Le baptême des enfants

Supposez que vous venez de faire un enfant. Serait-il important de le faire baptiser ? Peut-être que vous avez reçu le baptême quand vous étiez trop jeune pour vous en souvenir. Faut-il mettre en doute la validité de ce baptême ? Faut-il écouter ceux qui vous conseilleraient de vous faire rebaptiser ?

La grande majorité de ceux qui se considèrent chrétiens acceptent la pratique de baptiser des enfants, y compris des nouveaux-nés. On trouve le baptême des enfants chez les catholiques, les orthodoxes, et beaucoup de protestants (luthériens, réformés, anglicans, presbytériens, méthodistes, nazaréens, etc.). L’Église catholique le considère si important qu’elle enseigne que des parents chrétiens qui retardent excessivement ou qui négligent complètement de procéder au baptême de leurs enfants commettent un péché « mortel » ; ils priveraient leurs enfants de la certitude d’une entrée dans la présence de Dieu en cas de mort, et ils s’exposeraient eux-mêmes au danger de l’enfer.

Des millions d’autres rejettent le baptême des enfants pour plusieurs raisons, notamment parce qu’il n’est jamais mentionné dans la Bible et qu’il présente plusieurs conflits avec ce que les Écritures enseignent au sujet du baptême, du salut et de la responsabilité individuelle.

Arguments en faveur

Voyons d’abord les arguments que l’on avance pour soutenir le baptême des enfants.

1. Les enfants seraient souillés par le péché originel ; ils hériteraient la faute commise par Adam et Ève dans le jardin d’Éden.

Nous avons traité cette erreur en long et en large dans un autre numéro de Chemin de Vérité, (Vol. 15, No. 2, Le péché originel), et nous vous encourageons à lire cette étude. Parmi les vérités bibliques qui démentent l’idée d’un péché originel héréditaire, il y a le fait que chacun rendra compte à Dieu pour lui-même. Il est vrai que mes actions peuvent avoir des effets négatifs dans la vie d’autres personnes, mais ces personnes ne sont pas jugées ou condamnées pour mes péchés.

En Ézéchiel 18, le prophète répond au peuple qui, puni par Dieu, essayait de rejeter la faute sur leurs ancêtres. Il leur dit : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.20). Ce principe fondamental de la justice ne s’applique pas seulement dans cette vie sur terre ; Dieu nous dit clairement et à maintes reprises qu’il agira selon le même principe d’équité au dernier jugement. Romains 14.12 dit simplement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (et non, évidemment, pour Adam et Ève).

Deux Corinthiens 5.10 énonce le même principe : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. »

Si l’enfant n’est pas souillé par le péché de son ancêtre et s’il n’a pas encore la faculté de choisir et donc de commettre du péché, c’est qu’il n’a pas besoin d’être purifié. Il est déjà pur.

De nos jours, beaucoup n’acceptent ni l’idée que le nouveau-né serait perdu à cause du péché originel ni l’idée que le baptême se fait pour le pardon des péchés. Ils tiennent quand même à conserver le baptême des enfants. Pour justifier la pratique, ils en font une cérémonie de dédicace de l’enfant et une occasion de permettre aux parents de l’enfant de s’engager à l’élever dans la foi chrétienne. Le problème principal en cela est que cette façon de faire déforme totalement le sens du baptême. Dans la Bible, le baptême n’a rien à voir avec l’éducation spirituelle que doit recevoir un nouveau-né. C’est un acte d’obéissance par lequel un pécheur exprime sa foi au Sauveur, s’engage à se conformer à la volonté de Dieu, et obtient, grâce au sang de Jésus, le pardon de ses péchés.

2. Le baptême des enfants serait valable parce que c’est une vieille tradition de l’Église.

Il est vrai que la pratique de baptiser des enfants remonte très loin dans l’histoire chrétienne, mais aucune preuve ne permet de dire que Jésus et ses apôtres l’ont instituée. La Bible n’en parle pas du tout. Aucun auteur du deuxième siècle ne parle clairement du baptême des enfants, ni pour l’appuyer ni pour s’y opposer. Le célèbre Justin Martyr, qui mourut en 166 apr. J.-C., était de l’Église de Rome mais ne semblait pas connaître un tel baptême. Dans son Apologie I, 61, il donne une raison pour le baptême qui exclut le baptême des nouveau-nés : « Pour ce qui est [du baptême d’eau] nous avons appris des apôtres cette raison. Puisque lors de notre naissance nous naissons sans notre connaissance ou notre choix, le mélange fortuit de nos parents ; et ensuite nous sommes élevés dans l’habitude du mal et des leçons de l’iniquité. Or, pour que nous ne restions pas ainsi les fils du hasard et de l’ignorance, mais de choix et de connaissance, l’eau vient nous obtenir la rémission de toutes nos fautes passées. » Justin fait donc un contraste : pour notre naissance physique, nous n’avons pas de choix ; pour la naissance spirituelle lors du baptême, nous devons choisir en connaissance de cause.

Au troisième siècle, le baptême des enfants était répandu, mais il n’était pas accepté partout. Tertullien, par exemple, un « Père de l’Église » d’Afrique, qui naquit vers 150 et mourut entre 220 et 240, était hostile au baptême des petits enfants.

Mais en réalité, même une vieille tradition, même une tradition qui semble être acceptée universellement, si elle ne provient pas de Jésus et des apôtres inspirés, si elle n’est pas enseignée dans les pages de la Bible, ne fait pas autorité pour l’enfant de Dieu. Jésus met solennellement en garde contre le danger de se laisser guider par les traditions humaines. Il dit en Marc 7.7,8 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. »

3. La Bible parle du baptême de plusieurs familles entières. Comme une famille a généralement des enfants, ceux-ci ont dû recevoir le baptême aussi.

Nous voyons la conversion de trois familles entières dans le livre des Actes : Corneille (10.44-48), Lydie (16.14,15) et le geôlier philippien (16.32-34). On nous dit qu’il y avait sûrement des enfants dans ces familles et que ces enfants ont donc été baptisés. Mais dans le cas de la famille de Corneille, le texte parle explicitement de « ceux qui écoutaient la parole ». Pour ce qui est du geôlier, il est dit que Paul et Silas « lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison », et après le baptême, « il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu ». Est-ce que les bébés, aussi, ont suivi la prédication et se sont-ils réjouis de la conversion du geôlier ? Quant à Lydie, afin de s’appuyer sur son cas pour soutenir le baptême des bébés, il faut supposer : 1) qu’elle était mariée (sa « famille » pouvait se composer de sœurs, de neveux, de domestiques, etc.) ; 2) qu’elle avait des enfants ; 3) que quelques-uns de ces enfants étaient des bébés. Tout cela est possible, mais pas forcément le cas. On peut avoir une famille sans être marié, sans avoir des enfants, ou sans avoir des bébés ou enfants très jeunes.

4. Il ne serait pas normal de refuser à son enfant les bénédictions qu’apportent le baptême et l’appartenance à l’Église (pardon, renaissance, participation à la vie divine, aide pour la croissance spirituelle, etc.). Pourquoi attendre pour faire vivre le don de Dieu à l’enfant ?

Il faut se rappeler que celui qui n’a pas encore péché n’a pas besoin de pardon et n’est point séparé de Dieu. En même temps il faut dire que la personne qui reçoit le baptême doit croire et s’engager personnellement pour que le baptême ait sa valeur. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.16). « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.36,37). « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés » (Actes 2.41). Le baptême « ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure » (1 Pierre 3.21, Bible du Semeur). Penser que le baptême peut avoir des effets profonds dans la vie d’une personne, quelle que soit la croyance, l’intention ou l’attitude de la personne, c’est traiter le baptême comme une formule magique plutôt qu’une expression sincère de la foi de celui qui a besoin de la grâce de Dieu.

Une personne qui croit peut certainement demander à Dieu d’accorder des bénédictions (telle que la guérison) à d’autres personnes, même si ces personnes ne croient pas. Mais le Christ a clairement commandé certaines choses qu’une personne doit faire elle-même pour être sauvé : croire, se repentir, confesser sa foi en Christ et se faire baptiser (Marc 16.16; Luc 13.5; Matt. 10.32,33). Il n’a jamais suggéré que quelqu’un pourrait faire ces choses au nom d’un autre ou prendre un engagement pour lui sans son consentement. « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Rom. 14.12).

5. Ne pas baptiser son enfant serait ne pas respecter le souhait de Jésus, qui a bien dit : « Laissez venir à moi les petits enfants ».

Avant d’en tirer des conclusions sur le baptême des enfants, il est important de considérer le contexte de ces propos du Seigneur : « On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10.13-16). On n’amenait pas ces enfants pour les faire baptiser. On ne prenait aucun engagement au nom de ces enfants. On ne prétendait pas que ces enfants aient besoin de repentance ou de pardon. On demandait simplement à Jésus de prier pour eux et de poser ses mains sur eux (voir Matt. 19.13-15). Les enfants étaient importants aux yeux de Jésus et méritaient son temps et son attention. Mais la parole qu’il a prononcée à cette occasion n’avait rien à voir avec le baptême.

Le baptême des enfants ne correspond pas au baptême biblique

1. Les conditions pour recevoir le baptême

Le Nouveau Testament nous parle de trois choses qui doivent précéder le baptême : Il faut écouter l’Évangile (Rom. 1.16; 1 Cor. 15.1,2), croire en Jésus comme Fils de Dieu (Marc 16.15,16; Actes 2.41; 8.12,13,36,37; 18.8), et se repentir de ses péchés (Luc 24.46,47; Actes 2.38).

La repentance est la décision ferme et sincère d’abandonner ses péchés et de pratiquer la volonté de Dieu. Cette exigence s’accorde avec la description du baptême en 1 Pierre 3.21 : « Le baptême… est l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. » Quand on se fait baptiser, on s’engage à suivre Jésus. Sans repentance, sans engagement, sans désir de changer de vie, le baptême n’a plus sons sens.

Qui peut être baptisé ? Celui qui entend l’Évangile, croit en Jésus, et se repent de ses péchés. Au vu de ce que nous venons de lire, qu’est-ce qu’on peut dire de la pratique de baptiser des bébés ? Il est claire qu’un nouveau-né n’est capable de remplir aucune de ces conditions.

2. Le but du baptême.

Dans la Bible, le baptême est toujours pour le pardon des péchés, et là on parle de ses péchés personnels et non pas les péchés commis par autrui. Pierre dit le jour de Pentecôte : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé… pour le pardon vos péchés » (Actes 2.38). Ananias dit à Saul de Tarse : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés » (Actes 22.16).

L’enfant n’a pas encore commis du péché, et il ne vient pas dans ce monde ayant une âme déjà souillée par le péché d’autrui. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « innocents ». N’ayant pas de péché, les bébés n’ont pas besoin du baptême.

3. La forme du baptême.

Le baptême biblique est une immersion dans l’eau. Cela est clair quand on considère le sens du mot grec qui est traduit par baptiser (il signifie « immerger »), quand on regarde les exemples bibliques où des personnes « descendent dans l’eau » pour recevoir le baptême et en sortent après (Actes 8.38,39; Matt. 3.16), et quand on réfléchit au symbolisme du baptême qui représente la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus (Rom. 6.2-7; Col. 2.12). La vaste majorité des soi-disant baptêmes administrés aux enfants se font par aspersion et ne constituent même pas des baptêmes. (Pour une étude plus approfondie de ce sujet, voyez Chemin de Vérité, Vol. 10, No. 4, La forme et le but du baptême.)

Conclusion

Dieu ne vous demande pas de faire baptiser votre nouveau-né. Il vous demande de faire de votre mieux pour l’éduquer de telle sorte qu’il se donne au Seigneur quand il sera assez grand, mais la Bible ne vous autorise nulle part à faire le choix à la place de votre enfant.

