La croissance spirituelle

Cela fait pitié, n’est-ce pas, de voir une personne qui a l’âge
d’un adulte mais dont le développement s’est arrêté trop tôt.
Il peut s’agir du développement physique. Certaines personnes
n’ont jamais eu la force physique nécessaire pour travailler. Que
ce soit dû à des facteurs génétiques ou à la sous-alimentation, il
y a des gens dont les membres sont atrophiés ou qui n’ont pas
la taille «normale». Il peut s’agir du développement intellectuelle
ou émotionnelle. On s’attend à ce qu’une personne majeure soit
capable de comprendre, de parler, de lire et écrire, de raisonner
comme un adulte et de prendre des décisions rationnelles. Celui
qui a le corps d’un homme adulte mais qui raisonne et réagit
comme un enfant de trois ou quatre ans fait pitié parce qu’il ne
sera jamais autonome. On peut même parler de développement
sur le plan social: une personne qui est physiquement et intellectuellement
mûr est quand même parfois incapable de s’intégrer
dans un groupe, d’assumer des responsabilités dans la société ou
de compatir aux problèmes d’autrui.
Un phénomène encore plus triste que ce que nous venons de
décrire, c’est le manque de croissance spirituelle chez un enfant
de Dieu ou dans une assemblée de chrétiens. Si l’on ne grandit
pas sur le plan spirituel, si l’on ne progresse pas vers la maturité
en Christ, les conséquences risquent d’être désastreuses et même
éternelles.
Mais qu’est-ce qui constitue le développement spirituel que
Dieu souhaite voir en nous?

Quelques traits d’un chrétien mûr
La connaissance
L’apôtre Pierre nous exhorte: «Croissez dans la grâce et
dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-
Christ» (2 Pierre 3.17). On n’a pas besoin de connaître toutes
les doctrines chrétiennes avant de devenir disciple de Jésus, mais
il faut continuer d’apprendre après son baptême. Jésus dit en
Matthieu 28.19,20: «Allez, faites de toutes les nations des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.»
Oui, on peut ignorer certains enseignements au moment de sa
conversion; mais celui qui a eu le temps de les maîtriser n’est
pas sans faute s’il reste au stade du débutant. L’auteur de l’Épître
aux Hébreux adresse un reproche à ses destinataires parce qu’ils
n’avaient pas grandi en connaissance. Ils devaient être capables
d’instruire d’autres personnes, mais ils avaient encore besoin
qu’on leur enseigne des vérités de base: «Vous, en effet, qui
depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez besoin
qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de
Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une
nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience
de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la
nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le
jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce
qui est mal.» (Hébreux 5.11-14).

Un chrétien mûr en connaissance de la parole du Seigneur
sait ce qui constitue le péché aux yeux de Dieu; les récits de la
vie de Jésus lui sont tous familiers; il est capable d’expliquer
correctement la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau
Testament; il comprend la nature de l’Église que Jésus a bâtie et
les principes de l’adoration en esprit et en vérité; il sait ce que
Dieu demande d’un père de famille, d’une épouse ou d’un enfant
dans le foyer; il a étudié l’oeuvre du Saint-Esprit dans le coeur du
chrétien et le rôle des dons miraculeux aux temps des apôtres; il
n’est pas confus par toutes les doctrines contradictoires concernant
la fin du monde et le jugement dernier, car il a étudié ce que
la Bible elle-même enseigne là-dessus. Nous devons tendre vers la
maturité en matière de connaissance «afin que nous ne soyons
plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction» (Éphésiens 4.14).

Le caractère moral
Il est possible de posséder de la connaissance sans pour
autant vivre selon ce qu’on a appris intellectuellement. Jésus
demandait à certains qui l’honoraient des lèvres: «Pourquoi m’appelez-
vous ‘Seigneur, Seigneur!’ et ne faites-vous pas ce que je
dis?» Pierre nous dit en 2 Pierre 1.5: «Faites tous vos efforts pour
ajouter à votre foi la bonne conduite». Et Jacques nous dit: «Mettez
en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en
vous trompant par de faux raisonnements» (Jacques 1.22). Il y
a malheureusement trop de personnes qui sont capables de citer
de nombreux passages bibliques, mais qui n’ont jamais appris à
exercer la maîtrise de soi quand on les provoque à la colère, qui
ne résistent pas à la tentation de gagner de l’argent malhonnêtement,
à qui manque l’amour du prochain, que l’on n’aurait jamais
envie d’engager comme employés à cause de leur paresse, qui se
découragent devant la moindre persécution, ou qui traitent à la
légère le devoir chrétien de se garder sexuellement pur. Celui
qui est mûr sur le plan spirituel ne connaît pas la vie chrétienne d’une simple manière théorique – il la vit tous les jours. «Tout
disciple accompli sera comme son maître» (Luc 6.40).

La confiance en Dieu
Trop souvent, des personnes qui sont censés avoir marché
pendant longtemps avec Christ sont encore des individus que le
Seigneur qualifierait de «gens de peu de foi» (Matthieu 6.30; 8.26;
14.31; 16.8). Des chrétiens mûrs prient beaucoup parce qu’ils
sont convaincus que Dieu est capable d’exaucer leurs prières. Ils
vivent sans crainte des sorciers parce qu’ils ont confiance que
le Seigneur les protégera. Il n’ont jamais recours aux pratiques
occultes ou aux actions malhonnêtes quand ils sont face à des
problèmes. Ils ont assez de confiance en Dieu pour remettre leur
sort entre ses mains et croire qu’il cherche leur bien ultime malgré
les épreuves qu’il les laisse traverser. Certaines personnes
sont chrétiennes depuis de longues années, mais elles ne manifestent
toujours pas de confiance en Dieu par leurs offrandes:
malgré ses promesses de bénir celui qui donne avec générosité
(Luc 6.38; 2 Corinthiens 9.6-11; Philippiens 4.10-19, etc.), elles
ont toujours peur de ne pas avoir le nécessaire si elles donnent
beaucoup à Dieu. Elles ont besoin de grandir en ce qui concerne
leur confiance en lui.

L’évangélisation et le service
Un arbre fruitier qui est mûr portera normalement du fruit.
Des animaux qui arrivent au stade de la maturité commencent
généralement à se reproduire. Le fait de se reproduire spirituellement,
c’est-à-dire d’évangéliser d’autres personnes pour qu’elles
soient nés de nouveau, est généralement un signe de maturité. En
fait, le plus grand encouragement pour un évangéliste n’est pas
de baptiser quelqu’un à qui il a enseigné la parole de Dieu – c’est
de voir ce dernier à son tour enseigner et amener une autre personne
à se convertir. C’est en ce moment que l’évangéliste est rassuré
que la bonne nouvelle a réellement pris racine dans le coeur.
Mais le fruit que le chrétien doit porter n’est pas seulement
les conversions que Dieu produit au moyen des efforts de ce chrétien.
Paul nous enseigne: «Il faut que les nôtres aussi apprennent
à pratiquer de bonnes oeuvres pour subvenir aux besoins pressants,
afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits» (Tite
3.14). Un chrétien sur le chemin de la maturité spirituelle ne
s’attend pas à une récompense matérielle de la part de l’Église
quand il rend service. Il s’occupe gratuitement de la propreté du
lieu de culte, et il le fait de bon coeur à cause de ce que le Seigneur
a fait pour lui. Il fait des courses pour l’assemblée sans hésitation,
parce qu’il se soucie de l’avancement du royaume de Christ. Si on
lui demande de gérer l’argent de collecte, enseigner un groupe
d’enfants, visiter un malade, ou exercer de l’hospitalité envers
un frère qui est de passage, il le fait sans murmures, heureux de
l’occasion de servir son prochain et son Seigneur.

Quelques traits d’une assemblée mûre
On peut aussi considérer le sujet de la maturité spirituelle en
ce qui concerne des assemblées locales. On devrait s’attendre à ce
qu’une assemblée fasse du progrès spirituel sur plusieurs plans.
Liens de fraternité
Il faut, par exemple, que des liens de fraternité et de solidarité
soient tissés entre les membres du corps de Christ, qui
est l’Église. «C’est grâce à [Christ] que les différentes parties du
corps sont solidement assemblées et que le corps entier est bien
uni par toutes les jointures dont il est pourvu. Ainsi, lorsque
chaque partie agit comme elle doit, le corps entier grandit et
se développe par l’amour» (Éphésiens 4.16, FC). Ceux qui composent
une assemblée doivent se voir comme étant une famille,
comme un corps où chaque membre est important et apprécié. Ils
doivent apprendre à s’encourager les uns les autres, à prier les
uns pour les autres et à s’entraider. Est-ce qu’ils connaissent les
domiciles les uns des autres? les numéros de cellulaire? les noms
des enfants? Remarquent-ils quand un tel est absent des réunions
de l’Église et se rendent-ils chez cette personne pour connaître le
problème et offrir de l’aide? Quand on commence une assemblée,
il faut chercher à cultiver ces expressions d’amour mutuel.
Conducteurs qualifiés
Une assemblée où les hommes ne sont pas capables de faire
un culte sans la présence d’un frère de l’extérieur de l’assemblée
pour les aider n’est évidemment pas une Église mûre. Dès que
possible il faut préparer et former des hommes sur qui on puisse
compter, des hommes dont le comportement ne fasse pas honte à
l’Église et qui aient du zèle pour le Seigneur.
Au début d’une assemblée, il n’est généralement pas possible
de remplir tous les rôles dont nous lisons dans le Nouveau Testament:
anciens (pasteurs, évêques), diacres, évangélistes, enseignants,
etc. En effet, il est précisé qu’un ancien ne doit pas être
«un nouveau converti» (1 Timothée 3.6); quant aux diacres, Paul
dit: «Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur
ministère» (1 Timothée 3.10). Dans un premier temps, les Églises
sur l’île de Crète n’avaient pas d’anciens, mais Paul écrivit à Tite:
«Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste
à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens
dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable,
mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient
ni accusés de débauche ni rebelles» (Tite 1.5,6).
Non seulement les hommes de l’assemblée doivent être en
mesure de la conduire dignement, ils doivent aussi progresser afin
de pouvoir établir de nouvelles assemblées ailleurs, là où le besoin
se présente. Un chrétien mûr devrait pouvoir «se reproduire»
spirituellement en amenant d’autres personnes à la conversion;
une assemblée mûre devrait être capable de se reproduire aussi
en créant une autre assemblée locale, que ce soit dans un autre
quartier, une autre ville, ou le village d’un membre.
Fidélité à la doctrine des apôtres
Nous avons déjà cité Éphésiens 4.13 qui décrit les chrétiens
immatures comme des «enfants, flottant et emportés à tout vent
de doctrine, par la tromperie des hommes». La même description
s’applique à une assemblée qui n’a pas encore une bonne assise doctrinale. Elle devient facilement victime des faux docteurs, ou
elle adopte des pratiques qui ne sont nulle part autorisées dans
la parole de Dieu. Les Églises de la Galatie n’étaient apparemment
pas mûres sur ce plan. Après le départ de Paul, elles ont
dévié de la vérité. Paul leur écrivit en Galates 1.6-8: «Je m’étonne
que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a
appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui
vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ…
Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.» (Galates 1.6-
8; 4.11). Le Seigneur reprocha aux assemblées de Pergame et de
Thyatire d’avoir permis aux fausses doctrines de s’introduire au
milieu d’elles (Apocalypse 2.14,15,20); il loua, par contre, l’Église
de Philadelphie – ses membres n’étaient pas nombreux mais elle
avait gardé la parole du Seigneur (Apocalypse 3.8).
Correction spirituelle
Une assemblée mûre sait traiter les problèmes de péché, que
ce soit l’immoralité, la division ou la fausse doctrine. Elle sait ce
que la Bible recommande à ce sujet, et elle a le courage de mettre
en pratique cet enseignement. L’Église de Corinthe, à laquelle
Paul fut contraint de dire «ce n’est pas comme à des hommes
spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des enfants
en Christ» (1 Corinthiens 3.1), n’était pas mûre dans la pratique
de la discipline. Il leur dit: «On entend généralement qu’il y a
parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne
se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un
de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil!
Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui
qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! … Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec
quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide,
ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme.» (1 Corinthiens 5.1-2,11). La
correction d’un chrétien qui s’égare dans le péché doit se faire
avec humilité et amour (Galates 6.1; 2 Thessaloniciens 3.14,15) et
selon les étapes enseignées par Jésus lui-même (Matthieu 18.15-
17), mais elle doit se faire. Une assemblée mûre se soucie de la
condition spirituelle de ses membres, et quand il s’avère nécessaire,
elle applique la discipline appropriée.
La croissance spirituelle ne vient pas
automatiquement avec le temps
Il semble que nos enfants grandissent généralement qu’on le
veuille ou pas. En effet, Jésus pose la question: «Qui d’entre vous,
par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille?»
(Matthieu 6.27, Version Darby). L’enfant qui se dit: «quand je serai
grand, je vais faire 1,85 m» n’atteint pas forcément cette taille;
cela ne dépend ni de sa volonté ni de son effort. Certaines choses
qui dépendent de nous, telle que l’alimentation, sont, néanmoins,
nécessaires ou contribuent à la croissance physique. Pareillement,
certaines choses que nous devons faire contribueront à notre
croissance spirituelle. Quand l’auteur de l’Épître aux Hébreux dit
que ses destinataires n’avaient pas progressé comme ils auraient
dû faire (Hébreux 5. 12), ou quand Paul accuse les Corinthiens
d’être encore des «enfants spirituels» (1 Corinthiens 3.1), il est
sous-entendu qu’ils étaient en faute. Qu’est-ce qu’on peut donc
faire pour promouvoir notre propre croissance spirituelle et celle
de nos assemblées?
Se nourrir de la parole
Un enfant ne grandit pas convenablement s’il ne mange pas
bien. Il doit manger suffisamment et régulièrement. La nourriture
spirituelle dont nous avons besoin pour grandir, c’est la parole
de Dieu. L’apôtre Pierre dit: «Désirez, comme des enfants nouveaux-
nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous
croissiez pour le salut» (1 Pierre 2.2, Colombe). La parole n’est
pas seulement pour les nouveaux convertis. Dans certaines communautés,
il y a peu d’occasions pour l’étude sérieuse de la Bible
après le catéchisme destiné aux candidats pour le baptême. Mais
au lieu de cesser de manger après l’enfance, une grande personne
prend de plus grandes quantités de nourriture. En plus, il est
capable de supporter et profiter d’aliments que le bébé ne peut
pas digérer. Pareillement, le chrétien qui tend vers la maturité
doit «consommer» (lire, étudier, méditer) fréquemment la parole.
Il doit augmenter au lieu de réduire le temps qu’il met à étudier,
et il doit se nourrir de la «nourriture solide» de la parole, les
enseignements qu’il n’était pas en mesure de comprendre lors de
sa conversion (Héb. 5.11-14).
Une personne en bonne santé a généralement un appétit normal,
mais parfois il faut manger même quand on n’en a pas envie.
Le corps a besoin des nutriments. Même si le chrétien n’a pas
envie d’écouter ou d’étudier la parole de Dieu, il doit s’efforcer
de le faire, car son âme en a besoin. Il trouvera peut-être que
l’appétit vient en mangeant.
Une bonne alimentation spirituelle contribue également au
développement d’une assemblée. Quand une Église locale manifeste
des faiblesses spirituelles, il est fort possible que quelque
chose manque à son régime, c’est-à-dire à l’enseignement qu’elle
reçoit. Je me rappelle une conversation avec un membre d’une
dénomination en Afrique: le jeune homme avec qui je parlais
m’affirma qu’il pouvait être sûr que le sujet de la prédication du
dimanche suivant se porterait soit sur la fornication, soit sur la
dîme, soit sur la tenue des femmes. Selon lui, on ne prêchait jamais
sur autre chose dans son Église! La parole de Dieu contient
pourtant de nombreux enseignements sur ce que nous devons
croire, la manière qu’il faut mener nos vies en tant que chrétiens,
l’amour de Dieu pour nous, le modèle que Jésus représente pour
nous, les fausses doctrines dont il faut se méfier, la glorieuse espérance
qui devrait nous animer, l’Église que le Seigneur a bâtie et
bien d’autres choses. Veillons à ce que nos assemblées suivent un
régime bien équilibré afin de grandir spirituellement.
Demander l’aide de Dieu
Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous fortifier et
nous aider à atteindre la sainteté (Romains 8.13,26; Éphésiens
3.16). Il se soucie de notre survie et notre croissance spirituelles,
et il écoutera certainement nos prières dans ce sens. Nous ne
prétendons pas connaître toutes ses voies et tous les moyens à sa
disposition pour nous venir en aide, mais nous savons que rien
n’est difficile pour Dieu (Genèse 18.14). Voilà pourquoi l’apôtre
Paul n’a pas manqué de prier pour ceux qu’il avait évangélisés. Il écrivit aux Philippiens: «Je suis persuadé que celui qui a commencé
en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le
jour de Jésus-Christ… Et ce que je demande dans mes prières,
c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance
et en pleine intelligence pour le discernement des choses
les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour
le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-
Christ, à la gloire et à la louange de Dieu» (Philippiens 1.6,9-11).
Dieu nous aide à progresser vers la maturité grâce à l’aide
des personnes qu’il «donne» à son Église: «Et il a donné les
uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs
[Segond]. Il a agi ainsi pour préparer les membres du peuple
de Dieu à accomplir la tâche du service chrétien, pour faire
progresser le corps du Christ dans la foi. De cette façon, nous
parviendrons tous ensemble à l’unité de notre foi et de notre
connaissance du Fils de Dieu; nous deviendrons des adultes
dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ.
Alors, nous ne serons plus des enfants... [FC]» (Éphésiens 4.11-
14a). Il est vrai que les apôtres et les prophètes ont déjà achevé
leur travail de nous révéler la vérité de l’évangile et la volonté
de Dieu pour tous les hommes: nous continuons de jouir du fruit
de leur travail chaque fois que nous ouvrons la Bible. Le travail
des évangélistes et des pasteurs-docteurs, par contre, n’est jamais
achevé et des hommes doivent continuer de jouer ces rôles aujourd’hui
parmi nous pour que les chrétiens soient équipés pour
le service et qu’on parvienne à la maturité.
Dieu nous aide également à travers les épreuves dans nos
vies. Certes, nous ne souhaitons pas ce qui est difficile et douloureux,
mais Dieu se sert même de ces expériences pour notre
bien, pour faire de nous les personnes que nous devons être. «Mes
frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses
épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que
l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la
patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous
soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien» (Jacques 1.2-4).
Que ce soit la patience, l’humilité, la compassion, la confiance en
Dieu ou bien d’autres qualités, c’est souvent à travers des expériences
difficiles que Dieu les cultive en nous. (Voir aussi Hébreux
12.5-11; 2 Pierre 1.6,7).
S’exercer
Si vous voulez devenir plus fort physiquement, vous devez
vous exercer. Vous devez utiliser la force que vous possédez déjà,
vous entraîner, tester vos limites et vous efforcer de faire toujours
davantage. Le paresseux ne fera pas de grands progrès.
Nous voyons le même phénomène dans le domaine spirituel. Il
faut utiliser les dons que Dieu vous a déjà confiés, qu’ils vous
semblent grands ou petits, sinon vous risquez de les perdre. «Car
on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à
celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a» (Matthieu 25.29).
Si vous ne faites aucun effort pour évangéliser, vous n’en serez
jamais capable. Il faut vous appliquer si vous espérez un jour donner
très généreusement, ou conduire des cantiques lors du culte,
ou prêcher un sermon, ou encourager quelqu’un qui est abattu,
ou apprendre un chapitre de la Bible par coeur. Et si vous ne réussissez
pas la première fois que vous essayez, il faut persévérer.
Ce principe s’applique, bien sûr, aux assemblées aussi bien
qu’aux individus. Une Église locale doit s’aventurer à faire des
choses pour Dieu qu’elle n’a jamais tentées dans le passé. Peutêtre
qu’elle veut s’engager à soutenir un frère pour qu’il reçoive
une formation comme évangéliste ou même pour le soutenir
pour qu’il travaille à plein temps après cette formation. Peut-être
qu’elle veut s’organiser pour venir en aide aux veuves et aux
orphelins de son entourage. Peut-être qu’elle veut construire un
lieu de culte. Il y a une tendance à vouloir attendre que d’autres
personnes ou d’autres assemblées fassent le gros du travail, mais
une Église qui attend les autres de cette façon au lieu de puiser
dans ses propres ressources matérielles et spirituelles ne grandira
pas.
Le premier pas
Si vous voulez grandir spirituellement en tant que chrétien,
il faut tout d’abord vous demander si vous êtes déjà un enfant de
Dieu. Êtes-vous déjà né de nouveau? L’apôtre Jean écrit en 1 Jean
3.2 : «Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu…»
Comment devient-on enfant de Dieu? Jean nous l’explique dans
son évangile. Il dit, en parlant de la lumière qui est venue dans
le monde, c’est-à-dire, Jésus: «Mais à tous ceux qui l’ont reçue,
elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui
croient en son nom et qui sont nés… de Dieu» (Jean 1.12-13).
Ce n’est pas par le simple fait de recevoir Jésus, de croire en son
nom, que l’on devient enfant de Dieu. Mais celui qui croit en lui a
« le pouvoir» (la possibilité, le moyen) de devenir enfant de Dieu,
en étant né de Dieu.
En Jean 3.3,2 Jésus explique comment naître de Dieu, comment
naître de nouveau: «…En vérité en vérité je te le dis, si
un homme ne naît de nouveau, … Si un homme ne naît d’eau
et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.» Cette
naissance d’eau et d’esprit s’accomplit quand le croyant pénitent
est baptisé en Christ (ensevelis, immergé dans l’eau). C’est en
ce moment que ses péchés lui sont pardonnés et qu’il reçoit le
don du Saint-Esprit (Actes 2.38). Il est alors sauvé et ajouté par
le Seigneur à son Église. Si quelqu’un est en Christ, il est une
nouvelle créature (2 Cor. 5.17). C’est alors que la vraie croissance
spirituelle peut commencer.
BB

