La bienfaisance

Il n’y a aucun doute que la mission de l’Église, comme celle de Jésus lui-même, vise le salut des âmes. Avant de remonter au ciel, Jésus chargea ses disciples d’évangéliser le monde : « Il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16.15,16). Il ajouta : « Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.20). Notre mission primordiale, c’est de prêcher le message du salut à tous ceux qui sont perdus dans le péché, et d’aider ceux qui obéissent à cet Évangile à croître dans leur connaissance et leur foi afin de persévérer jusqu’au bout pour atteindre le ciel.

Il y a cependant un autre aspect au travail de l’Église, et il correspond à un autre aspect du ministère de Jésus. L’Église n’existe pas pour faire ce travail, comme Jésus n’est pas venu dans le monde pour faire ce travail. Pourtant, il s’agit de quelque chose que Jésus, tout comme son Église, ne pourrait omettre de faire. Il s’agit de la bienfaisance, ou des bonnes œuvres, c’est-à-dire le fait de venir en aide à ceux qui ont divers problèmes et en souffrent. Il est vrai que les bonnes œuvres ouvrent parfois les cœurs de telle sorte que certaines personnes sont mieux disposées à écouter et à accepter l’Évangile, mais ce n’est pas là la raison pour laquelle Jésus faisait le bien. Jésus faisait du bien aux hommes parce qu’il est amour, parce qu’il est rempli de compassion, parce qu’il se soucie des hommes et de tous leurs problèmes. Cela fait partie de son caractère. L’Église doit être motivée par le même amour quand elle fait le bien. Nourrir ceux qui sont physiquement affamés, par exemple, n’est pas la mission de l’Église, et cela ne doit pas la détourner de la prédication de l’Évangile qui donne la vie éternelle. Néanmoins, c’est un travail que des chrétiens entreprennent naturellement par amour et par compassion et qui est tout à fait en harmonie avec la volonté de Dieu.

L’importance de la bienfaisance

Jésus a toujours enseigné à ses disciples de faire de bonnes œuvres. En Luc 14.12-14, par exemple, il dit :

« Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’il ne peuvent pas te rendre la pareille ; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. »

À une autre occasion, il a raconté, en Luc 10.25-37, la parabole du bon Samaritain pour montrer l’importance de l’amour du prochain, l’amour qui se manifeste concrètement dans les actes. En Matthieu 25.31-46 Jésus décrit le dernier jugement, où les uns se verront condamnés au feu éternel et les autres accueillis dans le royaume de gloire. Aux condamnés qui auraient manqué de faire du bien aux autres, Jésus dira :

« Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. Ils répondront aussi : Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. » (Matthieu 25.42-45)

Les apôtres, dans leur enseignement, ont insisté autant que Jésus sur les bonnes œuvres. Jacques 1.27 les présente comme étant nécessaires à la vraie religion :

« Voici ce que Dieu le Père considère comme la religion pure et authentique : prendre soin des orphelins et des veuves dans leur souffrance, et se garder de toute tache produite par la mauvaise influence du monde. » (FC)

Dans le chapitre suivant, il affirme que les bonnes œuvres sont nécessaires pour rendre notre foi efficace et vivante :

« Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. » (Jacques 2.15-17)

L’apôtre Jean parle de la même manière :

« Si quelqu’un possède les biens du monde, et que voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses cœurs, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. » (1 Jean 3.17,18)

L’Épître de Paul à Tite contient de nombreuses références aux bonnes œuvres. Il dit au 3.14 : « Il faut que les nôtres apprennent à pratiquer de bonnes œuvres pour subvenir aux besoins pressants, afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits. »

L’une des tâches de l’Église

Dans le Nouveau Testament il est clair que les bonnes œuvres étaient pratiquées non seulement individuellement par les chrétiens, mais aussi collectivement. L’aide aux démunis a fait partie des œuvres de l’Église dès les premiers jours après son établissement à Jérusalem. À cette époque, de nombreuses personnes, originaires d’autres régions, s’étaient rendues à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive. Là ils avaient entendu l’Évangile et s’étaient convertis. Ils voulaient sûrement rester quelque temps pour approfondir leur nouvelle foi, mais ils ne disposaient pas des moyens nécessaires pour prolonger leur séjour. Dans un tel contexte nous lisons en Actes 2.44,45 : « Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. » En Actes 6.1, la situation avait changé, mais l’Église était toujours sensible aux besoins des nécessiteux : une distribution de nourriture aux veuves dans l’Église se faisait chaque jour. Plus loin, en Actes 11.27-30 nous lisons :

« En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous (l’empereur) Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et Saul. »

Tous ces cas montrent que la bienfaisance n’était pas seulement l’affaire de chaque chrétien pris individuellement, mais tous unissaient souvent leurs efforts pour ce genre de travail.

Quelques principes à retenir :

Les non-chrétiens peuvent en bénéficier

Bien que les exemples que nous avons dans le livre des Actes nous montrent l’Église en train de faire preuve de bienfaisance envers ses membres les plus pauvres, il est certainement permis que les non-chrétiens, eux aussi, bénéficient de cette charité. La priorité est aux chrétiens, mais les autres ne sont pas du tout exclus. L’apôtre Paul dit en Galates 6.9,10 :

« Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. »

Un devoir plutôt qu’un droit

Il est important que les chrétiens considèrent la bienfaisance comme un devoir à accomplir, de préférence comme un devoir agréable ou même comme une grâce. Paul dit ceci au sujet des chrétiens de la Macédoine qui voulaient aider les Églises de la Judée :

« Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Églises de la Macédoine. Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part. Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens, nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à l’assistance destinée aux saints. » (2 Corinthiens 8.1-4)

Le chrétien doit penser à la bienfaisance comme une chose à accomplir, et non à recevoir, non pas un droit à réclamer. Certaines personnes considèrent leur contribution à la collecte comme une participation à une sorte de cagnotte (ou ce qu’on appelle en Afrique une tontine) : elles pensent que lorsque leur tour arrivera, lorsqu’elles auront besoin de puiser dans le fond commun, elles y auront pleinement droit. C’est pour cela elles y contribuent. Cette manière de penser n’a rien à voir avec l’esprit de générosité que le Christ nous enseigne.

Les pauvres, aussi, peuvent faire de la bienfaisance

Remarquez que les chrétiens macédoniens étaient très pauvres. Ils avaient, pourtant, un grand empressement pour participer à l’effort d’aider d’autres frères en Christ dont les besoins étaient encore plus importants. Dans des milieux où la pauvreté est en quelque sorte la norme, il est facile de se voir comme dispensé du devoir de faire de la bienfaisance. On trouve parfois l’attitude que l’aide devrait toujours venir des pays riches. Certes, ceux qui vivent dans l’abondance matérielle, quel que soit leur pays de résidence, devraient être prêts à partager ces biens que Dieu leur confie. Ils ont un devoir particulier « d’être riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité, et de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de saisir la vie véritable » (1 Timothée 6.18,19). Mais cela ne signifie pas que les pauvres ne peuvent rien donner. La plupart d’entre nous considèrent qu’un homme qui n’a que deux habits doit être assez pauvre. Mais Jean-Baptiste dit aux Juifs : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même » (Luc 3.11). La personne que Jésus a citée comme modèle en ce qui concerne la foi et la générosité était une veuve très pauvre (Luc 21.1-4).

Faire de la bienfaisance d’une manière responsable

Dans certains pays, le gouvernement essaie de pourvoir aux besoins des plus nécessiteux dans la société. Il peut y avoir des allocations pour les familles nombreuses, pour les logements, pour les handicapés, pour les chômeurs ; il y a des « food banks », la médecine socialisée, le « revenu minimum d’insertion », la caisse de prévoyance sociale, de l’aide pour les jeunes mères non mariées, etc. Sans vouloir ni déclarer notre adhésion à cette politique ni militer contre les programmes socialistes, nous pouvons faire un constat général : très souvent, une personne ne cherche pas à faire pour elle-même ce que les autres sont prêts à faire pour elle (même quand la personne qui en bénéficie est capable de se débrouiller sans aide). À force de faire pour quelqu’un ce qu’il pourrait et devrait faire pour lui-même, on le rend dépendant, et on l’habitue à considérer ces aides comme un « droit ». Quand un gouvernement, une Église ou un individu veut venir au secours d’une personne qui se trouve dans un besoin quelconque, il faut tenir compte de cet aspect de la nature humaine et essayer de l’aider d’une manière qui ne risque pas d’encourager à la paresse ou à négliger ses devoirs. En 2 Thessaloniciens 3.10-12 Paul enseigne que ceux qui sont capables de travailler, mais refusent de le faire ne devraient pas bénéficier de la bienfaisance :

« Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement. »

De même, s’il est tout à fait normal que l’Église assiste les veuves qui sont sans ressources, la première responsabilité appartient cependant à la famille.

« Si une veuve a des enfants ou des petits-enfants, qu’ils apprennent avant tout à exercer la piété envers leur propre famille, et à rendre à leurs parents ce qu’ils ont reçu d’eux ; car cela est agréable à Dieu… Si quelque fidèle, homme ou femme, a des veuves, qu’il les assiste, et que l’Église n’en soit point chargée, afin qu’elle puisse assister celles qui sont véritablement veuves. » (1 Timothée 5.4,16)

Paul conseilla dans ce même chapitre de ne pas inscrire certaines femmes « sur le rôle » de veuves que l’Église assisterait de manière continue, notamment les « jeunes veuves » qui tendaient à devenir « oisives » quand elles recevaient cette aide, alors qu’elles auraient pu facilement se remarier et s’occuper d’une famille.

Moyens de financer l’œuvre bénévole

Dans d’autres numéros de Chemin de Vérité nous avons démontré de quelle manière l’Église doit financer l’œuvre qu’elle entreprend : chaque premier jour de la semaine (dimanche), chaque chrétien donne volontairement tout ce qu’il peut, selon ses moyens, sa foi et son amour pour Dieu. La collecte qui se fait de cette manière sert à beaucoup de choses. Elle permet souvent à l’assemblée de se fournir un lieu de réunion. Elle peut servir à soutenir des évangélistes à plein temps (ou des évangélistes en formation) pour qu’ils puissent consacrer plus de temps à l’étude et à la prédication. Elle peut servir à répandre la bonne nouvelle au moyen de la radio, de la littérature, ou des déplacements de ceux qui voyagent pour enseigner la Parole. Elle peut aussi servir à la bienfaisance, ainsi que plusieurs passages bibliques l’attestent (Actes 2.45; 4.34,35; 6.1; 11.27-30; etc.).

Dans des pays où la pauvreté est particulièrement répandue, les besoins légitimes semblent sans limites, et les assemblées sont loin de disposer des moyens pour satisfaire à tous ces besoins d’aide matérielle ou financière. Une assemblée pourrait chaque semaine épuiser toute sa collecte pour aider des membres ou des voisins à payer des ordonnances, des frais scolaires, des vivres, et des factures de tout genre. Évidemment, rien ne resterait pour que l’assemblée ait les moyens de répondre aux autres besoins, tels qu’un lieu de culte ou le travail d’évangélisation. La réaction de certaines Églises devant cette situation est de ne plus faire de bienfaisance du tout en tant qu’assemblée, mais cela n’est pas une solution acceptable. Nous avons déjà vu, en effet, plusieurs passages qui témoignent de l’importance de la bienfaisance dans l’Église du Nouveau Testament.

Pour éviter les deux extrêmes (tout dépenser dans la bienfaisance, ou renoncer complètement aux bonnes œuvres collectives), certaines assemblées ont trouvé des solutions pratiques. Certaines prélèvent un pourcentage fixe (10 %, par exemple) sur tout ce qui est contribué pendant le mois ; elles mettent cette somme dans un fond à part qui sert uniquement aux œuvres de bienfaisance (aide aux veuves, orphelins, malades, etc.). Dans d’autres assemblées, après la collecte principale, on fait passer les paniers une deuxième fois en signalant que ces fonds seront utilisés pour la bienfaisance. D’autres assemblées annoncent de temps en temps que la collecte entière de tel dimanche sera consacrée aux bonnes œuvres. Par exemple, chaque fois qu’il y a cinq dimanches dans un même mois, elles mettent à part la collecte du cinquième dimanche.

Soulignons enfin que les bonnes œuvres ne nécessitent pas toujours de l’argent ; parfois les autres ont plus besoin de notre temps ou de notre travail. Il y a des assemblées en Afrique où ceux qui sont plus jeunes s’organisent pour ramasser des fagots pour les vieilles personnes dans l’Église qui n’ont personne pour les assister. Des assemblées aux États-Unis offrent gratuitement des cours d’anglais pour aider les étrangers à s’adapter. D’autres se rendent dans les hôpitaux pour prier avec les malades ou dans les maisons de retraite pour encourager ceux qui se sentent seuls. D’autres collectionnent des habits d’occasion qu’ils distribuent à ceux qui en ont besoin. Il y a des personnes qui sont malades et qui n’ont pas de force pour nettoyer leur maison ou laver leurs habits : on peut les aider même si l’on n’a pratiquement pas d’argent.

Conclusion

Il y a toutes sortes de personnes que l’Église peut aider : les veuves, les réfugiés de guerre, les malades, les victimes de la famine, les prisonniers, les sourds ou les aveugles, les orphelins, ceux qui n’ont ni toit ni vêtements. L’Église n’existe pas pour résoudre les problèmes de toutes ces personnes, mais comme Jésus est son modèle et son chef, elle ne pourra jamais rester indifférente aux souffrances des êtres humains. Terminons par les mots d’un cantique peu connu mais très beau, écrit par Ed Ritchie :

« Tu naquis pour servir, et servir fut ta gloire ; servir est à jamais le sceau de tes enfants. Celui qui, sans agir, se contente de croire, ne sait pas croire encore, ô Sauveur des croyants !

« Que de maux, de périls et de besoins m’appellent ! Que de frères, d’amis, tu jettes dans mes bras ! Que d’œuvres à fonder, que d’œuvres qui chancellent ! Garde à jamais nos cœurs d’être des cœurs ingrats. »

B. B.
(Dans Vol. 10, No. 2)

L’imposition des mains

L’auteur de l’Épître aux Hébreux exhorte ses lecteurs à croître dans leur connaissance de la vérité, en passant du « lait » de la Parole de Dieu, approprié aux besoins des petits « enfants » dans la foi, à la « nourriture solide » qui convient aux chrétiens spirituellement mûrs. Il dit ensuite :

« C’est pourquoi, laissant les [premiers] éléments de la parole de Christ, tendons à ce qui est parfait [un enseignement d’adulte – FC], sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel. » (Hébreux 6.1,2)

L’auteur énumère ainsi certains enseignements fondamentaux qu’un croyant devrait apprendre assez tôt dans sa vie chrétienne. Cela ne veut pas dire que tout le monde ait compris la vérité biblique concernant chacun de ces sujets. Il y a, par exemple, beaucoup de confusion concernant le baptême : sa forme, son but, qui peut l’administrer, qui peut le recevoir, etc. Certains ont besoin d’étudier les nombreux passages bibliques qui éclaircissent cette étape dans le plan du salut. Un autre sujet cité par l’auteur comme étant une doctrine de base, c’est l’imposition des mains. Puisqu’il s’agit d’enseignements qui sont comparés au lait (facile à digérer même par les nouveau-nés), nous supposons que ce sujet, bien qu’important, n’est pas excessivement compliqué, profond ou mystérieux. Et pourtant, comme le sujet du baptême, celui de l’imposition des mains est souvent mal compris.

Quatre sens

L’imposition des mains semble avoir quatre sens différents dans le Nouveau Testament ; on arrive assez facilement à déterminer la signification du geste dans un passage donné quand on en considère le contexte. À la base, c’est une action qui symbolise la transmission de quelque chose d’une personne à une autre. Quelque chose passe, comme si c’était à travers le contacte des mains posées sur la tête ou l’épaule, de la personne qui impose les mains à la personne à qui on les impose.