Si vous avez été « baptisé » quand vous étiez trop jeune pour savoir de quoi il s’agissait, si vos parents ont cru et se sont engagés à votre place, sachez que vous n’avez pas encore fait ce que Dieu demande. Cette cérémonie que l’on fait autour d’un bébé n’est pas le baptême dont parle la Parole de Dieu. Pour être sûr d’avoir obéi à Dieu, sûr de votre salut, « repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38).

B.B.


Voir aussi Les cérémonies de présentation d’enfant.

Les cérémonies de présentation d’enfant

Certaines dénominations qui n’acceptent pas le baptême des enfants organisent plutôt des cérémonies de présentation d’enfant. Une Église chrétienne évangélique au Canada, par exemple, explique sur son site web : « Puisque nous ne baptisons pas les nouveau-nés à notre Église, nous offrons la possibilité aux parents chrétiens de présenter leur enfant au Seigneur et à l’Assemblée lors d’une cérémonie spéciale à cet effet le dimanche matin. » Bien que cette Église elle-même reconnaît le parallèle entre cette cérémonie et le baptême des enfants (qu’elle rejette), il est surprenant de trouver la prétention que cette pratique trouve son origine dans la Bible.

Étant donné que le Nouveau Testament ne recommande pas et ne fournit aucun exemple d’une telle cérémonie dans les Églises, en quoi son origine se trouve-t-elle dans la Bible ? On nous parle du commandement divin en Exode 13.12 : « Tout premier-né sera consacré au Seigneur. » Ce commandement, en fait, n’a rien à voir avec les cérémonies qu’on veut justifier, ni dans sa raison d’être ni dans son application. Dieu expliqua au peuple d’Israël : « Le jour où j’ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, je me suis consacré tous les premiers-nés en Israël » (Nombres 3.13). Non seulement ce commandement ne concernait pas les enfants qui n’étaient pas des premiers-nés, mais il ne concernait ni les petites filles ni les premiers-nés de la tribu de Lévi (Nombres 3.40,41). Quant à l’application de la loi, il s’agissait de payer un montant d’argent pour « le rachat » de l’enfant quand il aurait un mois (Nombres 18.15,16). Une autre loi ordonnait un sacrifice pour la purification cérémonielle de toute femme après son accouchement (Lév. 12). Il est question de ce sacrifice en Luc 2.21-24 après la naissance de Jésus. Ces commandements font clairement partie de l’alliance mosaïque plutôt que la nouvelle alliance.

On cite également l’exemple d’Anne, la mère de Samuel, pour justifier les présentations d’enfants dans les cultes. Anne avait été stérile, mais elle pria Dieu avec ferveur de lui donner un fils. Elle promit que si Dieu exauçait sa prière, elle consacrerait l’enfant à l’Éternel pour toute sa vie. Dieu lui donna un fils. Après que l’enfant a été sevré, sa mère le confia au prêtre Éli qui servait au tabernacle. Elle ne voyait plus son fils sauf quand elle allait au tabernacle pour le sacrifice annuel et apportait un habit pour l’enfant. Cet acte de piété chez Anne ne correspond pas aux cérémonies modernes dont nous parlons, et ce n’est pas du tout de cette manière que l’on recommande aux mères chrétiennes d’élever leurs enfants dans le Seigneur.

Il est normal de se réjouir avec un frère ou une sœur bénis par la naissance d’un enfant (1 Cor. 12.26). Il est bien de rappeler aux parents leur devoir en ce qui concerne l’éducation spirituelle de leurs enfants (Éph. 6.4; Tite 2.3,4). Il convient de remercier Dieu de la grâce que représente le don d’un enfant et de lui demander la sagesse dont on a besoin comme parent.

Mais méfions-nous d’instituer des cérémonies religieuses de notre propre chef. La Bible est notre seul guide. N’allons pas au-delà de ce qui est écrit. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : ce n’est pas parce que le Nouveau Testament nous enseigne de le faire qu’on crée des cérémonies de présentation d’enfant ; c’est parce qu’on veut quelque chose de semblable au baptême des enfants pratiqué par les autres. On a besoin de se rappeler l’avertissement que Moïse adressa aux Israélites concernant leurs voisins religieux : « Garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant… Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même » (Deut. 12.30).

B.B.

Combien de chemins mènent à Dieu ?

Existe-t-il plusieurs chemins qui mènent à Dieu? Si nous parlons de chemin dans le sens d’un parcours par lequel nous passons, selon l’action providentielle de Dieu dans nos vies, la réponse est sans doute «Oui!». Tout en respectant la liberté de choix (le libre arbitre) qu’il a donnée à chaque être humain, Dieu crée et se sert de circonstances pour favoriser notre salut. Il est certainement à l’œuvre de plusieurs manières que nous ne serons jamais à même de comprendre.

Telle personne cherche le bonheur dans la drogue, l’argent, le sexe, l’éducation ou autre chose qu’offre le monde, et finit par être déçue et reconnaître que son âme ne trouvera jamais de repos jusqu’à ce qu’elle cherche le repos en Dieu. Telle autre personne est attirée par sa curiosité – elle veut découvrir ce livre «mystérieux» qu’on appelle la Bible. Une troisième personne cherche Dieu après avoir été touchée en voyant ou en étant l’objet d’un acte d’amour chrétien. Telle autre se trouve dans une situation désespérée, que ce soit un problème médical ou financier ou social; elle prie Dieu, et Dieu le délivre du danger, peut-être de manière extraordinaire. La délivrance d’un problème physique, en effet, peut pousser à rechercher le salut spirituel. Des millions de Soudanais, victimes des violences perpétrées par un régime islamiste radical, se sont convertis au christianisme. Dieu s’est servi même des ces actes terribles: selon un de ces convertis, «les gens ont le vrai Islam, et ils préfèrent Jésus».

Qu’on accepte ou rejette la prétention que la violence est un trait du «vrai» Islam, l’idée que ces Soudanais ont choisi Jésus nous mène à un tout autre sens de l’expression «chemin vers Dieu». Évidemment, Dieu œuvre de diverses manières dans la vie de chacun, mais nous voulons savoir s’il y a diverses manières d’être sauvé par Dieu. Y a-t-il une seule vraie religion, ou bien est-ce que toutes les religions se valent? Existe-t-il un ensemble de principes qu’il faut suivre pour être accepté par Dieu, ou bien peut-on atteindre le paradis par une religion quelconque? Faut-il absolument connaître Jésus et croire en lui?

«Je suis le chemin…»

Pour trouver la réponse, commençons par quelques-unes des nombreuses déclarations catégoriques à ce sujet dans la Bible.

«Jésus dit [à Thomas]: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.» (Jean 14.6)

«[Jésus] leur dit: Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés.» (Jean 8.23,24)

«Sachez-le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous… Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.» (Actes 4.10,12)

«Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force.» (2 Thessaloniciens 1.7-9)

«Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie.» (1 Jean 5.10-12)

Pour nous qui croyons que la Bible est la parole inspirée de Dieu, notre réaction à ces versets est probablement ceci: «Il est donc clair que Dieu l’a dit. C’est réglé. Nous le croyons.» Mais considérons quelques vérités qui nous aideront à comprendre pourquoi Dieu parle de façon si catégorique à ce sujet.

Pourquoi Jésus serait-il le seul chemin?

Le problème de l’homme

Avant de comprendre et d’apprécier l’évangile, il faut reconnaître que le péché condamne l’homme et le sépare de Dieu. Ce n’est pas simplement l’homme dans un sens général ou abstrait. Chaque être humain, chaque personne responsable de ses actes, s’est rendu coupable de péché en faisant ce qui est contraire à la loi de Dieu, une loi écrite dans notre cœur, rendue encore plus détaillée dans l’Écriture. L’apôtre Paul consacre les premiers chapitres de son Épître aux Romains à la condition désespérée des hommes à cause du péché.

«Ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses… Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres… L’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec… Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés…

Il n’y a point de juste,
Pas même un seul;
Nul n’est intelligent,
Nul ne cherche Dieu;
Tous sont égarés, tous sont pervertis;
Il n’en est aucun qui fasse le bien,
Pas même un seul…
Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.» (Romains 1.32; 2.5,6,8,9,12,13; 3.10-12,23)

Non seulement tous les hommes ont commis du mal et sont sous la condamnation, mais ils ne peuvent pas enlever leurs propres péchés ou les compenser par leurs bonnes œuvres. Une loi qui ordonne le bien et interdit le mal n’a pas la fonction de rendre juste celui qui est déclaré injuste à cause de sa désobéissance. «Si une loi avait été donnée qui puisse procurer la vie aux hommes, alors l’homme pourrait être rendu juste devant Dieu par le moyen de la loi. Mais l’Écriture a déclaré que le monde entier est soumis à la puissance du péché» (Galates 3.21,22, FC). Si quelqu’un a mis du poison (par analogie avec le péché) dans un plat, le fait d’y ajouter des ingrédients ayant des vitamines et protéines (les bonnes œuvres) n’empêchera pas le poison de tuer. Le pécheur ne peut rien faire pour effacer ou cacher son propre péché.

La nature de Dieu

Pour vraiment comprendre l’évangile, il faut reconnaître aussi certains attributs de Dieu. Il est, bien sûr, souverain. Cela veut dire qu’il est le Roi et qu’il peut faire ce qu’il veut. «C’est moi qui suis Dieu. Je le suis dès le commencement, et nul ne délivre de ma main; j’agirai: qui s’y opposera?» (Ésaïe 43.12,13). Si l’on ne voyait que cette qualité de Dieu, on dirait que Dieu peut simplement effacer les péchés des hommes de façon arbitraire et ne pas en tenir compte. Il pourrait ainsi permettre aux hommes de s’approcher de lui, quel que soit le chemin qu’ils empruntaient.

Mais Dieu est non seulement souverain; il est juste et saint aussi. Parfaitement juste et saint. Et il refuse de compromettre sa justice. «Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même» (2 Timothée 2.13). Parce que Dieu n’acceptera jamais de faire le mal, la Bible nous rappelle qu’il est impossible qu’il mente (Hébreux 6.18). Mais sa justice l’empêche également d’accorder sa faveur aux coupables. Le prophète Habacuc lui dit: «Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder l’iniquité» (Habacuc 1.13). Abraham demanda un jour au Tout-Puissant: «Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice?» (Genèse 18.25). Dieu n’est pas un juge humain que l’on peut corrompre ou qui fera du favoritisme. Il fait respecter sa sainte loi, mais cela veut dire qu’il doit administrer la peine qu’ordonne cette loi, celle qui déclare «dignes de mort ceux qui commettent de telles choses».

Heureusement pour nous, Dieu est aussi un Dieu d’amour, plein de compassion et de miséricorde. Cet attribut est tellement remarquable chez Dieu que l’apôtre Jean dit simplement: «Dieu est amour» (1 Jean 4.8). À cause de son amour, il ne veut pas punir: «Je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure» (Ézéchiel 33.11).

Comment Dieu peut-il donc être fidèle à sa propre nature, sa justice aussi bien que sa miséricorde? La Bible parle de quelque chose qui s’appelle l’expiation. Expier, c’est couvrir un péché ou annuler l’effet du péché par un acte qui ôte la souillure ou la culpabilité. Dieu enseigna ce principe au peuple Israélite au moyen des sacrifices ordonnés dans la loi de Moïse. «Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation» (Lévitique 17.11). Le Nouveau Testament souligne la même idée: «Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon» (Hébreux 9.22). Puisque le salaire du péché, c’est la mort (Romains 6.23), le pécheur qui offre un sacrifice demande à Dieu d’accepter la vie de la victime à la place de la sienne.