L’homosexualité

Le président des États-Unis a récemment déclaré qu’il serait favorable à la légalisation du mariage entre personnes du même sexe. Les socialistes ont promis conduire la France à légaliser de tels mariages, ce que la Belgique et le Canada ont déjà fait. Le mouvement LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) a gagné énormément de terrain dans ces dernières années dans la société occidentale.  Ce que ces personnes recherchent n’est pas simplement une protection légale contre la discrimination et la persécution: elles exigent l’approbation morale. Au Canada comme en Suède il existe des lois qui traitent de «discours haineux» toute prédication qui présente les actes homosexuels comme étant pécheurs. (Il paraît que pour les militants gays la tolérance est une route à sens unique: ils réclament le droit de proclamer que leur mode de vie est moralement acceptable, mais celui qui tient des idées contraires n’aurait pas le droit de s’exprimer à son tour.)

Un nombre surprenant de dénominations, y compris les Églises d’état au Danemark, en Norvège et en Suède, ainsi que l’Église Réformée en Suisse, l’Église Episcopale, et certaines dénominations presbytériennes et Luthériennes acceptent maintenant que leurs membres et même leur “clergé” soient des homosexuels pratiquants; elles font des cérémonies pour bénir les unions entre personnes du même sexe et célèbrent des mariages «gays» dans leurs lieux de culte. Certes, il y a d’autres dénominations, tel que l’Eglise Catholique Romaine, la plupart d’Églises Baptistes,  l’Église Adventiste, l’Église du Nazaréenne, les Témoins de Jéhovah, les Mormons, l’Église Apostolique, les Assemblées de Dieu, l’Église Pentecôtiste Unie, et d’autres qui n’approuvent nullement ces pratiques. On trouve néanmoins du changement rapide dans les attitudes à l’égard de l’homosexualité.

Beaucoup de gouvernements n’acceptent plus la Bible comme guide en ce qui concerne la moralité et n’admettent pas qu’elle soit citée pour justifier telle ou telle loi ou politique. Il n’est donc pas étonnant que ces gouvernements approuvent toutes sortes de comportement contraires à la moralité chrétienne. C’est toute autre chose, par contre, de voir des Églises et des individus qui prétendent être chrétiens accorder leur soutien sans réserve à ce mouvement.

Bon nombre d’homosexuels sont franchement hostiles à la religion tout simplement parce qu’elle a pendant longtemps condamné leur style de vie. Ils profèrent des insultes et des grossièretés à l’égard de la Sainte Parole qui ose identifier comme péché les formes de sexualité qu’ils adoptent. Ils font penser aux paroles de Jésus en Jean 3.19,20: «Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière de peur que ses œuvres ne soient dévoilées.»  Cette attitude hostile se comprend donc.

Mais de plus en plus on rencontre des personnes qui s’affichent sans honte comme étant homosexuelles et en même temps comme disciples de Jésus! Il y a des Églises locales composées principalement de gays, ainsi que des prêtres et des pasteurs qui prétendent croire à la Bible tout en approuvant l’homosexualité. Je dis bien qu’ils approuvent; les vrais chrétiens traitent les homosexuels et tous les hommes avec amour, se disant qu’il faut aimer le pécheur et détester le péché, mais ces dirigeants religieux prétendent que la Bible ne condamne pas l’homosexualité. Un prêtre catholique du nom de Daniel Helminiak a publié un livre qui s’intitule: What the Bible Really Says About Homosexuality (Ce que la Bible dit réellement au sujet de l’homosexualité).

Sans vouloir mettre en doute la sincérité de tous ceux qui croient pouvoir épouser le christianisme ET l’homosexualité, il faut reconnaître que certains, tel que le Dr. Helminiak, sont coupables d’avoir tordu le sens des Écritures (2 Pierre 3.16).  Ils s’attirent une malédiction: «Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres.» (Ésaïe 5.20). «Celui qui justifie le méchant et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Éternel» (Prov. 17.15).

Ce que la Bible dit réellement au sujet de l’homosexualité

Voyons donc les principaux passages bibliques qui traitent de la question de l’homosexualité. Nous verrons en même temps les explications offertes par les soi-disant théologiens gays.

Le cas de Sodome et Gomorrhe

Tout étudiant de la Bible se rappelle l’histoire des villes de Sodome et Gomorrhe que l’Éternel a détruites par le feu du ciel à cause de leur péché criant. Le terme «sodomie» (la pratique du coït anal) est, bien sûr, dérivé du nom de la ville de Sodome, où habitait Lot, le neveu du patriarche Abraham. Voici le récit du comportement des habitants de cette ville la nuit où Lot a logé chez lui des étrangers (qui étaient, en fait, des anges de Dieu:

«Ils n’étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux vieillards; toute la population était accourue. Ils appelèrent Lot, et lui dirent: Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Faites-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions. Lot sortit vers eux à l’entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui. Et il dit: Mes frères, je vous prie, ne faites pas le mal! Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit. Ils dirent: Retire-toi! Ils dirent encore: Celui-ci est venu comme étranger, et il veut faire le juge! Et bien, nous te ferons pis qu’à eux. Et, pressant Lot avec violence, ils s’avancèrent pour briser la porte.» (Genèse 19.4-9, LS)

Les «érudits» tels que le Dr. Helminiak voudraient nous faire croire, en citant des passages comme Ézékiel 16.49, que Sodome et Gomorrhe ne furent pas condamnées à cause de l’homosexualité. Ce texte dit: «Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l’indigent.» Helminiak dit: «Le sexe n’est jamais mentionné. L’histoire de Sodome parle, en réalité, de l’obligation de montrer de l’hospitalité envers les inconnus…. ils entourent la maison de Lot, en exigeant savoir qui sont les étrangers.»

Helminiak ne cite pas le verset suivant en Ézékiel qui dit: Ces villes «sont devenues hautaines, et elles ont commis des abominations devant moi. Je les ai fait disparaître, quand j’ai vu cela.» Il fait semblant de ne pas savoir que le mot «connaître» signifiait clairement dans ce passage «connaître charnellement, faire des rapports sexuels avec». («Adam connut Ève, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn… Adam connut encore sa femme; elle enfanta un fils, et l’appela du nom de Seth.» – Gen. 4.1,25; voir aussi Nombres 31.17,18; Gen. 4.17; Matt. 1:23-25; Luc 1:27,34.) Il fait semblant de ne pas connaître d’autres passages bibliques qui lient la destruction de Sodome et Gomorrhe sans aucun doute au comportement sexuel de leurs habitants: «[Dieu] a délivré Loth, cet homme juste qui était consterné par la conduite immorale des habitants débauchés de ces villes.» (2 Pierre 2.7, Semeur).

«Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l’impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel» (Jude 7, Segond).

La loi mosaïque

«Vous ne devez pas coucher avec un homme comme on couche avec une femme; c’est une pratique monstrueuse.» (Lév. 18.22, FC. La version Louis Segond met: «C’est une abomination.»)

«Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d’une action monstrueuse et doivent être mis à mort. Ils sont seuls responsables de leur mort.» (Lév. 20.13, FC)

Les partisans de l’homosexualité appliquent au moins deux sortes de raisonnements à ces passages dans la loi de Moïse. On suggère que d’autres choses qui étaient qualifiées d’«abomination» dans la loi de Moïse, telle que la consommation de certains aliments (le porc, les crevettes, etc.) n’ont jamais été condamnées par les premiers chrétiens. En fait, de nombreux commandements du livre de Lévitique ne sont plus observés par les fidèles. Pourquoi, alors, dire que l’interdiction des rapports homosexuels serait toujours en vigueur?

Cette question n’est pas bête, mais la réponse n’est pas très difficile à trouver. De nombreux passages enseignent clairement que la loi de Moïse n’est plus en vigueur (Rom. 7.1-6; 2 Cor. 3.6-11; Eph. 2.11-19; Col. 2.13-17; Héb. 7.11-14; 8.6-13; etc.) Elle a servi son but dans le plan de Dieu, celui de nous conduire à Christ (Gal. 3.23-25). Si aujourd’hui nous obéissons aux commandements de respecter nos parents, de ne pas voler ou de ne pas commettre l’adultère (ou les actes homosexuels), c’est parce que ces commandements ont été repris dans la nouvelle alliance sous laquelle nous vivons en Jésus-Christ, celui à qui toute autorité a été donnée (Matt. 28.18). D’autres lois, telles que les commandements sur les aliments impurs, n’ont pas été reprises (1 Tim. 4.1-5). Comme nous le verrons tout à l’heure, l’interdiction des rapports homosexuels fait partie des lois qui figurent dans le Nouveau Testament aussi bien que dans l’Ancien.

Un deuxième argument avancé à l’égard de ces passages en Lévitique prétend que l’intention principale de Moïse était de séparer les Juifs des Païens. Les actes homosexuels qui étaient condamnés étaient pratiqués à l’époque dans des rituels de certaines religions païennes, desquelles les Juifs voulaient se séparer. Ce n’était donc pas, nous dit-on, le côté sexuel mais l’aspect religieux qui était en vue.

Il est vrai que le peuple d’Israël devait se distinguer nettement des Païens, et il est également vrai que l’immoralité sexuelle était une partie importante des cultes idolâtres dans cette région du monde à cette époque. Mais une lecture même superficielle du contexte de chacun des deux versets cités plus haut révèle que les comportements sexuels qui y sont décrits (relations sexuelles avec un proche parent, avec une bête, avec la femme de son prochain, etc.) étaient condamnables qu’ils soient associés à l’idolâtrie ou pas.

Le Nouveau Testament

On a généralement l’impression que, par rapport à l’Ancien Testament, le Nouveau Testament insiste plus sur la foi, sur l’homme intérieur, sur la tolérance, l’humilité et l’importance ne de pas juger les autres. Il est vrai que certains Juifs du temps de Jésus étaient hypocrites et sans compassion. Ils condamnaient les autres pour les mêmes fautes qu’ils commettaient eux-mêmes, tout en se croyant justes devant Dieu sur la base de critères plutôt externes ou cérémoniels. Ils détestaient Jésus parce qu’il révélait le mal dans leurs cœurs. Malheureusement, beaucoup d’hommes aujourd’hui ignorent que Jésus, tout en insistant sur la pureté de cœur, proclamait en même temps la nécessité d’une moralité rigoureuse, y comprise en matière de sexualité (Matthieu 5.27-32; Marc 7.20-23). Tout en offrant le pardon à la femme prise en adultère, il lui dit: «Va, et ne pèche plus» (Jean 8.11). En fait, il appelait tous à la repentance comme condition de pardon (Matt. 4.17; Marc 9.43,44; Luc 13.1-5; 24.46,47); or, la repentance signifie que l’on reconnaît ses actes comme pécheurs, que l’on en est attristé, et que l’on prend la résolution ferme de s’en détourner.

Jésus chargea ses apôtres non seulement d’annoncer le pardon, mais aussi d’enseigner aux convertis à observer tout ce qu’il leur avait prescrit (Matt. 28.20). Il leur a promis, pour ce faire, l’aide du Saint-Esprit, qui leur rappellerait tout ce qu’il leur avait dit et les conduirait «dans toute la vérité» (Jean 14.26; 16.13). Qu’est-ce que les apôtres ont donc enseigné sur le sujet de l’homosexualité?

«Ne savez-vous pas que ceux qui pratiquent l’injustice n’auront aucune part au royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas : il n’y aura point de part dans l’héritage de ce royaume pour les débauchés, les idolâtres, les adultères, les pervers ou les homosexuels, ni pour les voleurs, les avares, pas plus que pour les ivrognes, les calomniateurs ou les malhonnêtes. Voilà bien ce que vous étiez, certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été purifiés du péché, vous en avez été déclarés justes au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu.» (1 Cor. 6.9-11, Semeur*).

Dans ce passage il est dit explicitement que ceux qui pratiquent l’homosexualité ne peuvent pas aller au ciel. Mais il est dit tout aussi clairement qu’il leur est possible de recevoir le pardon. Ce passage nous enseigne en plus que des homosexuels peuvent cesser de l’être, qu’ils peuvent (et doivent, s’ils désirent le salut,) se repentir. [Ce seul verset semble contredire l’idée de «l’orientation sexuelle» selon laquelle certains gays se disent: «Dieu m’a créé comme ça; ce n’est donc pas une faute. Il faut que je m’accepte tel que je suis et que les autres fassent autant.» L’expérience de milliers d’anciens homosexuels, y compris ceux que Paul mentionne ici, milite contre cette conception. D’ailleurs, quand bien même une personne aurait en elle des désirs dont elle ne connaît pas l’origine, cela ne voudra pas dire qu’elle peut encourager ces désirs, les traiter de «naturels» ou chercher à les satisfaire. Ceci est vrai pour les hétérosexuels aussi bien que les homosexuels. Il y a évidemment des gens qui désirent sexuellement des petits enfants; d’autres qui ont envie de commettre des actes sexuels avec des animaux; d’autres qui trouvent que le plaisir sexuel est accentué quand l’acte est accompagné de violence ou perpétré contre la volonté d’autrui (le viol). D’autres ont le fort désir de faire des rapports avec leur frère ou sœur ou même avec leur père ou mère. Est-ce que c’est Dieu qui les a créés comme cela? Bien sûr que non. Il est plutôt normal de réprimer de tels désirs. Il faut lutter et demander de l’aide à Dieu afin de se rendre maître  de ses désirs sexuels (1 Thess. 4.1-8).]

