La prière du pécheur

Nous avons probablement tous entendu parler de « la prière du pécheur ». Lors de grandes croisades d’évangélisation ou pendant des émissions télévisées, l’évangéliste invite les non-convertis à réciter après lui, peut-être une phrase à la fois, une prière au moyen de laquelle ils pourront demander au Seigneur de les sauver. Il dira, par exemple : « Seigneur Jésus, je sais que je suis un pécheur et que j’ai besoin de toi. Merci d’être mort à la croix pour moi. Je t’invite à venir dans mon cœur et à prendre le contrôle de ma vie. Je me confie en toi ; sois mon Sauveur. Merci de m’avoir donné la vie éternelle. Amen. » On trouve souvent une telle prière à la conclusion d’un traité. Des millions de personnes aujourd’hui croient avoir été sauvées après avoir fait « la prière du pécheur ».

N’est-il pas curieux qu’on ne trouve pas un seul exemple de conversion dans le Nouveau Testament où l’on ait dit au pécheur de faire une telle prière pour être sauvé ? En fait, ce n’est qu’à la fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle que cette pratique devint populaire. Ce sont les évangélistes américains Dwight Moody, Billy Sunday et Billy Graham, ainsi que l’organisation internationale, Campus pour Christ, qui ont exercé la plus grande influence dans ce domaine. Mais aucun des apôtres n’a employé cette méthode.

Quand nous demandons un soutien biblique pour cette façon de procéder, on nous fait lire parfois Apocalypse 3.20 où Jésus dit : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » On nous dit qu’il faut donc lui ouvrir la porte de notre cœur et l’inviter à y prendre place. Mais on doit toujours tenir compte du contexte d’un verset de l’Écriture. Dans ce passage Jésus ne s’adresse pas à des non-chrétiens qui n’ont jamais obéi à l’Évangile. Il s’adresse à l’Église de Laodicée, cette assemblée réputée pour sa tiédeur. Il ne s’agit pas d’une évangélisation, mais d’un appel à des chrétiens tièdes et satisfaits d’eux-mêmes qui avaient exclu le Seigneur de leurs vies. De même, l’ordre donné par l’apôtre Pierre de se repentir et de prier pour que son péché soit pardonné (Actes 8.22) s’adresse à Simon, qui avait déjà cru au Seigneur et s’était fait baptiser (Actes 8.13). Encore, 1 Jean 1.9, qui nous dit de confesser nos péchés, sachant que Dieu est fidèle pour nous les pardonner, s’adresse clairement à ceux qui sont déjà chrétiens. Pour ceux qui n’ont pas encore été sauvés, ce n’est pas la prière qui est ordonnée, mais la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême.

B.B.

Le plein évangile

Le «plein Évangile»

Les Églises Pentecôtistes et le mouvement charismatique emploient souvent l’expression «plein évangile». Ils entendent par là, non seulement le salut du péché, mais «la guérison pour le corps et le baptême du Saint-Esprit avec comme preuve initiale le parler en d’autres langues selon que l’Esprit donne de s’exprimer» (Constitution de la Communauté Pentecôtiste de l’Amérique du Nord). Le Nouveau Testament enseigne que ni la guérison du corps ni le don de parler en langues n’est promis à tout chrétien fidèle, mais ce n’est pas là le sujet de notre étude. Nous voulons simplement tirer l’attention sur le terme «plein évangile» et suggérer que beaucoup prêchent bien un «évangile partiel». Ils annoncent, il est vrai, que Jésus le Fils de Dieu est mort pour nos péchés, qu’il est ressuscité d’entre les morts, et que la vie spirituelle se trouve en lui seul. Mais quand il s’agit des conditions à remplir pour recevoir le salut en Christ, leur message est malheureusement incomplet.

Beaucoup croient qu’elles ont évangélisé quelqu’un quand elles ont dit à la personne que Jésus l’aime et qu’il pardonne. Ils citent les paroles de Paul et Silas au geôlier philippien: «Crois au Seigneur Jésus, et tu  seras sauvé» (Actes 16.31).   Ils suggèrent de prier le Seigneur et de «l’accepter comme Seigneur et Sauveur». Ils pensent qu’ils ont alors dit l’essentiel, et ils assurent la personne qu’elle est maintenant enfant de Dieu. Mais Paul et Silas ne se sont pas tus après avoir dit de croire en Jésus. En effet, les versets suivants en Actes disent: «Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens.» En Actes 8 Philippe parlait avec l’eunuque éthiopien. Le verset 35 dit simplement qu’il «lui annonça la bonne nouvelle de Jésus», mais le verset suivant nous dit: «Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. L’eunuque dit: Voici de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé?» Comment savait-il qu’il avait besoin d’être baptisé? Évidemment, quand on annonce la bonne nouvelle, on parle du baptême, l’une des conditions du salut. Jésus n’avait-il pas dit: «Prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira ET qui sera baptisé sera sauvé» (Marc 16.15,16). Prêchons toujours le «plein» Évangile.

L’évangélisation

Un devoir de tout chrétien

Après avoir accompli sa mission sur la terre en offrant sa propre vie comme sacrifice pour les péchés des hommes, Jésus-Christ confia à ses disciples une autre mission tout aussi nécessaire pour le salut du monde: «Il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.15,16). Cette responsabilité d’annoncer l’Évangile au monde entier se transmet forcément à tous ceux qui obéissent à la parole et deviennent des disciples de Jésus. En effet, le Seigneur dit à ses apôtres à l’égard de ceux qui seraient baptisés: «et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20).

En lisant le Nouveau Testament, nous voyons facilement que les premiers chrétiens comprenaient bien que le travail de répandre le message du salut en Christ n’appartenait pas aux seuls apôtres et dirigeants des assemblées locales. En Actes 8.1,4 par exemple, il est dit qu’après le meurtre d’Étienne, il y eut «une grande persécution contre l’Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie… Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.» Remarquez que dans ce passage ceux qui annonçaient la parole n’étaient pas les apôtres, car ces derniers étaient restés à Jérusalem. Les membres «ordinaires» de l’Église avaient compris qu’ils avaient, eux aussi, le devoir et le privilège de prêcher l’Évangile à tous ceux qu’ils rencontraient.

La connaissance est presque toujours accompagnée de responsabilité. Supposez qu’une personne est blessée dans un accident: sa douleur est atroce et sa vie est en danger. Un médecin est présent ; il a la formation et l’expérience nécessaires pour apporter les soins qui sauveraient la vie de la victime. Que dirait-on si ce médecin affirmait que ce n’était pas son problème et ne voulait pas secourir celui qui avait tant besoin de son aide? Tout chrétien connaît des personnes qui sont perdues et séparées de Dieu à cause de leurs péchés, destinées au châtiment éternel. Tout chrétien sait que Jésus est le Sauveur, le seul sauveur, et que son sang est le seul remède au péché. Toute personne qui a été sauvée par Jésus sait ce qu’elle a fait pour que ses péchés soient lavés par le sang précieux du Christ. Comme le médecin face à la victime d’un accident grave, le chrétien a une connaissance qui lui donne, qu’il le veuille ou non, la responsabilité de venir en aide à ceux qui se perdent à cause du péché. Il n’a pas le droit de rester indifférent. Il faut qu’il se laisse pousser par l’amour pour annoncer à son tour la bonne nouvelle du pardon et de la vie éternelle que quelqu’un a un jour eu la bonté de lui annoncer. Inutile de se dire que ce travail appartient aux «professionnels», c’est-à-dire aux évangélistes et aux anciens de l’Église. Jésus dit qu’il est venu pour «chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19.10); il veut que ses disciples lui ressemblent (Luc 6.40; Philippiens 2.5; 1 Pierre 2.21; 1 Jean 2.6).

D’autres Évangiles

En annonçant l’Évangile, il est très important de s’assurer qu’on prêche le message qu’il faut. Les chrétiens en Galatie au premier siècle commencèrent d’accepter un Évangile modifié qui, selon l’apôtre Paul, n’était plus l’Évangile. Il les avertit en ces termes: «Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit!» (Galates 1.8).

Les faux enseignants en Galatie altéraient l’Évangile en changeant les conditions du salut en Christ. Certains de nos jours altèrent l’Évangile, eux aussi, par le fait de modifier les conditions du salut détaillées dans le Nouveau Testament. D’autres changent le sujet même de l’Évangile. Selon 1 Corinthiens 15.1-4, les faits que les apôtres annonçaient avant tout étaient les suivants: «Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.» Dieu a, «au moyen de la bonne nouvelle, révélé la vie éternelle» (2 Timothée 1.10). Voilà pourquoi la Bible l’appelle «l’évangile de votre salut» (Éphésiens 1.13). Au lieu de mettre l’accent sur le salut du péché, la réconciliation avec Dieu, et la promesse de la vie éternelle, beaucoup aujourd’hui prêchent un «évangile de prospérité matérielle». Ils mettent l’accent sur le fait que Dieu est capable de bénir ses enfants sur le plan matériel. Cela est vrai (bien que ce ne soit pas l’Évangile). Mais ils vont au-delà et ils promettent au nom de Dieu ce que Dieu n’a pas promis. Ils ne reconnaissent pas, d’ailleurs, que les promesses du vrai Évangile valent infiniment mieux que la prospérité sur la terre. Comme Jésus l’a dit: «Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16.26). «Les choses visibles sont passagères, mais les choses invisibles sont éternelles» (2 Corinthiens 4.18). «Le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement» (1 Jean 2.17). D’autres mettent au premier plan la guérison et d’autres miracles, mais le message de l’Évangile n’est pas «Jésus guérit» ; ces gens, peut-être sans le savoir, se sont mis à prêcher «un autre Évangile». D’autres insistent sur les atouts de leur Église, tel que la bonne musique, l’ambiance de fête, un bel édifice, le rang respectable des membres de leur communauté, ou d’autres considérations mondaines. En «évangélisant» de cette manière, ils ne suivent pas l’exemple de Paul. Il écrivit en 2 Corinthiens 4.5: «Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c’est Jésus-Christ que nous prêchons.»

Quelques attitudes à adopter

Il est toujours possible, n’est-ce pas, de prononcer un message vrai et bénéfique mais de le faire avec une attitude qui fait que les auditeurs le rejettent. Cela est particulièrement le cas quand il s’agit d’un message qui déclare que les hommes sont tous des pécheurs qui méritent la colère et le châtiment de Dieu (Romains 1.18; 3.23). Il convient donc de veiller sur nos attitudes quand nous prêchons l’Évangile. Considérez les passages suivants:

«Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en vous» (1 Pierre 3.15)

«…professant la vérité dans la charité» (Éphésiens 4.15)

«Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté» (Galates 6.1)

«Or, un serviteur du Seigneur ne doit pas se quereller. Il doit être aimable envers tous, capable d’enseigner et patient, il doit instruire avec douceur ses contradicteurs : Dieu leur donnera peut-être l’occasion de changer de comportement et de parvenir à connaître la vérité» (2 Timothée 2.24,25).  

Tout en étant doux et humbles, conscients de nos propres faiblesses et péchés, nous devons enseigner avec confiance à la vérité de la parole de Dieu que nous apportons. Paul dit: «Je n’ai point honte de l’Évangile: c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit» (Romains 1.16). Nous sommes pleinement convaincus que la parole de Dieu est vraie et qu’elle est capable de toucher les cœurs des hommes et de produire la foi et sauver l’âme. En plus, nous savons que le Seigneur est avec nous (Matthieu 28.20) quand nous sommes en train d’accomplir la mission qu’il nous a confiée. Nous avons donc du courage. Paul dit à Timothée: «Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur» (2 Timothée 1.7,8). Quand les chefs des Juifs «virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus» (Actes 4.13).

Non seulement nous devons être caractérisés par l’humilité personnelle et la confiance complète au message que nous prêchons; nous devons aussi être motivés par l’amour sincère pour nos auditeurs. L’apôtre Paul en était un très bon exemple. Malgré le fait que ses frères juifs l’avaient souvent persécuté et avaient même cherché à le faire mourir, il dit: «J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être maudit et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair… Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés» (Romains 9.2,3; 10.1). Dieu lui-même «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Timothée 2.4). Nous devrions en vouloir autant.

À qui dois-je annoncer l’Évangile?

Toute personne responsable de ses actes a besoin de l’Évangile, «car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Romains 3.23). Dieu ne nous demande pas de trier les personnes que nous évangélisons. Ce n’est pas à nous de décider d’avance que telle ou telle personne n’acceptera pas le message. Nous ne connaissons pas le cœur d’autrui. Ce n’est jamais une faute que de vouloir partager avec quelqu’un le message qui peut lui sauver l’âme, mais c’est un péché grave de se taire quand Dieu nous dit de parler (Actes 4.19,20). Dieu dit au prophète Ézéchiel qu’il était comme une sentinelle chargée d’avertir le peuple d’un danger. Si le peuple ne prêtait pas attention à l’avertissement et ne se préparait pas en conséquence, ce peuple périrait, mais la sentinelle aurait fait son devoir. Si, par contre, la sentinelle voyait venir le danger et n’en disait rien, le peuple périrait tout de même, mais Dieu la tiendrait responsable de la mort de ces gens.

