Gardez-vous de l’hypocrisie

À quoi pensez-vous quand vous entendez le mot « hypocrisie » ?

  • À l’escroc immoral et criminel qui se sert sciemment d’une apparence de piété pour gagner la confiance des autres et les exploiter, comme le Tartuffe de Molière ? Au prêtre qui commet des abus sexuels contre de jeunes garçons ou le pasteur qui séduit des femmes dans son assemblée ?
  • À l’homme politique qui prétend aimer et servir le peuple, alors qu’il vide les caisses de l’État pour se remplir les poches et enrichir ses amis ?
  • Au mari adultère qui se permet de tromper sa femme mais, entre dans une colère noire s’il apprend qu’elle a parlé à un autre homme ?
  • Aux membres d’une famille qui voient les souffrances d’un parent malade sans faire aucun geste pour le faire soigner ou soulager ses douleurs, sous prétexte qu’« il n’y a pas d’argent », mais qui sortent de grosses sommes lors des funérailles pour faire croire au monde qu’ils aimaient le défunt ?
  • Au chrétien qui condamne les péchés dans la société alors qu’il fait les mêmes choses ?

Nous savons que Jésus a souvent condamné l’hypocrisie, surtout des chefs religieux de son temps. Combien de fois Jésus a-t-il proclamé : « Malheur à vous, scribes et pharisiens, hypocrites ! » ? Tandis qu’il était appelé l’ami des pécheurs, des péagers et des prostituées, à qui il offrait le pardon quand ils se repentaient (Matt. 21.31,32 ; Luc 19.1-10), Jésus était particulièrement sévère à l’égard des hypocrites. Il dit clairement qu’au dernier jour ils seront condamnés. En parlant d’un serviteur méchant, Jésus dit : « Le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matt. 24.50,51). Nous ne voulons donc ni tolérer l’hypocrisie en nous-mêmes ni l’approuver chez les autres. Nous avons intérêt à écouter Jésus lui-même pour nous dire exactement ce que c’est que l’hypocrisie.

Les traits de l’hypocrite, selon Jésus

Quand l’hypocrite fait le bien, c’est généralement pour recevoir l’approbation des hommes. Jésus nous dit :

« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes… Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes… Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. » (Matt. 6.1,2,5,16)

L’hypocrite aime les titres d’honneur et le respect des hommes. « Ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi » (Matt. 23.6,7). Si vous suivez Jésus parce que les hommes vous honorent, si vous servez comme enseignant ou dirigeant religieux parce qu’on vous met sur un piédestal, c’est de l’hypocrisie.

L’hypocrite se préoccupe plus des traditions humaines que des commandements de Dieu.

« Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » (Matt. 15.6-9)

Voilà pourquoi il est très important de ne pas confondre les commandements d’hommes et les commandements de Dieu. Il faut toujours se poser la question : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné l’autorité de les faire ? » (Marc 11.28). Si nous pratiquons notre religion pour plaire à Dieu, nous ferons bien ce qu’enseigne sa Parole.

L’hypocrite observe les aspects extérieurs de la justice comme il se doit, mais il néglige le cœur, l’homme intérieur, que les hommes ne voient pas.

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Matt. 23.27,28)

Jésus a souvent insisté sur l’importance de veiller sur son cœur. Il dit, par exemple :

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » (Matt. 5.27,28)

Proverbes 4.23 nous conseille : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »

Jésus ajoute :

« Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.21-23)

Pour éviter l’hypocrisie, rien n’est plus important que de veiller sur son cœur.

Les paroles et les actions de l’hypocrite ne s’accordent pas. Jésus donna ce conseil à l’égard des scribes et des pharisiens : « Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas » (Matt. 23.3). Nous devrions tous reconnaître avoir été coupables de cette faute, mais un péché n’est pas moins coupable parce qu’on est nombreux à le commettre.

L’apôtre Paul met en garde concernant « l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque du fer rouge dans leur propre conscience » (1 Tim. 4.2), et Pierre parle de faux docteurs qui, par amour de l’argent, « vous exploiteront au moyen de paroles trompeuses » (2 Pi. 2.3). Remarquez, pourtant, que l’hypocrisie ne se rapporte pas exclusivement à la personne qui prétend être pieuse alors qu’elle ne s’intéresse pas du tout à Dieu et à sa volonté. Il s’agit parfois d’actions qui ne s’accordent pas avec les principes auxquels on adhère. L’apôtre Paul accusa Pierre et Barnabas d’hypocrisie en Galates 2.11-16, non parce qu’ils faisaient semblant d’être ce qu’ils n’étaient pas. Paul s’opposait plutôt à leur refus de manger avec les chrétiens non-juifs, parce qu’ils étaient infidèles à leur propre croyance que les chrétiens d’origine païenne étaient acceptés par Dieu au même titre que ceux d’origine juive.

L’hypocrite voit très bien les défauts des autres, mais il minimise ses propres péchés. Jésus demande :

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Matt. 7.3-5)

Il est ironique que ceux qui accusent les autres de l’hypocrisie ne voient souvent pas qu’ils sont coupables de la même faute.

Il semble que l’hypocrisie, en effet, comme l’orgueil, est un péché dont le coupable peut être inconscient. Il ne s’agit souvent pas de jouer consciemment un rôle théâtral, de faire semblant d’être ce qu’on n’est pas. Craig M. Watts (www.preaching.com) a fait l’observation que, dans bien des cas, les hommes ne sont pas ce qu’ils prétendent être, non parce qu’ils essaient de tromper autrui, mais parce qu’ils se trompent eux-mêmes. Ils prétendent être une certaine sorte de personne parce que c’est ainsi qu’ils s’imaginent. Ce n’est pas chez eux une question de sincérité, mais de la perception de soi-même. Un superviseur dira, par exemple : « Je suis la sorte de personne qui attend beaucoup de la part des autres, parce que je suis très exigent envers moi-même », alors que les autres employés savent tous qu’il est paresseux et s’absente du travail plus que tous ceux qu’il supervise. Parfois cette sorte d’aveuglement est simplement amusant, mais il peut être dangereux et tragique. Quand nous nous accrochons à de fausses perceptions de nous-mêmes, nous nous privons de la possibilité de nous repentir et recevoir le pardon, de nous corriger et de grandir spirituellement.

La Bible nous dit donc à maintes reprises : Ne vous trompez pas. L’apôtre Jean nous avertit : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, H, et la vérité n’est point en nous » (1 Jean 1.8). Voilà pourquoi tout chrétien a besoin de s’examiner régulièrement et humblement. Peut-être que nous nous séduisons. Il est possible que nous soyons aveugles à notre propre hypocrisie.

Enfin, bien que l’hypocrisie soit un problème universel, comme les exemples dans l’introduction de cet article l’ont suggéré, c’est un danger particulier pour les gens religieux, et surtout les chefs religieux. Ils se soucient peut-être plus les autres de ce que l’on pense d’eux. Ce n’est pas que les gens s’engagent généralement dans une vie religieuse avec l’intention de tromper les autres. Au départ ils se soucient beaucoup de ne pas salir le nom de Christ ou de son Église, mais leur pensée se corrompt en quelque sorte, et à la fin c’est leur propre honneur qui leur importe. Ils finissent par fixer leur attention sur ce que les hommes voient, et ils essaient de cacher leurs péchés. Jésus dit donc à ses disciples : « Avant tout, gardez-vous de… l’hypocrisie » (Luc 12.1).

Des remèdes à l’hypocrisie

Il est important de demander à Dieu de nous aider avec le problème de l’hypocrisie. David a prié : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité » (Psaume 139.23,24). Dieu peut nous aider à voir s’il y a un conflit entre nos croyances et ce que nous faisons ou ce que nous sommes. Mais sachons que la discipline de Dieu risque d’être douloureuse. La Bible dit :

« Nos pères nous corrigeaient pour peu de temps, comme ils le jugeaient bon. Mais Dieu nous corrige pour notre bien, afin que nous ayons part à sa sainteté. Quand nous sommes corrigés, il nous semble au moment même que c’est là une cause de tristesse et non de joie. Mais plus tard, ceux qui ont reçu une telle formation bénéficient de l’effet qu’elle produit : la paix associée à une vie juste. » (Hébreux 12.10,11, FC)

On se demande parfois pourquoi Dieu permet que son peuple soit persécuté. Le célèbre prédicateur anglais, Charles Spurgeon, dit que l’on peut cesser de prêcher contre l’hypocrisie quand la persécution bat son plein et que les chrétiens risquent la torture et la mort. En effet, peu d’hommes seront hypocrites dans ces conditions, car ceux qui font semblant n’acceptent pas de supporter la souffrance, la douleur et la mort. Nous ne souhaitons pas l’épreuve, mais quand elle vient dans notre vie, elle peut, nous dit l’apôtre Pierre, purifier notre foi. Dieu peut considérer qu’il faut que « vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable – qui cependant est éprouvé par le feu – ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1.6,7).

Mais les paroles de Jésus en Matthieu 6 suggèrent un autre remède, qui est valable même en l’absence de persécution. Quand il dit de ne pas pratiquer notre justice devant les hommes pour en être vus, il ajoute chaque fois : « Ton Père céleste, qui voit dans le secret, te le rendra quand tu fais l’aumône en secret… Ton Père céleste te le rendra quand tu fais tes prières en secret… Ton Père céleste te le rendra quand tu ne fais pas savoir aux autres que tu jeûnes » (Matt. 6.4,6,18).

Comment faire pour nous débarrasser de l’hypocrisie ? Rappelons-nous toujours que Dieu voit tous nos actes, entend toutes nos paroles et connaît même toutes nos pensées. Je ne peux pas user de tromperie quand je suis conscient du fait que Dieu me regarde.

Pour finir, il semble logique que confesser nos péchés – et le faire de manière assez spécifique – nous aidera à ne pas tomber dans l’hypocrisie. Soyons honnêtes avec Dieu (1 Jean 1.9), et efforçons-nous d’être transparents, surtout avec nos frères et sœurs en Christ (Jacques 5.16).

B.B.


Voir aussi L’hypocrisie dans l’Église trouble-t-elle votre foi ?

L’hypocrisie dans l’Église trouble-t-elle votre foi ?

Avant de suggérer des raisons pour lesquelles il ne faut pas abandonner sa foi ou s’éloigner de l’Église à cause de l’hypocrisie des autres, remarquons que c’est parfois à tort qu’on accuse des gens d’être hypocrites.

La faiblesse n’est pas l’hypocrisie. Il est vrai que les chrétiens n’arrivent pas à suivre parfaitement l’enseignement de leur Maître. Cela ne fait pas d’eux des hypocrites. L’Église est composée d’hommes et de femmes qui sont forcément faillibles et pécheurs. Comme tout être humain ils ont des défauts. La vie chrétienne est un processus, une affaire de croissance spirituelle. On lutte pour la perfection, mais on ne l’atteint que dans l’éternité.

Chanter des cantiques qui expriment un amour profond pour Dieu, la volonté de souffrir pour le nom de Christ, le désir de prier sans cesse et le plaisir de servir les malheureux ou de porter l’Évangile aux gens perdus n’est pas de l’hypocrisie simplement parce qu’on n’éprouve pas tellement ces sentiments. Les chants ne décrivent pas toujours ; parfois ils prescrivent. Ils nous rappellent ce que nous devrions être ; ils présentent un état vers lequel nous devrions tendre.

Faire le bien, parler avec bonté, adorer ou servir quand nous n’en avons pas envie n’est pas de l’hypocrisie. Nous avons une tendance naturelle à être égoïstes et orgueilleux et à dire des choses qui blessent. Les actions qui reflètent l’amour de Dieu ne viennent pas facilement. Mais quand nous nous efforçons de faire ce que nous devrions faire, quand nous agissons comme si nous étions meilleurs que ce que nous sommes, notre caractère intérieur s’améliore avec le temps, et ce qui nous semblait artificiel devient, avec la pratique, une seconde nature. Ce n’est pas que nous essayons de tromper les autres ; nous essayons plutôt de nous former moralement et d’être les imitateurs du Père céleste (Matt. 5.43-48).

Y a-t-il de l’hypocrisie dans les Églises ? Oui, bien sûr. Il y a des gens qui font semblant d’être justes et ne font pas de vrais efforts pour faire la volonté de Dieu. Cela ne devrait pas vous surprendre. Si une « mauvaise personne » veut que les autres la prennent pour quelqu’un de bien, il est très probable qu’elle participe aux services religieux. Même parmi les apôtres il y avait un hypocrite – il s’appelait Judas Iscariot (Jean 12.3-6). D’ailleurs, il existe des contrefaçons de presque tout ce qui a de la valeur. La foi en Christ est donc apparemment quelque chose de bien, puisque tant de personnes veulent faire croire aux autres qu’elles la possèdent.

La présence de vrais hypocrites au milieu des chrétiens est malheureuse, mais elle ne devrait pas troubler démesurément, comme si cette réalité enlevait à la foi chrétienne toute sa valeur ou démontrait qu’elle était fausse. (Au contraire, une accusation d’hypocrisie suppose forcément une règle de bien et de mal que quelqu’un aurait violée. La réalité de cette règle morale soutient l’existence d’un Dieu moral qui a créé des êtres moraux et a établi la loi morale.) Une étude a révélé qu’environ 38 % des médecins aux États-Unis sont en surpoids, malgré les conseils qu’ils donnent aux patients de combattre l’obésité, qui nuit à la santé. En Italie, en France et au Japon, un médecin sur quatre fume des cigarettes. Le fait que ces médecins « hypocrites » n’arrivent pas à suivre leurs propres conseils n’enlève rien à la valeur d’éviter l’obésité et le tabac.

Il y a des « hypocrites » en d’autres domaines de la vie, n’est-ce pas, sans que leur présence empêche ceux qui sont sincères de poursuivre ce qui les intéresse profondément. Par exemple, il y a souvent des spectateurs à des événements sportifs ou artistiques qui ne regardent guère le match et n’écoutent guère la musique. Ils sont là pour rencontrer des amis ou se faire des relations. Les vrais supporters ne se découragent pas pour cela de soutenir leur équipe préférée, et les vrais mélomanes ne cessent pas de se rendre aux spectacles qu’ils aiment. Pourquoi, alors, le croyant sincère se priverait-il d’adorer son Dieu ou d’écouter la Sainte Parole en disant que d’autres viennent à l’Église pour des raisons indignes ? Si vous vous éloignez de l’Église sous prétexte que vous n’aimez pas la compagnie des hypocrites, n’oubliez pas qu’ils seront en enfer (Matt. 23.33). Mais vous aussi, vous serez coupable d’avoir rejeté le plan de Dieu. (Voir Vol. 13, No. 6, « CHRIST, OUI ! L’Église, Non ? ».) Si vous servez Dieu dans la sincérité et la fidélité à sa Parole, vous n’aurez à supporter des hypocrites que pendant cette vie.

B.B.