Un autre passage clair dans le Nouveau Testament se trouve en Romains 1. Ayant parlé du refus des hommes de rendre l’honneur que l’on doit à Dieu, de leur choix insensé d’adorer les images, et du fait qu’ils ont délibérément changé la vérité concernant Dieu contre le mensonge, l’apôtre inspiré continue ainsi: «Voilà pourquoi Dieu les a abandonnés à des passions avilissantes : leurs femmes ont renoncé aux relations sexuelles naturelles pour se livrer à des pratiques contre nature. Les hommes, de même, délaissant les rapports naturels avec le sexe féminin, se sont enflammés de désir les uns pour les autres; ils ont commis entre hommes des actes honteux et ont reçu en leur personne le salaire que méritaient leurs égarements.» (Romains 1.26,27, Semeur).

Qu’en dit M. Helminiak? «Le terme ‘non-naturel’ que l’on trouve dans la lettre aux Romains 1.28-29 devrait être traduit par les termes «atypique» ou «non conventionnel». La Bible, si elle est lue en cohérence avec ses propres termes et contexte ne présente aucune condamnation explicite des actes homosexuels.» Non seulement cet «érudit» est malhonnête, car le mot grec utilisé par Paul, παρα ϕυσιν, signifie bien, comme il a toujours été traduit, «contre nature», mais il croit apparemment que ses lecteurs sont dépourvus d’intelligence. En effet, le contexte de ce terme en Romains 1 ne laisse aucun doute que l’on parle de l’homosexualité et que ce comportement «vil» et «honteux» est un «égarement» moral. Pourquoi l’homosexualité serait-elle qualifiée de «contre nature»? Peut-être que c’est compte tenu de la pratique de la vaste majorité des êtres humains (moins de 2% sont homosexuels), de l’anatomie des deux sexes, et du processus de la reproduction. Mais ce ne sont pas là nos arguments contre la pratique de homosexualité; nous sommes, avant tout, contraints de traiter l’homosexualité de péché parce que nous faisons confiance à la Bible comme parole de Dieu, et malgré les efforts que certains déploient pour tordre son sens, son enseignement sur ce point est absolument clair. Le bien et le mal ne sont pas déterminés par les sentiments personnels, par un vote populaire, par la décision d’un gouvernement, ou par la présence ou l’absence d’un sentiment de culpabilité; c’est la parole inspirée de notre Créateur qui a le dernier mot.

Voici encore un autre passage qui montre que l’homosexualité est un comportement que Dieu condamne: «Il faut savoir ceci: La Loi n’est pas faite pour ceux qui font le bien, mais pour les malfaiteurs et les rebelles, pour les gens qui méprisent Dieu et les pécheurs, pour ceux qui n’ont ni respect ni scrupule à l’égard de ce qui est sacré, ceux qui tueraient père et mère, les assassins, les débauchés, les homosexuels, les marchands d’esclaves, les menteurs, les gens sans parole et, d’une manière générale, pour tous ceux qui commettent des actions contraires à l’enseignement authentique que vous avez reçu.» (1 Timothée 1.9,10, Semeur).

Loin de nous l’idée que l’homosexualité est le péché le plus grave que l’on puisse commettre, mais nous ne cherchons à légitimer aucun péché. Si l’on a l’impression que les chrétiens insistent particulièrement sur celui-ci, c’est peut-être parce que les adultères, les menteurs, les pédophiles, et les hypocrites de tout genre ne sont pas dans les rues en train proclamer leur fierté d’être ce qu’ils sont et de réclamer des droits en tant que minorité qu’il ne faut jamais diffamer ou frustrer. Ce sont les gays qui répondent bien à la description de Paul en Philippiens 3.19: « ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte».

Conclusion

Soyons clairs; quelle que soit la réaction de certains lecteurs, ce que nous avons écrit ici ne représente ni la haine ni «l’homophobie». Aucun de nos propos ne devrait être interprété de manière à encourager ou justifier la violence ou l’hostilité personnelle contre une personne ou un groupe. Décrire un comportement comme étant immoral et condamnable devant Dieu n’est pas une preuve de haine. Au contraire, c’est l’amour pour Dieu, pour la vérité, et oui, pour le pécheur, qui nous pousse à dire humblement à ceux qui vivent dans le péché qu’ils ont à se repentir. L’Éternel nous dirait, comme au prophète Ézekiel: «Quand je dirai au méchant: Tu mourras! Si tu ne l’avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant moura dans son iniquité, et je te redemanderai son sang… Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez.» (Ézék. 3.18; 18.32).

Si vous menez une vie homosexuelle, ou si vous vous permettez simplement de regarder des personnes du même sexe pour les convoiter dans votre cœur (voir Matt. 5.28), vous avez besoin de croire en Jésus comme Fils de Dieu et comprendre que Dieu est prêt à vous pardonner. Vous devez ensuite vous repentir de tous vos péchés, y compris les péchés sexuels. Dites ouvertement que vous croyez en Jésus, et soyez baptisé pour le pardon de vos péchés. Priez Dieu régulièrement pour demander la force de surmonter la tentation. Participez aux assemblées de l’Église du Seigneur. Veillez sur vos pensées, et évitez les personnes, les activités et les lieux qui vous tentent souvent de retomber dans le mal. «Dieu est fidèle, et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces» (1 Corinthiens 10.13).

B.B.

*J’ai utilisé différentes traductions du Nouveau Testament dans ce numéro de Chemin de Vérité pour que le sens des passages cités soit claire pour tous les lecteurs. Des explications supplémentaires du sens des mots utilisés dans le grec seront quand même utiles. Dans le passage ci-haut, le terme «pervers» («effeminés» dans Louis Segond) traduit un terme employé pour décrire un homme mou, qui s’abandonne aux plaisirs sensuels, ou qui a les manières d’une femme; mais, et particulièrement dans ce contexte, le terme désignait surtout des hommes ou garçons qui se laissaient abuser homosexuellement. Le mot grec traduit ici par «homosexuels» («infâmes» dans Louis Segond, «pédérastes» dans le FC), est formé du mot αρσεν (mâle) et κοιτε (coït, accouplement, rapport sexuel). Il signifie évidemment «hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes» et était employé pour ceux qui jouent le rôle actif ou dominant. À la place de pédéraste ou homosexuel, on trouve dans plusieurs traductions le mot «infâme», qui désigne ce qui est honteux ou avilissant. Que cette manière plus discrète de désigner des actes auxquels on ne voudrait pas penser ne vous empêche pas de reconnaître de quoi parlent ces textes.

La patience et l’impatience de Job

La souffrance vient tôt ou tard dans la vie de presque chaque personne: la maladie ou l’infection qui produit la douleur physique, la perte d’un bien-aimé ou la solitude écrasante, la déception de se voir une fois de plus privé de ce qu’on a tant désiré, que ce soit un enfant, un emploi, la guérison, ou l’approbation . Certaines souffrances sont intenses mais de courte durée; d’autres sont moins aiguës mais plus persistantes – soit elles sont là continuellement, soit elles ne cessent jamais de revenir pour nous tourmenter quand nous pensions en être délivrés.

Quand il est question de supporter avec patience la souffrance ou l’épreuve, on pense souvent à l’exemple de Job. L’Épître de Jacques le cite comme modèle: «Voici, nous disons bienheureux ceux qui ont souffert patiemment. Vous avez entendu parler de la patience de Job» (Jacques 5.11). Mais Job a quand même lutté avec le problème de la souffrance. Quelles leçons en a-t-il tirées?

Permettons à la Bible (principalement la Bible en français courant) de nous raconter son histoire:

Il y avait au pays d’Uts un homme du nom de Job. Cet homme était irréprochable, droit, fidèle à Dieu et se tenait à l’écart du mal. Il était père de sept fils et de trois filles; il possédait sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs et cinq cents ânesses, ainsi que de nombreux domestiques. C’etait le personnage le plus considérable à l’est de la Palestine.

Satan lance le défi

Or un jour le Satan, l’accusateur, se présenta [devant Dieu]. Le Seigneur lui demanda:

– D’où viens-tu donc?

L’accusateur répondit au Seigneur:

– Je viens de faire un petit tour sur terre.

– Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job, dit le Seigneur. Il n’a pas son pareil sur la terre. C’est un homme irréprochable et droit; il m’est fidèle et se tient à l’écart du mal.

– Si Job t’est fidèle, répliqua l’accusateur, est-ce d’une manière désintéressée?

N’est-il pas évident que tu le protèges de tous côtés, comme par une clôture, lui, sa famille et ses biens? Tu as si bien favorisé ce qu’il a entrepris, que ses troupeaux sont répandus sur tout le pays. Mais ose toucher à ce qu’il possède, et je parie qu’il te maudira ouvertement!

Pour beaucoup de personnes, l’accusation de Satan serait exacte: c’est bien par intérêt qu’ils servent Dieu. Après tout, dans beaucoup de religions traditionnelles en Afrique et ailleurs dans le monde, on abandonne ses dieux, ses fétishes ou ses idoles, quand on n’obtient pas ce que l’on désire, et on opte pour d’autres dieux qui, eux, permettront réellement d’obtenir les bonnes récoltes, la guérison, et la protection du malheur. La fidélité dans ces cas dépend de la satisfaction des attentes de l’adorateur.

Quand, par contre, on agit d’une manière désintéressée, on fait ce qu’on fait parce qu’il est juste de faire ainsi. Il est du devoir des enfants de s’occuper de leurs parents âgés, mais il y a des enfants handicappés mentalement ou physiquement qui ne pourront jamais remplir cette fonction. Certains parents de personnes handicappées, voyant qu’ils ne pourront pas recevoir grand-chose de leurs enfants, les négligent. Cela est condamnable. D’autres, par contre, s’occupent de ces pauvres enfants avec amour et dévouement, sachant parfaitement qu’ils seront à leur charge toute leur vie et ne pourront jamais leur donner en retour. Ils s’en occupent, non par intérêt, mais parce que l’amour le demande. (De même, certains enfants adultes négligent ou traitent abusivement leurs parents, surtout quand ces derniers n’ont rien à leur donner. Ils devraient les traiter avec honneur simplement parce qu’il est juste de respecter ses parents.)

Dieu est, bien sûr, notre Créateur. Il est de plein droit le Souverain de l’univers. Nous devrions lui obéir et le respecter pronfondément parce qu’il est juste de le faire, parce qu’il en est digne, et parce que nous sommes ses créatures. Beaucoup tombent dans l’erreur d’adorer Dieu tout simplement pour recevoir ce qu’ils désirent.

L’épreuve commence

Le Seigneur dit à l’accusateur:

– Eh bien, tu peux disposer de tout ce qu’il possède. Mais garde-toi de toucher à lui-même. 

Alors l’accusateur se retira hors de la présence du Seigneur.

Un jour… un messager arriva chez Job pour lui annoncer: «Les bœufs étaient en train de labourer, et les ânesses se trouvaient au pré non loin de là, quand des Sabéens se sont précipités sur eux et les ont enlevés, passant tes serviteurs au fils de l’épée. J’ai été le seul à pouvoir m’échapper pour t’en avertir.»

D’autres messagers suivent le premier pour annoncer à Job qu’il a perdu d’un seul coup le reste de ses biens: ses moutons, ses chameaux et les serviteurs qui s’en occupaient.

Puis un autre arriva pour annoncer: Tes enfants étaient occupés à manger et boire chez leur frère aîné, quand un ouragan survenant du désert a heurté violemment les quatre coins de la maison; les jeunes gens sont morts sous les décombres. 

Alors Job se leva, il déchira son manteau, se rasa la tête et se jeta à terre, le front dans la poussière; il déclara: J’étais nu quand je suis venu au monde, c’est nu aussi que je le quitterai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Je n’ai qu’à remercier le Seigneur.

Dans tous ces malheurs Job n’attribua rien d’injuste à Dieu.

Voici la réaction qui fit la réputation de Job. Job reconnut que Dieu était, en fin de compte, le maître du monde et celui qui détermine les circonstances de vie de chaque être humain. Il n’accuse ni le hasard aveugle, ni les hommes (les Sabéens), ni l’injustice de Dieu. Il accepte simplement ce que Dieu a décidé.

L’épreuve se poursuit

Dans le second chapitre du livre, Satan se présente de nouveau devant Dieu, qui lui fait remarquer au sujet de Job:  «Il m’est fidèle et se tient à l’écart du mal. Il est resté irréprochable. C’est donc pour rien que tu m’as poussé à lui faire du tort.

Mais l’accusateur répliqua: «Tout ce qu’un homme possède il le donnera pour sauver sa peau. Mais ose toucher à sa personne et je parie qu’il te maudira ouvertement. 

Le Seigneur dit à l’accusateur: – Eh bien, tu peux disposer de lui, mais non pas de sa vie. 

Alors l’accusateur se retira hors de la présence du Seigneur. Il frappa Job d’une méchante maladie de peau, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne. Job s’assit au milieu du tas des cendres et ramassa un débris de poterie pour se gratter. 

Sa femme lui dit: – Maudis Dieu, et meurs!» 

-Tu parles comme une femme privée de bons sens, lui répondit Job. Si nous acceptons de Dieu le bonheur, pourquoi refuserions-nous de lui le malheur?

Dans cette nouvelle épreuve Job ne pécha point par ses lèvres.»

Pour Job, il ne serait pas normal de se soumettre à Dieu uniquement quand il nous accorde les bonnes choses que voulons dans la vie. Ce n’est pas que nous avons droit à ces choses. Nous sommes de simples créatures et ne pouvons pas exiger quoi que ce soit du Créateur. Même si nous avions eu le droit d’attendre de bonnes choses de la part de Dieu, nous aurions perdu ce droit par notre péché et notre rébellion. Et tous ont péché (Rom. 3.23). En réalité, toutes les choses agréables que Dieu nous accorde sont tout simplement des grâces que nous n’avons pas méritées.

Job réussit donc à l’épreuve. Au moins pour un temps. Mais son attitude finit par changer.

Trois amis de Job apprirent les malheurs qui lui étaient arrivés. C’étaient Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsofar de Naama. Ils vinrent de chez eux et se mirent d’accord pour lui manifester leur sympathie et le réconforter. En le regardant de loin, ils le trouvèrent méconnaissable. Alors ils ne purent retenir leurs larmes; ils déchirèrent leurs manteaux et jetèrent en l’air de la poussière pour s’en couvrir la tête. Puis ils restèrent assis à terre avec Job pendant sept jours et sept nuits, sans rien lui dire, tant sa souffrance leur paraissait grande.» Cette manifestation de solidarité avec leur ami souffrant était exemplaire. En effet, nous n’avons souvent pas de paroles pour consoler les affligés, mais notre présence à leurs côtés en dit long sur notre amour. Les trois amis de Job auraient mieux fait de garder ce silence réconfortant, parce que les paroles qu’ils ont prononcées par la suite n’ont fait qu’augmenter la souffrance de Job.

«Ta souffrance prouve que tu es coupable»

Éliphaz, Bildad et Tsophar avancent plusieurs idées sur la souffrance, mais ils sont d’accord que Job souffre parce que Dieu punit ses péchés. Voilà l’idée principale dans tous leurs discours. Si Job était réellement innocent, il ne serait pas si misérable.

Voici un petit échantillon de leurs paroles:

Éliphaz: «Cherche dans ton souvenir: quel est l’innocent qui a péri? Quels sont les justes qui ont été exterminés? Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice en moissonnent les fruits» (4.7,8). (Sous-entendu: en voyant ce que tu es en train de récolter, nous savons ce que tu as dû semer.)

Bildad: «Dieu renverserait-il le droit? Si tes fils ont péché contre lui, il les a livrés à leur péché… Ainsi arrive-t-il à tous ceux qui oublient Dieu» (8.3,4,13)

Tsophar: «Oh! si Dieu voulait parler, tu verrais alors qu’il ne te traite pas selon ton iniquité» (11.5,6). (En d’autres termes, Job, tu mérites encore pire que le châtiment que tu reçois de Dieu.)

Évidemment, au lieu de consoler Job, leurs fausses accusations le blessèrent davantage. Job savait au fond de lui-même qu’il ne s’était pas rebellé contre Dieu. Il n’avait pas été injuste envers ses semblables. Il avait toujours eu de la compassion pour les malheureux. Il avait été intègre et droit. Il ne peut pas admettre que ces amis aient raison. Et pourtant, il ne trouve pas d’autre explication pour ce qui lui arrive. Sauf celle-ci:

«Dieu me traite injustement!» 

Oui, sous les attaques de ses trois amis, Job, cet homme patient et pieux, perdit sa patience proverbiale et devint violent dans ses propos à l’égard de Dieu:

Lui qui m’assaille comme par une tempête,

Qui multiplie sans raison mes blessures, 

Qui ne me laisse pas respirer,

Qui me rassasie d’amertume…

Suis-je innocent, il me déclarera coupable.