Dieu enseigna ce principe à travers le sacrifice des animaux sous la loi de Moïse (même au temps des patriarches, tels qu’Abraham, Isaac et Jacob). Mais la personne qui réfléchissait aurait pu reconnaître un problème dans ce système: la vie d’un animal n’est pas égale à la vie d’un homme. Le Nouveau Testament confirme cette pensée gênante: «Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés» (Hébreux 10.4). Il fallait un homme qui puisse donner sa vie pour les coupables, mais un homme pécheur ne pourrait jamais servir de sacrifice valable. (Voilà pourquoi les animaux qu’on sacrifiait, ombres et symboles du sacrifice à venir, devaient toujours être «sans défaut».) Un homme criblé de dettes ne peut pas sortir son prochain de la dette; il faut un riche. Or, étant tous des pécheurs, tous les hommes sont endettés, incapables de se sauver, incapables de sauver les autres. Pour nous sauver donc, il fallait une personne sans péché.

Jésus est la seule personne qui pourrait servir de sacrifice valable. Étant sans péché (1 Pierre 2.22; 1 Jean 3.5; etc.), Jésus n’avait pas de dette à payer; au contraire, sa richesse spirituelle est inimaginable. Étant, pas simplement un homme, mais le Fils de Dieu, la valeur de sa vie dépasse celle de tous les hommes réunis. Il peut racheter par sa mort, non pas un seul pécheur, mais tous les pécheurs qui se confieront en lui. «Celui qui n’a point connu le péché, [Dieu] l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu» (2 Corinthiens 5.21).

Voilà donc pourquoi nous trouvons ces déclarations sans appel concernant le seul Sauveur:«Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous» (1 Timothée 2.5,6). «Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse» (Actes 13.38,39).

De faux arguments

Trop de personnes se laissent embrouiller et persuader par des arguments captieux contre l’enseignement de la Bible sur ce point, des arguments erronées qui ne font qu’égarer.

«Toutes les religions sont pareilles. Les noms pour Dieu varient, et on insiste sur différentes vérités, mais au fond c’est la même chose.» Il est vrai que les différentes religions ont beaucoup en commun – c’est normal, puisque, selon Romains 2.14,15, Dieu a écrit sa loi dans les cœurs de tous les hommes. Mais les différentes dénominations dites «chrétiennes» se contredisent sur beaucoup de choses: la manière d’adorer Dieu, la manière de déterminer sa volonté, les conditions du salut, les rôles des hommes et des femmes, et même la nature de Dieu (Existe-t-il en trois personnes divines? S’agit-il d’une seule personne divine qui s’appelle Jésus? Ou bien, Jésus n’est-il rien qu’un ange glorifié?). Les divergences entre les religions mondiales sont encore plus frappantes: l’Islam (Sunnisme et Chiisme), le Judaïsme, l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, le Shintoïsme, et toutes les religions tribales et traditionnelles du monde. Aucune de ces religions n’enseigne ce que dit le Christianisme sur l’œuvre de Dieu pour racheter les hommes pécheurs par le sacrifice de son propre Fils. Le Christianisme dit qu’il y a un seul Dieu éternel qui créa l’univers. L’Hindouisme dit que tout est Dieu: vous êtes Dieu, je suis Dieu, l’objet sur lequel vous êtes assis est Dieu. L’Islam nie que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est mort pour nos péchés. Non. Toutes les religions ne sont pas pareilles.

«Les différentes religions sont bien différentes, mais elles sont quand même toutes valables.» La liberté de culte ordonne que tous les points de vue religieux soient protégés; toute personne a le droit de croire ce qu’elle veut. Mais on ne doit pas tirer de là la conclusion que tous les points de vue ont la même validité.

La base de ce raisonnement est l’idée que la vérité est subjective, qu’elle dépend du goût et de la volonté de la personne qui croit. Ainsi, vous auriez votre vérité, et moi, j’aurais la mienne. Soyons francs: nous n’acceptons pas un tel raisonnement dans les autres domaines de la vie – pourquoi l’accepter en ce qui concerne la vie spirituelle? Si, par exemple, un maître d’école enseignait aux enfants que deux et deux peuvent faire cinq ou six si quelqu’un le croit sincèrement, ce maître ne garderait sûrement pas son poste. Si un fabriquant de cigarettes prétendait, pour vendre ses produits, que le tabac n’est pas nuisible à la santé de la personne qui ne veut pas qu’il soit nuisible, on condamnerait cette société pour publicité mensongère. La vérité objective existe. Si ceux qui affirment avec confiance que toute vérité est subjective étaient capables de prouver que leur prétention est juste, ils auraient établi au moins une vérité objective et auraient démenti par là leur propre position.

«Une personne qui pense qu’elle a raison et que tous ceux qui disent le contraire ont tort est forcément arrogante et mesquine.»

Voilà un exemple classique de l’erreur de logique appelée ad hominem. Il s’agit d’un effort d’invalider un argument en s’attaquant au caractère de ceux qui l’avancent. C’est un sophisme évident, car la vérité d’une position ne dépend nullement des qualités de ceux qui y croient. Même si tous les chrétiens qui disent que le salut se trouve uniquement en Christ étaient réellement arrogants et immoraux, cela ne serait pas une preuve qu’ils avaient tort de croire ainsi.

D’ailleurs, il n’y a aucune raison d’accuser d’arrogance tous ceux qui croient qu’il y a une seule voie de salut. Supposez que vous avez fait tout votre possible pour découvrir la vérité et que vous avez été convaincu que le message du christianisme est vrai. Vous avez humblement accepté comme un don merveilleux de la part de Dieu l’évangile concernant la mort et la résurrection de Jésus pour sauver les hommes du péché. Êtes-vous automatiquement arrogant et méchant pour avoir accepté que ce message est vrai, même si la conclusion logique est que ceux qui rejettent ce message sont dans l’erreur? Pas du tout. Autrement, la même accusation s’applique à la personne qui insiste que toute vérité est subjective et que ceux qui croient qu’elle ne l’est pas sont dans l’erreur.

«Ceux qui croient en Jésus le font simplement parce qu’ils sont nés dans un milieu chrétien. Leur croyance ne peut pas être valable, car s’ils étaient nés en Arabie, par exemple, ils seraient certainement musulmans.»

Nous avons affaire ici à un faux raisonnement appelé «sophisme génétique». C’est une méthode d’analyse consistant à critiquer ou à approuver une croyance ou une théorie non pas en analysant son contenu, mais en se fondant sur sa genèse, et tout particulièrement sur les intentions attribuées à son auteur. Le fait vous croyez certaines choses à cause du pays et de l’époque où vous êtes né n’a rien à voir avec la vérité de ces croyances. Si vous étiez né en Grèce il y a des millénaires (ou n’importe où au monde avant le temps de l’astronome polonais, Nicolas Copernic, du 16e siècle), vous auriez probablement cru que le soleil tournait autour de la terre. Est-ce que cela suggère que votre croyance que la terre gravite autour du soleil est fausse ou injustifiée? Bien sûr que non! Si vous avez accepté aveuglément que Jésus est le seul chemin parce que vos parents vous l’ont dit, ou si vous l’avez accepté après des années de recherches et de réflexion sur la fiabilité des documents du Nouveau Testament, les prophéties de l’Ancien Testament et les données historiques qui appuient la résurrection de Jésus, quel que soit le moyen par lequel vous avez fini par le croire, tout cela ne change pas la réalité concernant le Christ et son rôle dans le salut de l’homme.

Conclusion

La Bible est claire: Jésus est le seul chemin, et nul ne vient au Père que par lui. Quand Jésus priait dans le jardin de Gethsémané, peu de temps avant son arrestation, sa torture et son exécution sur la croix, il éprouvait de l’angoisse. Il suppliait Dieu de l’épargner. «Il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux» (Matthieu 26.39). S’il avait été «possible» de sauver l’homme d’une autre manière, sans que ce soit par la mort de son Fils bien-aimé, pensez-vous que Dieu aurait refusé ce que Jésus demandait? Aurait-il réellement demandé à Jésus de souffrir inutilement cette humiliation, cette douleur atroce, cette souffrance inexprimable, sans que cela soit nécessaire? Si la mort de Jésus n’était pas le seul remède aux péchés des hommes, la venue de Jésus sur terre n’aurait pas de sens, et la fermeté des premiers chrétiens face à la persécution violente serait de la folie.

Il se peut que l’on nous traite d’hommes ayant l’esprit borné et que l’on nous persécute parce que nous refusons d’admettre que les autres voies de salut soient valables. Quoi qu’il en soit, restons fidèles à la vérité de l’évangile. Ne minimisons jamais l’importance vitale de la croix de Jésus. Ne minimisons ni la gravité de notre péché, ni la sainteté de Dieu, ni la nécessité absolue de la mission de Jésus. Il n’est pas un chemin parmi tant d’autres – il est LE chemin.

Totalement mauvais ?

Quand Dieu interrogea Adam sur le péché qu’il avait commis en mangeant le fruit défendu, ce dernier n’hésita pas d’accuser Ève. Il dit à Dieu : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. » Ève, à son tour, au lieu de reconnaître sa faute, accusa Satan : « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé » (Gen. 3.12,13). Une doctrine répandue de nos jours permet à tout le monde de rejeter sur autrui la faute de ses péchés. Il s’agit de la doctrine de « la dépravation totale », qui prétend que depuis « la chute » (le péché d’Adam et Ève), la nature de toute personne est corrompue dès sa conception dans le ventre de sa mère.

Une version assez extrême de cette pensée fut propagée par le réformateur protestant Jean Calvin il y a environ 500 ans. Il écrivit : « Tous les hommes sont conçus dans le péché, et naissent les enfants de colère, indisposés à tout bien, inclinés au mal, morts dans le péché, et esclaves du péché. Et sans la grâce régénératrice du Saint-Esprit, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, corriger leur nature dépravée, ou se disposer à sa correction. » Ceux qui épousent ce point de vue ont l’habitude de dire que l’homme est « totalement dépravé ».

Contrairement à beaucoup de Protestants et d’Évangéliques, l’Église Catholique ne dit pas que la dépravation de l’homme est « totale », mais elle maintient que la nature de l’homme subit un changement. Selon le Catéchisme de l’Église Catholique, « Adam et Ève commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu. C’est un péché qui sera transmis par propagation à toute l’humanité, c’est-à-dire par la transmission d’une nature humaine privée de la sainteté et de la justice originelles » (#404).

Ne pourrait-on pas dire alors que si nous péchons, c’est par la faute d’Adam et Ève ? Serions-nous vraiment capables de faire le bien, étant nés avec cette nature déchue, corrompue et affaiblie ?

Selon certains enseignants religieux, nous n’en sommes pas capables. Le Catéchisme de l’Église Réformée de France dit que la grâce de Dieu « n’est point à la disposition des hommes. On ne peut même pas la désirer sérieusement. Pourquoi pas ? Parce que tout homme au fond de lui-même est mauvais, détourné des choses de Dieu et son ennemi. Il ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de cette tendance naturelle. » Mais que dit la Bible à ce sujet ?

Dieu s’attend à ce que les hommes le cherchent.

Même s’ils ne le font pas toujours comme cela se doit, les hommes sont capables de chercher Dieu. « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre… il a voulu qu’ils cherchent Dieu, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous » (Actes 17.26,27). « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11.6). Comment Dieu pourrait-il être le rémunérateur de ceux qui le cherchent si, compte tenu de notre dépravation totale, aucun de nous ne serait capable de le chercher ou même de vouloir le chercher ?

Jésus dit aux hommes : « Cherchez, et vous trouverez » (Matthieu 7.7), et « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6.33). Tant de promesses vaines, si cette doctrine de la dépravation était vraie.

Jésus dit qu’un homme peut vouloir faire la volonté de Dieu.

Jésus dit : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef » (Jean 7.17). Selon la doctrine de la dépravation totale, personne ne pourrait savoir que l’enseignement de Jésus était de Dieu, car personne ne peut vouloir faire sa volonté.

