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison », et après le baptême, « il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu ». Est-ce que les bébés, aussi, ont suivi la prédication et se sont-ils réjouis de la conversion du geôlier ? Quant à Lydie, afin de s’appuyer sur son cas pour soutenir le baptême des bébés, il faut supposer : 1) qu’elle était mariée (sa « famille » pouvait se composer de sœurs, de neveux, de domestiques, etc.) ; 2) qu’elle avait des enfants ; 3) que quelques-uns de ces enfants étaient des bébés. Tout cela est possible, mais pas forcément le cas. On peut avoir une famille sans être marié, sans avoir des enfants, ou sans avoir des bébés ou enfants très jeunes.

4. Il ne serait pas normal de refuser à son enfant les bénédictions qu’apportent le baptême et l’appartenance à l’Église (pardon, renaissance, participation à la vie divine, aide pour la croissance spirituelle, etc.). Pourquoi attendre pour faire vivre le don de Dieu à l’enfant ?

Il faut se rappeler que celui qui n’a pas encore péché n’a pas besoin de pardon et n’est point séparé de Dieu. En même temps il faut dire que la personne qui reçoit le baptême doit croire et s’engager personnellement pour que le baptême ait sa valeur. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.16). « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.36,37). « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés » (Actes 2.41). Le baptême « ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure » (1 Pierre 3.21, Bible du Semeur). Penser que le baptême peut avoir des effets profonds dans la vie d’une personne, quelle que soit la croyance, l’intention ou l’attitude de la personne, c’est traiter le baptême comme une formule magique plutôt qu’une expression sincère de la foi de celui qui a besoin de la grâce de Dieu.

Une personne qui croit peut certainement demander à Dieu d’accorder des bénédictions (telle que la guérison) à d’autres personnes, même si ces personnes ne croient pas. Mais le Christ a clairement commandé certaines choses qu’une personne doit faire elle-même pour être sauvé : croire, se repentir, confesser sa foi en Christ et se faire baptiser (Marc 16.16; Luc 13.5; Matt. 10.32,33). Il n’a jamais suggéré que quelqu’un pourrait faire ces choses au nom d’un autre ou prendre un engagement pour lui sans son consentement. « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Rom. 14.12).

5. Ne pas baptiser son enfant serait ne pas respecter le souhait de Jésus, qui a bien dit : « Laissez venir à moi les petits enfants ».

Avant d’en tirer des conclusions sur le baptême des enfants, il est important de considérer le contexte de ces propos du Seigneur : « On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10.13-16). On n’amenait pas ces enfants pour les faire baptiser. On ne prenait aucun engagement au nom de ces enfants. On ne prétendait pas que ces enfants aient besoin de repentance ou de pardon. On demandait simplement à Jésus de prier pour eux et de poser ses mains sur eux (voir Matt. 19.13-15). Les enfants étaient importants aux yeux de Jésus et méritaient son temps et son attention. Mais la parole qu’il a prononcée à cette occasion n’avait rien à voir avec le baptême.

Le baptême des enfants ne correspond pas au baptême biblique

1. Les conditions pour recevoir le baptême

Le Nouveau Testament nous parle de trois choses qui doivent précéder le baptême : Il faut écouter l’Évangile (Rom. 1.16; 1 Cor. 15.1,2), croire en Jésus comme Fils de Dieu (Marc 16.15,16; Actes 2.41; 8.12,13,36,37; 18.8), et se repentir de ses péchés (Luc 24.46,47; Actes 2.38).

La repentance est la décision ferme et sincère d’abandonner ses péchés et de pratiquer la volonté de Dieu. Cette exigence s’accorde avec la description du baptême en 1 Pierre 3.21 : « Le baptême… est l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. » Quand on se fait baptiser, on s’engage à suivre Jésus. Sans repentance, sans engagement, sans désir de changer de vie, le baptême n’a plus sons sens.

Qui peut être baptisé ? Celui qui entend l’Évangile, croit en Jésus, et se repent de ses péchés. Au vu de ce que nous venons de lire, qu’est-ce qu’on peut dire de la pratique de baptiser des bébés ? Il est claire qu’un nouveau-né n’est capable de remplir aucune de ces conditions.

2. Le but du baptême.

Dans la Bible, le baptême est toujours pour le pardon des péchés, et là on parle de ses péchés personnels et non pas les péchés commis par autrui. Pierre dit le jour de Pentecôte : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé… pour le pardon vos péchés » (Actes 2.38). Ananias dit à Saul de Tarse : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés » (Actes 22.16).

L’enfant n’a pas encore commis du péché, et il ne vient pas dans ce monde ayant une âme déjà souillée par le péché d’autrui. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « innocents ». N’ayant pas de péché, les bébés n’ont pas besoin du baptême.

3. La forme du baptême.

Le baptême biblique est une immersion dans l’eau. Cela est clair quand on considère le sens du mot grec qui est traduit par baptiser (il signifie « immerger »), quand on regarde les exemples bibliques où des personnes « descendent dans l’eau » pour recevoir le baptême et en sortent après (Actes 8.38,39; Matt. 3.16), et quand on réfléchit au symbolisme du baptême qui représente la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus (Rom. 6.2-7; Col. 2.12). La vaste majorité des soi-disant baptêmes administrés aux enfants se font par aspersion et ne constituent même pas des baptêmes. (Pour une étude plus approfondie de ce sujet, voyez Chemin de Vérité, Vol. 10, No. 4, La forme et le but du baptême.)

Conclusion

Dieu ne vous demande pas de faire baptiser votre nouveau-né. Il vous demande de faire de votre mieux pour l’éduquer de telle sorte qu’il se donne au Seigneur quand il sera assez grand, mais la Bible ne vous autorise nulle part à faire le choix à la place de votre enfant.

Si vous avez été « baptisé » quand vous étiez trop jeune pour savoir de quoi il s’agissait, si vos parents ont cru et se sont engagés à votre place, sachez que vous n’avez pas encore fait ce que Dieu demande. Cette cérémonie que l’on fait autour d’un bébé n’est pas le baptême dont parle la Parole de Dieu. Pour être sûr d’avoir obéi à Dieu, sûr de votre salut, « repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38).

B.B.


Voir aussi Les cérémonies de présentation d’enfant.

Les cérémonies de présentation d’enfant

Certaines dénominations qui n’acceptent pas le baptême des enfants organisent plutôt des cérémonies de présentation d’enfant. Une Église chrétienne évangélique au Canada, par exemple, explique sur son site web : « Puisque nous ne baptisons pas les nouveau-nés à notre Église, nous offrons la possibilité aux parents chrétiens de présenter leur enfant au Seigneur et à l’Assemblée lors d’une cérémonie spéciale à cet effet le dimanche matin. » Bien que cette Église elle-même reconnaît le parallèle entre cette cérémonie et le baptême des enfants (qu’elle rejette), il est surprenant de trouver la prétention que cette pratique trouve son origine dans la Bible.

Étant donné que le Nouveau Testament ne recommande pas et ne fournit aucun exemple d’une telle cérémonie dans les Églises, en quoi son origine se trouve-t-elle dans la Bible ? On nous parle du commandement divin en Exode 13.12 : « Tout premier-né sera consacré au Seigneur. » Ce commandement, en fait, n’a rien à voir avec les cérémonies qu’on veut justifier, ni dans sa raison d’être ni dans son application. Dieu expliqua au peuple d’Israël : « Le jour où j’ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, je me suis consacré tous les premiers-nés en Israël » (Nombres 3.13). Non seulement ce commandement ne concernait pas les enfants qui n’étaient pas des premiers-nés, mais il ne concernait ni les petites filles ni les premiers-nés de la tribu de Lévi (Nombres 3.40,41). Quant à l’application de la loi, il s’agissait de payer un montant d’argent pour « le rachat » de l’enfant quand il aurait un mois (Nombres 18.15,16). Une autre loi ordonnait un sacrifice pour la purification cérémonielle de toute femme après son accouchement (Lév. 12). Il est question de ce sacrifice en Luc 2.21-24 après la naissance de Jésus. Ces commandements font clairement partie de l’alliance mosaïque plutôt que la nouvelle alliance.

On cite également l’exemple d’Anne, la mère de Samuel, pour justifier les présentations d’enfants dans les cultes. Anne avait été stérile, mais elle pria Dieu avec ferveur de lui donner un fils. Elle promit que si Dieu exauçait sa prière, elle consacrerait l’enfant à l’Éternel pour toute sa vie. Dieu lui donna un fils. Après que l’enfant a été sevré, sa mère le confia au prêtre Éli qui servait au tabernacle. Elle ne voyait plus son fils sauf quand elle allait au tabernacle pour le sacrifice annuel et apportait un habit pour l’enfant. Cet acte de piété chez Anne ne correspond pas aux cérémonies modernes dont nous parlons, et ce n’est pas du tout de cette manière que l’on recommande aux mères chrétiennes d’élever leurs enfants dans le Seigneur.

Il est normal de se réjouir avec un frère ou une sœur bénis par la naissance d’un enfant (1 Cor. 12.26). Il est bien de rappeler aux parents leur devoir en ce qui concerne l’éducation spirituelle de leurs enfants (Éph. 6.4; Tite 2.3,4). Il convient de remercier Dieu de la grâce que représente le don d’un enfant et de lui demander la sagesse dont on a besoin comme parent.

Mais méfions-nous d’instituer des cérémonies religieuses de notre propre chef. La Bible est notre seul guide. N’allons pas au-delà de ce qui est écrit. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : ce n’est pas parce que le Nouveau Testament nous enseigne de le faire qu’on crée des cérémonies de présentation d’enfant ; c’est parce qu’on veut quelque chose de semblable au baptême des enfants pratiqué par les autres. On a besoin de se rappeler l’avertissement que Moïse adressa aux Israélites concernant leurs voisins religieux : « Garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant… Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même » (Deut. 12.30).

B.B.

La réponse chrétienne à la violence islamiste

On parle dans certains milieux de l’islamophobie, c’est-à-dire la haine ou la peur des musulmans, de leur politique ou de leur culture. Un vrai « islamophobe » croirait, par exemple, que tous les musulmans sont des terroristes (ou des terroristes potentiels). Cela est manifestement faux. Des millions de musulmans fidèles sont des gens très aimables, hospitaliers et intègres ; loin de soutenir les actes terroristes, ils les déplorent. Je me rappelle que, le lendemain du 11 septembre 2001, de nombreux voisins, amis et même inconnus musulmans sont venus vers moi en tant qu’américain et chrétien pour me présenter leurs condoléances et exprimer leur rejet total de l’attentat qui avait fait plus de 3 000 victimes.

Loin de nous l’idée de mettre tous les musulmans dans le même sac. Cela n’empêche que l’Islam a un problème de violence religieuse. Bon nombre de ses adhérents prônent des actes terroristes et perçoivent certaines formes de violence comme un commandement divin pour la promotion de leur foi. Comment peut-on contester ce constat, vu le nombre d’organisations musulmanes qui emploient les tactiques violentes ? Parmi les plus connues on peut citer :

  • L’État Islamique, Daech (l’Irak et la Syrie)
  • Al-Mourabitoun (l’ensemble du Sahara)
  • Al-Quaïda au Maghreb islamique (Algérie, Mali, Mauritanie, Niger)
  • Boko Haram (Nigéria, Cameroun, Tchad, Niger)
  • Les Chebabs (Somalie)
  • Le Hezbollah et le Hamas (Palestine, Syrie, Gaza)
  • Les groupes Taliban (Afghanistan)
  • Ansar al-Charia (Tunisie)
  • Ansar Dine (Mali)
  • Abou Sayyaf (sud des Philippines)
  • Al-Qaïda (Pakistan, Afghanistan)
  • Les mouvements islamiques d’Ouzbékistan et du Turkestan oriental
  • Al-Qaïda dans la péninsule arabique

En 2016 les auteurs de 2 474 attentats terroristes en 61 pays agirent au nom de l’Islam, faisant plus de 21 237 morts. Toutes les autres religions mondiales confondues n’avaient inspiré que quatre attentats.

Quand on pense à l’État Islamique, la violence ne se limite pas aux actes terroristes. On force les minorités religieuses à se convertir ou les « apostats » à revenir à l’Islam au bout de l’épée. Ceux qui refusent sont décapités, voir crucifiés. Les atrocités n’en finissent pas : viols, conscription d’enfants soldats, esclavage sexuelle ; les militants justifient tout cela et bien plus par des versets coraniques et des hadith. L’État Islamique est un monde effrayant qui attire des dizaines de milliers de militants des autres pays, y compris de l’occident, et qui s’exporte pour semer la terreur en dehors de son fief en Irak et Syrie.