Voir aussi Gardez-vous de l’hypocrisie

Ce que Dieu a déclaré pur

Un musulman m’a demandé récemment pourquoi certains chrétiens mangent du porc. Il voulait savoir si Jésus avait autorisé cela.

Règles alimentaires et la religion

En fait, les questions du manger ont toujours été d’actualité un peu partout au monde, et les différentes religions ont leurs règles ou leurs principes à cet égard.

Bon nombre d’hindous, de bouddhistes et de sikhs pratiquent le végétarisme. Le régime ital des rastafariens, lui aussi, recommande l’abstinence de tout aliment d’origine animale.

Le véganisme (appelé également le végétalisme intégral) est une « philosophie et mode de vie qui tend à exclure, autant qu’il est possible, toutes formes d’exploitation et de cruauté faites aux animaux afin de se nourrir, se vêtir ou dans n’importe quel autre but » (wikipedia.fr). Bien que dans la population de l’état moderne d’Israël on trouve le pourcentage le plus élevé au monde qui pratique le véganisme, un tel système n’est pas imposé dans la religion juive. Dieu a bien interdit aux Israélites plusieurs sortes de viande, mais il n’a jamais ordonné au peuple de pratiquer le végétarisme.

En fait, l’Éternel imposa un grand nombre de restrictions alimentaires aux Juifs (Lévitique 11, Deutéronome 14.3-21). Parmi les animaux terrestres, ils ne devaient manger que ceux qui ont le pied fourchu et qui ruminent (par exemple, le bœuf, la brebis, la chèvre, le cerf, la gazelle, la girafe, etc.). Défendus étaient le chameau, le lièvre, et le porc (Lév. 11.1-8). Parmi les animaux marins, les Israélites ne devaient manger que ceux qui avaient des nageoires et des écailles (Lév. 11.9-12). La liste d’oiseaux impurs est assez longue et comporte pratiquement tous les oiseaux de proie (Lév. 11.13-19). Les insectes ayant des ailes et des pattes étaient impurs, sauf ceux qui sautent, comme la sauterelle et le criquet (Lév. 11.20-25).

Les règles semblent assez compliquées chez les musulmans aussi.

« En règle générale, la nourriture licite est dite “halal”. La viande est halal s’il s’agit d’animaux autorisés et abattus rituellement en prononçant la formule : “Au Nom de Dieu, Dieu est Le plus Grand” Bismilah, allaho akbar, en dirigeant l’animal vers la Mecque. Toutefois, le Coran, dans la sourate 5, Al Maïda, La Table servie, au verset 3 énumère des aliments dits “haram” ou illicites : Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah.

L’on y ajoute les dérivés du sang (boudin…), la graisse de porc, les animaux nécrophages, l’âne domestique, les félidés, le mulet, l’aigle, l’éléphant, le singe, les oiseaux carnassiers et en général tout omnivore. » (islamfrance.com)

Quant à ceux qui se réclament du nom chrétien, plusieurs groupes, y compris les adventistes, les harristes, les chrétiens célestes, les mormons, les orthodoxes éthiopiens et d’autres, recommandent de s’abstenir de certains aliments (porc, oiseaux blancs ou même la viande en général) afin de plaire à Dieu. Certains se basent sur les mêmes passages de l’Ancien Testament que nous avons évoqués plus haut en parlant des Juifs.

La majorité de ceux qui croient en Jésus, par contre, se considèrent libres de manger de tout. Mais qu’en dit la Bible ? C’est elle qui doit avoir le dernier mot.

Lors de la création, Dieu dit à l’homme et la femme : « Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture » (Genèse 1.29). En revanche, après le déluge Dieu modifia ses instructions à cet égard. Il dit à Noé et ses descendants : « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (Gen. 9.3,4). Ce principe devait s’appliquer évidemment à toute l’humanité.

La loi mosaïque et les aliments impurs

Des siècles plus tard Dieu fit une alliance avec un peuple particulier, les enfants d’Israël. Ce peuple devait désormais appartenir à Dieu d’une manière spéciale et jouer un rôle très important dans son plan pour les hommes. Dans un monde porté vers l’idolâtrie, Israël devait rester fidèle au seul vrai Dieu et être ainsi une sorte de lumière aux nations. Et de ce peuple sortirait un jour la véritable lumière du monde, le Messie, Jésus-Christ.

Dieu donna donc aux Israélites un ensemble de commandements que nous appelons la loi de Moïse. Cette loi avait plusieurs fonctions : entre autres, elle donnait aux Israélites une idée plus correcte de la vraie justice ; elle faisait ressentir la distance qui sépare le Dieu saint et l’homme pécheur et donc le besoin d’un sauveur ; elle aidait le peuple d’Israël à conserver son identité unique parmi les nations jusqu’à l’arrivée du Sauveur de tous les hommes. Les lois alimentaires semblent avoir joué un rôle dans cela, et les Juifs reconnaissent que leurs pratiques alimentaires les aident dans ce sens jusqu’à ce jour. Dieu semble associer ces règlements au fait qu’Israël devait rester à part : « Vous observerez la distinction entre les animaux purs et impurs… que je vous ai appris à distinguer comme impurs. Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples afin que vous soyez à moi » (Lévitique 20.25,26). Malgré de multiples fois où Israël s’est détourné de Dieu, il était toujours, lorsque Jésus est venu, un peuple distinct et qui était en gros très zélé pour la loi que Dieu avait donnée.

Une bonne partie de la loi mosaïque concernait la pureté, mais une pureté que nous appelons souvent cérémonielle. Certains aliments, certaines conditions corporelles, le contact avec des cadavres, etc., rendaient des personnes impures devant Dieu. Parfois la condition impure passait après un certain délai, mais souvent un sacrifice ou une cérémonie était nécessaire pour que la personne soit purifiée.

Se trouver dans un état d’impureté, bien que ce soit lié à l’idée du péché, n’était pas toujours un péché. Certaines souillures ne pouvaient même pas être évitées, telles que les règles d’une femme ou son accouchement. Tandis que le péché vient du fait de céder à la tentation (Jacques 1.14,15), cela n’était pas toujours le cas de l’impureté traitée dans la loi de Moïse. Néanmoins, on devait éviter le plus possible de se trouver dans une condition souillée.

Certaines lois de Dieu sont liées à sa nature même ou la nature du monde tel qu’il l’a créé. Par exemple, Dieu ne peut pas mentir (Tite 1.2), et il ne tolère pas le mensonge chez les hommes. Il a créé l’homme à son image, et il exige que la vie humaine soit respectée. D’autres lois auraient pu être différentes. Cela se verra dans la suite de cette étude dans le fait qu’elles ne sont plus en vigueur.

Il a été suggéré que les lois sur l’impureté se rapportent aux principes de santé et d’hygiène. La lèpre est contagieuse, les cadavres et les excréments peuvent répandre la maladie, la viande de porc qui n’est pas bien cuite peut transmettre des parasites, et ainsi de suite. Dieu, pourtant, n’a pas précisé les raisons pour lesquelles il déclarait impure telle ou telle chose. Il n’a pas jugé nécessaire de dire aux Israélites les raisons pour certains commandements. Il leur demandait tout simplement d’obéir. [Et il faut remarquer qu’il y avait de nombreux commandements dans cette loi qui ne concernaient pas les non-Israélites, y compris les règlements alimentaires. Par exemple : « Vous ne mangerez d’aucune bête morte ; tu la donneras à l’étranger qui sera dans tes portes, afin qu’il la mange, ou tu la vendras à un étranger ; car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 14.21).]

Une nouvelle alliance

Déjà dans l’Ancien Testament Dieu a fait comprendre que l’alliance faite avec Israël au mont Sinaï serait remplacée par une nouvelle alliance (Jérémie 31.31,32). Quand Jésus est venu, il a signalé que la distinction entre les Juifs et les non-Juifs était sur le point de disparaître. « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10.16). Il dit à la femme samaritaine qu’il ne serait plus nécessaire d’adorer à Jérusalem, comme la loi juive ordonnait : « Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande » (Jean 4.21,23). Il ordonna à ses apôtres de « faire de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28.19). Et il a indiqué clairement que les restrictions alimentaires qui distinguaient les Juifs des non-Juifs s’en allaient :

« Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller ? Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis s’en va dans les lieux secrets. Il déclarait ainsi tous les aliments purs. Il dit encore : Ce qui sort de l’homme, c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.18b-23)

Il y a bien des principes moraux qui figuraient dans la loi de Moïse et qui sont incorporés dans la nouvelle alliance sous laquelle vit le chrétien aujourd’hui, mais la distinction entre aliments purs et impurs ne fait pas partie de la moralité que Dieu cherche en tous les hommes. Hébreux 9.10 nous dit que les lois sur les aliments « étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réforme ».

Il n’est pas facile de changer

Les Juifs avaient respecté ces lois alimentaires depuis fort longtemps, et ils ont eu du mal à accepter que la distinction entre l’aliment pur et l’aliment impur n’existait plus. Même l’apôtre Pierre n’avait pas changé sa façon de manger plusieurs années après l’établissement de l’Église. Actes 10 décrit une vision qu’il a eue :

« Il eut faim, et il voulut manger. Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et un objet semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s’abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, tue et mange. Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur. Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » (Actes 10.10-15)

Pierre n’était pas le seul chrétien juif qui était lent à comprendre sur ce point. Voilà pourquoi plusieurs épîtres du Nouveau Testament insistent sur le fait que les commandements qui traitaient divers aliments comme étant impurs avaient été enlevés en même temps que la loi mosaïque dans son ensemble. Paul dit, par exemple, en Colossiens 2 que Dieu

« … a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous [la loi de Moïse], et il l’a détruit en le clouant à la croix… Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. » (Colossiens 2.14,16,17)

Selon 1 Timothée 4.1-5, ce serait propager une doctrine des démons que d’imposer aux hommes aujourd’hui de :

« s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâce par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. » (1 Timothée 4.4,5)

Il est important de noter que même si l’apôtre Paul n’acceptait pas qu’une telle doctrine soit enseignée à l’Église, il demandait qu’on fasse preuve d’amour et de patience envers ceux qui n’étaient pas encore convaincus qu’ils avaient le droit de manger de tout. Paul qualifiait ces frères et sœurs de « faibles » : « Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli » (Romains 14.2,3). Il dit clairement que celui qui ne croyait pas pouvoir manger de tout avait tort : « Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi, et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure » (Rom. 14.14). Mais Paul reconnaît qu’une personne qui croit de cette manière, bien qu’elle ait tort, commettra un péché devant Dieu si elle viole sa conscience en mangeant ce qu’elle croit être défendu. « Celui qui a des doutes au sujet de ce qu’il mange est condamné, parce qu’il n’agit pas par conviction. Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché » (Rom. 14.23).

Une autre sorte de pureté

La question de pureté est toujours importante dans le Nouveau Testament, car Dieu est toujours saint, et il demande que son peuple soit, à cause de sa présence, pur et séparé du monde pécheur. Ainsi, Paul cite la loi (Exode 29.45) quand il écrit en 2 Corinthiens 6.16–7.1 :

« J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai… Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant votre sanctification dans la crainte de Dieu. »

Mais la pureté dont nous devons nous occuper en tant que chrétiens est plutôt du cœur, en nous gardant du péché. « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5.8).

Pour terminer, rappelons les paroles de Jésus que nous avons déjà vues :

« Rien de ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller… C’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les actes immoraux, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.18,21-23)


Deux choses à ne pas consommer

Bien que la nouvelle alliance ne qualifie aucun aliment d’« impur », il y a deux choses que le chrétien ne doit pas manger : la viande sacrifiée aux idoles et le sang.

En 1 Corinthiens 10 l’apôtre Paul répond à trois questions des Corinthiens concernant la viande sacrifiée :

  1. Peut-on s’asseoir dans un temple païen et manger de cette viande, sachant intérieurement que l’idole n’est rien et se disant qu’on ne l’adore pas ?
  2. Peut-on acheter au marché de la viande qui a été sacrifiée à un dieu païen ?
  3. Peut-on manger chez un païen ne sachant pas si la viande qu’il sert a été offerte en sacrifice ?

Pour la première question, Paul explique aux versets 14-22 que participer à un festin en honneur d’une idole, quelle que soit son intention personnelle, est un acte d’adoration qui met le participant en communion avec l’idole. Ce serait manger à la table des démons et provoquer la jalousie du Seigneur. La réponse est non.

Pour la deuxième question, Paul répond aux versets 25 et 26 que l’on pouvait manger de tout ce qui était vendu au marché, mais que l’on ne devait pas poser des questions pour savoir si la viande avait été sacrifiée. En ajoutant : « Car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme », il veut dire que la viande n’appartenait pas réellement à l’idole, même si elle lui avait été consacrée. Dieu est le propriétaire de toutes choses, et les actions des hommes ne peuvent rien changer à cette vérité. La viande n’était pas souillée en elle-même.

Pour la troisième question, Paul dit aux versets 27 et 28 que nous pouvons manger ce qu’on nous sert chez un païen, mais que si quelqu’un nous informe que la viande a été sacrifiée, nous ne devons pas en manger.

La conclusion est que le chrétien doit s’abstenir totalement de tout ce qui est identifié comme ayant été sacrifié à une idole, mais manger d’un sacrifice sans le savoir ne souille pas.

Le livre de l’Apocalypse appuie la conclusion qu’on ne doit jamais manger sciemment de ces choses. Après avoir reproché à l’Église de Pergame d’avoir toléré des gens comme Balaam, qui « enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (Apocalypse 2.14), Jésus condamne l’Église de Thyatire pour une faute semblable. Le Seigneur dit :

« Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. » (Apoc. 2.20)

Pour ce qui est du sang, on remarque qu’il fut interdit avant la loi de Moïse (l’ère patriarcale), sous la loi de Moïse et sous la nouvelle alliance. Quand Dieu autorisa la consommation de viande au temps de Noé, il dit : « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (Gen. 9.3,4). Sous la loi que Dieu donna aux Israélites, ce commandement s’appliquait aux étrangers aussi bien qu’aux Israélites :

« Si un homme de la maison d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux mange du sang d’une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes. » (Lévitique 17.10,11)

Soulignons que le sang n’est pas dans la catégorie d’aliments impurs. Il n’était pas interdit d’en manger parce que le sang serait impur, mais parce qu’il était consacré par Dieu pour un usage spécial – pour expier les péchés. Ce n’était pas seulement le sang des animaux que l’on pouvait sacrifier qu’il ne fallait pas manger – le sang de n’importe quel animal ou oiseau était défendu (Lév. 17.13,14). Même si nous ne faisons pas de sacrifice d’animaux en tant que chrétiens, le principe reste toujours. Après l’établissement de l’Église, la défense de manger du sang devait être maintenue. En Actes 15 les apôtres et prophètes réunis à Jérusalem ont communiqué ce principe aux nouveaux convertis parmi les païens :

« Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. » (Actes 15.28,29)

B.B.

