Adorer en esprit et en vérité

Il y a des gens qui savent que Dieu existe, mais qui ne cherchent pas à l’adorer. Soit ils ne ressentent pas leur besoin d’être en communion avec lui ou de recevoir son aide pour les problèmes de la vie, soit ils manquent de gratitude pour les bienfaits qu’ils reçoivent de lui chaque jour, soit ils ne se disent pas, en réfléchissant à la grandeur de Dieu : « Il est beau de célébrer notre Dieu, il est doux, il est bienséant de le louer » (Psaume 147.1). Cet article ne s’adresse pas à de telles personnes. Il s’adresse plutôt à ceux qui remplissent déjà les nombreux lieux d’adoration à travers le monde parce qu’ils le trouvent tout à fait normal d’offrir un culte à leur Créateur. Non seulement ils désirent donner à Dieu la louange dont il est digne, mais ils veulent s’associer à d’autres croyants pour le faire.

Ils ont raison d’éprouver ce désir, car Dieu veut que les hommes l’adorent. Par contre, il ne veut pas qu’on l’adore n’importe comment. Caïn et Abel, les premiers adorateurs mentionnés dans la Bible, ont tous les deux offert des sacrifices à Dieu, mais l’adoration de Caïn ne lui a pas été acceptable. « L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande » (Gen. 4.4,5). Par le prophète Malachie Dieu dit aux descendants des Juifs revenus de l’exil en Babylonie : « Lequel de vous fermera les portes [du temple], pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et les offrandes de votre main ne me sont point agréables » (Mal. 1.10). Jésus dit au sujet de certains Juifs en Matthieu 15.9 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » Il y a certainement différentes raisons pour lesquelles Dieu a rejeté l’adoration de toutes ces personnes, mais ces exemples suffisent pour démontrer qu’il n’est pas vrai que tous les cultes sont bons puisqu’on adore tous le même Dieu.

Le fait que Dieu n’accepte pas n’importe quelle adoration est souligné par les paroles célèbres de Jésus en Jean 4.23,24 : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » Ces versets sont bien connus, mais pas forcément bien compris.

Adorer

Qu’est-ce que nous voulons dire par le mot « adorer » ? Celui qui adore s’humilie devant l’objet de son adoration. L’adoration n’est pas un dialogue entre des égaux. Dieu est Dieu, et nous sommes des humains. Dieu est esprit pur, mais nous sommes revêtus de chair et os. Dieu est le Créateur, nous sommes ses créatures. Dieu sait tout, mais nous sommes ignorants de tout sauf de ce que Dieu a révélé dans la nature et dans sa Parole. Dieu est juste, alors que nous sommes pécheurs. Dieu est sans commencement ni fin ; en comparaison avec lui, le plus âgé d’entre nous n’existe que depuis un instant. Nous devons être conscients de la grandeur et la supériorité du Dieu Très-Haut par rapport à nous-mêmes.

On peut, dans un sens, glorifier ou adorer Dieu par toute sa façon de vivre. C’est ainsi que Romains 12.1 exhorte à « offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». Mais la Bible parle aussi de l’adoration comme étant une chose que l’on peut faire dans un lieu précis et à un moment précis. Abraham dit à ses serviteurs en Genèse 22.5 : « Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. » Abraham ne parlait pas de sa vie en général, mais d’une activité qu’il a appelée « adorer », une activité dans laquelle il n’était pas engagé au moment où il parlait. En Actes 8.27,28, l’auteur nous dit que l’eunuque éthiopien était « venu à Jérusalem pour adorer, et s’en retournait ». Voilà le sens habituel du mot. C’est principalement dans ce sens, le sens habituel, que nous employons le mot « adorer » dans cette étude. Retenons, cependant, que même si « adorer » se réfère à des actes précis et extérieurs que nous accomplissons, pour constituer une adoration valable, ces actes doivent être accomplis avec l’attitude qui convient.

Quand on parle d’adoration, il s’agit à la fois donc d’une attitude et d’un ensemble d’actions par lesquelles nous rendons honneur à Dieu, nous lui offrons des louanges et nous exprimons notre émerveillement devant sa grandeur. Nous voulons que notre attitude et nos actes d’adoration plaisent à celui que nous adorons. Hébreux 12.28 nous rappelle : « C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. » Cela semble évident, mais en réalité, on est très souvent tenté de donner la priorité aux préférences humaines. On se demande par quels moyens on peut attirer du monde, impressionner les visiteurs, éviter que les moins spirituels soient ennuyés, etc. On crée parfois des spectacles qui rivalisent ceux des artistes professionnels ou des cours royales. Ou bien on cultive une ambiance de fête. Mais dans tout cela, on oublie facilement que l’auditoire est composé de Dieu seul. Les hommes ne sont pas les vrais spectateurs d’un culte – ils devraient être les adorateurs.