La réaction chrétienne

Comment le chrétien devrait-il réagir face à ce phénomène ? Soulignons que notre question concerne bien le chrétien. Le but de cet article n’est pas de recommander telle ou telle politique au gouvernement de la France, des États-Unis ou du Mali. En tant que chrétiens, nous devons nous rappeler que notre vraie patrie est au ciel (Phil. 3.20; Héb. 13.14). Certes, nous devons payer les impôts et obéir aux lois des pays où nous résidons (Rom. 13.1-7; 1 Pi. 2.13-17), pourvu que ces lois ne soient pas en conflit avec les commandements de Dieu (Actes 5.29). Mais nous nous voyons plutôt comme des « étrangers et voyageurs sur la terre » (Héb. 11.13-15). En tant que tels, nous sommes conscients du danger de trop nous mêler à la politique des royaumes de ce monde, et nous évitons de manifester un patriotisme aveugle et passionné en faveur d’un pays et contre l’autre. Après tout, le Dieu que nous servons n’est ni américain, ni arabe, ni européen, ni africain, et nous avons des frères et sœurs spirituels dans tous les pays. Nous avons à défendre la Parole de Dieu et non pas les décisions ou les intérêts d’un gouvernement humain.

Commençons donc par ce qui NE doit PAS être la réaction des chrétiens confrontés par l’extrémisme violent, le terrorisme et la persécution.

La peur ?

Quand on voit venir des ennemis brutaux, la tendance naturelle est d’éprouver une certaine crainte. Mais les chrétiens ne doivent pas se laisser prendre par la peur. Jésus dit en Luc 12.4,5 : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre. » Notre vie physique doit se terminer un jour de toute façon ; le plus important n’est pas sa durée, mais notre fidélité. En plus, « notre » vie ne nous appartient même pas à nous, mais au Christ. Gardons notre foi en Jésus ; les hommes, quoi qu’ils fassent, sont incapables de nuire à notre âme éternelle.

Nous ne devons pas nous laisser paralyser par la peur mais fixer nos regards plutôt sur Dieu. Le monde change du jour au lendemain, et l’avenir est incertain. Les dangers tels que le terrorisme se multiplient, mais « Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Ps. 46.2). « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Ps. 23.4).

Ce n’est pas la première fois que le monde ait vu un ennemi aussi agressif que l’extrémisme islamiste, un ennemi qui essaie d’exterminer la foi chrétienne, de faire taire la voix de l’Évangile, de faire disparaître toute trace de l’Église du Christ. Mais Dieu est souverain, et le royaume de son Oint « ne sera jamais détruit » (Dan. 2.44). Le peuple de Dieu devrait avoir assez de foi en lui pour ne pas réagir dans la peur face à l’agression.

Un recours à la force ?

Deuxièmement, notre réaction à l’extrémisme islamiste ne doit pas être caractérisée par un recours à la force. On peut s’attendre à cela de la part des hommes charnels, mais ce n’est pas ce que Dieu attend de nous. Notre rôle n’est pas celui de juge ou de jury. Notre mission n’est pas de tuer (ou de recommander aux autres de tuer) ceux qui se battent contre l’Église de Dieu. On ne peut pas être victorieux dans un conflit spirituel au moyen de la guerre charnelle. « Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses » (2 Cor. 10.4). Les hommes regardent généralement à ce qui frappe aux yeux, mais pour Dieu et pour son peuple, ce conflit n’est pas charnel ; il est spirituel. Ce qui est en jeu n’est pas simplement le contrôle d’un territoire ou la survie d’un régime.

Rappelons-nous que si Dieu voulait mettre fin aujourd’hui à l’État Islamique ou à Boko Haram, il pourrait le faire. S’il est de sa volonté de permettre à des hommes violents de faire pour un temps ce qu’ils veulent, nous n’avons pas à douter de sa sagesse ou à usurper son autorité. Au jardin de Gethsémané, une bande armée est venue pour arrêter Jésus. « Alors ces gens s’avancèrent, mirent la main sur Jésus, et le saisirent. Et voici, un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée ; il frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui trancha l’oreille. Alors Jésus lui dit : Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? » (Matt. 26.50b-54). L’apôtre Pierre était disposé à faire recours à la force, à employer une arme charnelle, mais Jésus lui rappela que Dieu était parfaitement capable d’empêcher son arrestation. S’il ne l’a pas fait, Dieu avait ses raisons. (Heureusement pour nous Dieu n’a pas empêché ces hommes méchants de commettre leur crime, car c’est la mort de cet innocent, Jésus, qui rend possible notre pardon.)

Tout au long de l’histoire Dieu a permis à des hommes méchants de commettre des actes iniques. L’histoire et les Écritures révèlent aussi que lorsqu’il est prêt, Dieu y met fin. Les chrétiens ne devraient pas penser qu’au moyen des armes charnelles ils pourront ou ont besoin de mettre fin aux injustices dans le monde, y compris celles commises par les terroristes islamiques.

Si nous ne devons pas réagir en ayant peur ou en faisant recours à la force, qu’est-ce que la Parole de Dieu nous recommande ?

La foi

Notre réaction à la persécution et le terrorisme devrait manifester une foi solide et profonde en Dieu. Ce qui nous distingue des autres, c’est que nous connaissons Dieu. Nous avons confiance en lui même quand nous ne comprenons pas ce qu’il fait ou pourquoi il le fait. Nous sommes confiants de la victoire parce que c’est Dieu qui se bat pour nous.

La prière

Quand le peuple de Dieu confrontait des situations pareilles dans le passé, sa réaction était de prier, de demander l’aide de Dieu. Lorsque les Ammonites et les Moabites réunirent une armée massive pour attaquer le royaume de Juda, le roi Josaphat mit sa confiance en Dieu : « Ô notre Dieu, n’exerceras-tu pas tes jugements sur eux ? Car nous sommes sans force devant cette multitude nombreuse qui s’avance contre nous, et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi » (2 Chron. 20.12). Dieu lui répondit par l’un des prophètes en ces termes : « Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multitude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu… Vous n’aurez point à combattre en cette affaire : présentez-vous, tenez-vous là, et vous verrez la délivrance que l’Éternel vous accordera » (2 Chron. 20.15,17). Et Dieu accomplit bien sa promesse.

Si nous sommes inquiets au sujet des atrocités commises par l’État Islamique et ses partisans, sommes-nous prêts à nous mettre à genoux devant Dieu afin de l’implorer de nous venir en aide ?

Mais ce n’est pas seulement pour nous-mêmes qu’il faut prier. La majorité des victimes des violences commises par les divers groupes islamistes dont nous parlons ne sont pas des chrétiens, mais des musulmans, surtout dans l’État Islamique. Ce sont des musulmans qui sont tués en plus grand nombre, vendus en esclavage sexuelle, obligés de vivre dans la peur continuelle. Ces victimes sont des personnes qui ne font de mal à personne. Nous devrions prier pour eux. Il y a bien des cas où le chrétien devrait élever la voix pour défendre la cause des innocents, quelles que soient leur nationalité ou leur religion. « Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l’indigent » (Prov. 31.8,9).

Nous devrions prier également pour les extrémistes eux-mêmes. Cela n’est pas facile, mais Jésus dit : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (Matt. 5.44,45). L’apôtre Paul, lui-même victime de persécution continuelle, écrivit : « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas… Ne rendez à personne le mal pour le mal (Rom. 12.14,17). Il dit en 1 Timothée 2.1,4 qu’il faut prier pour tous les hommes et que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.

Combien de temps passons-nous à prier pour nos ennemis ? Quand nous voyons des reportages à la télé, nous arrive-t-il de prier sur-le-champ pour les innocents qu’on maltraite à travers le monde ? Prions-nous pour ceux qui commettent ces crimes parce qu’ils ne connaissent pas vraiment Dieu ?

La prédication

Notre réaction aux extrémistes islamistes devrait comporter également la prédication. On peut penser que ces personnes sont irrécupérables. Dieu envoya le prophète Jonas pour qu’il prêche aux habitants de Ninive, capital de l’Empire assyrien, l’oppresseur de son peuple. Jonas ne voulait pas qu’ils se convertissent et que Dieu les pardonne, mais il connaissait le pouvoir de la parole de Dieu pour toucher les cœurs. Voilà pourquoi il a essayé de ne pas se rendre à Ninive. Nous avons le devoir de prêcher l’Évangile à toute la création, y compris les musulmans, y compris même les militants violents.

[Un site Internet a été créé qui peut contribuer à cette mission de faire comprendre aux musulmans l’intégrité et la véracité de la Bible, ainsi que la nécessité de son message concernant le salut. Le site s’appelle www.descenduversnous.com. Le nom du site est tiré de certains versets coraniques qui parlent des révélations de Dieu avant le temps de Mohamed et qui ordonnent aux musulmans d’accorder à ces révélations le même respect qu’ils accordent au Coran : «  Dites  : Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur  : nous ne faisons aucune distinction entre eux  » (Sourate 2, aya 136). Le site contient une centaine d’articles que le visiteur peut lire ou écouter en ligne, ou télécharger en forme de PDF ou de MP3 afin de les étudier hors ligne ou de les partager avec d’autres personnes. Faites connaître ce site à vos connaissances musulmanes.]

Des musulmans qui fuient la violence islamiste ainsi que ceux qui la déplorent de loin sont souvent plus ouverts à l’Évangile. Au lieu d’en avoir peur, nous devrions leur témoigner de la compassion, leur apportant du secours physique et spirituel.

La fermeté

On ne peut pas supposer que le danger que présente le terrorisme islamiste ne concerne que des zones éloignées de nous. Depuis les villes européennes et américaines jusqu’aux villages africains, depuis le Moyen-Orient jusqu’aux Philippines, aucune région du monde n’est à l’abri. Où qu’il soit, le chrétien doit se préparer mentalement et spirituellement pour la possibilité qu’il devienne la cible de terrorisme ou d’oppression à cause de sa foi.

C’est ainsi que Paul et Barnabas ont bien mis en garde les convertis de la Galatie : « Ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14.21,22). Les nouveaux chrétiens en Macédoine ont plus tard connu les mêmes épreuves : « Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que vous avez à supporter » (2 Thess. 1.4). Paul savait bien qu’en prêchant l’Évangile, il exposait à la persécution ceux qui accepteraient son message, mais il était lui-même un modèle du courage dont les convertis auraient besoin. Il dit : « Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir… pour le nom du Seigneur Jésus » (Actes 21.13).

Que Dieu nous donne, à vous et à moi, le courage de faire face à la violence islamiste, si le besoin se présente, avec le même esprit que les douze martyrs dans un village d’Alep, en Syrie. Ces croyants syriens évangélisaient dans leur région d’origine, qui était tombée sous le pouvoir de l’État Islamique. Ils avaient eu l’occasion de fuir mais choisirent de rester afin de continuer de partager la bonne nouvelle.

Après leur arrestation en août 2015, on les partagea en deux groupes. Un premier groupe était constitué d’un homme de 41 ans, qui avait implanté 9 Églises de maison, son fils de 12 ans et 2 membres du groupe âgés d’une vingtaine d’années. Quand le père refusa de renoncer à la foi, les militants saisirent son fils et lui coupèrent les bouts des doigts et le battirent sévèrement, tout en obligeant le père à regarder. Ils lui dirent que la torture ne cesserait que s’il revenait à l’Islam. Quand le père refusa, on le tortura, lui aussi, ainsi que les deux autres hommes. Selon les témoins : « Ils ont été brutalisés puis crucifiés. Ils sont restés sur leurs croix pendant deux jours. Il était interdit de les en retirer. »

Le deuxième groupe a été interrogé dans un autre village. Parmi eux, deux femmes âgées de 29 et 33 ans ont été séparées des six hommes. Refusant de renier Jésus, elles ont déclaré simplement vouloir partager la paix et l’amour de Jésus. Les militants les ont alors violées publiquement. Au cours de leurs supplices, les jeunes femmes n’ont cessé de prier, ce qui eut pour conséquence le déchaînement de violence des bourreaux.

Les huit prisonniers ont ensuite été réunis et placés à genoux avant d’être tués. Ils ont prié et parlé de Jésus jusqu’à leur dernier souffle. Après être décapités, leurs corps ont été mis en croix.

Grâce à une telle fermeté chez de nombreux croyants, l’Église souterraine dans le territoire de l’État Islamique se développe très rapidement. Que nous sachions réagir à la violence extrémiste donc avec la même foi inébranlable, ayant recours à la prière, prêchant toujours la Parole de Dieu, et refusant toujours de renier notre Seigneur.

Adapté d’un discours de Melvin Otey

Combien de chemins mènent à Dieu ?