Personne n’est donc à exclure, mais il y a autour de chacun de nous beaucoup de personnes ayant besoin de la parole de Dieu et par qui nous pouvons commencer. Il suffit souvent de demander à ces personnes, qui nous connaissent déjà, si elles accepteraient d’étudier la Bible avec nous. J’ai fait l’expérience moi-même avec celui qui me vendait du pain chaque jour, le technicien qui réparait mon ordinateur, des visiteurs dans mon assemblée locale, la serveuse dans un restaurant où j’ai mangé, l’employé dans le service où je payais des photocopies, mon plombier, un élève qui voulait perfectionner son anglais, le père d’un membre de l’Église, et bien d’autres. Toutes ces personnes n’ont pas seulement accepté que je leur partage l’Évangile; elles ont toutes fini par obéir à la bonne nouvelle. Il y a beaucoup de personnes qui suivent Jésus aujourd’hui parce qu’un chrétien qu’elles ne connaissaient pas a frappé un jour à leurs portes et leur a parlé du Seigneur. Peu importe si d’autres ont claqué la porte dès qu’ils s’apercevaient qu’on voulait leur parler de la Bible; au moins ceux qui ont écouté sont maintenant sauvés, et ils ne le seraient pas si un chrétien n’avait pas eu l’amour et le courage de se présenter chez eux.

Par où commencer?

Le point de départ dans l’enseignement dépend souvent de ce que l’élève comprend déjà. Parfois il faut prendre du temps pour poser un fondement. Certaines personnes ont besoin qu’on leur parle d’abord de Dieu et de sa nature. D’autres connaissent déjà les arguments qui prouvent l’existence de Dieu, mais ils ont besoin de comprendre que Dieu nous parle à travers sa parole inspirée, la Bible. Beaucoup reconnaissent l’autorité de la Bible, mais ils ne comprennent pas la relation entre l’Ancien Testament, qui n’est plus en vigueur, et le Nouveau Testament. Les gens ont généralement besoin qu’on leur parle de ce qu’est le péché aux yeux de Dieu et de ses conséquences. Il est très important de faire comprendre que l’homme ne peut pas se sauver lui-même de ses péchés, raison pour laquelle Dieu, dans son grand amour, a envoyé son Fils pour  mourir à notre place. Il faut expliquer également que seule la personne qui croit en Jésus comme Fils de Dieu et le déclare ouvertement peut bénéficier de son sacrifice sur la croix. Il ne faut pas sauter l’étape de la repentance: si une personne n’est pas prête à se détourner de ses péchés, elle n’aura pas le pardon. Enfin, il faut enseigner le sens, la forme et le but du baptême, par lequel le pécheur entre en contact avec le sang de Christ. Par la suite, on parlera de l’Église que Jésus a bâtie, de son culte, de l’importance de jouer un rôle actif dans l’assemblée comme un membre du corps de Christ.

Certaines  personnes fréquentent des Églises depuis leur jeunesse, et elles comprennent la plupart de ces idées. En prenant le temps de parler avec elles, vous découvrirez ce qu’ils ignorent dans la parole de Dieu. Il n’est pas rare que les gens qui croient en Jésus et fréquentent des Églises vous encouragent de ne pas perdre du temps avec eux, mais d’aller évangéliser ceux qui ne connaissent pas du tout le Seigneur. Cette attitude se comprend, mais il faut se rappeler aussi le cas d’Apollos. «Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Écritures, vint à Éphèse. Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu» (Actes 18.24-26). Cette homme avait beaucoup de qualités et connaissait beaucoup de vérités concernant Jésus. Il connaissait bien les Écritures. Mais il y avait une insuffisance grave dans ses connaissances: il ne connaissait rien du baptême que Jésus avait ordonné quand il confia aux disciples la mission d’évangéliser le monde. Apollos enseignait le baptême que Jean-Baptiste avait pratiqué, un baptême qui préparait les gens à recevoir Jésus mais qui n’était plus en vigueur. Il s’agissait bien d’une immersion dans l’eau, mais ce baptême n’avait pas la même signification que celui qui doit se faire au nom de Jésus. Aquilas et sa femme Priscille, ces deux chrétiens qui avaient travaillé avec l’apôtre Paul, ont tout de suite reconnu l’erreur d’Apollos, cette lacune dans sa connaissance de la bonne nouvelle. Au lieu de raisonner qu’après tout, Apollos connaissait déjà le Seigneur et les Écritures et qu’il valait mieux passer leur temps à parler avec ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de Jésus, ce couple l’a pris à part pour parler. Ils «lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu». C’est aussi de l’évangélisation.

Conseils divers

Évitez de dire: «Moi, je pense…», «Dans notre Église nous croyons…», «Mon prédicateur a dit…», etc. Les opinions personnelles ne sauvent pas. Les hommes ont besoin de savoir ce que la Bible enseigne et non pas ce que vous pensez. Dites plutôt: «Jésus a dit…», «L’apôtre Pierre enseigne…», «Selon l’Épître aux Éphésiens…» ou «Voyons ensemble ce que la Bible nous dit à ce sujet en Jacques, chapitre 2».

Il n’y a pas besoin de condamner des personnes ou de citer le nom de tel ou tel groupe religieux pour le condamner. Il est important d’exposer des erreurs – de faux enseignements ou des pratiques qui ne sont pas autorisées par la parole de Dieu (1 Timothée 4.6). Mais on peut signaler que telle doctrine est fausse sans dire que telle Église est mauvaise parce qu’elle l’enseigne. La personne qui vous écoute sera capable de tirer ses propres conclusions.

Sachez qu’il n’y a pas de mal à dire quand on ne sait pas: «Je ne sais pas. Mais j’essaierai de vous trouver la réponse biblique dès que possible.»

Ne vous découragez pas quand les gens ne réagissent pas de la manière que vous espérez. Continuez de les aimer, de prier pour eux, et d’annoncer la bonne nouvelle à ceux qui écouteront. Et ne considérez pas la réaction de ceux qui refusent d’écouter comme un rejet de votre personne. Si vous avez présenté fidèlement la parole du Seigneur, c’est le Seigneur qu’ils rejettent. Jésus dit: «Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé» (Matthieu 10.40).

N’oubliez pas la suite du baptême. Si quelqu’un à qui vous avez prêché la parole l’accepte et se fait baptiser, reconnaissez que le travail n’est pas fini. Jésus a dit de faire des disciples, de les baptiser, ET de leur enseigner tout ce qu’il a prescrit (Matthieu 28.19). Prenez le temps de leur enseigner au sujet de la vie chrétienne et de l’Église du Nouveau Testament.

Examinez-vous pour savoir si vous avez obéi à l’Évangile tel qu’il est enseigné dans le Nouveau Testament (2 Corinthiens 13.5). Si vous n’avez pas encore été immergé pour le pardon de vos péchés, ne renoncez pas à l’évangélisation – faites-vous baptiser!

Conclusion

Dans un monde qui ne croit pas qu’il y ait des vérités objectives et universelles, qui pense que toutes les religions sont bonnes (ou qu’elles sont toutes mauvaises), qui n’accepte pas que ses actions ou ses valeurs soient traitées de condamnables devant Dieu, l’idée même de l’évangélisation est inacceptable. Dans la société occidentale, on essaie de plus en plus de faire taire la voix des chrétiens. Dans le monde musulman, le fait de persuader quelqu’un de devenir chrétien est souvent traité d’acte criminel. Mais les choses n’étaient pas très différentes au premier siècle – la prédication de l’Évangile était «scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Corinthiens 1.23). Pour celui qui pense comme Jésus, par contre, il n’y a rien de plus utile, de plus noble et de plus urgent que d’annoncer dans l’amour sincère le message de vie éternelle en Jésus.

B.B.

Recevoir le pardon de Dieu


« Toi, tu es un Dieu prêt à pardonner, compatissant et
miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. »
Néhémie 9.17

Nous avons besoin de pardonner parce que nous
sommes nous-mêmes dans le besoin du pardon. Dieu
est sans péché, et il n’a besoin du pardon de qui que ce
soit. Malgré nos crimes, si nombreux et si graves, Dieu
nous offre son pardon parce qu’il nous aime. Parce
qu’il est non seulement un Dieu d’amour mais aussi un
Dieu de justice et de sainteté, le Juge de l’univers ne
peut pas laisser les péchés impunis. Comme Dieu a
fourni à Abraham le bélier qui fut sacrifié à la place de
son fils. Dieu a aussi fourni le sacrifice qui paie le prix
de nos péchés: son Fils, Jésus-Christ, qui est mort à
notre place. Le péché ne reste donc pas impuni, mais
le pardon que Dieu nous offre lui a ainsi coûté très
cher.

Nous acceptons le pardon de Dieu par une foi
active et qui s’exprime dans l’obéissance. Pour être
plus précis, on peut identifier cinq étapes dans l’accep-
tation du pardon qui est disponible en Jésus-Christ:

1) Il faut écouter la bonne nouvelle de la mort et la
résurrection de Jésus pour nos péchés (Romains 10.17;
Jacques 1.21).

2) Il faut croire que Jésus est le Fils de Dieu (Jean
3.16,36; 20.31; Romains 1.16)

3) Il faut vous repentir – vous devez accepter de faire
désormais de votre mieux pour éviter le péché et pra-
tiquer le bien (Actes 3.19; 17.30; 20.26).

4) Il faut confesser votre foi – dire devant les hommes
que vous croyez en Jésus (Romains 10.9,10; Matt10.32,33; 1 Timothée 6.12).

5) Il faut vous faire immerger (baptiser) selon le com-
mandement de Jésus «pour le pardon de vos péchés»
(Aces 2.38; 22.16; Marc 16.16; Colossiens 2.12,13).

B.B.

(dans Vol. 11, No. 2)

Les 144 000 et la grande foule : L’éternité aux cieux ou sur la terre ?

Une doctrine distinctive des Témoins de Jéhovah concerne un chiffre qui se trouve dans le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse. Selon une publication officielle de leur organisation :

« En 1935, les Témoins eurent une intelligence plus claire de ce qu’étaient la classe du Royaume céleste, qui régnera avec le Christ, et les sujets terrestres de ce Royaume. Ils savaient déjà que le nombre des chrétiens oints de l’esprit appelés à régner avec le Christ depuis les cieux se limiterait à 144 000. Quelle espérance aurait donc le reste de l’humanité ? Un gouvernement a besoin de sujets pour justifier son existence. Ce gouvernement céleste, le Royaume, aurait aussi des millions de sujets obéissants sur la terre. Il s’agirait de la « grande foule que personne ne pouvait dénombrer, de toutes les nations et tribus et peuples et langues », qui crie : « Le salut, nous le devons à notre Dieu [Jéhovah] qui est assis sur le trône, et à l’Agneau [Jésus-Christ]. » – Révélation 7.4,9,10; 14.1-3; Romains 8.16,17. » (L’Humanité à la recherche de Dieu, page 358, ©1990)

On pourrait donc dire que, selon cette doctrine, il y a deux espérances distinctes pour ceux qui font la volonté de Dieu : 144 000 seront aux cieux avec Jésus pour régner ; les autres, la « grande foule », espèrent vivre sur une terre transformée en paradis. Les Témoins disent en plus que ceux qui feront partie de la « grande foule » ne deviennent pas membres du corps de Christ, ne naissent pas de nouveau, n’entreront pas dans le royaume céleste, ne sont pas baptisés du Saint-Esprit, n’ont pas droit à la Sainte Cène et n’ont pas part à la nouvelle alliance. Le nombre des 144 000 étant atteint depuis 1935, la prédication des Témoins met l’accent sur l’espérance terrestre de la « grande foule ».

L’espace ne permet pas d’explorer tous les aspects de cette doctrine, mais nous allons souligner quand même plusieurs problèmes dans l’explication assez unique que les Témoins de Jéhovah nous offrent à l’égard du sort final des hommes justes.

Où se trouvent les 144 000 et la « grande foule » ?

Apocalypse 7 est le passage biblique qui parle des cent quarante-quatre mille et de la grande foule. Il s’ouvre avec un ordre adressé aux quatre anges qui s’apprêtaient à « faire du mal à la terre, et à la mer » : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille » (Apoc. 7.3,4). La raison pour laquelle les anges destructeurs devaient attendre avant de faire du mal à la terre, c’est que les 144 000 serviteurs de Dieu en question se trouvaient sur la terre et devaient être épargnés du châtiment qui venait.

Le passage suivant, qui commence au verset 9 du même chapitre, parle de la grande foule : « Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte, en disant : Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’agneau. Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants ; et ils se prosternèrent sur leurs faces devant le trône, et ils adorèrent Dieu » (Apoc. 7.9-11). La foule nombreuse dans ce passage se trouve devant le trône de Dieu, là où se trouvaient également les anges – c’est-à-dire aux cieux !

Le seul autre verset de l’Apocalypse qui fait mention d’une grande foule se trouve au chapitre 19.1 : « Après cela, j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait : Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu. »

Quelle que soit l’identité de cette grande foule, absolument rien dans la Bible ne permet de la considérer comme étant composée de personnes situées sur une terre devenue paradis.

Combien d’espérances et de troupeaux ?