Sous la loi de Moïse, une cérémonie accomplie le jour des expiations exigeait que le souverain sacrificateur pose les mains sur le bouc expiatoire pour lui « transmettre » les péchés du peuple :

« Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert. » (Lévitique 16.21,22)

Évidemment, les péchés du peuple ne passaient pas littéralement par les mains du prêtre pour entrer dans le bouc. Ce geste servait, néanmoins, à illustrer l’importance d’éloigner des Israélites (par leur repentance et par le pardon de Dieu) le péché, qui était une offense aux yeux du Dieu très saint et qui aurait nécessité qu’ils soient bannis de sa présence.

Dans le Nouveau Testament, comme nous l’avons dit, ce geste est employé dans quatre sortes de situations :

1) En signe de bénédiction :

« On amena [à Jésus] des petits enfants, afin qu’il les touche. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains. » (Marc 10.13,14,16)

2) Des guérisons miraculeuses : Plusieurs fois dans le ministère de Jésus, nous le voyons imposer les mains aux malades quand il les guérit. En Luc 13, par exemple, nous lisons qu’un jour Jésus enseignait dans une synagogue,

« Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était courbée, et ne pouvait aucunement se redresser. Lorsqu’il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il lui imposa les mains. À l’instant elle se redressa, et glorifia Dieu. » (Luc 13.11-13)

D’autres passages indiquent que Jésus avait l’habitude de toucher ainsi les personnes qu’il guérissait (Marc 6.5; Luc 4.40), bien qu’il y ait également plusieurs situations où il guérissait à distance ou avec une simple parole (Marc 9.25,26; 10.51-53; Luc 7.1-6; 17.11-14). Les apôtres, aussi, ayant le don de guérison, l’exerçaient parfois en imposant les mains aux malades (Marc 16.18; Actes 28.8; voir aussi Actes 9.12,17,18).

3) La communication des dons miraculeux : En Actes 8 nous avons un récit qui nous révèle une autre situation où l’imposition des mains jouait un rôle. La première partie du chapitre raconte la prédication de Philippe, l’évangéliste, dans la ville de Samarie et la conversion de beaucoup de Samaritains, y compris un magicien du nom de Simon. Quand la nouvelle des conversions à Samarie parvint aux oreilles des apôtres, ils envoyèrent Pierre et Jean, qui prièrent (v. 15) et imposèrent les mains (v. 17) aux Samaritains afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit.

« Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent, en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. » (Actes 8.18,19)

En disant que le Saint-Esprit était donné, Luc se réfère apparemment aux dons miraculeux accordés par l’Esprit. Simon a pu voir quelque chose d’impressionnant, comme ce qui est décrit en Actes 19.6 : « Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient. »

Soulignons que le texte dit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres ; il est évident que Philippe, qui faisait lui-même des miracles, n’a pas imposé les mains aux autres pour qu’ils reçoivent ces pouvoirs. N’étant pas apôtre, il n’avait pas cette possibilité. Notons aussi que Simon n’a pas offert de l’argent aux apôtres pour qu’ils lui donnent le pouvoir de faire des miracles. Ils accordaient cette capacité déjà à plusieurs, et le faisaient sans demander de l’argent. Simon voulait quelque chose de plus. Il voulait le pouvoir de communiquer les dons aux autres par l’imposition de ses mains. Cette possibilité n’était pas donnée automatiquement par le fait de recevoir soi-même des pouvoirs miraculeux. On pouvait faire des miracles, comme Philippe en faisait, sans être en mesure de communiquer ce pouvoir aux autres.

L’imposition des mains dans ces deuxième et troisième sens n’a plus lieu depuis la mort des apôtres et des personnes qui avaient reçu le don de guérison par l’imposition des mains des apôtres. Dieu continue d’agir puissamment dans ce monde, mais il n’accorde plus à certaines personnes ces dons miraculeux de l’Esprit, car ils ont déjà servi leur but dans son plan (1 Cor. 13.8-10; Héb. 2.3,4; Mc. 16.20; etc.).

4) Le quatrième sens de l’imposition des mains dans le Nouveau Testament se rapporte à l’idée de confier à quelqu’un une charge, de le désigner formellement ou publiquement pour un rôle à jouer ou un devoir à accomplir. En Actes 13.1-3 les chrétiens à Antioche, reconnaissant la charge que Dieu avait donnée à Saul (Paul) et Barnabas, leur imposèrent les mains quand ces derniers devaient partir pour leur premier voyage missionnaire. En 1 Timothée 4.14, Paul dit au jeune prédicateur de ne pas négliger le don qu’il avait reçu avec l’imposition des mains des anciens. (Selon 2 Timothée 1.6, ce fut par l’imposition des mains de l’apôtre Paul que Timothée avait reçu ce don de Dieu. Paul lui avait imposé les mains dans le troisième sens – pour lui communiquer un don miraculeux, mais à la même occasion les anciens lui imposèrent les mains dans le quatrième sens – pour lui confier une responsabilité à accomplir en se servant du don qu’il venait de recevoir.) En 1 Timothée 5.22, Paul lui dit de ne pas lui-même imposer les mains à quelqu’un (lui confier une responsabilité importante) avec précipitation, avant que le caractère de la personne soit prouvé ; sinon, il partagerait la faute si la personne se servait de sa position pour mal faire. En Actes 6 le troisième et le quatrième sens de ce geste étaient tous les deux présents lorsque les apôtres demandèrent à l’Église de Jérusalem de choisir six hommes qu’ils pourraient charger de la tâche d’organiser la distribution quotidienne de nourriture aux veuves. L’Église a choisi des hommes qu’elle présenta aux apôtres, « qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains », évidemment pour leur confier formellement le travail pour lequel ils avaient été désignés (Actes 6.5,6). Mais par la suite, nous voyons que ces hommes, après l’imposition des mains des apôtres, avaient également reçu des pouvoirs miraculeux (Actes 6.8; 8.5-7). Étienne et Philippe étaient, en effet, les premiers chrétiens à part les apôtres à qui le Nouveau Testament attribue des miracles.

Ordination ?

Beaucoup de groupes religieux ont déformé cette idée de confier formellement une charge ou une responsabilité, de déléguer à quelqu’un l’autorité de diriger un aspect de l’œuvre de Dieu, ou de mettre quelqu’un à part pour jouer un rôle particulier. Chez les catholiques, cette pratique de l’Église primitive est la base de ce qu’ils appellent le sacrement de l’Ordre. Sans être passé par la cérémonie où l’on recevrait ce « sacrement », une personne n’a normalement pas le droit de baptiser, de bénir le pain et le vin de la communion, et d’accomplir plusieurs autres services dans l’Église. Selon le Catéchisme catholique, « l’acte sacramentel qui intègre dans l’ordre des évêques, des presbytres (prêtres) et des diacres… va au-delà d’une simple élection, désignation ou institution par la communauté, car elle confère un don du Saint-Esprit permettant d’exercer un “pouvoir sacré” qui ne peut venir que du Christ Lui-même, par son Église. » Selon cette croyance, les évêques « tiennent la place du Christ lui-même » et sont les « successeurs légitimes des apôtres » (Catéchisme, pp. 332,333).

Ce ne sont pas seulement les catholiques qui augmentent beaucoup la signification de l’imposition des mains de cette manière. Les protestants, aussi, parlent généralement de l’ordination et de pasteurs « ordonnés » (mis en contraste avec de simples prédicateurs ou des dirigeants « laïcs »). Chez les mormons il est question de détenir « la prêtrise d’Aaron » et « la prêtrise de Melchisédek », qui auraient été transmises aux fondateurs de leur communauté par l’imposition des mains de Jean-Baptiste et des apôtres Pierre, Jacques, et Jean, revenus sur terre à cet effet. Depuis presque deux cents ans, une succession sans interruption aurait permis de conserver dans l’Église mormone « l’autorité d’agir dans les choses de Dieu ». Un baptême, par exemple, ne serait valable qu’à condition d’être administré par un homme à qui l’on aurait transmis ces prêtrises par l’imposition des mains.

Même parmi ceux qui cherchent à pratiquer le christianisme du premier siècle, on trouve parfois qu’on a été influencé par la conception qu’il faut une sorte de « droit par succession » pour que certains actes soient légitimes. Un frère a écrit : « Tout groupe de chrétiens réuni par la prédication d’un frère préparé, ordonné et envoyé par une ancienne Église du Seigneur à un lieu où il n’y avait pas eu d’Église du Christ au préalable, constitue une assemblée locale biblique… Une telle Église… doit se laisser diriger par… la doctrine de Christ, au moyen des enseignements des ministres préparés pour le ministère. » En d’autres termes, des gens qui découvrent, à travers leurs recherches sincères dans la Parole du Seigneur, ce qu’il faut faire pour devenir chrétien et adorer Dieu conformément à sa Parole, ne pourraient pas le faire sans l’intervention d’un ministre « ordonné ». Les conséquences logiques de cette doctrine sont énormes. En effet, une fois que les hommes abandonnaient la foi biblique et perdaient ainsi leur relation avec Dieu (1 Timothée 4.1-3; 2 Pierre 2.1,2; 2 Jean 9), les générations suivantes n’auraient plus la possibilité de recevoir le baptême ou la communion ou de servir Dieu valablement. La Bible ne pourrait plus être considérée comme une semence vivante (Luc 8.11; 1 Pierre 1.23-25; etc.), capable de porter du fruit dans les cœurs honnêtes et de produire une nouvelle naissance pour le salut ; elle ne serait qu’une lettre morte jusqu’à ce qu’un homme ayant une autorité reconnue se présente pour permettre aux croyants de mettre en pratique ce que dit la Bible.

Une tradition des hommes

En Marc 7.1-13, Jésus accuse les Juifs d’annuler les commandements de Dieu au profit de leur tradition. La même sorte de problème se présente aujourd’hui, et la question de l’ordination en fournit un exemple. Nous savons que Jésus et ses apôtres ont enseigné la nécessité du baptême. Jésus a dit avant de retourner au ciel : « Allez, faites de toutes les nations mes disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28.19). Ou encore : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.15,16). Mais aucun passage biblique n’enseigne que seuls certains chrétiens ont le droit de baptiser ceux qui ont cru. L’accent est mis sur la foi et la repentance de la personne qui reçoit le baptême. Rien n’est dit au sujet des qualifications de la personne qui plonge le nouveau disciple dans l’eau du baptême. Nulle part dans la Bible on ne trouve l’expression « pasteur ordonné », et les détails que nous avons vus concernant l’imposition des mains sont bien insuffisants pour justifier la création d’un clergé ou l’idée de l’ordination telle qu’elle est enseignée dans les dénominations de nos jours. Pourtant, j’ai connu des communautés où des personnes dans des villages jouaient un rôle actif dans l’Église depuis dix ans, mais elles n’avaient pas reçu le baptême tout simplement parce que le « pasteur titulaire » n’était pas venu baptiser les nouvelles personnes. La Parole de Dieu dit clairement que les hommes doivent se faire baptiser, mais afin de respecter un commandement d’hommes, une tradition d’Église, on n’osait pas baptiser ces gens. Les hommes annulent ainsi le commandement de Dieu.

Le problème de Diotrèphe

Parfois le problème est lié à la tradition, mais il faut reconnaître qu’il y a aussi des cas où des hommes se réservent le droit de faire certaines choses dans l’Église parce qu’ils cherchent à créer une sorte d’empire personnel. Ils font penser à un homme mentionné dans la Troisième Épître de Jean :

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas… Il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église. » (3 Jean 9,10)

Souvent, un homme cherchera non seulement à dominer sur une assemblée locale, mais sur toutes les assemblées dans son district ou son pays. Certains le font en s’attribuant une autorité en matière d’argent. Soit on oblige chaque assemblée locale à envoyer ses collectes à un siège central qui en fait la distribution, soit on cherche à jouer un rôle d’entonnoir pour les fonds qui viendraient d’ailleurs pour aider l’œuvre de Dieu dans ce pays. D’autres essaient de développer un monopole sur l’autorité d’agir dans l’Église ; ils enseignent ainsi que « l’ordination » est nécessaire. Parfois un homme prétend qu’il est le seul à détenir le droit d’« ordonner » d’autres frères au ministère pour la simple raison qu’il fut le premier membre de l’Église dans le pays ou la région. D’autres se basent sur des visions divines qu’ils prétendent avoir vues. Quoi qu’il en soit, le désir de contrôler l’Église de cette manière n’est pas sain, et la pratique n’est pas basée sur un enseignement biblique.

La sauvegarde de la vérité

Pour justifier les pouvoirs que l’on donne à certains hommes grâce à ce système d’ordination, on fait appel parfois au besoin d’éviter le désordre et de maintenir la pureté doctrinale. Malheureusement, on rencontre de nombreux cas dans l’histoire du christianisme où c’étaient les dirigeants, ceux qui étaient « ordonnés », qui introduisirent les erreurs et les éloignements du modèle biblique. Cela s’accorde avec la prophétie de Paul en Actes 20.17,18,29,30. Pour sauvegarder la vérité, il faut compter sur l’étude et l’enseignement assidus de la Parole divine et non sur les hommes faillibles et leurs décrets. Il faut toujours cultiver l’attitude des Béréens, qui « examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17.11).

Conclusion

L’imposition des mains, a-t-elle une place dans l’Église aujourd’hui ? Comme nous venons de le voir, des hommes ont abusé de l’idée biblique de l’imposition des mains, surtout en essayant de se réserver des droits qui devraient appartenir à tout homme fidèle dans l’Église : le droit d’évangéliser, de baptiser, de servir la communion, etc. Est-ce pour cela que la pratique d’imposer les mains doit être bannie ? Pas si l’on reconnaît que de nos jours on n’imposerait pas les mains comme pour exercer un don miraculeux ou pour communiquer de tels dons aux autres. Si l’on retient ce geste comme un moyen solennel de faire ressentir l’importance de prendre au sérieux une responsabilité confiée ou de désigner publiquement quelqu’un pour un rôle particulier, on peut certainement s’en servir. Prenons soin seulement de ne pas aller au-delà de ce qui est écrit (1 Corinthiens 4.6).

B. B.
(Dans Vol. 9, No. 5)

 

Pierre fut-il le premier «Pape»?

Considérez ce que vous connaissez des papes, à la lumière de ces faits concernant l’apôtre Pierre :

  1. Pierre avait une belle-mère et était donc marié (Luc 4.38). Au lieu de délaisser sa femme pour servir le Seigneur, il se fit accompagner par elle (1 Corinthiens 9.5).
  2. Pierre demeura un homme pauvre. Il dit en Actes 3.6 : « Je n’ai ni argent ni or. »
  3. Pierre n’acceptait pas qu’on se prosterne devant lui. Lorsque Corneille voulut se prosterner aux pieds de Pierre, celui-ci « le releva, en disant : Lève-toi ; moi, aussi, je suis un homme » (Actes 10.26).
  4. Les autres apôtres ne regardaient Pierre ni comme infaillible ni comme leur supérieur. Paul écrivit : « Mais quand Pierre vint à Antioche, je me suis opposé à lui en public, parce qu’il était dans l’erreur » (Galates 2.11).