Certes, un culte offert à Dieu peut, et devrait, apporter quelque chose de positif aux adorateurs. Cela fait partie même des instructions que l’apôtre Paul donna à l’Église : « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification » (1 Cor. 14.26). Mais l’objet premier est de glorifier Dieu, et c’est Dieu seul qui décide ce qui le glorifie, ce qui lui plaît.

En esprit

Tout au long de la Bible, l’accent est mis sur l’homme intérieur aussi bien que sur ses actes extérieurs. Sous l’Ancien Testament, Dieu était rigoureux en ce qui concerne l’obéissance à ses ordonnances concernant l’adoration, jusque dans les moindres détails, mais il recherchait aussi une adoration qui venait du cœur. Jésus dit que le plus grand commandement de toute la loi était : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée » (Matt. 22.37).

Ailleurs dans le Nouveau Testament nous retrouvons l’idée de « en esprit et en vérité » exprimée en d’autres termes. Par exemple, en 1 Timothée 1.18,19 Paul exhorte l’évangéliste à combattre « le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience ». « La foi » ici se réfère aux croyances chrétiennes, la vérité ou la foi révélée dans les Écritures. « La bonne conscience » a trait à la sincérité et la bonne moralité. En Romains 1.9 Paul dit : « Je sers [Dieu] en mon esprit dans l’Évangile de son Fils. » Le dévouement à Dieu doit venir de l’homme intérieur, c’est-à-dire dans la sincérité, du fond du cœur, et il doit s’exprimer selon les ordonnances de l’Évangile, c’est-à-dire de la vérité révélée par Dieu.

Ajoutons que l’adoration de Dieu demande un effort mental. Il est très facile de se laisser distraire, de chanter ou prononcer de bonnes paroles tout en pensant à autre chose. Notre esprit peut être ailleurs, même si notre corps se trouve au milieu de l’assemblée en train de faire des gestes de piété. Adorer comme il faut exige que l’on se discipline et que l’on se concentre.

En vérité

Il faut adorer en esprit, mais il faut aussi adorer en vérité, ce qui veut dire qu’on adore Dieu selon des critères objectifs, en conformité à la révélation de sa volonté, en suivant sa Parole qui, d’après Jean 17.17, est la vérité. Les hommes de nos jours insistent beaucoup sur l’importance de la sincérité, mais beaucoup ne croient pas que Dieu tienne vraiment compte des actes qui composent un culte ; ils pensent que c’est seulement l’intention que Dieu considère. Réfléchissons donc à l’importance de ce que l’Église fait ou omet de faire quand elle se réunit pour adorer Dieu.

Ce n’est pas en suivant des commandements d’hommes qu’on peut plaire à Dieu. Comme nous l’avons déjà dit, le but d’un culte est de plaire à celui qu’on adore. Mais on ne peut savoir ce qui plaît à notre Dieu s’il ne nous dit pas lui-même ce qui lui plaît. Comme le dit Ésaïe 55.8 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » (Ainsi, il importe peu si je le trouve normal, par exemple, que les femmes n’aient pas le droit de prêcher dans l’Église ou conduire les hommes dans un culte.1Voir aussi « Il n’y a plus ni homme ni femme » En effet, après avoir dit : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler », l’apôtre Paul ajoute : « Si quelqu’un croit être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » – 1 Cor. 14.34,37.) Il ne faut pas se référer à ses opinions ou ses préférences personnelles pour décider de la manière dont on adorera Dieu. Il faut se référer aux instructions de Dieu, à sa Parole, à la vérité. Dieu, en effet, a toujours fait savoir aux hommes ce qui est capable de lui plaire.

Quand Dieu révélait sa Loi au peuple d’Israël, il leur a fait savoir clairement que c’est lui qui déterminait la sorte de culte qu’on devait lui offrir. Il dit par Moïse en Deutéronome 12.8 : « Vous n’agirez donc pas comme nous le faisons maintenant ici, où chacun fait ce qui lui semble bon. » Il ajoute que son peuple ne devait pas se référer aux pratiques des autres pour savoir comment adorer Dieu :

« Le Seigneur votre Dieu éliminera, à votre approche, les nations établies dans le territoire où vous pénétrerez ; vous pourrez ainsi les déposséder et vous installer dans leur pays. Lorsqu’elles auront été exterminées devant vous, ayez grand soin de ne pas vous laisser prendre au piège de leur exemple. Ne vous intéressez pas à leurs dieux, ne vous préoccupez pas de la façon dont elles les adoraient, avec l’intention d’adopter leurs pratiques. Ne les imitez pas pour adorer le Seigneur votre Dieu ; en effet, dans leurs cultes, ces nations commettent toutes sortes d’actes que le Seigneur déteste et condamne. » (Deutéronome 12.29-31, FC)

Au lieu de se référer à leur propre goût en faisant ce qui leur semblait bon, au lieu de s’inspirer de ce que leurs voisins religieux faisaient dans leurs cultes, les Israélites devaient se contenter de suivre scrupuleusement les instructions que Dieu leur donnait dans sa Parole. « Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n’y ajouterez rien et vous n’en retrancherez rien » (Deutéronome 12.32).