La modestie

Cet article fut adapté d’un écrit de Rachel Baggott à l’intention des filles et femmes chrétiennes. Les hommes y trouveront des idées utiles pour leurs épouses, leurs filles et leurs sœurs, mais ils feront bien de reconnaître que le principe de la modestie s’applique aux hommes aussi bien qu’aux femmes.


J’ai entendu parler d’une femme qui portait un chemisier qui mettait trop en valeur sa poitrine et dévoilait ses seins. La mère de cette femme, afin de lui montrer sa désapprobation, lui dit en parabole : « On ne fait pas la publicité de ce qu’on ne vend pas. »

En tant que filles et femmes chrétiennes, vous ne devez pas faire la publicité de ce que vous n’avez pas à vendre. Vivez plutôt dans la pureté, et habillez-vous d’une manière décente et modeste.

Lisons deux passages clés au sujet de la modestie. La première est 1 Timothée 2.9,10 où l’apôtre Paul écrit :

« Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent des bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. »

La version Français courant de ce même passage dit :

« Je désire aussi que les femmes s’habillent d’une façon convenable, avec modestie et simplicité ; qu’elles ne s’ornent pas de coiffures compliquées, ou de bijoux d’or, ou de perles, ou de vêtements coûteux, mais d’œuvres bonnes, comme il convient à des femmes qui déclarent respecter Dieu. »

Le deuxième passage, c’est 1 Pierre 3.3,4 :

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

L’enfant de Dieu, homme ou femme, ne s’habille pas de manière à séduire ou s’attirer les regards du sexe opposé. Il faut « avoir l’extérieur qui convient à la sainteté » (Tite 2.3). Le principe de la modestie peut être violé par un habillement qui est trop coûteux, qui révèle trop ou qui est choisi parce qu’il sera vu comme bizarre ou comme un signe de rébellion à l’égard de la société.

Depuis le jardin d’Éden, les hommes et les femmes ont compris qu’ils devraient se couvrir le corps. Aujourd’hui encore c’est toujours honteux de trop dévoiler son corps en public. Une telle façon d’agir est contraire à la modestie. Ce sont les fous qui se promènent nus. Ceux qui ont du bon sens portent des habits pour se couvrir.

  • Un dimanche matin, j’assistais à un cours biblique pour les enfants à l’Église. Il y avait là une jeune femme chrétienne qui désirait enseigner ces enfants et observait donc la classe pour savoir comment s’y prendre. Elle portait une mini-jupe et était assise juste en face de moi sur un banc. Pendant tout le cours, on pouvait facilement voir le slip de cette jeune femme parce que sa jupe était beaucoup trop courte. Malheureusement après un certain temps, cette fille a quitté l’Église.
  • Il y avait une autre fille, une non-chrétienne qui venait au culte avec ses parents. Je me rappelle qu’une fois, j’étais sortie de la salle pendant le culte, et j’ai vu cette fille assise dehors sur un petit rocher. J’ai été surprise de voir que la fille avait relevé sa jupe de sorte qu’on pouvait bien voir ses jambes et ses cuisses. Quelques temps après, j’ai appris que cette fille était tombée enceinte d’un élève qu’elle connaissait.
  • Il y avait une troisième jeune femme, une chrétienne très dévouée à l’Église et appréciée de tous. Pourtant, j’ai remarqué qu’elle portait souvent des habits moulants ou des chemisiers transparents. Un jour j’ai appris que la sœur avait eu un bébé avec un non-chrétien. Je me suis demandé si c’était sa façon de s’habiller qui avait attiré cet homme. Je me suis demandé aussi si j’aurais dû lui parler de sa manière de s’habiller.

Pensez-vous qu’il existe un rapport entre ces trois cas d’infidélité au Seigneur ? Le fait de ne pas s’habiller avec modestie pouvait être ou bien un symptôme d’une attitude mondaine, ou bien ce qui a ouvert la porte à des tentations sexuelles auxquelles ces jeunes femmes n’ont pas su résister. Si vous êtes une jeune femme et qu’une sœur en Christ, peut-être une femme plus âgée, prend son courage pour vous parler de votre façon de vous habiller, écoutez-la avec respect, et ne dites pas en vous-même que l’avis de cette femme n’a pas d’importance parce qu’elle est trop âgée pour comprendre la mode actuelle. Rappelez-vous ceci : les habits ou les coiffures qui sont à la mode ne sont souvent pas modestes. Ne soyez pas esclaves de la mode. Même si « tout le monde » les porte, cela ne veut pas dire que Dieu les accepte ou que vous pouvez lui plaire en suivant ces modes.

La modestie et la décence impliquent deux idées :

1. Couvrir son corps pour ne pas éveiller la convoitise des hommes.

Matthieu 5.28 : « Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » La femme chrétienne ne doit pas provoquer le péché d’un homme par son habillement « sexy » ou indécent.

Une femme ne devrait pas s’habiller de façon séduisante (habits qui serrent trop, jupes trop courtes, excès de maquillage, etc.) tout en se disant : « Si les hommes ont des convoitises à mon égard, c’est leur problème ; ils ne devraient pas penser ainsi. J’ai le droit de porter ce que je veux. » Au contraire, la Bible enseigne une toute autre attitude. En Romains 14 Paul parle du fait que, même si le chrétien a droit de manger de toute sorte de nourriture, il doit penser à l’effet de son action sur les autres, car son frère peut penser que c’est un péché que de manger de certaines choses. Même s’il a tort, ce n’est pas la peine de le choquer ou de le tenter à violer sa conscience en mangeant en sa présence ce qu’il croit être interdit. Paul dit :

« Si tu fais de la peine à ton frère à cause d’un aliment que tu manges, tu ne te conduis plus selon l’amour. Ne va pas entraîner la perte de celui pour qui le Christ est mort, simplement à cause de ce que tu manges !… Il est bien de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. » (Romains 14.15, FC ; 14.21, LSG)

Jésus emploie des termes encore plus forts : « Quel malheur pour le monde qu’il y ait des faits qui entraînent les hommes à pécher ! Il y aura toujours de tels faits, mais malheur à l’homme qui en est la cause ! » (Matthieu 18.7). (On pourrait dire « malheur à l’homme ou à la femme », car les principes dont nous parlons, y compris la modestie, concernent les deux sexes.)

On a souvent suggéré que les hommes sont plus facilement excités que les femmes par ce qui est visuel. Ils sont un peu plus aptes que les femmes à développer une addiction à la pornographie. Voilà pourquoi on insiste particulièrement sur l’idée que les femmes devraient se couvrir pour ne pas s’attirer les regards impurs des hommes. Mais souvent, les femmes ne choisissent pas tel ou tel style pour séduire les hommes – elles cherchent plutôt à impressionner d’autres femmes. Elles ne se demandent pas ce qui peut attirer le regard des hommes – elles se demandent ce que leurs amies ou leurs voisines portent. Il s’agit de la concurrence entre femmes et de la conformité à la mode. Tout comme les hommes portent bêtement des pantalons de telle façon qu’on voie leurs sous-vêtements ou leurs fesses ou qu’ils soient obligés de constamment attraper leurs pantalons pour les soulever – non pas parce que c’est pratique ou joli à voir, mais parce qu’ils sont esclaves de la mode, de même des femmes, à cause de la mode, portent bêtement des habits qui ne les couvrent pas suffisamment quand il fait froid ; elles disent : « Le style n’a pas froid. » La version « Parole Vivante » de la Bible (une synthèse de plusieurs traductions) nous dit en Romains 12.2 :

« Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui régissent le siècle présent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez-vous plutôt entièrement transformer par le renouvellement de votre mentalité. Adoptez une attitude intérieure différente. Donnez à vos pensées une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconnaître ce qui est bon à ses yeux, ce qui lui plaît et qui vous conduit à une réelle maturité. »

2. La modestie implique aussi que l’on doit s’habiller correctement mais pas d’une façon sophistiquée, compliquée, élaborée ou très coûteuse. On ne doit pas s’habiller de manière à attirer l’attention des autres, mais plutôt d’une façon discrète et sans exagération.

Dans les magazines, on voit parfois des femmes qui portent des tresses élaborées, ou avec de l’or, des perles coûteuses et autres bijoux tissés dans les cheveux. On voit aussi des vêtements de luxe, des vêtements très chers. Nous avons déjà lu 1 Pierre 3.3,4, qui dit :

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

La version Français courant dit :

« Ne cherchez pas à vous rendre belles par des moyens extérieurs, comme la façon d’arranger vos cheveux et les bijoux d’or ou les beaux vêtements que vous pourriez porter. Mais que votre beauté soit celle de votre être intérieure, qu’elle soit la beauté impérissable d’un esprit doux et tranquille, qui est d’une grande valeur devant Dieu. »

Les choses qui embellissent l’apparence extérieure n’ont aucune valeur quand on les compare aux bonnes œuvres et aux qualités d’un esprit doux et paisible. Ce sont ces dernières qui font qu’une chrétienne plaît à Dieu. Des caractéristiques comme l’honnêteté, la gentillesse et l’amour pour Dieu sont plus importantes que la beauté ou le charme, qui sont éphémères. Dieu veut des œuvres bonnes, un cœur pur, un esprit doux et tranquille. Les choses qui viennent de notre cœur, voilà ce qui déterminera où nous passerons l’éternité.

  1. Pour réviser, rappelons-nous que Dieu nous demande de nous habiller d’une manière modeste, ce qui comporte deux idées :
  2. Couvrir notre corps pour ne pas éveiller la convoitise des hommes.

Nous habiller correctement et non pas d’une façon très coûteuse, compliquée ou qui attire l’attention.

Dieu voudrait que nous mettions l’accent sur les qualités qu’il demande de nous et sur les pensées de notre cœur plutôt que sur l’habillement et la beauté extérieure.

Rachel BAGGOTT

Que les hommes s’habillent et se coiffent comme des hommes, et que les femmes s’habillent et se coiffent comme des femmes

Quand on parle de l’habillement, il y a un autre phénomène, en plus du manque de modestie, qui est devenu assez courant, surtout dans les sociétés occidentales. Il s’agit du travestissement, qui consiste à porter les vêtements qui sont généralement associés au sexe opposé du sien.

« Le travestissement peut être effectué dans un but purement récréatif et de manière ponctuelle, mais il peut également impliquer d’adopter les comportements – y compris sexuels – associés à un genre différent de son sexe assigné à la naissance. » (Wikipedia)

Disons aussi qu’il peut s’agir de quelques détails de l’apparence mais qui ne font pas douter du sexe réel de la personne – un homme, par exemple, qui porte des effets féminins, mais qui laisse pousser en même temps sa barbe. Par contre, il peut s’agir d’un effort soigné de revêtir l’apparence du sexe opposé, jusqu’aux sous-vêtements et au maquillage.

Quelle que soit la raison ou le degré de ce comportement, la Parole de Dieu n’approuve pas l’acte du travestissement. La loi de Moïse disait clairement : « Une femme ne doit pas porter des vêtements d’homme, ni un homme des vêtements de femme. Le Seigneur votre Dieu a en horreur ceux qui agissent ainsi » (Deutéronome 22.5, FC).

Quand Dieu créa les premiers êtres humains, « il les créa homme et femme ». En plus, qu’on le veuille ou pas, Dieu a assigné à chacun de nous soit le sexe masculin soit le sexe féminin. Ce choix de Dieu est manifeste lors de notre naissance et devrait être accepté et respecté. Si l’on est né homme, on ne peut pas changer son sexe par le fait de « s’identifier comme femme », tout comme je ne serais pas un ours polaire par le fait de « m’identifier » comme tel, de déménager au pôle nord et de vivre désormais de poisson cru. Même si un homme se faisait castrer, il serait toujours, dans la réalité et selon les chromosomes dans chaque cellule de son corps, un homme plutôt qu’une femme.

Certes, tout homme qui porte des habits de femme ne se considère pas forcément comme étant une femme dans un corps d’homme. Une femme qui s’habille dans un style masculin n’est pas forcément lesbienne. Il peut s’agir d’une question de mode, d’humour ou de simple rébellion à l’égard des normes de la société. Le commandement en Deutéronome n’interdit pas le travestissement pour telle raison tout en le permettant s’il est pratiqué pour d’autres raisons. Dieu dit simplement de ne pas le faire.

Quant au Nouveau Testament, il appuie clairement le principe du respect de la distinction entre les deux sexes. Quelques-uns des Corinthiens avaient été coupables, avant leur conversion, de plusieurs péchés :

« Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les insulteurs, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. » (1 Corinthiens 6.9-11a)

Le terme « efféminés » désignait des hommes ou garçons qui se laissaient abuser homosexuellement, mais il désignait généralement, en plus, un homme mou, ou qui avait les manières d’une femme. Un homme peut être efféminé sans porter des habits de femme, mais porter des vêtements féminins est un acte efféminé.

Quelques chapitres plus tard en 1 Corinthiens se trouve une discussion qu’il nous est difficile de comprendre parfaitement, car nous ne disposons pas des détails sur une situation que l’apôtre Paul et ses destinataires connaissaient bien. Ces détails concernent le sens précis du port du voile par les femmes à l’époque. Nous pouvons néanmoins dégager de ce passage certains principes spirituels :

La distinction entre les hommes et les femmes, y compris la soumission de la femme, fait partie de l’ordre établi par Dieu lui-même. « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ » (1 Cor. 11.3).

– Au premier siècle, les différences entre l’homme de la femme étaient marquées par leur façon de se coiffer ou de se couvrir la tête. « Car si une femme n’a pas la tête couverte, qu’elle se coupe aussi les cheveux. Or, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se couvre la tête. L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme » (1 Cor. 11.6,7). Sans nous prononcer sur le besoin ou non d’une femme de se couvrir la tête par un voile de nos jours, soulignons simplement qu’il aurait été honteux pour une femme de porter les cheveux à la manière d’un homme, et il aurait été honteux pour un homme de se voiler à la manière d’une femme. Le chrétien a tort de refuser les signes extérieurs qui, dans sa culture, conviennent à son sexe.

– Paul dit qu’un sens inné de bienséance ordonne que les hommes n’aient pas les cheveux longs et que les femmes ne portent pas les cheveux à la manière des hommes. « La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter de longs cheveux, mais que c’est une gloire pour la femme d’en porter ? » (1 Cor. 11.14,15). Dans toutes les cultures, des femmes qui désirent se rendre belles prêtent une attention particulière à leur coiffure ou à la façon dont elles ornent la tête. C’est un aspect de leur féminité, et elles ne devraient pas en avoir honte. Seulement, comme nous l’avons vu, la femme chrétienne ne doit pas exagérer en se donnant des coiffures extravagantes (1 Timothée 2.9,10). L’homme qui se fait plaisir de se coiffer comme une femme ne fait pas bien. (Inutile de citer l’exemple de Jésus pour justifier les longs cheveux. Aucun témoin n’a laissé de description de son apparence physique. D’ailleurs, les artistes et les réalisateurs de films qui représentent Jésus comme ayant des cheveux longs ne tiennent pas compte de ce que nous connaissons des coiffures des hommes du premier siècle.)