Existe-t-il plusieurs chemins qui mènent à Dieu? Si nous parlons de chemin dans le sens d’un parcours par lequel nous passons, selon l’action providentielle de Dieu dans nos vies, la réponse est sans doute «Oui!». Tout en respectant la liberté de choix (le libre arbitre) qu’il a donnée à chaque être humain, Dieu crée et se sert de circonstances pour favoriser notre salut. Il est certainement à l’œuvre de plusieurs manières que nous ne serons jamais à même de comprendre.

Telle personne cherche le bonheur dans la drogue, l’argent, le sexe, l’éducation ou autre chose qu’offre le monde, et finit par être déçue et reconnaître que son âme ne trouvera jamais de repos jusqu’à ce qu’elle cherche le repos en Dieu. Telle autre personne est attirée par sa curiosité – elle veut découvrir ce livre «mystérieux» qu’on appelle la Bible. Une troisième personne cherche Dieu après avoir été touchée en voyant ou en étant l’objet d’un acte d’amour chrétien. Telle autre se trouve dans une situation désespérée, que ce soit un problème médical ou financier ou social; elle prie Dieu, et Dieu le délivre du danger, peut-être de manière extraordinaire. La délivrance d’un problème physique, en effet, peut pousser à rechercher le salut spirituel. Des millions de Soudanais, victimes des violences perpétrées par un régime islamiste radical, se sont convertis au christianisme. Dieu s’est servi même des ces actes terribles: selon un de ces convertis, «les gens ont le vrai Islam, et ils préfèrent Jésus».

Qu’on accepte ou rejette la prétention que la violence est un trait du «vrai» Islam, l’idée que ces Soudanais ont choisi Jésus nous mène à un tout autre sens de l’expression «chemin vers Dieu». Évidemment, Dieu œuvre de diverses manières dans la vie de chacun, mais nous voulons savoir s’il y a diverses manières d’être sauvé par Dieu. Y a-t-il une seule vraie religion, ou bien est-ce que toutes les religions se valent? Existe-t-il un ensemble de principes qu’il faut suivre pour être accepté par Dieu, ou bien peut-on atteindre le paradis par une religion quelconque? Faut-il absolument connaître Jésus et croire en lui?

«Je suis le chemin…»

Pour trouver la réponse, commençons par quelques-unes des nombreuses déclarations catégoriques à ce sujet dans la Bible.

«Jésus dit [à Thomas]: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.» (Jean 14.6)

«[Jésus] leur dit: Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés.» (Jean 8.23,24)

«Sachez-le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous… Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.» (Actes 4.10,12)

«Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force.» (2 Thessaloniciens 1.7-9)

«Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie.» (1 Jean 5.10-12)

Pour nous qui croyons que la Bible est la parole inspirée de Dieu, notre réaction à ces versets est probablement ceci: «Il est donc clair que Dieu l’a dit. C’est réglé. Nous le croyons.» Mais considérons quelques vérités qui nous aideront à comprendre pourquoi Dieu parle de façon si catégorique à ce sujet.

Pourquoi Jésus serait-il le seul chemin?

Le problème de l’homme

Avant de comprendre et d’apprécier l’évangile, il faut reconnaître que le péché condamne l’homme et le sépare de Dieu. Ce n’est pas simplement l’homme dans un sens général ou abstrait. Chaque être humain, chaque personne responsable de ses actes, s’est rendu coupable de péché en faisant ce qui est contraire à la loi de Dieu, une loi écrite dans notre cœur, rendue encore plus détaillée dans l’Écriture. L’apôtre Paul consacre les premiers chapitres de son Épître aux Romains à la condition désespérée des hommes à cause du péché.

«Ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses… Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres… L’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec… Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés…

Il n’y a point de juste,
Pas même un seul;
Nul n’est intelligent,
Nul ne cherche Dieu;
Tous sont égarés, tous sont pervertis;
Il n’en est aucun qui fasse le bien,
Pas même un seul…
Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.» (Romains 1.32; 2.5,6,8,9,12,13; 3.10-12,23)

Non seulement tous les hommes ont commis du mal et sont sous la condamnation, mais ils ne peuvent pas enlever leurs propres péchés ou les compenser par leurs bonnes œuvres. Une loi qui ordonne le bien et interdit le mal n’a pas la fonction de rendre juste celui qui est déclaré injuste à cause de sa désobéissance. «Si une loi avait été donnée qui puisse procurer la vie aux hommes, alors l’homme pourrait être rendu juste devant Dieu par le moyen de la loi. Mais l’Écriture a déclaré que le monde entier est soumis à la puissance du péché» (Galates 3.21,22, FC). Si quelqu’un a mis du poison (par analogie avec le péché) dans un plat, le fait d’y ajouter des ingrédients ayant des vitamines et protéines (les bonnes œuvres) n’empêchera pas le poison de tuer. Le pécheur ne peut rien faire pour effacer ou cacher son propre péché.

La nature de Dieu

Pour vraiment comprendre l’évangile, il faut reconnaître aussi certains attributs de Dieu. Il est, bien sûr, souverain. Cela veut dire qu’il est le Roi et qu’il peut faire ce qu’il veut. «C’est moi qui suis Dieu. Je le suis dès le commencement, et nul ne délivre de ma main; j’agirai: qui s’y opposera?» (Ésaïe 43.12,13). Si l’on ne voyait que cette qualité de Dieu, on dirait que Dieu peut simplement effacer les péchés des hommes de façon arbitraire et ne pas en tenir compte. Il pourrait ainsi permettre aux hommes de s’approcher de lui, quel que soit le chemin qu’ils empruntaient.

Mais Dieu est non seulement souverain; il est juste et saint aussi. Parfaitement juste et saint. Et il refuse de compromettre sa justice. «Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même» (2 Timothée 2.13). Parce que Dieu n’acceptera jamais de faire le mal, la Bible nous rappelle qu’il est impossible qu’il mente (Hébreux 6.18). Mais sa justice l’empêche également d’accorder sa faveur aux coupables. Le prophète Habacuc lui dit: «Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder l’iniquité» (Habacuc 1.13). Abraham demanda un jour au Tout-Puissant: «Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice?» (Genèse 18.25). Dieu n’est pas un juge humain que l’on peut corrompre ou qui fera du favoritisme. Il fait respecter sa sainte loi, mais cela veut dire qu’il doit administrer la peine qu’ordonne cette loi, celle qui déclare «dignes de mort ceux qui commettent de telles choses».

Heureusement pour nous, Dieu est aussi un Dieu d’amour, plein de compassion et de miséricorde. Cet attribut est tellement remarquable chez Dieu que l’apôtre Jean dit simplement: «Dieu est amour» (1 Jean 4.8). À cause de son amour, il ne veut pas punir: «Je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure» (Ézéchiel 33.11).

Comment Dieu peut-il donc être fidèle à sa propre nature, sa justice aussi bien que sa miséricorde? La Bible parle de quelque chose qui s’appelle l’expiation. Expier, c’est couvrir un péché ou annuler l’effet du péché par un acte qui ôte la souillure ou la culpabilité. Dieu enseigna ce principe au peuple Israélite au moyen des sacrifices ordonnés dans la loi de Moïse. «Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation» (Lévitique 17.11). Le Nouveau Testament souligne la même idée: «Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon» (Hébreux 9.22). Puisque le salaire du péché, c’est la mort (Romains 6.23), le pécheur qui offre un sacrifice demande à Dieu d’accepter la vie de la victime à la place de la sienne.

Dieu enseigna ce principe à travers le sacrifice des animaux sous la loi de Moïse (même au temps des patriarches, tels qu’Abraham, Isaac et Jacob). Mais la personne qui réfléchissait aurait pu reconnaître un problème dans ce système: la vie d’un animal n’est pas égale à la vie d’un homme. Le Nouveau Testament confirme cette pensée gênante: «Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés» (Hébreux 10.4). Il fallait un homme qui puisse donner sa vie pour les coupables, mais un homme pécheur ne pourrait jamais servir de sacrifice valable. (Voilà pourquoi les animaux qu’on sacrifiait, ombres et symboles du sacrifice à venir, devaient toujours être «sans défaut».) Un homme criblé de dettes ne peut pas sortir son prochain de la dette; il faut un riche. Or, étant tous des pécheurs, tous les hommes sont endettés, incapables de se sauver, incapables de sauver les autres. Pour nous sauver donc, il fallait une personne sans péché.

Jésus est la seule personne qui pourrait servir de sacrifice valable. Étant sans péché (1 Pierre 2.22; 1 Jean 3.5; etc.), Jésus n’avait pas de dette à payer; au contraire, sa richesse spirituelle est inimaginable. Étant, pas simplement un homme, mais le Fils de Dieu, la valeur de sa vie dépasse celle de tous les hommes réunis. Il peut racheter par sa mort, non pas un seul pécheur, mais tous les pécheurs qui se confieront en lui. «Celui qui n’a point connu le péché, [Dieu] l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu» (2 Corinthiens 5.21).

Voilà donc pourquoi nous trouvons ces déclarations sans appel concernant le seul Sauveur:«Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous» (1 Timothée 2.5,6). «Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse» (Actes 13.38,39).

De faux arguments

Trop de personnes se laissent embrouiller et persuader par des arguments captieux contre l’enseignement de la Bible sur ce point, des arguments erronées qui ne font qu’égarer.

«Toutes les religions sont pareilles. Les noms pour Dieu varient, et on insiste sur différentes vérités, mais au fond c’est la même chose.» Il est vrai que les différentes religions ont beaucoup en commun – c’est normal, puisque, selon Romains 2.14,15, Dieu a écrit sa loi dans les cœurs de tous les hommes. Mais les différentes dénominations dites «chrétiennes» se contredisent sur beaucoup de choses: la manière d’adorer Dieu, la manière de déterminer sa volonté, les conditions du salut, les rôles des hommes et des femmes, et même la nature de Dieu (Existe-t-il en trois personnes divines? S’agit-il d’une seule personne divine qui s’appelle Jésus? Ou bien, Jésus n’est-il rien qu’un ange glorifié?). Les divergences entre les religions mondiales sont encore plus frappantes: l’Islam (Sunnisme et Chiisme), le Judaïsme, l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, le Shintoïsme, et toutes les religions tribales et traditionnelles du monde. Aucune de ces religions n’enseigne ce que dit le Christianisme sur l’œuvre de Dieu pour racheter les hommes pécheurs par le sacrifice de son propre Fils. Le Christianisme dit qu’il y a un seul Dieu éternel qui créa l’univers. L’Hindouisme dit que tout est Dieu: vous êtes Dieu, je suis Dieu, l’objet sur lequel vous êtes assis est Dieu. L’Islam nie que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est mort pour nos péchés. Non. Toutes les religions ne sont pas pareilles.

«Les différentes religions sont bien différentes, mais elles sont quand même toutes valables.» La liberté de culte ordonne que tous les points de vue religieux soient protégés; toute personne a le droit de croire ce qu’elle veut. Mais on ne doit pas tirer de là la conclusion que tous les points de vue ont la même validité.

La base de ce raisonnement est l’idée que la vérité est subjective, qu’elle dépend du goût et de la volonté de la personne qui croit. Ainsi, vous auriez votre vérité, et moi, j’aurais la mienne. Soyons francs: nous n’acceptons pas un tel raisonnement dans les autres domaines de la vie – pourquoi l’accepter en ce qui concerne la vie spirituelle? Si, par exemple, un maître d’école enseignait aux enfants que deux et deux peuvent faire cinq ou six si quelqu’un le croit sincèrement, ce maître ne garderait sûrement pas son poste. Si un fabriquant de cigarettes prétendait, pour vendre ses produits, que le tabac n’est pas nuisible à la santé de la personne qui ne veut pas qu’il soit nuisible, on condamnerait cette société pour publicité mensongère. La vérité objective existe. Si ceux qui affirment avec confiance que toute vérité est subjective étaient capables de prouver que leur prétention est juste, ils auraient établi au moins une vérité objective et auraient démenti par là leur propre position.

«Une personne qui pense qu’elle a raison et que tous ceux qui disent le contraire ont tort est forcément arrogante et mesquine.»

Voilà un exemple classique de l’erreur de logique appelée ad hominem. Il s’agit d’un effort d’invalider un argument en s’attaquant au caractère de ceux qui l’avancent. C’est un sophisme évident, car la vérité d’une position ne dépend nullement des qualités de ceux qui y croient. Même si tous les chrétiens qui disent que le salut se trouve uniquement en Christ étaient réellement arrogants et immoraux, cela ne serait pas une preuve qu’ils avaient tort de croire ainsi.