Bien que nous nous instruisions ici de principes que Dieu communiqua aux Israélites, il est très important de reconnaître que les chrétiens ne vivent pas sous la Loi de Moïse, mais sous la nouvelle alliance.2Voir aussi « Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui » L’auteur de l’Épître aux Hébreux dit : « La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre » (Héb. 9.1). Quelques versets plus loin il poursuit en disant que c’étaient « des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation » (Héb. 9.10). L’ancienne Loi fut clouée à la croix (Col. 2.14-17 ; Éph. 2.14-16). Ainsi, Paul dit aux Galates qu’ils n’avaient pas droit de choisir des éléments de l’ancienne Loi comme pratiques religieuses à suivre dans l’Église.

« Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. » (Gal. 5.3,4)

Aujourd’hui, nous qui sommes chrétiens, nous servons Dieu sous une nouvelle alliance. La Loi de Moïse n’est plus en vigueur ; nous vivons sous la loi de Christ (1 Corinthiens 9.21). Mais il ne faut pas supposer que Christ nous a laissés sans direction en ce qui concerne son culte. Nous ne revenons pas en arrière, à une époque où « chacun fait ce qui lui semble bon ». Au contraire, Dieu nous a montré dans le Nouveau Testament un modèle à suivre, et comme il a dit à Moïse, il nous dit, à nous aussi : « Aie soin de faire tout d’après le modèle qui a été montré » (Héb. 8.5). Les premiers chrétiens étaient enseignés par des hommes inspirés de Dieu, les apôtres de Jésus-Christ, qui leur montraient de quelle manière ils devaient servir le Seigneur. Nous voyons à travers l’étude du Nouveau Testament ce que les premiers chrétiens faisaient quand ils se réunissaient en tant qu’Église. Nous voyons de quelle manière on leur disait d’adorer. L’Église du premier siècle nous sert donc de modèle à suivre. Ce sont les paroles de Christ et de ses apôtres que nous devons garder si nous voulons plaire à celui que nous adorons. Que ce soit en matière d’adoration, de vie quotidienne, de doctrine ou de l’organisation de l’Église, nous avons le devoir d’apprendre ce que le Christ et ses apôtres enseignaient, et puis de suivre cet enseignement sans rien ajouter ni retrancher. « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9).

Les éléments du culte

Au total cinq éléments du culte sont présentés dans le Nouveau Testament.3Voir aussi « Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » à EditionsCEB.com

Commençons par la prière. Elle s’adresse à Dieu seul, et se fait au nom de Jésus-Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes (Col. 3.17; Éph. 5.20; 1 Tim. 2.5). Elle n’est pas constituée d’une « vaine répétition » de mots et de phrases que l’on ne comprend pas ou auxquels on ne pense pas ; elle doit venir du cœur (Matt. 6.7,8). Notre Dieu est grand et majestueux, et nous devons donc le prier avec un ton de respect profond. La Bible dit aussi que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix », et son culte doit se faire « avec bienséance et avec ordre » (1 Corinthiens 14.33,40). Quand nous prions en groupe, tous ne doivent pas parler à haute voix en même temps. Un frère prend la parole pour parler à Dieu au nom de toute l’assemblée. Les autres suivent la prière dans leur cœur et expriment leur assentiment en disant « Amen » (1 Cor. 14.16,17).

Un deuxième élément du culte selon le Nouveau Testament est la Sainte Cène, ou la Communion.4Voir aussi « Le repas du Seigneur » Il s’agit d’un repas sacré et symbolique qui se fait en mémoire de Christ. Chaque dimanche, et seulement les dimanches (Ac. 2.42; 20.7; 1 Cor. 16.1,2), tous les baptisés fidèles prennent ensemble du pain, qui représente le corps du Seigneur Jésus, et du vin, ou jus de raisin, qui représente son sang qui a été versé sur la croix pour nos péchés (1 Cor. 11.23-25). Le pain que l’on prend ne contient pas de levure ; le levain, étant symbole de l’impureté, était défendu aux Juifs pendant la fête de Pâque qui se déroulait au moment où Jésus a institué la Sainte Cène (Luc 22.14-20 ; Deut. 16.1-8). Notons que Jésus et les apôtres n’ont jamais ordonné de s’abstenir de ce repas à cause de l’absence d’un pasteur ou d’un prêtre. N’importe quel groupe de chrétiens, que tel ou tel membre soit présent ou pas, devrait l’observer fidèlement chaque dimanche, comme Jésus l’a demandé quand il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (1 Corinthiens 11.24).