Depuis environ un siècle les créateurs de la mode essaient de brouiller les frontières entre ce qui caractérise l’homme et ce qui appartient à la femme. Certes, les styles changent avec le temps, mais en tant que chrétiens, quelle que soit notre époque, nous devons choisir des façons de nous habiller et de nous coiffer qui conviennent au sexe que Dieu nous a assigné.

Une petite mise en garde : N’oublions pas que Dieu regarde toujours au cœur (1 Sam. 16.7). À ses yeux, il n’est pas vrai que l’habit fait le moine, ou le chrétien. Jésus nous dit de ne pas juger selon les apparences (Jean 7.24). On peut avoir l’extérieur irréprochable, tout en étant cruel, hypocrite, impur, et orgueilleux ; et ce n’est pas parce qu’un homme porte des cheveux très longs et un boucle d’oreille qu’il n’a pas un cœur de compassion pour son prochain ou qu’il ne prie pas Dieu dans la sincérité. Le but de cet article n’est pas de pousser les chrétiens à rejeter les autres sur la base de leur apparence ; il s’agit plutôt d’appeler chacun à s’examiner personnellement et à se poser la question : Est-ce que ma façon de m’habiller reflète ma soumission à la volonté de Dieu et mon désir de lui plaire dans tous les aspects de ma vie ?

B.B.

Avantages du chrétien

L’apôtre Paul était enchaîné. Il avait été accusé faussement. Certains de ses propres compatriotes avaient essayé de l’assassiner. D’ailleurs, partout où il allait, il rencontrait de l’opposition et même de la persécution. Il n’avait pas de demeure permanente, pas de femme, pas d’enfants, pas de salaire régulier. Il avait peut-être un problème de santé chronique (si c’est ce qu’il voulait dire par « l’écharde dans la chair » à laquelle il se réfère en 2 Corinthiens 12.7). Pourtant, cet homme dit hardiment au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces liens ! » (Actes 26.29). Quels avantages Paul possédait-il qui lui permettaient de dire une telle chose ? Quels avantages tout chrétien fidèle possède-t-il qui pourraient le motiver à persévérer dans les épreuves de la vie et même face aux persécutions, à rester joyeux quoi qu’il arrive, et à exhorter les autres à emprunter le même chemin ?

En fait, le chrétien jouit d’un grand nombre de bénédictions merveilleuses, et ces bénédictions sont exclusivement pour la personne qui suit fidèlement Jésus-Christ.

Une conscience pure/Le pardon/La paix

Nous avons tous été créés par Dieu avec un sens du bien et du mal. En parlant des hommes qui n’avaient pas eu accès aux Écritures, l’apôtre Paul affirme : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, bien qu’ils n’aient point la loi ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. » Certes, nous n’apprenons l’attitude de Dieu à l’égard de certains actes que par la révélation de sa volonté dans la Sainte Bible ; quand même, nous connaissons naturellement un grand nombre de principes moraux. Mais non seulement nous reconnaissons, parfois malgré nous, un code de conduite pré-établi que nous n’avons pas inventé et que nous ne pouvons pas ignorer, nous reconnaissons aussi ne pas agir conformément à ce code. Parfois un homme se vante de quelque chose dont il devrait avoir honte ; parfois un homme persiste tellement dans un péché que sa conscience cesse de l’accuser – la Bible parle de ceux « dont la conscience est morte, comme si on l’avait brûlée au fer rouge » (1 Tim. 4.2, FC). Mais avec de rares exceptions tous le monde éprouve parfois des sentiments de culpabilité. Une femme souffre dans son for intérieur pour avoir avorté son enfant ; un soldat a des cauchemars où il revit chaque nuit un acte de lâcheté qu’il a posé ; un père s’accuse amèrement pour avoir négligé l’éducation de ses enfants pendant qu’il courait après l’argent ; un jeune est misérable en pensant à l’occasion où il a gardé le silence au lieu de prendre la défense d’un autre enfant qu’on humiliait sans merci. Nous essayons presque toujours de nous justifier, mais nos péchés, ceux du passé comme du présent, nous privent de paix. Nos actes d’égoïsme, d’impureté sexuelle, de malhonnêteté, d’orgueil ou d’ingratitude, nos paroles cruelles, grossières ou blasphématoires, même nos pensées indignes nous remplissent de honte et de remords et créent en nous la peur du jugement. Il y a des moments où chacun est tenté de s’écrier comme l’apôtre Paul l’a fait en Romains 7.24 : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? »

Pour le chrétien cette délivrance est une réalité. Paul poursuit en s’exclamant : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! … Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rom. 7.25; 8.1). Le soulagement ne vient pas d’un effort inutile de nier nos péchés ou minimiser leur gravité. Pourquoi vouloir excuser l’inexcusable ? La justification est disponible parce que Jésus, le Fils de Dieu a payé le prix de nos péchés, il a supporté le châtiment que nous avions mérité. « Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse » (Actes 13.38,39).

Saul de Tarse était rongé de culpabilité quand il a compris qu’il avait livré à la mort des hommes et des femmes qui servaient Dieu dans la vérité. Il s’est plus tard décrit comme le premier des pécheurs. Mais la grâce et la purification furent offertes même à cet homme – « un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent ». Il lui fut dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16). Il est fort probable que Paul pensait à cette bénédiction, le seul moyen de trouver la paix véritable et la confiance face à la mort, quand il dit au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis. »

Accès au trône de Dieu

Un deuxième avantage est lié au premier. On peut avoir le sentiment que ses prières ne montent pas jusqu’à Dieu. Ce sentiment pourrait être dû au fait qu’on a beaucoup prié sans recevoir ce qu’on a demandé. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il attend le moment favorable pour nous exaucer. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il sait que la chose que nous demandons nous fera du mal que nous ne soupçonnons pas, et dans son amour il ne nous l’accorde pas. D’autres prient sans jamais se douter que Dieu n’est PAS à l’écoute de leurs prières, sans jamais se dire que, compte tenu de leur péché, ils n’ont aucun droit de prier Dieu !

Cette idée, qui peut choquer certains, est enseignée en Éphésiens 2.12,13,18, où l’apôtre s’adresse aux païens : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christcar par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. »

Une idée communiquée au moyen des cérémonies de la loi de Moïse, c’est que l’homme est souillé par ses péchés et indigne de se présenter devant le Dieu Très Saint. Ayant décrit la première partie du lieu d’adoration sous la loi mosaïque, l’auteur de l’Épître aux Hébreux parle de la seconde partie, qui symbolisait la présence de Dieu lui-même : « Dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert » (Héb. 9.7,8). Par contre, la barrière du péché est enlevé pour le chrétien : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire… approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Héb. 10.19,22).

Il est vrai que Dieu bénit souvent des hommes malgré leurs péchés. Jésus dit : « Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (Matt. 5.45). Mais tous n’ont pas le privilège de prier Dieu et de savoir qu’il est attentif à leurs paroles. Les hommes n’ont pas ce privilège s’ils ne passent pas par le « seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2.5,6), celui qui dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14.6). Jésus devient notre médiateur, notre « souverain sacrificateur » quand nous obéissons à l’Évangile.

Une famille spirituelle

Y a-t-il quelque chose de pire que la solitude, que le sentiment que vous êtes seul dans l’univers et que personne ne se soucie de vous ? On peut se trouver dans une immense ville, entouré d’hommes par millions, et pourtant pleurer sous l’effet de son isolement.

Un grand avantage du chrétien, c’est que le Seigneur l’ajoute à son peuple, son Église. Voici l’une des promesses les plus merveilleuses de Jésus : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Marc 10.29,30). Même si l’on est rejeté par sa famille biologique quand on devient chrétien, on a la promesse d’une famille plus grande. Cette famille spirituelle, c’est l’Église. Que l’on soit dans une grande assemblée de mille membres ou un petit groupe de cinq ou six personnes, on trouve de véritables frères et sœurs. Il est vrai qu’on peut se rendre dans une assemblée et se tenir à l’écart, sans s’ouvrir aux autres et se laisser aimer, mais si vous fournissez un peu d’effort, vous découvrirez l’Église est bien un corps spirituel où les membres ont soin les uns des autres, tel que Paul la décrit en 1 Corinthiens 12.26 : « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. »

L’assurance de la providence de Dieu à l’œuvre pour le bien

La vie est remplie de petits ennuis et de souffrances intenses, de déceptions, d’échecs, et d’épreuves, d’événements majeurs qui touchent le monde entier et de troubles tout à fait personnels. Face à ces choses, certaines personnes ont envie de jeter l’éponge – quelques-uns vont jusqu’à se suicider. D’autres passent leur vie dans l’amertume, la jalousie et le mécontentement éternel, car tout semble dépendre du hasard, aveugle, injuste ou cruel.

La foi du chrétien aux promesses de Dieu transforme sa perspective. Une promesse particulièrement chérie se trouve en Romains 8.28, où Paul écrit : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » Si j’aime Dieu et que je suis chrétien, quelqu’un qui a accepté son appel par l’Évangile, j’ai l’assurance que Dieu se servira de toute circonstance et tout événement dans ma vie pour en produire du bien. Que ce soit une maladie, l’échec lors d’un examen, la rupture d’avec un(e) fiancé(e), le fait de ne pas obtenir un certain emploi ou de ne pas être admis par une certaine école, la naissance d’un enfant sévèrement handicapé ou bien l’absence d’enfants dans mon foyer – quelle que soit la chose que je n’aurais jamais souhaitée, Dieu peut la changer en bien ou l’employer pour produire du bonheur, même un bonheur éternel.

La vie de Joseph (Genèse 37,39-50) nous fournit une démonstration très claire de la providence de Dieu. Ce jeune homme fut vendu par ses propres frères et devint un esclave dans un pays étranger. La femme de son maître l’accusa faussement d’avoir voulu la violer. Il fut jeté en prison. Après avoir rendu service à quelqu’un qui aurait pu agir pour le faire libérer, il fut oublié. Mais dans toutes ces situations injustes dans lesquelles Joseph n’était qu’une victime impuissante, Dieu était aux commandes. Comme Joseph dit à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux » (Gen. 50.20).

Corrie ten Boom et sa sœur Betsy furent transportées par les Allemands dans un camp de concentration pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Se trouvant dans un bâtiment construit pour abriter 400 femmes mais dans lequel plus de 1 400 femmes étaient entassées, un bâtiment puant et dégoûtant de tout point de vue et infesté de puces, les deux sœurs ont sorti la Bible que les gardes n’avaient pas trouvée parmi leurs affaires ; elles ont lu ce verset : « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thess. 5.17). Corrie se demandait bien pour quoi, au juste, elles pouvaient rendre grâces, mais Betsy a commencé : « Merci de ce qu’ils ne nous ont pas séparées. Merci de ce qu’ils n’ont pas arraché notre Bible. Merci de que les femmes sont serrées dans ce bâtiment car elles seront plus nombreuses à bénéficier de cette parole divine que nous voulons partager avec elles. Merci pour les puces et… » Corrie donnait son assentiment à cette liste de bénédictions, mais elle s’arrêta lorsque Betsy a parlé des puces. Elle dit à sa sœur que même Dieu ne pouvait pas la rendre reconnaissante pour une puce. Mais elle reconnut plus tard que Dieu utilisait même les puces pour produire du bien : à cause de l’infestation, les gardes de la prison n’entraient que très rarement et brièvement dans le bâtiment où les prisonnières dormaient, et la Bible de Corrie et Betsy n’a jamais été découverte.

Parfois nous ne voyons pas le bien que Dieu prépare : l’avantage peut être pour une autre personne ou il peut rester caché à nos yeux jusqu’à ce que cette vie soit passée. Peu importe. La promesse est toujours bonne et nos difficultés ne sont donc pas inutiles. Mais cette promesse est uniquement pour ceux qui aiment Dieu et qui sont des « appelés », c’est-à-dire des chrétiens. Quand je pense à ceux dont la frustration et la douleur ne servent à rien d’utile, je me dis, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. »

La protection des puissances des ténèbres

Une bonne partie du monde vit dans la peur continuelle des puissances sataniques – la possession démoniaque, les mauvais sorts, la sorcellerie, le pouvoir manié par les féticheurs, les houngans ou les marabouts, les phénomènes qu’on attribue aux ancêtres, aux génies ou djinn, ou à d’autres forces spirituelles. La Bible ne nie pas la réalité de Satan et de son pouvoir maléfique, mais elle nous enseigne que le chrétien ne doit pas vivre dans la crainte des esprits mauvais. En effet, Dieu « nous a délivrés de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13).

Certes, une lutte spirituelle se poursuit, et nous n’en sommes pas exemptés : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. 6.12). Mais Dieu nous fournit les armes spirituelles dont nous avons besoin (Éph. 6.13-17), et nous avons, en plus, cette assurance : « Vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4). Comme les enfants d’Israël, les chrétiens (Israël spirituel de nos jours) savent que « l’enchantement ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël » (Nom. 23.23).

L’espérance de la vie éternelle

Au temps de Job, Dieu n’avait pas encore révélé clairement ce qui attend l’homme dans l’au-delà. C’est Jésus qui « a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile » (2 Tim. 1.10). Job, dans son ignorance et son incertitude, s’exclama : « L’homme né de la femme ! Sa vie est courte, sans cesse agitée. Il naît, il est coupé comme une fleur ; il fuit et disparaît comme une ombre… Un arbre a de l’espérance : quand on le coupe, il repousse. Il produit encore des rejetons ;… Mais l’homme meurt, et il perd sa force ; l’homme expire, et où est-il ?…Si l’homme une fois mort pouvait revivre, j’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu’à ce que mon état vînt à changer » (Job 14.1,2,7,10,14). Mais le manque d’espérance ne troublait pas seulement l’homme qui voyait sa vie s’écouler dans la misère. Le roi Salomon, dans toute sa grandeur, était abattu en réfléchissant à la mort : « Le sage meurt aussi bien que l’insensé. Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. J’ai haï tout le travail que j’ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l’homme qui me succédera. Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? » (Éccl. 2.16-18).

Quel malheur d’être sans espérance ! Et pourtant, c’est bien la situation de ceux qui ne sont pas encore chrétiens. Paul rappelle aux Éphésiens le temps avant leur conversion : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éph. 2.12).

C’est Jésus qui a tout changé de telle sorte que nous ayons une grande consolation quand nous perdons des frères et sœurs en Christ (1 Thess. 4.13,18) et une grande confiance quand nous sommes face à notre propre mort. Tout chrétien fidèle pourra dire comme l’apôtre Paul : « Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Tim. 4.8). À cause de cette confiance, il pouvait avoir cette belle attitude à l’égard de la vie et de la mort : « Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair » (Phil. 1.23,24). La vie lui offrait la joie de servir Dieu et les hommes ; la mort lui offrait la joie d’être avec le Seigneur dans la gloire.