Il est intéressant de noter que le Nouveau Testament insiste beaucoup sur l’unité. Tandis qu’il y avait eu au temps de l’ancienne alliance une distinction très nette entre les Juifs et les non-juifs, tel n’est plus le cas. « C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair… vous étiez jadis éloignés, mais maintenant vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation » (Éph. 2.11-14). « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Gal. 3.28). « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10.16). « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps » (1 Cor. 12.13). Alors que ces passages célèbrent l’unité et la paix que Jésus-Christ a créées pour tous ceux qu’il sauve, la doctrine des Témoins de Jéhovah en ce qui concerne les 144 000 et la grande foule met en place une barrière infranchissable et divise en deux les serviteurs de Dieu. En Éphésiens 4, Paul encourage la paix parmi les fidèles à Éphèse en leur rappelant sept choses fondamentales qu’ils avaient en commun. « Vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous » (Éphésiens 4.4-6). Remarquez que la doctrine des Témoins enlève certaines choses de cette liste. Les membres de la foule ne seraient pas dans le corps de Christ, ne seraient pas oints du même Esprit et n’auraient pas d’espérance d’être avec Christ dans les cieux comme les 144 000. Selon cette doctrine, les bases de l’unité chrétienne ne s’appliquent qu’au groupe privilégié. On doit se demander à quoi cela a servi de « renverser le mur de séparation » entre païen et Juif, et de déclarer que « Dieu ne fait pas d’acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable » (Actes 10.34,35), pour tout de suite après redresser un mur de séparation et refuser toute une liste d’avantages à un groupe qui craint Dieu et pratique la justice, avantages que l’on accorde librement à l’autre groupe.

À qui l’espérance du ciel est-elle offerte ?

Selon les publications des Témoins de Jéhovah, les 144 000 sont choisis parmi les disciples éprouvés de Christ, les chrétiens qui ont été fidèles au cours des années. Les fidèles serviteurs de Dieu qui ont vécu avant la naissance de Christ, tout comme les disciples de Jésus qui ne sont pas destinés à régner avec Christ dans les Cieux, feraient partie de la « grande foule ».

En Jean 17 Jésus a prié, d’abord pour lui-même, puis pour les apôtres qu’il allait bientôt quitter, et ensuite pour nous tous qui croyons en lui. Après avoir prié spécialement pour les apôtres, Jésus dit : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un… Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17.20,21,24). Jésus voulait que nous tous qui croyons en lui soient un et que nous soyons avec lui là où il serait, afin que nous puissions contempler sa gloire.

Selon l’Épître aux Hébreux, l’espérance d’une demeure aux cieux n’était pas seulement pour quelques-uns qui ont vécu depuis la venue du Christ. L’auteur dit que les patriarches de l’Ancien Testament – Abraham, Isaac, et Jacob – attendaient « la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » Ils reconnaissaient qu’ils étaient « étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité » (Hébreux 11.10,13-16).

À maintes reprises Jésus et ses apôtres font appel à l’espérance céleste pour motiver leurs auditeurs et leurs lecteurs à penser et agir de certaines manières. Par exemple, le chrétien ne doit être ni avare ni matérialiste : ce n’est pas la peine de nous attacher aux biens de ce monde quand des richesses nous attendent aux cieux. Jésus dit : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel […] Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matt. 6.19-21). « Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s’usent point, un trésor inépuisable dans les cieux » (Luc 12.33). L’auteur de l’Épître aux Hébreux rappelle à ses lecteurs la bonne attitude qu’ils avaient manifestée précédemment : « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours » (Héb. 10.34). Si la plupart des chrétiens n’ont pas droit d’entrer dans le ciel et accéder aux trésors qui s’y trouvent, ou s’ils n’ont pas vraiment la possibilité d’y amasser des trésors, ces textes et bien d’autres ne leur offrent pas de motivation pour ne pas amasser les trésors sur terre ou ne pas s’affliger quand leurs biens sont arrachés.

C’est la citoyenneté céleste du chrétien qui l’aide à ne pas participer à la corruption morale de ce monde. Paul dit aux Philippiens : « Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé… Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Phil. 3.18-20). Qu’est-ce qui permet qu’on ne pense pas uniquement aux choses de la terre ? C’est le fait qu’on est citoyen des cieux. (Or, quel citoyen n’a pas droit d’entrer dans le pays dont il est citoyen ?) « Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre… Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité » (Colossiens 3.2,5).

Les membres de la « grande foule » n’auraient-ils pas droit de trouver dans une espérance céleste le courage de persévérer face à la persécution et aux diverses épreuves ? Car, c’est exactement la sorte d’encouragement qui est proposé du début à la fin du Nouveau Testament. Jésus dit en Matthieu 5.11,12 : « Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » Pierre parle de la joie du chrétien qui est éprouvé : « C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés par diverses épreuves » (1 Pi. 1.6). Et qu’est-ce qui fait cette joie ? « Nous avons ainsi une espérance vivante et pouvons nous réjouir des biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni se gâter, ni se salir, ni perdre leur éclat. Dieu les réserve dans les cieux pour vous » (1 Pi. 1.3,4, FC).

Que deviendra la terre ?

Avant de regarder de plus près le texte en Apocalypse qui a été notre point de départ, il serait bien de considérer le sort de la terre. Les Témoins de Jéhovah enseignent qu’elle sera transformée en paradis et continuera d’être habitée. Ils citent souvent Ésaïe 45.18 qui dit : « Car ainsi parle l’Éternel, le créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, qui l’a créée pour qu’elle ne fût pas déserte, qui l’a formé pour qu’elle fût habitée : Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre. » Certes, Dieu a créé la terre pour qu’elle soit habitée, mais ce verset ne dit rien concernant la durée de son existence. De la même manière, je pourrais dire que ma femme m’a cousu une chemise pour que je la porte et non pour que je la laisse au placard pour être gâtée par les mites. Mais le fait que je porte la chemise comme ma femme l’a voulu ne veut pas dire que cette chemise restera pour toujours. La Bible elle-même fait une comparaison entre la terre et un habit usé : « Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; ils périront, mais tu subsistes ; ils vieilliront tous comme un vêtement. Tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés ; mais toi, tu restes le même et tes années ne finiront point » (Hébreux 1.10-12). Jésus, aussi, dit catégoriquement que « le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matt. 24.35). Ces passages, parlent-ils simplement, comme le prétendent certains, du système actuel des choses, de la société humaine et des structures politiques que nous connaissons ? Après tout, disent-ils, quand Dieu a « détruit » le monde par le déluge au temps de Noé, la planète est restée intacte tout en étant purifiée des hommes pécheurs et leurs œuvres. En fait, ce ne sont pas seulement les œuvres des hommes qui sont destinées à passer. Non, tout ce que nous voyons de nos yeux n’est que passager. Voilà pourquoi l’espérance d’une demeure céleste nous est si précieuse. « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons [notre corps physique] est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste » (2 Cor. 4.17–5.2). Ainsi, c’est la terre, et non seulement les œuvres qu’elle renferme, qui sera détruite : « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3.10).

Une autre explication des textes en Apocalypse

Il est bien de pouvoir reconnaître qu’une interprétation d’un passage biblique est fausse parce qu’elle ne peut pas se concilier avec d’autres enseignements clairs de la Bible. Mais il faut essayer aussi de déterminer le vrai sens du texte. C’est ce que nous voulons faire à l’égard d’Apocalypse 7, qui parle des 144 000 et de la grande foule. De quoi parle au juste ce passage ?

Il est particulièrement important, avant d’aborder un texte dans l’Apocalypse, de tenir compte du contexte du livre entier, et notamment du contexte historique dans lequel l’apôtre Jean l’a écrit.

Le vaste Empire romain qui dominait le monde au temps du Nouveau Testament avait établi le culte des empereurs. Chaque empereur fut déclaré dieu lors de sa mort. On considérait qu’une révolte serait moins probable parmi des gens qui adoraient les chefs de l’empire. On prenait ce culte très au sérieux vers la fin du 1er siècle, et cela fut la cause d’une grande persécution contre l’Église. Brûler un peu d’encens sur l’autel dans le temple de l’empereur et dire qu’il était « Seigneur et Dieu » était vu comme une preuve de loyauté. Refuser de le faire marquait une personne comme irréligieuse et traîtresse. Cette politique rendit inévitable le conflit entre l’Église et l’empire. Pour les chrétiens, Jésus était le seul Seigneur (1 Cor. 8.5,6, Éphésiens 4.4,5 et Actes 4.19).

Les chrétiens devinrent l’objet de la haine, des boycottes économiques, et de la persécution jusqu’à la mort. Les empereurs se sont donné l’objectif de faire disparaître de la terre le nom de chrétien. L’Apocalypse fut écrit aux chrétiens dans cette crise, afin de les exhorter à la patience et les consoler dans leurs souffrances. Il sert également à avertir les ennemis de l’Église de leur destruction. Le livre se rapporte donc surtout au conflit que vivaient ses premiers destinataires.

Dans les versets qui précèdent la mention des 144 000, l’apôtre Jean voit dans sa vision quatre anges qui retiennent les quatre vents de la terre (est, ouest, sud, nord). Dans les livres prophétiques, le vent représente souvent les jugements de Dieu contre une nation méchante (voir par exemple, Jér. 23.19; 49.36; 51.1,2). Ces jugements sont prêts à s’abattre sur les hommes, mais doivent attendre que les serviteurs de Dieu soient marqués. Cette scène suit la même idée qu’une vision donnée au prophète Ézéchiel. Dieu allait punir Jérusalem pour son péché. Mais avant que les destructeurs ne s’élancent, l’ordre fut donné de faire une marque sur le front de tous ceux « qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les horreurs qui s’y commettent. » Le prophète a vu ensuite les destructeurs frapper tous ceux dans la ville qui n’avaient pas une telle marque (Ézéchiel 9.1-7).

En Apocalypse 7, l’ange a ordonné que la destruction de Rome soit retardée jusqu’à ce que les innocents soient marqués. La raison pour cela est la même que dans la vision d’Ézéchiel : Dieu voulait épargner ses serviteurs de la condamnation des pécheurs.

Cette marque ou ce sceau n’est pas un signe physique mis littéralement ou visiblement sur chaque vrai croyant. Notez que les serviteurs de Satan aussi reçoivent une marque (13.16,17; 14.9; 16.2). L’image signifie simplement que les deux chefs dans la grande lutte entre le bien et le mal connaissent leurs serviteurs. Le sceau de Dieu montre que celui qui le porte appartient à Dieu et qu’il est sous la protection de Dieu. Il peut toujours souffrir physiquement dans ce monde et même subir le martyre, mais la mort ne peut lui faire aucun vrai mal ni lui faire perdre sa récompense céleste.

Le nombre de ceux qui reçoivent la marque est de 144 000. Il est composé de 12 000 personnes de chacune des 12 tribus d’Israël. Qui sont ces personnes ?

Faut-il les identifier aux Israélites selon la chair, les Juifs ? Cela est douteux en vue du fait que Jean a déjà deux fois (2.9 et 3.9) refusé le titre de Juifs à des Israélites selon la chair qui, par leur incrédulité, ont perdu leur statut de peuple de Dieu. En plus de cela, le fait que deux tribus (Dan et Éphraïm) ne sont pas mentionnées indique qu’il ne s’agit pas ici des douze tribus littérales de l’Ancien Testament. (Ces deux tribus sont omises peut-être à cause de leur association avec l’apostasie dans l’histoire d’Israël – Juges 18 pour Dan, et la position dominante d’Éphraïm dans le royaume idolâtre d’Israël du Nord.) L’interprétation la plus raisonnable semble être que les 144 000 sont tous ces croyants – juifs et gentils – qui resteraient fidèles face aux persécutions. Il s’agit de l’Israël spirituel, composé de chrétiens de toutes les nations.

Le nombre 144 000 est évidemment symbolique et exprime non pas une limitation, mais le caractère complet de ce qui est compté. Ce nombre est formé à partir du chiffre 12, élevé au carré et multiplié par 1000 : 12 × 12 × 1000 = 144 000. Le chiffre 12 est souvent associé au peuple de Dieu (12 tribus, 12 apôtres, 12 fondements pour la cité céleste – Apoc. 21.14, etc.). Au temps du Nouveau Testament, l’expression « les 12 tribus d’Israël » indiquait la totalité de la communauté juive. Tout chiffre mis au carré garde la même signification avec une intensité plus forte : milliers de milliers, myriades de myriades. Mille est un nombre qui donne l’idée de plénitude. Le nombre 144 000 est simplement une manière de désigner la totalité de l’Église fidèle sur la terre. Au lieu d’exclure beaucoup de chrétiens des bénédictions, comme certains le disent, ce chiffre de plénitude nous assure qu’aucun ne sera oublié.

Ensuite Jean voit une grande foule qui se trouve, non pas sur la terre, comme les 144 000, mais au ciel, « devant le trône ». Les 144 000 sont toujours au milieu des souffrances, mais la grande foule est composée de ceux qui ont déjà vaincu – ils portent les robes blanches des vainqueurs et portent des palmes, signe de joie et d’adoration (Lév. 23.40, Matt. 21.8,9). Le fait qu’ils soient de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue, les identifie à ceux qui ont été rachetés par le sang de l’agneau (Apoc 5.9). La foule se réjouit et reconnaît que son salut est dû à la grâce de Dieu, et non pas à son propre mérite.