D’ailleurs, il n’y a aucune raison d’accuser d’arrogance tous ceux qui croient qu’il y a une seule voie de salut. Supposez que vous avez fait tout votre possible pour découvrir la vérité et que vous avez été convaincu que le message du christianisme est vrai. Vous avez humblement accepté comme un don merveilleux de la part de Dieu l’évangile concernant la mort et la résurrection de Jésus pour sauver les hommes du péché. Êtes-vous automatiquement arrogant et méchant pour avoir accepté que ce message est vrai, même si la conclusion logique est que ceux qui rejettent ce message sont dans l’erreur? Pas du tout. Autrement, la même accusation s’applique à la personne qui insiste que toute vérité est subjective et que ceux qui croient qu’elle ne l’est pas sont dans l’erreur.

«Ceux qui croient en Jésus le font simplement parce qu’ils sont nés dans un milieu chrétien. Leur croyance ne peut pas être valable, car s’ils étaient nés en Arabie, par exemple, ils seraient certainement musulmans.»

Nous avons affaire ici à un faux raisonnement appelé «sophisme génétique». C’est une méthode d’analyse consistant à critiquer ou à approuver une croyance ou une théorie non pas en analysant son contenu, mais en se fondant sur sa genèse, et tout particulièrement sur les intentions attribuées à son auteur. Le fait vous croyez certaines choses à cause du pays et de l’époque où vous êtes né n’a rien à voir avec la vérité de ces croyances. Si vous étiez né en Grèce il y a des millénaires (ou n’importe où au monde avant le temps de l’astronome polonais, Nicolas Copernic, du 16e siècle), vous auriez probablement cru que le soleil tournait autour de la terre. Est-ce que cela suggère que votre croyance que la terre gravite autour du soleil est fausse ou injustifiée? Bien sûr que non! Si vous avez accepté aveuglément que Jésus est le seul chemin parce que vos parents vous l’ont dit, ou si vous l’avez accepté après des années de recherches et de réflexion sur la fiabilité des documents du Nouveau Testament, les prophéties de l’Ancien Testament et les données historiques qui appuient la résurrection de Jésus, quel que soit le moyen par lequel vous avez fini par le croire, tout cela ne change pas la réalité concernant le Christ et son rôle dans le salut de l’homme.

Conclusion

La Bible est claire: Jésus est le seul chemin, et nul ne vient au Père que par lui. Quand Jésus priait dans le jardin de Gethsémané, peu de temps avant son arrestation, sa torture et son exécution sur la croix, il éprouvait de l’angoisse. Il suppliait Dieu de l’épargner. «Il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux» (Matthieu 26.39). S’il avait été «possible» de sauver l’homme d’une autre manière, sans que ce soit par la mort de son Fils bien-aimé, pensez-vous que Dieu aurait refusé ce que Jésus demandait? Aurait-il réellement demandé à Jésus de souffrir inutilement cette humiliation, cette douleur atroce, cette souffrance inexprimable, sans que cela soit nécessaire? Si la mort de Jésus n’était pas le seul remède aux péchés des hommes, la venue de Jésus sur terre n’aurait pas de sens, et la fermeté des premiers chrétiens face à la persécution violente serait de la folie.

Il se peut que l’on nous traite d’hommes ayant l’esprit borné et que l’on nous persécute parce que nous refusons d’admettre que les autres voies de salut soient valables. Quoi qu’il en soit, restons fidèles à la vérité de l’évangile. Ne minimisons jamais l’importance vitale de la croix de Jésus. Ne minimisons ni la gravité de notre péché, ni la sainteté de Dieu, ni la nécessité absolue de la mission de Jésus. Il n’est pas un chemin parmi tant d’autres – il est LE chemin.

Avantages du chrétien

L’apôtre Paul était enchaîné. Il avait été accusé faussement. Certains de ses propres compatriotes avaient essayé de l’assassiner. D’ailleurs, partout où il allait, il rencontrait de l’opposition et même de la persécution. Il n’avait pas de demeure permanente, pas de femme, pas d’enfants, pas de salaire régulier. Il avait peut-être un problème de santé chronique (si c’est ce qu’il voulait dire par « l’écharde dans la chair » à laquelle il se réfère en 2 Corinthiens 12.7). Pourtant, cet homme dit hardiment au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces liens ! » (Actes 26.29). Quels avantages Paul possédait-il qui lui permettaient de dire une telle chose ? Quels avantages tout chrétien fidèle possède-t-il qui pourraient le motiver à persévérer dans les épreuves de la vie et même face aux persécutions, à rester joyeux quoi qu’il arrive, et à exhorter les autres à emprunter le même chemin ?

En fait, le chrétien jouit d’un grand nombre de bénédictions merveilleuses, et ces bénédictions sont exclusivement pour la personne qui suit fidèlement Jésus-Christ.

Une conscience pure/Le pardon/La paix

Nous avons tous été créés par Dieu avec un sens du bien et du mal. En parlant des hommes qui n’avaient pas eu accès aux Écritures, l’apôtre Paul affirme : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, bien qu’ils n’aient point la loi ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. » Certes, nous n’apprenons l’attitude de Dieu à l’égard de certains actes que par la révélation de sa volonté dans la Sainte Bible ; quand même, nous connaissons naturellement un grand nombre de principes moraux. Mais non seulement nous reconnaissons, parfois malgré nous, un code de conduite pré-établi que nous n’avons pas inventé et que nous ne pouvons pas ignorer, nous reconnaissons aussi ne pas agir conformément à ce code. Parfois un homme se vante de quelque chose dont il devrait avoir honte ; parfois un homme persiste tellement dans un péché que sa conscience cesse de l’accuser – la Bible parle de ceux « dont la conscience est morte, comme si on l’avait brûlée au fer rouge » (1 Tim. 4.2, FC). Mais avec de rares exceptions tous le monde éprouve parfois des sentiments de culpabilité. Une femme souffre dans son for intérieur pour avoir avorté son enfant ; un soldat a des cauchemars où il revit chaque nuit un acte de lâcheté qu’il a posé ; un père s’accuse amèrement pour avoir négligé l’éducation de ses enfants pendant qu’il courait après l’argent ; un jeune est misérable en pensant à l’occasion où il a gardé le silence au lieu de prendre la défense d’un autre enfant qu’on humiliait sans merci. Nous essayons presque toujours de nous justifier, mais nos péchés, ceux du passé comme du présent, nous privent de paix. Nos actes d’égoïsme, d’impureté sexuelle, de malhonnêteté, d’orgueil ou d’ingratitude, nos paroles cruelles, grossières ou blasphématoires, même nos pensées indignes nous remplissent de honte et de remords et créent en nous la peur du jugement. Il y a des moments où chacun est tenté de s’écrier comme l’apôtre Paul l’a fait en Romains 7.24 : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? »

Pour le chrétien cette délivrance est une réalité. Paul poursuit en s’exclamant : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! … Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rom. 7.25; 8.1). Le soulagement ne vient pas d’un effort inutile de nier nos péchés ou minimiser leur gravité. Pourquoi vouloir excuser l’inexcusable ? La justification est disponible parce que Jésus, le Fils de Dieu a payé le prix de nos péchés, il a supporté le châtiment que nous avions mérité. « Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse » (Actes 13.38,39).

Saul de Tarse était rongé de culpabilité quand il a compris qu’il avait livré à la mort des hommes et des femmes qui servaient Dieu dans la vérité. Il s’est plus tard décrit comme le premier des pécheurs. Mais la grâce et la purification furent offertes même à cet homme – « un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent ». Il lui fut dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16). Il est fort probable que Paul pensait à cette bénédiction, le seul moyen de trouver la paix véritable et la confiance face à la mort, quand il dit au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis. »

Accès au trône de Dieu

Un deuxième avantage est lié au premier. On peut avoir le sentiment que ses prières ne montent pas jusqu’à Dieu. Ce sentiment pourrait être dû au fait qu’on a beaucoup prié sans recevoir ce qu’on a demandé. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il attend le moment favorable pour nous exaucer. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il sait que la chose que nous demandons nous fera du mal que nous ne soupçonnons pas, et dans son amour il ne nous l’accorde pas. D’autres prient sans jamais se douter que Dieu n’est PAS à l’écoute de leurs prières, sans jamais se dire que, compte tenu de leur péché, ils n’ont aucun droit de prier Dieu !

Cette idée, qui peut choquer certains, est enseignée en Éphésiens 2.12,13,18, où l’apôtre s’adresse aux païens : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christcar par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. »

Une idée communiquée au moyen des cérémonies de la loi de Moïse, c’est que l’homme est souillé par ses péchés et indigne de se présenter devant le Dieu Très Saint. Ayant décrit la première partie du lieu d’adoration sous la loi mosaïque, l’auteur de l’Épître aux Hébreux parle de la seconde partie, qui symbolisait la présence de Dieu lui-même : « Dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert » (Héb. 9.7,8). Par contre, la barrière du péché est enlevé pour le chrétien : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire… approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Héb. 10.19,22).

Il est vrai que Dieu bénit souvent des hommes malgré leurs péchés. Jésus dit : « Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (Matt. 5.45). Mais tous n’ont pas le privilège de prier Dieu et de savoir qu’il est attentif à leurs paroles. Les hommes n’ont pas ce privilège s’ils ne passent pas par le « seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2.5,6), celui qui dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14.6). Jésus devient notre médiateur, notre « souverain sacrificateur » quand nous obéissons à l’Évangile.

Une famille spirituelle

Y a-t-il quelque chose de pire que la solitude, que le sentiment que vous êtes seul dans l’univers et que personne ne se soucie de vous ? On peut se trouver dans une immense ville, entouré d’hommes par millions, et pourtant pleurer sous l’effet de son isolement.

Un grand avantage du chrétien, c’est que le Seigneur l’ajoute à son peuple, son Église. Voici l’une des promesses les plus merveilleuses de Jésus : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Marc 10.29,30). Même si l’on est rejeté par sa famille biologique quand on devient chrétien, on a la promesse d’une famille plus grande. Cette famille spirituelle, c’est l’Église. Que l’on soit dans une grande assemblée de mille membres ou un petit groupe de cinq ou six personnes, on trouve de véritables frères et sœurs. Il est vrai qu’on peut se rendre dans une assemblée et se tenir à l’écart, sans s’ouvrir aux autres et se laisser aimer, mais si vous fournissez un peu d’effort, vous découvrirez l’Église est bien un corps spirituel où les membres ont soin les uns des autres, tel que Paul la décrit en 1 Corinthiens 12.26 : « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. »

L’assurance de la providence de Dieu à l’œuvre pour le bien

La vie est remplie de petits ennuis et de souffrances intenses, de déceptions, d’échecs, et d’épreuves, d’événements majeurs qui touchent le monde entier et de troubles tout à fait personnels. Face à ces choses, certaines personnes ont envie de jeter l’éponge – quelques-uns vont jusqu’à se suicider. D’autres passent leur vie dans l’amertume, la jalousie et le mécontentement éternel, car tout semble dépendre du hasard, aveugle, injuste ou cruel.

La foi du chrétien aux promesses de Dieu transforme sa perspective. Une promesse particulièrement chérie se trouve en Romains 8.28, où Paul écrit : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » Si j’aime Dieu et que je suis chrétien, quelqu’un qui a accepté son appel par l’Évangile, j’ai l’assurance que Dieu se servira de toute circonstance et tout événement dans ma vie pour en produire du bien. Que ce soit une maladie, l’échec lors d’un examen, la rupture d’avec un(e) fiancé(e), le fait de ne pas obtenir un certain emploi ou de ne pas être admis par une certaine école, la naissance d’un enfant sévèrement handicapé ou bien l’absence d’enfants dans mon foyer – quelle que soit la chose que je n’aurais jamais souhaitée, Dieu peut la changer en bien ou l’employer pour produire du bonheur, même un bonheur éternel.

La vie de Joseph (Genèse 37,39-50) nous fournit une démonstration très claire de la providence de Dieu. Ce jeune homme fut vendu par ses propres frères et devint un esclave dans un pays étranger. La femme de son maître l’accusa faussement d’avoir voulu la violer. Il fut jeté en prison. Après avoir rendu service à quelqu’un qui aurait pu agir pour le faire libérer, il fut oublié. Mais dans toutes ces situations injustes dans lesquelles Joseph n’était qu’une victime impuissante, Dieu était aux commandes. Comme Joseph dit à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux » (Gen. 50.20).