Cette espérance de la gloire nous soutient et nous donne de la paix et de la joie, quelles que soient nos circonstances dans ce monde. « Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Dans sa grande bonté, il nous a fait naître à une vie nouvelle en relevant Jésus-Christ d’entre les morts. Nous avons ainsi une espérance vivante, en attendant les biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni disparaître, ni être salis, ni perdre leur éclat. Dieu vous les réserve dans les cieux… Vous vous en réjouissez, même s’il faut que, maintenant, vous soyez attristés pour un peu de temps par toutes sortes d’épreuves. » (1 Pierre 1.3-6, FC). Quand ce « peu de temps » sera passé, nous aurons une éternité de bonheur parfait.

Conclusion

À cause de l’espérance éternelle et de tous les autres avantages que nous avons en Christ, la personne la plus méprisée sur la terre, la plus rongée de douleur et la plus pauvre peut considérer avec pitié les riches, les puissants et les beaux qui sont admirés de tous et vivent dans le luxe, mais qui n’ont ni le pardon de Dieu ni l’espoir au-delà de cette vie passagère. Ce pauvre chrétien peut dire, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. » Si vous n’avez pas encore obéi à l’Évangile de Christ, n’attendez plus. Commencez à jouir, vous aussi, des avantages du chrétien.

Heureux ceux qui sont persécutés

   Malgré des constitutions qui prétendent respecter la liberté de la religion, la persécution officielle des chrétiens existe dans de nombreux pays. Elle va au-delà de la défense de distribuer de la littérature chrétienne ou d’évangéliser. Dans certains pays, on emprisonne et torture des gens pour le fait de lire la Bible, parler de Dieu, ou croire au christianisme. Ailleurs, on interdit d’adorer en dehors d’une église ou chapelle autorisée, tout en refusant toute demande d’autorisation de construire de tels bâtiments. Dans certains pays, des groupes de miliciens auto-proclamés qui se font «justice» eux-mêmes tuent les croyants ou incendient leurs maisons, sachant que la police ne fera rien pour les en empêcher. En d’autres pays, les chrétiens ne sont pas éligibles pour remplir les postes de fonctionnaires, et on ne leur permet pas de s’inscrire dans les universités. La population des nations qui persécutent officiellement le christianisme dépasse facilement les deux milliards.

   Mais la persécution ne se limite pas aux actions de l’état. Le danger pour le chrétien vient souvent de ses voisins et des membres de sa propre famille. Le nouveau converti peut être rejeté par sa famille, ses anciens amis ou les habitants de son village; ses parents ne partagent pas leur nourriture avec lui et refusent de l’aider dans quelque problème que ce soit; il perd son héritage et se retrouve sans terre à cultiver; on se moque de lui, on ne l’embauche pas, et personne n’accepte de lui donner une femme en mariage. Et oui, les parents et les voisins vont parfois jusqu’à battre ou même tuer celui des leurs qui se prononcent pour Jésus-Christ.

Il ne faut pas s’étonner

   Tout cela n’est pas vraiment surprenant quand nous nous rappelons que l’on persécutait des hommes justes bien avant le temps de Jésus. « Ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent ça et là vêtus de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était pas digne... » (Hébreux 11.37,38). Jésus lui-même fut accusé faussement; son procès était une imposture, une mascarade. On se moqua de lui, on lui cracha au visage, on le frappa, on le fouetta cruellement, et on le cloua sur une croix pour qu’il meure lentement et dans la douleur atroce. Ainsi dit-il à ses disciples, « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous… S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15.15,17). Sa parole s’accomplit dès les premiers jours de l’Église. Déjà au chapitre 5 du livre des Actes nous lisons que les chefs des Juifs voulaient faire mourir les apôtres. Ce jour-là ils se contentèrent de les faire battre de verges et leur défendre de parler au nom de Jésus (Actes 5.40). Mais plus tard, ils tuèrent Étienne, et Saul de Tarse, un de leur nombre, se mit à « ravager l’Église; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison. » (Actes 8.3). Saul lui-même, après sa conversion au christianisme, fut plusieurs fois emprisonné et en danger de la mort. « Cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé » (2 Corinthiens 11.23-25). Il disait aux autres convertis : « C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14.23). Nous sommes prévenus.

Pourquoi ?

   Qu’est-ce qui pousse la société à maltraiter les chrétiens, surtout quand on devrait voir et apprécier le changement positif qui a lieu après leur conversion? Après tout, l’Évangile enseigne qu’il faut faire de bonnes œuvres qui glorifient Dieu, qu’il ne faut pas commettre l’adultère, mentir ou dérober, et qu’un chrétien doit être un employé honnête et diligent, un citoyen qui paie ses impôts et obéit à la loi, un enfant qui respecte et soutient ses parents âgés. Pourquoi donc les chrétiens seraient-ils mal vus? Parfois, les persécuteurs estiment que leurs intérêts sont menacés par l’Évangile. Ce fut le cas des chefs des Juifs qui livrèrent Jésus au gouverneur romain pour être crucifié (Jean 11.47-50). Ce fut aussi le cas des païens de la ville d’Éphèse qui profitaient du culte idolâtre de la déesse appelée Diane. « Un nommé Démétrius, orfèvre, fabriquait en argent des temples de Diane, et procurait à ses ouvriers un gain considérable. Il les rassembla, avec ceux du même métier, et dit : O hommes, vous savez que notre bien-être dépend de cette industrie; et vous voyez et entendez que, non seulement à Éphèse, mais dans presque toute l’Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux faits de mains d’homme ne sont pas des dieux » (Actes 19.24-26). Ils suscitèrent alors une émeute anti-chrétienne dans la ville dans un effort de faire arrêter la prédication de Paul. (Disons en passant que lorsqu’il n’y a pas d’opposition à l’Évangile, il est bien possible que les chrétiens aient été trop timides ou trop paresseux pour le proclamer. Satan ne voit pas la nécessité de soulever une persécution quand le peuple de Dieu est déjà infidèle par son inactivité, et que les non-chrétiens ne risquent pas tellement d’entendre la Bonne Nouvelle.)

   Parfois, les persécuteurs croient sincèrement, mais à tort, qu’ils servent Dieu par ce qui est, en fait, de la méchanceté. Jésus avertit ses disciples clairement: « Ils vous excluront des synagogues; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu » (Jean 16.2). C’est ce que Saul de Tarse croyait avant de se convertir et devenir l’apôtre Paul. Il dit : « Pour moi, j’avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth… J’ai jeté en prison plusieurs des saints ayant reçu ce pouvoir des principaux sacrificateurs, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres. Je les ai souvent châtiés dans toutes les synagogues, et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères » (Actes 26.9-11). Soulignons que sa sincérité n’enleva pas sa culpabilité. Il se décrivit plus tard comme ayant été en ces jours un blasphémateur, un homme violent, et le premier des pécheurs (1 Timothée 1.13-15).

   Parfois, les non-chrétiens se sentent condamnés par le bon caractère des chrétiens, ou par leur prédication de la justice que Dieu attend des hommes. Pierre écrivit à des chrétiens qui étaient insultés et maltraités. En les exhortant à continuer de vivre dans la sainteté, il leur dit : « C’est assez, en effet, d’avoir dans le temps passé accompli la volonté des païens, en marchant dans la dissolution, les convoitises, l’ivrognerie, les excès du manger et du boire, et les idolâtries criminelles. Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous précipitiez pas avec eux dans le même débordement de débauche, et ils vous calomnient. Ils rendront compte à celui qui est prêt à juger les vivants et les morts » (1 Pierre 4.3,4). Beaucoup d’hommes voient d’un mauvais œil ceux qui sont différents de la majorité. L’hostilité est encore plus forte quand ils ont l’impression que ces personnes qu’ils méprisent sont plus travailleuses, plus capables, ou plus spirituelles qu’eux. Ils ont des sentiments d’incompréhension, de jalousie et de culpabilité. « La lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3.19).

Comment faut-il réagir à la persécution ?

   La parole de Dieu nous dit alors de nous attendre à rencontrer, tôt ou tard, de la persécution. Paul dit à Timothée que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (1 Timothée 3.12). Il faut s’y attendre; mais comment faut-il agir quand la persécution arrive ?

Ne pas rendre le mal pour mal

   Jésus avait enseigné dans le sermon sur la montagne : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5.44). Il a lui-même donné l’exemple à suivre quand il a prié pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23.34). L’apôtre Paul écrit aux chrétiens à Rome : « Ne rendez à personne le mal pour le mal…S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes… Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire… Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien » (Romains 12.17-21). Comme Jésus, les apôtres étaient des modèles dans ce domaine : « injuriés, nous bénissons; persécutés, nous supportons; calomniés, nous parlons avec bonté » (1 Corinthiens 4.12,13).

   Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Il dit aux Israélites rebelles à sa volonté : « Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez» (Ézéchiel 18.31,32). Oui, un jour sa colère se manifestera, et il punira ceux qui ne se seront pas repentis. Paul dit aux chrétiens maltraités à Thessalonique : « Car il est de la justice de Dieu de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Thessaloniciens 1.6-9). Ce sera un jour où on aura raison de se réjouir de la justice de Dieu, et de dire: «Tu es juste, toi qui es, et qui étais, parce que tu as exercé ce jugement. Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes… Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu, parce que ses jugements sont véritables et justes… il a vengé le sang de ses serviteurs » (Apocalypse 16.5,6; 19.1,2). En attendant ce jour, nous devons, comme Dieu, désirer la conversion plutôt que la destruction de ceux qui sont dans l’erreur. Le serviteur de Dieu « doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté » (2 Timothée 2.25,26). Nous devons suivre l’instruction en Romains 12.19: «Ne vous vengez point vous-mêmes, bien aimés, mais laissez agir la colère [de Dieu]; car il est écrit: À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur».

   [Il est vrai qu’au cours de l’histoire, certains qui prétendaient servir Jésus-Christ ont été eux-mêmes des persécuteurs. Des soi-disant chrétiens ont même torturé leurs adversaires religieux. Ce qui est clair, c’est qu’ils ne suivaient pas la parole de Christ et de ses apôtres. Leurs actions n’étaient pas justifiées.]

Ne pas se laisser intimider

   L’un des buts des persécuteurs est de faire taire les chrétiens. Les membres de la cour suprême des Juifs « défendirent absolument de parler et d’enseigner au nom de Jésus ». Nous devons imiter le courage des apôtres face à ces menaces : « Pierre et Jean leur répondirent: Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu, car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu » (Actes 4.18-20). Quelle que soit la souffrance à supporter pour Jésus, nous ne devons pas céder à la peur. Paul exprima cette détermination en Actes 21.13: « Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir… pour le nom du Seigneur Jésus ». Il ne faut pas que la peur de la douleur, de la prison ou de la mort nous pousse à renier notre Seigneur et Sauveur. Il ne faut pas que la peur d’être humiliés nous pousse à cacher notre foi. « Mais si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à cause de ce nom » (1 Pierre 4.16). « Je n’ai point honte de l’Évangile; c’est la puissance de Dieu pour le salut » (Rom. 1.16). L’apôtre Paul se trouvait dans une prison romaine lorsqu’il exhorta le jeune évangéliste Timothée en ces termes : « N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier. Mais souffre avec moi pour l’Évangile, par la puissance de Dieu… Et c’est à cause de cela que je souffre ces choses; mais je n’en ai point honte, car je sais en qui j’ai cru. » (2 Timothée 1.8,12). N’ayons pas peur. N’ayons pas honte.

Être solidaires

   Quand l’Église est soumise à la persécution, il est important que les membres pratiquent la solidarité les uns avec les autres. Nous venons de voir que Paul demanda à Timothée de ne pas avoir honte de lui, qui était emprisonné pour le nom de Christ. Il ne fallait pas que les chrétiens, dans un esprit de « chacun pour soi » et un instinct de survie, gardent leurs distances de leurs frères en Christ. Paul dit dans la même épître: « Que le Seigneur répande sa miséricorde sur la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent consolé, et il n’a pas eu honte de mes chaînes; au contraire, lorsqu’il est venu à Rome, il m’a cherché avec beaucoup d’empressement, et il m’a trouvé » (2 Timothée 1.16). L’auteur de l’Épître aux Hébreux les exhorte à renouveler le zèle et l’esprit de solidarité qu’ils avaient démontrés auparavant: « Rappelez-vous donc les premiers temps (après votre conversion). À peine aviez-vous été éclairés de la lumière (de Dieu), que vous avez eu beaucoup à souffrir, mais vous avez tenu bon. Tantôt on vous a publiquement injuriés et tournés en dérision, vous avez eu à subir des persécutions et de mauvais traitements, tantôt vous étiez prêts à soutenir ceux qui étaient traités ainsi et vous avez pris moralement part à leurs souffrances. Oui, vous avez témoigné votre sympathie aux prisonniers et vous avez accepté avec joie d’être dépouillés de vos biens, car vous saviez que vous possédiez ailleurs des richesses plus précieuses, que nul ne pourra vous ravir » (Heb. 10.32-34, Parole vivante).

Se réjouir

   Ce dernier passage nous amène à un autre élément de la réaction qui convient au chrétien qui souffre de la persécution : la joie. De nombreux passages nous disent que nous avons droit de nous réjouir en de telles circonstances. « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous » (Matthieu 5.10-12).

   Lorsque les apôtres ont été battus de verges sur l’ordre des chefs des Juifs, ils « se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus » (Actes 5.41).

   En Actes 16, Paul et Silas furent battus illégalement et jeté en prison sans procès. Le geôlier ne les a pas seulement enfermés, il les a mis dans la prison intérieure, un endroit humide et complètement noir, où il y avait sûrement des rats, où l’on était laissé dans ses propres excréments. Il leur mit les ceps aux pieds, également -non pas une mesure de sécurité mais de torture. Les jambes étaient écartées, les pieds passés par des trous dans des blocs de bois. La personne ainsi attachée ne pouvait ni s’asseoir ni se coucher confortablement. La douleur augmentait continuellement. Compte tenu des conditions dans lesquelles Paul et Silas se trouvaient, rien n’est plus étonnant que de lire qu’ils priaient et chantaient les louanges de Dieu (Actes 16.25). Ils avaient subi de si grandes injustices qu’on s’attendrait à ce qu’ils soient remplis de colère et d’indignation. C’était le contraire. «Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux » (1 Pierre 4.12-14).

Où trouvera-t-on la force nécessaire ?

   Nous ne suggérons pas qu’il est très facile d’être fidèle (et même joyeux) face à la persécution. Où trouvera-t-on la force quand ce jour arrivera et qu’on sera confronté au choix : renier Jésus, ou bien subir l’humiliation, la perte financière, la douleur physique, ou la mort afin de lui rester fidèle ?

La prière.