Ce que la Bible ne dit jamais :

  1. La Bible n’emploie pas les termes « Pape », « Pontife », « Évêque de Rome », « Vicaire du Christ ». L’expression « Saint Père » n’est jamais employée pour parler de Pierre ou d’un autre homme.
  2. La Bible ne dit nulle part que Pierre était l’évêque de Rome. Elle ne suggère même pas qu’il y ait jamais mis les pieds. En fait, dans son Épître aux Romains, l’apôtre Paul salue par leurs noms 27 personnes dans l’Église de Rome, mais il ne fait pas mention de Pierre. Ne l’aurait-il pas salué si Pierre se trouvait à Rome et qu’il était même le « chef » de l’Église ? Plus tard, lorsque Paul lui-même se trouvait à Rome, il écrivit plusieurs épîtres. Il y met des salutations de la part de certains frères dans l’Église romaine, mais encore, le nom de Pierre n’y figure pas – chose étrange si réellement Pierre dirigeait l’assemblée de Rome
  3. Aucun passage biblique ne parle de successeurs des apôtres. Les évêques sont mentionnés dans le Nouveau Testament, mais ils ne sont jamais appelés successeurs de qui que ce soit.

B. B.
(Dans Vol. 9, No. 3)


Voir aussi Jésus, seul chef de son Église.

Jésus, seul chef de son Église

Jésus est le fondateur de l’Église dont nous lisons dans la Parole de Dieu. Il est en même temps son chef, ou roi, car l’Église est bien un royaume, un royaume spirituel. La parole du Christ, contenue dans le Nouveau Testament, est la loi qui gouverne l’Église. C’est par elle que le roi fait connaître sa volonté. Comme Jésus dit en Matthieu 28.18 avant de remonter au ciel : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. »

Dans l’histoire du christianisme, les hommes ont toujours tenté de s’approprier l’autorité du Christ, s’attribuant un rôle auquel ils n’ont aucun droit. De la bouche ils honorent l’autorité du Christ, mais dans la pratique ils mettent de côté les enseignements clairs du Christ pour imposer leurs propres conceptions humaines. Qu’ils portent le titre de « Prophète-Pasteur » (Église du Christianisme Céleste), de « Pontife romain » (Église Catholique), ou de Président du Conseil des Apôtres (Église Mormone), ces chefs humains cherchent à jouer un rôle dont on ne trouve aucune trace dans le Nouveau Testament. Selon le catéchisme de l’Église Catholique, le Pape, que le Catholique fidèle est censé considérer comme étant « le doux Christ sur terre », a sur l’Église – et je cite – « en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer ». (Notez bien que le mot vicaire, du latin vicarius, signifie littéralement « remplaçant ».) D’autres communautés n’emploient pas forcément le même langage, mais leurs dirigeants s’approprient en réalité presque le même degré de pouvoir sur les assemblées.

Au vu de cet état des choses dans les différentes Églises de nos jours, il vaut la peine de revoir les passages qui insistent sur le rôle de Christ dans son Église. Fixer dans notre esprit l’autorité suprême de Jésus-Christ peut nous aider à ne pas mal comprendre les textes qui nous parlent des rôles à jouer par de simples hommes, les rôles d’évêques ou de pasteurs, de diacres, d’évangélistes, etc. Nous éviterons ainsi d’approuver une usurpation du pouvoir de Jésus.

La souveraineté du Christ

Plusieurs images sont employées dans le Nouveau Testament pour enseigner la place de Jésus dans son Église. Il est présenté, par exemple, comme étant la tête du corps de l’Église. Éphésiens 1.20-23 dit que Dieu a déployé sa puissance en Christ, « en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes… Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous ». La même idée paraît en Colossiens 1.18 : « Il est la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. » Il est évident que c’est la tête qui dirige ou « donne des ordres » au corps. Les membres du corps ne se réunissent pas pour voter ou décider ensemble s’ils veulent faire ce que veut la tête. Aucun membre du corps humain ne prétend remplacer la tête ou diriger les autres membres à sa guise.

D’autres passages bibliques présentent Jésus comme le roi. Il dit lui-même devant Ponce Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde… Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18.36,37). Dès le jour de la Pentecôte, la royauté ou la seigneurie de Jésus était un élément constant dans la prédication des apôtres. Pierre conclut son sermon en Actes 2 par ces paroles : « Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (Actes 2.36). Dieu l’a fait Seigneur et Christ, c’est-à-dire celui qui est oint comme roi. Son royaume n’est pas une monarchie constitutionnelle où son pouvoir est sévèrement limité, un royaume où, en réalité, un premier ministre gouverne le pays. Non. Toute autorité a été donnée à Jésus.

Une troisième comparaison qu’emploie le Nouveau Testament pour décrire la relation entre Jésus et son Église concerne le berger et son troupeau. Jésus dit en Jean 10.13-16 : « Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » « Cette bergerie » était le peuple juif, au milieu duquel Jésus exerçait son ministère terrestre. Les brebis qui n’étaient pas « de cette bergerie » étaient les non-Juifs qui accepteraient l’Évangile. Les « brebis » juives et les « brebis » non-juives forment, selon la parole de Jésus, « un seul troupeau », et il n’y a qu’« un seul berger ». En d’autres termes, il y aurait une seule Église pour tous, Juifs et non-Juifs, et il y aurait un seul berger, ou chef, un seul homme pour guider et diriger l’Église. Cet unique berger est Jésus. Il n’y a pas un berger dans le ciel et un autre qui le représente sur la terre.

Quelques-uns se diront : « Mais les brebis, les simples fidèles, que peuvent-ils faire si des hommes se sont emparés du pouvoir dans l’Église ? Oui, il y a des chefs religieux qui s’attribuent de l’autorité que la Bible ne leur donne pas. Mais les membres ordinaires n’ont aucune possibilité de changer cela. Ils sont obligés de faire ce que décident les chefs. » Mais ce raisonnement n’est pas juste. Toujours en Jean 10 nous lisons au sujet de Jésus : « Les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (Jean 10.3-5). Notre foi doit être basée sur Jésus-Christ, et lui seul. C’est Jésus que l’Église doit suivre. C’est sa voix, qui se fait entendre dans le Nouveau Testament, que nous devons écouter.

N’y a-t-il pas d’autres pasteurs légitimes ?

Jésus est bien le berger ou le pasteur de l’Église, mais la Bible ne parle-t-elle pas d’autres pasteurs légitimes ? Il est vrai que le terme « pasteur » ne se réfère pas uniquement à Jésus dans le Nouveau Testament ; les autres « pasteurs » travaillent sous la direction de Jésus, le vrai propriétaire du troupeau. Aucun d’eux n’occupe la place de Jésus sur la terre. Considérez ces propos de l’apôtre Pierre : « Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée. Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain honteux, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire » (1 Pierre 5.1-4). Il n’est pas nécessaire de préciser que « le souverain pasteur » est Jésus-Christ. Il est également clair que ces autres pasteurs doivent suivre non pas leur volonté, mais celle du souverain pasteur s’ils espèrent recevoir de sa part cette couronne de gloire dont l’apôtre parle.

Et l’apôtre Pierre ?

D’autres objecteront que l’apôtre Pierre avait une place particulière dans l’Église. Ne l’appelle-t-on pas « le Prince des Apôtres » ? N’est-ce pas à lui seul que Jésus dit : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16.19) ? En fait, la Bible n’appelle nulle part Pierre « le Prince des Apôtres ». Mais examinons cette question des clefs que Jésus promet donner à Pierre, les clefs de son royaume, son Église. À quoi sert une clef ? À ouvrir ou fermer, à donner ou refuser l’accès. Jésus emploie le mot « clef » de cette façon en Luc 11.52 : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. » Comment Pierre s’est-il servi des clefs du royaume pour ouvrir les portes de l’Église ? Le jour de la Pentecôte, c’est Pierre qui a prêché l’Évangile pour la première fois. Il a parlé de la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Quand la foule a demandé ce qu’il fallait faire, « Pierre leur dit, » selon Actes 2.38 : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Trois mille Juifs ont obéi à cette exhortation, et l’Église du Christ a vu le jour. Plus tard, en Actes 10, ce fut encore Pierre qui a prêché pour la première fois aux non-Juifs. C’était dans la maison de Corneille. En Actes 15.7 Pierre se référa à ce qui était arrivé ce jour-là chez Corneille : « Une grande discussion s’étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes, frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l’Évangile et qu’ils crussent. » Pierre a ainsi ouvert les portes du royaume aux Juifs et aux non-Juifs.

Quant au droit de lier et de délier, il s’agit de déclarer obligatoire ou de dispenser d’un devoir. En Matthieu 23.4, Jésus accuse les scribes et pharisiens d’avoir lié de lourds fardeaux et de les avoir mis sur les épaules des hommes. Ils avaient rendu obligatoires toutes sortes de devoirs religieux, qui, en fait, n’étaient que des traditions humaines. Pierre aurait l’autorité de dire aux hommes ce que Dieu exigeait d’eux, et ce qu’ils ne seraient plus obligés de faire. Mais remarquez bien que cette même autorité serait donnée par le Seigneur à tous les apôtres. Il leur dit en Matthieu 18.18 : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Tous les apôtres communiqueraient par inspiration la volonté de Dieu pour les hommes dans l’ère chrétienne. La distinction de Pierre serait le fait d’être le premier à prêcher l’Évangile et les conditions du salut, d’abord aux Juifs, et ensuite aux païens, tout comme il avait été le premier à confesser que Jésus était le Christ, le Fils de Dieu.

Pierre avait-il une plus grande mesure d’autorité que les autres apôtres ? Pierre lui-même n’en dit rien. Nulle part dans la Bible Pierre ne se réfère à lui-même comme étant le chef des apôtres. Et rien ne suggère que les autres voyaient Pierre comme étant leur supérieur. Quelques heures avant l’arrestation de Jésus, et donc bien après la promesse de Jésus de donner les clefs du royaume à Pierre, « il s’éleva parmi les apôtres une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ? » (Luc 22.24). Les collègues de Pierre n’avaient évidemment pas compris les propos de Jésus comme un signe que Pierre serait le plus grand parmi eux. Et Jésus n’a pas saisi l’occasion pour appuyer la position spéciale de Pierre. Au contraire, il a tout simplement répété son enseignement que celui qui veut être grand doit s’humilier et se rendre serviteur des autres. Ni Pierre ni ses soi-disant successeurs n’ont été chef de l’Église sur terre.

Conclusion

L’Église n’a qu’un seul chef, Jésus-Christ. Il n’y en a pas deux : un dans le ciel et un autre sur la terre. Jésus est la tête du corps ; il est le roi qui règne sur le royaume ; il est le berger qui dirige le troupeau. Il n’accepte pas de rival ; il n’a pas besoin de remplaçant.

B. B.
(Dans Vol. 9, No. 3)


Voir aussi Pierre fut-il le premier «Pape»?.

Selon les hommes…

« Le Pape, évêque de Rome et successeur de S. Pierre,… est fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles. En effet, le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer. ¶882

« …De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs. » ¶891

Catéchisme de l’Église Catholique,1992


Quel est le protocole pour celui qui voudrait écrire une lettre au Pape ? « On se sert comme en-tête de la formule Très Saint Père, on écrit à la troisième personne en désignant le pape par les mots Votre Sainteté et l’on termine par les lignes suivantes, sans en changer la disposition :

Prosterné aux pieds de Votre Sainteté et implorant la faveur de sa bénédiction apostolique,
J’ai l’honneur d’être,
Très Saint Père,
avec la plus profonde vénération,
de Votre Sainteté,
le très humble et très obéissant serviteur et fils. »

Le parfait secrétaire, Références Larousse, 1986.

L’œuvre de l’évangéliste

Qui est évangéliste ?

Le mot « évangéliste » vient d’un mot grec qui veut dire simplement « quelqu’un qui annonce une bonne nouvelle », telle qu’une victoire militaire. Dans le contexte chrétien, le sens est, bien sûr, plus précis. Il s’agit de celui qui annonce la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ, la bonne nouvelle que Jésus est mort pour nos péchés et qu’il est ressuscité d’entre les morts. En effet, le mot « évangile » signifie, littéralement, bonne nouvelle, et il n’y a pas de meilleure nouvelle que celle-ci : notre Dieu nous offre le plein pardon et une place avec lui dans la gloire éternelle !

Il est certainement vrai que tous les chrétiens ont le privilège et la responsabilité d’annoncer aux hommes perdus cette merveilleuse nouvelle. Quand Jésus a donné aux apôtres l’ordre de prêcher l’Évangile et de baptiser ceux qui croiraient, il a ajouté : « Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.20). Comme il venait de leur prescrire de faire de toutes les nations ses disciples, il va sans dire que tous ceux qui acceptaient l’Évangile devaient à leur tour le propager. Les chrétiens sont donc tous, dans un sens, des évangélistes – ou au moins ils devraient l’être.

Mais en lisant le Nouveau Testament, nous voyons que le mot évangéliste était employé dans un sens un peu plus limité que cela. En Actes 21.8, un certain homme est identifié comme « Philippe l’évangéliste ». Si tout le monde dans l’Église était évangéliste, ce terme n’aurait pas aidé à identifier ce Philippe parmi tous ceux qui portaient le même nom. Et comme on pourrait le déduire d’Éphésiens 4.11, les évangélistes pouvaient être distingués des apôtres, des prophètes et des pasteurs.

Si tous les chrétiens ont la responsabilité d’évangéliser, en quoi certains chrétiens seraient-ils appelés « évangélistes » et d’autres non ? Sans doute, ils étaient désignés « évangélistes » compte tenu, d’un côté d’une aptitude ou d’une formation reçue en ce qui concerne l’évangélisation, ou de l’autre côté, du fait qu’ils se donnaient spécialement à cet aspect du travail de l’Église. On est évangéliste parce qu’on a une capacité particulière pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus ET parce qu’on exploite cette capacité, c’est-à-dire, qu’on fait « l’œuvre d’un évangéliste » (2 Timothée 4.5).

Son œuvre en faveur de l’Église

Il est évident qu’un évangéliste va vers ceux qui ne sont pas encore chrétiens afin de les gagner pour Christ. Mais Éphésiens 4 nous indique que l’évangéliste a également quelque chose à faire pour ceux qui sont déjà membres de l’Église.

« Et [Jésus] a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, […] mais que […] nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. » (Éphésiens 4.11-15)

Tous les conducteurs cités dans ce verset contribuent au « perfectionnement » des chrétiens, pour les amener à grandir en connaissance et en foi et à pouvoir servir. Que ferait un évangéliste pour ceux qui sont déjà sauvés ? Deux possibilités se présentent à l’esprit : (1) ayant une connaissance et une expérience pratiques dans le domaine de l’évangélisation, il est probable qu’un aspect du service rendu à l’Église par les évangélistes était le fait de former les autres chrétiens à pouvoir mieux répandre la bonne nouvelle et amener les gens à se convertir ; (2) il est certain que les évangélistes, après avoir fait des disciples, avaient la tâche de montrer aux nouveaux convertis les principes de base de la vie chrétienne, de les affermir dans la foi, et, là où l’Église n’existait pas encore, de regrouper les nouveaux chrétiens en assemblées locales. Il devait aussi, dans ce cas, leur montrer le bon fonctionnement d’une Église. Cette idée sera appuyée par ce que nous verrons en 1 et 2 Timothée et Tite.

Les conseils à Timothée et Tite

Dans le Nouveau Testament, nous avons, en effet, trois épîtres de l’apôtre Paul qui s’adressent à Timothée et à Tite. Ces deux serviteurs de Dieu, plus jeunes que Paul, avaient été chargés par ce dernier de travailler respectivement avec l’Église d’Éphèse et celles de l’île de Crète. On a l’habitude d’appeler ces trois livres du Nouveau Testament « les épîtres pastorales », mais en fait, Timothée et Tite ne sont pas décrits comme étant des « pasteurs ». Paul exhorte Timothée à faire, par contre, l’œuvre d’un évangéliste ; il devait évangéliser. Mais les instructions de Paul semblent confirmer que les évangélistes devaient amener les convertis et les assemblées à un certain niveau de maturité.