Paul montre que « la chute » n’a pas détruit la conscience de l’homme.

La « chute » n’a évidemment détruit ni la conscience de l’homme ni son sens du bien et du mal : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusent ou se défendent tour à tour » (Romains 2.14,15).

La Bible enseigne qu’il y a des hommes qui, bien que coupables de péché et ayant besoin du pardon, arrivent à faire du bien. Corneille, qui n’était pas encore né de nouveau, est décrit de cette façon en Actes 10.2 : « Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. » La suite de l’histoire montre qu’il avait besoin d’entendre des paroles par lesquelles il serait sauvé (Actes 11.14). Il était donc un pécheur, comme chacun de nous, mais il n’avait certainement pas l’air d’un homme « totalement dépravé ».

La Bible invite les hommes à bien choisir.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24.15). « Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ézéchiel 18.31,32). « Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7.37). « Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement » (Apocalypse 22.17). Du début à la fin la Bible est remplie d’appels pleins d’amour qui n’auraient aucun sens, qui seraient même cruels, si l’homme perdu n’avait aucune possibilité d’y répondre.

Jésus dit que certains ont le cœur honnête et bon.

Dans le texte qu’on a l’habitude d’appeler la Parabole du Semeur (Luc 8.5-15), Jésus décrit différentes sortes d’auditeurs de la Parole de Dieu et les différentes manières de recevoir cette semence spirituelle. En expliquant ce qui arrive quand la semence tombe dans la bonne terre et porte beaucoup de fruit, le Seigneur dit : « Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » (Luc 8.15). Évidemment, certains, au lieu d’avoir un cœur dépravé, ont un cœur honnête et bon. L’état de ton cœur dépend de toi : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4.23).

Notre situation ne diffère pas fondamentalement de celle d’Adam.

En fait, tout comme Adam ne fut pas créé mauvais, pourtant il céda à la tentation et choisit le mal, nous autres, nous sommes tentés et devons choisir soit de céder soit de résister. Le diable emploie souvent les mêmes tactiques contre nous que ceux par lesquels il a séduit Ève : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2.16; voir Gen. 3.6). Au lieu d’avoir une nature différente de celle d’Adam, nous sommes tentés de la même manière et devons faire de notre mieux pour résister.

Oui, nous finissons tous par pécher, mais nous devons en accepter humblement la responsabilité. Nous devons aussi prendre du courage dans la certitude que nous sommes capables de nous tourner vers Dieu et de croire à son Évangile pour être sauvés.

La puissance de Dieu pour le salut

Liée à cette idée de dépravation est une doctrine corollaire qui ne fait pas honneur à la Parole de Dieu. Cette doctrine prétend que, compte tenu de notre état déchu, le Saint-Esprit doit toucher notre cœur directement et nous amener lui-même à croire en Jésus. Le catéchisme de l’Église Réformée de France exprime l’idée de cette façon : « Nous ne pouvons pas croire en Jésus-Christ par nos propres forces… La foi en Jésus-Christ est l’œuvre directe de Dieu lui-même en nous… Notre foi est le miracle du Saint-Esprit au-dedans de nous… Dieu nous place en face de son Fils mais ne nous laisse pas conclure librement ce que nous allons en penser. S’Il nous laissait libres à ce moment-là, Il nous perdrait sans aucun doute, car de nous-mêmes nous sommes fermés à la grâce et ennemis de Dieu. »

Il est certainement vrai que l’homme ne peut pas se sauver lui-même par ses propres efforts. Il ne peut jamais faire assez de bonnes œuvres pour effacer un seul péché. Sans que Dieu ne prenne l’initiative, aucun pécheur n’aurait le salut. Mais Dieu a bien pris l’initiative : « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5.8). Cette initiative, il l’a prise en faveur de tous les hommes, car « Dieu ne fait pas acception de personnes » (Actes 10.34). Jésus a donc ordonné que la repentance et le pardon des péchés soient prêchés à toute la création (Luc 24.47; Marc 16.15).

Nous ne devons pas considérer la Parole de Dieu comme une « lettre morte » qui n’a aucun pouvoir de toucher un cœur si Dieu n’y met pas la main. L’Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1.16). « La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants » (Hébreux 4.12). Pierre rappelle aux chrétiens : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu… et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile » (1 Pierre 1.23,25).

Le Saint-Esprit convainc les hommes du péché (Jean 16.8), mais au lieu de toucher directement les cœurs, il agit au moyen d’un instrument, son « épée » qui est la Parole inspirée (Éphésiens 6.17). « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10.17; voir aussi Jean 20.30,31).

Il n’y a pas d’appel de Dieu en plus de l’Évangile. C’est par l’Évangile que l’on est tous appelé (2 Thessaloniciens 2.14). Si tous les hommes n’acceptent pas l’Évangile, la faute n’est ni à une nature totalement dépravée ni à Dieu, qui n’aurait pas envoyé son Esprit pour leur donner la foi. Ce n’est pas que Dieu fait du favoritisme. La faute est bien à l’homme, un être libre. Jésus dit à certains : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5.40). Nous ne devons pas simplement attendre que Dieu ait pitié de nous et nous accorde la foi ; il nous tend le bouée de sauvetage – saisissons-le ! Nous en sommes capables !


Il n’est pas trop difficile de reconnaître que tous les hommes sont pécheurs – nous voyons nos propres défauts et ceux des autres. Dire, par contre, que l’homme « non régénéré » ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de ses mauvais penchants semble bien exagéré. Nous voyons quand même des actes d’héroïsme, de générosité, de tendresse, de fidélité dans les circonstances les plus difficiles, et bien d’autres preuves de vertu. Quels arguments, tirés de la Bible, les partisans de la dépravation totale emploient-ils pour soutenir leur croyance ? Voici les deux les plus courants :

« Par nature enfants de colère »

« Nul ne cherche Dieu »

Le péché originel

Conséquences du premier péché

Quel est l’état spirituel de l’enfant qui vient de naître? Porte-t-il des effets de ce qu’on a l’habitude d’appeler « le péché originel » (le péché commis par Adam et Ève dans le jardin d’Éden) ? De fausses réponses à cette question influencent les pratiques et les doctrines de beaucoup d’Églises, qu’elles soient catholiques, protestantes, orthodoxes, ou autres.

Le baptême des enfants

Beaucoup ont enseigné que l’enfant vient dans le monde déjà souillé, ayant hérité ce « péché originel » de ses parents, qui à leur tour l’avaient hérité de leurs parents. La culpabilité et la condamnation seraient ainsi transmises à tout être humain depuis ce premier couple que Dieu a créé jusqu’à nos jours. L’idée du « péché originel » est à l’origine de la pratique du baptême des nouveaux-nés. Puisque l’enfant serait dès sa naissance un pécheur, spirituellement mort, il aurait besoin du baptême, même s’il n’était pas capable de le demander. Un prêtre catholique au Cameroun a justifié ainsi cette pratique : « L’enfant n’a pas choisi le péché originel, et le diable ne lui a pas demandé son avis avant de lui le donner. Il n’a pas dit : Je te donnerai le péché originel quand tu seras capable de choisir… Dieu, de la même manière, peut donner sa grâce à un enfant sans son consentement. Certains parents disent à leur enfant qu’il aura la vie divine quand il sera grand, que c’est lui qui va choisir. N’est-ce pas ces mêmes parents qui ont décidé de lui donner la vie humaine sans son consentement ? Pourquoi faut-il le consentement pour la vie divine, infiniment plus importante que la vie humaine ? » (La faute de raisonnement dans cette citation est qu’en traitant le baptême des enfants l’auteur suppose que la question du péché originel est déjà réglée ; il traite comme une vérité évidente l’idée que le diable puisse « donner » le péché à un bébé. Mais le principe que le péché souille dès la naissance doit être vérifié à la lumière de la Bible avant d’être admis.)

L’immaculée conception

La doctrine du péché originel posait un problème logique aux théologiens : si nous naissons tous souillés par le péché de nos premiers parents, Jésus-Christ n’aurait pas pu être le sacrifice « sans défaut » pour nous sauver. Sous la Loi de Moïse, le sang offert en sacrifice devait être celui d’une bête en bonne santé, sans défaut (Lévitique 22.18-20; Nombres 6.14; Deutéronome 15.21; etc.). Jésus s’est offert et nous a rachetés par son sang, « le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tâche » (1 Pierre 1.19). Le défaut qui aurait disqualifié Jésus, c’est le péché; mais il n’en avait pas. « Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché » (1 Jean 3.5). « Lui qui n’a point commis de péché… a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pierre 2.22-24). (Voir aussi 2 Corinthiens 5.21.) Il fallait que Jésus soit sans péché afin de pouvoir porter les nôtres. Mais si le péché est hérité, s’il se transmet d’une génération à l’autre par la simple naissance, Jésus lui-même en aurait été souillé par sa mère, Marie. Même si Marie n’avait pas personnellement commis du péché (ce que la Bible n’affirme nulle part), elle aurait été, selon cette doctrine, contaminée par le péché originel depuis sa naissance et transmettrait cette même souillure à ses enfants, y compris Jésus. C’est ainsi qu’on a inventé une doctrine dont la Parole de Dieu ne dit absolument rien : la conception immaculée. Beaucoup pensent que cette expression se réfère au miracle par lequel Marie, étant vierge, devint enceinte sans avoir des rapports sexuels. En fait, ce dogme catholique se rapporte à la conception de Marie elle-même dans le ventre de sa mère. Marie aurait été conçue de telle sorte qu’elle ne soit pas souillée par le péché originel. Marie, et plus tard Jésus, aurait ainsi été les seules personnes à naître dans le monde dans un état de pureté. Encore, aucun verset de la Bible ne traite ni de la conception ni de la naissance de Marie.

Que penser donc du péché originel ? Est-ce que le péché héréditaire existe et justifie donc le baptême des nouveaux-nés et la doctrine de l’immaculée conception ?

Chacun rendra compte pour lui-même

Un premier problème en ce qui concerne l’idée répandue du péché originel hérité, c’est qu’elle est en conflit avec un principe enseigné tout au long de la Parole de Dieu: la responsabilité individuelle. Il est vrai que mes actions peuvent avoir des effets négatifs dans la vie d’autres personnes, mais ces personnes ne sont pas jugées ou condamnées pour mes péchés.

En Ézéchiel 18, le prophète répond au peuple qui, puni par Dieu, essayait de rejeter la faute sur leurs ancêtres. « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ? Je suis vivant! dit le Seigneur, l’Éternel, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi; l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra… Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.2-4,20). Dieu avait enseigné ce même principe de justice dans la loi de Moïse : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères; on fera mourir chacun pour son péché » (Deutéronome 24.16).

Ce principe fondamental de la justice ne s’applique pas seulement dans la vie sur terre ; Dieu nous dit clairement et à maintes reprises qu’il agira selon le même principe d’équité au dernier jugement.

Romains 14.12 dit simplement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (et non, évidemment, pour Adam et Ève).

Deux Corinthiens 5.10 énonce le même principe : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » (Remarquez que tout en enseignant que nous serons jugés selon nos actions au lieu des décisions de nos parents ou de nos enfants, ce verset précise que le jugement de chacun concerne ce qui s’est fait quand il était « dans son corps », donc avant sa mort. La prière pour les morts est donc inutile pour deux raisons.)

Jésus, pour sa part, affirme cette même vérité en Matthieu 16.27 : « Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses saints anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. »

Citons enfin ces versets qui expriment la même idée en termes de semailles et de moisson : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle » (Galates 6.7,8).

En parlant du dernier jugement, la Bible ne dit nulle part que Dieu condamnera un enfant pour le péché d’Adam. Selon les versets que nous venons de voir, la seule personne qui rendra compte pour le péché d’Adam, c’est Adam lui-même.