Innocent! Je le suis; mais je ne tiens pas à la vie,

Je méprise mon existence.

Qu’importe après tout? Car, j’ose le dire,

Il détruit l’innocent comme le coupable

Mais il se rit des épreuves de l’innocent.

(9.17-22)

Job accepte le même principe que ses amis: Dieu règne sur le monde, et en tant que Juge divin, il est censé punir la méchanceté et récompenser la justice. Job, tout comme ses amis, ignore l’idée d’une résurrection d’entre les morts, d’un jugement dernier, du paradis et de l’enfer. (Ce n’est que dans le Nouveau Testament que ces vérités sont clairement révélées. Deux Timothée 1.10 nous dit que Dieu  «a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile».) Pour Job et ses amis, la justice de Dieu doit donc s’administrer du vivant de chaque personne. Voilà pourquoi la souffrance d’un homme intègre comme Job présente un si grand dilemme. Voilà pourquoi Job tire la conclusion que Dieu n’est pas juste.

Un jeune sage prend la parole

Éliphaz, Bildad et Tsophar sont tous des hommes âgés, mais un quatrième, plus jeune, les écoute et se fâche finalement de leur façon de parler à Job. Il est, en plus, choqué par les propos de Job qui dit, en effet, qu’il ne sert à rien de servir Dieu. Le jeune homme Élihu entreprend donc de défendre l’honneur de Dieu.

Il rappelle que Dieu est souverain, et qu’il n’a pas de comptes à rendre, ni à Job ni à aucun homme (33.12,13). Il fait remarquer que Dieu n’a aucun motif pour être injuste, puisqu’il n’est endetté envers personne et que l’homme n’a aucun moyen de l’intimider ou d’acheter sa faveur (34.13,19). Il suggère que si les justes deviennent victimes de l’injustice ou de l’adversité, Dieu s’en sert, pas toujours pour les punir, mais pour les avertir et les amener à s’examiner et à éviter l’orgueil (36.8-10; voir aussi 2 Cor. 12.7 où l’apôtre Paul parle d’une «écharde dans la chair» qui lui fut donnée pour l’empêcher de s’enorgueillir). Élihu recommande l’humilité à celui qui est affligé. Même quand celui qui souffre n’a pas été parmi les plus méchants, quand il est conscient d’avoir essayé de faire ce qui est juste, il devrait se dire qu’il est bien possible qu’il ait pu pécher. Il a peut-être trop aimé le monde; sans qu’il ne s’en rende compte, il s’est peut-être trop attaché à ses biens ou à ses amis; peut-être qu’il mettait sa confiance en ce qu’il possédait plutôt qu’en Dieu qui donne tout. Dans de tels cas, il convient à l’homme de reconnaître que Dieu a le droit de châtier, de corriger, ou d’avertir, selon le besoin; il convient de demander à Dieu de nous apprendre ce que nous ignorons (34.31,32). Enfin, Élihu ne dit pas, comme les autres, que Job souffre parce qu’il a péché; il lui dit plutôt: «Attention, Job. Tu pèches parce que tu souffres. C’est-à-dire, dans ton affliction tu dis des choses à l’égard de Dieu et manifestes des attitudes qui ne sont pas justes.» «Garde-toi de te livrer au mal, car la souffrance t’y dispose» (36.21).

Le Tout-Puissant intervient

Finalement, vers la fin du livre, Dieu lui-même prend la parole et demande à Job:  «Qui es-tu pour oser rendre mes plans obscurs à force de parler de ce que tu ignores? Tiens-toi prêt, sois un homme: je vais t’interroger, et tu me répondras.» (38.2,3). Il poursuit avec une série de questions, au moyen desquelles le Seigneur dit essentiellement à Job:

«Je suis Dieu, et tu ne l’es pas. Tu n’as pas l’intelligence et le pouvoir que j’ai. Tu n’as pas créé l’univers et tu ne soutiens pas tout ce qui vit, comme je le fais. Tu n’es pas capable de maîtriser certaines de mes créatures; à plus forte raison tu ne pourrais pas gérer le monde. C’est moi qui vois tout ce qui est caché. Tu n’es donc pas en mesure de comprendre ce que j’ai à faire, de me conseiller ou de me juger.

«Job, le fait que tu souffres ne te donne pas le droit de me blâmer, et ne te dispense pas du devoir de t’approcher de moi dans l’humilité et la soumission. Je n’ai aucun besoin de me justifier devant un être humain, et je ne te donnerai pas d’explications simplement parce que tu en as réclamées.»

Alors Job répondit au Seigneur: Je ne suis rien du tout. Que puis-je te répondre? …J’ai parlé d’un sujet trop ardu, je n’y comprenais rien et ne le savais pas!… Je reconnais avoir eu tort et m’humilie en m’asseyant dans la poussière et dans la cendre.» (42.1-3,6)

Il faut reconnaître que malgré le reproche que Dieu fait à Job pour ses propos trop hardis, Dieu sait que son serviteur a quand même gardé son intégrité, et il lui montre sa faveur. La douleur extrême, aggravée par les fausses accusations de ses amis, avait poussé Job à mal parler. Dieu lui pardonna ses propos, lui rendit la santé et la richesse, et lui donna d’autres enfants.

Ensuite Dieu reprit sévèrement les amis de Job qui avaient proclamé des faussetés à son égard. En effet, en affirmant à tort que Dieu récompense toujours et dans cette vie toutes les actions des hommes, on permet aux méchants qui jouissent de bonne santé et de prospérité de se justifier dans le mal, croyant que leurs circonstances agréables prouvent qu’ils ont l’approbation de Dieu. On révolte, par contre, la personne qui, comme Job, a essayé d’être fidèle à Dieu mais qui se trouve dans l’affliction. Et on pousse d’autres personnes, celles qui observent les injustices dans le monde, à douter de l’existence même de Dieu, puisqu’on leur a fait croire que Dieu, (s’il existait,) ne permettrait jamais aux gens cruels de prospérer et aux innocents de souffrir.

Ni Job ni ses amis n’ont été mis au courant du défi de Satan et de l’épreuve dont Job faisait l’objet. Dieu n’a pas choisi de leur révéler tout cela mais leur demande plutôt de lui faire confiance. Nous aussi, nous ignorons souvent les raisons pour certains malheurs qui nous frappent. Nous devons nous rappeler que notre souffrance ne nous donne pas le droit d’accuser Dieu de mal faire. Mais en tant que chrétiens, nous avons des avantages par rapport à Job quand il nous faut vivre avec la souffrance.

La consolation en Jésus-Christ

Nous savons que Dieu a fixé un jour où il jugera les vivants et les morts, (Actes 10.42; 17.31; 2 Thess. 1.6-10). Un jour la vraie justice sera administrée.

Nous savons que, quelle que soit la misère que nous supportions dans cette vie, nous pouvons dire avec l’apôtre Paul: «J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir» (Romains 8.18). La gloire éternelle attend le serviteur fidèle de Dieu, et cela change tout. «Nous ne perdons pas courage… parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.» (2 Cor. 4.16,18).

L’affliction n’est agréable, certes, mais «toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu», même les souffrances (Rom. 8.28). Voir aussi Jacques 1.2-4; Héb. 12.10,11; Rom. 5.3,4.

Job croyait que Dieu s’était mis à le haïr. Nous avons l’assurance que, quoi qu’il arrive, Dieu nous aime. Il l’a prouvé une fois pour toutes. «Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous» (Rom. 5.8). Même quand nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, nous ne doutons pas de l’amour de Dieu pour nous.

Jésus lui-même a souffert pour nous. Il comprend ce qu’est la douleur intense, sur le plan physique comme sur le plan émotionnel. Il ne reste pas détaché de nos souffrances et des injustices que nous subissons – il compâtit (Héb. 2.14-18; 4.14-16). Il était parfaitement innocent, mais il a souffert plus que nous tous. Prenons-le donc comme modèle: «Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée» (Héb. 12.3).

B.B.

(dans Vol. 12, No. 3)

Pardonnez-vous les uns aux autres

Qu’est-ce que le pardon?  Nous pensons connaître le sens d’un mot aussi simple que «pardonner», mais on rencontre pas mal de fausses conceptions à ce sujet.

Le pardon est plus que le fait de ne pas rendre le mal pour le mal. On pourrait s’abstenir de donner claque pour claque, tout en gardant de l’amertume et et de l’hostilité dans son cœur.

Le pardon n’est pas le fait de fermer l’œil sur le péché. Dieu n’ignore pas le  péché, et l’homme ne devrait pas l’ignorer non plus. Jésus ne dit pas de l’ignorer. Il dit en Luc 17.3: «Si ton frère pèche, reprends-le; et, s’il se repent, pardonne-lui».

Enfin, le pardon n’est pas le fait de mettre l’offenseur «en liberté surveillée», une situation où nous parlons de combien son acte est inexcusable et promettons l’oublier pourvu que la personne ne commette pas d’autres fautes.

Nous pouvons identifier le pardon en observant ce que Dieu fait quand il pardonne.  L’apôtre Pierre employa le mot «effacer» quand il exhorta des Juifs en Actes 3.19: «Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés». Dieu oublie la faute quand il la pardonne. Dieu promet en Hébreux 8.12: «je pardonnerai leurs iniquités et je ne me souviendrai plus de leurs péchés».  Il nous traite comme il le faisait avant que nous n’ayons péché, nous accueillant de tout son cœur. Voilà une idée qui ressort clairement de la célèbre parabole du fils prodigue dans l’Évangile de Luc 15.11-32.

Nous pouvons savoir si nous avons réellement pardonné à autrui en nous posant les questions suivantes:  (a)  Est-ce que je me réjouis intérieurement lorsque j’apprends qu’un malheur frappe celui qui m’a offensé? (b) Est-ce que je fais exprès pour éviter de me trouver en présence de la personne qui m’a offensé? (c) Est-ce que je lui parle seulement après hésitation et sous contrainte? (d) Est-ce que je me souviens de façon précise l’offense que j’ai subie? M’arrive-t-il de méditer sombrement le tort qu’on m’a infligé? (e) Si l’occasion se présentait où l’offenseur voulait qu’on prie pour lui, accepterais-je facilement et avec joie de prier Dieu en sa faveur?

Pourquoi est-il si important de se pardonner les uns aux autres?

Nous pouvons constater premièrement qu’il s’agit d’un commandement de Dieu.  La Bible dit en Colossiens 3.13: «Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi».

Deuxièmement, comme ce même verset le suggère, l’exemple de Jésus-Christ nous pousse à pardonner. Notre Seigneur pria lorsqu’on le mettait à mort: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font» (Luc 23.34). C’est lui qui est notre modèle.  Pierre nous rappelle: «Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces» (1 Pi. 2.21). Nous suivons son exemple en étant baptisés, en adorant Dieu, et en bien d’autres choses. Ne suivrons-nous pas son exemple en pardonnant aux autres? Étienne, l’un des premiers chrétiens, a pu imiter le Seigneur. Quand ses persécuteurs le lapidaient à mort, il pria: «Seigneur, ne leur impute pas ce péché!» (Actes 7.60).

Nous devons pardonner parce que nous sommes aussi des pécheurs qui ne pourrions vivre sans recevoir nous-mêmes le pardon. Jésus insista plusieurs fois sur le fait que notre pardon dépend du pardon que nous accordons aux autres. Dans la prière modèle qu’on appelle souvent «le Notre Père», le Seigneur nous apprend à prier: «pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi, nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés». Puis il explique: «Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses» (Matthieu 6.12,14,15).

Plus tard Jésus dit une parabole qui présente cette vérité de façon très mémorable, et qui montre que même celui qui a déjà reçu le pardon de Dieu pour ses péchés peut se voir révoquer ce pardon s’il refuse d’accorder le pardon aux autres. Il dit cette parabole en réponse à une question. Voici le récit en Matthieu 18, à partir du verset 21:

«Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda:

 – Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner à mon frère lorsqu’il péchera contre moi? Jusqu’à sept fois?

 – Non, lui répondit Jésus, je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. C’est pourquoi, voici à quoi ressemble le Royaume des cieux:  Un roi décida de régler ses comptes avec ses serviteurs. Il venait de se mettre à compter quand on lui amena un qui lui devait soixante millions de pièces d’argent. Cet homme n’avait pas de quoi rendre l’argent; son maître ordonna alors de le vendre comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait, afin de rembourser la dette. Le serviteur tomba à genoux devant son maître pour le supplier: “Prends patience envers moi, lui dit-il, et je te paierai tout!” Le maître en eut pitié: il lui remit sa dette et le laissa partir. Le serviteur sortit et rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait cent pièces d’argent. Il le saisit à la gorge et le serrait à l’étouffer en disant : “Paie ce que tu me dois!” Son compagnon tomba à ses pieds et le supplia en ces termes: “Prends patience envers moi et je te paierai!” Mais il ne voulut pas: il le fit au contraire jeter en prison en attendant qu’il ait payé sa dette. Quand les autres serviteurs virent ce qui était arrivé, ils en furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître. Alors le maître fit venir ce serviteur et lui dit: “Méchant serviteur! je t’ai remis toute ta dette parce que tu m’as supplié de le faire. Tu devais toi aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi.” Le maître était très en colère et il envoya le serviteur en prison pour y être puni en attendant qu’il ait payé toute sa dette. 

   Et Jésus ajouta:

– C’est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur»   (Matthieu 18.21-35, FC).

Il faut pardonner, car il est peut-être plus tard que vous ne le pensez. Le Christ peut revenir d’un instant à l’autre (Marc 13.32). Et qui aimerait être trouvé par lui à son retour séparé de son prochain par la haine et la rancune?  Ou bien, l’objet de votre esprit de vengeance et de votre haine peut mourir. Thackeray et Dickens, les deux grands auteurs anglais du 19ème siècle, devinrent des rivaux. Après plusieurs années de séparation, ils se rencontrèrent par hasard à Londres, se faisant froidement face l’un à l’autre. Impulsivement, Thackeray se retourna et saisit la main de Dickens, qui fut ému par ce geste. Ils se sont séparés par la suite souriants, l’ancienne jalousie ayant été détruite. Juste quelques jours plus tard Thackeray mourut; et la prochaine fois que Dickens l’a vu, ce fut lorsqu’il contempla sa forme dans un cercueil. Un écrivain, qui rappelait plus tard cette histoire, dit: “N’est-ce pas toujours mieux de chercher le pardon maintenant?”  Vous-même, vous vous tenez toujours sur le bord de l’éternité; il est possible que votre mort survienne à n’importe quel moment. Ne mourrez pas comme “Un être non pardonné et sans pardon pour les autres”.

Enfin, il faut reconnaître que le refus de pardonner empoisonne toute la vie. Je connaissais une vieille dame qui était pratiquement seule dans la vie, triste, remplie d’amertume. Pourquoi était-elle si malheureuse? Parce qu’elle n’avait jamais appris à pardonner. A l’âge de soixante-dix-neuf ans, elle caressait toujours le souvenir d’injustices qu’elle croyait avoir subies quand elle n’avait que douze ans! On avait acheté un vélo pour son grand frère, mais elle n’en pas eu. Plus tard, ses parents n’ont pas apprécié l’homme qu’elle avait choisi comme mari. Et puis, une fois, sa sœur lui avait dit telle chose qui l’a blessée et qu’elle n’aurait pas dû dire. Les membres de l’Église ne lui rendaient pas visite dans sa solitude. (Ne mentionnons pas le fait qu’elle non plus ne leur rendait pas visite, et qu’elle était souvent impolie quand ces membres venait pour s’occuper de ses besoins.) Chaque fois que j’allais la voir, cette dame me récitait les torts qu’elle avait subis de la part des autres. Quelle triste existence! Le refus de pardonner est réellement une maladie du cœur qui empoisonne toute la vie.

J’avais une tante qui perdit sa petite fille de seize ans dans un accident de voiture. L’accident avait été provoqué par un chauffeur intoxiqué. Ma tante est restée inconsolable jusqu’à sa mort. Elle ne verrait plus sa petite fille, si charmante, si pleine de considération pour les autres, si animée de joie de vivre et si capable d’ensoleiler l’existence de son entourage. Le chauffeur a fait la prison pour avoir causé la mort d’une personne innocente. Mais cela ne suffisait pas pour ma tante. Elle lui envoyait des lettres jusque dans la prison pour lui rappeler à maintes reprises combien il l’avait fait souffrir et combien il ne méritait pas d’être encore en vie. Son refus de pardonner à cet homme l’a maintenue dans un état de deuil pendant des années.

Dans une autre ville un couple a perdu son fils, abattu par un jeune homme délinquant. Ce couple chrétien se rendit à la prison pour lui exprimer le pardon. Plus tard, lorsque le jeune homme fut relâché, ces parents qui avaient perdu l’enfant qu’ils chérissaient, invita le coupable à loger chez eux. Ils l’ont pris comme leur fils adoptif et lui ont payé les études. Ce jeune homme les a aimés en retour, il est devenu chrétien, et la vie de tous les trois a été bénie. Quelle différence le pardon fait dans la vie!

Comment pouvons-nous donc cultiver l’esprit du pardon?