Timothée et Tite devaient enseigner. Paul dit en 1 Timothée 4.13,16 : « Applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement […] Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent. » Dans ces épîtres Paul précise certaines choses que Timothée, à Éphèse, et Tite, sur l’île de Crète, devaient enseigner à différents groupes au sein de l’Église : les serviteurs, les riches, les vieillards, les femmes âgées, les jeunes femmes, les jeunes hommes, les veuves, etc. Paul insiste beaucoup sur la saine doctrine (ou enseignement) qu’il fallait dispenser.

Timothée et Tite devaient également armer les jeunes Églises contre la fausse doctrine. En 1 Timothée 4.1,2 il donne cet avertissement :

« Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs… »

Il signale par la suite deux exemples de ces fausses doctrines, et ajoute au verset 6 :

« En exposant ces choses aux frères, tu seras un bon ministre de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as exactement suivie. »

Paul avait dit au début de son épître, d’ailleurs, qu’il avait engagé Timothée à rester à Éphèse « afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines » (1 Timothée 1.3).

Un troisième devoir de l’évangéliste que nous trouvons dans ces épîtres est celui de préparer d’autres hommes à pouvoir enseigner dans l’Église. Paul dit en 2 Timothée 2.2 :

« Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. »

Enfin, une autre responsabilité que Paul a confiée à Tite est citée en Tite 1.5 :

« Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville. »

Paul et Barnabas avaient fait la même chose dans la Galatie, selon Actes 14.23 :

« Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. »

Tite n’avait pas besoin de choisir personnellement des anciens pour chaque Église locale. Il aurait sans doute procédé de la même manière que les apôtres ont fait en Actes 6 où il était question de désigner des hommes pour une autre tâche dans l’Église : ils ont parlé à l’assemblée en ces termes :

« C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. » (Actes 6.3)

Dans l’Épître à Tite, Paul a, en effet, donné une liste de critères à remplir par ceux qui seraient appelés à servir leurs assemblées comme anciens. Tite devait enseigner ces critères dans chaque assemblée locale, afin que les membres eux-mêmes, qui connaissaient les leurs, puissent savoir choisir leurs propres anciens.

Rien dans le texte ne suggère que Tite devait par la suite superviser les anciens dans leur travail. Il jouait simplement un rôle pour amener les assemblées à une plus grande maturité spirituelle. Il était un serviteur parmi tant d’autres que le Seigneur avait donnés à son Église pour « le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éphésiens 4.12,13).

Les rapports entre évangéliste et assemblée

Le soutien financier ?

La Parole de Dieu enseigne clairement qu’il est normal de soutenir matériellement ceux qui nous enseignent dans les choses spirituelles. En envoyant ses disciples pour prêcher dans tous les lieux où lui-même devait aller, Jésus leur dit d’accepter d’être hébergés et nourris par ceux à qui ils annonceraient la bonne nouvelle, « car l’ouvrier mérite son salaire » (Luc 10.7). L’apôtre Paul enseigna le même principe : « Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne » (Galates 6.6). (Voir aussi Romains 15.26,27.) La discussion la plus longue de ce principe se trouve en 1 Corinthiens 9.1-19, où l’apôtre Paul affirme son droit en tant que prédicateur de l’Évangile de recevoir un soutien de la part de ceux qu’il enseignait. Au verset 14 il va jusqu’à dire que « le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile ». Le contexte montre, pourtant, que cette phrase doit être comprise dans le sens d’une autorisation de recevoir du soutien matériel et non comme une obligation d’exiger un salaire de l’Église. Dans les versets 15 à 19, en effet, Paul explique pourquoi lui-même n’avait pas demandé aux Corinthiens de lui donner ce soutien quand il travaillait parmi eux. Mais bien que Paul n’ait pas « usé de son droit », et enseignait par son exemple qu’il y a des situations où il vaut mieux ne pas en user, il affirme clairement qu’un évangéliste peut travailler à plein temps à la prédication de l’Évangile et être soutenu par l’Église.

La valeur du service à plein temps

En fait, toute assemblée devrait chercher à soutenir au moins un évangéliste fidèle pour qu’il se donne pleinement à l’évangélisation – soit en travaillant au sein de l’assemblée qui lui donne les moyens de vivre, soit en travaillant dans un autre endroit où le besoin est plus grand, où il y a moins d’ouvriers pour le Seigneur. C’est ce que l’Église de Philippes faisait à l’égard de Paul (Philippiens 4.15,16; Actes 18.1-5). Ce dernier exerçait à Corinthe son métier de faiseur de tentes, tout en prêchant l’Évangile. Mais l’aide envoyée par les Philippiens lui permit de « se donner tout entier à la parole, attestant aux Juifs que Jésus était le Christ ». La possibilité d’évangéliser à plein temps permet de répandre la bonne nouvelle plus rapidement et de sauver plus d’âmes. En donnant généreusement pour que d’autres soient capables d’évangéliser davantage, les chrétiens qui donnent participent à la prédication tout comme ceux qui annoncent la Parole. L’apôtre Jean dit à Gaïus, concernant certains frères qui se rendaient quelque part pour y apporter l’Évangile :

« Tu feras bien de pourvoir à leur voyage d’une manière digne de Dieu. Car c’est pour le nom de Jésus-Christ qu’ils sont partis, sans rien recevoir des païens. Nous devons donc accueillir de tels hommes afin d’être ouvriers avec eux pour la vérité. » (3 Jean 6-8)

La prédication de l’Évangile est un travail urgent qui demande des sacrifices de la part de chacun de nous ; des âmes éternelles sont en danger !

Il faut retenir, cependant, qu’il ne doit pas y avoir de honte pour un évangéliste de faire autre travail pour subvenir à ses besoins. Il peut se trouver dans une situation où, quelle que soit la raison, son assemblée ne le soutient pas matériellement. Paul écrivit à l’Église de Thessalonique :

« Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous n’avons pas vécu parmi vous dans le désordre. Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne ; mais, dans le travail et dans la peine, nous avons été nuit et jour à l’œuvre, pour n’être à charge à aucun de vous. Ce n’est pas que nous n’en ayons le droit, mais nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter. » (2 Thessaloniciens 3.7-9)

Un prédicateur peut travailler de ses mains, tout en prêchant la Parole de Dieu.

Le respect

Nous devrions respecter et être reconnaissants envers ceux qui se consacrent de manière particulière à l’avancement de la cause de Christ et l’édification de son Église. Qu’ils soient des évangélistes, des anciens, des diacres ou des enseignants, la Bible nous dit à leur égard :

« Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. Ayez pour eux beaucoup d’affection, à cause de leur œuvre. » (1 Thessaloniciens 5.12,13)

Il y a lieu de respecter l’évangéliste pour son travail, son service utile, les sacrifices qu’il fait pour la cause du Seigneur. Le respect qui est recommandé n’est pas pour un « poste » qu’il occupe, comme c’est le cas pour les rois et les gouverneurs, que l’on doit honorer qu’ils soient de bon caractère ou pas (Romains 13.1-7). Quand Paul dit à Timothée « Que personne ne méprise ta jeunesse », il a montré en même temps la manière d’éviter que les autres le méprisent : « Mais sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en charité, en foi, en pureté » (1 Timothée 4.12). Le respect de ce genre ne se commande pas ; il est gagné par une vie pieuse et le travail dévoué.

L’évangéliste n’est pas un chef de l’Église, et l’autorité qu’il peut avoir ne réside pas dans sa personne ou dans son rang, mais dans la Parole de Dieu qu’il prêche. Pas plus qu’un autre membre, il n’a aucun droit d’imposer à l’Église sa propre volonté, son goût, ses opinions.

Les titres d’honneur

Beaucoup de prédicateurs ont besoin de relire souvent les paroles que Jésus adressa à ses apôtres en Matthieu 23.8-12 :

« Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre Père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. »

Peu importe si le titre que l’on se donne ou que l’on accepte que les autres nous donnent est « Pasteur » ou « Serviteur de Dieu » plutôt que « Rabbi » ou « Père ». Les expressions que nous employons comme titres d’honneur n’ont pas de place parmi nous. Le désir de se faire honorer ou exalter est contraire à l’attitude que nous enseigne la Parole de Dieu.

Remarquons en passant que, selon la Bible, un évangéliste n’est pas la même chose qu’un pasteur. Si les membres de l’Église appellent l’évangéliste « pasteur », ou si lui-même accepte qu’on l’appelle ainsi, ce n’est pas correct. Nous devons « faire les choses bibliques de la manière biblique et appeler les choses bibliques par des noms bibliques ». Autrement nous ajoutons à la confusion qui empêche aux hommes de comprendre la Bible.

Le rôle des écoles de formation biblique

Comment devient-on qualifié comme évangéliste ? Il n’y a pas un seul moyen d’acquérir les connaissances et l’expérience qui permettent à un homme de faire l’œuvre d’un évangéliste. On peut faire une sorte d’apprentissage auprès d’un évangéliste expérimenté. Il semble que l’apôtre Paul formait ainsi des hommes sur le terrain, comme il l’a fait pour Timothée. On peut faire partie d’un groupe de personnes formées ensemble. Jésus formait douze hommes à la fois (sans compter les 70 disciples qu’il prépara et envoya prêcher selon Luc 10). Beaucoup aujourd’hui ont l’occasion de fréquenter une école de formation biblique pour approfondir leurs connaissances et apprendre à mieux travailler. Une telle école peut rendre un grand service aux Églises en fournissant cette formation.

Il faut comprendre, pourtant, que l’école biblique n’est pas le siège de l’Église dans le pays où il se trouve ; son directeur n’est pas un arbitre pour les assemblées ; l’école n’a pas le rôle de placer ou affecter des évangélistes. Ces écoles existent tout simplement comme l’effort de certains évangélistes ou certaines assemblées pour satisfaire au besoin identifié en 2 Timothée 2.2, où Paul dit :

« Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. »

Mais comme nous l’avons dit : ces écoles ne sont pas le seul moyen d’être formé ; certains frères qui n’ont jamais fréquenté une telle école connaissent mieux la Bible et la prêchent de manière plus efficace que la plupart de ceux qui les ont fréquentées. Ajoutons que le diplôme ou certificat octroyés par une école ne confère aucune autorité à celui qui le reçoit et ne met ni l’Église ni les formateurs sous une obligation quelconque d’engager l’étudiant qui achève la formation.

Conclusion

Le rôle de l’évangéliste est souvent mal compris, non seulement par l’Église, mais aussi par de nombreux évangélistes eux-mêmes. Son travail n’est pas : de diriger les assemblées locales, d’organiser leurs activités, de fournir ou de trouver des moyens financiers pour l’œuvre, de superviser quoi que ce soit. L’évangéliste est essentiellement quelqu’un qui se donne à la proclamation de l’Évangile pour amener des pécheurs à se convertir et qui continue d’enseigner la Parole pour amener les convertis et les assemblées vers la maturité. Que ce travail soit rémunéré financièrement ou pas, que l’évangéliste soit honoré ou pas, c’est un travail noble dont on ne peut jamais mesurer la valeur. Beaucoup de choses auxquelles on peut se consacrer dans la vie sont, en fin de compte, pour utiliser le terme du roi Salomon, « vanité des vanités », sans valeur sur le plan éternel. Mais le travail de porter aux hommes perdus l’Évangile qui peut les sauver – voilà un ministère « glorieux » (2 Corinthiens 3.6-9).

B. B.
(Dans Vol. 9, No. 2)

« Toutes les Églises du Christ vous saluent. » Romains 16.16

On estime qu’il y a actuellement plus de 30 000 assemblées locales qui s’identifient comme des Églises du Christ. Quelques-unes ont plusieurs milliers de membres ; d’autres n’ont qu’une poignée de fidèles. Elles se trouvent dans plus de 150 pays partout dans le monde, mais dans beaucoup d’endroits elles ne sont pas bien connues. Ce numéro de Chemin de Vérité cherche donc à vous fournir des explications utiles concernant qui nous sommes et en quoi nous sommes différents des autres. Bien sûr, il y a de nombreuses ressemblances entre l’Église du Christ et les Églises que vous connaissez peut-être mieux. Par exemple, nous croyons en Dieu et à la Bible ; nous croyons que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu’il est mort pour nos péchés et ressuscité d’entre les morts ; nous nous réunissons chaque dimanche pour prier, pour louer Dieu, pour écouter sa parole. Mais, de plusieurs manières, nous sommes distinctifs, différents de la plupart des groupes religieux que vous avez rencontrés.

Différences remarquées lors de la première visite

Quand les gens assistent pour la première fois au culte d’une Église du Christ, ils sont généralement frappés par plusieurs choses.

D’abord il y a le fait que nous n’employons pas d’instruments de musique dans notre adoration – ni tam-tams, ni piano, ni guitare, ni autre instrument. Nous aimons chanter, que nous le fassions bien ou pas. Mais que ce soit une assemblée de cinq personnes ou de 5 000 personnes, nos chants sont « a cappella », c’est-à-dire de la musique vocale, sans instruments. En effet, le Nouveau Testament nous recommande de chanter pour louer Dieu et nous exhorter les uns les autres. Éphésiens 5.19 dit : « Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur. » Colossiens 3.16 parle dans le même sens : « Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment ; instruisez-vous, et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » Hébreux 13.15 dit : « Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire, le fruit de lèvres qui confessent son nom. »

Comme vous le voyez dans ces passages, l’accent devrait être mis sur le sens des paroles que nous chantons. Puisque rien dans la Bible ne recommande aux chrétiens d’employer des instruments de musique pour louer Dieu, nous ne prenons pas la liberté de les ajouter. Il est vrai que les instruments étaient employés par les Juifs dans leur temple à Jérusalem, mais pour ce qui concerne les premiers chrétiens, et la Bible et l’histoire s’accordent pour dire qu’ils chantaient sans accompagnement instrumental.

Une autre différence que les visiteurs, surtout en Afrique, tendent à remarquer quand ils adorent avec nous pour la première fois est que notre adoration se passe dans le calme et l’ordre. Les gens ne sont pas toujours favorables à cette différence. Ils sont habitués à trouver dans d’autres Églises une certaine ambiance de fête où « ça bouge » et « ça danse ». Ils s’attendent à ce que, au moment de la prière, tout le monde se mette à parler à la fois, à haute voix. D’autres sont en train de crier ; d’autres parlent de façon incompréhensible ; d’autres tombent en transe. Ne sachant pas vraiment comment l’Esprit de Dieu se manifeste, ceux qui sont habitués à ces choses pensent à tort que l’Esprit n’est pas parmi nous, puisque personne parmi nous n’agit de cette manière.

Mais en fait, une autre façon de faire reflète mieux la nature de Dieu et la présence de son Esprit. En 1 Corinthiens 14.33, l’apôtre Paul écrit : « Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. » Il dit au verset 40 du même chapitre, pour conclure un passage où il donne des instructions très précises concernant les cultes chrétiens : « Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre. » Quelles instructions avait-il données ? Il dit aux versets 27 et 28 : « En est-il qui parlent en langue ? Que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète ; s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Église. » Une personne à la fois devait parler. Ensuite il parle de ceux qui donnaient des messages par inspiration, et il donne la même règle : « Si un autre qui est assis a une révélation, que le premier se taise. Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés » (vs. 29-31). Même les prières lors du culte suivaient cette règle afin que l’assistance entière soit édifiée. Aux versets 16,17 on voit clairement qu’une personne élevait la voix pour parler à Dieu au nom de l’Église ; les autres écoutaient et disaient « amen » pour exprimer leur accord avec celui qui les avait tous conduits en prière. Tout était donc « avec bienséance et avec ordre ».