Les premiers chrétiens consacraient aussi une partie du temps de leur culte à l’écoute de la Parole de Dieu. Que ce soit de simples lectures bibliques ou des sermons, l’Église se nourrissait de l’enseignement de Jésus et de ses apôtres, ainsi que des Écritures de l’Ancien Testament (Ac. 2.42 ; 20.7 ; 1 Tim. 4.13). Il n’y a pas un seul style approuvé pour la prédication et l’enseignement, mais il faut que ceux qui prêchent présentent fidèlement ce que la Bible dit. Les auditeurs doivent suivre l’exemple des Béréens, dont la Bible dit :

« Ils recevaient la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact. » (Actes 17.11)

Une quatrième manière par laquelle Dieu nous demande de lui rendre honneur est par les cantiques que nous chantons. « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce » (Colossiens 3.16). Nous ne sommes pas des spectateurs mais des participants. Peu importe si je n’ai pas la plus belle voix, Dieu met l’accent sur les paroles que je chante et l’amour qui est dans mon cœur. Il n’a pas demandé des instruments de musique dans son culte. La musique de l’Église est purement vocale.5Voir aussi « La musique dans le culte »

Le cinquième élément du culte est la collecte, la mise en commun des dons volontaires apportés par les adorateurs.6Voir aussi « Le financement de l’œuvre de l’Église »

« Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. » (1 Corinthiens 16.1,2)

Ces dons se font de façon discrète, et ils se font librement, car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Cor. 9.7).

La Bible n’impose pas un ordre précis pour l’accomplissement de ces actes d’adoration, mais ce sont les seuls actes que la Bible a autorisés pour le culte chrétien.

Conclusion

Les premiers chrétiens pratiquaient donc un culte empreint de simplicité, la sorte de culte que l’on peut rendre à Dieu n’importe où, que l’on soit riche ou pauvre, que l’on soit à deux ou à trois ou dans une assemblée de plusieurs milliers de personnes. Que ceux qui fréquentent les lieux de prière aujourd’hui et qui offrent leur adoration à Dieu considèrent ce qu’ils font. Qu’ils s’assurent que leur culte vient du cœur et qu’il est bien conforme à ce qui est enseigné et autorisé par Dieu dans le Nouveau Testament.

B.B.


De plus amples renseignements sont disponibles dans les articles suivantes :

1« Il n’y a plus ni homme ni femme »

2« Pourquoi une nouvelle loi et à quoi sert l’ancienne aujourd’hui »

3« Dieu acceptera-t-il mon adoration ? » (à EditionsCEB.com)

4« Le repas du Seigneur »

5« La musique dans le culte »

6« Le financement de l’œuvre de l’Église »

Le jour du Seigneur

Après avoir examiné la question du sabbat, nous abordons la question suivante :

Pourquoi les chrétiens se réunissent-ils le dimanche ?

Toutefois, avant d’entamer le sujet, il faut clarifier un point important : la question du sabbat et la question du dimanche sont deux questions différentes.

Dans la Bible, le dimanche n’est jamais appelé le sabbat. On entend dire parfois que le dimanche est le sabbat chrétien. Cette affirmation n’est pas fondée. Je crois qu’elle relève plutôt de l’effet de style que de la théologie. Le sabbat était le dernier jour de la semaine juive. Il commençait le vendredi soir au coucher du soleil et finissait le samedi soir au coucher du soleil. Durant cet intervalle, toute activité devait cesser sous peine d’exclusion ou de mort (Exode 31.14). Nous avons vu toutes les interdictions et les prescriptions qui régissaient ce septième jour. Nous avons vu également comment le jour du sabbat est absorbé en Christ, en qui il s’accomplit. Il faisait partie de ce que Paul appelle « l’ombre des choses à venir » – l’ombre qui fait place à la réalité, c’est-à-dire à Christ (Colossiens 2.16,17).

Or, en se réunissant le dimanche, les chrétiens ne changent pas le jour du sabbat. Ils ne le transfèrent pas à un autre jour. Il n’y eut qu’un seul sabbat, et ce fut le septième jour du calendrier juif, correspondant à notre samedi. Ce jour, avec toutes ses restrictions, est effacé. Le dimanche est le premier jour de la semaine. Il n’a rien à voir avec le sabbat.

Quelle importance, quelle signification les premières communautés chrétiennes attachaient-elles à ce premier jour de la semaine ? C’est ce que nous allons voir présentement.

La résurrection

Plusieurs événements importants, mémorables, se sont produits le premier jour de la semaine. Notons tout d’abord le plus marquant : la résurrection du Seigneur. L’Évangile de Matthieu rapporte qu’« après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre » (Matt. 28.1). L’Évangile de Jean témoigne du même fait (20.1). Marc déclare clairement, ainsi que Luc (24.1,2) : « Jésus, ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie Madeleine » (Marc 16.9). « Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui… ils ne la crurent pas » (Marc 16.9-11). Alors Jésus apparaîtra personnellement à ses disciples. Voici comment l’apôtre Jean nous décrit cet événement dont il a été témoin, cet événement qui va tous les transformer :

« Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il dit : Que la paix soit avec vous ! » (Jean 20.19)

Mais « Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux » (Jean 20.24), et Jésus apparaîtra aussi à Thomas lorsqu’il se trouvera réuni avec les douze dans cette même maison où il leur était apparu la première fois. Jean nous précise que cette seconde apparition se fit « huit jours après » (Jean 20.26), c’est-à-dire de nouveau le premier jour de la semaine.