L’un des vieillards demande à Jean d’où sont venus ceux qui composent la foule. Ce n’est pas pour s’informer, puisque lui-même va donner la réponse. C’est plutôt une manière de nous donner ce renseignement. Ce sont ceux qui sont sortis fidèles et donc victorieux de la tribulation, une multitude purifiée par le sang de Jésus. Dans la présence de Dieu lui-même, tous leurs désirs sont satisfaits. Et Dieu essuie toute larme de leurs yeux. Les souffrances sont oubliées.

En voyant les 144 000, Jean contemple des chrétiens qui devaient bientôt passer par une épreuve, mais sur qui Dieu veillait. En voyant la grande foule, Jean contemple des chrétiens qui sont déjà passés par l’épreuve et qui se trouvent maintenant dans les cieux. Les deux groupes représentent l’Église, mais la perspective a changé. Le premier groupe est l’Église sur terre, le deuxième est l’Église triomphante dans les cieux.

Voilà de quoi encourager tous les chrétiens qui doivent passer par des temps difficiles !

(avec des remerciements à Max Dauner, auteur de Commentaire sur l’Apocalypse de Jean)

B.B.
(dans Vol. 11, No. 5)

 

Peut-on perdre le salut?

Peut-on être sûr de son salut ? Les apôtres de Jésus prêchaient sans ambiguïté le pardon qu’il avait rendu possible :

« Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui [Jésus] que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » (Actes 13.38,39)

Selon 1 Jean 5.13, on peut bien savoir qu’on a été sauvé :

« Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

Le Seigneur ne veut pas que ses enfants soient dans le doute concernant la réalité de la délivrance qu’il nous accorde du péché et de la mort.

« Nous ne voulons pas que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. » (1 Thessaloniciens 4.13)

Considérez la confiance exprimée par l’apôtre Paul quand il voyait que le moment de sa mort approchait :

« Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (2 Timothée 4.8)

Si la Bible enseigne qu’une personne peut savoir qu’elle est sauvée, cela ne veut pas dire forcément qu’elle ne peut en aucun cas perdre ce salut. Or, c’est justement ce que de nombreuses personnes affirment. On l’appelle tantôt « la doctrine de la persévérance des saints », tantôt « la sécurité éternelle du croyant ». D’autres résument l’idée par la phrase : « Une fois sauvé, toujours sauvé ! » Quand on leur pose des questions sur le cas de personnes qui ont cru à l’Évangile, mais qui sont maintenant dans un état d’infidélité totale envers le Seigneur, ils affirment souvent que Dieu fera en sorte que ces personnes reviennent forcément à lui avant de mourir. Si elles ne se repentent pas, cela prouve, selon eux, que ces personnes n’avaient pas été sauvées au départ. Leur conversion n’avait pas été réelle. Ils n’avaient pas été parmi les élus de Dieu. D’autres n’admettent même pas qu’il soit nécessaire que la personne sauvée revienne à la fidélité avant sa mort. Ils insistent sur l’idée que du moment où nous avons accepté l’Évangile, notre état devant Dieu est garanti inconditionnellement et que ce salut ne peut donc pas être perdu à cause des choix que nous prenons ou des actes que nous posons.

Comme toujours, nous voulons surtout savoir ce que la Bible dit à ce sujet très important.

Les paroles de Christ

La parabole de l’homme qui refuse de pardonner

En Matthieu 18.21-35 Jésus dit une parabole concernant un roi qui décida de régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui amena un homme qui lui devait une très grosse somme d’argent, mais qui n’avait pas de quoi rendre cet argent. Le roi ordonna, selon la coutume et la loi de l’époque, de vendre cet homme comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait. Mais comme son serviteur tomba à genoux et supplia le roi, ce dernier en eut pitié et lui remit sa dette. Le serviteur sortit et rencontra un de ses compagnons qui lui devait une somme très modeste. Il le saisit à la gorge et le serrait à l’étouffer en disant : « Paie ce que tu me dois ! » Et il le fit jeter en prison. Lorsque le roi apprit ce qui s’était passé, il fit venir le premier serviteur et lui dit :

« Méchant serviteur ! Je t’ai remis toute ta dette parce que tu m’as supplié de le faire. Tu devais toi aussi avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi. »

Le roi était très en colère ; il retira son pardon et envoya le serviteur en prison. Et Jésus ajouta :

« C’est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

Jésus enseigne ici que le pardon de Dieu, bien qu’accordé librement par pures miséricorde et grâce à des pécheurs qui ne le méritent pas du tout, demeure toutefois conditionnel. Le pardon que Dieu accorde peut être retiré si la personne qui le reçoit agit de certaines manières – si, par exemple, après avoir été pardonnée par Dieu elle refuse de pardonner aux autres. Nier cette réalité serait nier que cette parabole ait un sens quelconque.

Le cep et les sarments

En Jean 15.1-6 Jésus se compare lui-même à un cep (une vigne) et ses disciples à des sarments (des rameaux). La source de notre vie spirituelle, c’est Jésus, comme la vigne est la source de vie pour les rameaux. Si nous ne sommes pas unis à Christ, nous sommes morts. « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5.12). La présence continuelle du Christ dans son disciple dépend en partie de la volonté du disciple : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous » (Jn. 15.4). La conséquence quand le disciple demeure en Christ, c’est que le Christ demeure en lui, et le disciple porte du fruit :

« Un rameau ne peut porter de fruit tout seul, sans être uni à la vigne ; de même, vous ne pouvez pas porter du fruit si vous ne demeurez pas unis à moi. Je suis la vigne, vous êtes les rameaux. Celui qui demeure uni à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruit, car vous ne pouvez rien faire sans moi. » (Jn. 15.4,5, FC)

La conséquence quand le disciple ne demeure pas en Christ, c’est que celui-là ne porte pas de fruit, et qu’il est retranché :

« Il coupe chaque rameau qui, en moi, ne porte pas de fruit… Celui qui ne demeure pas uni à moi est jeté dehors, comme un rameau, et il sèche ; les rameaux secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. » (vs. 2,6)

Plusieurs fois quand Jésus avertissait ses disciples concernant des temps difficiles et des persécutions futures, il énonça le principe contenu dans ces versets :

« Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24.11-13; cf. Matt.10.22; Apoc. 2.10)

Il semble évident que le contraire serait vrai : celui qui ne persévère pas jusqu’à la fin ne sera pas sauvé.

Ces paroles de Christ sont assez directes. La façon la plus naturelle de les comprendre serait de reconnaître que le salut peut bien se perdre.

Les paroles des apôtres

Les apôtres de Christ ont-ils compris son enseignement de la même manière que nous venons de l’interpréter ?

L’apôtre Pierre est très clair :

« En effet, si les hommes qui ont échappé aux mauvaises influences du monde parce qu’ils ont connu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, se laissent ensuite reprendre et vaincre par elles, ils se trouvent finalement dans une situation pire qu’au commencement. Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître le juste chemin, que de l’avoir connu et de se détourner ensuite du saint commandement. » (2 Pierre 2.20,21)

En Romains 11, l’apôtre Paul traite le problème d’Israël incrédule : la majorité des Juifs n’avaient pas cru à l’Évangile, tandis que de nombreux païens avaient accepté le Christ avec joie. Paul compare le peuple de Dieu à un arbre (un olivier) et les individus à des branches. Ceux des Juifs qui ne croyaient pas à la bonne nouvelle étaient comme des branches qui ont été coupées ; les païens qui sont devenus chrétiens étaient comme des branches d’olivier sauvage greffées à leur place sur cet olivier cultivé. Aux versets 19-23 Paul s’adresse à un chrétien d’origine païenne qui risquait de s’enorgueillir :

« Tu vas me dire : « Mais, des branches ont été coupées pour que je sois greffé à leur place. » C’est juste. Elles ont été coupées parce qu’elles ont manqué de foi, et tu es à cette place en raison de ta foi. Mais garde-toi de l’orgueil ! Crains plutôt. Car, si Dieu n’a pas épargné les Juifs, qui sont des branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Remarque comment Dieu montre sa bonté et sa sévérité : il est sévère envers ceux qui sont tombés et il est bon envers toi. Mais il faut que tu demeures dans sa bonté, sinon tu seras aussi coupé comme une branche. Et si les Juifs renoncent à leur incrédulité, ils seront greffés là où ils étaient auparavant. » (FC)

Ce que dit l’apôtre Paul à son propre sujet surprend beaucoup de lecteurs : « Je traite durement mon corps et je le maîtrise sévèrement, afin de ne pas être moi-même rejeté après avoir prêché aux autres » (1 Corinthiens 9.27). Paul reconnaissait le danger de se voir rejeter par Dieu s’il se mettait à tolérer le péché dans sa propre vie ou à être dominé par ses désirs charnels. Certains enseignent que Paul ne craignait pas la perte de son salut, mais qu’il avait peur de se disqualifier pour le service de Dieu ou de ne pas recevoir une pleine récompense pour son œuvre. Mais le contexte montre que cela n’est pas le cas. Il poursuit son idée, en effet, en rappelant aux Corinthiens l’exemple des Israélites dans le désert. Ils avaient été délivrés de l’esclavage en Égypte et avaient reçu de nombreuses bénédictions de la part de Dieu, mais « la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu et c’est pourquoi ils tombèrent morts dans le désert » (1 Cor. 10.5). Ceux-ci n’ont pas atteint le pays que Dieu leur avait promis, le Canaan. Les chrétiens, pour leur part, ont été délivrés « de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13) et de la servitude au péché, et ils reçoivent aussi de nombreuses bénédictions de la part de Dieu. Ils doivent se garder de tomber dans la même sorte de péchés que les Israélites – idolâtrie (v. 7), immoralité sexuelle (v. 8), rébellion (v. 9), murmures (v. 10) – et de perdre, eux aussi, l’accès au pays que Dieu leur promet, c’est-à-dire le ciel. Le danger est réel et non imaginaire. Paul dit concernant les Israélites :

« Ces malheurs leur arrivèrent pour servir d’exemples à d’autres ; ils ont été mis par écrit pour nous avertir… Par conséquent, celui qui pense être debout doit prendre garde de ne pas tomber. » (1 Cor. 10.11,12).

Les autres livres du Nouveau Testament aussi parlent de cette manière. Voyez, par exemple, Jacques 1.12; 5.19,20; 2 Pierre 1.5-11; 3.16-18; 2 Jean 7-9; Col. 2.4-8; Apoc. 22.19; etc.

Des cas concrets

Le Nouveau Testament ne traite pas la perte du salut comme une simple possibilité théorique : il se réfère à des cas concrets, différentes personnes qui avaient été dans la foi, mais qui ont été perdues par la suite. Tout en exhortant Timothée de combattre « le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience », Paul déclare que « quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi ». Il cite Hyménée et Alexandre comme étant de ce nombre. (1 Tim. 1.18-20).

Dans la même lettre, Paul donne des instructions concernant des veuves qui devaient ou ne devaient pas être assistées matériellement par l’Église. Celles qui recevaient cette assistance devaient prendre une sorte d’engagement solennel. L’apôtre dit en 1 Timothée 5.11,12,15 :

« Mais refuse de mettre les jeunes veuves sur la liste ; car lorsque leurs désirs les poussent à vouloir se remarier, elles se détournent du Christ et se rendent ainsi coupables d’avoir rompu leur premier engagement à son égard… Car quelques veuves se sont déjà détournées du droit chemin pour suivre Satan. » (FC)

Le danger était réel. Certaines sœurs en Christ avaient déjà été perdues.

Toujours en 1 Timothée, Paul met en garde contre le danger que représente l’amour de l’argent (et ce danger concerne les chrétiens autant que les non-chrétiens) :

« Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Tim. 6.9,10)

En Galatie aussi, il y avait eu des cas concrets de personnes qui avaient bénéficié de la grâce de Dieu, qui avaient été sauvées, mais qui étaient tombées de la grâce : « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Galates 5.4).

L’Épître aux Hébreux parle beaucoup du danger de perdre le salut. Elle aussi se réfère à des personnes qui avaient clairement été sauvées, mais qui ne l’étaient plus :

« Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés… » (Héb. 6.4-6)

Il est sûr que dans chaque génération certains ont seulement fait semblant de croire, et leurs professions de foi étaient fausses dès le départ. Mais il est aussi sûr, selon ce que nous lisons dans les Écritures, que d’autres ont réellement abandonné une vérité après y avoir obéi de tout cœur.

Des arguments en faveur de « la sécurité éternelle du croyant »

Pourquoi alors certains diraient-ils que le salut ne peut pas se perdre ? Nous sommes sûrs que ces gens sont sincères dans ce qu’ils croient et qu’ils pensent avoir une base biblique pour leur point de vue. Mais quels arguments trouvent-ils pour appuyer une doctrine qui semble contredire non seulement le sens commun, mais tous ces passages bibliques que nous venons de voir ?

1. « La vie éternelle ne peut pas avoir de fin, sinon elle n’est pas éternelle. »

Certaines personnes, en réfléchissant à la déclaration de 1 Jean 5.13 qui dit que nous pouvons savoir que nous avons la vie éternelle, se posent la question suivante : « Si la vie éternelle peut être terminée, comment peut-on la considérer comme étant éternelle ? » Il est certes vrai que la vie éternelle demeure pour toujours. Elle ne peut cesser. Mais le Nouveau Testament nous avertit à maintes reprises que notre privilège de participer à cette vie éternelle dépend directement de notre persévérance à demeurer en celui en qui cette vie est rendue disponible aux hommes. Si nous cessons de demeurer en lui, la vie éternelle continue ; mais notre participation à cette vie prend fin.