Pour apprendre l’art de pardonner il faut se débarrasser d’abord de certaines attitudes:

Il y a des gens qui se disent: “Je ne peux pas pardonner.” Mais ne soyons pas injustes avec Dieu. Nous avons déjà vu que le pardon est un commandement. Le Seigneur nous ordonne de le faire, et promet que nous n’obtiendrons pas le pardon si nous ne pardonnons pas. Mais Dieu n’exige pas l’impossible! Au lieu de dire, «Je ne peux pas pardonner», il faut reconnaître qu’en réalité, je refuse de pardonner.

Une autre attitude que l’on rencontre parfois est celle-ci: “Je vais vous pardonner, mais à l’avenir je n’aurai plus de relation avec vous.” Cela fait penser à la personne qui, lorsque vous êtes en train de parler, vous interrompt en disant: «Je ne vous coupe pas la parole, mais…» La personne qui prétend pardonner, tout en ayant l’intention de ne plus avoir de relations avec l’autre, ne comprend pas le sens du pardon. Nous devons pardonner de la même manière que Christ l’a fait.  Éphésiens 4.32 nous dit: «pardonnez-vous réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.»

Une attitude qui ressemble à cette dernière consiste à dire: “Je vous pardonnerai, mais je ne l’oublierai jamais.” C’est comme si l’on “enterrait la hache de guerre” tout en laissant exposée sa manche. C’est comme si l’on balayait la pièce, mais qu’on laissait les balayures juste derrière la porte. Évitez de garder “un dossier” dans votre esprit où sont inscrits les torts que vous avez subis. Dire que nous oublions un acte du passé signifie que nous décidons de ne pas y penser.

Suggestions pratiques

Certes, il n’est pas toujours facile pour nous les êtres humains de pardonner comme Dieu le fait. Qu’est-ce qui peut nous aider à cultiver l’esprit du pardon? Voici quelques suggestions:

(1) Souvenez-vous que, comme nous l’avons vu, la haine, la mauvaise volonté et la rancune font du mal à leur objet, mais qu’elles font encore plus de mal à celui qui hait.

(2) Vous le trouverez plus facile de pardonner si vous considérez combien Dieu vous a pardonné. Rappelez-vous la parabole du serviteur impitoyable  dont la dette énorme fut pardonnée mais qui n’a pas voulu pardonner la modeste somme que son prochain lui devait. Les torts que nous avons à nous pardonner les uns aux autres sont minimes par rapport au mal que nous avons commis envers notre Créateur.

(3) Un troisième conseil est de demander à Dieu de vous aider à pardonner au coupable. Mais il faut vraiment vouloir pardonner. Il y a parfois une différence entre réciter une prière et prier sincèrement.

(4) En même temps que vous priez Dieu pour vous-même, il faut vous entraîner à prier pour celui qui vous offense. Soyez précis et dites son nom. Jésus a prié pour ceux qui péchaient contre lui; non pour qu’ils soient punis, mais pour que le pardon leur soit accordé (Luc 23.34). Au moyen de la prière sincère pour l’offenseur, nous parvenons à cultiver l’amour et créer un sentiment qui viendrait autrement avec beaucoup de difficulté. Essayez de parler avec bonté, non seulement quand vous parlez à Dieu mais aussi quand vous parlez aux autres de la personne qui vous a fait du tort.

(5) Une autre suggestion est de développer l’habitude de chercher à comprendre son prochain. Il y a généralement une cause qui explique pourquoi une personne agit, par exemple, sans courtoisie. Elle n’a peut-être pas reçu une bonne éducation de la part de ses parents; ou bien elle avait affaire à des pressions incroyables dont vous n’étiez pas au courant; ou bien on lui a peut-être donné une fausse impression d’une situation, ce qui l’a amené à se comporter de manière offensive. Ce n’est pas que les circonstances excusent  le péché, mais il est plus facile de pardonner quand nous reconnaissons que nous aurions peut-être agi de la même mauvaise manière si nous étions à la place de l’autre personne.

Combien de fois devons-nous pardonner?

Combien de fois faut-il pardonner à son prochain? Nous avons vu que l’apôtre Pierre pensait que sept fois étaient suffisantes. Certains rabbis au temps de Jésus disaient de pardonner trois fois. Pierre pensait probablement qu’il était généreux en proposant sept fois. Mais Jésus dit: “Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois” (Matthieu 18.21,22). Il veut dire qu’il ne faut pas garder un registre mental, car le pardon n’est pas une question de mathématique ou de comptabilité, mais d’amour; et l’amour n’a pas de bornes. Évitons de dire “Cela ne servira à rien de lui pardonner, il répétera la faute.” Aussi longtemps et aussi souvent qu’un frère se tournera et dira, “je me repens”, nous devons le pardonner (Luc 17.3-5).

Qui doit prendre l’initiative pour que le pardon ait lieu?

Parfois la réconciliation entre deux personnes n’a pas lieu parce que chacun attend que l’autre fasse le premier pas. Selon  Matthieu 5.23-24, celui qui est en faute devrait se rendre auprès de l’autre. Jésus dit: «Si donc tu viens présenter ton offrande à Dieu à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord faire la paix avec ton frère; puis reviens et présente ton offrande à Dieu.»  Oui, avant que l’offenseur ne puisse adorer bibliquement, il doit d’abord régler les choses avec celui qu’il a offensé. Ainsi, le chemin le plus court vers Dieu pourrait être le chemin vers la maison de votre prochain.

Mais Matthieu 18.15 montre que l’offensé a aussi le devoir de faire le premier pas: Dans ce passage Jésus dit: «Si ton frère se rend coupable à ton égard, va le trouver et montre-lui sa faute, mais en demeurant seul avec lui. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.»  Pourtant, nous avons souvent l’attitude, “Et bien, c’est lui qui a péché contre moi; que ce soit donc lui qui prenne l’initiative.” Le Seigneur n’était-il pas l’offensé; cependant n’a-t-il pas quitté le ciel pour chercher et sauver les pécheurs que nous sommes?

Supposons un cas:  Voici le frère Jean et le frère Pierre. Jean pèche contre Pierre. Quand la Bible est suivie, tous les deux prennent l’initiative et se rencontrent à mi-chemin; la réconciliation s’en suit.

Rappelons-nous aussi que pardonner peut être votre devoir, mais recevoir votre pardon n’est pas mon droit. Nous ne méritons pas d’être pardonnés, ni par Dieu, ni par les autres – c’est pour cela que le pardon est appelé une grâce. En plus, le pardon n’enlève pas toujours toutes les conséquences que je peux avoir à supporter à cause de mon péché. On peut me pardonner d’avoir gaspillé dans l’alcool et les jeux de hasard l’argent qui devait servir aux besoins de ma famille; mais recevoir le pardon ne restitue pas l’argent que j’ai gaspillé. Être pardonné par une personne dont j’ai volé les biens n’empêche pas toujours que j’expie une peine en prison. Une femme peut pardonner et ne pas garder rancune envers son mari pour avoir commis de l’adultère contre elle, mais la confiance qu’elle avait en lui peut avoir été détruite pour du bon. Bien que le pardon de Dieu me permette d’avoir la vie éternelle au lieu d’être condamné à l’enfer, Dieu ne m’épargnera pas forcément des conséquences de tous mes actes ici sur la terre.

Conclusion

Terminons en faisant remarquer que vous n’aurez pas beaucoup à pardonner si vous refusez d’avoir la sensibilité à fleur de peau.  L’amour “ne s’irrite point” selon 1 Corinthiens 13.5. Les petits esprits s’offensent par de petites choses. Pareillement, vous n’aurez pas beaucoup à pardonner si vous vous donnez corps et âme à une grande cause. La vie d’un homme doit toujours avoir un centre. Tant que “soi-même” est le centre de la vie d’une personne, elle sera facilement offensée. Si, par contre, on se perd dans l’œuvre du Seigneur et de son l’Église, on n’aura pas de temps à  perdre pour les petites offenses et les insultes imaginées.

Certes, il y a des actes d’injustice dans la vie dont la victime ne peut pas échapper aux conséquences, des actes qui nous coûtent les fruits de plusieurs années de travail, qui nous coûtent la santé ou nos êtres chers.  Quoi qu’il en soit, nous pouvons, avec l’aide du Dieu du pardon, parvenir à pardonner, à surmonter la rancune et à vivre la paix dans le cœur.

par Wendell Winkler

traduit et adapté par B.B.

(dans Vol. 11, No. 2)

 

 

 

Résister à la tentation sexuelle

L’immoralité sexuelle n’est pas un petit problème. Ce serait une erreur grave que de se dire : « Tout le monde commet la fornication. Dieu comprendra. Que ce soit bien ou pas, les hommes sont faits comme ça. Ce que je fais est naturel. »

Il y a des gens qui raisonnent de cette façon. Je suis persuadé, par contre, qu’il y a de nombreux croyants qui veulent bien se garder sexuellement purs. Ils acceptent le principe que les rapports sexuels sont réservés au mariage ; ils ne contestent pas cet enseignement et voudraient s’y conformer. Mais la faiblesse humaine est bien là. On cède à la tentation, et on a très honte. Qui n’a pas de luttes dans ce domaine ? Il n’y a pas de recette miracle pour combattre le péché sexuel, mais des conseils bibliques peuvent nous aider à lutter contre la tentation et rester purs.

1. La Prière

Quand le moment approchait où Jésus serait arrêté et conduit à la mort, il a donné ce conseil à ses apôtres, qui seraient bientôt mis à l’épreuve : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » (Matthieu 26.41). Il y a des situations où l’on a plus besoin de prière que de sommeil, parce qu’on manque de force spirituelle plus que de force physique. On est généralement moins fort qu’on ne le pense ; il ne faut donc pas compter sur ses propres forces. Le Christ dit bien : « Car vous ne pouvez rien faire sans moi » (Jean 15.5). Paul dit, par contre : « Je puis tout par celui qui me rend fort » (Philippiens 4.13). Nous avons besoin de l’aide du Seigneur, et nous devons la demander. « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5.7). Si le péché sexuel est pour vous un fardeau, un souci permanent, confiez cela au Seigneur par la prière associée au jeûne. Le jeûne exprime votre tristesse face à vos défaites et l’urgence de la demande que vous adressez à Dieu.

En parlant de la prière, il est vrai que nous devons prier en tout temps pour que Dieu nous aide par rapport à nos faiblesses. Mais il est aussi vrai que la prière est très utile au moment même où l’on sent la tentation. Quand les pensées impures se présentent à notre esprit, nous devons demander tout de suite à Dieu, et cela avec ferveur, de nous aider à les repousser. Soulignons aussi qu’il faut vouloir sincèrement ce qu’on demande. Quelqu’un a raconté à C. S. Lewis « qu’adolescent il priait constamment pour rester chaste. Cependant, il prit conscience des années plus tard que lorsque ses lèvres murmuraient : “Ô Seigneur, rends-moi chaste”, son cœur secrètement ajoutait : “mais je t’en prie, pas tout de suite.” »

2. Les précautions (garde-fous)

Quand nous avons du mal à éviter un péché, nous avons besoin d’examiner honnêtement notre vie et nos habitudes pour savoir dans quelles situations nous sommes aptes à commettre ce péché. (Il serait utile aussi de constater dans quelles conditions les autres cèdent à ce genre de tentation. Même si nous ne nous sommes pas encore rendus coupables dans une situation pareille, il est probable que le danger nous guette aussi.) Ayant identifié ces situations, nous devons prendre les précautions nécessaires pour les éviter, quand bien même ces précautions nous coûteraient très cher. C’est là essentiellement le conseil que Jésus donne d’une manière figurée en Matthieu 5.28,29 :

« Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. »

Mais quelles sortes de situations pourraient être si dangereuses ? Cela dépend des personnes. Pour certains, « l’œil droit » pourrait représenter une personne : une femme avec qui vous avez des rapports ou habitez en concubinage. Si vous ne pouvez pas l’épouser, il est mieux de rompre complètement avec elle. Ou bien, s’agit-il peut-être d’un ami ou un cousin qui vous entraîne souvent avec lui dans des activités immorales. Votre amitié avec cette personne est de longue date et vous l’aimez bien, mais l’association avec elle vous mène à la ruine spirituelle. Il faut avoir le courage de refuser ses invitations de sortir ensemble, même si vous perdez ainsi son amitié. D’autres personnes participent à des loisirs qui les rendent moins capables de résister à la tentation sexuelle. La consommation d’alcool est un piège de ce genre. Ce n’est pas un hasard que l’on trouve très souvent des bars et des hôtels côte à côte dans des quartiers qui sont très « animés » la nuit. On s’enivre un peu, et voilà qu’on est plus ouvert à l’idée de commettre la fornication. La danse est un autre loisir qui s’avère dangereux. Les soirées dansantes préparent souvent le terrain au péché sexuel. L’habillement, la musique, et les mouvements du corps sont généralement choisis pour éveiller les désirs charnels. Il y a des endroits où certaines personnes ne peuvent en aucun cas se rendre si elles veulent se garder pures. Tout chrétien ferait bien de ne pas aller dans une boîte de nuit ou s’arrêter devant un stand de revues pornographiques. Mais certains ne devraient pas aller dans un cybercafé non plus, parce qu’ils n’arrivent pas à résister à la tentation de visiter des sites pornographiques. (Certains chrétiens ont les moyens d’avoir à domicile un ordinateur avec connexion à l’Internet, mais pour la raison déjà évoquée il pourrait leur être nécessaire de s’en passer.) Bien sûr, il y a des chrétiens qui ne sont pas attirés par ce mauvais côté de l’Internet, et ils peuvent naviguer sans que cela soit pour eux une occasion de chute. Mais il faut se connaître et avoir le courage d’« arracher son œil droit » si cela est nécessaire pour sa vie spirituelle. Donnez-vous des règles. Que ces règles soient nécessaires pour les autres ou pas, ce seront pour vous des garde-fous qui vous aideront à ne pas dévier du droit chemin. Sachez, néanmoins, que la bataille sera remportée ou perdue au niveau de l’esprit. Après tout, je suis généralement capable de démonter les garde-fous que j’ai moi-même mis en place.

3. Les pensées

Il serait impossible de surestimer l’importance de notre pensée dans cette lutte contre le péché, et cela pour au moins deux raisons : (1) On peut pécher sans « passer à l’acte » – la simple pensée de mon cœur peut être un péché grave devant Dieu (Actes 8.22) ; mais en plus, (2) les mauvais actes que je commets commencent par des pensées et des intentions. Jésus dit en Marc 7.21-23 :

« Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. »

La Bible en français courant dit : « Du cœur de l’homme viennent les mauvaises pensées qui le poussent à agir de façon immorale, à voler, etc. » Voilà pourquoi Proverbes 4.23 nous conseille : « Prends garde à ce que tu penses au fond de toi-même : c’est plus important que tout, car ta vie en dépend » (FC).

En Romains chapitre 8 l’apôtre Paul décrit deux manières de vivre : selon la chair et selon l’Esprit. La première manière, celle du monde, reconduirait le chrétien à la mort spirituelle dont il s’est échappé lors de sa conversion ; la deuxième manière, celle qui est selon l’Esprit, conduira le chrétien à la vie. Paul dit à partir du verset 5 : « Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’esprit s’affectionnent aux choses de l’esprit » (Romains 8.5). Pour comprendre ce passage très important, il faut connaître le sens de « s’affectionner à » quelque chose. Il s’agit de s’attacher à, de se préoccuper de, ou de mettre sa pensée sur la chose en question. La chair dans ce passage n’est pas synonyme de « corps » ; le corps lui-même est une merveilleuse création de Dieu, et il n’est pas présenté dans l’Écriture comme étant mauvais. La chair désigne ici la pensée et les désirs de l’homme qui s’est éloigné de la volonté de Dieu ; c’est notre penchant vers le péché ; c’est ce qui est faible ou perverti en nous, ce qui est indigne. Une attitude charnelle peut s’exprimer dans la jalousie et les disputes (1 Corinthiens 3.3), ainsi que dans l’égoïsme et l’amour de la richesse. Mais « la chair » se réfère souvent d’une manière particulière aux appétits corporels, aux désirs sensuels qui finissent par contrôler notre vie. L’apôtre Paul poursuit aux versets 6-8 :

« Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’esprit, c’est la vie et la paix ; car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. »

Vivre avec la pensée fixée sur la chair et ses désirs nous rend ennemis de Dieu. On ne peut pas vivre avec de telles pensées et se soumettre à Dieu. C’est impossible. En Romains 13.14 Paul nous dit : « N’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. » Ne pas avoir soin de la chair, c’est ne pas permettre à notre pensée d’être fixée sur nos mauvais désirs. Quand nous nous préoccupons trop des envies de notre corps et de notre nature pécheresse, nous penserons bientôt aux moyens de les satisfaire. Plus on y pense, plus les convoitises deviennent fortes et plus on a du mal à ne pas y céder. Il faut absolument lutter contre l’impureté dans le cœur si on veut l’éliminer des actions. Il faut tuer le serpent dans l’œuf en repoussant les pensées et les intentions impures dès qu’elles se présentent à notre esprit. Si l’on n’essaie pas de supprimer ces idées tout de suite, les chances de céder à la tentation augmentent énormément.