Son sang nous purifie de tout péché

Avant de laisser l’idée que le péché pourrait se transmettre lors de la conception et la naissance d’un enfant, réfléchissons à ceci : La Bible dit en Éphésiens 1.7 qu’en Christ « nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » L’apôtre Jean dit à ses frères en Christ : « Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1.7). Une femme qui est en Christ et qui « marche dans la lumière » serait en communion avec Dieu et avec son Église et purifiée de tout péché. Même si l’on pouvait hériter le péché, comment une femme ainsi purifiée pourrait-elle transmettre une souillure quelconque à son enfant ?

D’où vient l’idée du péché originel ?

Pour ne pas être injustes, reconnaissons qu’il y a un texte biblique qui, à premier abord, semble soutenir la conception du péché originel que nous mettons en doute. Il s’agit de Romains 5.12-21, et notamment les versets 12 et 19:  « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché,… Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. »

Notons premièrement certains éléments-clés qui ne paraissent pas du tout dans ce texte : Il ne mentionne ni les enfants, ni la conception ni la naissance ni la transmission du péché de la mère à l’enfant.

Rappelons-nous ensuite le contexte de ces versets dans le cadre de l’Épître aux Romains, dans laquelle Paul répond à la question: Comment l’homme peut-il être juste devant Dieu? L’apôtre met l’accent sur ce que Dieu fait pour nous sauver et sur l’impossibilité pour l’homme de se sauver lui-même par ses propres efforts sans l’intervention de Dieu. Paul consacre la plus grande partie des trois premiers chapitres à prouver que tous les hommes étaient sous la condamnation de Dieu, des objets de sa colère légitime, à cause de leurs péchés: idolâtrie, perversions sexuelles, orgueil, amour de l’argent, ruse, ingratitude, rébellion envers leurs parents, manque de miséricorde, hypocrisie, etc. Il démontre que les Juifs aussi bien que les païens commettaient ces péchés et conclut que «tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3.23). (On se demande pourquoi Paul se donne la peine de prouver que tous les hommes font du mal et omettent souvent de faire le bien qu’ils devraient faire s’il les considère pécheurs par le simple fait de naître dans le monde, souillés dès le départ par l’acte de leurs premiers ancêtres.)

Paul passe ensuite à une explication et défense de l’Évangile, qu’il a déjà appelé au 1.16 « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ». Cet Évangile nous apprend que par la mort de Christ sur la croix, Dieu a payé notre dette, puni notre péché et ainsi satisfait aux demandes de la justice divine. Pour en bénéficier, le pécheur doit manifester une foi obéissante. Il est incapable d’offrir à Dieu une vie parfaite qui mérite le bonheur éternel; il doit humblement accepter, par la foi en Christ, le don que Dieu lui offre. Comme Abraham démontrait sa foi en obéissant à l’ordre de quitter sa patrie et plus tard à l’ordre d’offrir en sacrifice son fils, Isaac, le pécheur démontre sa foi par ses actions. Dieu sauve les hommes, non pas sur la base de la circoncision ou l’observance de la Loi de Moïse, mais sur la base de la foi en Christ. Au chapitre 5 Paul explique les effets merveilleux de la justification que nous avons à cause de Christ, tels que la paix avec Dieu, l’espérance de la gloire, la consolation dans les afflictions, la certitude de l’amour de Dieu, et la joie.  Puis il nous assure que la justification en Christ est plus que suffisante pour annuler les effets du péché d’Adam.

Quels sont les effets du péché d’Adam? Dieu avait dit à Adam, concernant l’arbre dont le fruit était défendu: « le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2.17). Après le péché d’Adam, deux sortes de  mort sont venues : la mort spirituelle (la séparation d’avec Dieu) et la mort physique. Adam et Ève furent bannis du jardin où ils avaient joui de la communion avec leur Créateur, et le processus de la mort physique s’est mis en marche dans leurs corps. Depuis ce jour, nous sommes tous destinés à mourir physiquement, quelles que soient notre justice ou notre méchanceté.  Nous subissons les conséquences du péché d’Adam, tout comme les hommes souffrent certains maux tous les jours à cause des méfaits de leurs prochains ou de leurs prédécesseurs. La mort physique vient uniquement de la faute d’Adam – des bébés meurent, mais cela n’a rien à voir avec leur moralité. La mort spirituelle, par contre, est attribuée dans la Bible à la désobéissance de chaque personne individuellement (Ephésiens 2.1 – nous étions morts par nos offenses, pas celles d’autrui.)

Au chapitre 7 nous avons un autre indice que l’être humain n’entre pas dans le monde déjà condamné. Dans ce passage Paul détaille le rôle de la Loi de Moïse dans l’emprise du péché sur les hommes (ayant dit dans les premiers versets que le chrétien est libéré de cette ancienne loi). Bien qu’elle soit sainte et bonne, la loi aggravait, à cause de la faiblesse humaine, la situation en ce qui concerne le péché. « Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus » (Romains 7.9). Paul pense à un temps où il était «sans loi», inconscient de péché, pas encore condamné à la mort. Apparemment ce temps était l’enfance, avant qu’il ne soit responsable devant la loi, avant qu’il n’en ait connaissance, avant qu’il ne soit condamné par elle. Quand, arrivé à un certain âge, il fut instruit dans la loi et mis devant sa responsabilité envers elle, («le commandement vint»), le péché «reprit vie.» Il se manifesta concrètement dans la violation des commandements, et Paul mourut spirituellement.

Qu’est-ce que Paul veut dire alors, quand il dit en Romains 5.19 : « Par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs » ? Étant donné que, comme nous l’avons vu à maintes reprises, « chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même », il ne veut pas dire que Dieu nous déclare coupables d’un acte que nous n’avons pas commis et n’avions aucun moyen d’empêcher – ce serait contraire à sa justice. Mais comment avons-nous été « rendu pécheurs » par le mauvais choix d’Adam ? On peut certainement constater que depuis Adam, chaque personne naît dans un monde où l’humanité entière (toutes les personnes responsables de leurs actes) est pécheresse. Instruits par des exemples imparfaits, voire corrompus, tous continuent dans le même chemin. Quand David dit en Psaume 51.7, «Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché, » il veut dire simplement qu’il est né dans un monde où le péché l’entourait; c’est pas qu’en tant que nourrisson il s’est mis déjà dans la danse. Il est intéressant de noter qu’une traduction littérale d’Actes 2.8 dit : « Comment entendons-nous, chacun dans notre propre dialecte, dans lequel nous sommes nés ? ». On est « né dans une langue ». Évidemment, l’enfant ne parle pas dès qu’il sort du sein maternel, mais il est entouré d’une langue, et c’est cette langue qu’il apprendra à parler. De même, grâce à Adam et Ève, nous naissons dans un monde empreint du péché. Nous suivons l’exemple de ceux qui nous entourent dès notre enfance. Qui de nous se rappelle le premier péché qu’il a vu ou qu’il a commis ?

Il a aussi été suggéré que « Par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs » se réfère à l’idée que tous les êtres humains portent l’étiquette de « pécheur » parce qu’ils subissent tous la punition que le péché a fait venir dans le monde (la mort physique). De la même manière, Jésus porte l’étiquette de « maudit » selon Galates 3.13 : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, – car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois. » Christ n’est pas appelé maudit parce qu’il a fait quelque chose de « maudissable », mais parce qu’il a subi le châtiment d’un homme maudit – Deutéronome 21.22,23. La mort est le salaire du péché, et nous recevons tous ce salaire.

Mais pour revenir à l’argument de Paul en Romains 5, le sacrifice de Jésus est suffisant pour annuler tous les effets du péché d’Adam. La mort physique ? « Puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme [Jésus] qu’est venue la résurrection des morts » (1 Corinthiens 15.21). La mort spirituelle ? « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ » (Éphésiens 2.4,5). Cette vie est offerte à tous les hommes qui remplissent la condition d’une « foi qui est agissante par l’amour » (Galates 5.6). « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5.13). Les petits enfants qui ne sont pas encore capables de croire ne sont pas concernés par cet offre de la vie, car ils ne sont pas encore morts spirituellement. Ils n’ont pas commis de péché et ne sont coupables de rien.   

Ainsi, les bébés n’ont pas besoin du baptême, et Marie n’avait pas besoin d’une « immaculée conception ». En réalité, toute personne bénéficie d’une immaculée conception, étant née dans un état de parfaite pureté. Dieu, «  le Père des esprits » (Héb. 12.9), de qui nous recevons « toute grâce excellente et tout don parfait » (Jacques 1.17) ne donne pas au nouveau-né une âme déjà souillée (Éccl 12.9). Répétons-le : « Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.20).

B.B.

Le baptême des enfants

Compte tenu de l’innocence des enfants qui viennent de naître, la justification traditionnelle du baptême des nouveaux-nés n’est pas valable. Voilà pourquoi nous ne voyons aucune trace de cette pratique dans le Nouveau Testament, où le baptême est toujours accompagné de la foi (Marc 16.16; Actes 18.8; etc.). Il est précisé en Actes 8.12 que « hommes et femmes se firent baptiser ». Quand l’eunuque éthiopien demanda à Philippe « qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.36,37). Évidemment il n’était pas autorisé de baptiser celui qui ne croyait pas.

Les défenseurs du baptême des enfants citent les conversions de familles entières – il y en a trois dans les Actes : Corneille (10.44-46), Lydie (16.14,15) et le geôlier philippien (16.32-34). Ils nous disent qu’il y avait sûrement des enfants dans ces familles et que ces enfants ont donc été baptisés. Mais dans le cas de la famille de Corneille, le texte parle explicitement de « ceux qui écoutaient la parole ». Pour ce qui est du geôlier, il est dit que Paul et Silas « lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi à tous ceux qui étaient dans sa maison », et après le baptême, « il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu ». Est-ce que les bébés, aussi, ont suivi la prédication et se sont-ils réjouis de la conversion du geôlier ? Quant à Lydie, afin de s’appuyer sur son cas pour soutenir le baptême des bébés, il faut supposer : 1) qu’elle était mariée (sa « famille » pouvait se composer de sœurs, de neveux, de domestiques, etc.); 2) qu’elle avait des enfants; 3) que quelques-uns de ces enfants étaient des bébés. Tout cela est possible, mais pas forcément le cas. On peut avoir une famille sans être marié, sans avoir des enfants, ou sans avoir des bébés ou enfants très jeunes. Soyons honnêtes : La Bible n’enseigne nulle part que les bébés ont besoin du baptême. Jésus a bien dit : « Laissez venir à moi les petits enfants », mais cela n’a rien à voir avec le péché originel ou le baptême. Amenons nos enfants à Jésus dans le sens de leur apprendre sa volonté au fur et à mesure qu’ils seront capables de la comprendre.

Le salut par la foi

La Bible affirme clairement que la puissance capable de procurer le pardon des péchés des hommes, c’est le sang de Jésus. Sa mort paya le prix de nos péchés (Éph. 1.7; Rom. 5.6-9; Héb. 9.14; 1 Pi. 1.18,19). Mais comment et quand un individu entre-t-il en contact avec ce sang purificateur ? Quelle est la condition (ou quelles sont les conditions) à satisfaire pour que Dieu accorde son pardon aux pécheurs que nous sommes ?

Beaucoup enseignent que la foi est la seule condition pour recevoir la vie éternelle. Pour obtenir le pardon de ses péchés, il suffirait de « recevoir Jésus dans son cœur » ou de « l’accepter comme son Seigneur et Sauveur personnel ». Cette doctrine est-elle vraie ? Que dit la Bible au sujet des conditions du salut ?

La foi est essentielle au salut

 De nombreux passages bibliques enseignent que nous sommes sauvés par la foi :

Jean 3.16 – Dieu donna son Fils « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Romains 1.16 – L’Évangile « est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. »

Romains 5.1 – « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu. »

Éphésiens 2.8 – « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. »

Évidemment la foi est nécessaire au salut, et sans la foi personne ne sera sauvé.