« Votre véritable vie, c’est le Christ. » (Col. 3.4)

« Le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rom. 6.23)

« Voici ce témoignage : Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie nous est accordée en son Fils. Celui qui a le Fils a cette vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. » (1 Jn. 5.11,12)

« Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui. » (1 Jn. 2.28)

2. « Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu ni nous ravir de sa main »

Une merveilleuse promesse du Sauveur se trouve en Jean 10.28,29 :

« Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. »

Malheureusement, beaucoup de gens citent cette promesse en omettant le verset 27, qui fait partie de la déclaration de Jésus. Il présente la condition qui régit la promesse : « Mes brebis écoutent ma voix ; je les connais, et elles me suivent » (FC). Ces verbes sont au temps présent, qui en grec indique une action qui continue. La sécurité que Jésus promet n’est pas offerte à ceux qui ne continuent pas de le suivre.

Nous avons d’autres promesses, comme celle de Romains 8.38,39 :

« Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre chose ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Il est important de distinguer entre tous les ennemis possibles que Paul énumère et le croyant lui-même. Aucun esprit, aucune force, aucune circonstance ne pourrait enlever de la main de Christ même le plus faible qui se confie en lui. Il y a une sécurité totale en Christ pour la brebis qui suit le berger et écoute sa voix. Mais Dieu ne nous tiendra pas en captivité si nous décidons de l’abandonner.

Rien de l’extérieur à l’enfant de Dieu ne peut lui ravir son salut, mais de mauvais choix faits par le chrétien, le reniement du Seigneur, par exemple, peut le ramener dans un état de perdition. Le danger vient du dedans, de notre propre volonté.

3. « Une fois qu’on est né, on ne peut pas cesser d’être un fils de son père. »

D’autres personnes considèrent la question du point de vue de la nouvelle naissance. Une fois qu’un enfant nous est né, il demeure toujours notre enfant, même si parfois il nous déçoit profondément par ses actions. Dans notre conversion au Christ, nous sommes devenus enfants de Dieu. Il est vrai que nous pouvons attrister notre Père céleste, mais ces gens considèrent qu’il nous reconnaîtra toujours comme ses enfants, et donc ses héritiers. En réalité, notre état de « fils de Dieu » demeure conditionnel tout au long de notre séjour sur la terre. Considérez ces déclarations de l’apôtre Paul :

« Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu… Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » (Rom. 8.12-14,17)

« Si nous persévérons, nous régnerons avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera » (2 Tim. 2.12). Si nous cessons de nous laisser conduire par l’Esprit Saint qui nous parle à travers la Parole de Dieu, nous ne serons plus « fils de Dieu ».

Même dans une famille physique, un parent aura toujours de l’amour pour son enfant, mais un enfant rebelle peut, par son comportement, rendre impossible une bonne relation avec le parent, au point même de se voir déshériter.

4. « Ceux qui rechutent n’avaient pas été sauvés ; le fait qu’ils sont tombés montre qu’ils n’avaient pas été sauvés »

L’un des avertissements les plus forts concernant le danger de perdre le salut se trouve en Hébreux 10.26,27 :

« Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement. »

Cet avertissement ne s’adresse pas, comme certains le disent, à des non-croyants qui hésitent de mettre leur confiance en Christ ; l’auteur parle plutôt à des « frères » qui ont « au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous » (vs. 19,20) – des hommes qui n’ont qu’à retenir « fermement la profession de notre espérance » (v. 23) et ne pas « abandonner notre assemblée » (v. 25) pour l’encouragement mutuel dans la foi. Les lecteurs auxquels l’avertissement s’adresse sont des « frères » qui ont déjà « accompli la volonté de Dieu » (v. 36) jusqu’au moment présent, et qui ont simplement besoin de ne pas « abandonner leur confiance » (v. 35) en Christ. Ils sont actuellement des croyants et ne sont pas de « ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (v. 39). Ayant clairement à l’esprit la situation des lecteurs, on ferait bien de relire les nombreuses exhortations ailleurs dans cette épître, dans laquelle l’auteur plaide avec des chrétiens d’origine juive de ne pas tourner le dos à Jésus-Christ et perdre leur salut (Héb. 3.6-19; 4.1-16; 6.4-9, 10-12; 10.19-31, 35-39; 12.14-17).

Dieu nous aime plus que nous ne pouvons jamais comprendre, et il désire tant le salut de chacun de nous qu’il a payé le prix ultime : le sang de son Fils Jésus-Christ. Il nous appelle par l’Évangile. Il nous donne son Esprit pour nous fortifier. Mais il ne force personne. Nous devons croire et être baptisés en Christ (Gal. 3.26,27; Rom. 6.3), et puis demeurer en Christ jusqu’à la fin (Jn. 8.31). Si nous ne retenons pas l’Évangile par lequel nous sommes sauvés, nous aurons « cru en vain » (1 Cor. 15.1,2).


B.B. (dans Vol. 10, No. 5)

(Beaucoup d’idées dans ce numéro sont empruntées du livre Life in the Son, par Robert Shank.)

La forme et le but du baptême

La forme du baptême

Dans la Bible nous lisons que les habitants de la Judée se faisaient baptiser par Jean-Baptiste. Un peu plus loin nous voyons en Jean 4.1,2 que Jésus « faisait et baptisait plus de disciples que Jean. Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c’étaient ses disciples ». En Actes 2 nous apprenons qu’après la mort et la résurrection de Jésus, trois mille personnes ont été baptisées le jour de la Pentecôte, suite à la prédication de l’apôtre Pierre. Il est clair dans le livre des Actes que partout où l’Évangile était prêché, ceux qui croyaient au message recevaient le baptême. Ce n’était donc pas un acte sans importance.

De nos jours aussi la quasi-totalité des dénominations dites chrétiennes parlent de baptême. Cependant, ce qu’on appelle « baptême » varie beaucoup d’une dénomination à l’autre. Dans certaines Églises on asperge quelques gouttes d’eau sur la tête de la personne qu’on baptise, ou bien on passe un mouchoir mouillé sur son front. Chez certains on verse de l’eau sur la personne et chez d’autres la personne se prosterne devant une croix plantée dans l’eau. Chez d’autres encore on immerge la personne tout entière dans l’eau.

Mais au fait, quand Jésus dit en Matthieu 28.19 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », de quoi s’agit-il ? Comment Jésus et ses apôtres entendaient-ils le mot « baptiser » ? La Bible nous indique-t-elle la forme du baptême ordonnée par Dieu ?

Il s’agit d’une immersion

Des exemples

Nous voyons un premier indice en Jean 3.23 qui nous parle de l’endroit que Jean-Baptiste a choisi pour baptiser les gens : « Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau ; et on y venait pour être baptisé. » Quelle que soit la forme du baptême utilisée par Jean, elle nécessitait beaucoup d’eau, ce qui écarte la possibilité qu’il pratiquait l’aspersion. Si Jean ne mettait que quelques gouttes sur chaque personne, un grand bassin d’eau aurait suffi pour baptiser une foule nombreuse.

Matthieu 3.16 nous parle du baptême que Jésus reçut. Ce passage aussi nous donne un indice concernant la méthode de baptême employée par Jean-Baptiste. Le passage dit : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe sur lui. » Évidemment, l’élément qui nous intéresse en ce qui concerne notre question est le fait que Jésus dut sortir de l’eau après son baptême. Il avait donc été dans l’eau afin d’être baptisé, ce qui aurait été absolument nécessaire si on devait le submerger, mais assez étrange s’il était question de tout simplement l’asperger de quelques gouttes.

La même remarque peut se faire pour le baptême pratiqué plus tard par les disciples au nom de Jésus. Actes 8.26-39 décrit la conversion de l’eunuque éthiopien à qui l’évangéliste Philippe annonça la bonne nouvelle pendant qu’ils voyageaient ensemble. Après avoir confessé sa foi en Christ, l’eunuque « fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route. » Notons bien que celui qui baptise et celui qui doit être baptisé descendent tous les deux dans l’eau. Ce qui serait nécessaire si Philippe devait plonger l’eunuque dans l’eau, mais tout à fait illogique s’il voulait simplement lui mettre des gouttes d’eau sur la tête. Rappelons-nous que cet eunuque était un personnage d’importance dans le monde, étant, selon le verset 27, le ministre des finances de la reine d’Éthiopie. Il avait sûrement de l’eau dans un récipient dans son char. Il avait sûrement des serviteurs qui l’accompagnaient au cours d’un si long voyage et qui auraient pu puiser de l’eau pour que Philippe en verse un peu sur sa tête. Pourquoi obliger un tel homme à descendre dans l’eau ? La seule explication est qu’il devait être immergé.

Le sens de l’acte

Les exemples que nous venons de voir sont appuyés par les explications données par l’apôtre Paul dans ses épîtres aux Colossiens et aux Romains. En Colossiens 2.12 il leur dit : « Ayant été ensevelis avec lui (c’est-à-dire avec Christ) par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts. » Dans le baptême une personne est donc ensevelie comme Christ a été enterré. Quand le baptisé sort de l’eau, c’est comme s’il sort du tombeau de la même manière que Christ est sorti du sien. Le baptême est un ensevelissement.

En Romains 6 Paul développe davantage cette idée : « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même, nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection » (Romains 6.2-5). Paul insiste donc sur le fait que nous mourons au péché, nous sommes enterrés en quelque sorte par le baptême, et notre sortie des eaux du baptême ressemble à une résurrection dans laquelle nous recevons une nouvelle vie et après laquelle nous devons vivre dans la justice. C’est une image pleine de signification, mais le sens n’y est plus si le baptême n’est pas une immersion. C’est la seule forme de baptême qui s’accorde avec les explications de l’apôtre Paul.

Le sens du mot

En plus de ce que nous venons de voir ensemble, on peut considérer l’étymologie, c’est-à-dire l’origine du mot « baptiser ». Ce mot, en fait, n’est pas une traduction du mot grec employé par les auteurs de la Bible ; c’est tout simplement une forme francisée du mot grec « baptizo ». La même chose se passe couramment entre le français et les langues africaines. Quelqu’un parle dans sa langue maternelle, insère les mots français « parce que », et continue dans sa langue maternelle. Les mots « parce que » sont généralement compris même par ceux qui ne parlent pas français, et l’expression est plus facile à dire que l’expression plus compliquée dans la langue africaine qu’on parle. Quand on dit les mots « parce que » tout en parlant une autre langue, « parce que » garde toujours le même sens – il exprime la cause, la raison, le motif.

Pareillement, le mot « baptiser » en français signifie la même chose que le mot grec « baptizo », et ce mot grec signifie « immerger, submerger, ou plonger ». C’est ce que le mot signifiait au temps de Jésus. C’est ce que le mot grec « baptizo » signifie encore de nos jours. Cela montre clairement que l’on ne peut pas raisonnablement parler de baptiser quelqu’un par aspersion. Le mot baptiser veut dire « immerger ». Or, on ne peut pas « immerger par aspersion ». C’est un non-sens. Si l’on vous a tout simplement aspergé d’eau, vous n’avez pas, selon le vrai sens du mot, été baptisé.

Arguments avancés en faveur de l’aspersion

En réalité, les prêtres et les pasteurs des Églises qui pratiquent l’aspersion savent très bien qu’au premier siècle le baptême était toujours l’immersion d’un croyant dans l’eau. Comment justifient-ils donc leur pratique ?

Un argument que l’on rencontre, c’est que l’on asperge les candidats au baptême pour une question de commodité. Il est plus facile de mettre quelques gouttes d’eau sur le front que de plonger une personne tout entière dans l’eau. Il est vrai aussi qu’il faut parfois se déplacer un peu loin afin de trouver assez d’eau pour immerger un homme ; il faut parfois même aller jusqu’à se rendre dans un village voisin. Néanmoins, quand il est question d’un commandement de Dieu lui-même, ne devons-nous pas nous soucier plus de l’observer scrupuleusement plutôt que de chercher la facilité ? Le jour de la Pentecôte trois mille personnes ont été immergées, selon Actes 2.41. Il aurait été plus facile de les asperger, mais ce n’est pas ce qui a été fait. Jésus lui-même a parcouru une distance de plus de 110 kilomètres à pied pour se rendre au lieu où Jean l’a baptisé. Et Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé pour ses propres péchés – il n’en avait pas. Il l’a fait pour nous donner un exemple de justice. Ne devons-nous pas être prêts à suivre son exemple en acceptant n’importe quel sacrifice pour obéir à Dieu ? Recherchons la justice de Dieu et non la commodité.

Un autre argument offert en faveur de l’aspersion est que, malgré le fait que les apôtres ne la pratiquaient pas, c’est une méthode très ancienne, et donc légitime. Mais le fait que des hommes ont vécu des siècles avant nous ne leur donne pas le droit de changer les ordonnances de Dieu. Jésus lui-même enseignait qu’il faut suivre la parole de Dieu plutôt que les commandements des hommes. Il dit à certains Juifs : « Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes » (Matthieu 15.6-9).