Un humoriste a remarqué : « Le moyen le plus sûr de faire disparaître la tentation est d’y céder. » Quand on a très envie de manger de la banane, cette envie disparaît quand on finit d’en manger. Parfois, étant dans la tentation, on se dit : Je le ferai juste cette fois-ci (ou seulement jusqu’à tel moment), et après je me repentirai. Je ne le ferai plus. Et juste après l’acte on peut être pris d’un remords réel, de sorte qu’on croie sincèrement qu’on ne répétera pas la faute. Mais l’appétit sexuel, comme tous les autres, s’accroît si l’on s’y abandonne. Les affamés pensent sans doute beaucoup à la nourriture, mais les gloutons aussi. Admettons qu’il est souvent difficile à celui qui est privé de rapports sexuels de ne pas y penser, mais les chercheurs nous disent que plus on fait l’amour, plus on a envie de le faire. Plus on est exposé aux stimulations sexuelles, plus le désir sexuel grandit. Encore, il vaut mieux tuer le serpent dans l’œuf ; il est quand même plus facile de lutter contre des pensées seulement, plutôt que des pensées plus des habitudes enracinées.

Comment, alors, pouvons-nous conserver pure notre pensée ?

Premièrement, nous devons refuser de fixer notre attention sur les plaisirs immoraux. Mon cœur ne peut pas méditer ce qui est pur, si je le nourris de l’impureté. Je ne peux pas éviter les fantaisies charnelles (qui risquent de mener tôt ou tard aux actes charnels) si je me permets de contempler les clips vidéos qui passent à longueur de journée sur certaines chaînes de télévision et dans lesquels de beaux hommes et de jolies femmes font étalage de leurs corps de manière à exciter les désirs de tous ceux qui regardent. Je ne peux pas éviter les pensées impures si je me permets de lire des romans ou des revues qui aiguisent mon appétit sexuel, de regarder des films érotiques, ou de jeter des regards de convoitise sur les filles qui passent dans la rue habillées de la manière la plus séduisante. Je dois aussi m’abstenir de visiter des sites Internet qui présentent de quoi m’exciter sexuellement. Voilà pourquoi nous trouvons des versets comme Job 31.1 : « J’avais fait un pacte avec mes yeux, et je n’aurais pas arrêté mes yeux sur une vierge », et Psaume 119.37 : « Détourne mes yeux de la vue des choses vaines. Fais-moi vivre dans ta voie ! » Nous devons apprendre à détourner nos yeux de ce qui ne peut que nous entraîner dans l’impureté.

Mais il ne suffit pas de dire : « Ne pensez pas à telle chose. » Supposez que vous voulez renoncer à consommer du chocolat. Si je vous dis : « Ne pensez pas au chocolat. N’imaginez pas le goût d’un bonbon au chocolat, d’une truffe ou bien d’un éclair au chocolat », c’est un bon conseil. C’est bien ce que vous devez faire si vous allez cesser de manger du chocolat. Mais je vous aiderais peut-être davantage si, au lieu de vous dire constamment de ne pas penser au chocolat, j’arrivais à vous distraire par autre chose qui n’a rien à voir avec le chocolat. Ainsi, la Bible nous dit non seulement de ne pas exciter nos propres désirs charnels, mais elle nous conseille de remplir notre pensée de ce qui est positif et en harmonie avec la sainteté : « Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair » (Galates 5.16) ; « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées » (Philippiens 4.8). Remplissez votre esprit de la Parole de Dieu, l’apprenant par cœur. Remplissez vos heures libres de prière, de service au nom de Christ et de moments de communion fraternelle avec le peuple de Dieu. Remplissez vos yeux de la beauté de la nature, la création de Dieu. Remplissez votre bouche d’actions de grâce et de bonnes paroles d’encouragement. Laissez le moins de place possible dans votre vie où pourrait s’introduire ce qui est charnel et mondain.

4. La persévérance

La lutte contre le péché sexuel demande une vigilance éternelle. On peut surmonter la tentation pendant plusieurs jours ou bien trouver que pendant un certain temps on n’est même pas tenté de commettre un péché sexuel. Mais la Parole de Dieu et la vie elle-même nous apprennent à ne jamais baisser notre garde. Rappelez-vous ce que Luc 4.13 nous dit au sujet de la tentation que subit Jésus au désert : « Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable. » Tant que nous serons dans ce monde, Satan reviendra pour tester nos défenses spirituelles. Il sait attendre un moment de faiblesse. L’avertissement de l’apôtre Pierre est tout à fait à propos : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera » (1 Pierre 5.8). Il rôde autour de nous. Il cherche une occasion. Il veut nous surprendre. N’ayons pas une confiance excessive en nous-mêmes. Tout comme l’alcoolique qui arrête de boire mais ne peut plus jamais consommer de l’alcool sans danger de retomber dans l’ivrognerie, nous devons toujours prier, laisser nos « garde-fous » en place et veiller sur nos pensées.

Quand il nous arrive de céder à la tentation sexuelle, il y a des choses à ne pas faire pour aggraver la situation. D’un côté, nous ne devons pas minimiser la gravité de notre faute. Chaque échec risque de nous enfoncer davantage dans notre problème, de nous soumettre à l’esclavage moral et spirituel. Le péché est une sorte d’addiction ; il nous rend esclaves. Pierre dit au sujet de certains faux docteurs qui égaraient des chrétiens à l’époque : « Ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui » (2 Pierre 2.19). Paul dit à certains chrétiens à Corinthe qui justifiaient leur immoralité :

« Alors tout m’est permis, dites-vous. Certes, mais tout n’est pas bon pour moi. Je puis tout me permettre, c’est vrai, excepté de me placer sous un esclavage quelconque. J’entends, moi, ne me laisser dominer ou asservir par rien. » (1 Corinthiens 6.12, version Parole Vivante)

Écoutez l’avertissement urgent de l’auteur de l’Épître aux Hébreux :

« Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. » (Hébreux 3.12,13)

Le péché nous séduit, et plus nous commettons un péché, plus notre cœur tend à s’endurcir, à ne plus ressentir de la peine face à notre culpabilité, à ne plus avoir le désir ardent de surmonter ce péché dans notre vie. Ne minimisons donc pas le mal que nous avons commis, et le mal que nous faisons contre nous-mêmes.

Mais de l’autre côté, nous ne devons pas désespérer face à nos échecs. Certes, il est difficile de rester pur, mais « difficile » n’est pas la même chose qu’« impossible ». Nous savons, en effet, que Dieu ne demande jamais l’impossible.

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10.13)

Il est vrai que ce verset ne me console pas quand je viens de céder à la tentation, car il me rappelle que je suis quand même inexcusable : j’aurais pu résister. Mais il m’encourage si je veux bien reprendre la lutte. Il m’assure que je ne serai jamais sans choix, obligé de pécher malgré ma volonté de rester pur. Avec Dieu la victoire est bien possible. Et en plus, Dieu veut que je réussisse, malgré toutes les fois où je l’ai déçu. Il veut qu’au lieu de baisser les bras je me remette sur les pieds pour essayer de mieux faire la prochaine fois. Il me dit :

« Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël. Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. » (Ézéchiel 18.31,32)

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8.31). Tant que je suis prêt à me détourner sincèrement du mal et renouveler ma décision de lutter de toutes mes forces contre le péché dans ma vie, je suis assuré que Dieu m’acceptera de nouveau et sera là pour m’aider.

Gloire à Dieu pour sa grâce en Jésus-Christ ! Elle nous donne le courage de reprendre la lutte contre les mauvais désirs en nous. Mais attention ! Certains, selon Jude 4, « changent la grâce de Dieu en débauche », c’est-à-dire ils traitent la grâce et la patience de Dieu comme un permis, un laisse-passer ou une autorisation qui permettrait de vivre dans le péché sans conséquence. Ils vivent selon leurs convoitises, comptant sur la grâce de Dieu et ne faisant pas de vrais efforts pour combattre le péché. Or, le pardon que Dieu nous offre devrait avoir l’effet contraire sur nous. Tite 2.11,12 dit :

« Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. »

À cause de la grâce de Dieu, je peux avoir de l’espérance – l’espérance de la vie éternelle avec mon Seigneur Jésus dans la gloire. Or, comme 1 Jean 3.3 le dit : « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. »

Comment obtenir la purification du péché

Pour jouir de cette espérance, il faut bien lutter contre le péché dans sa vie. Mais il faut aussi recevoir la purification des péchés qu’on a déjà commis. Ce n’est pas le simple passage du temps qui les fait disparaître. De même, on ne peut pas faire assez de bonnes œuvres pour neutraliser son passé. Une seule chose peut effacer les péchés que vous avez commis, que ce soit des péchés sexuels ou d’autres sortes de péchés : le seul remède est le sang de Jésus-Christ.

Pour que ce sang vous purifie, il faut croire en Jésus-Christ, vous repentir de vos péchés, déclarer votre foi devant les autres, et vous faire immerger (baptiser) pour le pardon de vos péchés (Romains 3.25; Actes 17.30; Matthieu 10.32,33; Actes 2.38). « Maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

B.B.
(dans Vol. 8, No. 3)

Le mythe des rapports protégés

J’ai perdu quelqu’un qui m’était très cher. Pendant plus de dix ans, il avait participé activement à toutes les activités de l’Église ; il prêchait, il encourageait, il conduisait des cantiques, il jouait dans les matchs de football que les frères organisaient pour passer du temps ensemble, il rendait visite aux autres, il évangélisait, il était un modèle d’engagement envers le Seigneur. Pour moi personnellement, ce frère en Christ a été comme un membre de ma famille. Il y avait un amour sincère et profond entre nous.

Pendant deux semaines de sa maladie, il vivait avec ma famille pour que nous nous occupions de lui. Nous avons vu ses souffrances de près, et nous avons souffert avec lui. Nous gardons de précieux souvenirs de ce frère bien-aimé.

Ce que je vais vous dire ici n’enlève rien à l’amour que nous avons eu pour lui. Je crois, cependant, qu’il est nécessaire de vous le dire, parce que nous avons des leçons à apprendre.

Mon frère est mort du SIDA. Quand il est devenu complètement fou, quand il se faisait insulter dans la rue à cause de ses comportements bizarres, quand on le voyait entrer et sortir de la salle de réunion une douzaine de fois pendant une étude biblique, lentement et en traînant les pieds, c’est le SIDA qui en était la cause. Quand il se plaignait des plaies dans la bouche et des plaies sur ses parties privées, quand il disait : « Ma peau est gâtée », c’était à cause du SIDA. Quand il faisait la diarrhée jusqu’à une douzaine de fois dans la nuit et vomissait quand il voulait manger, c’était le SIDA. Et quand il est mort à l’âge de 30 ans, laissant une mère inconsolable, c’était le SIDA.

Le vrai ennemi : le péché

Comprenez-moi, le SIDA n’est pas le vrai ennemi. C’est le péché. Une semaine avant sa mort, mon frère bien-aimé a confessé qu’il avait commis la fornication. Il l’avait commis avant de devenir chrétien, mais il l’a aussi commis tout au long de sa vie chrétienne. Il avait très bien caché son péché de nous autres, mais il ne pouvait pas en cacher les conséquences. Il avait eu des rapports avec plusieurs filles, mais avec une il avait continué pendant neuf ans ! Celle-là est morte du SIDA trois mois avant notre frère. Dieu seul sait qui a infecté qui.

J’ai connu plusieurs autres frères et sœurs en Christ qui sont morts du SIDA. Généralement, la cause de leur mort n’était pas connue de l’entourage de ces personnes, surtout parce qu’elles craignaient d’être abandonnées.

J’ai donc beaucoup pensé au SIDA et à ce problème d’immoralité si répandue, même chez des gens qui sont, à part ce péché, des chrétiens très fidèles. (Bien entendu, il y a des innocents infectés du SIDA : des nouveau-nés qui naissent avec la maladie, ceux qui ont reçu des transfusions de sang contaminé, et des conjoints dont les partenaires infidèles les ont infectés. Nous parlons plutôt de ceux qui se font infecter par leurs propres rapports sexuels en dehors du mariage.) Mon but dans cet article n’est pas d’honnir la mémoire de ceux qui sont morts, mais d’en tirer des leçons. Il est évident, en effet, qu’il y en a beaucoup dans l’Église qui vivent dans le péché sexuel. Il est douloureux de penser à ce qui est arrivé à mon frère, mais l’Ecclésiaste 7.2 dit : « Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d’aller dans une maison de festin ; car c’est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. »

Étant en quelque sorte dans la maison de deuil, je voudrais qu’on prenne à cœur une leçon concernant le SIDA. Il faut qu’on apprenne comment éviter le sort qui vient d’être décrit. La manière de l’éviter n’est pas ce qu’on appelle souvent « les rapports protégés », cette expression que nous entendons et voyons dans les campagnes de sensibilisation contre le SIDA : les pancartes, les affiches, les propos sur la radio, etc. En fait, toute cette propagande sert à répandre un mythe. Elle fait penser aux paroles de Jérémie 6.14 concernant les faux prophètes de son temps : « Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple : Paix ! Paix ! disent-ils ; et il n’y a point de paix. » Le mythe des rapports protégés fait penser également aux paroles de 2 Timothée 4.3,4 :

« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. »

Ceux qui prônent l’emploi des préservatifs comme protection contre le SIDA ne font que donner un message calculé pour plaire aux auditeurs. On sait fort bien que la moralité biblique est la seule façon très sûre d’éviter les maladies sexuellement transmissibles, mais on estime que les jeunes « détourneront l’oreille » d’une telle idée.

Les préservatifs sont incapables de protéger contre le SIDA

Contrairement à ce qu’on nous dit, les préservatifs, ou capotes, ne peuvent pas bloquer le passage du virus du SIDA. Ils ne sont pas même un moyen très sûr d’empêcher les grossesses. Premièrement, ils sont parfois défectueux. Ils échouent 26 % du temps parce qu’ils ne restent pas bien en place ou ils se déchirent. Deuxièmement, ils sont souvent inefficaces parce qu’ils sont utilisés incorrectement. Une étude aux États-Unis a trouvé que parmi une classe de femmes non mariées, les préservatifs n’empêchent pas la grossesse 44 % du temps. Troisièmement, l’emploi des préservatifs ne marche souvent pas parce qu’ils ne sont pas utilisés chaque fois. Certaines études, encore aux États-Unis, ont montré que seulement 5-17 % de la population utilise des préservatifs pour tous leurs rapports sexuels. (Même chez les couples où l’un des partenaires est infecté du SIDA – ceux qui auraient le plus intérêt à employer les préservatifs, 50 % ne les utilisaient pas pour tous leurs rapports sexuels. Une femme ne peut prendre grossesse qu’au maximum huit jours dans le mois, mais le SIDA se communique 365 jours par an. Une seule erreur après 500 rapports « protégés » suffit pour contracter la maladie.)

Une étude de jeunes aux États-Unis, réalisée de 1988 à 1995, montra que l’utilisation des préservatifs augmenta de 33 % au cours des années de l’étude. Le nombre de naissances (sans compter les avortements) parmi les adolescents non mariés augmenta de 31,2 % dans la même période. Encore on voit un indice de l’inefficacité des capotes. Mais on voit aussi un piège dans la distribution de préservatifs : elle incite à une activité sexuelle plus élevée.

Les préservatifs ne réussissent donc pas toujours à empêcher les grossesses. Ils ne sont pas un moyen efficace pour empêcher les maladies vénériennes, non plus.

Le 26 juillet 2001, deux associations qui représentent 10 000 médecins ont publié un rapport selon lequel les préservatifs sont « un peu efficaces » pour protéger les hommes contre la gonorrhée, mais qu’ils ne sont pas efficaces du tout pour protéger les femmes. En plus les préservatifs n’étaient efficaces ni chez les hommes ni chez les femmes pour combattre d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST), à savoir la syphilis, l’herpès génital, la trichomonase, la chlamydiose, et le papillomavirus, qui, à propos, tue chaque année plus de femmes que le SIDA. Sachez que ces maladies peuvent provoquer, avant d’être guéries, la stérilité, qui demeure même après le traitement de l’infection. En plus, il y a aujourd’hui des espèces de gonorrhée qui résistent aux antibiotiques et que l’on ne peut donc pas soigner. Si les préservatifs ne protègent pas contre ces autres MST, il n’y a pas de raison pour croire qu’ils protégeront contre le SIDA.

Il n’est même pas possible de tester un préservatif pour voir s’il pourra empêcher le virus de passer. En effet, le virus est le dixième de la taille du plus petit trou que l’on puisse détecter. Il est 450 fois plus petit que le sperme, qui pourtant passe par certains trous dans les préservatifs.

Des chercheurs ont étudié les gants chirurgicaux faits de latex, la même matière utilisée dans les préservatifs. Ils ont trouvé des passages de cinq microns qui traversaient toute l’épaisseur de ces gants. (Il faut un million de microns pour faire un mètre.) Or, cinq microns est 15 à 50 fois plus large que le virus du SIDA.

Même les chercheurs professionnels sur la sexualité qui parlent souvent des « rapports protégés » savent que les préservatifs ne protègent pas. Lors d’une conférence qui réunissait 800 de ces chercheurs, pas un seul n’a soulevé la main quand on leur demanda s’ils feraient confiance à une capote pour les protéger en ayant des rapports avec une personne séropositive.

Retenons ceci : les rapports « protégés » ne le sont pas.