Mais aucun passage ne dit que nous sommes sauvés par la foi seule :

Les versets que nous venons de citer prouvent que la foi est nécessaire, mais ils ne disent pas s’il y a d’autres étapes, ou si « croire » signifierait plus que le fait d’accepter que telle ou telle idée est vraie.

Quelqu’un dira : « Il va sans dire que, pour avoir une foi qui sauve, il faut se repentir et confesser Jésus de sa bouche. Tout le monde comprend cela. » Oui, mais comment le comprend-on ? Nous savons que la repentance et la confession sont essentielles parce que d’autres passages l’affirment.

En effet, nous avons besoin d’accepter tout ce que la Parole de Dieu exige. Jésus rappela au diable : « L’homme vivra de… toute parole qui sort de la bouche de l’Éternel » (Matt. 4.4). L’apôtre Paul dit aux anciens de l’Église d’Éphèse : « Je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher » (Actes 20.26,27). Les derniers mots du Nouveau Testament défendent formellement de retrancher quoi que ce soit de ses paroles (Apoc. 22.19). Jésus chargea ses disciples d’enseigner aux hommes d’observer tout ce qu’il avait prescrit (Matt. 28.20).

Quand nous tenons compte de tout l’enseignement du Nouveau Testament, nous reconnaissons que les passages qui disent que nous sommes sauvés par la foi ne signifient pas que la foi est la seule condition. En fait, d’autres versets montrent que la foi dans le cœur ne peut pas, en elle-même, sauver le pécheur.

Jacques 2.20,24 – « Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?… Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. » Voici le seul passage biblique qui emploie l’expression « la foi seule » ou « la foi seulement », et il déclare que l’on n’est PAS justifié par la foi seulement.

Jean 12.42,43 – « Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue. Cars ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. » Furent-ils sauvés ? Certes pas ! (Voir Rom. 10.9; Matt. 10.32,33.)

Ne peut-on pas dire que ces Juifs n’étaient pas sauvés parce qu’ils avaient la mauvaise sorte de foi ? Ils avaient une conviction intellectuelle, mais ils ne mettaient pas leur confiance en Jésus pour leur salut. La foi est donc nécessaire au salut, mais il y a différentes sortes de foi ! Il y a une sorte de foi qui ne sauve pas.

La question à résoudre est donc : Quelle sorte de foi sauve, et qu’est-ce que cette foi comporte ? Comporte-t-elle la repentance, la confession, l’obéissance aux commandements de Dieu et même le baptême ?

La sorte de foi qui sauve

Le chapitre 11 de l’Épître aux Hébreux est souvent appelé « le chapitre de la foi », car il insiste tellement sur l’importance de la foi et cite en exemple tant de personnes qui « par la foi » plurent à Dieu. À la fin du chapitre précédent, l’auteur avait exhorté ses lecteurs à être « de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (Hébreux 10.39), et au chapitre 11 il leur montre comment cette foi se manifeste et comment elle est récompensée.

Remarquez que la foi des personnes citées les poussait à agir :

Héb. 11.4 – « C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent… »

Héb. 11.7 – « C’est par la foi que Noé… construisit une arche pour sauver sa famille. » Noé fut-il sauvé par sa foi avant d’obéir, ou bien Dieu le sauva-t-il du déluge seulement après qu’il obéit ? Noé aurait-il été sauvé s’il n’avait pas obéi ?

Héb. 11.8 – « C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage. »

Héb. 11.17 – « C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsqu’il fut mis à l’épreuve. »

Héb. 11.27,28 – « C’est par la foi que [Moïse] quitta l’Égypte… C’est par la foi qu’il fit la Pâque et l’aspersion du sang, afin que l’exterminateur ne touchât pas aux premiers-nés des Israélites. »

Héb. 11.30 – « C’est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours. » Les murailles de Jéricho tombèrent-elles avant que le peuple ait fait ce que Dieu avait ordonné, ou après ? Les murailles seraient-elles tombées si le peuple n’avait pas obéi ?

Noé construisit l’arche,
et ensuite sa famille fut sauvée.
Abraham obéit pour partir,
et ensuite il reçut l’héritage.
Israël fit le tour de Jéricho,
et ensuite les murailles tombèrent.
Nous obéissons à des conditions,
et ensuite nous recevons le pardon.
L’obéissance vient en premier,
en ensuite vient la bénédiction.

Dans chaque cas Dieu récompensa les gens pour une foi obéissante. Ils reçurent une bénédiction « par la foi », mais non pas avant d’obéir ou sans obéir. Quand la foi mena à l’obéissance, ces personnes obtinrent la récompense « par la foi ».

Jacques parle dans son épître d’une foi qui ne pousse pas celui qui la possède à obéir à Dieu et faire du bien aux autres. « Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous lui dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent » (Jacques 2.14-19). L’exemple des démons est très clair – ils croient au vrai Dieu ; nous pouvons ajouter que tout au long des Évangiles, les démons confessaient que Jésus était bien le Fils du Dieu Très-Haut. Malgré cette foi, à laquelle s’ajoutait même la confession, les démons ne sont pas agréables à Dieu. Pareillement, des gens qui croient que Dieu existe, qui confessent même de leur bouche que Jésus est le Fils de Dieu, mais qui ne montrent pas par des actions concrètes qu’ils ont la foi ne sont pas sauvés. Une foi qui ne se traduit pas dans l’obéissance et l’amour est inutile pour le salut. Comme Paul le dit en Galates 5.6 : « Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par l’amour. » Une foi qui produit de l’activité religieuse, mais qui n’amène pas une personne à obéir à la volonté de Dieu ne sauve pas (Matt. 7.21-23).

À quel moment la foi sauve-t-elle ?

Quand la foi peut-elle être qualifiée d’efficace pour sauver un pécheur ? Est-il possible de savoir quand on passe d’une foi morte à une foi vivante et capable de nous procurer le salut par le sang de Jésus ?

Beaucoup de gens reconnaissent qu’il faut confesser Jésus de sa bouche, comme Paul l’affirme en Romains 10.9,10. Nous avons déjà parlé de la nécessité de confesser sa foi en Jésus, mais nous avons vu dans l’Épître de Jacques qu’il ne suffit pas de dire qu’on a la foi. Jésus, aussi, a indiqué cette même réalité quand il dit en Luc 6.46 : « Pourquoi m’appelez-vous ‘Seigneur, Seigneur’ et ne faites-vous pas ce que je dis ? »

Beaucoup reconnaissent aussi qu’il faut se repentir, ou se détourner de ses péchés. Jésus dit en Luc 24.47 que « la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés » en son nom. Évidemment ces deux choses sont liées de telle sorte que l’on ne reçoit pas le pardon de Dieu si l’on ne se repent pas. Jésus dit explicitement en Luc 13.5 : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » C’est ainsi que les apôtres n’ont pas manqué de proclamer dans leur prédication que « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice » (Actes 17.30,31). Bien qu’ils omettent parfois de le préciser, la plupart d’Églises diraient que l’homme qui vient à Christ pour le salut doit être prêt à changer de comportement.

Mais il y a une autre chose que la Bible associe constamment à la foi et la conversion, mais que beaucoup de gens n’acceptent pas du tout comme condition de salut. Il s’agit du baptême. En fait, les preuves bibliques sont claires et nombreuses concernant le sens et la nécessité de cet acte d’obéissance. C’est au moment où la croyance s’exprime dans le baptême que la foi devient une foi qui sauve.

Cette idée est vivement contestée par de nombreux enseignants dans les différentes Églises. Elle mettrait en doute la vérité de ce qui est prêché dans beaucoup de croisades d’évangélisation. Elle mettrait en cause la validité de l’expérience de salut que beaucoup de gens sincères croient avoir vécue. Essayons donc de définir bibliquement la relation entre foi et baptême.

On comprend facilement la logique de Dieu en ce qui concerne la confession de foi et la repentance : nous devons reconnaître devant les hommes que nous croyons en Jésus, car si nous avons honte de lui devant les gens, il aura honte de nous devant le Père céleste. Nous comprenons facilement aussi que la repentance est nécessaire. On ne peut guère demander à Dieu de pardonner nos péchés si nous ne voulons pas nous en détourner. La plupart des gens trouvent qu’il est normal que Dieu nous demande de faire ces choses si nous croyons réellement. Mais, beaucoup ont du mal à voir un lien logique entre le fait de se laisser plonger dans l’eau (le baptême) et la réception du pardon de Dieu.

Deux sortes de commandements

Remarquons qu’il y a au moins deux sortes de commandements de Dieu. Il y en a ce que l’on appelle parfois des commandements moraux. Ils se rapportent à ce qui est juste par la nature des choses, ce qui est toujours juste, ce qu’il faut faire parce que la justice elle-même le demande. Les commandements de ne pas mentir, de ne pas dérober, de ne pas commettre le meurtre, de respecter son père et sa mère et d’adorer Dieu seul sont des commandements moraux. Même si nous n’arrivons pas toujours à vivre selon ces principes, nous savons en nous-mêmes que nous avons mal fait quand nous agissons autrement.

Mais il y a aussi une autre sorte de commandement, des choses que l’on doit faire tout simplement parce l’autorité divine les a ordonnées. C’est justement parce que l’on ne voit ni l’utilité ni la nécessité morale ou pratique de la chose ordonnée que l’obéissance à ce genre de commandement est la meilleure preuve de notre foi, de notre confiance en sa sagesse, et de notre soumission à l’égard de son autorité.

Nous voyons ce genre de commandement tout au long de la Bible. Lorsque Dieu dit à Abraham de quitter sa patrie pour aller dans un pays que Dieu lui montrerait, ce n’était pas un commandement moral. Mais en y obéissant, Abraham a démontré sa foi. Quand Dieu lui dit plus tard de sacrifier son fils Isaac sur un autel, ce n’était pas un commandement moral – au contraire, le commandement semblait être en violation de la justice. Y obéir exigeait une confiance totale à Dieu. Lorsque Dieu dit aux Israélites de sacrifier un agneau et d’en mettre le sang sur la porte de leurs maisons en Égypte pour que leurs premiers-nés ne soient pas frappés de mort comme ceux des Égyptiens, ce n’était pas un commandement moral. Dieu aurait pu demander autre chose pour que les Israélites identifient leurs maisons. Il aurait pu accepter n’importe quel sang au lieu de préciser le sang d’un agneau sans défaut. Dieu avait certainement ses raisons pour ce qu’il a ordonné, mais il n’a pas choisi de révéler ces raisons aux Israélites. Le commandement à Adam et Ève de ne pas manger d’un certain arbre, le commandement à Josué de faire le tour de la ville de Jéricho pendant sept jours, le commandement à Naaman de se laver sept fois dans le Jourdain – dans tous ces cas et bien d’autres, il fallait obéir tout simplement par respect pour l’autorité de Dieu.

Le baptême est sans doute un commandement du même genre. C’est ainsi que nous démontrons notre foi, notre amour, notre confiance et notre soumission envers Dieu quand nous nous faisons baptiser conformément à la parole de Christ. Le Seigneur aurait pu établir une condition différente à remplir. Mais il a bien ordonné le baptême.

La Bible fait-elle réellement du baptême une condition du salut ?

D’après l’Évangile de Marc, Jésus lui-même associe foi et baptême comme conditions du salut lorsqu’il confie à ses disciples la mission d’évangéliser le monde. Il dit : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc. 16.16). Pour être condamné, il suffit de ne pas croire. Par contre, pour être sauvé, vous devez, selon Jésus, non seulement croire, mais être baptisé aussi.