   L’apôtre Pierre avait promis de mourir avec Jésus, mais dans l’épreuve il eut peur et le renia. Il aurait dû demander humblement l’aide de Dieu. Jésus avait bien dit : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » (Matthieu 26.41).

Le souvenir de ce que Jésus a supporté pour nous.

   « Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces… lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pierre 2.21,24). Nous lui devons tout. La gratitude et la loyauté devraient remplir nos cœurs et nous donner de la force.

L’exemple des apôtres et des autres martyrs pour la Foi.

   Les histoires de ces hommes de foi nous inspirent. Des milliers de chrétiens qui nous ont précédés donnèrent leur vie pour Jésus. Quand Polycarpe, de l’Église de Smyrne, fut arrêté, on lui dit d’adorer César et de maudire le Christ. Il répondit: «Pendant quatre-vingt-six ans j’ai servi le Christ et il ne m’a fait aucun mal. Comment alors blasphémer le roi qui m’a sauvé?» Menacé de feu il reprit: «Tu menaces avec un feu qui brûle pour une heure et s’éteint en peu de temps. Car tu ne connais pas le feu du jugement à venir, et le feu du châtiment éternel réservé aux impies. Mais pourquoi attends-tu? Apporte ce que tu veux.» Que nous ayons ce même courage.

Les conséquences de notre choix.

   Les paroles de Polycarpe nous rappellent ce qui doit nous fortifier plus que tout face à la persécution: la récompense pour la fidélité et le châtiment réservé aux « lâches », c’est-à-dire les peureux (Apocalypse 21.8). Ces conséquences sont bien éternelles : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir » (Romains 8.18). « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4.17,18). Jésus dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Matt. 10.28). « Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? que donnerait un homme en échange de son âme ? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges » (Marc 8.36-38).

B.B.

La femme prise en adultère

Le monde a suivi avec intérêt les événements au Nigéria il y a plusieurs années quand une femme accusée d’adultère fut condamnée à mort par une cour islamique. Selon la loi du charia instituée dans certains états nigérians, une telle femme devait être lapidée, tuée à coups de pierre. Beaucoup de personnes, au Nigéria comme partout au monde, s’opposèrent à cette décision. Ce ne fut pas seulement des musulmans qui ont participé au débat. Malheureusement, certains qui voulaient commenter la situation d’une perspective chrétienne ont mal présenté l’enseignement de Jésus par rapport à une telle situation. Ils ont donné l’impression qu’il faut non seulement tolérer toute sorte de péché, mais l’approuver. Quelques-uns ont même honoré la femme qui a péché.

Un passage de la Bible auquel beaucoup ont fait appel se trouve en Jean 8.2-11. Dans ce passage Jésus est mis en face d’une femme qui, elle aussi, était accusée d’adultère parmi un peuple dont la loi prescrivait de lapider à mort la personne trouvée coupable de ce péché. Voici le récit :

« Dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors, s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamné ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus. »

Quelles sont donc les leçons à dégager de cette histoire ? Nous allons voir tour à tour la faute de la femme, la faute des maîtres de la loi juive qui l’ont conduite devant le Seigneur et le pardon de Jésus.

La faute de la femme

La femme que l’on a amenée devant Jésus avait violé le septième des dix commandements : « Tu ne commettras point d’adultère » (Exode 20.14). Selon Lévitique 20.10 et Deutéronome 22.22 la peine de mort était bien prescrite dans ces cas.

Le Nouveau Testament ne contient pas un code civil pour gouverner une nation comme ce fut le cas pour la loi de Moïse. Le Nouveau Testament ne prescrit pas telle ou telle sanction – amende, emprisonnement, peine de mort, etc. – pour différents crimes. Mais il s’accorde avec l’ancienne loi sur la gravité du péché et la peine que mérite le pécheur. Romains chapitre 1 parle de plusieurs sortes de péchés : l’idolâtrie, les péchés sexuels, l’injustice, l’amour de l’argent, le meurtre, la rébellion envers ses parents, et bien d’autres. Le verset 32 dit, en parlant des hommes pécheurs :

« Et, bien qu’ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font. » (Romains 1.32)

Certains pensent que l’Église doit combattre la peine de mort, quel que soit le crime, comme si une telle sentence était toujours exagérée. Mais le Nouveau Testament dit, au contraire, que le gouvernement est autorisé par Dieu lui-même à punir les malfaiteurs, même par la peine capitale. Lisez Romains 13.4 :

« Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. »

Je le répète, ce n’est pas à l’Église de tuer les malfaiteurs, mais elle doit déclarer aux hommes que s’ils ne se repentent pas, ils connaîtront un sort pire que la mort. Éphésiens 5.5,6 nous avertit :

« Car, sachez-le bien, aucun impudique (celui qui commet le péché sexuel, tel que l’adultère ou la fornication), ou impur, ou cupide, c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. »

Ceux qui commentaient la situation au Nigéria ont dit toutes sortes de choses pour justifier l’acte de la femme. « Cette femme n’était pas heureuse dans son foyer. Elle n’était pas satisfaite. Voilà pourquoi elle a fait ce qu’elle a fait. » Mais le mariage est sacré, étant institué par Dieu lui-même. Le mariage comporte des vœux de fidélité. Il y a un temps pour pardonner, mais nous ne devons pas justifier ou minimiser la gravité du péché.

La femme qui a été amenée devant Jésus avait été prise en flagrant délit d’adultère, trouvée dans l’acte même. Oui, elle méritait bien la mort.

La faute des maîtres de la loi

Mais la femme n’était pas la seule coupable dans cette histoire. Les scribes et pharisiens étaient aussi en faute. Ils agissaient par hypocrisie. Ils présentaient ce cas devant Jésus « pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser » (Jean 8.6). Le souci de ces hommes n’était pas de faire appliquer ou de savoir appliquer les commandements de Dieu dans la loi de Moïse. Si la femme avait été prise en train de commettre l’adultère, c’est que son partenaire dans le péché était connu également. Lui aussi devait être amené et puni. La loi était très claire :

« Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi… Si une jeune fille vierge est financée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront. » (Deutéronome 22.22-24)

Mais les maîtres de la loi n’avaient besoin que de la femme, parce que leur seul but était de prendre Jésus dans leur piège et le discréditer. Cette femme n’était pour eux qu’un outil.

En quoi consistait donc le piège ? Les Juifs à cette époque vivaient sous la domination de l’Empire romain. Les Romains leur permettaient de juger des affaires moins importantes, mais se réservaient le droit d’appliquer la peine de mort. Voilà pourquoi les chefs des Juifs seraient contraints plus tard d’amener Jésus auprès du gouverneur romain quand ils voulaient le faire mourir. Si Jésus disait aux Juifs de mettre à mort la femme adultère selon la loi de Moïse, ils pourraient l’accuser devant les Romains de ne pas respecter leur autorité et d’exciter le peuple à leur désobéir. Ils pourraient aussi mettre en cause la compassion de Jésus. Si, par contre, Jésus disait aux Juifs de ne pas mettre la femme à mort, les scribes l’auraient accusé d’un manque de respect pour la loi de Dieu, ou ils auraient dit que Jésus ne prenait pas l’adultère pour un péché grave.

Mais l’hypocrisie de ces hommes se voit aussi dans le fait qu’ils étaient prêts à faire mourir cette femme pour son péché, sans même penser à leurs propres péchés. La Parole de Dieu, en effet, est particulièrement sévère envers ceux qui, avec une arrogance aveugle, méprisent les autres pécheurs sans reconnaître qu’eux aussi, ils sont coupables. Romains 2.1-3,21,22 par exemple, dit ceci :

« Ô homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses. Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité. Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu ?… Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes ! Toi qui dis de ne pas commettre adultère, tu commets adultère ! »

Peut-être que tout le monde connaît les paroles de Jésus en Matthieu 7.3-5 :

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère, laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

Jésus n’a pas dit que la femme ne méritait pas de mourir. Mais en disant « que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle », il a obligé ces hommes à faire face à leurs propres faiblesses. Selon une ancienne traduction arménienne de ce passage, quand Jésus s’est baissé pour écrire dans la poussière avec son doigt, il écrivait les péchés de ces hommes : mauvais désirs, visites secrètes chez des prostituées, corruption, méchanceté, ruse, etc. Il les aidait à voir qu’ils étaient aussi coupables que la femme. Ces hommes devaient non seulement s’examiner et se repentir de leurs propres péchés, mais aussi adopter l’attitude recommandée en Jude 22,23, la pitié pour les pécheurs, mais l’horreur de leurs péchés :

« Ayez pitié des uns, de ceux qui doutent ; sauvez-les en les arrachant au feu. Ayez pour les autres une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair. »

La grâce de Jésus

Nous avons vu la gravité de la faute de la femme adultère et la gravité de l’hypocrisie des maîtres de la loi. Voyons rapidement la grâce de Jésus. Lui, il aurait pu condamner cette femme, jeter contre elle la première pierre, parce qu’il était effectivement sans péché. Il n’aurait pas été hypocrite s’il avait choisi la juger. Jésus ne devait rien à cette femme qui avait violé la loi du Dieu très saint et très juste. Mais Jésus a préféré exercer son droit divin de pardonner les péchés. Il dit à la femme : « Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus. » Le jour viendra où, selon 2 Thessaloniciens 1.8, Jésus viendra du ciel « au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. » Mais Jésus est venu premièrement pour que les hommes puissent ne pas être condamnés lors du grand jugement. « Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3.17).

Remarquons que la grâce que Jésus offre n’est pas un permis de continuer dans le péché. C’est une occasion de faire un nouveau départ, de se détourner du mal dans lequel on vivait. Loin de dire à la femme : « Tu as péché, mais ça fait rien », Jésus lui dit qu’il faut changer de vie.

Conclusion

Nous sommes tous des pécheurs. Ne soyons pas pressés pour condamner les autres, pour exiger qu’ils soient pleinement punis pour leurs fautes. On nous jugera du jugement dont nous jugeons. Le jugement sera sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde.

Mais en même temps, nous ne devons pas minimiser le péché, le justifier ou le prendre à la légère. Dieu est réellement un Dieu d’amour, mais Dieu ne minimise pas le péché. Le péché mérite la mort. Pas seulement le péché de l’adultère, mais mon péché et le vôtre. Dieu prend nos péchés tellement au sérieux qu’il a payé le prix suprême afin de les ôter. À la croix de Christ, Dieu a prouvé à la fois sa haine du péché et son amour pour nous. Paul le dit en Romains 5.8 : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » Quand Jésus a fait grâce à la femme prise en adultère, il a montré son amour pour le pécheur. Quand Jésus est mort sur la croix, il a montré la gravité de nos péchés.

B.B

Le chrétien célibataire

Les défis de la vie célibataire

Peut-être que vous ne vous êtes pas encore marié – que ce soit par votre choix ou non. Peut-être que votre mariage s’est terminé par le divorce. Peut-être que votre conjoint est décédé. Quelle qu’en soit la cause, vous êtes célibataire, et cet état présente plusieurs défis spirituels. Considérons trois défis parmi les plus fréquents.

La solitude

Il arrive à toute personne, mariée ou non, de se sentir seul de temps en temps, parfois même quand on est au milieu d’une foule. Mais il est probable que les célibataires éprouvent ce sentiment plus souvent que les autres. L’isolement émotionnel peut devenir un fardeau presque continuel. Le chrétien n’est pas forcément épargné ; en plus du manque de partenaire conjugal, le chrétien célibataire peut même se trouver rejeté par son entourage à cause de sa foi. Mais Dieu lui vient en aide s’il veut bien saisir la bouée de sauvetage. Jésus a promis :

« Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. » (Marc 10.29,30)

Cette promesse s’accomplit premièrement au moyen de l’Église. Dieu a fait de nous, chrétiens, une famille, et il nous apprend, par amour fraternel, à être pleins d’affection les uns pour les autres (Romains 12.10). Son Église que nous sommes ressemble à un corps dont chacun est membre : « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui » (1 Corinthiens 12.26). Quel dommage que certains croyants n’admettent pas la sagesse du plan de Dieu en ce qui concerne l’Église ! Ils restent à l’écart et refusent de s’associer pleinement à une assemblée locale de l’Église du Seigneur. Il est vrai que, étant des hommes imparfaits, nous nous blessons les uns les autres par occasion quand nous vivons ensemble, mais ce n’est pas une raison pour rejeter le plan de Dieu et nous priver de la joie et la consolation d’une famille spirituelle. Apprenons à nous pardonner les uns les autres, à donner de l’amour et à en recevoir. Que nous soyons des mariés ou des célibataires, nous trouverons une force dont nous avons besoin chaque jour, et surtout dans les moments où la tristesse et la solitude envahissent nos cœurs.

En plus de la communion dont le chrétien célibataire peut jouir dans l’Église, il trouvera un deuxième remède au problème de la solitude quand il suit l’exemple de son Seigneur, qui « allait de lieu en lieu faisant du bien » (Actes 10.38). Soyons, comme Jésus, des serviteurs. Quand le chrétien occupe son temps par des actes de charité pour aider les autres, il ne lui reste plus beaucoup de temps pour se sentir seul. Même quand on n’a pas beaucoup d’argent, on peut trouver des manières de servir dans son assemblée ou dans son quartier. On fera encore mieux quand on s’associe à d’autres célibataires dans l’Église pour réaliser ensemble de bonnes œuvres au nom de Jésus.

Il faut reconnaître qu’il y a des chrétiens célibataires qui sont vraiment isolés. Ce n’est pas par choix qu’ils ne se réunissent pas avec une Église fidèle, car il n’y en a pas dans leur localité. Même de telles personnes ont une source de réconfort : l’assurance de la présence du Seigneur lui-même. Une fois quand l’apôtre Paul était prisonnier, il s’est retrouvé, paraissait-il, tout seul. Mais il dit à Timothée : « Dans ma première défense, personne ne m’a assisté, mais tous m’ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé ! C’est le Seigneur qui m’a assisté et qui m’a fortifié » (2 Timothée 4.16,17). Jésus a bien promis, non seulement à ses apôtres, mais à tous ses disciples : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.20). Et encore : « Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point » (Hébreux 13.5).