Corrie ten Boom et sa sœur Betsy furent transportées par les Allemands dans un camp de concentration pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Se trouvant dans un bâtiment construit pour abriter 400 femmes mais dans lequel plus de 1 400 femmes étaient entassées, un bâtiment puant et dégoûtant de tout point de vue et infesté de puces, les deux sœurs ont sorti la Bible que les gardes n’avaient pas trouvée parmi leurs affaires ; elles ont lu ce verset : « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thess. 5.17). Corrie se demandait bien pour quoi, au juste, elles pouvaient rendre grâces, mais Betsy a commencé : « Merci de ce qu’ils ne nous ont pas séparées. Merci de ce qu’ils n’ont pas arraché notre Bible. Merci de que les femmes sont serrées dans ce bâtiment car elles seront plus nombreuses à bénéficier de cette parole divine que nous voulons partager avec elles. Merci pour les puces et… » Corrie donnait son assentiment à cette liste de bénédictions, mais elle s’arrêta lorsque Betsy a parlé des puces. Elle dit à sa sœur que même Dieu ne pouvait pas la rendre reconnaissante pour une puce. Mais elle reconnut plus tard que Dieu utilisait même les puces pour produire du bien : à cause de l’infestation, les gardes de la prison n’entraient que très rarement et brièvement dans le bâtiment où les prisonnières dormaient, et la Bible de Corrie et Betsy n’a jamais été découverte.

Parfois nous ne voyons pas le bien que Dieu prépare : l’avantage peut être pour une autre personne ou il peut rester caché à nos yeux jusqu’à ce que cette vie soit passée. Peu importe. La promesse est toujours bonne et nos difficultés ne sont donc pas inutiles. Mais cette promesse est uniquement pour ceux qui aiment Dieu et qui sont des « appelés », c’est-à-dire des chrétiens. Quand je pense à ceux dont la frustration et la douleur ne servent à rien d’utile, je me dis, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. »

La protection des puissances des ténèbres

Une bonne partie du monde vit dans la peur continuelle des puissances sataniques – la possession démoniaque, les mauvais sorts, la sorcellerie, le pouvoir manié par les féticheurs, les houngans ou les marabouts, les phénomènes qu’on attribue aux ancêtres, aux génies ou djinn, ou à d’autres forces spirituelles. La Bible ne nie pas la réalité de Satan et de son pouvoir maléfique, mais elle nous enseigne que le chrétien ne doit pas vivre dans la crainte des esprits mauvais. En effet, Dieu « nous a délivrés de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13).

Certes, une lutte spirituelle se poursuit, et nous n’en sommes pas exemptés : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. 6.12). Mais Dieu nous fournit les armes spirituelles dont nous avons besoin (Éph. 6.13-17), et nous avons, en plus, cette assurance : « Vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4). Comme les enfants d’Israël, les chrétiens (Israël spirituel de nos jours) savent que « l’enchantement ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël » (Nom. 23.23).

L’espérance de la vie éternelle

Au temps de Job, Dieu n’avait pas encore révélé clairement ce qui attend l’homme dans l’au-delà. C’est Jésus qui « a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile » (2 Tim. 1.10). Job, dans son ignorance et son incertitude, s’exclama : « L’homme né de la femme ! Sa vie est courte, sans cesse agitée. Il naît, il est coupé comme une fleur ; il fuit et disparaît comme une ombre… Un arbre a de l’espérance : quand on le coupe, il repousse. Il produit encore des rejetons ;… Mais l’homme meurt, et il perd sa force ; l’homme expire, et où est-il ?…Si l’homme une fois mort pouvait revivre, j’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu’à ce que mon état vînt à changer » (Job 14.1,2,7,10,14). Mais le manque d’espérance ne troublait pas seulement l’homme qui voyait sa vie s’écouler dans la misère. Le roi Salomon, dans toute sa grandeur, était abattu en réfléchissant à la mort : « Le sage meurt aussi bien que l’insensé. Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. J’ai haï tout le travail que j’ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l’homme qui me succédera. Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? » (Éccl. 2.16-18).

Quel malheur d’être sans espérance ! Et pourtant, c’est bien la situation de ceux qui ne sont pas encore chrétiens. Paul rappelle aux Éphésiens le temps avant leur conversion : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éph. 2.12).

C’est Jésus qui a tout changé de telle sorte que nous ayons une grande consolation quand nous perdons des frères et sœurs en Christ (1 Thess. 4.13,18) et une grande confiance quand nous sommes face à notre propre mort. Tout chrétien fidèle pourra dire comme l’apôtre Paul : « Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Tim. 4.8). À cause de cette confiance, il pouvait avoir cette belle attitude à l’égard de la vie et de la mort : « Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair » (Phil. 1.23,24). La vie lui offrait la joie de servir Dieu et les hommes ; la mort lui offrait la joie d’être avec le Seigneur dans la gloire.

Cette espérance de la gloire nous soutient et nous donne de la paix et de la joie, quelles que soient nos circonstances dans ce monde. « Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Dans sa grande bonté, il nous a fait naître à une vie nouvelle en relevant Jésus-Christ d’entre les morts. Nous avons ainsi une espérance vivante, en attendant les biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni disparaître, ni être salis, ni perdre leur éclat. Dieu vous les réserve dans les cieux… Vous vous en réjouissez, même s’il faut que, maintenant, vous soyez attristés pour un peu de temps par toutes sortes d’épreuves. » (1 Pierre 1.3-6, FC). Quand ce « peu de temps » sera passé, nous aurons une éternité de bonheur parfait.

Conclusion

À cause de l’espérance éternelle et de tous les autres avantages que nous avons en Christ, la personne la plus méprisée sur la terre, la plus rongée de douleur et la plus pauvre peut considérer avec pitié les riches, les puissants et les beaux qui sont admirés de tous et vivent dans le luxe, mais qui n’ont ni le pardon de Dieu ni l’espoir au-delà de cette vie passagère. Ce pauvre chrétien peut dire, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. » Si vous n’avez pas encore obéi à l’Évangile de Christ, n’attendez plus. Commencez à jouir, vous aussi, des avantages du chrétien.

Travaillons ensemble

Il est très beau de voir des chrétiens travailler ensemble dans une franche collaboration pour la gloire de Dieu et l’avancement de la cause de Jésus-Christ. Voici le souhait que l’apôtre Paul exprime dans sa lettre aux Philippiens : « J’aimerais voir que vous tenez bon dans l’unité spirituelle, combattant d’un seul cœur et d’une même âme pour la foi de l’Évangile, luttant comme un seul homme afin que d’autres arrivent à croire la Bonne Nouvelle » (Phil. 1.27, Parole Vivante). Dans ses autres épîtres il compare parfois l’Église à un corps humain ; chaque membre a des capacités particulières à contribuer au bien commun. « Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres… Nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée » (Rom. 12.4-6). Les membres d’une assemblée peuvent accomplir ensemble ce qu’ils seraient incapables de faire si chacun travaillait de façon isolée.

Nous comprenons cette collaboration assez facilement dans le contexte de l’assemblée locale, mais que dire de la coopération entre plus d’une assemblée ? Surtout là où les assemblées ne sont pas grandes, il est claire qu’il pourrait y avoir des avantages dans le fait de réunir des ressources et entreprendre ensemble des efforts collectifs. Mais y a-t-il des dangers dont il faut se méfier ? Y a-t-il des manières d’y procéder sans violer des principes bibliques ou faire ce que la Parole de Dieu n’a pas autorisé ?

Formes de collaboration que nous voyons dans l’Église de la Bible

En lisant le Nouveau Testament, il semble évident que les différentes assemblées n’évoluaient pas dans l’isolement, sans contact avec des chrétiens dans d’autres assemblées locales. Une Église ne s’intéressait pas uniquement à ce qui se passait en son propre sein ; elle cherchait à implanter et à fortifier des assemblées en d’autres communautés, voir d’autres pays. Conduite par le Saint-Esprit, l’Église de la ville d’Antioche envoya Barnabas et Saul (Paul) pour qu’ils prêchent l’Évangile et établissent des assemblées à Chypre, en Phrygie, en Lycaonie et d’autres provinces (Actes 13, 14). À la fin de leur mission, ces deux frères « convoquèrent l’Église, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi » (Actes 14.27). L’assemblée d’Antioche n’a pas assumé un rôle d’« Église-mère » vis-à-vis les Églises locales établies au cours de ce voyage, mais elle démontrait un intérêt fraternel pour leur bien-être. « Paul dit à Barnabas : Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur pour voir en quel état ils sont » (Actes 15.36).

Quand un frère voyageait vers une autre ville, son assemblée lui remettait une lettre pour l’assemblée qui se trouvait à sa destination : « Comme [Apollos] voulait passer en Achaïe, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de le bien recevoir. Quand il fut arrivé, il se rendit, par la grâce de Dieu, très utile à ceux qui avaient cru » (Actes 18.27; voir aussi Rom. 16.1,2). Nous voyons aussi que Paul demandait à tel ou tel frère de se rendre auprès d’une assemblée ailleurs pour l’encourager, l’exhorter ou l’enseigner davantage ou pour lui en apporter des nouvelles (1 Thess. 3.1-3; Col. 4.7,8; etc.). Dans l’autre sens, nous voyons que certaines assemblées contribuaient financièrement aux besoins des serviteurs de Dieu comme Paul pour qu’ils puissent enseigner et fortifier d’autres assemblées (2 Cor. 11.8,9; Phil. 4.14-16).

Notons également que les assemblées se souciaient les unes des autres pour ce qui est des besoins physiques en temps de crise, surtout en ce qui concernait celles qui étaient les plus vulnérables. « En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous [l’empereur] Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul » (Actes 11.27-30). À une autre occasion, « les chrétiens de Macédoine et d’Achaïe ont décidé de faire une collecte en faveur des pauvres appartenant au peuple de Dieu à Jérusalem  » (Rom. 15.26, FC). Les Églises n’ont pas créé de structure permanente pour de tels efforts, mais chaque assemblée a choisi un membre pour qu’ensemble les frères désignés apportent cette grosse somme d’argent en sécurité et dans la transparence jusqu’à sa destination (2 Cor. 8.16-23).

Formes d’organisation qu’on ne voit pas dans le Nouveau Testament

Dans toutes ces activités d’intérêt commun, aucun siège n’a été établi, aucun bureau exécutif n’a été créé, aucune assemblée générale réunissant les délégués de toutes les Églises locales n’a été organisée, ni pour administrer la vie collective de ces Églises ni pour imposer quoi que ce soit à des assemblées individuelles. Ceux qui prônent la création des ce genre d’organe administratif citent souvent le cas du soi-disant « Concile de Jérusalem » en Actes 15, qui s’est penché sur la question soulevée dans l’Église d’Antioche. « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion ; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les apôtres et anciens, pour traiter cette question » (Actes 15.1,2). En Actes 15 il n’est pas question de plusieurs assemblées qui envoient des délégués pour former un concile. Il n’est pas question de formuler un programme de réunions annuelles. Il n’est pas question de choisir des officiers tels qu’un président ou un secrétaire-général. Il n’est pas question de dire aux différentes assemblées locales comment elles devaient faire leur travail. En outre, il ne faut pas oublier que les hommes qui ont délibéré sur la question de la circoncision des païens en Actes 15 étaient des hommes inspirés. Dans ce chapitre nous avons tout simplement une assemblée ayant une question qui envoie des messagers pour la présenter à une autre assemblée où il y a des hommes inspirés. Ils sont loin de créer un siège et initier un congrès annuel. Cette réunion ne ressemble aux conciles modernes ni dans sa composition, ni dans son but, ni dans son origine.

Un aspect nécessaire à un retour à la Bible

Il y a plus de deux cents ans aux États-Unis, bon nombre de croyants commencèrent à voir comme un mal la multiplicité d’Églises ayant chacune son nom et ses doctrines qui la distinguaient des autres. Ils ont compris que ce phénomène était contraire à la volonté du Seigneur (Jean 17.20,21; 1 Cor. 1.10-13). Ils se sont dit que ce qu’ils avaient en commun, c’était la Bible, et qu’ils pourraient faire beaucoup de progrès vers l’unité s’ils laissaient de côté toute doctrine et toute pratique qui n’étaient pas clairement autorisées dans le Nouveau Testament. Ils ont conclu, en outre, qu’ils ne pourraient jamais être sûrs de la faveur de Dieu s’ils faisaient ce qui n’était pas enseigné dans sa Parole (Matt. 15.9; 2 Jean 9-11; etc.). Ils se mirent à appeler tout le monde à faire retour à la Bible, à être tout simplement chrétiens. Au lieu de créer une nouvelle dénomination, ils voulurent retrouver la simplicité de l’Église que Jésus avait promis de bâtir (Matt. 16.18). Ceux qui lançaient cet appel se trouvaient en différents états et n’étaient souvent pas au courant du fait que des personnes ailleurs tentaient la même chose.