Si nous comprenons ceci, nous ne serons point étonnés de constater que tout au long du livre des Actes ceux qui avaient vraiment cru à l’évangile sont passés directement au baptême. Le jour de la Pentecôte, Pierre a prêché la bonne nouvelle de Jésus. À ceux qui ont indiqué leur foi en demandant ce qu’ils devaient faire, Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38). Le verset 41 dit que « ceux qui acceptèrent sa parole (c’est-à-dire qui crurent) furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes ». Au chapitre 8 l’évangéliste Philippe apporta l’évangile au peuple de la Samarie, y compris au magicien du nom de Simon. Les versets 12 et 13 disent : « Quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui-même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe… » Plus tard, Philippe, envoyé à la rencontre d’un homme éthiopien, lui prêcha Jésus. « Comme ils continuèrent leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible… Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque » (Actes 8.36-38). Le geôlier de Philippes à qui Paul et Barnabas avaient dit de croire au Seigneur, « à cette heure même de la nuit… aussitôt… fut baptisé, lui et tous les siens » (Actes 16.33). Actes 18.8 dit que lorsque Paul prêcha à Corinthe, « plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés ». Pourquoi dans chacun de ces exemples de conversion ceux qui croient à la parole sont-ils baptisés du même coup ? La réponse évidente se voit dans les paroles qu’Ananias adressa à Saul de Tarse, qui avait cru en Jésus après l’avoir rencontré sur la route de Damas. Il lui dit : « Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

Dire que le baptême est nécessaire au salut n’est pas nier le salut par la foi. Dans la Bible, le baptême n’est jamais mis en opposition à la vraie foi en Jésus-Christ. Le baptême n’est pas contre la foi ; il signifie la foi. C’est un acte qui est motivé par la foi, qui exprime la foi, et qui rend la foi efficace pour nous sauver.

B.B.


Un mot n’a pas toujours le même sens

Un mot doit être compris dans son contexte. Parfois le mot « amour » se réfère à une attitude de bonne volonté envers les autres, une disposition distincte des choses que nous faisons. « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres… et que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien » (1 Cor. 13.3). Ailleurs, le mot « amour » comporte l’obéissance qu’il produit : « L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements » (1 Jn. 5.3) ; « Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (1 Jn. 3.18).

Deux mots clés dans la discussion du salut sont « foi » et « œuvres ». La foi peut se référer à la conviction intellectuelle, quelque chose qui existe dans le cœur, qui est distincte de son expression extérieure : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur… » (Rom. 10.9; Jn. 12.42). Mais ailleurs, la foi se réfère à la confiance au Seigneur qui s’exprime dans l’action (l’amour et l’obéissance) (Gal. 5.6; Actes 16.31). Les « œuvres » sont, encore selon le contexte, tantôt des œuvres ordonnées par la loi de Moïse (Rom. 3.20; Gal. 2.16; 3.10) et qui ne sauvent pas, tantôt des actes d’obéissance par lesquelles notre foi doit s’exprimer pour être qualifiée de vivante (Jacques 2.14-26) et qui sont nécessaires pour que nous soyons sauvés.

La prière du pécheur

Nous avons probablement tous entendu parler de « la prière du pécheur ». Lors de grandes croisades d’évangélisation ou pendant des émissions télévisées, l’évangéliste invite les non-convertis à réciter après lui, peut-être une phrase à la fois, une prière au moyen de laquelle ils pourront demander au Seigneur de les sauver. Il dira, par exemple : « Seigneur Jésus, je sais que je suis un pécheur et que j’ai besoin de toi. Merci d’être mort à la croix pour moi. Je t’invite à venir dans mon cœur et à prendre le contrôle de ma vie. Je me confie en toi ; sois mon Sauveur. Merci de m’avoir donné la vie éternelle. Amen. » On trouve souvent une telle prière à la conclusion d’un traité. Des millions de personnes aujourd’hui croient avoir été sauvées après avoir fait « la prière du pécheur ».

N’est-il pas curieux qu’on ne trouve pas un seul exemple de conversion dans le Nouveau Testament où l’on ait dit au pécheur de faire une telle prière pour être sauvé ? En fait, ce n’est qu’à la fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle que cette pratique devint populaire. Ce sont les évangélistes américains Dwight Moody, Billy Sunday et Billy Graham, ainsi que l’organisation internationale, Campus pour Christ, qui ont exercé la plus grande influence dans ce domaine. Mais aucun des apôtres n’a employé cette méthode.

Quand nous demandons un soutien biblique pour cette façon de procéder, on nous fait lire parfois Apocalypse 3.20 où Jésus dit : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » On nous dit qu’il faut donc lui ouvrir la porte de notre cœur et l’inviter à y prendre place. Mais on doit toujours tenir compte du contexte d’un verset de l’Écriture. Dans ce passage Jésus ne s’adresse pas à des non-chrétiens qui n’ont jamais obéi à l’Évangile. Il s’adresse à l’Église de Laodicée, cette assemblée réputée pour sa tiédeur. Il ne s’agit pas d’une évangélisation, mais d’un appel à des chrétiens tièdes et satisfaits d’eux-mêmes qui avaient exclu le Seigneur de leurs vies. De même, l’ordre donné par l’apôtre Pierre de se repentir et de prier pour que son péché soit pardonné (Actes 8.22) s’adresse à Simon, qui avait déjà cru au Seigneur et s’était fait baptiser (Actes 8.13). Encore, 1 Jean 1.9, qui nous dit de confesser nos péchés, sachant que Dieu est fidèle pour nous les pardonner, s’adresse clairement à ceux qui sont déjà chrétiens. Pour ceux qui n’ont pas encore été sauvés, ce n’est pas la prière qui est ordonnée, mais la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême.

B.B.

Le plein évangile

Le «plein Évangile»

Les Églises Pentecôtistes et le mouvement charismatique emploient souvent l’expression «plein évangile». Ils entendent par là, non seulement le salut du péché, mais «la guérison pour le corps et le baptême du Saint-Esprit avec comme preuve initiale le parler en d’autres langues selon que l’Esprit donne de s’exprimer» (Constitution de la Communauté Pentecôtiste de l’Amérique du Nord). Le Nouveau Testament enseigne que ni la guérison du corps ni le don de parler en langues n’est promis à tout chrétien fidèle, mais ce n’est pas là le sujet de notre étude. Nous voulons simplement tirer l’attention sur le terme «plein évangile» et suggérer que beaucoup prêchent bien un «évangile partiel». Ils annoncent, il est vrai, que Jésus le Fils de Dieu est mort pour nos péchés, qu’il est ressuscité d’entre les morts, et que la vie spirituelle se trouve en lui seul. Mais quand il s’agit des conditions à remplir pour recevoir le salut en Christ, leur message est malheureusement incomplet.

Beaucoup croient qu’elles ont évangélisé quelqu’un quand elles ont dit à la personne que Jésus l’aime et qu’il pardonne. Ils citent les paroles de Paul et Silas au geôlier philippien: «Crois au Seigneur Jésus, et tu  seras sauvé» (Actes 16.31).   Ils suggèrent de prier le Seigneur et de «l’accepter comme Seigneur et Sauveur». Ils pensent qu’ils ont alors dit l’essentiel, et ils assurent la personne qu’elle est maintenant enfant de Dieu. Mais Paul et Silas ne se sont pas tus après avoir dit de croire en Jésus. En effet, les versets suivants en Actes disent: «Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens.» En Actes 8 Philippe parlait avec l’eunuque éthiopien. Le verset 35 dit simplement qu’il «lui annonça la bonne nouvelle de Jésus», mais le verset suivant nous dit: «Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. L’eunuque dit: Voici de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé?» Comment savait-il qu’il avait besoin d’être baptisé? Évidemment, quand on annonce la bonne nouvelle, on parle du baptême, l’une des conditions du salut. Jésus n’avait-il pas dit: «Prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira ET qui sera baptisé sera sauvé» (Marc 16.15,16). Prêchons toujours le «plein» Évangile.

L’évangélisation

Un devoir de tout chrétien

Après avoir accompli sa mission sur la terre en offrant sa propre vie comme sacrifice pour les péchés des hommes, Jésus-Christ confia à ses disciples une autre mission tout aussi nécessaire pour le salut du monde: «Il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.15,16). Cette responsabilité d’annoncer l’Évangile au monde entier se transmet forcément à tous ceux qui obéissent à la parole et deviennent des disciples de Jésus. En effet, le Seigneur dit à ses apôtres à l’égard de ceux qui seraient baptisés: «et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20).

En lisant le Nouveau Testament, nous voyons facilement que les premiers chrétiens comprenaient bien que le travail de répandre le message du salut en Christ n’appartenait pas aux seuls apôtres et dirigeants des assemblées locales. En Actes 8.1,4 par exemple, il est dit qu’après le meurtre d’Étienne, il y eut «une grande persécution contre l’Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie… Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.» Remarquez que dans ce passage ceux qui annonçaient la parole n’étaient pas les apôtres, car ces derniers étaient restés à Jérusalem. Les membres «ordinaires» de l’Église avaient compris qu’ils avaient, eux aussi, le devoir et le privilège de prêcher l’Évangile à tous ceux qu’ils rencontraient.

La connaissance est presque toujours accompagnée de responsabilité. Supposez qu’une personne est blessée dans un accident: sa douleur est atroce et sa vie est en danger. Un médecin est présent ; il a la formation et l’expérience nécessaires pour apporter les soins qui sauveraient la vie de la victime. Que dirait-on si ce médecin affirmait que ce n’était pas son problème et ne voulait pas secourir celui qui avait tant besoin de son aide? Tout chrétien connaît des personnes qui sont perdues et séparées de Dieu à cause de leurs péchés, destinées au châtiment éternel. Tout chrétien sait que Jésus est le Sauveur, le seul sauveur, et que son sang est le seul remède au péché. Toute personne qui a été sauvée par Jésus sait ce qu’elle a fait pour que ses péchés soient lavés par le sang précieux du Christ. Comme le médecin face à la victime d’un accident grave, le chrétien a une connaissance qui lui donne, qu’il le veuille ou non, la responsabilité de venir en aide à ceux qui se perdent à cause du péché. Il n’a pas le droit de rester indifférent. Il faut qu’il se laisse pousser par l’amour pour annoncer à son tour la bonne nouvelle du pardon et de la vie éternelle que quelqu’un a un jour eu la bonté de lui annoncer. Inutile de se dire que ce travail appartient aux «professionnels», c’est-à-dire aux évangélistes et aux anciens de l’Église. Jésus dit qu’il est venu pour «chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19.10); il veut que ses disciples lui ressemblent (Luc 6.40; Philippiens 2.5; 1 Pierre 2.21; 1 Jean 2.6).

D’autres Évangiles

En annonçant l’Évangile, il est très important de s’assurer qu’on prêche le message qu’il faut. Les chrétiens en Galatie au premier siècle commencèrent d’accepter un Évangile modifié qui, selon l’apôtre Paul, n’était plus l’Évangile. Il les avertit en ces termes: «Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit!» (Galates 1.8).

Les faux enseignants en Galatie altéraient l’Évangile en changeant les conditions du salut en Christ. Certains de nos jours altèrent l’Évangile, eux aussi, par le fait de modifier les conditions du salut détaillées dans le Nouveau Testament. D’autres changent le sujet même de l’Évangile. Selon 1 Corinthiens 15.1-4, les faits que les apôtres annonçaient avant tout étaient les suivants: «Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.» Dieu a, «au moyen de la bonne nouvelle, révélé la vie éternelle» (2 Timothée 1.10). Voilà pourquoi la Bible l’appelle «l’évangile de votre salut» (Éphésiens 1.13). Au lieu de mettre l’accent sur le salut du péché, la réconciliation avec Dieu, et la promesse de la vie éternelle, beaucoup aujourd’hui prêchent un «évangile de prospérité matérielle». Ils mettent l’accent sur le fait que Dieu est capable de bénir ses enfants sur le plan matériel. Cela est vrai (bien que ce ne soit pas l’Évangile). Mais ils vont au-delà et ils promettent au nom de Dieu ce que Dieu n’a pas promis. Ils ne reconnaissent pas, d’ailleurs, que les promesses du vrai Évangile valent infiniment mieux que la prospérité sur la terre. Comme Jésus l’a dit: «Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16.26). «Les choses visibles sont passagères, mais les choses invisibles sont éternelles» (2 Corinthiens 4.18). «Le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement» (1 Jean 2.17). D’autres mettent au premier plan la guérison et d’autres miracles, mais le message de l’Évangile n’est pas «Jésus guérit» ; ces gens, peut-être sans le savoir, se sont mis à prêcher «un autre Évangile». D’autres insistent sur les atouts de leur Église, tel que la bonne musique, l’ambiance de fête, un bel édifice, le rang respectable des membres de leur communauté, ou d’autres considérations mondaines. En «évangélisant» de cette manière, ils ne suivent pas l’exemple de Paul. Il écrivit en 2 Corinthiens 4.5: «Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c’est Jésus-Christ que nous prêchons.»