Je n’affirme pas que Jésus entendait par là faire du premier jour de la semaine un jour spécial de célébration de sa résurrection (quoique cette hypothèse ne soit pas dénuée de raison). Les Écritures ne nous disent pas s’il a donné un commandement spécifique à ce sujet. Mais cela explique naturellement la pratique que les apôtres inspirés ont évidemment enseigné aux Églises de garder, car ce jour-là revêtait un caractère particulièrement solennel.

Établissement de l’Église

Il faut signaler un autre événement marquant qui se produisit un dimanche. Il s’agit de l’établissement de l’Église qui eut lieu lors de la fête de la Pentecôte juive à Jérusalem sept semaines après la résurrection du Seigneur. Cette fête tombait en effet toujours le premier jour de la semaine (Lév. 23.11-15). Ce jour-là, l’Esprit de Dieu promis par le Christ (Jn. 14.25,26; Ac. 1.8) descendit sur les apôtres qui furent revêtus de sa puissance (Actes 2). Pour la première fois l’Évangile fut annoncé avec son message de salut au nom de Christ. Ce fut en ce jour de la Pentecôte que l’Église fut définitivement établie, que 3000 personnes furent baptisées au nom de Jésus-Christ…

La pratique des premiers chrétiens

Des passages tels que Hébreux 10.25 et 1 Corinthiens 11.17-29 nous montrent qu’à la suite du commencement de l’Église les chrétiens se réunissaient régulièrement. Y a-t-il des indications quant au jour de ces réunions ? Oui.

En Actes 20 l’apôtre Paul se trouve en Macédoine et se dirige vers l’Asie Mineure, plus précisément vers la ville de Troas. Plusieurs de ses compagnons qui avaient pris les devants s’y trouvent déjà. Luc, l’évangéliste, qui accompagne l’apôtre, écrit ceci : « Nous nous sommes embarqués à Philippes, et au bout de cinq jours nous les avons rejoints à Troas, où nous avons passé sept jours. Le premier jour de la semaine, nous étions assemblés pour rompre le pain » (Actes 20.6,7). On sait que l’expression rompre le pain désignait le repas du Seigneur, la Sainte Cène, dans les milieux chrétiens (1 Cor. 10.16; Actes 2.42). Le délai de sept jours que l’apôtre s’accorda à Troas s’explique parfaitement : il tenait à être présent le dimanche pour participer au saint repas avec ses frères de l’Église de Troas. Il est fort probable que ce fut pour cette même raison que l’apôtre tint à passer sept jours parmi les chrétiens de la ville de Tyr (Actes 21.4) et que ceux de la ville de Pouzzoles en Italie le « prièrent de rester sept jours avec eux » (Ac. 28.14).

C’est encore le premier jour de la semaine que l’apôtre Paul recommande aux Églises de la Galatie ainsi qu’à celle de Corinthe de faire une collecte en faveur de l’Église de Jérusalem (1 Cor. 16.1,2). Le fait qu’il a indiqué précisément le premier jour de la semaine n’est-ce pas un autre signe que ce jour avait une signification particulière au cœur des chrétiens ? C’était d’ailleurs tout à fait pratique de réunir leurs dons quand ils venaient ensemble déjà pour manger le repas du Seigneur.

Selon Apocalypse 1.10, ce jour est désigné par la très belle expression : « Le jour du Seigneur » autrement dit : « Le jour du Christ ». On la retrouve dans les écrits des chrétiens les plus anciens, des deux premiers siècles du christianisme (La Didaché, Ignace, Barnabas, Justin, etc.). Ces écrits témoignent sans aucune équivoque que l’Église primitive observait le premier jour de la semaine pour la célébration de son culte.

En fait, lorsque Constantin le Grand décrète au 4e siècle que le dimanche sera jour férié légal, il ne dérange en aucune façon les habitudes des chrétiens. Quelles qu’aient pu être ses intentions en prenant cette initiative, il ne fit que ratifier et légaliser une pratique déjà fermement établie depuis le premier siècle.

adapté d’un article par Richard Andrejewski

(dans Vol. 11, No. 1)

La musique dans le culte

AVANT-PROPOS

On s’interroge souvent sur les raisons pour lesquelles les Églises du Christ n’utilisent pas d’instruments de musique dans le culte. C’est peut-être l’une des choses les plus frappantes pour le visiteur qui assiste pour la première fois à nos réunions, que de constater l’absence d’orgue, de piano, de guitare, de tam-tam, ou d’autres instruments d’accompagnement du culte. Cet étonnement est assez naturel si l’on considère que l’usage en est presque universel.

Par la voie de cet article, nous croyons utile de répondre à la question posée, en nous rapportant aux paroles de l’apôtre Pierre, qui nous dit : « Soyez toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3.15).