La tentation sexuelle

Une autre difficulté qui se présente à beaucoup de célibataires est le besoin de se garder sexuellement purs. Les seuls rapports sexuels que Dieu approuve sont les relations hétérosexuelles dans le contexte du mariage. Dans le monde moderne, beaucoup ne se rendent même pas compte que le sexe entre deux célibataires est condamné par Dieu : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères » (Hébreux 13.4). (Les « impudiques » sont ceux qui ont des rapports sexuels en dehors du mariage.) Les comportements sexuels de ceux qui nous entourent, tout comme les comportements sexuels qui sont présentés dans les films, les romans et la musique comme étant complètement normaux, influencent malheureusement beaucoup de chrétiens célibataires à devenir consommateurs de la pornographie, à s’engager dans les relations sexuelles ou même à vivre en concubinage. Le monde leur dit qu’il est malsain de réprimer les désirs sexuels ; que plus personne de nos jours ne reste vierge jusqu’au mariage ; qu’il faut avoir des rapports sexuels avec une personne avant de l’épouser pour être sûr que l’on sera satisfait dans cet aspect de son mariage ; qu’il est impossible pour un homme de s’abstenir du sexe pendant des années et que Dieu ne demanderait pas l’impossible. Bref, on dit beaucoup de choses. Mais la Bible dit :

« La volonté de Dieu est que vous deveniez saints : pas de liberté sexuelle. Que chacun de vous sache faire usage de son corps avec sainteté et respect, au lieu de s’abandonner à ses passions comme les païens qui ne connaissent pas Dieu. Que personne ne fasse tort et n’abuse de ses frères et sœurs dans ce domaine, car le Seigneur fera justice de tout cela comme nous vous l’avons dit et redit. Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sainteté, et si quelqu’un se moque de cet avis, il se moque, non d’un homme, mais de Dieu qui met en vous son Esprit Saint. » (1 Thessaloniciens 4.3-8, Bible des communautés chrétiennes)

Il est bien vrai que Dieu ne demande pas l’impossible. Mais il n’est pas impossible de se maîtriser sexuellement.

« Les tentations auxquelles vous avez été exposés ont été à la mesure de l’homme. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. » (1 Corinthiens 10.13, TOB)

Ce n’est pas pour nous priver de bonheur que Dieu interdit le sexe en dehors du mariage ; c’est pour préserver quelque chose de spécial et même de sacré afin qu’il ait toute sa valeur pour exprimer l’amour exclusif dans le mariage, une relation d’engagement mutuel. Celui qui nous a créés sait ce qui convient le mieux dans ce domaine de la vie, comme dans tout autre. Faisons-lui confiance, et soyons soumis à sa volonté.

Avant de laisser le sujet de rapports sexuels, précisons que les fiancés, c’est-à-dire ceux qui se sont formellement engagés à se marier l’un avec l’autre, sont appelés à vivre dans la pureté et la maîtrise de soi. Ils réserveront au temps du mariage la cohabitation et les relations sexuelles. Les fiançailles ne constituent pas une période d’essai sexuel.

La confiance en Dieu

Il est vrai que certaines personnes sont célibataires parce qu’ils choisissent de ne pas se marier, ou de se marier seulement après avoir atteint certains objectifs dans la vie, des objectifs académiques, professionnels ou économiques. Il est également vrai qu’un grand nombre de célibataires ne le sont pas par leur propre choix. Ils n’ont pas encore trouvé de partenaire pour la vie, ou ils ont perdu leur époux/épouse, et ils en souffrent profondément. Ils se demandent pourquoi Dieu leur aurait enlevé leurs compagnons, ou pourquoi il ne leur donne pas l’occasion de découvrir le bonheur de la vie conjugale. Il leur arrive même de penser que Dieu n’écoute pas la prière, qu’il ne veut pas leur bonheur, ou qu’il est méchant à leur égard.

En fait, de tels cas font partie des nombreuses situations dans la vie où nous devons faire confiance à notre Dieu. Nous ne savons pas de quelle manière Dieu va se servir de telle épreuve pour en produire du bien, mais nous n’avons pas besoin de savoir comment il le fera. Il suffit de croire à sa promesse : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8.28). Faites-lui confiance. Rappelez-vous qu’il sait mieux que nous ce qui nous convient, et le moment qui convient pour nous le donner. Soyez patient. Apprenez ce que Dieu veut vous apprendre. Cultivez le contentement. Remerciez Dieu pour les bénédictions qu’il vous accorde chaque jour et pour la gloire éternelle qui vous attend au ciel. Par la prière confiez à Dieu vos soucis, « et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’homme peut comprendre, gardera vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ » (Philippiens 4.7).

Dois-je me marier ou rester tel que je suis ?

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ni le mariage ni le célibat n’est un état supérieur en lui-même. Il y a des personnes pieuses et acceptables à Dieu dans les deux « camps ». Mais il y a ceux qui auraient particulièrement intérêt à se marier, ceux qui feraient mieux de ne pas se marier, et puis ceux qui n’ont même pas le droit devant Dieu de se marier.

Ceux qui sont frustrés par la non-satisfaction de leurs désirs sexuels devraient penser au mariage. On ne se marie pas seulement pour le sexe – loin de là – mais il figure valablement dans la décision. L’apôtre Paul écrit :

« Il est bon pour un homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari… Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. À ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de maîtrise de soi, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. » (1 Corinthiens 7.1,2,7-9)

Étant conscient des pièges dans lesquels tombaient souvent les jeunes veuves, Paul leur recommandait le remariage : « Que les jeunes se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles dirigent leur maison, qu’elles ne donnent à l’adversaire aucune occasion de médire » (1 Timothée 5.14).

Par contre, ceux qui n’ont pas d’autre choix que de se marier avec quelqu’un de mauvais caractère feraient mieux de s’en garder. L’homme sage dit en Proverbes 21.9,19 : « Mieux vaut habiter à l’angle d’un toit, que de partager la demeure d’une femme querelleuse… Mieux vaut habiter dans une terre déserte, qu’avec une femme querelleuse et irritable. » Il ajoute en Ecclésiaste 7.26 : « La femme qui est un piège donne plus d’amertume que la mort. » « Le charme est trompeur et la beauté passagère, seule une femme soumise au Seigneur est digne d’éloge » (Proverbes 31.30). Mieux vaut rester célibataire que de se marier à la hâte et se trouver lié à une personne qui nous rend la vie spirituelle plus difficile. Une fois marié, on doit faire avec. Jésus dit : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a joint » (Matthieu 19.6).

Enfin, certains « célibataires », c’est-à-dire ceux qui se sont divorcés contrairement aux Écritures, n’ont pas le droit de se marier encore. Jésus dit que « celui qui répudie sa femme, sauf pour fornication, et qui en épouse une autre, commet un adultère » (Matthieu 19.9). Dieu ne reconnaît comme valable qu’une seule cause pour le divorce : l’homme ou la femme innocent(e) dont le conjoint lui a été sexuellement infidèle peut divorcer et se remarier. Pour tout autre cas de divorce, Jésus enseigne qu’une personne qui divorce son mari ou sa femme l’expose à devenir adultère, et quiconque épouse une personne divorcée pour autre raison commet un adultère (Matthieu 5.32). Voilà pourquoi Paul écrit en 1 Corinthiens 7.10,11 : « Que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. »

Conclusion

Que vous soyez célibataire par choix ou par nécessité, que vous ayez l’intention de rester célibataire pour toute la vie ou juste pour un temps, ne considérez surtout pas cette condition comme une malédiction. Pendant que vous êtes célibataire, jouissez de cet avantage :

« Un homme qui n’est pas marié se préoccupe des affaires du Seigneur ; mais celui qui est marié se préoccupe des affaires du monde, il cherche à plaire à sa femme, et il est partagé entre deux préoccupations… Je dis cela pour votre bien et non pour vous imposer une contrainte ; je désire que vous viviez de la façon qui convient le mieux » (1 Corinthiens 7.32-35)

L’apôtre Paul était tellement satisfait dans son état célibataire, qu’il aurait souhaité que tout le monde puisse être comme lui (1 Corinthiens 7.7). « J’ai appris à être satisfait partout et dans toutes les circonstances… Je peux faire face à toutes les situations grâce au Christ qui me fortifie » (Philippiens 4.11,13).

B.B.
(Dans Vol. 13 No. 5)

La croissance spirituelle

Cela fait pitié, n’est-ce pas, de voir une personne qui a l’âge
d’un adulte mais dont le développement s’est arrêté trop tôt.
Il peut s’agir du développement physique. Certaines personnes
n’ont jamais eu la force physique nécessaire pour travailler. Que
ce soit dû à des facteurs génétiques ou à la sous-alimentation, il
y a des gens dont les membres sont atrophiés ou qui n’ont pas
la taille «normale». Il peut s’agir du développement intellectuelle
ou émotionnelle. On s’attend à ce qu’une personne majeure soit
capable de comprendre, de parler, de lire et écrire, de raisonner
comme un adulte et de prendre des décisions rationnelles. Celui
qui a le corps d’un homme adulte mais qui raisonne et réagit
comme un enfant de trois ou quatre ans fait pitié parce qu’il ne
sera jamais autonome. On peut même parler de développement
sur le plan social: une personne qui est physiquement et intellectuellement
mûr est quand même parfois incapable de s’intégrer
dans un groupe, d’assumer des responsabilités dans la société ou
de compatir aux problèmes d’autrui.
Un phénomène encore plus triste que ce que nous venons de
décrire, c’est le manque de croissance spirituelle chez un enfant
de Dieu ou dans une assemblée de chrétiens. Si l’on ne grandit
pas sur le plan spirituel, si l’on ne progresse pas vers la maturité
en Christ, les conséquences risquent d’être désastreuses et même
éternelles.
Mais qu’est-ce qui constitue le développement spirituel que
Dieu souhaite voir en nous?

Quelques traits d’un chrétien mûr
La connaissance
L’apôtre Pierre nous exhorte: «Croissez dans la grâce et
dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-
Christ» (2 Pierre 3.17). On n’a pas besoin de connaître toutes
les doctrines chrétiennes avant de devenir disciple de Jésus, mais
il faut continuer d’apprendre après son baptême. Jésus dit en
Matthieu 28.19,20: «Allez, faites de toutes les nations des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.»
Oui, on peut ignorer certains enseignements au moment de sa
conversion; mais celui qui a eu le temps de les maîtriser n’est
pas sans faute s’il reste au stade du débutant. L’auteur de l’Épître
aux Hébreux adresse un reproche à ses destinataires parce qu’ils
n’avaient pas grandi en connaissance. Ils devaient être capables
d’instruire d’autres personnes, mais ils avaient encore besoin
qu’on leur enseigne des vérités de base: «Vous, en effet, qui
depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez besoin
qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de
Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une
nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience
de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la
nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le
jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce
qui est mal.» (Hébreux 5.11-14).

Un chrétien mûr en connaissance de la parole du Seigneur
sait ce qui constitue le péché aux yeux de Dieu; les récits de la
vie de Jésus lui sont tous familiers; il est capable d’expliquer
correctement la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau
Testament; il comprend la nature de l’Église que Jésus a bâtie et
les principes de l’adoration en esprit et en vérité; il sait ce que
Dieu demande d’un père de famille, d’une épouse ou d’un enfant
dans le foyer; il a étudié l’oeuvre du Saint-Esprit dans le coeur du
chrétien et le rôle des dons miraculeux aux temps des apôtres; il
n’est pas confus par toutes les doctrines contradictoires concernant
la fin du monde et le jugement dernier, car il a étudié ce que
la Bible elle-même enseigne là-dessus. Nous devons tendre vers la
maturité en matière de connaissance «afin que nous ne soyons
plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction» (Éphésiens 4.14).

Le caractère moral
Il est possible de posséder de la connaissance sans pour
autant vivre selon ce qu’on a appris intellectuellement. Jésus
demandait à certains qui l’honoraient des lèvres: «Pourquoi m’appelez-
vous ‘Seigneur, Seigneur!’ et ne faites-vous pas ce que je
dis?» Pierre nous dit en 2 Pierre 1.5: «Faites tous vos efforts pour
ajouter à votre foi la bonne conduite». Et Jacques nous dit: «Mettez
en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en
vous trompant par de faux raisonnements» (Jacques 1.22). Il y
a malheureusement trop de personnes qui sont capables de citer
de nombreux passages bibliques, mais qui n’ont jamais appris à
exercer la maîtrise de soi quand on les provoque à la colère, qui
ne résistent pas à la tentation de gagner de l’argent malhonnêtement,
à qui manque l’amour du prochain, que l’on n’aurait jamais
envie d’engager comme employés à cause de leur paresse, qui se
découragent devant la moindre persécution, ou qui traitent à la
légère le devoir chrétien de se garder sexuellement pur. Celui
qui est mûr sur le plan spirituel ne connaît pas la vie chrétienne d’une simple manière théorique – il la vit tous les jours. «Tout
disciple accompli sera comme son maître» (Luc 6.40).

La confiance en Dieu
Trop souvent, des personnes qui sont censés avoir marché
pendant longtemps avec Christ sont encore des individus que le
Seigneur qualifierait de «gens de peu de foi» (Matthieu 6.30; 8.26;
14.31; 16.8). Des chrétiens mûrs prient beaucoup parce qu’ils
sont convaincus que Dieu est capable d’exaucer leurs prières. Ils
vivent sans crainte des sorciers parce qu’ils ont confiance que
le Seigneur les protégera. Il n’ont jamais recours aux pratiques
occultes ou aux actions malhonnêtes quand ils sont face à des
problèmes. Ils ont assez de confiance en Dieu pour remettre leur
sort entre ses mains et croire qu’il cherche leur bien ultime malgré
les épreuves qu’il les laisse traverser. Certaines personnes
sont chrétiennes depuis de longues années, mais elles ne manifestent
toujours pas de confiance en Dieu par leurs offrandes:
malgré ses promesses de bénir celui qui donne avec générosité
(Luc 6.38; 2 Corinthiens 9.6-11; Philippiens 4.10-19, etc.), elles
ont toujours peur de ne pas avoir le nécessaire si elles donnent
beaucoup à Dieu. Elles ont besoin de grandir en ce qui concerne
leur confiance en lui.

L’évangélisation et le service
Un arbre fruitier qui est mûr portera normalement du fruit.
Des animaux qui arrivent au stade de la maturité commencent
généralement à se reproduire. Le fait de se reproduire spirituellement,
c’est-à-dire d’évangéliser d’autres personnes pour qu’elles
soient nés de nouveau, est généralement un signe de maturité. En
fait, le plus grand encouragement pour un évangéliste n’est pas
de baptiser quelqu’un à qui il a enseigné la parole de Dieu – c’est
de voir ce dernier à son tour enseigner et amener une autre personne
à se convertir. C’est en ce moment que l’évangéliste est rassuré
que la bonne nouvelle a réellement pris racine dans le coeur.
Mais le fruit que le chrétien doit porter n’est pas seulement
les conversions que Dieu produit au moyen des efforts de ce chrétien.
Paul nous enseigne: «Il faut que les nôtres aussi apprennent
à pratiquer de bonnes oeuvres pour subvenir aux besoins pressants,
afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits» (Tite
3.14). Un chrétien sur le chemin de la maturité spirituelle ne
s’attend pas à une récompense matérielle de la part de l’Église
quand il rend service. Il s’occupe gratuitement de la propreté du
lieu de culte, et il le fait de bon coeur à cause de ce que le Seigneur
a fait pour lui. Il fait des courses pour l’assemblée sans hésitation,
parce qu’il se soucie de l’avancement du royaume de Christ. Si on
lui demande de gérer l’argent de collecte, enseigner un groupe
d’enfants, visiter un malade, ou exercer de l’hospitalité envers
un frère qui est de passage, il le fait sans murmures, heureux de
l’occasion de servir son prochain et son Seigneur.