Si le Seigneur avait ordonné de croire à l’évangile et de subir une cérémonie religieuse avec de l’eau, on aurait le choix de se faire asperger, de se prosterner dans l’eau, de se faire immerger, ou même de boire un verre d’eau. Mais l’ordre n’a pas été si vague.

Il n’existe aucun doute que le baptême que Jésus a ordonné et que les premiers chrétiens ont pratiqué était l’immersion dans l’eau. La question qui demeure est de savoir si nous allons manifester notre foi et notre soumission en nous faisant immerger selon sa parole.

Le but du baptême

Mais quel est le but du baptême ? S’agit-il d’un simple acte symbolique pour enseigner ou rappeler quelque chose ? Le baptême nous apporte-t-il quelque chose ? Y a-t-il des conséquences si l’on ne se fait pas baptiser ?

Le baptême se fait pour le pardon des péchés

Plusieurs passages dans le Nouveau Testament nous font voir le but du baptême, la raison pour laquelle on doit le recevoir.

En Marc 16.15,16, Jésus confie à ses apôtres la mission d’évangéliser le monde entier : « Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Il ressort de ce passage qu’il y a au moins deux choses que l’homme doit faire pour être sauvé : Il doit croire à la bonne nouvelle ET se faire baptiser. Les deux conditions précèdent le salut. Pour ceux qui préfèrent se voir condamné, Jésus a indiqué qu’une seule condition suffirait : celui qui ne croira pas, dit-il, sera condamné. Ce n’était pas nécessaire qu’il dise : « Celui qui ne croira pas et qui ne se fera pas baptiser sera condamné », parce qu’en principe, la personne qui ne croit pas ne demanderait pas le baptême de toute façon. Ce serait comme si l’on disait : « Celui qui veut jouir de la force physique doit manger de la nourriture ET la digérer, mais celui qui ne mangera pas n’aura pas de force. » Il n’est pas nécessaire de mentionner encore la deuxième condition dans la dernière partie de la phrase, parce que la personne qui ne mange pas n’a, en principe, rien à digérer de toute manière. Dans la pensée de Jésus, la personne qui ne croit pas ne sera pas baptisée, mais pour être sauvé il faut croire et être baptisé.

En Actes 2, l’apôtre Pierre prêche à la foule qui s’est assemblée le jour de la Pentecôte. Il lui parle de Jésus de Nazareth, de sa mort et de sa résurrection, et il conclut en disant : « Que toute la maison d’Israël sache, donc, avec certitude, que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes, frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.36-38). Pierre ne dit pas à la foule de faire une prière pour recevoir Jésus comme Sauveur personnel. Pierre ne dit pas que s’ils ont cru, ils sont déjà sauvés. À ces personnes qui ont déjà cru à son message concernant Jésus, il dit de se repentir et de se faire baptiser pour le pardon de leurs péchés. Aucun passage ne pourrait être plus clair sur le but du baptême. On doit le faire afin d’obtenir le pardon de Dieu, afin d’être sauvé. Si donc on ne le fait pas, comment pourra-t-on être sauvé et aller au ciel ? On sera toujours séparé de Dieu par ses péchés. Le but du baptême biblique, c’est l’obtention du pardon de nos péchés.

Plus tard dans le livre des Actes, au chapitre 22, l’apôtre Paul raconte l’histoire de sa conversion. Il explique à ses auditeurs qu’à cette époque, quand il s’appelait Saul au lieu de Paul, il était un persécuteur des chrétiens. Il croyait que les disciples de Jésus égaraient les hommes par un mensonge grossier. Jusqu’au jour où, sur la route de Damas, Jésus se fit connaître à Saul, et Saul comprit que Jésus était réellement ressuscité et qu’il était donc véritablement le Seigneur. Aux versets 9,10 cet homme explique : « Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire. » Saul, ou Paul, alla donc à Damas, où il attendit pendant trois jours. Selon Actes 9.9,12 Saul ne mangeait ni ne buvait pendant tout ce temps, mais il priait Dieu. Il serait impossible de supposer qu’en ce moment Saul n’avait pas encore cru en Jésus et ne s’était pas encore repenti de ses crimes. Beaucoup diraient qu’il était donc maintenant un homme sauvé, un chrétien. Mais après les trois jours arriva un disciple nommé Ananias, envoyé auprès de Saul par le Seigneur pour lui dire ce qu’il devait faire. Et qu’est-ce qu’Ananias dit à cet homme qui avait déjà cru en Jésus et qui s’était déjà repenti de ses péchés ? Il dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16). Malgré sa foi et son repentir, Saul était encore souillé par ses péchés. Il avait besoin d’être purifié dans les eaux du baptême.

En Romains 6, l’apôtre Paul exhorte ceux qui ont été baptisés à ne plus vivre volontairement dans le péché. Il leur rappelle le sens de leur baptême dans ces termes : « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même, nous aussi, nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6.2-4). Selon ce passage, c’est par le baptême que nous sommes unis à la mort de Christ, par laquelle nos péchés sont enlevés. Dans le baptême nous aussi, nous mourons au péché. Selon les versets 7 et 8 du même chapitre, celui qui n’est pas mort avec Christ de cette manière est toujours sous la condamnation du péché, mais « celui qui est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. »

Dans un autre passage Paul dit : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Galates 3.27). Comment peut-on entrer en Christ ? La Bible dit qu’on est baptisé en Christ. Quand on revêt des habits, on se trouve dans ses habits. Quand on revêt Christ, on se trouve en Christ, et cela est très important. En effet, Éphésiens 1.3 nous dit que c’est en Christ que Dieu nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles. Les bénédictions telles que le pardon, l’espérance et la paix se trouvent en Christ, et nous avons accès à ces bénédictions merveilleuses quand nous sommes baptisés en lui.

Bien d’autres passages s’accordent avec cette idée que le baptême est nécessaire au salut. Jean 3.5 : « Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » L’apôtre Pierre dit en 1 Pierre 3.21 : « Cette eau était une figure du baptême qui vous sauve, maintenant, et qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, par la résurrection de Jésus-Christ. »

La Bible dit que le baptême nous sauve. Ce n’est certes pas le baptême seul. Mais le baptême sauve parce que Dieu a fait du baptême l’une des conditions que le pécheur doit satisfaire pour recevoir le salut.

Quelques objections

Certains s’opposent à l’idée que le baptême est nécessaire pour le salut parce qu’ils croient y voir un conflit avec la doctrine que le salut est par la foi en Christ. Il est vrai que nous sommes sauvés par la foi. De nombreux passages de la Bible l’affirment. Paul dit en Galates 2.16, par exemple : « Sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. » Notons que Paul fait un contraste ici entre la foi et les œuvres de la loi, c’est-à-dire de la loi de Moïse donnée aux Juifs. Le contraste n’est pas entre la foi et le baptême, ou la foi et toute autre forme d’obéissance à la volonté de Dieu. En réalité, la foi doit s’exprimer dans l’obéissance à Dieu, sinon elle n’a pas de valeur. C’est ce que l’Épître de Jacques nous enseigne : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile. Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite » (Jacques 2.19-22). Dire que le baptême est nécessaire pour le salut, ce n’est pas dire que l’on n’est plus sauvé par la foi. On est sauvé par la foi en Christ quand on exprime cette foi par l’obéissance au commandement du Seigneur de se faire baptiser.

On s’oppose à la nécessité du baptême en disant aussi que le brigand sur la croix ne fut pas baptisé, mais qu’il fut quand même sauvé. Il dit à Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne. Et Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23.42,43). On raisonne que puisque le brigand crucifié n’a pas été baptisé, et pourtant Jésus lui dit qu’il serait au paradis, les hommes aujourd’hui peuvent aussi croire en Jésus et être sauvés sans être baptisés. Il ne faut pas oublier, pourtant, que cet homme fut sauvé avant la mort et la résurrection de Jésus. Ce n’est qu’après sa mort et sa résurrection que Jésus donna l’ordre suivant : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.15,16). On ne peut pas s’attendre à ce qu’un homme obéisse à un commandement avant qu’il ne soit donné. Comment le brigand serait-il baptisé à l’image de la mort et la résurrection de Jésus avant que Jésus ne meure ? Remarquons aussi que lorsque Jésus était sur terre physiquement, il prétendait avoir le pouvoir de pardonner les péchés, et il a plusieurs fois utilisé cette autorité pour pardonner des personnes qui se trouvaient en face de lui. Mais après sa mort il a fait connaître des conditions selon lesquelles n’importe quelle personne peut obtenir le pardon : la foi en lui, la repentance, la confession de foi et le baptême. La Bible ne mentionne pas une seule personne qui, après la résurrection du Christ, ait obtenu le pardon directement du Seigneur sans être baptisée.

Conclusion

Beaucoup enseignent que quand on reçoit le baptême, c’est une façon de dire qu’on est déjà sauvé : ce serait « un signe extérieur d’une grâce intérieure » qu’on a déjà reçue. Certains pasteurs demandent aux candidats au baptême : « Croyez-vous que Dieu vous a sauvés par la mort de Jésus ? ». De tels propos montrent que ces gens n’ont pas compris le sens de tous ces passages qui font voir si clairement que le but du baptême, c’est d’obtenir le pardon des péchés grâce à la mort de Jésus-Christ. La personne qui s’apprête à recevoir le baptême n’a pas déjà été sauvée. Elle sera sauvée quand elle aura été baptisée. « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

La repentance

Dans sa grâce infinie, Dieu a fait tout ce que l’homme ne pouvait pas faire pour se sauver de la condamnation du péché. Dieu a envoyé un Sauveur, Jésus-Christ, qui s’est donné comme sacrifice pour nos péchés. Lui qui n’a commis aucun péché a pris le châtiment que nous avions mérité. Dieu a révélé par le Saint-Esprit son plan pour le salut des hommes, et il a ordonné que la bonne nouvelle soit prêchée à chaque être humain. Si Dieu n’avait pas fait tout ce qu’il a fait, aucun effort de notre part ne pourrait ôter un seul de nos péchés. Il nous sauve par sa grâce. Personne donc ne peut se glorifier de son salut comme s’il était sauvé par sa propre justice.

Mais il faut reconnaître que l’homme lui-même doit faire quelque chose pour recevoir la grâce de Dieu. Son pardon n’est pas inconditionnel. Il y a des choses que Dieu nous demande de faire. Plus précisément, il y a cinq choses que nous devons faire avant de recevoir le pardon de Dieu. Il faut :

  1. écouter l’Évangile, qui est la puissance de Dieu pour le salut, la semence par laquelle on est né de nouveau ;
  2. croire que Jésus est ressuscité d’entre les morts, qu’il est le Fils de Dieu ;
  3. se repentir de ses péchés ;
  4. confesser (dire publiquement) que l’on croit que Jésus est le Fils de Dieu ;
  5. être baptisé, ou immergé dans l’eau, pour le pardon des péchés.

La foi est, bien sûr, l’étape la plus fondamentale. C’est la base de tout. Sans la foi en Christ, on n’accomplit pas, en principe, toutes les autres étapes, et l’on ne peut jamais plaire à Dieu.

Dieu a fait ce qui était la chose la plus difficile pour nous sauver lorsqu’il donna son Fils unique. Mais la repentance est sans doute l’étape dans le plan du salut qui est la plus difficile pour les hommes. Voyons donc ce que c’est que la repentance, ce qui la produit, ce qu’elle produit, et pourquoi le besoin de se repentir est si urgent.

I. Qu’est-ce que la repentance ?

Qu’est-ce que la repentance ? Le premier sens de « se repentir », c’est tout simplement changer de décision, de direction, ou d’avis. C’est dans ce sens que certains passages, tels que Jérémie 18.7-10, disent que Dieu s’est repenti de telle ou telle chose. Mais en ce qui concerne les hommes pécheurs, se repentir, c’est prendre une décision ferme et sincère de se détourner de ce qui est contre la volonté de Dieu, une décision d’abandonner ses péchés.

La repentance est un besoin chez toute personne qui veut être sauvée. En Luc 24.47 Jésus dit que la repentance en vue du pardon des péchés devait être prêchée en son nom à toutes les nations. Quand les apôtres annonçaient la bonne nouvelle, ils ne manquaient pas de lancer cet appel à la repentance. En Actes 2.38 Pierre dit aux Juifs qui avaient cru en Jésus le jour de la Pentecôte : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés. » En Actes 3.19, il annonce à une autre foule : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés. »

Se repentir du péché est difficile parce que chaque péché nous offre un plaisir ou un avantage qui nous a attirés au départ, que ce soit le plaisir sexuel, l’honneur aux yeux de quelqu’un, de l’argent ou un avantage matériel, ou la solution d’un problème quelconque. Renoncer au péché, c’est non seulement admettre que nous avons mal fait (ce qui nous est difficile à cause de notre orgueil), c’est aussi renoncer au plaisir ou à l’avantage que le péché nous procure.

Quand Satan tentait Ève dans le jardin d’Eden à manger du fruit que Dieu avait défendu, il dit : « Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme des dieux » (Genèse. 3.5). Commettre le péché, c’est effectivement vouloir nous mettre à la place de Dieu. C’est suivre notre volonté plutôt que la sienne. C’est choisir ce qui nous plaît et non ce que Dieu veut. Se repentir, c’est décider de faire le contraire.