Signalons immédiatement que ce n’est ni par goût personnel ni par mesure d’économie que nous nous abstenons d’employer des instruments de musique dans l’exercice du culte que nous rendons à Dieu, mais que c’est par principe de foi.


Qu’a autorisé Dieu dans le culte chrétien, quant à l’adoration sous forme de cantiques ? Écoutons le Saint-Esprit quand il dit : « Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur » (Éphésiens 5.19). Écoutons la même expression de pensée dans l’Épître aux Colossiens : « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce » (Colossiens 3.16).

Notons en particulier que l’Esprit Saint nous recommande expressément de nous « entretenir », c’est-à-dire, nous « instruire » et de nous « exhorter » mutuellement par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, et de chanter à Dieu sous l’inspiration de la grâce. Il s’avère que Dieu autorise, pour sa louange, l’usage de nos voix et de « nos cœurs », en chantant, en récitant les psaumes, etc.

La musique que Dieu agrée pour le culte qu’on lui rend se « joue » uniquement par les « cordes » de nos cœurs et s’élève jusqu’à lui par nos voix. Il n’est nulle part question dans le Nouveau Testament que ce culte lui soit rendu avec l’addition ou par le moyen d’instruments quelconques.

Telle est la voie indiquée par Dieu. Et puisque c’est Dieu que nous voulons adorer et exalter, et puisque c’est à lui que nous voulons plaire, obéissons attentivement à ses instructions.

En parlant de culte, nous faisons uniquement allusion à celui pratiqué sous l’ère chrétienne et non à celui pratiqué sous l’ère patriarcale ou mosaïque. Nous savons, en effet, que sous la loi de Moïse la musique instrumentale était non seulement tolérée, mais commandée par le livre des Chroniques dans les termes suivants : « Il fit placer les Lévites dans la maison de l’Éternel avec des cymbales, des luths et des harpes, selon l’ordre de David, de Gad le voyant du roi, et de Nathan le prophète ; car c’était un ordre de l’Éternel, transmis par ses prophètes » (1 Chroniques 29.25). Mais il faut cependant remarquer qu’à l’époque indiquée l’exercice du culte comprenait également des sacrifices d’animaux qui ne seraient assurément plus tolérés de nos jours.

De même, si un homme se présentait à notre lieu de culte avec un agneau sans défaut, afin de l’offrir en sacrifice à Dieu, lui serait-il permis de le faire sous prétexte que David offrait de tels sacrifices et qu’ils étaient à cette époque agréables à Dieu ? Que répondrions-nous ? Simplement que nous ne vivons plus actuellement sous la loi qui commandait des sacrifices d’animaux.

L’apôtre Paul a averti les chrétiens de Galatie que s’ils cherchaient leur justification dans la loi de Moïse, ils seraient « déchus de la grâce » et « séparés de Christ. » Dans le même contexte, il leur dit que s’ils cherchaient leur justification dans une partie de la loi, ils étaient tenus logiquement de l’observer tout entière (Galates 5.4,3; voir aussi Jacques 2.10).

Il faut donc s’en reporter à Jésus plutôt qu’à Moïse pour l’observance justifiée des pratiques auxquelles doivent obéir ceux qui s’appellent des chrétiens. Paul nous exhorte : « Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père » (Colossiens 3.17). Ainsi tout ce que nous faisons en tant que chrétiens doit s’accomplir, non au nom de Moïse, mais « au nom du Seigneur Jésus ». Cette expression « au nom de » implique l’autorité dont elle est revêtue. Par exemple, « au nom du roi » implique l’autorité royale comme base de directive. Faire quelque chose au nom du Seigneur signifie le faire par son autorité. Or, nous ne pouvons pas employer les instruments de musique dans le culte pour la bonne raison qu’il ne les a jamais autorisés.

Et ceux qui les emploient sans l’autorité divine doivent tenir compte de l’avertissement de l’apôtre Jean : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu » (2 Jean 9). Or, aller plus loin que la doctrine (ou l’enseignement) du Christ, c’est faire ce qu’il n’a pas autorisé, et c’est le cas lorsqu’on se sert d’instruments de musique dans le culte. Il ne s’agit pas là d’une opinion ou d’une théorie humaine, mais bien d’un principe enseigné dans l’Écriture Sainte.

Il ne faut pas se tromper sur l’importance d’un ordre ou d’une directive émanant de Dieu. Il est clair que Dieu exige toujours que nous observions scrupuleusement sa parole. Comparons les avertissements de l’Ancien Testament avec ceux du Nouveau Testament. Dans le premier cas, Dieu dit : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l’Éternel votre Dieu, tels que je vous les prescris » (Deutéronome 4.2). Dans le Nouveau Testament il est tout aussi sévère quant à ceux qui modifient sa parole (voir Apocalypse 22.18,19).