Une autre différence par rapport à beaucoup d’Églises de nos jours est que dans les Églises du Christ, les femmes ne prennent pas la parole dans l’adoration pour s’adresser à l’assemblée. Elles ne deviennent pas pasteurs ou prédicateurs. Ce n’est pas pour dire qu’elles n’ont pas de service à rendre dans l’Église. Loin de là ! Elles servent Dieu de beaucoup de manières. Nous avons des sœurs qui font autant pour le Seigneur que quiconque parmi nous. Que ce soit la bienfaisance, l’évangélisation, l’enseignement des femmes et des enfants, ou bien d’autres services, ces sœurs n’ont jamais cessé de travailler pour Dieu. Mais elles ne prêchent pas devant l’Église, elles ne conduisent pas les hommes en prière, et elles cherchent à respecter la place que Dieu a désignée pour les femmes. En effet, ce n’est pas nous, c’est la Bible qui dit, en 1 Corinthiens 14.34 : « Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. » 1 Timothée 2.12 contient le même enseignement : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. »

D’autres remarquent une certaine égalité parmi tous les membres. Personne parmi nous ne porte un titre d’honneur tel que Père, Pasteur ou Révérend. Nous gardons à l’esprit que Jésus lui-même a enseigné en Matthieu 23.9-12 : « N’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » Non seulement nous ne portons pas de titres d’honneur, mais quand nous employons des expressions bibliques telles que « pasteur » ou « évêque », nous les réservons pour ceux qui sont qualifiés selon les critères donnés dans les Écritures, en 1 Timothée 3 et Tite 1. Les conducteurs spirituels d’une assemblée sont choisis par les autres membres. L’assemblée doit évaluer l’enseignement des hommes qu’elle choisirait – sont-ils dans la bonne doctrine ? Elle doit considérer leur caractère – est-ce qu’ils peuvent être des modèles à suivre pour les chrétiens ? Elle doit prendre en compte leur vie familiale – pour être pasteur on doit avoir une femme et des enfants qui sont chrétiens – arrivent-ils à bien les diriger ? Ont-ils l’amour des âmes ou bien est-ce que leur souci principal est leur propre intérêt matériel ? Dans les Églises du Christ, un homme ne se lève pas pour dire qu’il est pasteur parce qu’il pense que Dieu l’a appelé ou parce qu’il a suivi une formation. Et même quand des hommes sont désignés comme pasteurs dans une assemblée, le mot « pasteur » n’est pas un titre qu’ils portent, mais un rôle qu’ils doivent jouer, celui de bergers qui veillent sur les brebis.

Différences qu’on voit avec le temps

Le fait que nous n’employons pas d’instruments de musique, que nous ne prions pas dans le bruit et le désordre, que les femmes ne dirigent pas, et que personne parmi nous ne se fait appeler « mon Pasteur » ou « mon Père », tout cela peut se remarquer lors d’une première visite dans nos assemblées. Mais si vous continuez de nous fréquenter, vous remarquerez d’autres différences.

Par exemple, nous prenons le repas du Seigneur tous les dimanches plutôt qu’une seule fois dans le mois, le trimestre ou l’année. Selon le livre des Actes, les premiers chrétiens persévéraient dans la fraction du pain, le repas du Seigneur (Actes 2.42). Le but de leur réunion chaque premier jour de la semaine était de rompre le pain en mémoire de la mort du Seigneur Jésus pour les péchés de chacun de nous (Actes 20.7; 1 Corinthiens 11.20-22). Nous suivons la même pratique.

Pour ce qui est du financement de l’œuvre de l’Église, vous trouverez une absence de méthodes, si communes ailleurs, pour contraindre les membres à donner. Chaque dimanche, chacun donne (1 Corinthiens 16.1,2) généreusement (Romains 12.8), selon ses moyens (Actes 11.29), « comme il a résolu en son cœur » (2 Corinthiens 9.7). On ne parle pas de « payer » la dîme ou un denier de culte, de cotiser tel montant par tête, ou de faire des collectes tout au long de la semaine quand on se réunit pour des études bibliques ou la prière.

Vous remarquerez aussi que nous n’avons pas de siège, pas d’Église mère, pas de hiérarchie. Il n’y a pas d’organisation missionnaire distincte de l’Église. Il n’y a que des assemblées locales dans les différents villages, villes et quartiers. Chaque assemblée est autonome, responsable directement au Seigneur. Elle choisit ses propres enseignants, elle décide comment utiliser l’argent que les membres contribuent, elle détermine son propre programme de travail. Tant que ces différentes assemblées restent dans la vérité de l’enseignement biblique, elles sont attachées les unes aux autres par des liens de communion fraternelle. Elles sont libres de coopérer ensemble volontairement pour répandre la bonne nouvelle, mais elles ne reconnaissent pas d’autre structure d’organisation. Et tout cela est parce qu’elles suivent un modèle qui se trouve dans le Nouveau Testament.

Vous verrez aussi que ce que nous faisons et enseignons à l’égard du baptême est différent des pratiques et doctrines des autres communautés. Nous baptisons par immersion ; il y a beaucoup d’Églises qui font cela. Par contre, nous croyons que le baptême est, selon la Bible, une condition qu’il faut remplir pour être sauvé, pour devenir enfant de Dieu, pour recevoir le pardon des péchés. Jésus dit en Marc 16.16 : « Celui qui croira ET qui sera baptisé sera sauvé. » L’apôtre Pierre a prêché le jour de la Pentecôte : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38). Ananias dit à Saul de Tarse en Actes 22.16 : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » Paul dit aux Galates : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Galates 3.7). Bien d’autres versets parlent dans le même sens. Nous prêchons donc que pour être sauvé et ajouté par Dieu à son Église, l’homme doit écouter la bonne nouvelle de la mort, l’enterrement et la résurrection de Jésus, il doit croire de tout son cœur que Jésus est le Fils de Dieu, il doit se repentir de ses péchés, il doit dire aux autres qu’il croit en Jésus, et il doit être baptisé dans le but de recevoir le pardon.

Afin de nous conformer aux exemples bibliques de conversion, nous n’ajoutons pas de conditions au baptême que Dieu n’a pas fixées : c’est-à-dire, nous n’imposons pas de catéchisme ou cours de baptême à suivre pendant des mois ou des années, et nous n’imposons pas un certain temps d’observation avant d’accepter de baptiser quelqu’un qui croit à l’Évangile et qui se repent. Il y a parmi nous des gens qui, comme le geôlier philippien en Actes 16, ont été baptisés au milieu de la nuit parce qu’ils ne voulaient pas rester dans leurs péchés jusqu’au lendemain. Là encore, c’est quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir dans les autres Églises. Ce n’est pas simplement une question de goût. Nous croyons que le salut éternel de chaque personne est en jeu.

Pourquoi ces différences ?

Alors, pourquoi sommes-nous différents sur ces points et plusieurs autres ? Le principe qui explique ces différences est évoqué par une question que les chefs des Juifs ont adressée à Jésus : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné l’autorité de les faire ? » (Marc 11.28). Voilà une question que chacun doit se poser concernant ce qu’il fait dans la religion. Dans sa réponse, Jésus a identifié les deux seules réponses possibles : soit notre autorité vient de Dieu, soit elle vient des hommes. Soit nous faisons ce que Dieu exige, soit nous suivons des commandements d’hommes.

Comment donc Dieu nous fait-il savoir sa volonté aujourd’hui ?

Disons d’abord que c’est par la Bible seule que Dieu fait connaître aux hommes ce qu’ils doivent faire. Elle est une révélation complète. Selon 2 Timothée 3.16,17, « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » La parole de Dieu est donnée pour que nous soyons accomplis ou mûrs, complètement formés, et aptes ou préparés pour faire tout ce que Dieu veut. Cette parole « ne passera pas » et n’a pas besoin d’être modifiée. Jude 3 dit que la foi chrétienne « a été transmise aux saints une fois pour toutes ». Galates 1.8 prononce une malédiction sur quiconque annonce un évangile s’écartant de celui que Paul et les autres apôtres prêchaient. L’apôtre Jean déclare en 2 Jean 9 que quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu. Ni les soi-disant prophètes modernes ni les traditions des différentes Églises n’ont rien à ajouter à ce qu’enseigne la Bible.

Précisons ensuite ceci : bien que toute la Bible soit la parole de Dieu, c’est le Nouveau Testament qui contient l’alliance entre Dieu et les hommes qui est actuellement en vigueur. La Bible dit en Hébreux 8.6,7 que Jésus « est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. » Puisque l’ancienne alliance (l’Ancien Testament) a été, selon Colossiens 2.14, clouée à la croix de Christ, personne ne doit juger son prochain pour des questions telles que les sabbats et les lois alimentaires qui ne sont pas reprises dans le Nouveau Testament, car « c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ » (Colossiens 2.17). Jésus dit que la parole que lui-même a prononcée, c’est elle qui nous jugera au dernier jour (Jean 12.48).

Précisons enfin, en ce qui concerne l’autorité, que ce qui est autorisé est autorisé ; ce qui n’est pas autorisé est défendu. Quand le médecin vous fait une ordonnance, le pharmacien est autorisé de vous dispenser les médicaments que le médecin a ordonnés. Le docteur n’a pas besoin de citer tout ce que le pharmacien ne doit pas vous servir. Quand vous envoyez votre enfant à la boutique pour payer deux bouteilles de Fanta, il n’a pas le droit de payer aussi des bonbons et un jouet pour lui-même. Vous n’avez pas besoin de lui dire tout ce qu’il ne doit pas payer. Vous lui avez dit ce que vous voulez, et cela suffit.

Pareillement, Dieu nous dit dans sa parole ce qu’il veut que nous fassions dans son service. Il n’a pas besoin de défendre explicitement tout ce qu’il ne veut pas (Héb. 7.14; Lév. 10.1-3; Actes 15.24). Quand il dit que le repas du Seigneur se fait avec du pain et du « fruit de la vigne » (vin ou jus de raisin), il n’a pas besoin de spécifier que l’on ne doit pas ajouter du poulet rôti et des pommes frites à la table du Seigneur. Nous savons que cela n’est pas autorisé. Quand il dit de chanter, il n’a pas besoin de nous dire qu’il ne faut pas ajouter à nos cantiques des instruments de musique. Nous savons que cela n’a pas été autorisé.

Quand on respecte l’autorité de la Bible, on cherche à parler là où la Bible parle et à se taire là où elle se tait (Apocalypse 22.18,19). On veut être en mesure de montrer bibliquement pourquoi l’on croit ce que l’on croit et fait ce que l’on fait. On se garde d’accepter des pratiques qui n’ont pas de soutien dans le Nouveau Testament. Voilà pourquoi, même en ce qui concerne les noms que nous portons, nous n’acceptons pas d’étiquettes comme « protestant », « évangélique », ou « catholique ». Nous nous considérons comme des « chrétiens », tout court, comme l’étaient Pierre, Paul, Jean et tous les premiers disciples.

Conclusion

Le Seigneur ne jugera aucun groupe religieux sur le nombre de ses membres, la beauté et la taille de son lieu de prière, ou tout autre critère humain. C’est sa parole qui nous jugera. Au dernier jour il faudra avoir fait la volonté de Dieu, cette volonté qui est expliquée dans le Nouveau Testament.

Le Nouveau Testament ne parle pas de dénominations. Nous ne voulons pas en être une. La Bible parle d’une Église que Jésus a fondée (Matt. 16.18). Notre but est donc d’être, non pas une dénomination ou « nouvelle Église », mais la même Église que celle dont nous lisons dans la parole de Dieu, l’Église à laquelle le Seigneur ajoutait ceux qui étaient sauvés (Actes 2.47). Nous voulons nous soumettre humblement à sa parole et « faire tout d’après le modèle » qu’elle contient (Hébreux 8.5).

B. B.
(Dans Vol. 8, No. 4)

La correction spirituelle

Nous sommes gardiens de nos frères

Dans sa jalousie, Caïn tua son frère Abel. Par la suite, Dieu lui dit, sans doute pour l’amener à avouer son crime : « Où est ton frère ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4.9). Dans le contexte de l’Église, la réponse à sa question serait : « Si, tu es bien son gardien dans un sens ; tu n’as pas le droit d’être indifférent concernant ce qui lui arrive ; tu as le devoir de l’aider s’il se trouve en danger. » Voilà pourquoi Hébreux 10.24,25 nous dit : « Veillons les uns sur les autres… exhortons-nous les uns les autres. » Les membres de l’Église ont besoin les uns des autres tout comme les membres d’un corps humain ne peuvent vivre s’ils sont séparés du corps. L’apôtre Paul dit que Dieu a fait les corps humains et l’Église de telle manière que « les membres aient également soin les uns des autres » (1 Corinthiens 12.25).

L’aide spirituelle, le suivi, la surveillance bienveillante – quel que soit le terme que l’on veut employer – nous en avons besoin. Parfois, surtout quand nous commettons une erreur dans notre vie spirituelle, nous ne voulons pas de cette aide, mais c’est à de tels moments que l’intervention de nos frères et sœurs en Christ est probablement le plus nécessaire. Généralement, le fait de veiller les uns sur les autres et de s’exhorter mutuellement prend la forme d’enseignements et de prédications dans les réunions de l’Église, de visites amicales chez les uns et les autres, de paroles d’encouragement et d’actes concrets qui allègent les fardeaux en temps de maladie, de deuil, d’échec, ou de perte. Ceux qui sont déjà passés par des épreuves ou des tentations nous fortifient en partageant des leçons apprises et des conseils utiles.

Mais parfois cette aide doit prendre la forme de correction spirituelle. Malheureusement, cette forme d’aide est souvent mal comprise et peu employée dans les assemblées. Pourtant, la Bible enseigne clairement qu’elle est recommandée par Dieu. En plus, la Parole de Dieu nous montre les attitudes à conserver et les étapes à suivre quand il faut corriger un chrétien qui ne se détourne pas d’un péché. La dernière étape, qui, assez souvent, n’est pas nécessaire, est la suspension de toute relation fraternelle avec le coupable. On « s’éloigne » de la personne. Mais avant de considérer le « comment », insistons davantage sur le « pourquoi ». Nous voulons répondre à trois raisonnements qui poussent des Églises à ne pas corriger bibliquement leurs membres qui sont en faute.

Objections :

1. « La correction est contraire à l’amour. L’amour excuse tout. »

Beaucoup ont l’idée que si l’on dit à quelqu’un qu’il a tort, si on lui adresse un reproche public, si on l’exclut de quelque manière que ce soit, c’est qu’on n’a pas vraiment d’amour pour cette personne. On lui fait ce qu’on ne voudrait pas que les autres nous fassent. D’ailleurs, 1 Corinthiens 13.7 dit que « l’amour excuse tout ». Or, personne n’ignore que l’amour est essentiel dans le christianisme et doit toujours primer.

Jésus lui-même a dit : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13.35). Et l’apôtre Jean dit : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. Et nous avons de lui ce commandement : Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jean 4.20,21). Bien d’autres versets, en plus de ceux-ci, enseignent que les chrétiens doivent s’aimer les uns les autres.

Malheureusement, l’amour n’est pas toujours compris de la manière qu’il faut. Il est possible de penser que l’on aime quelqu’un tout en lui faisant du mal. Or, aimer quelqu’un c’est toujours vouloir et chercher ce qui est bien pour cette personne. Et le bien-être qu’il faut rechercher pour ceux qu’on aime concerne non seulement leurs besoins immédiats, mais aussi leurs besoins plus lointains, non seulement les besoins physiques et émotionnels, mais aussi ceux qui sont spirituels et éternels.