Le pécheur qui désire le pardon de Dieu doit abandonner son attitude de rébellion à l’égard de Dieu et changer la direction de sa vie. Mais il doit aussi renoncer à des actes spécifiques dès qu’il apprend que ces choses sont contre la volonté de Dieu. Jean-Baptiste lançait un appel général, « Produisez donc des fruits dignes de la repentance » (Luc 3.8a), mais il entrait également dans les détails :

« La foule l’interrogeait, disant : Que devons-nous donc faire ? Il leur répondit : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : Maître, que devons-nous faire ? Il leur répondit : N’exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné. Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur répondit : Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. » (Luc 3.10-14)

En Éphésiens 4.25,28,31, Paul s’adresse à ceux qui sont déjà chrétiens :

« Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain… Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin… Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. »

On voit donc que la repentance est nécessaire pour obtenir le salut ; elle est aussi nécessaire pour le conserver. Il faut qu’elle soit souvent renouvelée. Compte tenu de notre faiblesse humaine, on ne peut pas vraiment se repentir une fois pour toutes. Comme Paul l’a recommandé en 2 Corinthiens 13.5, nous avons souvent besoin de nous examiner.

II. Ce qui produit la repentance

La Bible dit que la vraie repentance est le produit d’une « tristesse selon Dieu ». L’Église de Corinthe se trouvait dans certaines fautes très graves, et l’apôtre Paul fut contraint d’adresser aux frères des reproches sévères. Par la suite, il apprit que l’Église avait cherché à se corriger. Paul leur écrit donc dans sa deuxième épître :

« Je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance ; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage. En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. » (2 Corinthiens 7.9,10)

Quand vous êtes triste de la tristesse du monde, vous regrettez vos actions, mais surtout parce que vous en souffrez des conséquences : en tant qu’élève en grossesse, vous ne pourrez plus aller à l’école ; ou bien votre femme a su que vous êtes en train de la tromper, elle s’est fâchée et elle vous rend la vie pénible ; ou bien vous avez été pris en train de voler, et l’on vous a mis en prison où vous avez faim et vous n’êtes pas libre. Lorsqu’il s’agit de la tristesse selon Dieu, vous regrettez, peut-être au point de verser des larmes, surtout parce que vous voyez que vos actions sont mauvaises, condamnables. Vous avez offensé Dieu, vous avez fait du mal à Christ qui est mort pour vous. Même si l’on ne vous découvre pas, vous vous accusez vous-même, et vous ne voulez plus continuer sur la même pente. C’est cette attitude qui peut produire une vraie repentance. Ça fait mal, mais cela vous fera du bien parce que vous allez changer.

La Bible nous enseigne que l’amour de Dieu pour nous peut produire la repentance dans notre cœur. Romains 2.4 dit : « Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? »

Quand je pense à quelqu’un qui a toujours voulu mon bien, qui m’a aimé, qui m’a aidé – je ne veux pas blesser, attrister ou décevoir cette personne. Si je le fais, et que je pense à sa bonté pour moi, cela me pousse à changer de sentiments ; je veux cesser de faire le mal. C’est dans ce sens que Jésus dit qu’il attirerait les hommes à lui quand il serait élevé sur la croix (Jean 12.32,33). Si nous pensons à Jésus en train de souffrir pour nous sur la croix, nous sommes convaincus qu’il nous aime. Et l’apôtre Jean dit que « nous l’aimons, car il nous a aimés le premier » (1 Jean 4.19).

Mais nous ne sommes pas toujours aussi tendres. Alors, dans ce cas, ce sera peut-être la crainte du jugement qui nous amènera à changer. C’est une motivation légitime, aussi. Romains 2.5 nous rappelle : « Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu. »

III. Ce que la repentance produit

Qu’est-ce que la repentance produit dans la vie d’une personne ? Paul parle en Actes 26.20 de « la pratique d’œuvres dignes de la repentance ». Si je me repens, cette décision me poussera, par exemple, à jeter ou brûler un fétiche, une bague de protection, et tout autre objet idolâtre. Elle m’amènera à rompre avec un partenaire sexuel qui n’est pas mon conjoint, à augmenter ce que je donne pour l’œuvre du Seigneur, à cesser de négliger les études bibliques et les réunions de l’Église. La repentance peut me pousser à laisser la boisson, la fraude, ou les efforts de me venger sur quelqu’un qui m’a fait du mal.

La restitution

Il y a des circonstances où la vraie repentance amène le coupable à faire de la restitution. Pour ceux qui vivaient sous la loi de Moïse, il était parfois nécessaire de réparer son mal avant de se présenter devant Dieu avec un sacrifice pour demander pardon.

« Lorsque quelqu’un péchera et commettra une infidélité envers l’Éternel, en mentant à son prochain au sujet d’un dépôt, d’un objet confié à sa garde, d’une chose volée ou soustraite par fraude, en niant d’avoir trouvé une chose perdue, ou en faisant un faux serment sur une chose quelconque de nature à constituer un péché ; lorsqu’il péchera ainsi et se rendra coupable, il restituera la chose… il la restituera en entier, y ajoutera un cinquième, et la remettra à son propriétaire le jour même où il offrira son sacrifice de culpabilité. » (Lévitique 5.21-24)

Dans certains cas, l’exigence était encore plus sévère. Si un homme avait volé une bête et qu’on la trouvait encore vivant chez lui, il avait à restituer cette bête-là plus une autre. S’il l’avait déjà vendue ou abattue, il avait à restituer cinq bœufs pour un bœuf, ou quatre agneaux pour un agneau (Exode 22.1-4).

Ces passages éclairent l’engagement pris par le publicain Zachée que Jésus a amené à la repentance en Luc 19. Les publicains, c’est-à-dire les collecteurs d’impôts qui travaillaient pour le compte des Romains, avaient une réputation bien méritée d’être des hommes malhonnêtes qui s’enrichissaient sur le dos de leurs frères juifs. Zachée était chef des publicains dans le secteur de Jéricho, et les habitants le considérait comme « un homme pécheur » (v. 7). Quand Zachée se repentit, il voulait, autant que possible, réparer le mal qu’il avait fait au lieu de continuer de bénéficier matériellement des péchés qu’il abandonnait. Il dit à Jésus : « Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple » (Luc 19.8). Jésus approuva les propos de Zachée et dit : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison » (v. 9).

Il est certain qu’il y a des péchés pour lesquels nous n’avons pas la possibilité de faire restitution, des maux que nous ne pouvons pas corriger. Une femme qui a avorté son enfant ne peut pas lui rendre la vie qu’elle a ôtée. Le père qui s’absentait excessivement ou ne s’intéressait pas à ses enfants pendant qu’ils grandissaient ne peut pas, s’il se repent quand ils sont déjà grands, leur donner l’éducation qu’ils devaient recevoir de lui quand ils étaient petits. Un commerçant qui a, pendant des années, utilisé de fausses balances pour frauder ses clients ne pourra probablement pas retrouver tous ceux à qui il a fait du tort afin de rembourser leur argent. Mais quand on regrette sincèrement le mal qu’on a fait, on aura envie de réparer le mal là où il est possible de le faire.

La cessation de relations contraires à la Parole de Dieu

Une sorte de situation où la repentance peut être particulièrement pénible, c’est le cas d’un mariage que la parole de Dieu ne permet pas. En Marc 6.17,18 nous lisons que le roi Hérode fit arrêter Jean-Baptiste « à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait : Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ». Pour se soumettre à la prédication de Jean, il n’aurait pas suffi pour Hérode de simplement renoncer à épouser d’autres femmes de ses frères à l’avenir. Jean s’attendait à ce qu’Hérode se sépare d’Hérodias. Il n’avait pas dit : « Il ne t’était pas permis de la prendre », mais : « Il ne t’est pas permis de l’avoir. »

Est-ce que Dieu exigerait réellement à un homme de répudier une femme (ou des femmes dans un contexte polygame) qu’il a épousée et avec qui il a fait des enfants ? Si l’homme n’avait pas le droit de l’épouser au départ, oui. C’est ce qui a été exigé au temps d’Esdras. En Esdras chapitre 9 il est dit que des hommes parmi les Juifs revenus en Israël après la captivité babylonienne avaient péché en prenant pour femmes des filles parmi les peuples païens qui les entouraient. Esdras 10.44 ajoute que « plusieurs en avaient eu des enfants ». Or, la loi de Moïse avait formellement interdit de tels mariages. Le chapitre 10 montre ce que ces hommes décidèrent de faire quand ils virent leur faute. Ils dirent : « Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants, selon l’avis de mon Seigneur et de ceux qui tremblent devant les commandements de notre Dieu. Et que l’on agisse d’après la loi » (Esd. 10.3). Évidemment, nous ne vivons plus sous la loi de Moïse. Ce cas n’est pas cité pour que l’on applique l’interdiction du mariage avec d’autres ethnies. Mais le récit nous montre que la repentance d’un mariage interdit par Dieu exige la séparation.

Des précautions

Pour que votre repentance soit durable, vous avez besoin de prendre certaines dispositions pour ne pas retomber dans le péché. Il faut donc veiller sur vos pensées, votre volonté, votre cœur. Jésus dit : « Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme » (Marc 7.21-23).

Vous ne pouvez pas éviter les péchés sexuels si vous vous permettez de penser à vos mauvais désirs ou vos fantaisies immorales, de regarder les femmes avec convoitise, ou de feuilleter les revues pornographiques. Il faut mettre des garde-fous dans votre vie, c’est-à-dire éviter les situations où vous risquez plus de pécher. Il faut se connaître soi-même et reconnaître ses faiblesses ; on peut alors prendre des mesures pour ne pas s’exposer à la situation où l’on est apte à tomber.

IV. Pourquoi la repentance est-elle urgente ?

Le besoin de se repentir est urgent. On ne doit pas remettre cette décision à plus tard. Quelle que soit la difficulté de la repentance, Jésus nous exhorte d’abandonner notre péché, ou ce qui nous fait pécher, pour ne pas être condamnés au châtiment éternel. « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point » (Marc 9.43,44). Et finalement c’est ça. Si nous refusons de nous repentir, c’est le feu de la géhenne qui nous attend.

Mais beaucoup d’entre nous ne diraient jamais : « Je refuse de me repentir. » On dit plutôt : « Je ne suis pas prêt. Je vais venir (ou revenir) à Dieu, mais pas maintenant. Je vais abandonner mon péché, mais pas encore. » Que c’est dangereux de penser comme ça ! Quel risque nous courons ! Savez-vous quel jour vous allez mourir ? Savez-vous quand Jésus reviendra ? Ne savez-vous pas que lorsque vous persistez dans un péché, ce péché endurcit votre cœur et peut vous rendre incapable de vous repentir ?

Conclusion

La repentance est rarement facile. En fait, nous avons déjà reconnu que c’est l’étape la plus difficile que nous avons à franchir pour recevoir la grâce de Dieu. Jésus n’a jamais caché aux hommes le fait qu’il demandait de leur part un engagement total : « De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur dit : Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple » (Luc 14.25-27). Il recommandait donc de s’asseoir et de « calculer la dépense » avant de s’engager dans la vie chrétienne (Luc 14.28-33). Mais pour ceux qui s’engagent réellement à laisser leurs péchés pour vivre dans la soumission envers Dieu, les bénédictions dépassent notre compréhension, et la repentance d’une seule personne suffit pour provoquer « de la joie devant les anges de Dieu » (Luc 15.10).

Comme nous l’avons dit, pour que l’homme soit sauvé, sa foi doit se manifester non seulement dans la repentance, mais aussi dans une confession publique de sa croyance en Jésus et dans le baptême. Ce n’est pas au moment de la repentance que nous recevons le pardon, mais lorsque, nous étant repentis, nous confessons notre foi et nous sommes baptisés. Néanmoins, sans la repentance, la confession de foi et le baptême seraient inutiles.

Dieu est patient avec nous, mais cela ne veut pas dire qu’il ne voit pas nos péchés. Comme le jardinier qui veut donner une dernière occasion au figuier de produire des fruits, Dieu est peut-être en train de vous accorder une dernière chance pour mieux faire avant de vous appeler en jugement (2 Pierre 3.9). Si vous ne changez pas, si vous ne produisez pas de bon fruit – l’obéissance à l’Évangile et la fidélité dans la vie chrétienne – vous serez « abattu et jeté dans le feu ». Ne remettez donc pas la décision à demain. « C’est aujourd’hui le jour du salut » (2 Corinthiens 6.2).

Sauvés par la grâce

La Bible enseigne que nous sommes sauvés du péché par plusieurs moyens : nous sommes sauvés par l’Évangile, par la foi, par la repentance, par la confession de notre foi, par le baptême et par le sang de Christ. Chacune de ces choses est indispensable. Mais ce qui est dit peut-être le plus souvent dans la Parole de Dieu, c’est que nous sommes sauvés par la grâce, c’est-à-dire par la faveur non méritée de Dieu.

Quelqu’un a expliqué trois qualités de Dieu de cette manière :

  • Quand il s’agit de la justice, c’est que nous recevons ce que nous méritons ;
  • Quand il s’agit de la miséricorde, c’est que nous ne recevons pas ce que nous méritons ;
  • Quand il s’agit de la grâce, c’est que nous recevons ce que nous ne méritons pas.