Dans l’État de Kentucky, les membres et les dirigeants d’un groupe d’assemblées presbytériennes acceptèrent le principe de suivre la Bible comme seul guide. Ce principe, pourtant, les amena bientôt à douter du bien-fondé de leur existence en tant qu’organisation, qu’ils avaient nommé le « Presbytère de Springfield ». Ce n’est pas qu’ils étaient découragés par la lenteur des conversions. Au contraire, dans la première année de leur existence, ils avaient présidé à la création d’une quinzaine d’assemblées locales. Mais dans leur étude de la Bible, ces hommes n’ont trouvé aucune justification pour soutenir l’existence ni de leur dénomination ni de leur rôle à sa tête. Ces dirigeants entreprirent donc une action courageuse et inédite : ils rédigèrent un document pour renoncer à leur propre autorité religieuse et dissoudre volontairement l’organisation qu’ils avaient créée. Ce document, parfois un peu humoristique, prit la forme du testament d’une personne sur le point de mourir et exprimant ses dernières volontés. Le titre du document est, en effet, « Testament et dernières volontés du Presbytère de Springfield », signé le 28 juin 1804.

En voici un extrait :

« Nous voulons que ce corps meure, qu’il soit dissout, et qu’il devienne un avec le corps de Christ… car il n’y a qu’un seul corps, et un seul Esprit, comme aussi nous avons été appelés à une seule espérance par notre vocation.

« Nous voulons que notre nom de distinction, avec son titre révérend, soit oublié, et qu’il n’y ait qu’un seul Seigneur sur l’héritage de Dieu et que son nom soit unique.

« Nous voulons que notre pouvoir de faire des lois pour gouverner l’Église soit aboli à jamais, que le peuple ait libre accès à la Bible et qu’il adopte la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ…

« Nous voulons que le peuple prenne désormais la Bible comme le seul guide sûr pour aller au ciel. »

Quelques années plus tard, dans l’État d’Ohio, des Églises Baptistes ont créé « l’Association de la Mahoning ». En 1827 elle engagea comme évangéliste un homme du nom de Walter Scott. Pendant trois ans cette dénomination a connu une croissance rapide, avec plus de mille baptêmes chaque année. Scott prêchait un retour au christianisme du Nouveau Testament et la nécessité d’avoir de l’autorité biblique pour tout ce qu’on enseignait ou pratiquait. En écoutant cette prédication, quelques-uns commencèrent à se demander quel passage biblique autorisait l’existence de leur propre organisation, l’Association de la Mahoning. Alors, en août 1830, lors de sa convention annuelle, l’association prit la résolution de se dissoudre. Les Églises locales qui avaient composé cette organisation continuèrent d’exister et même de grandir ; elles continuèrent d’organiser de grandes rencontres pour s’exhorter et s’inspirer. Mais l’organisation formelle, son planning centralisé, ses déclarations officielles au nom de toutes les assemblées locales – tout cela a pris fin.

La possibilité de réintroduire ce qu’on a rejeté

Malheureusement, quelques-uns de ceux qui s’étaient dégagés de structures non-bibliques sont tombés plus tard dans un piège. Ils ont donné leur consentement à la création de « réunions de coopération ». Chaque assemblée dans un district ou un état envoyait des délégués qui, une fois rassemblés, s’organisaient en choisissant présidents, secrétaires-généraux, trésoriers, etc. Ils prétendaient, peut-être sincèrement, que leur objectif n’était pas de violer l’autonomie des assemblées locales en faisant des lois pour elles, mais de s’entretenir sur les moyens d’évangéliser les communautés où se trouvaient les assemblées-membres. Par leurs délégués, les assemblées promettaient certaines sommes d’argent pour financer la prédication de l’évangile. « Les réunions de coopération » choisissaient alors des évangélistes, fournissaient leurs salaires et les autorisaient à travailler dans telle ou telle zone.

La suite logique de cette façon de procéder au travail fut l’organisation en 1849 de ce qu’on appelait « la Société Missionnaire ». Elle adopta un règlement intérieur qui fixa le niveau de cotisations à verser pour y faire partie et qui donna au bureau exécutif le pouvoir de nommer des missionnaires, décider de leur soutien et de leur champ de travail, les superviser, les renvoyer en cas de besoin et présenter un rapport sur leurs activités lors de la convention annuelle. N’importe quelle assemblée, n’importe quel individu pouvait y adhérer à condition de verser la cotisation exigée. On prétendait que cette organisation n’avait pas d’autre but que d’aider les assemblées dans la tâche d’évangélisation du monde et qu’elle ne représentait aucune menace au principe de l’autonomie des assemblées.

De nombreuses assemblées choisirent de ne pas participer à la « Société » ou s’en retirèrent après avoir mieux compris son fonctionnement. Elles trouvaient que ni son existence ni son mode de financement n’était autorisé par la Bible. Certaines trouvaient, en plus, que malgré les promesses, la Société Missionnaire empiéterait inévitablement sur l’indépendance des assemblées. Ils n’ont pas eu tort.

Moins de 15 ans après sa création, la société se permettait de faire des déclarations sur la politique nationale au nom de toutes les assemblées, comme si elle était leur porte-parole officielle. De plus en plus, des évangélistes et des assemblées qui ne soutenaient pas la Société étaient calomniés ou tenus à l’écart. Trente ans après sa création, les Sociétés Missionnaires des différents états essayaient de consolider leur pouvoir sur les Églises dans leurs états respectifs. Au Mississippi, la Société mettait tout en œuvre pour que les titres fonciers de tous les lieux de culte des Églises du Christ soient faits à son nom ; au Kansas et en Caroline du Nord, les Sociétés voulaient empêcher que des assemblées engagent des prédicateurs qui n’avaient pas été approuvés et ordonnés par la Société. Au Missouri, la Société se dota de l’autorité de superviser toutes les écoles dans l’état que les frères avaient créées.

L’espace ne permet pas de retracer toute l’évolution de ces institutions, mais les Églises qui ont pris le chemin des « réunions de coopération » et des « Sociétés Missionnaires », connues sous le nom, « Disciples du Christ », finirent en 1968 par mettre en place une structure internationale qui légifère sur la doctrine aussi bien que les affaires pratiques, et qui ne fait même plus semblant de respecter l’autonomie des Églises locales. Les voilà donc revenus à la case départ : ceux qui s’étaient libérés d’une forme de gouvernement non-biblique afin d’être tout simplement l’Église de la Bible se retrouvent une fois de plus avec une bureaucratie étrangère à la Parole de Dieu.

Avec cela ils ont compromis un tas de convictions bibliques sur l’adoration, le plan du salut, le rôle des femmes, l’inspiration de la Bible, la nécessité de la foi en Jésus-Christ pour avoir accès à Dieu, et bien d’autres sujets. Ces Églises servent ainsi de triste illustration d’un principe que nous avons souligné il y a très longtemps dans un autre numéro de Chemin de Vérité  :

« L’abandon de l’autonomie des Églises représente déjà une apostasie, mais elle facilite l’apostasie sur d’autres plans. Quand toutes les Églises sont indépendantes et qu’une Église locale s’égare par une erreur doctrinale, les autres Églises peuvent rester dans la vérité. Elles ne seront pas forcément contaminées par la fausse doctrine. Par contre, quand les Églises sont soumises à une direction régionale ou nationale et qu’une erreur s’introduit au niveau de la direction, la fausse doctrine s’étend rapidement sur toute l’Église. La hiérarchie est presque toujours dotée de certains moyens pour assurer la conformité des Églises locales, que ce soit des pressions sociales ou des pressions financières. » (Vol. 3, No. 1 – « L’autonomie des Églises »)

Et tout a commencé par le fait de vouloir améliorer le dessein de Dieu selon lequel son œuvre dans le monde doit se faire dans le cadre des Églises locales dont la Bible nous parle. Reconnaissons la sagesse de Dieu et suivons son plan. L’autonomie des assemblées ne les oblige pas à vivre dans l’isolement, sans possibilité de s’entraider ; elle n’exclut ni la collaboration volontaire ni la communion fraternelle ni le soutien moral ou matériel à des assemblées sœurs. On n’a pas besoin de créer des associations distinctes de l’Église, de nommer des présidents ou des trésoriers, de s’arroger le pouvoir de régler des problèmes internes des assemblées, d’agir comme porte-parole des Églises, ou de décider d’un programme de travail collectif pour tous les jeunes, ou toutes les femmes, ou tous les évangélistes dans un pays ou un district.

Que nos assemblées organisent des rencontres, des retraites, des conférences et séminaires, des débats publiques, des stages de formation biblique, etc. Qu’elles invitent les autres assemblées à y prendre part. Si l’événement concerne juste des femmes ou des adolescents ou des couples mariés, qu’elles invitent les femmes, ou les adolescents ou les couples mariés des autres assemblées. On n’a pas besoin de créer un bureau exécutif – vous serez agréablement surpris en voyant ce qui peut se réaliser quand nous communiquons les uns avec les autres et que nous avons un esprit d’amour et de partage. « Combattant d’un seul cœur et d’une même âme pour la foi de l’Évangile, luttons comme un seul homme afin que d’autres arrivent à croire la Bonne Nouvelle. »

B.B.


Note : Dans beaucoup de pays, les autorités exigent que les Églises demandent formellement la reconnaissance légale afin de fonctionner librement sur leur territoire. Pour des assemblées qui partagent la même foi mais qui désirent conserver leur autonomie, la situation peut être délicate. On veut bien obéir aux autorités (Romains 13.1-7), mais on doit prendre soin en formulant des statuts et des règlements intérieurs de ne pas accorder à ceux qui auront la tâche de nous représenter auprès des autorités un autre rôle. Il ne faudrait pas suivre aveuglément le modèle d’un autre groupe religieux et attribuer à nos représentants des pouvoirs réels sur l’Église du Seigneur. Veillons également à choisir des représentants qui sont humbles et qui n’ont même pas le désir de présider, ni à des activités collectives de plusieurs assemblées ni aux affaires de telle ou telle assemblée locale autre que la leur.

Les « dénominations » – Qu’y a-t-il de mal en cela ?

Dans le monde de nos jours il existe une multitude de confessions religieuses qui se réclament de Jésus-Christ. Elles se distinguent les unes des autres sur plusieurs plans : elles ont des organisations distinctes, elles ont parfois différentes façons d’adorer Dieu, il y a des différences au niveau doctrinal, et elles se distinguent généralement les unes des autres par des noms. C’est ainsi que nous appelons parfois ces confessions des « dénominations ». Le mot évoque un groupe qui se distingue des autres par un nom.

Plus inquiétant que le fait de se distinguer les unes des autres, ces dénominations, par leurs messages concernant le salut ou les conditions du salut, par leur formes de gouvernement, par leur culte, ou par des doctrines non-bibliques, se distinguent de l’Église dont nous lisons dans la Bible, celle que Jésus a promis de bâtir (Matt. 16.18). (Notons qu’il est bien possible qu’un groupe religieux porte un nom biblique, comme Église de Christ ou Église de Dieu, mais qu’il soit quand même une dénomination à cause d’autres éloignements de la doctrine du Nouveau Testament. Malgré le nom qu’elle se donne, elle ne serait pas l’Église du Seigneur.)

Parler de « l’Église du Christ et des autres dénominations » révèle une fausse conception. Si une assemblée se conforme strictement au modèle de l’Église dans la Bible, elle n’est pas une dénomination, mais une assemblée locale de l’Église que Jésus a bâtie. Elle n’est ni catholique ni protestante, ni évangélique, mais tout simplement chrétienne.

Alors, quelle doit être notre attitude à l’égard des dénominations ? Supposons que je cherche à être un chrétien sans étiquette, un simple chrétien comme l’étaient les apôtres et tous les membres de l’Église au premier siècle ? J’ai obéi à l’évangile tel qu’il est présenté dans la Bible, et je sais que le Christ m’a ajouté à son Église. Est-il maintenant question de choisir une dénomination ? Puis-je participer au culte de n’importe quelle confession religieuse ou même devenir membre d’une Église quelconque, surtout si elle insiste beaucoup sur la Bible ? Les gens choisissent des Églises pour beaucoup de raisons : la proximité (ou la beauté) du lieu de culte, la présence des amis ou des parents, les programmes intéressants pour les enfants, le goût personnel, etc. Après tout, dit-on, nous adorons tous le même Dieu. Mais est-ce que tous les cultes sont égaux aux yeux de Dieu, qui ne s’intéresserait qu’au cœur des adorateurs ? Est-ce que pour Dieu le choix d’une confession religieuse n’a pas d’importance, pourvu qu’on y soit fidèle, actif et sincère ?

En fait, l’existence d’une multitude de confessions qui se disent toutes « chrétiennes » présente des dangers réels. Si l’on ne fait pas attention, on risque d’adorer Dieu inutilement, se laisser égarer loin de la vérité et se rendre coupable de cautionner des faux docteurs.