Un médecin a parfois besoin d’administrer une injection douloureuse qui fait mal dans un premier temps, mais qui est nécessaire pour guérir ou éviter une maladie mortelle. Un parent reconnaît qu’il doit parfois frustrer son enfant en lui refusant quelque chose que l’enfant désire très fort, mais qui, à long terme, lui ferait du mal. Ce n’est pas un plaisir pour le parent de dire « non » à son enfant ou de le punir quand ce dernier a mal agi, mais l’amour pousse le père ou la mère à exercer la discipline. Voilà pourquoi la Bible dit : « Celui qui aime son fils cherche à le corriger » (Proverbes 13.24; voir aussi Prov. 23.13,14). Le fait que « l’amour excuse tout » ne veut pas dire que l’on ferme les yeux sur le péché qui risque de condamner éternellement celui qu’on aime ; « l’amour excuse tout » se réfère plutôt au fait que l’on continue d’aimer malgré les offenses les plus graves et de pardonner au pécheur qui se repent, quel que soit son crime.

Le plus grand mal dans notre vie n’est ni la douleur, ni l’humiliation, ni la privation, ni même la mort physique. Selon la pensée chrétienne, le plus grand de tous les maux, c’est le péché. Il tue spirituellement. Il sépare de Dieu. Il condamne éternellement. C’est la maladie la plus dangereuse, l’ennemi le plus subtil et trompeur. Dans un sens, la « catégorie » de péché en question importe peu. Que ce soit un péché contre la moralité, tel que la fornication ou l’ivrognerie (1 Cor. 5.9-13), un péché contre la paix et l’unité dans l’Église (Tite 3.10) ou un péché contre la vraie doctrine (2 Jean 9-11), il s’agit d’un danger réel qui demande une attention particulière. Voir son frère en Christ s’enfoncer dans le péché sans essayer de le sauver, sans chercher à lui faire comprendre sa situation spirituelle et lui indiquer le moyen d’en sortir, voilà le véritable manque d’amour. La correction spirituelle que l’Église est appelée à administrer ne témoigne pas d’un manque d’amour. C’est tout à fait le contraire.

2. « Étant eux-mêmes pécheurs, les membres de l’Église ne doivent pas juger les autres. »

Un deuxième argument contre la correction spirituelle est que personne n’est en mesure de « juger » son frère. Jésus n’a-t-il pas dit : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés… Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre dans le tien ? » (Matthieu 7.1,3) ?

Ce que Jésus condamne ici n’est pas tout jugement ou tout effort d’aider autrui à se corriger. Jésus reproche l’hypocrisie de ceux qui sont très sévères à l’égard de la moindre faute du prochain tout en étant quasiment aveugles à leurs propres péchés. Il arrive même que la personne qui juge soit coupable à un plus haut degré de la même sorte de péché qu’il condamne chez l’autre. L’orgueil humain fait qu’il soit souvent plus facile de repérer les manquements de ses frères que de faire face à sa propre culpabilité.

La solution à ce problème n’est pas de ne plus chercher à corriger un chrétien qui s’égare. Jésus lui-même précise le comportement à suivre : « Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère » (Matthieu 7.5). L’apôtre Paul, aussi, a enseigné l’importance de l’humilité, tout en faisant la recommandation de redresser les chrétiens qui pèchent : « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » (Galates 6.1).

3. « La correction éloignerait le coupable encore davantage. »

Certains pensent que si l’Église est exigeante à l’égard des comportements, elle perdra des membres. Ils pensent que si l’on porte à l’attention de toute l’Église un problème de péché dans la vie d’un membre, ce dernier n’aura plus jamais le courage de venir dans l’assemblée. Et si l’on arrive au point de suspendre les rapports fraternels avec lui, ce chrétien sera endurci dans son péché.

Reconnaissons d’abord que Dieu sait mieux que nous ce qu’il convient de faire. Ce n’est pas à nous, avec notre intelligence humaine et donc limitée, de rejeter une pratique qui est clairement ordonnée dans la Parole de Dieu. Qui sommes-nous pour décider que le plan de Dieu n’est pas bon et ne saurait pas être efficace ? En réalité, la correction spirituelle atteint souvent l’objectif d’amener le chrétien égaré à la repentance. En fait, elle est souvent la seule chose qui puisse lui faire voir la gravité de sa situation spirituelle. Elle « semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais [elle] produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice » (Hébreux 12.11).

Dans certains cas, à cause de l’orgueil ou la dureté de cœur du frère qui pèche, l’Église n’arrive pas à l’amener à se repentir. Cela ne veut pas dire que la correction spirituelle a été en vain. Elle a d’autres valeurs, en plus de son potentiel de sauver un membre qui s’égare.

Deux autres raisons pour la correction spirituelle :

1. Protéger la santé spirituelle de l’Église.

En 1 Corinthiens 5 l’apôtre Paul consacre tout un chapitre au besoin d’exercer la discipline dans l’Église de Corinthe. Un membre de l’assemblée commettait l’adultère avec la femme de son père. Selon Paul, même les païens ne faisaient pas de telles choses. Mais face à cette situation l’Église ne réagissait pas, et Paul l’exhorte clairement : « Que celui qui a commis un tel acte soit ôté du milieu de vous ! » (1 Corinthiens 5.2). Une motivation pour cette mesure est, bien sûr, le salut du frère coupable (« afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus » – v. 5). Mais une autre raison est évoquée par l’image du levain (vs. 6-8). Tout comme la levure que l’on met dans la pâte de farine a un effet important de fermentation sur toute la pâte, de même le péché que l’on tolère dans l’Église a une forte influence de corruption spirituelle et morale. Les membres de l’Église voient les péchés des autres chrétiens, que ce soit le péché sexuel, l’ivrognerie, l’idolâtrie, le manque de générosité, l’indifférence, la corruption/la fraude ou les paroles méchantes qui blessent et qui sèment la division. Ils voient que l’Église ne fait rien pour corriger ces personnes – aucun avertissement, aucune marque de désapprobation. Et ils tirent la conclusion que ces péchés ne constituent pas de danger spirituel. Ils sont attirés par la facilité et le plaisir du péché. Ils ne reconnaissent plus qu’ils ont été appelés à « sortir » du monde et à vivre dans la sainteté. Ils oublient que « les injustes n’hériteront pas le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6.9) et que « si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première » (2 Pierre 2.20). Voilà pourquoi nous avons des recommandations telles que : « Exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché… Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » (Hébreux 3.13; 12.15). Même si le chrétien qu’on cherche à corriger ne se repent pas, les mesures prises par l’Église pour le corriger ne sont pas pour rien. Ces mesures peuvent aider d’autres chrétiens à reconnaître le danger et à éviter de suivre l’exemple du pécheur.

2. Protéger la réputation de l’Église.

Il y a une autre valeur de la correction spirituelle, même là où le frère en faute ne revient pas au Seigneur : elle permet de sauvegarder la réputation de l’Église aux yeux du monde. Il est vrai que l’Église est composée d’êtres humains faibles et pécheurs. On dit parfois que c’est un hôpital pour soigner des pécheurs et non pas un musée pour étaler des « saints ». Néanmoins, nous sommes « appelés à être saints » (Romains 1.7) ; notre lumière doit luire « devant les hommes, afin qu’ils voient [nos] bonnes œuvres, et qu’ils glorifient [notre] Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5.16). Notre comportement peut déshonorer le nom de Christ ou bien favoriser la conversion des autres à la foi chrétienne (Tite 2.5-10; 1 Pierre 3.1,2). Nous voulons que l’Église soit pure, « afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous » et « afin de faire honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur » (Tite 2.8,10).

Lorsque ceux qui se disent chrétiens se comportent mal, la cause du Seigneur en souffre. Mais la correction spirituelle réduit les dégâts. Quand les non-chrétiens nous accusent à cause des péchés commis par un membre de l’Église, nous pouvons répondre, si le coupable a accepté la correction : « Oui, il a mal fait. Mais il a lui-même reconnu son péché. Il l’a confessé, il a demandé pardon, et il a résolu de ne plus commettre cet acte. » Même si le coupable a refusé de se repentir, l’Église est en mesure de répondre : « Oui, il a mal fait. Mais l’Église n’approuve pas son péché. Les membres ont tout fait pour l’amener à changer de vie. Comme il a refusé, nous avons fini par nous éloigner de lui et ne plus avoir de contact fraternel avec lui jusqu’à ce qu’il renonce à ses mauvaises actions. »

Comment y procéder

Le Seigneur a enseigné en Matthieu 18.15-17 quatre étapes par lesquelles on essaie de ramener un frère de son péché :

(1) « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. » Remarquez que si son frère a péché, on ne doit pas se plaindre aux autres ou parler abusivement du frère à son absence. On ne doit pas non plus l’accuser publiquement. Il est possible qu’il ait agi dans l’ignorance. Il est possible que l’on se soit trompé sur la nature de son acte. Il est possible qu’il accepte humblement la correction.

(2) « Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. » Quand le frère qui est en faute ne prend pas au sérieux le reproche ou le conseil d’une seule personne, il est parfois nécessaire d’aller avec d’autres personnes pour l’aider à comprendre la gravité de son état devant Dieu.

(3) « S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église. » On porte le problème à l’attention de toute l’assemblée pour que l’Église adresse des exhortations au coupable dans l’espoir qu’il voie la sagesse collective de l’assemblée et reconnaisse son erreur.

(4) « Et s’il refuse d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. » Les Juifs n’avaient pas de contact amical ou fraternel avec les païens. Les publicains, c’est-à-dire des Juifs qui collectaient des impôts de la part de leurs compatriotes pour les remettre aux oppresseurs romains, étaient vus comme des traîtres à la nation et des apostats en ce qui concerne la foi juive. Les Juifs fidèles n’avaient aucune relation avec eux sauf pour le paiement des taxes. La recommandation de Jésus dans ce passage vise surtout ce manque de contact fraternel ou social et ne sous-entend pas la haine ou le mépris. Cela se confirme par d’autres passages qui décrivent cette mesure :

« Si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère. » (2 Thessaloniciens 3.14,15)

« Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir de relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. » (1 Corinthiens 5.11)

« Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres. » (2 Jean 10,11)

Il y a des communautés où la correction d’un fidèle en erreur semble être l’affaire d’un « responsable » plutôt que de toute l’Église locale. On défend au frère en faute de prendre la communion, mais les autres membres continuent souvent de s’associer avec lui comme d’habitude. Pour que la méthode biblique soit efficace, il faut que la correction soit appliquée par toute l’Église et non pas par certains individus seulement. Il ne s’agit pas d’un conflit personnel, mais d’une violation de la volonté de Dieu. Il faut aussi que la communion fraternelle soit riche et profonde. Si, en effet, je n’ai pas avec les frères et sœurs en Christ une relation chaleureuse et intime, si nous ne nous connaissons guère, je ne serai pas très touché par le fait que l’Église s’éloigne de moi. Si, par contre, nous partageons nos fardeaux, nos biens, le travail de Dieu et une amitié sincère, la perte de cette communion fraternelle me fera très mal. Je prendrai plus au sérieux la faute qui m’a fait perdre ce trésor spirituel que je désire vivement retrouver. Cultivons donc le vrai amour fraternel, et sachons le démontrer, même quand notre frère pèche.

B. B.
(Dans Vol. 7, No. 5)

«Aie soin de faire tout d’après le modèle»

L’importance des modèles

Un modèle, nous le savons tous, c’est ce qui est donné pour servir de référence, pour être reproduit. C’est un original à imiter. Celui qui a conçu un modèle peut montrer à celui qui doit le reproduire un échantillon ou prototype. Il peut aussi lui donner une liste de critères à respecter, des instructions orales ou écrites.

L’emploi de modèles est courant dans presque tous les domaines de la vie. Une cliente apporte à son couturier une robe et un tissu. La robe doit lui servir de modèle pour qu’il en fasse une autre du même style et de la même taille. Un client montre à son menuisier la photo d’un meuble qu’il veut faire confectionner, ajoutant oralement des détails sur les dimensions. Un maître d’école affiche des exemplaires de toutes les lettres de l’alphabet pour que les écoliers apprennent à les reproduire dans leurs cahiers. Un entrepreneur fournit à des constructeurs des plans préparés par un architecte pour que l’édifice soit à la fois solide, fonctionnel et conforme au goût de celui pour qui on le construit.

Dans tous ces domaines et bien d’autres, dévier du modèle a des conséquences parfois désastreuses. Dans l’industrie, les pièces de rechange sont inutiles s’ils ne sont pas conformes aux modèles dans les moindres détails. Dans l’éducation, l’élève ne réussit pas s’il n’apprend pas à faire ce que le maître lui montre. Dans l’artisanat, le tailleur, le menuisier ou le sculpteur qui n’arrive pas à bien copier le modèle qui lui est donné perdra tous ses clients. Le bâtiment qui n’est pas construit selon des plans professionnels peut s’écrouler et occasionner la mort de tous ceux qui se trouvent à l’intérieur.

Il faut se référer constamment au modèle pour ne pas introduire des éléments qui n’y sont pas conformes, qui faussent le résultat final, qui affaiblissent ce qu’on veut bâtir, ou qui déplaisent au client ou patron. Ne pas respecter le modèle empêche l’uniformité. C’est le désordre, la confusion et l’échec qui en résultent.

L’existence d’un modèle dans le christianisme

Le principe de suivre un modèle est important dans le domaine de la religion, aussi. Dans l’Ancien Testament, Dieu a ordonné à Moïse de faire construire un lieu d’adoration, une tente sacrée appelée « le tabernacle ». Dieu a précisé dans les moindres détails de quelle manière il serait construit, les meubles qui s’y trouveraient, l’habillement des sacrificateurs qui y célébreraient un culte, et les cérémonies que ces sacrificateurs devaient faire. Et il tenait absolument à ce que sa volonté soit respectée en ces choses. Hébreux 8.5 nous dit que Moïse fut « divinement averti » : « Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne. » Dieu ne laissa pas aux Israélites la liberté de décider de quelle manière ils serviraient l’Éternel. Dans le Nouveau Testament pareillement, il est clair que le Seigneur lui-même a décidé ce que son Église doit faire et enseigner, ce à quoi elle doit ressembler, et de quelle manière ses membres doivent se conduire et travailler. Jésus a parlé sévèrement de ceux qui délaissaient les choses que Dieu avait ordonnées et qui instituaient des pratiques d’origine humaine : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition » (Marc 7.7-9).

Il ressort clairement des épîtres de Paul qu’il enseignait la même chose partout où il allait. Ce n’est pas qu’il manquait d’originalité pour trouver de nouvelles idées. Ce n’est pas non plus que la culture était pareille dans tous les pays où il travaillait. Les gens de Lystre et de Derbe étaient considérés par les autres comme ignorants, superstitieux et presque « sauvages » ; les Corinthiens étaient des gens mondains qui poursuivaient avant tout le luxe et le plaisir sexuel ; ceux de Philippes étaient fiers de leur citoyenneté et culture romaines, qui les distinguaient des villes grecques aux alentours ; la force des Ephésiens, c’était la magie ; la gloire des Athéniens, c’était la philosophie. Chaque ville, chaque pays avait ses propres culture et mentalité, mais l’apôtre était convaincu que tous avaient besoin du même enseignement. Il recommandait les mêmes pratiques partout. Et pourquoi ? Parce qu’il était très conscient du fait qu’il y avait un modèle à suivre, un modèle qu’il n’avait pas inventé, mais qui lui avait été montré par le Seigneur et auquel il devait être fidèle. Le Créateur de tous les hommes était, aux yeux de Paul, parfaitement capable de concevoir un plan et promulguer un message appropriés à tous les hommes de tous les pays. Quand on considère l’interdiction de changer les institutions divines (Jean 8.31; 2 Jean 9; Jude 3; Apoc. 22.18,19; etc), il est évident que le plan et le message donnés par Dieu seraient appropriés, non seulement dans tous les pays, mais également aux hommes de toute génération. Ils n’auraient donc pas besoin d’être adaptés ou modifiés pour satisfaire aux besoins de l’homme « moderne ».