Quelques traits d’une assemblée mûre
On peut aussi considérer le sujet de la maturité spirituelle en
ce qui concerne des assemblées locales. On devrait s’attendre à ce
qu’une assemblée fasse du progrès spirituel sur plusieurs plans.
Liens de fraternité
Il faut, par exemple, que des liens de fraternité et de solidarité
soient tissés entre les membres du corps de Christ, qui
est l’Église. «C’est grâce à [Christ] que les différentes parties du
corps sont solidement assemblées et que le corps entier est bien
uni par toutes les jointures dont il est pourvu. Ainsi, lorsque
chaque partie agit comme elle doit, le corps entier grandit et
se développe par l’amour» (Éphésiens 4.16, FC). Ceux qui composent
une assemblée doivent se voir comme étant une famille,
comme un corps où chaque membre est important et apprécié. Ils
doivent apprendre à s’encourager les uns les autres, à prier les
uns pour les autres et à s’entraider. Est-ce qu’ils connaissent les
domiciles les uns des autres? les numéros de cellulaire? les noms
des enfants? Remarquent-ils quand un tel est absent des réunions
de l’Église et se rendent-ils chez cette personne pour connaître le
problème et offrir de l’aide? Quand on commence une assemblée,
il faut chercher à cultiver ces expressions d’amour mutuel.
Conducteurs qualifiés
Une assemblée où les hommes ne sont pas capables de faire
un culte sans la présence d’un frère de l’extérieur de l’assemblée
pour les aider n’est évidemment pas une Église mûre. Dès que
possible il faut préparer et former des hommes sur qui on puisse
compter, des hommes dont le comportement ne fasse pas honte à
l’Église et qui aient du zèle pour le Seigneur.
Au début d’une assemblée, il n’est généralement pas possible
de remplir tous les rôles dont nous lisons dans le Nouveau Testament:
anciens (pasteurs, évêques), diacres, évangélistes, enseignants,
etc. En effet, il est précisé qu’un ancien ne doit pas être
«un nouveau converti» (1 Timothée 3.6); quant aux diacres, Paul
dit: «Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur
ministère» (1 Timothée 3.10). Dans un premier temps, les Églises
sur l’île de Crète n’avaient pas d’anciens, mais Paul écrivit à Tite:
«Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste
à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens
dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable,
mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient
ni accusés de débauche ni rebelles» (Tite 1.5,6).
Non seulement les hommes de l’assemblée doivent être en
mesure de la conduire dignement, ils doivent aussi progresser afin
de pouvoir établir de nouvelles assemblées ailleurs, là où le besoin
se présente. Un chrétien mûr devrait pouvoir «se reproduire»
spirituellement en amenant d’autres personnes à la conversion;
une assemblée mûre devrait être capable de se reproduire aussi
en créant une autre assemblée locale, que ce soit dans un autre
quartier, une autre ville, ou le village d’un membre.
Fidélité à la doctrine des apôtres
Nous avons déjà cité Éphésiens 4.13 qui décrit les chrétiens
immatures comme des «enfants, flottant et emportés à tout vent
de doctrine, par la tromperie des hommes». La même description
s’applique à une assemblée qui n’a pas encore une bonne assise doctrinale. Elle devient facilement victime des faux docteurs, ou
elle adopte des pratiques qui ne sont nulle part autorisées dans
la parole de Dieu. Les Églises de la Galatie n’étaient apparemment
pas mûres sur ce plan. Après le départ de Paul, elles ont
dévié de la vérité. Paul leur écrivit en Galates 1.6-8: «Je m’étonne
que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a
appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui
vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ…
Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.» (Galates 1.6-
8; 4.11). Le Seigneur reprocha aux assemblées de Pergame et de
Thyatire d’avoir permis aux fausses doctrines de s’introduire au
milieu d’elles (Apocalypse 2.14,15,20); il loua, par contre, l’Église
de Philadelphie – ses membres n’étaient pas nombreux mais elle
avait gardé la parole du Seigneur (Apocalypse 3.8).
Correction spirituelle
Une assemblée mûre sait traiter les problèmes de péché, que
ce soit l’immoralité, la division ou la fausse doctrine. Elle sait ce
que la Bible recommande à ce sujet, et elle a le courage de mettre
en pratique cet enseignement. L’Église de Corinthe, à laquelle
Paul fut contraint de dire «ce n’est pas comme à des hommes
spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des enfants
en Christ» (1 Corinthiens 3.1), n’était pas mûre dans la pratique
de la discipline. Il leur dit: «On entend généralement qu’il y a
parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne
se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un
de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil!
Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui
qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! … Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec
quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide,
ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme.» (1 Corinthiens 5.1-2,11). La
correction d’un chrétien qui s’égare dans le péché doit se faire
avec humilité et amour (Galates 6.1; 2 Thessaloniciens 3.14,15) et
selon les étapes enseignées par Jésus lui-même (Matthieu 18.15-
17), mais elle doit se faire. Une assemblée mûre se soucie de la
condition spirituelle de ses membres, et quand il s’avère nécessaire,
elle applique la discipline appropriée.
La croissance spirituelle ne vient pas
automatiquement avec le temps
Il semble que nos enfants grandissent généralement qu’on le
veuille ou pas. En effet, Jésus pose la question: «Qui d’entre vous,
par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille?»
(Matthieu 6.27, Version Darby). L’enfant qui se dit: «quand je serai
grand, je vais faire 1,85 m» n’atteint pas forcément cette taille;
cela ne dépend ni de sa volonté ni de son effort. Certaines choses
qui dépendent de nous, telle que l’alimentation, sont, néanmoins,
nécessaires ou contribuent à la croissance physique. Pareillement,
certaines choses que nous devons faire contribueront à notre
croissance spirituelle. Quand l’auteur de l’Épître aux Hébreux dit
que ses destinataires n’avaient pas progressé comme ils auraient
dû faire (Hébreux 5. 12), ou quand Paul accuse les Corinthiens
d’être encore des «enfants spirituels» (1 Corinthiens 3.1), il est
sous-entendu qu’ils étaient en faute. Qu’est-ce qu’on peut donc
faire pour promouvoir notre propre croissance spirituelle et celle
de nos assemblées?
Se nourrir de la parole
Un enfant ne grandit pas convenablement s’il ne mange pas
bien. Il doit manger suffisamment et régulièrement. La nourriture
spirituelle dont nous avons besoin pour grandir, c’est la parole
de Dieu. L’apôtre Pierre dit: «Désirez, comme des enfants nouveaux-
nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous
croissiez pour le salut» (1 Pierre 2.2, Colombe). La parole n’est
pas seulement pour les nouveaux convertis. Dans certaines communautés,
il y a peu d’occasions pour l’étude sérieuse de la Bible
après le catéchisme destiné aux candidats pour le baptême. Mais
au lieu de cesser de manger après l’enfance, une grande personne
prend de plus grandes quantités de nourriture. En plus, il est
capable de supporter et profiter d’aliments que le bébé ne peut
pas digérer. Pareillement, le chrétien qui tend vers la maturité
doit «consommer» (lire, étudier, méditer) fréquemment la parole.
Il doit augmenter au lieu de réduire le temps qu’il met à étudier,
et il doit se nourrir de la «nourriture solide» de la parole, les
enseignements qu’il n’était pas en mesure de comprendre lors de
sa conversion (Héb. 5.11-14).
Une personne en bonne santé a généralement un appétit normal,
mais parfois il faut manger même quand on n’en a pas envie.
Le corps a besoin des nutriments. Même si le chrétien n’a pas
envie d’écouter ou d’étudier la parole de Dieu, il doit s’efforcer
de le faire, car son âme en a besoin. Il trouvera peut-être que
l’appétit vient en mangeant.
Une bonne alimentation spirituelle contribue également au
développement d’une assemblée. Quand une Église locale manifeste
des faiblesses spirituelles, il est fort possible que quelque
chose manque à son régime, c’est-à-dire à l’enseignement qu’elle
reçoit. Je me rappelle une conversation avec un membre d’une
dénomination en Afrique: le jeune homme avec qui je parlais
m’affirma qu’il pouvait être sûr que le sujet de la prédication du
dimanche suivant se porterait soit sur la fornication, soit sur la
dîme, soit sur la tenue des femmes. Selon lui, on ne prêchait jamais
sur autre chose dans son Église! La parole de Dieu contient
pourtant de nombreux enseignements sur ce que nous devons
croire, la manière qu’il faut mener nos vies en tant que chrétiens,
l’amour de Dieu pour nous, le modèle que Jésus représente pour
nous, les fausses doctrines dont il faut se méfier, la glorieuse espérance
qui devrait nous animer, l’Église que le Seigneur a bâtie et
bien d’autres choses. Veillons à ce que nos assemblées suivent un
régime bien équilibré afin de grandir spirituellement.
Demander l’aide de Dieu
Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous fortifier et
nous aider à atteindre la sainteté (Romains 8.13,26; Éphésiens
3.16). Il se soucie de notre survie et notre croissance spirituelles,
et il écoutera certainement nos prières dans ce sens. Nous ne
prétendons pas connaître toutes ses voies et tous les moyens à sa
disposition pour nous venir en aide, mais nous savons que rien
n’est difficile pour Dieu (Genèse 18.14). Voilà pourquoi l’apôtre
Paul n’a pas manqué de prier pour ceux qu’il avait évangélisés. Il écrivit aux Philippiens: «Je suis persuadé que celui qui a commencé
en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le
jour de Jésus-Christ… Et ce que je demande dans mes prières,
c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance
et en pleine intelligence pour le discernement des choses
les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour
le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-
Christ, à la gloire et à la louange de Dieu» (Philippiens 1.6,9-11).
Dieu nous aide à progresser vers la maturité grâce à l’aide
des personnes qu’il «donne» à son Église: «Et il a donné les
uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs
[Segond]. Il a agi ainsi pour préparer les membres du peuple
de Dieu à accomplir la tâche du service chrétien, pour faire
progresser le corps du Christ dans la foi. De cette façon, nous
parviendrons tous ensemble à l’unité de notre foi et de notre
connaissance du Fils de Dieu; nous deviendrons des adultes
dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ.
Alors, nous ne serons plus des enfants... [FC]» (Éphésiens 4.11-
14a). Il est vrai que les apôtres et les prophètes ont déjà achevé
leur travail de nous révéler la vérité de l’évangile et la volonté
de Dieu pour tous les hommes: nous continuons de jouir du fruit
de leur travail chaque fois que nous ouvrons la Bible. Le travail
des évangélistes et des pasteurs-docteurs, par contre, n’est jamais
achevé et des hommes doivent continuer de jouer ces rôles aujourd’hui
parmi nous pour que les chrétiens soient équipés pour
le service et qu’on parvienne à la maturité.
Dieu nous aide également à travers les épreuves dans nos
vies. Certes, nous ne souhaitons pas ce qui est difficile et douloureux,
mais Dieu se sert même de ces expériences pour notre
bien, pour faire de nous les personnes que nous devons être. «Mes
frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses
épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que
l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la
patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous
soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien» (Jacques 1.2-4).
Que ce soit la patience, l’humilité, la compassion, la confiance en
Dieu ou bien d’autres qualités, c’est souvent à travers des expériences
difficiles que Dieu les cultive en nous. (Voir aussi Hébreux
12.5-11; 2 Pierre 1.6,7).
S’exercer
Si vous voulez devenir plus fort physiquement, vous devez
vous exercer. Vous devez utiliser la force que vous possédez déjà,
vous entraîner, tester vos limites et vous efforcer de faire toujours
davantage. Le paresseux ne fera pas de grands progrès.
Nous voyons le même phénomène dans le domaine spirituel. Il
faut utiliser les dons que Dieu vous a déjà confiés, qu’ils vous
semblent grands ou petits, sinon vous risquez de les perdre. «Car
on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à
celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a» (Matthieu 25.29).
Si vous ne faites aucun effort pour évangéliser, vous n’en serez
jamais capable. Il faut vous appliquer si vous espérez un jour donner
très généreusement, ou conduire des cantiques lors du culte,
ou prêcher un sermon, ou encourager quelqu’un qui est abattu,
ou apprendre un chapitre de la Bible par coeur. Et si vous ne réussissez
pas la première fois que vous essayez, il faut persévérer.
Ce principe s’applique, bien sûr, aux assemblées aussi bien
qu’aux individus. Une Église locale doit s’aventurer à faire des
choses pour Dieu qu’elle n’a jamais tentées dans le passé. Peutêtre
qu’elle veut s’engager à soutenir un frère pour qu’il reçoive
une formation comme évangéliste ou même pour le soutenir
pour qu’il travaille à plein temps après cette formation. Peut-être
qu’elle veut s’organiser pour venir en aide aux veuves et aux
orphelins de son entourage. Peut-être qu’elle veut construire un
lieu de culte. Il y a une tendance à vouloir attendre que d’autres
personnes ou d’autres assemblées fassent le gros du travail, mais
une Église qui attend les autres de cette façon au lieu de puiser
dans ses propres ressources matérielles et spirituelles ne grandira
pas.
Le premier pas
Si vous voulez grandir spirituellement en tant que chrétien,
il faut tout d’abord vous demander si vous êtes déjà un enfant de
Dieu. Êtes-vous déjà né de nouveau? L’apôtre Jean écrit en 1 Jean
3.2 : «Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu…»
Comment devient-on enfant de Dieu? Jean nous l’explique dans
son évangile. Il dit, en parlant de la lumière qui est venue dans
le monde, c’est-à-dire, Jésus: «Mais à tous ceux qui l’ont reçue,
elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui
croient en son nom et qui sont nés… de Dieu» (Jean 1.12-13).
Ce n’est pas par le simple fait de recevoir Jésus, de croire en son
nom, que l’on devient enfant de Dieu. Mais celui qui croit en lui a
« le pouvoir» (la possibilité, le moyen) de devenir enfant de Dieu,
en étant né de Dieu.
En Jean 3.3,2 Jésus explique comment naître de Dieu, comment
naître de nouveau: «…En vérité en vérité je te le dis, si
un homme ne naît de nouveau, … Si un homme ne naît d’eau
et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.» Cette
naissance d’eau et d’esprit s’accomplit quand le croyant pénitent
est baptisé en Christ (ensevelis, immergé dans l’eau). C’est en
ce moment que ses péchés lui sont pardonnés et qu’il reçoit le
don du Saint-Esprit (Actes 2.38). Il est alors sauvé et ajouté par
le Seigneur à son Église. Si quelqu’un est en Christ, il est une
nouvelle créature (2 Cor. 5.17). C’est alors que la vraie croissance
spirituelle peut commencer.
BB