Le problème de l’adoration non-biblique

Qu’on le veuille ou pas, la Bible enseigne clairement que ce ne sont pas tous les cultes qui sont acceptables à Dieu. Nous devons montrer « notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable » (Héb. 12.28). C’est Dieu, et non pas les hommes, qui doit apprécier le culte. Déjà dans le livre de Genèse, nous voyons par l’histoire de Caïn et Abel que ces deux frères ont offert un culte à Dieu, mais l’Éternel « ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande » (Gen. 4.5). Les paroles de Christ confirment que Dieu ne veut pas de certains cultes qu’on pourrait lui vouer : « Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4.23,24). Adorer Dieu en esprit, c’est l’adorer en sincérité, du cœur, dans l’homme intérieur ; adorer Dieu en vérité, c’est l’adorer conformément à sa parole, car sa parole est la vérité (Jean 17.17). Adorer Dieu en suivant les commandements des hommes, c’est l’adorer en vain (Matt. 15.9) ; c’est donc une perte de temps.

La plupart des dénominations s’éloignent de l’enseignement du Nouveau Testament, d’une manière ou d’une autre, en ce qui concerne l’adoration en assemblée. Certaines négligent de célébrer le repas du Seigneur (la fraction du pain), alors que les premiers chrétiens l’observaient chaque dimanche (Actes 2.42 ; 20.7 ; 1 Cor. 11.23-26 ; etc.) ; d’autres déforment ce repas sacré en utilisant du pain contenant du levain (Luc 22.1, 14-20 ; 1 Cor. 5.6-8), ou bien en refusant la coupe aux « simples fidèles » (Matt. 26.27). Certaines dénominations font la prière dans le désordre, en invitant toute l’assistance à parler à haute voix en même temps, contrairement aux instructions apostoliques (1 Cor. 14.16,17,26-33,40) ; d’autres adressent des prières et des chants à Marie, aux anges ou aux « saints » plutôt qu’à Dieu seul (Actes 10.25,26 ; Col. 3.17 ; Apoc. 19.10 ; 22.8,9). La plupart des dénominations se permettent d’ajouter au culte chrétien des éléments du culte de l’ancienne alliance. Bien qu’elles n’optent pas pour les sacrifices d’animaux et l’encens, elles incorporent à leur adoration l’emploi des instruments de musique, le battement des mains, ou même la danse. Malgré l’interdiction formelle de donner la parole aux femmes quand toute l’Église est réunie pour le culte (1 Cor. 14.33-37 ; 1 Tim. 2.11-15), on trouve des femmes qui conduisent les assemblées en prière ou dans la lecture biblique, ou qui montent à la chaire pour prêcher.

Certaines personnes ont du mal à reconnaître qu’il est possible de pécher par le fait d’offrir à Dieu un culte qui n’est pas conforme à ses commandements. Elles ont besoin de réfléchir à l’exemple de Nadab et Abihu en Lévitique 10.1-3. Dieu les a punis de mort pour n’avoir pas suivi sa parole en ce qui concerne un acte d’adoration. « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » (1 Cor. 10.11,12).

Nous ne pouvons pas, en principe, adorer Dieu en bonne conscience quand nous sommes conscients de faire ce qu’il n’a pas autorisé, ce qu’il a peut-être même défendu. Nous savons que l’obéissance à Dieu signifie que l’on n’ajoute pas à ce qu’il autorise et qu’on ne néglige pas ce qu’il ordonne. « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris » (Deut. 4.2). Nous pouvons avec un esprit tranquille suivre ce que la Bible enseigne. Si, par contre, nous dévions de ce chemin sûr, nous n’avons aucune assurance de la faveur de Dieu. Les Écritures sont la seule source légitime de notre foi (Rom. 10.17). « Tout acte qui n’est pas fondé sur la foi est péché » (Rom. 14.23, FC). Des actes d’adoration qui ne sont pas autorisés par la Bible ne peuvent pas être « fondés sur la foi » ; ils sont plutôt fondés sur des désirs personnels ou des raisonnements humains.

Ce qu’on fait au départ malgré soi, on finit le plus souvent par l’accepter même sans soutien biblique. J’ai une fois entendu un chrétien qui encourageait ses frères à accepter les instruments de musique dans le culte. Il leur a dit : « Moi aussi, j’étais gêné au départ quand je me suis mis à participer à des cultes avec des instruments. Mais après, je m’y suis habitué, et ça ne me gêne plus. » Un tel argument devrait nous faire peur au lieu de nous convaincre. Cet homme n’avait pas été persuadé par un argument biblique. Il avait plutôt violé sa conscience tant de fois qu’elle ne l’accusait plus sur ce point. Il ressemblait, sûrement sans le savoir, aux faux docteurs « dont la conscience est morte, comme si on l’avait brûlée au fer rouge » (1 Timothée 4.2, FC).

L’influence des faux enseignements

S’il existe de nombreuses divisions parmi ceux qui croient en Jésus, cela est dû en grande partie aux faux enseignements. Non seulement ceux-ci créent la division, ils mettent en péril les âmes des personnes qui acceptent ces erreurs. En effet, si nous voulons être sauvés, nous devons rester dans la bonne doctrine. (Doctrine signifie enseignement.) « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ, n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9). « Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent » (1 Tim. 4.16).

Il y a une tendance à minimiser la gravité des erreurs doctrinales. Certes, nous devons aborder ceux qui sont dans l’erreur doctrinale avec amour et humilité, comme nous le ferions quand nous cherchons à aider des personnes qui se trouvent dans toute autre sorte de péché. « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » (Gal. 6.1). Mais l’amour et la tolérance ne doivent pas nous amener à traiter à la légère le problème des faux enseignements. Parfois nous nous permettons de déclarer que telle ou telle erreur ne peut pas mettre en danger le salut de quelqu’un. Si nous traitons d’un sujet sur lequel Dieu lui-même a parlé dans sa parole, nous devons faire très attention de ne pas le déclarer de faible importance. Ne soyons pas prétentieux. Même si Jésus a dit qu’il y a des choses « plus importantes » comme « la justice, la miséricorde et la fidélité », il dit bien qu’il ne faut pas « négliger les autres choses » (Matt. 23.23). Il dit au diable que l’homme « vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matt. 4.4), et Paul précise que « toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Tim. 3.16,17).

Considérez quelques erreurs que les apôtres ont eu à condamner ou à combattre au premier siècle :

– Certains croyants enseignaient des erreurs concernant la résurrection d’entre les morts (1 Cor. 15.12 ; 2 Tim. 2.18).

– D’autres faisaient de la grâce une justification pour le péché (Jude 3,4 ; 2 Pierre 2.1,2,18,19).

– D’autres disaient de s’abstenir du mariage ou imposaient des lois sur le régime alimentaire du chrétien (1 Tim. 4.1-5).

– D’autres enseignaient que les chrétiens vivent encore sous la loi de Moïse (Col. 2.8-10,16-18 ; Gal. 1:6-8 ; 5.1-4).

– D’autres encourageaient les chrétiens à se permettre de manger des viandes sacrifiées aux idoles (Apoc. 2.14-16).

– D’autres encore répandaient des erreurs concernant le retour de Jésus-Christ (2 Thess. 2:1,2 ; 2 Pierre 3.10,17).

– D’autres niaient que Jésus était venu en chair (2 Jn. 7).

– D’autres déformaient le repas du Seigneur (1 Cor. 11.17-34).

Cette liste n’est pas exhaustive, et les hommes y ont ajouté beaucoup d’autres fausses doctrines depuis le temps des apôtres. Ce qu’il faut remarquer à l’égard de toutes ces erreurs, c’est que la Bible dit qu’elles sont bien capables de faire perdre ceux qui y croient. Les apôtres n’hésitaient pas à qualifier de « faux docteurs » ceux qui les répandaient. La fausse doctrine n’est pas un problème à minimiser. Les anciens de l’Église ont un devoir de réfuter les faux docteurs et les empêcher ainsi d’égarer les brebis (Tite 1.9-11 ; Actes 20.28-31). Jésus a condamné les Églises de Pergame et de Thyatire pour avoir permis à de faux enseignants d’enseigner et de séduire ses serviteurs (Apoc. 2.14-16,20).

Des gens enseignent de fausses doctrines pour différentes raisons : certains sont motivés par des intérêts matériels, par l’amour de l’argent (2 Pierre 2.3) ; d’autres sont simplement ignorants de la vérité ou ils ont eux-mêmes été égarés (Gal. 3.1 ; 5.7-9 ; 2 Tim. 2.25,26). Il n’est pas forcément utile ou nécessaire de dénoncer publiquement quelqu’un comme faux docteur. Parfois il y a lieu de faire comme Aquilas et Priscille ont discrètement fait à l’égard d’Apollos : ils « le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu » (Actes 18.26).

Mais qu’une personne enseigne la fausse doctrine sciemment ou pas, de bonne ou de mauvaise foi, nous voulons insister plus sur le besoin de tout chrétien de se protéger de son influence. « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde… Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense » (2 Jean 7,8). « Quant à vous, mes chers amis, vous êtes maintenant avertis. Prenez donc garde, ne vous laissez pas égarer par les erreurs de gens sans scrupules et n’allez pas perdre la position solide qui est la vôtre » (2 Pierre 3.17, FC). Si l’on s’expose régulièrement à de faux enseignements en fréquentant une dénomination, on peut facilement finir par accepter ce qu’il ne faut pas. Après tout, « la foi vient de ce qu’on entend » (Rom. 10.17), y compris la foi aux faussetés. À force d’écouter ce qui est contraire à l’enseignement du Nouveau Testament, à force de ne pas entendre certaines vérités, il arrive aux gens de croire à ce qu’ils reconnaissaient comme étant faux et d’oublier des vérités qu’ils avaient comprises.

Le péché de soutenir l’erreur

Non seulement le fait de fréquenter une dénomination ou de s’y associer de certaines manières expose le chrétien fidèle au danger d’être induit en erreur, mais il peut se rendre coupable de contribuer à l’égarement d’autres personnes. L’apôtre Jean a écrit des paroles très fortes à ce sujet : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres » (2 Jean 9-11). L’apôtre Paul, pour sa part, souligne le même principe : « Ne participe pas au péché d’autrui » (1 Tim 5.22) « Heureux celui qui ne se condamne pas dans ce qu’il approuve » (Rom. 14.22). Si je reconnais qu’une doctrine est fausse et dangereuse, qu’une organisation n’est pas autorisée dans les Écritures, qu’une pratique dans l’adoration n’est pas biblique, ne suis-je pas capable de reconnaître aussi que ma présence régulière, mes dons financiers ou mon silence à l’égard de l’erreur pourraient constituer une « participation », une « approbation » ou un encouragement ?

Notre Seigneur nous enseigne l’amour pour nos ennemis : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matt. 5.44). À plus forte raison aurons-nous de l’amour pour ceux qui partagent avec nous la foi en Dieu et en Jésus-Christ comme son Fils unique, l’amour pour la Bible, la moralité chrétienne, et qui font de bonnes œuvres qui glorifient le Seigneur. Cela est particulièrement vrai en des milieux où la majorité montre du mépris pour Jésus et sa parole. En même temps, nous devons reconnaître la triste réalité que la fausse doctrine et les innovations humaines qui éloignent les hommes de l’enseignement du Nouveau Testament constituent une barrière à la communion fraternelle dont nous voudrions jouir avec tous ceux qui invoquent le nom de Jésus. Quand les autres ne suivent pas l’enseignement que Jésus Christ et ses apôtres inspirés nous ont laissé, nous ne pouvons pas faire comme s’il n’y avait pas de problème. L’apôtre Paul dit : « Je vous le demande, frères, prenez garde à ceux qui suscitent des divisions et égarent les croyants en s’opposant à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux, car les gens de cette espèce ne servent pas le Christ notre Seigneur » (Rom. 16.17,18 FC). Même si certains d’entre eux se persuadent qu’il servent Christ, ils ne font pas la volonté du Père (Matt. 7.21-23). Nous les aimons, mais nous devons éviter de les encourager dans le mal, nous méfier de l’influence de leurs enseignements et nous garder d’adorer Dieu en vain en suivant des commandements d’hommes (Matt. 15.9).

B.B.

Totalement mauvais ?

Quand Dieu interrogea Adam sur le péché qu’il avait commis en mangeant le fruit défendu, ce dernier n’hésita pas d’accuser Ève. Il dit à Dieu : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. » Ève, à son tour, au lieu de reconnaître sa faute, accusa Satan : « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé » (Gen. 3.12,13). Une doctrine répandue de nos jours permet à tout le monde de rejeter sur autrui la faute de ses péchés. Il s’agit de la doctrine de « la dépravation totale », qui prétend que depuis « la chute » (le péché d’Adam et Ève), la nature de toute personne est corrompue dès sa conception dans le ventre de sa mère.