Le modèle s’applique à tout ce qui concerne la foi chrétienne

Le message

C’est Dieu lui-même qui a déterminé ce que son Église doit prêcher aux hommes perdus. Nous n’avons aucun droit de dévier de l’Évangile tel qu’il fût révélé aux apôtres. Paul dit aux Corinthiens : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain » (1 Cor. 15.1-2). Certains dans les Églises de la Galatie avaient déjà commencé à changer le message qu’ils avaient reçu. Paul leur adresse un avertissement très sévère : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un Évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème (maudit) ! » (Galates 1.8).

En 1 Corinthiens 7.17-24, Paul explique qu’il ne faut pas enseigner des conditions de salut que Dieu n’a pas imposées. Le célibataire qui se gardait pur n’avait pas besoin de se marier pour être chrétien ; le marié qui avait, selon la parole de Dieu, le droit de se marier, n’avait pas besoin de redevenir célibataire pour servir Dieu. L’incirconcis n’a pas besoin d’être circoncis pour être sauvé, et l’esclave n’est pas obligé de devenir un homme libre pour plaire à Dieu. Ces conditions ne sont pas des états de péché, et Paul dit : « Que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a faite, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu… Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (1 Cor. 7.17,24). Mais ce que nous voulons souligner dans ce passage, c’est la fin du verset 17 : « C’est ainsi que je l’ordonne dans toutes les Églises. » Paul annonçait le même Évangile et les mêmes conditions de salut partout où il allait, parce qu’il se conformait au modèle révélé par Dieu.

L’organisation de l’Église

En Actes 14.23, nous voyons que Paul et Barnabas ont conduit les Églises de la Galatie (Antioche, Icone, Lystre et Derbe) à mettre en place une même forme d’organisation : « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église. » Ils n’ont pas enseigné à chaque assemblée de s’organiser selon son propre goût, soit avec un chef d’Église, un pasteur unique, un archevêque ou un président. Ils ont amené chaque assemblée à nommer un groupe d’hommes pour la diriger, des anciens. Chaque Église était autonome et avait ses propres anciens au lieu d’être soumise à un conseil ou dirigeant national ou régional. La Bible ne parle ni de paroisse ni de diocèse. Environ vingt ans plus tard, Paul donna des instructions pour les Églises dans un autre pays, mais ce fût le même plan d’organisation qu’il recommanda. Il dit à Tite : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville » (Tite 1.5).

Dans les versets suivants, Paul énumère les critères à remplir par ceux qu’on choisirait comme anciens ou évêques (deux noms pour la même fonction) (Tite 1.6-9). Puisque cet enseignement fait partie du modèle inspiré de Dieu, nous ne devons pas être surpris de découvrir que ces qualifications correspondent à celles qui devaient être enseignées par Timothée dans la ville d’Éphèse (1 Tim. 3.3-7). L’organisation désirée ne variait pas selon l’endroit ou l’année. Elle constituait une partie du modèle.

Le financement du travail de l’Église

En Actes 11.29, nous voyons l’assemblée d’Antioche en Syrie qui envoie de l’aide aux frères pauvres en Judée. Elle n’a pas imposé une cotisation ou montant fixe que chaque membre de l’ Église devait contribuer. Au contraire, « les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée ». L’apôtre Paul enseignait à l’Église de Corinthe de suivre le même principe. « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur » (2 Corinthiens 9.7), et que chacun donne « selon sa prospérité » 1 Corinthiens 16.2).

Un autre principe concernant le financement des œuvres de l’Église, c’est que l’on faisait la collecte « le premier jour de la semaine » (1 Corinthiens 16.2), c’est -a-dire le dimanche. Encore, il est important de souligner que cette recommandation ne se limitait pas à l’Église de Corinthe, à elle seule. Paul introduit cet enseignement en disant : « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de Galatie » (1 Corinthiens 16.1). Ce modèle s’appliquait partout.

L’adoration

Quand Paul envoyait à l’Église de Corinthe des instructions concernant le culte, il était très clair que ces règles s’appliquaient dans toutes les autres assemblées, aussi. Prenez, par exemple, le bon ordre et le silence des femmes : « Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi … Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.33,34,36,37). L’Église de Corinthe n’avait pas la liberté de donner la parole aux femmes pour prêcher ou conduire des prières ou cantiques lors du culte. Elle n’avait pas le droit d’innover de cette façon. Le modèle biblique exige que ce soit des hommes et non des femmes qui prennent la direction de l’adoration en public.

Un autre exemple est l’enseignement sur le repas du Seigneur en 1 Corinthiens 11.17-34. Paul précise au verset 23 : « Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné. » Le modèle n’est venu ni de Paul ni d’un homme quelconque. C’est le Seigneur qui a confié aux apôtres ce qu’ils devaient enseigner au sujet de la communion.

L’enseignement

Ce n’est pas seulement l’enseignement sur le culte, mais toute doctrine, qui doit être conforme au modèle. Paul dit à Timothée : « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle de saines paroles que tu as reçues de moi. Garde le bon dépôt… » (2 Timothée 1.13,14). Ces saines paroles devaient être transmises fidèlement d’une génération d’enseignants à une autre : « Ce que tu as entendu de moi, en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres » (2 Timothée 2.2).

La vie et le ministère

Enfin, la Bible parle d’un modèle, non seulement pour l’organisation, le financement, l’adoration et l’enseignement de l’Église, mais aussi pour la manière de vivre et de servir. Paul était conscient du fait qu’il laissait un exemple à suivre en ce qu’il disait, mais aussi en ce qu’il faisait : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4.9). Si nous suivons l’exemple que Paul et les autres apôtres nous ont laissé, Dieu sera avec nous. Si nous nous éloignons du modèle divin, nous serons, au contraire, sous la condamnation.

Comment identifier le modèle biblique

Comme nous l’avons dit, un tailleur, un menuisier, un constructeur ou un élève arrive à reproduire le modèle qui lui est fourni s’il regarde bien un exemplaire, une photo ou un plan, et s’il prête attention aux instructions qui accompagnent l’exemplaire. En tant que chrétiens, nous pouvons identifier le modèle à suivre si, en étudiant le Nouveau Testament, nous recherchons :

  1. des exemples approuvés, c’est-à-dire des passages qui nous montrent des Églises en train de mettre en pratique un enseignement inspiré, sous la direction ou avec l’approbation des apôtres ; et
  2. des commandements ou instructions données aux Églises, aux chrétiens ou à ceux qui voulaient devenir chrétiens.

En suivant ces exemples et commandements, nous devons respecter le silence de la Bible (Deut. 4.2; 12.32; Prov. 30.6; 1 Cor. 4.6; 2 Jean 9-11; Apoc. 22.18,19). Quand un parent donne de l’argent à son enfant et l’envoie à la boutique en lui disant de payer cinq bouteilles de coca-cola, l’enfant n’a pas le droit d’acheter également quelques bouteilles de bière et un jouet simplement parce que son père ne lui a pas dit expressément de ne pas faire ainsi. Le père n’a pas besoin de citer tout ce qu’il ne veut pas. Le modèle biblique autorise l’emploi du fruit de la vigne et du pain sans levain pour le repas du Seigneur. La parole ne dit rien au sujet de viande et de tomates en ce qui concerne ce repas, mais ce n’est pas pour cela que nous pouvons ajouter ces éléments. Le silence n’autorise pas à faire tout ce qui n’est pas expressément défendu.

Respecter le silence des Écritures signifie également que l’on ne doit pas imposer des devoirs dans la religion qui ne sont pas enseignés dans la parole de Dieu.

En suivant les commandements, il faut aussi considérer à quel point un commandement est spécifique ou générique. Par exemple, quand Dieu dit à Noé de construire l’arche, il a précisé : « Fais-toi une arche de bois de gopher » (Genèse 6.14). Le commandement étant très spécifique, l’utilisation d’autres espèces de bois, tel que le chêne, le pin ou l’ébène, était exclue. Quand Jésus dit, par contre, « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle » (Marc 16.15), l’ordre d’aller est très générique et n’impose pas un seul moyen de transport. On peut aller à pied, en voiture, ou en avion, pourvu qu’on aille.

Conclusion

Une chose qui distingue les Églises du Christ de la plupart des groupes religieux, c’est la conviction que Jésus-Christ a bâti une seule Église, et que l’homme n’a ni besoin ni droit d’en créer une autre. Le plan de Dieu pour son Église est amplement révélée dans le Nouveau Testament. Si nous nous conformons réellement à ce modèle divin, nous n’aurons pas créé quelque chose de nouveau mais retrouvé l’original. Ce n’est pas de l’orgueil qui nous pousse à dire que l’Église du Christ n’est pas une dénomination. Ce n’est pas que l’on se croit plus spirituel ou plus intelligent que tous les autres. Mais force est de reconnaître qu’aucun homme n’est capable d’améliorer ce que Dieu a fait ou conçu.

La parole de Dieu est comme une semence (Luc 8.11) : Si on la prêche sans y ajouter les doctrines des hommes, elle produira toujours la même Église qu’elle a produite au premier siècle. Malgré des centaines d’années d’apostasie, les hommes peuvent, grâce à cette parole éternelle, découvrir et restaurer l’Église de Jésus-Christ.

Ayons donc soin de faire tout d’après le modèle qui nous a été montré.

B. B.
(Dans Vol. 6, No. 6)

La dîme

La dîme est un sujet qui est partout mal compris, même dans l’Église du Seigneur. Il s’agit tout simplement de la pratique de garder pour Dieu la dixième part de ce qu’on gagne. Dans l’Ancien Testament, cette pratique était la base, le point de départ en ce qui concerne les dons matériels offerts à Dieu. Nous la voyons pour la première fois, non pas dans la loi de Moïse, mais 400 ans plus tôt, au temps d’Abraham. En Genèse 14, Abraham avait pris 318 de ses serviteurs pour se battre contre des soldats de Mésopotamie et sauver son neveu Lot et les autres habitants de Sodome qui avaient été pris captifs. Quand Abraham revenait avec Lot, les autres captifs qu’il avait délivrés et beaucoup de butin, Melchisédek, « sacrificateur du Dieu Très-Haut », est allé à sa rencontre. Il bénit Abraham, et Abraham lui a donné la dîme de tout le butin. Plus tard, quand Jacob, petit-fils d’Abraham, quittait le pays de Canaan pour séjourner chez son oncle Laban, il a fait cette promesse en Genèse 28.20-22 : « Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu ; cette pierre, que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu, et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. » Dans ces deux cas, Abraham et Jacob ne semblent pas avoir reçu de commandement de donner la dîme, mais il est possible qu’ils suivaient une pratique ou un principe qui leur était déjà connu.

Plus tard, quand Dieu donna la loi par Moïse, il en a fait un commandement direct. En fait, il a ordonné trois dîmes. La première, appelée la dîme de l’Éternel, est ordonné en Lévitique 27.30,32. Elle devait être remise aux Lévites, qui étaient chargés d’assister les sacrificateurs dans le service de Dieu. La deuxième dîme est décrite en Deutéronome 14.22-27 ; elle est parfois appelée la dîme festin parce qu’on devait la transporter au temple et la manger là devant l’Éternel comme élément d’une fête de réjouissance et de reconnaissance à Dieu. Tous les trois ans, il y avait une troisième dîme que l’on devait apporter pour les Lévites encore, mais surtout pour les pauvres, les étrangers, et les orphelins (Deutéronome 14.28,29). D’une part il est vrai que la dîme était une obligation pour les Israélites, un commandement direct. D’autre part, on ne trouve pas de police établie pour veiller à ce que chacun paie sa dîme. Aucune punition n’était appliquée par les hommes à la personne qui négligeait de payer (sauf le fait d’exiger 12 % au lieu de 10 % de la personne qui avait manqué de donner la dîme quand elle devait le faire). Sinon, c’est Dieu lui-même qui bénirait celui qui donnerait la dîme, et qui ne ferait pas prospérer celui qui ne la donnait pas.

À nous les chrétiens, Dieu n’a pas donné un commandement qui prescrit de donner forcément la dîme. Malgré les pratiques des dénominations, dans l’Église du Christ nous ne nous permettons pas d’enseigner le contraire. Il n’y a pas un verset dans le Nouveau Testament qui dit clairement que le chrétien a l’obligation de verser la dîme à l’Église. Malheureusement, au lieu de dire que l’on n’est pas obligé par une loi à donner la dîme, certains membres de l’Église affirment parfois que l’on ne doit pas donner la dîme. Et même si l’on reconnaît que l’on peut donner la dîme ou même plus que la dîme, il n’y a pas beaucoup qui le font. En fait, dans de nombreuses assemblées locales, on constate que la collecte ne représente qu’au maximum entre 3 % et 4 % de ce que les membres gagnent, ou souvent moins que cela. Dans les assemblées rurales où il y a une période de l’année où les revenus sont nettement plus élevés (la moisson ou la traite), les montants qui entrent dans la caisse de l’Église sont généralement pareils à ce qui est donné pendant le reste de l’année. En ville comme à la campagne, on est très loin de donner « plus que la dîme ».

Évidemment si chacun donnait au moins 10 % de ce que Dieu lui confiait, l’Église aurait beaucoup plus d’argent pour soutenir des évangélistes dans les assemblées qui existent déjà et pour envoyer des évangélistes ailleurs dans le but de créer des assemblées là où il n’y en a pas encore. Les Églises pourraient construire des lieux de culte convenables. Elles pourraient faire plus de bonnes œuvres en faveur des plus nécessiteux. Elles pourraient faire beaucoup plus pour avancer la cause de Christ et glorifier Dieu. Voilà autant de bonnes raisons qui devraient pousser chaque chrétien à se résoudre à contribuer à l’Église un minimum de 10 % de ce qu’il gagne.

Alors pourquoi tant de chrétiens n’acceptent-ils pas de donner volontairement la dîme ?

1. Certains citent comme raison le fait que la dîme n’est pas une loi pour le chrétien. Il est vrai que la loi de Moïse n’est plus en vigueur (Galates 3.21-25; 2 Corinthiens 3.7-11; Hébreux 8.6-13; etc.), et le Nouveau Testament n’a pas introduit « une dîme chrétienne ». La dîme n’est plus une obligation légale. Pourtant, ce n’est pas là un argument contre la pratique de donner la dîme volontairement. Nous faisons d’autres choses que nous ne sommes pas légalement obligés de faire, pourvu que nous reconnaissions leur utilité pour notre vie spirituelle ou pour l’œuvre de Dieu. Il n’est pas précisé dans la Bible qu’une assemblée doit se réunir pour l’étude biblique le mercredi soir ou pour la prière le vendredi soir, mais beaucoup d’Églises organisent de telles réunions pour l’édification de leurs membres. Le Nouveau Testament n’a nulle part ordonné de jeûner. Ce n’est pas une obligation. Mais de nombreux chrétiens jeûnent parce qu’ils reconnaissent que c’est utile.

Quand nous sommes motivés par l’amour, nous ne cherchons pas à faire le minimum qui nous est imposé. Nous ne demandons pas : « Combien dois-je donner ? » mais plutôt : « Combien puis-je donner ? »

2. D’autres disent qu’ils ne donnent pas la dîme parce que c’est une pratique des dénominations, c’est-à-dire des Églises d’origine humaine. Il est vrai que notre modèle doit être l’Église du Nouveau Testament et non pas les dénominations. Mais ce n’est pas parce qu’une personne ou une Église croit à une erreur que tout ce qu’elle fait ou croit est contraire à la vérité. Ce n’est pas une erreur que d’encourager les hommes à donner au moins 10 % de leurs revenus à Dieu. L’erreur c’est d’introduire la contrainte, de vouloir forcer les gens à donner la dîme. Dieu n’a pas dit : « Ne donnez pas 10 %. » Il a dit « Ne donnez pas par contrainte » (2 Corinthiens 9.7).