Considérons le cas de Moïse qui, pour avoir frappé un rocher afin qu’il en sorte de l’eau, au lieu de simplement lui parler comme Dieu lui avait ordonné de faire, perdit son droit d’entrer en Terre Promise (Nombres 20.8-12). Et pourtant, Dieu lui avait ordonné auparavant de frapper un rocher (Exode 17.6). Il faut donc faire attention à ne rien faire que Dieu n’ait pas autorisé.

Sur le point de quitter ses apôtres et de retourner chez son Père, le Christ comprenait et prévoyait qu’ils auraient besoin de directives infaillibles, bien qu’il les eût personnellement instruits pendant plus de trois ans. C’est pourquoi il leur dit : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir » (Jean 14.16,17). Il leur dit encore : « Mais le consolateur, l’Esprit de vérité, vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16.13). L’Esprit Saint descendit sur les apôtres au jour de la Pentecôte suivant la résurrection du Christ (Actes 2.1-4). Comme prévu et annoncé il vint sur eux pour les diriger dans toute la vérité. Les apôtres ont reçu et annoncé dans l’Évangile cette vérité qui sauve (1 Pierre 1.22-25). Il est à remarquer pourtant que l’Esprit n’a pas indiqué aux apôtres d’employer la musique instrumentale en les dirigeant « dans toute la vérité ».

Il s’en suit forcément que l’emploi d’instruments de musique ne fait aucunement partie de la « vérité » transmise par les apôtres.

Écoutons l’avertissement biblique contre la tendance qui prévaut d’élever nos propres désirs jusqu’à ne plus supporter la saine doctrine qui est l’Évangile de Christ (2 Timothée 4.3,4).

Des objections

Certaines objections sont soulevées contre cette pratique, pourtant apostolique, d’exclure les instruments de musique du culte chrétien.

1. « La Bible ne défend pas de se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien. »

Répondons qu’il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas, et méditons l’exemple ci-après. Dans le livre du Lévitique, nous lisons que Nadab et Abihu, fils d’Aaron « apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné », au lieu du feu qu’il autorisait. À cause de cette substitution, que Dieu compta comme désobéissance volontaire, « le feu sortit de devant l’Éternel et les consuma : ils moururent devant l’Éternel » (Lévitique 10.1,2). Il est vrai que Dieu n’avait pas dit explicitement de ne pas utiliser le feu que ces deux sacrificateurs ont employé pour brûler le parfum. Mais il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas qu’on fasse. Un ordre positif et explicite exclut d’office tout ce qui n’est pas compris dans un tel ordre. La parole de Dieu est en même temps exclusive et inclusive : elle inclut tout ce qui est commandé et elle exclut tout ce qui ne l’est pas.

Voyons un autre exemple : lorsque Dieu dit à Noé de construire l’arche, il lui dit de la construire en bois de gopher (Genèse 6.14). Dieu ne lui a pas dit : « Tu ne te serviras pas de bois de sapin, ou de chêne. » En spécifiant « bois de gopher », toutes autres espèces de bois étaient automatiquement exclues, sans que Dieu fût tenu à les citer par leur nom.

Le même principe doit s’appliquer aux instruments de musique. Il y a deux sortes de musique : la musique vocale et la musique instrumentale.

Le Seigneur ayant spécifié la musique vocale, il n’était pas nécessaire de défendre explicitement tout autre genre de musique. Le commandement de chanter précise ce que Dieu veut et exclut la musique instrumentale tout comme dans la Sainte Cène, l’ordre spécifiant le pain et le fruit de la vigne élimine tout autre aliment de la table du Seigneur. La substitution ou l’addition de lait, de viande, de pommes de terre, d’eau, etc., serait une désobéissance à l’ordre. Puisque nous admettons tous que Dieu exclut d’une manière positive et définitive tout autre aliment de cette partie du culte sans l’interdire explicitement, pourquoi ne pas faire application du même principe en ce qui concerne la musique instrumentale dans le culte ? Le commandement positif et explicite de chanter est une exclusion de tout autre genre de musique.

2. On peut nous objecter que « le Nouveau Testament nous exhorte à adorer Dieu par des Psaumes, et le 150e, parmi d’autres, recommandant qu’on l’adore avec toutes sortes d’instruments ; nous pouvons donc le faire. »

Cette objection contre notre thèse perd sa force lorsque l’on considère à nouveau les textes des Écritures précités. En effet, il ne faut pas perdre de vue que les Psaumes issus de l’Ancien Testament recommandent aussi aux adorateurs d’autres actes de culte tels que les holocaustes (Psaumes 66.13-15), actes qui ont été abolis.

En effet, les Psaumes et de telles prescriptions font partie de l’Ancienne Alliance, qui fut remplacée par la Nouvelle (Hébreux 8.7).

L’usage recommandé par le Nouveau Testament pour les Psaumes nous autorise à les chanter ou à les réciter, mais n’autorise pas l’emploi d’instruments de musique.