Une version assez extrême de cette pensée fut propagée par le réformateur protestant Jean Calvin il y a environ 500 ans. Il écrivit : « Tous les hommes sont conçus dans le péché, et naissent les enfants de colère, indisposés à tout bien, inclinés au mal, morts dans le péché, et esclaves du péché. Et sans la grâce régénératrice du Saint-Esprit, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, corriger leur nature dépravée, ou se disposer à sa correction. » Ceux qui épousent ce point de vue ont l’habitude de dire que l’homme est « totalement dépravé ».

Contrairement à beaucoup de Protestants et d’Évangéliques, l’Église Catholique ne dit pas que la dépravation de l’homme est « totale », mais elle maintient que la nature de l’homme subit un changement. Selon le Catéchisme de l’Église Catholique, « Adam et Ève commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu. C’est un péché qui sera transmis par propagation à toute l’humanité, c’est-à-dire par la transmission d’une nature humaine privée de la sainteté et de la justice originelles » (#404).

Ne pourrait-on pas dire alors que si nous péchons, c’est par la faute d’Adam et Ève ? Serions-nous vraiment capables de faire le bien, étant né avec cette nature déchue, corrompue et affaiblie ?

Selon certains enseignants religieux, nous n’en sommes pas capables. Le Catéchisme de l’Église Réformée de France dit que la grâce de Dieu « n’est point à la disposition des hommes. On ne peut même pas la désirer sérieusement. Pourquoi pas ? Parce que tout homme au fond de lui-même est mauvais, détourné des choses de Dieu et son ennemi. Il ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de cette tendance naturelle. » Mais que dit la Bible à ce sujet ?

Dieu s’attend à ce que les hommes le cherchent.

Même s’ils ne le font pas toujours comme cela se doit, les hommes sont capables de chercher Dieu. « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre… il a voulu qu’ils cherchent Dieu, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous » (Actes 17.26,27). « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11.6). Comment Dieu pourrait-il être le rémunérateur de ceux qui le cherchent si, compte tenu de notre dépravation totale, aucun de nous ne serait capable de le chercher ou même de vouloir le chercher ?

Jésus dit aux hommes : « Cherchez, et vous trouverez » (Matthieu 7.7), et « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6.33). Tant de promesses vaines, si cette doctrine de la dépravation était vraie.

Jésus dit qu’un homme peut vouloir faire la volonté de Dieu.

Jésus dit : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef » (Jean 7.17). Selon la doctrine de la dépravation totale, personne ne pourrait savoir que l’enseignement de Jésus était de Dieu, car personne ne peut vouloir faire sa volonté.

Paul montre que « la chute » n’a pas détruit la conscience de l’homme.

La « chute » n’a évidemment détruit ni la conscience de l’homme ni son sens du bien et du mal : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusent ou se défendent tour à tour » (Romains 2.14,15).

La Bible enseigne qu’il y a des hommes qui, bien que coupables de péché et ayant besoin du pardon, arrivent à faire du bien. Corneille, qui n’était pas encore né de nouveau, est décrit de cette façon en Actes 10.2 : « Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. » La suite de l’histoire montre qu’il avait besoin d’entendre des paroles par lesquelles il serait sauvé (Actes 11.14). Il était donc un pécheur, comme chacun de nous, mais il n’avait certainement pas l’air d’un homme « totalement dépravé ».

La Bible invite les hommes à bien choisir.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24.15). « Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ézéchiel 18.31,32). « Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7.37). « Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement » (Apocalypse 22.17). Du début à la fin la Bible est remplie d’appels pleins d’amour qui n’auraient aucun sens, qui seraient même cruels, si l’homme perdu n’avait aucune possibilité d’y répondre.

Jésus dit que certains ont le cœur honnête et bon.

Dans le texte qu’on a l’habitude d’appeler la Parabole du Semeur (Luc 8.5-15), Jésus décrit différentes sortes d’auditeurs de la Parole de Dieu et les différentes manières de recevoir cette semence spirituelle. En expliquant ce qui arrive quand la semence tombe dans la bonne terre et porte beaucoup de fruit, le Seigneur dit : « Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » (Luc 8.15). Évidemment, certains, au lieu d’avoir un cœur dépravé, ont un cœur honnête et bon. L’état de ton cœur dépend de toi : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4.23).

Notre situation ne diffère pas fondamentalement de celle d’Adam.

En fait, tout comme Adam ne fut pas créé mauvais, pourtant il céda à la tentation et choisit le mal, nous autres, nous sommes tentés et devons choisir soit de céder soit de résister. Le diable emploie souvent les mêmes tactiques contre nous que ceux par lesquels il a séduit Ève : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2.16; voir Gen. 3.6). Au lieu d’avoir une nature différente de celle d’Adam, nous sommes tentés de la même manière et devons faire de notre mieux pour résister.

Oui, nous finissons tous par pécher, mais nous devons en accepter humblement la responsabilité. Nous devons aussi prendre du courage dans la certitude que nous sommes capables de nous tourner vers Dieu et de croire à son Évangile pour être sauvés.

La puissance de Dieu pour le salut

Liée à cette idée de dépravation est une doctrine corollaire qui ne fait pas honneur à la Parole de Dieu. Cette doctrine prétend que, compte tenu de notre état déchu, le Saint-Esprit doit toucher notre cœur directement et nous amener lui-même à croire en Jésus. Le catéchisme de l’Église Réformée de France exprime l’idée de cette façon : « Nous ne pouvons pas croire en Jésus-Christ par nos propres forces… La foi en Jésus-Christ est l’œuvre directe de Dieu lui-même en nous… Notre foi est le miracle du Saint-Esprit au-dedans de nous… Dieu nous place en face de son Fils mais ne nous laisse pas conclure librement ce que nous allons en penser. S’Il nous laissait libres à ce moment-là, Il nous perdrait sans aucun doute, car de nous-mêmes nous sommes fermés à la grâce et ennemis de Dieu. »

Il est certainement vrai que l’homme ne peut pas se sauver lui-même par ses propres efforts. Il ne peut jamais faire assez de bonnes œuvres pour effacer un seul péché. Sans que Dieu ne prenne l’initiative, aucun pécheur n’aurait le salut. Mais Dieu a bien pris l’initiative : « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5.8). Cette initiative, il l’a prise en faveur de tous les hommes, car « Dieu ne fait pas acception de personnes » (Actes 10.34). Jésus a donc ordonné que la repentance et le pardon des péchés soient prêchés à toute la création (Luc 24.47; Marc 16.15).

Nous ne devons pas considérer la Parole de Dieu comme une « lettre morte » qui n’a aucun pouvoir de toucher un cœur si Dieu n’y met pas la main. L’Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1.16). « La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants » (Hébreux 4.12). Pierre rappelle aux chrétiens : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu… et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile » (1 Pierre 1.23,25).

Le Saint-Esprit convainc les hommes du péché (Jean 16.8), mais au lieu de toucher directement les cœurs, il agit au moyen d’un instrument, son « épée » qui est la Parole inspirée (Éphésiens 6.17). « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10.17; voir aussi Jean 20.30,31).

Il n’y a pas d’appel de Dieu en plus de l’Évangile. C’est par l’Évangile que l’on est tous appelé (2 Thessaloniciens 2.14). Si tous les hommes n’acceptent pas l’Évangile, la faute n’est ni à une nature totalement dépravée ni à Dieu, qui n’aurait pas envoyé son Esprit pour leur donner la foi. Ce n’est pas que Dieu fait du favoritisme. La faute est bien à l’homme, un être libre. Jésus dit à certains : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5.40). Nous ne devons pas simplement attendre que Dieu ait pitié de nous et nous accorde la foi ; il nous tend le bouée de sauvetage – saisissons-le ! Nous en sommes capables !


Il n’est pas trop difficile de reconnaître que tous les hommes sont pécheurs – nous voyons nos propres défauts et ceux des autres. Dire, par contre, que l’homme « non-régénéré » ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de ses mauvais penchants semble bien exagéré. Nous voyons quand même des actes d’héroïsme, de générosité, de tendresse, de fidélité dans les circonstances les plus difficiles, et bien d’autres preuves de vertu. Quels arguments, tirés de la Bible, les partisans de la dépravation totale emploient-ils pour soutenir leur croyance ? Voici les deux les plus courants :

« Par nature enfants de colère »

« Nul ne cherche Dieu »

Les piliers du calvinisme

Le réformateur protestant, Jean Calvin, publia en 1536 un ouvrage intitulé L’Institution chrétienne, une présentation systématique de la Réforme. Cinq de ses idées fondamentales sont appelées les « piliers du calvinisme ». Les voici :

La dépravation totale. Depuis le péché d’Adam et Ève, tout être humain serait né souillé par le péché, mort dans le péché et esclave du péché. Selon Calvin, non seulement l’enfant naît sous la condamnation, mais sa nature est corrompue de telle façon qu’il est incapable d’aucun bien. Il ne peut même pas vouloir sincèrement se corriger. [Nous avons déjà démontré que cette idée est fausse.]

L’élection inconditionnelle. Voyant tout d’avance, Dieu aurait choisi avant la fondation du monde un certain nombre d’hommes, « ni meilleurs ni pires que les autres », qu’il prédestina au salut. Il aurait fait ce choix dans sa souveraineté – c’est-à-dire qu’il avait le droit, en tant que roi absolu, de faire ce choix comme il voulait. Il aurait choisi sans tenir compte des actions ou des dispositions des hommes en question, donc arbitrairement. [Il est vrai que Dieu a choisi de sauver toute une catégorie d’hommes, c’est-à-dire ceux qui seraient « en Christ ». Mais il appartient à chacun de décider s’il veut croire en Jésus et entrer « en Christ » par le baptême (Galates 3.26,27).]

L’expiation limitée. Calvin affirmait que Christ mourut uniquement pour les âmes que Dieu avait élues à la vie éternelle depuis toute éternité. Une personne non élue n’aurait donc aucun moyen de salut. Jésus n’aurait pas « gaspillé » son sang précieux pour ceux que Dieu n’avait pas choisis. [Il est intéressant de remarquer que la Bible dit explicitement le contraire : « Jésus-Christ, le juste… est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jean 2.1,2). « Le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde » (1 Jean 4.14). « Par la grâce de Dieu il souffrit la mort pour tous » (Héb. 2.9). « Il est mort pour tous » (2 Cor. 5.15).]

La grâce irrésistible. D’après Calvin, Dieu ordonne que le Saint-Esprit touche le cœur de tous ceux qu’il a élus à la vie éternelle ; ce serait une nécessité si la dépravation totale était une réalité. L’appel intérieur de l’Esprit aboutirait toujours à la conversion (avec ou contre nos raisonnements ou nos désirs), mais cet appel n’est adressé qu’aux élus. Par contre, si l’Esprit n’agit pas directement sur le cœur d’une personne, la Parole, selon Calvin, ne produit jamais la foi. Cela est dû au fait que l’homme dépravé est mauvais, détourné des choses de Dieu et son ennemi. [Nous avons déjà souligné que la Parole est vivante, efficace, une semence « non-corruptible » qui est bien capable de produire la foi.]

La persévérance des saints. Cette doctrine enseigne que le vrai chrétien ne peut déchoir de la grâce de sorte qu’il soit perdu éternellement. Puisque le salut serait une question de prédestination éternelle et que les sauvés seraient choisis de façon inconditionnelle avant même qu’ils aient cru, Dieu ne permettrait à rien, y compris l’infidélité ou la rébellion, de faire perdre celui qu’il avait élu. [Cet aspect du calvinisme est traité dans le Chemin de Vérité, Vol. 14, No. 2.]

Ne vous semble-t-il pas que ce système de pensée présente un Dieu injuste, voir un despote, un tyran capricieux ? Il tient chaque être humain pour coupable d’un péché commis par un autre (Adam), un acte commis avant notre naissance et que nous n’aurions pas pu empêcher. Il permet que l’enfant naisse dans ce monde doté d’une âme souillée et une nature tellement corrompue que l’enfant sera absolument incapable de faire quoi que ce soit d’agréable aux yeux de Dieu. Au lieu d’avoir pitié de tous les hommes et de leur offrir tous la possibilité de bénéficier de sa grâce, ce Dieu aurait choisi, de façon tout à fait arbitraire, juste quelques personnes qu’il veut sauver. Quant aux autres, son Fils ne serait pas venu pour eux. Ceux qu’il choisit n’auraient même pas la liberté de rejeter son offre de salut – ils ressemblent plus à des robots qu’à des enfants qui aiment librement leur Père céleste.

La doctrine de la dépravation totale serait donc le fondement de tout un édifice d’erreurs, qui, si l’on veut bien voir, tourne en dérision l’idée d’un Dieu qui « a tant aimé le monde », de la logique d’un Jugement dernier, de l’ordre d’annoncer l’Évangile au monde entier et de l’urgence des exhortations aux chrétiens de rester fidèles jusqu’à la mort.

B.B.