Quelques attitudes à adopter

Il est toujours possible, n’est-ce pas, de prononcer un message vrai et bénéfique mais de le faire avec une attitude qui fait que les auditeurs le rejettent. Cela est particulièrement le cas quand il s’agit d’un message qui déclare que les hommes sont tous des pécheurs qui méritent la colère et le châtiment de Dieu (Romains 1.18; 3.23). Il convient donc de veiller sur nos attitudes quand nous prêchons l’Évangile. Considérez les passages suivants:

«Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en vous» (1 Pierre 3.15)

«…professant la vérité dans la charité» (Éphésiens 4.15)

«Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté» (Galates 6.1)

«Or, un serviteur du Seigneur ne doit pas se quereller. Il doit être aimable envers tous, capable d’enseigner et patient, il doit instruire avec douceur ses contradicteurs : Dieu leur donnera peut-être l’occasion de changer de comportement et de parvenir à connaître la vérité» (2 Timothée 2.24,25).  

Tout en étant doux et humbles, conscients de nos propres faiblesses et péchés, nous devons enseigner avec confiance à la vérité de la parole de Dieu que nous apportons. Paul dit: «Je n’ai point honte de l’Évangile: c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit» (Romains 1.16). Nous sommes pleinement convaincus que la parole de Dieu est vraie et qu’elle est capable de toucher les cœurs des hommes et de produire la foi et sauver l’âme. En plus, nous savons que le Seigneur est avec nous (Matthieu 28.20) quand nous sommes en train d’accomplir la mission qu’il nous a confiée. Nous avons donc du courage. Paul dit à Timothée: «Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur» (2 Timothée 1.7,8). Quand les chefs des Juifs «virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus» (Actes 4.13).

Non seulement nous devons être caractérisés par l’humilité personnelle et la confiance complète au message que nous prêchons; nous devons aussi être motivés par l’amour sincère pour nos auditeurs. L’apôtre Paul en était un très bon exemple. Malgré le fait que ses frères juifs l’avaient souvent persécuté et avaient même cherché à le faire mourir, il dit: «J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être maudit et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair… Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés» (Romains 9.2,3; 10.1). Dieu lui-même «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Timothée 2.4). Nous devrions en vouloir autant.

À qui dois-je annoncer l’Évangile?

Toute personne responsable de ses actes a besoin de l’Évangile, «car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Romains 3.23). Dieu ne nous demande pas de trier les personnes que nous évangélisons. Ce n’est pas à nous de décider d’avance que telle ou telle personne n’acceptera pas le message. Nous ne connaissons pas le cœur d’autrui. Ce n’est jamais une faute que de vouloir partager avec quelqu’un le message qui peut lui sauver l’âme, mais c’est un péché grave de se taire quand Dieu nous dit de parler (Actes 4.19,20). Dieu dit au prophète Ézéchiel qu’il était comme une sentinelle chargée d’avertir le peuple d’un danger. Si le peuple ne prêtait pas attention à l’avertissement et ne se préparait pas en conséquence, ce peuple périrait, mais la sentinelle aurait fait son devoir. Si, par contre, la sentinelle voyait venir le danger et n’en disait rien, le peuple périrait tout de même, mais Dieu la tiendrait responsable de la mort de ces gens.

Personne n’est donc à exclure, mais il y a autour de chacun de nous beaucoup de personnes ayant besoin de la parole de Dieu et par qui nous pouvons commencer. Il suffit souvent de demander à ces personnes, qui nous connaissent déjà, si elles accepteraient d’étudier la Bible avec nous. J’ai fait l’expérience moi-même avec celui qui me vendait du pain chaque jour, le technicien qui réparait mon ordinateur, des visiteurs dans mon assemblée locale, la serveuse dans un restaurant où j’ai mangé, l’employé dans le service où je payais des photocopies, mon plombier, un élève qui voulait perfectionner son anglais, le père d’un membre de l’Église, et bien d’autres. Toutes ces personnes n’ont pas seulement accepté que je leur partage l’Évangile; elles ont toutes fini par obéir à la bonne nouvelle. Il y a beaucoup de personnes qui suivent Jésus aujourd’hui parce qu’un chrétien qu’elles ne connaissaient pas a frappé un jour à leurs portes et leur a parlé du Seigneur. Peu importe si d’autres ont claqué la porte dès qu’ils s’apercevaient qu’on voulait leur parler de la Bible; au moins ceux qui ont écouté sont maintenant sauvés, et ils ne le seraient pas si un chrétien n’avait pas eu l’amour et le courage de se présenter chez eux.

Par où commencer?

Le point de départ dans l’enseignement dépend souvent de ce que l’élève comprend déjà. Parfois il faut prendre du temps pour poser un fondement. Certaines personnes ont besoin qu’on leur parle d’abord de Dieu et de sa nature. D’autres connaissent déjà les arguments qui prouvent l’existence de Dieu, mais ils ont besoin de comprendre que Dieu nous parle à travers sa parole inspirée, la Bible. Beaucoup reconnaissent l’autorité de la Bible, mais ils ne comprennent pas la relation entre l’Ancien Testament, qui n’est plus en vigueur, et le Nouveau Testament. Les gens ont généralement besoin qu’on leur parle de ce qu’est le péché aux yeux de Dieu et de ses conséquences. Il est très important de faire comprendre que l’homme ne peut pas se sauver lui-même de ses péchés, raison pour laquelle Dieu, dans son grand amour, a envoyé son Fils pour  mourir à notre place. Il faut expliquer également que seule la personne qui croit en Jésus comme Fils de Dieu et le déclare ouvertement peut bénéficier de son sacrifice sur la croix. Il ne faut pas sauter l’étape de la repentance: si une personne n’est pas prête à se détourner de ses péchés, elle n’aura pas le pardon. Enfin, il faut enseigner le sens, la forme et le but du baptême, par lequel le pécheur entre en contact avec le sang de Christ. Par la suite, on parlera de l’Église que Jésus a bâtie, de son culte, de l’importance de jouer un rôle actif dans l’assemblée comme un membre du corps de Christ.

Certaines  personnes fréquentent des Églises depuis leur jeunesse, et elles comprennent la plupart de ces idées. En prenant le temps de parler avec elles, vous découvrirez ce qu’ils ignorent dans la parole de Dieu. Il n’est pas rare que les gens qui croient en Jésus et fréquentent des Églises vous encouragent de ne pas perdre du temps avec eux, mais d’aller évangéliser ceux qui ne connaissent pas du tout le Seigneur. Cette attitude se comprend, mais il faut se rappeler aussi le cas d’Apollos. «Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Écritures, vint à Éphèse. Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu» (Actes 18.24-26). Cette homme avait beaucoup de qualités et connaissait beaucoup de vérités concernant Jésus. Il connaissait bien les Écritures. Mais il y avait une insuffisance grave dans ses connaissances: il ne connaissait rien du baptême que Jésus avait ordonné quand il confia aux disciples la mission d’évangéliser le monde. Apollos enseignait le baptême que Jean-Baptiste avait pratiqué, un baptême qui préparait les gens à recevoir Jésus mais qui n’était plus en vigueur. Il s’agissait bien d’une immersion dans l’eau, mais ce baptême n’avait pas la même signification que celui qui doit se faire au nom de Jésus. Aquilas et sa femme Priscille, ces deux chrétiens qui avaient travaillé avec l’apôtre Paul, ont tout de suite reconnu l’erreur d’Apollos, cette lacune dans sa connaissance de la bonne nouvelle. Au lieu de raisonner qu’après tout, Apollos connaissait déjà le Seigneur et les Écritures et qu’il valait mieux passer leur temps à parler avec ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de Jésus, ce couple l’a pris à part pour parler. Ils «lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu». C’est aussi de l’évangélisation.

Conseils divers

Évitez de dire: «Moi, je pense…», «Dans notre Église nous croyons…», «Mon prédicateur a dit…», etc. Les opinions personnelles ne sauvent pas. Les hommes ont besoin de savoir ce que la Bible enseigne et non pas ce que vous pensez. Dites plutôt: «Jésus a dit…», «L’apôtre Pierre enseigne…», «Selon l’Épître aux Éphésiens…» ou «Voyons ensemble ce que la Bible nous dit à ce sujet en Jacques, chapitre 2».

Il n’y a pas besoin de condamner des personnes ou de citer le nom de tel ou tel groupe religieux pour le condamner. Il est important d’exposer des erreurs – de faux enseignements ou des pratiques qui ne sont pas autorisées par la parole de Dieu (1 Timothée 4.6). Mais on peut signaler que telle doctrine est fausse sans dire que telle Église est mauvaise parce qu’elle l’enseigne. La personne qui vous écoute sera capable de tirer ses propres conclusions.

Sachez qu’il n’y a pas de mal à dire quand on ne sait pas: «Je ne sais pas. Mais j’essaierai de vous trouver la réponse biblique dès que possible.»

Ne vous découragez pas quand les gens ne réagissent pas de la manière que vous espérez. Continuez de les aimer, de prier pour eux, et d’annoncer la bonne nouvelle à ceux qui écouteront. Et ne considérez pas la réaction de ceux qui refusent d’écouter comme un rejet de votre personne. Si vous avez présenté fidèlement la parole du Seigneur, c’est le Seigneur qu’ils rejettent. Jésus dit: «Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé» (Matthieu 10.40).

N’oubliez pas la suite du baptême. Si quelqu’un à qui vous avez prêché la parole l’accepte et se fait baptiser, reconnaissez que le travail n’est pas fini. Jésus a dit de faire des disciples, de les baptiser, ET de leur enseigner tout ce qu’il a prescrit (Matthieu 28.19). Prenez le temps de leur enseigner au sujet de la vie chrétienne et de l’Église du Nouveau Testament.

Examinez-vous pour savoir si vous avez obéi à l’Évangile tel qu’il est enseigné dans le Nouveau Testament (2 Corinthiens 13.5). Si vous n’avez pas encore été immergé pour le pardon de vos péchés, ne renoncez pas à l’évangélisation – faites-vous baptiser!

Conclusion

Dans un monde qui ne croit pas qu’il y ait des vérités objectives et universelles, qui pense que toutes les religions sont bonnes (ou qu’elles sont toutes mauvaises), qui n’accepte pas que ses actions ou ses valeurs soient traitées de condamnables devant Dieu, l’idée même de l’évangélisation est inacceptable. Dans la société occidentale, on essaie de plus en plus de faire taire la voix des chrétiens. Dans le monde musulman, le fait de persuader quelqu’un de devenir chrétien est souvent traité d’acte criminel. Mais les choses n’étaient pas très différentes au premier siècle – la prédication de l’Évangile était «scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Corinthiens 1.23). Pour celui qui pense comme Jésus, par contre, il n’y a rien de plus utile, de plus noble et de plus urgent que d’annoncer dans l’amour sincère le message de vie éternelle en Jésus.

B.B.