3. « Il est loisible d’avoir des instruments de musique chez soi ; pourquoi donc ne pas les avoir dans l’Église ? »

Chez soi, tout ce qui est moralement juste est permis, mais dans l’Église rien n’est permis qui ne soit autorisé par le Nouveau Testament. Ce qui est moralement acceptable chez soi n’est pas nécessairement permis dans le culte. Par exemple, il est moralement permis de se laver les mains avant le repas, mais ce ne sera pas là un acte de culte.

4. « Il n’y a pas de différence entre l’emploi d’instruments de musique, et l’emploi d’un baptistère ou d’un recueil de cantiques ; ils sont l’un et l’autre tout simplement des aides dans le service de Dieu. »

Il est vrai qu’un baptistère et un recueil de cantiques sont des aides, mais l’instrument de musique est une addition. L’acte accompli dans un baptistère est l’acte ordonné par Dieu tandis que l’acte exécuté quand on joue d’un instrument de musique est un acte que Dieu n’a pas ordonné. Se servir d’un livre de cantiques en chantant constitue un acte que Dieu a ordonné (ni plus ni moins), mais chanter n’est pas jouer : ce sont deux actes bien différents. Chacun peut exister sans l’autre. Dieu a ordonné l’un dans le culte mais pas l’autre.

Des instruments dans l’Église

Il n’y a pas eu d’instruments de musique dans le culte chrétien pendant plus de 600 ans après la mort du Christ – 600 ans après l’établissement de l’Église du Seigneur. Citons L’American Encyclopedia : « Le Pape Vitalien a, pour la première fois, introduit les orgues dans quelques églises d’Europe occidentale vers l’an 670. Mais le plus ancien rapport digne de confiance est celui d’un orgue envoyé comme cadeau par l’empereur grec Constantin Copronymu, à Pépin, roi des Francs, en 755 » (Tome XII, page 688).

Citons aussi la Schaff-Herzog Encyclopedia : « Dans l’Église grecque l’orgue n’est jamais entré en usage. Mais après le 8e siècle il est devenu de plus en plus courant dans l’Église latine : pas toutefois, sans opposition du côté des moines… » (Tome 3, page 702). L’Église orthodoxe, quoique ne suivant pas les ordonnances bibliques en bien des points, a conservé néanmoins l’exemple biblique dans le baptême par immersion et dans la musique a capella, c’est-à-dire sans instrument.

Le fait d’exclure les instruments de musique dans leur culte n’est pas une « idée fixe » suivie uniquement par les Églises du Christ. C’est plutôt un point de conviction commun à plusieurs chefs religieux des plus éminents et érudits. Écoutons ce que quelques-uns d’entre eux disent à ce sujet.

Martin Luther rejeta l’emploi de l’orgue en disant : « L’orgue dans le culte à Dieu est un insigne de Baal. »

Jean Calvin disait de l’orgue dans le culte : « Les instruments de musique pour célébrer les louanges de Dieu ne sont pas plus appropriés que de brûler de l’encens, d’allumer des lampes ou de restaurer les autres ombres de la loi. Les hommes qui aiment la pompe extérieure peuvent se réjouir dans ce bruit mais la simplicité que Dieu nous recommande par les apôtres lui est de beaucoup plus agréable… La voix humaine… surpasse assurément tous les instruments de musique » (Dans son commentaire du 23e Psaume).

John Wesley dit : « Je n’ai point d’objection contre les instruments de musique dans nos églises, pourvu qu’ils ne soient ni vus, ni entendus » (Adam Clarke’s Commentary, Tome 4, page 684).

Adam Clarke est compté parmi les plus éminents commentateurs bibliques au monde. Il fut contemporain de John Wesley. Concernant les orgues dans le culte, il dit : « Je suis un vieil homme et un vieux prédicateur : et je déclare que je n’ai jamais pu constater qu’ils aient été producteurs d’un bien quelconque dans l’adoration de Dieu : et j’ai des raisons de croire qu’ils ont été producteurs de beaucoup de mal. La musique en tant que science, je l’estime et l’admire, mais les instruments de musique dans la maison de Dieu je les ai en abomination et je les déteste ; c’est l’abus de la musique et je joins ma protestation contre toutes corruptions pareilles dans le culte de l’Auteur du Christianisme » (Adam Clarke’s Commentary, page 684).

Ce qu’ont pensé ces hommes ne prouve pas qu’on ne doit pas se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien : seul l’enseignement du Christ et de ses apôtres peut établir cette interdiction. Mais ces hommes sont cités pour démontrer que de tels instruments dans le culte ont été rejetés par beaucoup parmi les plus grands chefs religieux.

Résumons donc en disant au sujet de la musique instrumentale que ni le Christ, ni le Saint-Esprit, ni les apôtres ne l’ont jamais autorisée. Aucune assemblée apostolique ne l’a employée. Prenant le Nouveau Testament comme notre seule règle de foi et de pratique en matière du culte chrétien, et voulant demeurer dans l’enseignement apostolique, nous nous voyons dans l’obligation absolue d’exclure les instruments de musique de notre culte.
Auteur inconnu

(Vol. 4, No. 4