Beaucoup de personnes qui travaillent pour arrêter le fléau du SIDA n’insistent pas sur l’abstinence. Elles sont convaincues que les jeunes vont commettre la fornication de toute manière, quoi qu’on fasse ; recommander l’abstinence n’est donc pas, selon elles, une approche réaliste au problème. On pourrait faire la même remarque concernant l’emploi des préservatifs. Sur une période de 22 ans, le gouvernement américain a dépensé 2,5 milliards de dollars (l’équivalent de 1 300 milliards de francs CFA) pour promouvoir l’usage des préservatifs et l’idée des rapports protégés. Au bout de ce temps et cette dépense, 57 % des adolescents sexuellement actifs n’employaient JAMAIS de préservatifs, et beaucoup d’autres les employaient mal ou seulement de temps en temps. Pensez-vous que le pourcentage en Afrique ou ailleurs dans le monde soit plus élevé ?

Le message sur l’abstinence, par contre, n’est pas aussi inacceptable aux jeunes qu’on ne le pense. Beaucoup de jeunes écouteront l’appel à l’abstinence. Environ 50 % des lycéens aux États-Unis sont encore vierges, malgré la propagande sexuelle à laquelle ils sont tous les jours exposés. Selon une étude, 62,7 % pratiquent l’abstinence.

Lors d’un sondage de 1 000 filles de 16 ans ou moins qui n’étaient plus vierges, 85 % ont répondu qu’elles aimeraient apprendre à dire « non » aux rapports sexuels sans blesser l’autre personne. Dans un programme pour encourager l’abstinence à Washington, D.C., seul 1 % des participants ont pris grossesse, et 90 % ont réussi à s’abstenir totalement des rapports. Dans un autre programme, l’activité sexuelle a diminué de 54 %.

Supposez que votre fils ou fille était parachutiste, mais que la sorte de parachute qu’on lui donnait ne fonctionnait pas 50 % du temps. Diriez-vous simplement à votre enfant de mieux attacher la ceinture du parachute avant de sauter de l’avion ? Bien sûr que non ! Vous lui diriez : « Je t’en prie, ne saute pas ! Ta vie est dans le plus grand danger ! » Les préservatifs ne donnent aucune garantie de protection contre le SIDA. Mais supposez qu’ils marchaient 50 % du temps. Faudrait-il dire aux gens de toujours les utiliser quand ils font des rapports sexuels en dehors du mariage ? Pas du tout ! Il faudrait leur dire : « Je vous en prie, abstenez-vous. Votre vie même est en danger ! »

Ce que la Bible nous recommande

La loi de Dieu est assez simple : soit le mariage avec fidélité absolue au conjoint, soit l’abstinence totale. La Bible se réfère à plusieurs sortes de péchés sexuels par les termes « immoralité », « fornication », « débauche » ou « impudicité ». Ce sont des synonymes. Parmi les péchés sexuels sont les suivants : l’adultère (c’est-à-dire les rapports sexuels d’une personne mariée avec tout autre que son mari ou sa femme légitime), la prostitution, la polygamie (qui, si l’on veut bien voir, n’est qu’une forme d’adultère), l’inceste (ou rapports sexuels entre proches parents), les rapports homosexuels (c’est-à-dire entre deux hommes ou entre deux femmes), et la bestialité (c’est-à-dire des actes sexuels entre une personne et un animal). Bien que la plupart de ces choses soient pratiquées presque partout dans le monde, ces péchés sont très souvent reconnus comme tels. La majorité d’hommes n’approuvent pas l’adultère, la prostitution, l’homosexualité, l’inceste, et les autres. Mais il y a une autre forme de fornication qui est encore plus fréquente et souvent tolérée comme étant naturelle. Certains ne se rendent même pas compte qu’il s’agit d’un péché. Pourtant, quand la Bible emploie les mots « fornication » ou « impudicité », c’est souvent précisément de cette forme de péché sexuel qu’elle parle : il s’agit des rapports sexuels entre deux célibataires. Il s’agit parfois de rapports où aucun engagement à long terme n’est attendu. On peut donc avoir plusieurs partenaires sexuels au cours d’une année. De l’autre côté, il peut s’agir de ce que certains appellent le « concubinage », c’est-à-dire les rapports entre deux personnes qui vivent ensemble, même pendant des années, mais qui ne sont pas mariées. Tous ces comportements sont hors du plan de Dieu et condamnés par sa sainte loi.

Qu’est-ce que Dieu veut pour nous dans ce domaine ? Selon 1 Thessaloniciens 4.3-8 :

« Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification, c’est que vous vous absteniez de l’impudicité ; c’est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; c’est que personne n’use envers son frère de fraude et de cupidité dans cette affaire, parce que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, comme nous vous l’avons déjà dit et attesté. Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. Celui donc qui rejette ces préceptes ne rejette pas un homme, mais Dieu, qui vous a aussi donné son Saint-Esprit. »

Dieu ne veut pas que nous soyons les esclaves de nos désirs sexuels, mais que nous en soyons les maîtres. Il ne veut pas que nous exploitions les autres, que nous nous servions des autres comme des objets pour satisfaire nos convoitises. Il veut que nous reconnaissions les principes de pureté sexuelle comme étant donnés par le Créateur de tout être humain, celui qui sait parfaitement ce qui est mieux pour nous ; ces règles ne sont pas l’invention de simples hommes qui veulent priver les autres de plaisir et satisfaction. Le péché sexuel, comme tout autre péché, est un refus de se soumettre à la volonté et la sagesse du Créateur ; c’est aussi une déformation, une corruption de la sexualité voulue par Dieu depuis le commencement. Ce don de Dieu qu’est la sexualité a pour but non seulement la procréation, mais aussi de rendre plus profonde et intime l’union de l’homme et son épouse ; c’est une expression de l’amour que l’on réserve exclusivement pour son conjoint, celui ou celle à qui l’on s’unit jusqu’à la mort.

Quelle est l’attitude de Dieu à l’égard des actes d’immoralité par lesquels la sexualité humaine est détournée de sa raison d’être, pervertie et dévalorisée ? Nous avons déjà vu dans le passage précédent, 1 Thessaloniciens 4, que Dieu « tire vengeance de toutes ces choses ». Hébreux 13.4 reprend la même idée : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères. » Ces péchés excitent sa colère. Colossiens 3.5-7 dit :

« Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. »

Pour Dieu, user des membres sexuels de mon corps contrairement à sa loi, c’est souiller son saint temple, car, depuis mon baptême en Christ, son Esprit habite en moi. Paul nous exhorte en 1 Corinthiens 6.18-20 :

« Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-même ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. »

Toute personne a intérêt à se conserver pure sexuellement, pour sa propre protection contre le SIDA et d’autres maladies, pour le bonheur de son mariage, et pour ne pas exciter la colère de son Créateur. Le chrétien a, en plus, le désir de conserver son corps dans un état digne de l’hôte divin qui demeure en lui, le Saint-Esprit. Se conserver pur veut dire qu’on reste vierge jusqu’au mariage, et qu’on est fidèle à son conjoint après s’être marié.

B.B.

(dans Vol. 8, No. 2)

La communion fraternelle

La communion fraternelle 
Une grande bénédiction que Dieu a prévue pour ses enfants est la communion fraternelle. Cette union qui se manifeste à plusieurs niveaux est basée sur la communion qui existe premièrement entre chaque chrétien et Dieu. L’apôtre Jean écrivit: «Ce que nous avons vuet entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ… Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion… » (I Jean 1.3,6,7). Si vous et moi, nous sommes tous les deux près de Dieu, nous serons logiquement près l’un de l’autre, aussi. Si j’aime la volonté de Dieu et que vous aussi, vous aimez la volonté de Dieu, nous allons naturellement nous entendre facilement. Nous aurons beaucoup de choses en commun; nous partagerons les mêmes valeurs, les mêmes sentiments, les mêmes objectifs.
Pour être en communion avec Dieu, il faut (1) devenir son enfant par l’obéissance à l’évangile (par la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême pour le pardon des péchés), et (2) continuer à marcher dans la lumière, à nous efforcer de vivre en conformité à sa parole.
Ceux qui ne sont pas en communion avec Dieu ne peuvent pas connaître non plus la communion avec la famille de Dieu. «Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle?» (II Cor. 6.14,15). Certes, on peut et on doit traiter les non-chrétiens en amis. Jésus lui-même a été l’ami des gens de mauvaise vie afin de les aider. Il nous a tous aimés pendant que nous étions encore dans le monde. Mais la communion fraternelle est un lien plus fort et une relation plus profonde que ce que nous pouvons avoir avec les gens du monde, aussi gentils soient-ils.

Ce que nous avons en commun
Si nous avons obéi à l’évangile et que nous cherchons à mener une vie chrétienne, nous avons beaucoup en commun. En Ephésiens 4.4-6 l’apôtre Paul énumère sept choses très fondamentales que nous partageons:
Un seul corps. 
En Ephésiens 1.22,23 Paul avait déjà identifié ce corps comme étant l’Eglise. Quand le Seigneur nous sauve, il nous ajoute à l’Eglise (Actes 2.47), l’Eglise qu’il avait promis bâtir en Matthieu 16.18. Il n’est pas le fondateur de toute la multitude de dénominations que nous voyons aujourd’hui, et il n’ajoute personne à ces Eglises d’origine humaine. Mais quand il pardonne une personne de ses péchés, il l’ajoute à la seule Eglise dont la Bible parle. Les sauvés font tous partie de ce seul corps.
Un seul Esprit. 
Le même Saint-Esprit est promis à tous les enfants de Dieu (Galates 4.6; Actes 2.38,39; 5.32; Rom. 8.9; I Cor. 12.13). Il cherche à produire dans nos vies les mêmes qualités, celles qui plaisent à Dieu (Galates 5.22).
Une seule espérance. 
Tous les sauvés ont la même destination finale: le ciel. Nous espérons tous jouir de la gloire auprès de Dieu pendant l’éternité. (Il n’est pas vrai, comme certains l’enseignent, que certains fidèles sont destinés au ciel, tandis que d’autres se trouveront sur une terre transformée. Nous avons la même espérance.)
Un seul Seigneur. 
En tant que chrétiens nous avons un seul maître et roi, Jésus. Nous obéissons à la même loi. Une seule foi. Il est vrai que certains sont plus faibles en foi que d’autres. On a toujours besoin de grandir et de mettre plus de confiance en Dieu. Mais ici le mot «foi» se réfère à ce que nous croyons en tant que chrétiens, l’enseignement que nous avons accepté (Jude 3, Apoc. 2.13; Tite 1.4; I Tim. 6.21).
Un seul baptême. 
Tous ceux qui sont sauvés se sont intégrés de la même manière dans la famille de Dieu: par la nouvelle naissance. Bibliquement, il n’y a pas plusieurs baptêmes, mais un seul. Paul rappelle aux chrétiens d’Ephèse qu’ils avaient tous eu le même baptême – tous avaient été immergés dans l’eau au nom de Jésus pour le pardon de leurs péchés.
Un seul Dieu et Père 
Il y a beaucoup de dieux différents dans le monde, mais tous les chrétiens adorent le même Dieu. Ils ont un même Père céleste, ce qui fait d’eux des frères en Christ.
Si nous sommes réellement en communion avec Dieu, nous avons déjà toutes ces choses en commun avec tout autre chrétien fidèle. Cela ne dépend pas de nous. 

Ce que nous devons partager de plus
Mais il y d’autres choses que nous pouvons et devrions partager ensemble si nous sommes chrétiens. La communion sera beaucoup plus profonde et d’une plus grande valeur spirituelle pour chacun de nous si nous apprenons à la cultiver dans nos assemblées. Voici quatre aspects de nos vies qu’il faut faire exprès pour partager avec nos frères et soeurs:
Les fardeaux 
Il n’est pas rare de voir une personne qui accompagne son camarade à la gare et qui l’aide à porter ses bagages. Chacun tient une des deux manches du sac de voyage, et le fardeau est ainsi moins lourd. Il y a d’autres sortes de fardeaux dans la vie – le deuil, le découragement, la maladie, l’échec, etc., et parfois ils semblent écrasants. Galates 6.2 nous exhorte: «Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ». Non seulement nous devons être sensibles aux problèmes de nos frères et sœurs et être prêts à les aider, mais nous devrions aussi accepter que les autres nous aident dans nos problèmes. Les liens de fraternité se fortifient de cette façon. Bien sûr, ce n’est pas seulement le malheur que nous partageons, mais le bonheur aussi. «Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui» (I Cor. 12.26).
Les biens 
Dans le livre des Actes Luc décrit de merveilleuses manifestations de communion fraternelle dans l’Eglise de Jérusalem. «La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un coeur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux… Ceux qui possédaient des champs ou des maisons les ven- daient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin» (Actes 4.32,34). L’auteur de l’épître aux Hébreux nous dit: «Persévérez dans l’amour fraternel. N’oubliez pas l’hospitalité… Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps» (Héb. 13.1- 3). Tout comme le fait de partager un repas autour d’une même table rapproche un groupe d’amis ou une famille, le partage de nos biens à travers l’hospitalité, la bienfaisance et le soutien de la prédication de l’évangile peut rapprocher les chrétiens.
Le travail 
En tant que chrétiens, nous avons du travail à faire pour le Seigneur. C’est un travail d’équipe. L’apôtre Paul parle souvent dans ses épîtres de ses «compagnons d’œuvre». Ils ont travaillé ensemble pour répandre la parole de Dieu et servir les nécessiteux. Même quand chacun remplit une fonction différente, on travaille à la même tâche – on n’est pas en compétition (I Cor. 3.5-7; Phil. 1.14-18). Je me sens le plus proche de mes frères quand nous travaillons ensemble pour le Seigneur.
L’amitié 
«Ayez de l’affection les uns pour les autres comme des frères qui s’aiment; mettez du zèle à vous respecter les uns les autres» (Rom. 12.10). Nos assemblées devraient organiser des moments de partage pour encourager les membres de se connaître davantage et de jouir de la compagnie les uns des autres. En tant qu’individus et familles dans l’Eglise, nous devons aussi chercher à passer du temps ensemble avec d’autres membres, sans que cela soit organisé au niveau de l’assemblée. Nous devons nous rendre visite les uns aux autres, jouer ensemble et causer ensemble. Cultivons l’amour et l’amitié dans nos Eglises.
La communion fraternelle apporte une grande joie dans notre vie. Elle nous fortifie aussi quand nous traversons des moments difficiles ou des tentations. Elle constitue déjà dans cette vie une récompense pour les sacrifices que nous avons faits pour suivre Jésus, celui qui a dit: «Il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonnenouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle» (Marc 10.29,30).
Si nos assemblées cultivent la communion fraternelle comme Dieu l’a voulu, ce sera un grand atout pour aider les uns et les autres à rester fidèles. Si nous négligeons cet aspect de notre vie d’assemblée, le moyen approuvé de Dieu pour ramener un frère ou une soeur qui s’égare de la bonne voie n’aura que peu d’efficacité. 

Des obstacles à la communion fraternelle
La question de la communion fraternelle présente un dilemme. Nous ne voulons pas (et nous ne devons pas) nous mettre à la place de Dieu pour juger les autres. Mais la parole de Dieu elle-même nous enseigne de ne pas avoir de la communion avec certaines personnes, même certaines personnes qui se disent chrétiennes. Bien sûr, ceux qui vivent dans l’immoralité sont parmi elles. Paul dit aux chrétiens de Corinthe «de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou insulteur, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme.» (I Corinthiens 5.11). Mais ce ne sont pas seulement les problèmes de moralité qui rendent impossible la communion avec Dieu, et donc la pleine communion avec son peuple. Il y a des gens qui croient que Jésus est le Seigneur et qui adorent Dieu régulièrement, mais qui n’ont pas encore obéi à l’Evangile. Ils ressemblent parfois à Saul de Tarse. Ce dernier, après avoir vu Jésus sur la route de Damas, a cru en lui et s’est repenti de ses péchés, mais il était encore séparé de Dieu. Voilà pourquoi Ananias lui dit: «lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés» (Actes 22.16). Malgré une certaine piété, ces personnes n’ont pas encore fait la volonté de Dieu et sont dans la condition que Paul décrit en Ephésiens 2.12: «sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde.» Cela peut paraître dur, mais ceux qui ne sont pas nés dans la famille (ou adoptés par le père) ne sont pas de la famille. Ils sont parfois «amis» de la famille, mais ils n’hériteront pas avec les enfants légitimes. (En Marc 9.38-41, Jésus, en parlant de celui qui chassait des démons à son nom, dit: «Qui n’est pas contre nous est pour nous». Il ne dit pas «Qui n’est pas contre nous est avec nous ou est l’un de nous». Il ajoute «quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.» Qui appartenaient à Christ ? C’étaient les apôtres – ceux à qui il s’adressait – et non pas celui qui donnait le verre d’eau.) Ceux qui n’ont pas été baptisés en Christ ne sont pas en Christ. Ceux qui n’ont pas fait ce qu’il faut faire pour être sauvés n’ont pas encore été ajoutés par Dieu à l’Eglise. Ne pas faire cette distinction conduit inévitablement à une confusion et une déviation chez les membres de l’Eglise en ce qui concerne le plan du salut.
En plus d’une vie contraire à la moralité chrétienne et en plus du fait de ne pas avoir obéi à l’évangile par la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême biblique, un troisième obstacle peut se présenter à la communion: la fausse doctrine. Le Nouveau Testament dit clairement que certains emploient le nom de Jésus mais n’ont pas sa faveur (Matthieu 7.21-23; Luc 6.46; 2 Corinthiens 11.13-15; Romains 16.17,18). Il dit aussi que la fausse doctrine fait perdre des âmes. «Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ … Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions…» (Colossiens 2.8,18). « Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit! » (Galates 1.9). «Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut ! car celui qui lui dit: Salut ! participe à ses mauvaises œuvres.» (2 Jean 9-11).
Le mouvement œcuménique conseille de reléguer au second plan toutes les questions doctrinales, de ne considérer que les points sur lesquels tous ceux qui se disent chrétiens peuvent s’accorder, et de s’accepter les uns les autres comme enfants de Dieu. C’est une attitude attrayante, mais qui n’est pas en harmonie avec ce que dit la Bible. Quand on n’est pas dans le même corps, qu’on n’a pas la même foi, qu’on n’a pas reçu le même baptême, etc., où est la base de l’unité ? Nous devons rechercher l’unité des croyants, mais la rechercher en nous conformant tous à l’enseignement de la Bible.
Cultivons donc une communion profonde et sincère avec nos frères et soeurs en Christ, traitons tout le monde avec respect et amour, et oeuvrons pour que tous ceux qui croient en Jésus puissent un jour être véritablement en communion avec Dieu et les uns avec les autres.
B.B.