La grâce est quelque chose que l’on ne peut jamais mériter. La gloire et la vie éternelle que Dieu nous offre dans sa grâce sont si grandes que nous ne pouvons jamais en être dignes. Nous ne pouvons pas assez faire pour que Dieu soit moralement obligé de nous les donner. Nous ne pouvons qu’accepter cette grâce, ce don suprême, par une foi obéissante en Jésus.

La grâce est très importante, et tout le monde en parle. Mais certains en parlent sans vraiment y croire. Ils pensent qu’ils doivent montrer qu’ils peuvent être presque parfaits avant que Dieu ne les accepte. D’autres parlent de la grâce, mais comme Jude le dit, ils la changent en « dissolution » – ils pensent que puisque Dieu offre la grâce, nous pouvons commettre le péché sans peur, comme si l’on avait une autorisation, un permis de pécher (Jude 4).

Nous voulons éviter les erreurs de chaque extrême. Nous ne devons pas minimiser la grâce – elle est absolument indispensable. Mais nous ne devons pas penser que la grâce nous permet de demeurer volontairement dans le péché.

La grâce de Dieu est nécessaire.

En Éphésiens 2.1-3 l’apôtre Paul a écrit : « Autrefois, vous étiez spirituellement morts à cause de vos fautes, à cause de vos péchés. Vous vous conformiez alors à la manière de vivre de ce monde ; vous obéissiez au chef des puissances spirituelles de l’espace, cet esprit qui agit maintenant dans les hommes qui désobéissent à Dieu. Nous tous, nous étions aussi comme eux, nous vivions selon les désirs de notre propre nature et nous accomplissions ce que voulaient notre corps et notre esprit. À cause de ce que nous étions naturellement, nous étions destinés à subir le jugement de Dieu comme les autres » (Français Courant).

Nous étions spirituellement morts. Nous étions destinés à subir le jugement de Dieu. Mais pourquoi ? Est-ce que certains d’entre nous ne sont pas quand même un peu justes ? Ce n’est pas quand même tout le monde qui est voleur ou meurtrier. Le problème est qu’il ne suffit pas d’être un peu juste, ou moins mauvais que le voisin. Il faut la perfection pour être compté juste par ses œuvres. Pour être juste devant la loi il faut observer tous les commandements. « Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous. En effet, celui qui a dit : Tu ne commettras point d’adultère, a dit aussi : Tu ne tueras point. Or si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi » (Jacques 2.10,11).

Ce qui est vrai pour la loi de Dieu est vrai même en ce qui concerne les lois des hommes. Tu n’as pas besoin de violer toutes les lois du pays où tu vis pour aller en prison – la violation d’une seule loi peut suffire.

Reconnaissons quand même que la gravité et le nombre de nos péchés sont plus que nous pensons. Personne parmi nous ne sera condamné à cause d’une seule petite infraction. Rappelons-nous la nature de nos péchés. En péchant, on fait la volonté de l’ennemi de Dieu, c’est-à-dire de Satan. On se rebelle contre notre Créature, celui qui nous donne toute bonne chose ; on se rebelle contre le Roi de l’univers. En péchant, on se laisse diriger par ses propres convoitises, ses désirs charnels et son orgueil.

Pensez aux différentes manières par lesquelles nous péchons : on est coupable de mensonges, péchés sexuels, jalousies, égoïsme, pensées impures, paroles méchantes, négligence de la prière et de l’étude de la Parole de Dieu ; on s’énerve quand il faut garder le calme, on est hypocrite, on ne garde pas ses promesses ; on est moqueur, rancunier, avare, paresseux, querelleur, ingrat, et la liste peut se prolonger.

Pensez aussi au nombre de fois que nous commettons ces péchés-là et bien d’autres. Peut-être qu’une personne pèche 30, 40 ou 50 fois par jour. Dieu seul peut savoir le nombre de fois. Mais supposons que tu arrives à être très bon, et que tu ne commets que deux péchés par jour. Au bout d’un an, tu aurais quand même commis 730 péchés ; après 20 ans ça ferait 14 600 péchés. Pourrais-tu te présenter devant Dieu au dernier jour en disant : « Dieu, je pense que tu devrais me laisser entrer au ciel. J’ai été très bon : je n’ai commis que 14 600 péchés qui ne sont pas pardonnés, 14 600 actes de rébellion envers ta sainte volonté » ?

Mais ce n’est pas seulement que nos péchés sont plus graves et plus nombreux que nous ne le pensons. Nous nous séduisons aussi en pensant que nos bonnes œuvres enlèvent les effets des mauvaises actions. Cela n’est pas possible.

Supposons que tu as trois œufs, mais tu sais que le troisième est pourri. Si un ami arrive et que tu lui prépares une omelette avec tous les trois œufs, en te disant que les deux bons œufs pèsent plus que le seul œuf pourri, penses-tu qu’il pourra manger ce plat ? De même les bonnes œuvres dans nos vies ne peuvent pas enlever l’odeur et le mauvais goût de nos mauvaises œuvres devant Dieu.

Il y a des femmes qui ont tué leurs maris très lentement en mettant un grain de poison dans leur nourriture tous les jours. Toutes les bonnes choses qu’ils mangent, les nutriments et les vitamines dans les aliments, ne peuvent pas annuler l’effet du poison. De même, nos bonnes œuvres ne peuvent pas annuler les effets de nos péchés. Ils nous condamnent à la mort malgré le bien que nous faisons.

Tous nos péchés suscitent la colère juste d’un Dieu juste et saint. « En effet, Dieu manifeste sa colère depuis le ciel sur tout péché et tout mal commis par les hommes qui, par leurs mauvaises actions, empêchent la vérité d’agir… Mais il montrera sa colère et son indignation à ceux qui se révoltent contre lui, désobéissent à la vérité et se laissent diriger par ce qui est mauvais. La souffrance et l’angoisse frapperont tous ceux qui font le mal » (Romains 1.18; 2.8,9).

Nous sommes des pécheurs, et donc la grâce de Dieu nous est très nécessaire. Mais il y a une bonne nouvelle :

La grâce de Dieu est disponible.

La lecture en Éphésiens 2, après avoir dit que nous étions morts et destinés à subir le jugement de Dieu, continue ainsi : « Mais la bonté de Dieu est si grande et son amour pour nous est tel que, lorsque nous étions spirituellement morts à cause de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ. C’est par la grâce de Dieu que vous avez été sauvés. Dans notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ramenés à la vie avec lui pour nous faire régner avec lui dans le monde céleste. Il a fait cela afin de démontrer pour tous les temps à venir la richesse extraordinaire de sa grâce par la bonté qu’il nous a manifestée en Jésus-Christ » (Éphésiens 2.4-7). Notre Dieu n’est donc pas uniquement colère. Il est aussi amour. Paul dit en Romains 11.22 que nous devons considérer la bonté aussi bien que la sévérité de Dieu. Et la preuve de son amour pour nous est le don de son Fils Jésus. Dieu nous a rachetés de nos péchés à grand prix, au prix du sang de Jésus. En effet, pour ôter nos péchés il fallait un sacrifice parfait. Alors, Jésus a accepté de quitter la gloire du ciel, de connaître la misère la plus profonde, et de mourir aux mains des hommes cruels. En mourant il a même demandé le pardon pour ceux qui le crucifiaient.

Si nous sommes sauvés, ce n’est pas parce que nous avons été assez bons. « Il nous a sauvés, non point parce que nous aurions accompli des œuvres justes, mais parce qu’il a eu pitié de nous » (Tite 3.5).

La grâce est donc nécessaire, et elle nous est offerte par le sacrifice de Jésus, mais il faut savoir aussi que…

La grâce de Dieu est conditionnelle.

Notre texte en Éphésiens 2 continue en ces termes : « Car c’est par la grâce de Dieu que vous avez été sauvés, au moyen de la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu » (Éphésiens 2.8).

Le salut est un don, mais on doit accepter un don pour qu’il soit effectif. En 1829, un meurtrier nommé George Wilson fut condamné à mort par pendaison. Avant qu’il ne soit tué, le président Andrew Jackson lui accorda un pardon présidentiel. Cependant, M. Wilson refusa le pardon. Le cas est parvenu à la Cour Suprême qui a décidé que, pour être valable, un pardon doit être accepté. M. Wilson est resté sur sa position, et comme résultat, il fut pendu.

Quant au pardon de Dieu, on le reçoit au moyen de la foi, la foi qui est active et qui s’exprime dans l’obéissance. On accepte la grâce par l’obéissance à l’Évangile. Malheureusement, beaucoup refusent la grâce. La plupart des Juifs au premier siècle refusaient l’Évangile, voulant être justes de leur propre manière, en essayant d’obéir parfaitement à la loi de Moïse (Rom. 9.30-32; 10.3; Phil. 3.9). Certains chrétiens ont la même attitude, et mettent leur salut en danger. « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Gal. 5.4). D’autres aiment leurs péchés et ne cherchent pas vraiment de solution au problème – ils n’ont pas soif de la justice et donc n’acceptent pas l’offre de la grâce. Mais si l’on veut être sauvé, il faut accepter l’aide de Dieu. On ne peut pas se sauver soi-même.

Alors, comment doit-on accepter la grâce de Dieu ? Il y a cinq étapes – cinq choses très simples qu’il faut faire. Premièrement, il faut écouter la bonne nouvelle de la mort et la résurrection de Jésus pour nos péchés (Romains 10.17; Jacques 1.21). Ensuite, vous devez croire que Jésus est le fils de Dieu (Jean 3.16,36; Romains 1.16) ; troisièmement il faut vous repentir – accepter de faire de votre mieux désormais pour éviter le péché et pratiquer le bien – tout en sachant que votre mieux sera loin de la justice parfaite (Actes 3.19; 17.30; 20.21). Quatrièmement, vous devez confesser votre foi – vous dites devant les hommes que vous croyez en Jésus (Romains 10.9,10; Matthieu 10.32,33; 1 Timothée 6.12) ; et enfin vous devez vous faire immerger au nom de Jésus pour le pardon de vos péchés (Actes 2.38; 22.16; Colossiens 2.12,13). Toutes ces étapes sont nécessaires, mais c’est au moment du baptême que l’on reçoit cette grâce qui est le salut. « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38).

Le fait qu’il faut remplir des conditions ne change pas le fait qu’il s’agit d’un don « gratuit » de la part de Dieu. Notre obéissance aux commandements de l’Évangile ne veut pas dire que nous avons mérité quelque chose. C’est toujours une grâce.

Après avoir obéi à l’Évangile dans la foi, la repentance, la confession et le baptême, il faut, par la suite, rester engagé dans la lutte contre le péché, marchant selon l’Esprit de Dieu (Romains 6.15; 8.1,4,5,13).

Vous ne pouvez pas vous sauver en étant assez juste. Votre justice ne suffira jamais. Mais Dieu vous offre son amour et son pardon. Il a déjà fait pour vous ce que vous ne pourriez jamais faire vous-même. Acceptez sa grâce aujourd’hui.

B.B.
(dans Vol. 6, No. 5)

Quand le sang de Christ sauve-t-il?

Quand le sang de Christ sauve-t-il?
Nous savons que seul le sang du Christ nous sauve. Mais quand cela se fait-il? Le sang donne la vie à notre corps; mais une fois qu’il en est séparé il ne sert plus strictement à rien. Afin de nous permettre de vivre physiquement le sang doit être dans notre corps. De même Jésus-Christ a un corps spirituel (Col. 1.24) et son sang est dans ce corps spirituel, nulle part ailleurs. Si une de nos mains, ou un de nos membres, était séparé de notre corps, et par conséquent coupé du flux sanguin, il mourrait. Ce principe s’applique aussi à toute âme qui, une fois détachée du corps spirituel de Christ, est également séparée de Son sang et perdue irrémédiablement. Toute âme ayant été sauvée par Son sang ne peut que faire partie de son corps spirituel. L’épître aux Ephésiens le dit bien: “Christ est le chef del’Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur.” (Eph. 5.23). Ce corps est appelé l’Eglise en Colossiens 1.18: Il est la tête du corps de l’Eglise…” et cette Eglise a été acquise par le propre sang du Seigneur (Actes 20.28).
Devenir membre du corps de Jésus équivaut donc à avoir accès à son sang et vice versa. Les mêmes conditions nous donnant accès au sang du Fils de Dieu font de nous ipso facto des membres de Son Corps.
La foi est une condition d’accès au sang du Sauveur car Romains 3.25 dit: “C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être pour ceux qui croiraient victime expiatoire.” Mais la foi est également une des conditions pour devenir membre du corps du Christ.
Le baptême est également, au même titre que la repentance, une condition d’accès au sang. Paul dit aux Romains: “Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.” (Romains 6.3-4)
Nous devons être baptisés pour pouvoir parvenir à son sang. Mais le baptême est également le moyen par lequel nous entrons dans le corps de Christ. En écrivant aux Corinthiens, Paul affirme: “Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps.” (I Cor. 12.13)
Tout ceci répond par conséquent à la question que nous nous étions posée c’est-à-dire: Quand le sang du Christ sauve-t-il? Il sauve lorsque nous sommes baptisés, immergés, dans la mort de Jésus, quand le sang de Jésus nous lave de tous péchés, quand nous entrons dans ce corps qu’il s’est acquis par ce sang purifiant.
Jacques Marchal

(dans Vol. 4, No. 6)