(Vol. 7, No. 4)

Fuire la corruption

FUIRE LA CORRUPTION

   Dans tous les pays du monde, et particulièrement les pays en voie de développement, la corruption est un problème très réel. C’est un problème pour les gouvernements et les entreprises, mais aussi pour les gens comme vous et moi. La corruption des autres présente des obstacles à nos projets personnels, nous prive des services que nos gouvernements auraient pu nous rendre, augmente les prix que nous payons pour divers articles, et nous dégoûte quand nous voyons les injustices qu’elle provoque. Notre propre participation à la corruption endurcit notre conscience, nous expose à des sanctions telles que le licenciement ou la prison, et nous souille devant Dieu.
Considérez quelques formes que prend la corruption de nos jours:
>Les demandes d’autorisation, auxquelles il ne manque qu’une signature, restent introuvables sur les bureaux des fonctionnaires, à moins qu’on soit prêt à “faire affaire” avec eux.
>Les policiers et gendarmes exigent de l’argent des chauffeurs qui ne sont pas en infraction, de l’argent qui, d’ailleurs, n’arrive jamais dans les caisses de l’état.
>Les chauffeurs offrent de l’argent quand ils sont en infraction pour ne pas avoir à payer une amende plus chère (ou quand ils ne sont pas en infraction, pour ne pas perdre du temps). Ils préfèrent corrompre la police que d’entretenir et assurer leurs véhicules.
>Les douaniers font payer à des voyageurs qui n’ont rien de taxable dans leurs affaires ou laissent passer des marchandises illégales si le concerné “parle du bon français” (leur donne de l’argent.)
>Les voyageurs cachent les marchandises qu’ils devaient dédouaner.
>Les candidats aux concours donnent de l’argent à ceux qui corrigent les examens pour qu’ils soient admis, qu’ils soient aptes ou pas.
>Les employés des auto-écoles font échouer ceux qui ne leur ont pas donné de “pots de vin”.
>Les parents font faire de faux extraits de naissance pour leurs enfants afin de “diminuer leur âge”, ou ils fournissent l’extrait d’un autre enfant, pour des raisons scolaires ou professionnelles.
>L’acheteur de produits emploie de fausses balances pour diminuer le poids de ce qu’il paie par kilo, et le vendeur met du gravier dans ses sacs de café ou de coton pour augmenter le poids de ce qu’il vend.
>Le ministre ou le directeur d’entreprise détourne des fonds à son compte personnel en Suisse.
>Le fonctionnaire ou l’employé d’une grande société permet à des amis d’acheter des médicaments avec des bons de pharmacie qui sont destinés uniquement à lui-même et aux membres de sa famille.
Toutes ces actions malhonnêtes sont condamnées par les principes bibliques.

Considérez quelques-uns des commandements de la loi mosaïque:
Concernant le commerce et les cours de justice –

Vous ne commettrez point d’iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes…” Lévitique 19.35,36 (voir aussi Deutéronome 25.13-16 et Proverbes 11.1)
Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages, et corrompent les paroles des justes.” Deutéronome 16.19 (voir aussi Ex. 23.8)

Concernant l’honnêteté et la transparence en général –

Vous ne déroberez point, et vous n’userez ni de mensonge ni de tromperie les uns envers les autres. Vous ne jurerez point faussement par mon nom, car tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel” (Lévitique 19.11,12)

Dans le Nouveau Testament Jésus mentionne “la fraude” comme l’un des péchés qui ont leur origine dans le coeur de l’homme et qui le souillent devant Dieu (Marc 7.21,22). Paul précise aussi que l’ancien ou évêque, qui doit servir de modèle pour les chrétiens, ne doit pas être “prêt à gagner malhonnêtement de l’argent” (Tite 1.7 – FC)
Beaucoup de corruption serait éliminée si ceux qui se disent chrétiens essayaient de vivre selon la parole de Jésus: “Tout ce que voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.” (Matthieu 7.12) Si nous n’aimons pas que les autres nous mentent, nous escroquent ou nous obligent à payer des services qui sont censés être gratuits, alors nous ne devrions pas agir ainsi à leur égard.
Qui ne sait pas que la corruption est un mal qui met nos pays en retard et qui est condamnable devant Dieu? On connaît tous le commandement “Tu ne mentiras pas”. Alors pourquoi ce genre de péché est-il si commun?
On le justifie de plusieurs manières:
– “Tout le monde le fait. Je serai le seul qui ne pourrai pas jouir des bonnes choses dans la vie.”
– “On est obligé. Ils vont perdre tout ton temps et tu n’auras toujours pas ce que tu veux.”
– “Qui pourrait vivre avec le salaire qu’on me paie? Si l’état veut que je sois honnête il doit me payer mieux.”
– “Si tu n’as pas comme connaissances des personnes bien placées qui peuvent t’aider, tu ne pourras jamais avoir du travail sans donner de l’argent.”
– “Les collègues m’obligent à faire comme eux.”
Il y a ceux qui préféreraient être intègres, mais ils trouvent que c’est difficile. Alors, qu’est-ce qui pourrait aider à résister à la tentation? 
1. Reconnaître que c’est un péché 
que d’agir des manières que nous venons de décrire. Refusez de justifier le mal par le fait que les autres sont nombreux à le faire. Dieu dit clairement: “Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal.” (Exode 23.2) “Ne vous conformez pas au siècle présent.” (Rom. 12.2) On n’est jamais “obligé” de commettre le péché (I Cor. 10.13). 
2. Reconnaître que celui qui donne et celui qui
 demande font tous deux partie du problème. Si l’on refusait de prendre les pots de vin, ou si l’on refusait de les donner, la pratique serait éliminée. 
3. S’armer de patience
. Dans beaucoup de situations, on sait que l’on peut obtenir le papier officiel qu’on veut si l’on accepte seulement d’attendre quelques jours. Il ne faut donc pas attendre la dernière minute pour commencer. Très souvent, le policier qui exige de l’argent du chauffeur qui est quand même en règle le laissera partir tôt ou tard sans payer si celui-ci garde son sang-froid et attend. Dans la parabole du juge inique, la veuve n’avait pas d’argent pour corrompre le juge, mais elle avait de la persévérance. “Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Fais-moi justice de ma partie adverse. Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même: Quoique je ne craigne point Dieu et que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête.” (Luc 18.2-4) 
4. Refuser de vendre son intégrité pour épargner
 quelques francs. Mieux vaut peu, avec la justice, que de grands revenus, avec l’injustice.” (Proverbes 16.8). Le chrétien doit savoir que certaines choses valent infiniment plus que l’argent. Beaucoup ont besoin d’apprendre à vivre selon leurs moyens pour diminuer la tentation de chercher un gain malhonnête.
5. Prier – Dieu peut enlever les obstacles posés par les hommes. Ne sous-estimons jamais le pouvoir de Dieu de contrarier les desseins des hommes méchants et de résoudre nos problèmes. Considérez ces paroles de David: “Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car ils sont fauchés aussi vite que l’herbe, et ils se flétrissent comme le gazon vert… Recommande ton sort à l’Eternel, Mets en lui ta confiance, et il agira…Garde le silence devant l’Eternel, et espère en lui… Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t’irrite pas, ce serait mal faire. …Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus; Tu regardes le lieu où il était, et il a disparu.” (Psaume 35.1,2,5,7-10) Voir aussi Psaumes 73 et 49. 
6. Etre toujours en règle 
– Il faut toujours avoir tous les papiers nécessaires pour sa personne, son véhicule ou son activité commerciale, et si l’on a commis une faute, il faut accepter qu’il est normal de payer l’amende qu’on vous impose. Les ennemis de Daniel voulaient lui faire du mal, “…Mais ils ne purent trouver aucune occasion, ni aucune chose àreprendre, parce qu’il était fidèle, et qu’on n’apercevait chez lui ni faute, ni rien de mauvais.(Daniel 6.4) 
7. Accepter que ce que tu voulais faire peut ne
 pas être la volonté de Dieu pour toi. Que ce soit le fait de continuer les études académiques ou d’être admis à la gendarmerie ou comme employé dans une certaine société, tu peux vivre avec contentement dans la fidélité à Dieu sans obtenir ce que tu cherchais. Mais si tu dois faire ce qui est illégal ou malhonnête pour atteindre ton objectif, tu ne vis plus dans la fidélité à Dieu.
Il n’est pas facile dans cette vie de se garder pur, mais c’est à cela que nous sommes appelés. Soyons “le sel de la terre” et “la lumière du monde” qui peut transformer notre société. (Matthieu 5.13- 16; Philippiens 2.14; Romains 12.2). Chrétiens, cherchez à ressembler au Dieu que vous servez, afin que “vous deveniez participants à la naturedivine, en fuyant la corruption qui est dans le monde par la convoitise.” (II Pierre 1.4).
B.B.

(dans Vol. 5, No. 6)

Que penser de la loterie?

Que penser de la loterie?

Le chrétien a-t-il le droit de jouer à la loterie? Est-ce un péché que de payer un ticket de loterie? La Bible parle-t-elle des jeux de hasard? Voilà des questions qui se posent dans beaucoup d’Eglises actuellement.
La Bible nous donne les réponses à ces questions et à toute autre sur la moralité. Par sa parole, Dieu « nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (II Pierre 1.3). Même lorsqu’elle ne s’adresse pas directement à une question particulière, elle nous donne les principes qui nous permettent d’identifier les comportements qui plaisent à Dieu.
Il est vrai que la loterie est légale, voire organisée par l’état, mais tout ce qui est permis par les lois humaines n’est pas forcément approuvé de Dieu. Les mauvaises pensées, l’orgueil, la cupidité, l’idolâtrie, et bien d’autres péchés ne sont pas des violations des lois civiles, mais ils sont condamnables devant Dieu.
Qu’en est-il donc de la loterie? Au moins trois principes bibliques militent contre la participation aux jeux de hasard: 
1. Il faut se garder de la convoitise.
 
« Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans
 la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (I Timothée 6.9,10). 
« Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent;
 contentez-vous de ce que vous avez; car Dieului-même a dit: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. » (Hébreux 13.5).
Pour le chrétien, ce ne sont pas seulement les actes qui comptent, mais aussi les motifs. Dieu, qui regarde au cœur, s’intéresse non seulement à ce que nous faisons, mais aussi à pourquoi nous le faisons (Matt.6.1-4). Il veut que nos motifs soient purs.
En toute franchise, personne ne joue à la loterie sans le désir de s’enrichir. (Certes, ce n’est pas parce que l’on veut financer les bonnes oeuvres de l’état que l’on achète ces tickets.) Non, ceux qui jouent le font avec le désir de gagner le « gros lot », de devenir « millionnaire », de s’enrichir. Or, la Bible est très claire en disant de nous garder de telles pensées. Ce n’est pas un péché que d’être riche. Si Dieu nous a donné des richesses nous avons la grande responsabilité de les utiliser selon sa volonté et pour sa gloire (I Timothée 6.17-19). Mais désirer les richesses, c’est autre chose, et chose dangereuse! 
2. Il faut travailler pour se procurer le
 nécessaire. 
« Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais
 plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. » (Ephésiens 4.28). 
« Nous
 vous exhortons, frères,…à mettre votre honneur à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires, et à travailler de vos mains, comme nous vous l’avons recommandé, en sorte que vous vous conduisiez honnêtement envers ceux du dehors, et que vous n’ayez besoin de personne. » (I Thessaloniciens 4.10-12). 
« Car
 lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément: Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous quelques-uns qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus- Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement. » (II Thessaloniciens 3.10-12).
Bien sûr, les chrétiens, comme tout le monde, ont souvent besoin d’argent pour subvenir à des besoins réels. Dieu reconnaît ces besoins matériels. Mais il nous prescrit aussi la manière de les satisfaire: le travail. L’effort que nous fournissons en travaillant est proportionnel à l’argent que nous gagnons en retour. Que ce soit le travail agricole, le secrétariat, ou le commerce, celui qui paie nos produits ou nos services reçoit quelque chose qui est en rapport avec l’argent qu’il nous verse. Tout en nous procurant ce dont nous avons besoin, nous nous rendons utiles aux autres.
L’esprit de la loterie est tout à fait opposé à la position biblique. Ce qui fait marcher la loterie c’est le désir de gagner beaucoup sans effort. On veut recevoir sans donner en retour. Il n’y a aucun rapport entre le prix du ticket et ce qu’on cherche à remporter. 
3. Il faut gérer de manière responsable ce que
 Dieu nous confie. 
« Comme de bons dispensateurs des diverses
 grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. » (I Pierre 4.10). 
« Tout vient de toi, et nous recevons de ta
 main ce que nous t’offrons. » (I Chroniques 29.14). « Ne savez-vous pas que…vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à grand prix. » (I Corinthiens 6.19,20). 
« Le maître de ces serviteurs revint, et
 leur fit rendre compte. » (Matthieu 25.19).
Tout ce que nous avons appartient en réalité à Dieu. Dans sa grâce il nous confie des biens pour satisfaire à nos besoins et nous permettre d’aider les uns les autres. Au jour du jugement, cependant, il nous demandera de rendre compte de notre gérance. Aurons-nous utilisé l’argent d’une manière responsable?
La probabilité de gagner sur un ticket de loterie est peut-être d’un sur dix mille. Loin d’être un risque calculé ayant de bonnes chances pour rapporter beaucoup, il s’agit presque d’une certitude que l’on perdra son argent, ou plutôt l’argent de Dieu qu’il nous a confié. Il est vrai que l’on doit souvent prendre des risques afin de gagner de l’argent et que tout investissement représente un risque. Les hommes d’affaires, pourtant, cherchent toujours à réduire le risque de perdre de l’argent et se gardent de mettre leur argent là où il a peu de chances de fructifier. Or, dans la loterie les chances de fructifier son argent sont pratiquement nulles. Il est aussi vrai que pour beaucoup d’hommes, les sommes d’argent dépensées sur la loterie ne sont pas excessives. Jésus dit, cependant, « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. » (Luc 16.10). Montrons-nous des économes fidèles de tout ce que Dieu nous confie.
B.B.

(dans Vol. 5, No. 6)

Plus de temps

Plus de temps pour Dieu?
Dans la parabole du semeur (appelée par d’autres “la parabole des sols”) en Luc 8.4-8,11-15, Jésus a parlé de la semence qui tomba parmi les épines. Cette bonne semence a été étouffée par les épines, et elle n’a pas porté du fruit. C’est une image pour l’homme qui est tellement occupé qu’il n’a pas de temps pour Dieu et pour son royaume. Il devient de plus en plus occupé par ce qui est de moins en moins important, et bientôt il sert trop le monde et il ne sert pas du tout le Seigneur.
Après que j’ai prêché un jour sur ce thème, un frère m’a abordé pour donner un témoignage. Il avait été dans le dilemme de se voir dans l’obligation de travailler le dimanche. S’il voulait garder son emploi, il n’avait pas de choix. Mais après quelques semaines pendant lesquelles ili n’a pas pu se réunir avec l’Eglise pour adorer Dieu, il a décidé que le fait d’adorer Dieu avec sa famille était plus important que son emploi. Ainsi donc, il a démissionné. Très vite, Dieu lui procura un nouveau travail. Ce nouvel emploi était au compte d’une grande société, payait mieux que l’ancien travail, consistait à faire quelque chose qu’il trouvait intéressant, et comportait plusieurs bienfaits en plus du salaire.
Un autre ami était propriétaire d’une pépinière. Il vendait des fleurs, des arbres, du gazon, et des produits pour le jardinage. Pendant une certaine saison de l’année il se sentait obligé d’ouvrir son entreprise les dimanches parce qu’en ce jour de la semaine il réalisait son plus gros bénéfice. Mais il était peiné de manquer à tant de réunions de l’Eglise. Avec une certaine crainte il annonça que les dimanche il fermerait son commerce. Et que se passa-til? Il dit qu’il gagna deux fois plus la semaine suivante en seulement six jours qu’il n’en avait jamais gagné auparavant en sept jours.    Dieu bénit les siens quand ils font ce qui est juste. S’il ne le fait pas maintenant, il le fera sans aucun doute le dernier jour parce que chacun “recevra du Seigneur selon ce qu’il aura fait de bien.” (Ephésiens 6.8). “Je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.” (Matthieu 10.42). Dieu bénit ce qu’il possède. S’il sait que tu lui appartiens, corps et âme, il peut te donner librement ce dont tu as besoin au moment propice. Tu peux lui faire confiance pour cela.
David Lusk

(Vol. 4, No. 1)