3. D’autres encore disent : « Je ne donne pas la dîme parce que je n’aurais pas assez pour satisfaire à mes besoins et accomplir mes responsabilités. » On se dit que déjà on n’arrive pas à joindre les deux bouts ; comment ferait-on si l’on enlevait 10 % de son maigre salaire pour le donner à Dieu ? On peut facilement comprendre ce souci quand on dresse une liste de ses dépenses légitimes : loyer, factures de courant et d’eau, nourriture, savon, scolarité des enfants, aide aux parents âgés, habillement pour toute sa famille, économie pour les urgences (médicaments, funérailles, autres imprévus), transport, diverses cotisations au travail ou aux associations auxquelles on appartient, remboursement de dettes, etc. Même quand son salaire est assez élevé, on peut être financièrement serré. Salomon dit : « Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent ; et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu’il le voit de ses yeux ? » (Ecclésiaste 5.10). Celui qui a un bon salaire a souvent plus de personnes à sa charge.

Après s’être occupé de toutes ces dépenses nécessaires, le chrétien trouve souvent qu’il ne reste rien pour Dieu. Pour calmer sa conscience, il trouvera quelques jetons pour mettre dans la collecte chaque dimanche, mais il ne voit pas comment il peut accorder un pourcentage fixe de son salaire à Dieu quand tout est déjà consacré aux autres besoins.

Ceux qui raisonnent de cette manière ont besoin de reconnaître deux principes fondamentaux de la Parole de Dieu :

(A) Il faut donner la part de Dieu avant de s’occuper de soi-même (Lévitique 23.10-14). Tout appartient à Dieu ; tout ce que nous avons lui appartient (Lévitique 25.23; Psaume 50.10-12; Aggée 2.8; 1 Chronique 29.11-14), mais il nous le confie et nous demande de le gérer selon sa volonté (1 Corinthiens 4.2; Luc 16.12). Pour nous rappeler cette réalité, Dieu ordonnait à son peuple de lui apporter les prémices, la première partie de leurs récoltes (Exode 23.19; 34.26; Deutéronome 26.1-11; Proverbes 3.9,10). Dieu est au-dessus de tout et il mérite ce qui est meilleur ; on ne lui offre ni les miettes ni ce qui est de qualité inférieure (Malachie 1.6-9,14). L’offrande à Dieu doit être la première chose sur notre liste de dépenses à faire.

(B) Dieu promet subvenir à tous nos besoins si nous montrons notre confiance en lui par nos dons. Il ne dit pas que nous serons forcément riches, mais nous aurons le nécessaire pour la vie et même plus afin d’abonder en bonnes œuvres.

« Honore l’Éternel avec tes biens, et avec les prémices de tout ton revenu : alors tes greniers seront remplis d’abondance, et tes cuves regorgeront de moût. » (Proverbes 3.9,10)

« Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Éternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pour vous les écluses des cieux, si je ne répands sur vous la bénédiction en abondance. Pour vous je menacerai celui qui dévore, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et la vigne ne sera pas stérile dans vos campagnes, dit l’Éternel des armées. Toutes les nations vous diront heureux. » (Malachie 3.10-12)

« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » (Matthieu 6.33)

« Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. » (Luc 6.38)

« J’ai été comblé de biens, en recevant par Épaphrodite ce qui vient de vous comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable. Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (Philippiens 4.18,19)

« Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment… Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre, selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux indigents, sa justice subsiste à jamais. Celui qui fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits de votre justice. Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités. » 2 Corinthiens 9.6,8-11)

Si nous ne donnons pas 10 % parce que nous craignons ne pas avoir assez pour nos besoins, il faut dire que nous ne croyons tout simplement pas aux promesses de Dieu. Où est donc notre foi ? Et pourtant les témoignages abondent pour attester que Dieu a tous les moyens pour nous bénir matériellement quand nous montrons notre confiance en lui de cette manière. Les Juifs, qu’ils soient riches ou pauvres, donnaient bien au-delà de 10 % de leurs revenus à Dieu, et il s’occupait d’eux. Des membres des dénominations donnent la dîme, bien que ce soit souvent par contrainte ; ils ne sont pas pour cela plus appauvris que leurs prochains. Pourquoi douter de la fidélité de Dieu ?

Si vous donnez déjà 10 % à Dieu, vous savez sûrement que Dieu vous bénit. Mais au lieu de vous contenter de la dîme comme si vous aviez accompli une exigence légale, pourquoi ne pas chercher à faire encore mieux ? Prenez 10 % comme un minimum et non pas un maximum à donner à Dieu.

Conclusion

Une Église du Christ n’introduira jamais un élément de contrainte pour obliger qui que ce soit à donner la dîme. Nous n’essayerons pas de forcer quelqu’un à faire ce qu’il n’a pas assez d’amour ou de foi pour faire. Mais nous avons besoin de nous mettre sérieusement au défi les uns les autres pour donner plus à notre Dieu. Cherchons à lui donner de façon qu’il soit honoré.

Prions Dieu de nous aider à grandir là où nous sommes faibles. Que ce soit l’amour ou la foi qui nous manque, qu’il nous pardonne et qu’il nous fortifie.

B. B.
(Dans Vol. 6, No. 2)

Le financement de l’œuvre de l’Eglise

On n’a pas besoin de dire qu’il est presque impossible de vivre dans le monde aujourd’hui sans argent. C’est une évidence. Mais l’argent n’est pas seulement très important pour la vie des individus, il est aussi important pour certaines activités religieuses. Par exemple, une assemblée a généralement besoin de se pourvoir un lieu pour ses réunions. Ou bien elle loue un local ou bien elle paie ou construit son propre lieu de culte. L’Église est appelée à faire de bonnes œuvres en assistant les plus nécessiteux et ceux qui souffrent. L’Église a la tâche de propager la Parole de Dieu – quand l’argent est disponible, elle a la possibilité de faire travailler des évangélistes à plein temps, à distribuer de la littérature chrétienne, ou à employer les médias de masse. D’autres besoins qui nécessitent de l’argent pourraient être ajoutés à cette liste.

Mais où doit-on trouver ces fonds pour l’œuvre de l’Église ? Comment faut-il financer les activités religieuses ? Si nous considérons les groupes religieux qui nous entourent, nous constaterons plusieurs méthodes. Certains groupes imposent un taux annuel que chaque homme ou chaque femme doit payer. Les membres doivent aussi payer de l’argent s’ils désirent certains offices spirituels, tels que le baptême ou des prières spéciales. D’autres Églises organisent ce qu’elles appellent une fête des moissons, où l’on propose divers articles en vente aux enchères et ceux qui assistent acceptent de payer des prix exagérés, sachant que l’argent doit servir aux activités de l’Église. D’autres imposent des cotisations, d’autres vendent des objets qui sont censés avoir un pouvoir spirituel, d’autres font des collectes plusieurs fois chaque semaine, et d’autres encore s’engagent dans des activités qui peuvent leur rapporter de l’argent, telles que l’agriculture. Beaucoup insistent sur la dîme et enseignent à leurs membres qu’ils ont l’obligation de donner à l’Église 10% de ce qu’ils gagnent.

Est-ce que la Bible dit comment l’œuvre de Dieu doit être financée ? Oui. En fait, la Bible nous dit beaucoup à ce sujet.

En lisant le Nouveau Testament, la première chose que nous constatons concernant le financement de l’Église, c’est qu’il y avait une seule méthode employée : les offrandes, c’est-à-dire les dons volontaires des membres.

Quand on dit « volontaires », il faut entendre ce qui est donné sans contrainte. Deux Corinthiens 9.7 dit clairement : « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. » Il faut donc donner librement, parce qu’on veut donner. On doit décider soi-même combien on va donner. Quand nous donnons parce qu’on nous a imposé de donner une certaine somme, cela devient une sorte d’impôt, et pratiquement personne n’aime payer des impôts. On les paie parce qu’il le faut, mais ce n’est généralement pas avec joie. Quand on fait un cadeau à quelqu’un qu’on aime parce qu’on veut lui faire plaisir, là c’est autre chose. Dans ce cas on découvre, comme Jésus l’a dit en Actes 20.35, qu’« il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».

Au commencement de l’Église de Jérusalem, l’attitude des chrétiens envers leurs biens leur permettait d’être très généreux : « Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux » (Actes 4.32). On parle de ceux qui allaient jusqu’à vendre des champs et des maisons afin de subvenir aux besoins des plus pauvres. Mais il ne faut pas penser que cela leur avait été imposé comme dans certains pays communistes. Le chapitre suivant nous parle d’un couple nommé Ananias et Saphira, qui a vendu une propriété, mais a menti concernant le prix de vente. Ils ont retenu une partie de l’argent, ce qu’ils avaient le droit de faire, mais ils voulaient qu’on pense qu’ils avaient été aussi généreux que les autres. Les paroles que l’apôtre Pierre a adressées à Ananias montrent qu’il n’y avait pas de contrainte en ce qui concernait les dons : « S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ? […] Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu » (Actes 5.4).

Le petit livre de Philémon souligne aussi que ce que nous faisons pour Dieu doit être fait de bon cœur, volontairement. Voici la mise en scène. Philémon, un chrétien de la ville de Colosse et ami proche de l’apôtre Paul, avait un esclave nommé Onésime. Ce dernier, ayant peut-être volé son maître, s’était évadé et s’est enfui à la ville de Rome. À Rome, il est entré en contact avec Paul, qui y était emprisonné à cause de sa prédication. Paul lui a annoncé la Bonne Nouvelle de Jésus, et Onésime s’est converti. Par la suite, Onésime s’est rendu très utile à Paul, qui n’avait pas la liberté de se déplacer. Mais au lieu de garder Onésime auprès de lui pour qu’il continue de lui rendre service, Paul l’a renvoyé à Philémon, avec une lettre, en lui demandant de pardonner à son ancien esclave et de le recevoir maintenant comme un frère en Christ. Aux versets 13 et 14 Paul écrit : « J’aurais désiré le retenir auprès de moi, pour qu’il me servît à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l’Évangile. Toutefois, je n’ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu’il soit volontaire. » Ce que nous faisons de bien perd sa valeur si nous le faisons parce qu’on nous force à le faire.

Tout ceci n’est pas pour dire qu’il n’y a pas d’obligation de donner à Dieu, mais l’obligation est d’ordre moral. La contrainte vient de notre conscience et non de la politique de ceux qui nous conduisent. Considérez les paroles de Paul en 2 Corinthiens 8.8,9 qui font leur appel à l’exemple de Jésus lui-même. Après avoir cité l’exemple de la générosité des Églises de la Macédoine pour exhorter celle de Corinthe à bien participer à une œuvre de bienfaisance, l’apôtre écrit : « Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par le zèle des autres, la sincérité de votre charité. Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. »

Concernant ce même effort bénévole, Paul écrit en Romains 15.26,27 : « Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu s’imposer une contribution en faveur des pauvres parmi les saints de Jérusalem. Elles l’ont bien voulu, et elles le leur devaient ; car si les païens ont eu part à leurs avantages spirituels, ils doivent aussi les assister dans les choses temporelles. » On voit clairement dans ces versets qu’il y avait la libre volonté de donner et en même temps la reconnaissance d’une obligation morale de donner.

En envoyant ses apôtres pour prêcher, Jésus leur a dit en Matthieu 10.8 : « Vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement. » Quand le chrétien considère tout ce que Dieu lui a donné et continue de lui donner dans sa grâce, il devrait vouloir donner en retour avec joie et reconnaissance. S’il ne peut pas le faire avec un tel esprit, Dieu ne veut pas de son offrande.

On devrait réexaminer plusieurs pratiques dans les Églises à la lumière de cette insistance biblique sur l’importance de donner sans contrainte. Quand les membres de l’Église doivent faire marquer dans un carnet qu’ils ont donné ce qui est exigé, quand on va chez les membres à domicile pour réclamer une dîme ou une cotisation qu’ils n’ont pas données d’eux-mêmes, quand on déduit une contribution automatiquement du bulletin de salaire de ceux qui travaillent pour l’Église ou ses ministères telles que les écoles primaires et secondaires – quand on fait ces choses, on introduit la contrainte, on enlève la joie et on transforme des dons d’amour en impôt.

Un autre principe concernant le financement de l’Église est le jour pour les collectes. Les Écritures précisent que ces dons volontaires sont réunis le premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche. « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons » (1 Corinthiens 16.1,2). Puisque le jour où toute l’Église se réunissait pour prendre la Sainte Cène était le dimanche (Actes 20.7), c’était l’occasion naturelle pour faire la collecte en même temps. Aucun autre jour de la semaine n’est mentionné dans le Nouveau Testament pour réunir les dons des membres. S’ils savent qu’il n’y aura pas de collecte le mercredi quand ils viennent ensemble pour étudier la Bible, ou le vendredi quand ils se réunissent pour la prière, ils apporteront le dimanche tout ce qu’ils ont à donner pour la semaine. Inutile donc de faire des collectes à chaque réunion.

Cela ne veut pas dire que le chrétien ne peut pas faire un don à un nécessiteux ou faire une bonne œuvre quelconque un autre jour de la semaine. Sur le plan individuel, « pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi » (Galates 6.10).

Combien fallait-il que chacun contribue à l’œuvre de Dieu ? Le principe qu’on trouve partout dans le Nouveau Testament est que chacun donne selon ses moyens, ou selon sa prospérité. Nous avons déjà lu que Paul dit en 1 Corinthiens 16.2 que chacun doit mettre à part « ce qu’il pourra, selon sa prospérité ». En Actes 11, les chrétiens à Antioche ont appris qu’une famine allait se produire et peser beaucoup sur les habitants de la Judée. Le verset 29 dit : « Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. »

Ce principe est contre l’idée d’imposer dans l’Église des cotisations où chaque homme doit payer la même somme. Tous n’ont ni les mêmes revenus ni les mêmes charges. Tous ne devraient pas donner la même chose.

Dire que l’on doit donner selon sa prospérité ne veut pas dire que certains sont exclus du devoir de donner à Dieu. Même les pauvres montraient leur foi et leur amour par leur façon de donner. Les Macédoniens étaient très pauvres, mais ils donnaient avec libéralité, c’est-à-dire avec générosité – ils donnaient beaucoup.

« Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Églises de la Macédoine. Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part. Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens […] Et non seulement ils ont contribué comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur » (2 Corinthiens 8.1-3,5).

L’histoire de la pauvre veuve en Luc 21.1-4 montre aussi que les pauvres ne sont pas exclus de cette question d’offrandes à Dieu. Cette femme n’a donné que deux petites pièces d’argent, mais c’était tout ce qu’elle avait pour vivre. Le Seigneur le savait, et il l’a louée pour le sacrifice qu’elle a fait.

Quand on parle de donner selon nos moyens, l’expression « nos moyens » ne se réfère pas à ce qui nous reste après avoir fait ce que nous voulons faire. « Nos moyens » veut dire tout ce que Dieu nous donne. Or, nous devons donner à Dieu, Celui de qui nous avons tout reçu, avant de commencer à satisfaire à nos besoins personnels. Dans l’Ancien Testament, Dieu avait donné cet ordre à son peuple : « Vous ne mangerez ni pain, ni épis rôtis ou broyés, jusqu’au jour même où vous apporterez l’offrande à votre Dieu. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez » (Lévitique 23.14). Même chez les païens on reconnaît qu’il faut honorer son dieu avant de se servir soi-même. Ainsi, ils ne mangent pas d’ignames, par exemple, sans avoir observé leur fête des ignames. Si les Juifs et les païens ont assez de respect pour leurs dieux pour les mettre en premier lieu, nous les chrétiens devrions pouvoir faire autant. Donner selon nos moyens veut dire donner selon ce que Dieu nous a donné et non selon ce qui nous reste à la fin.

Mais combien de nos moyens faut-il donner ? La loi mosaïque ordonnait en Lévitique 27.30,32 de donner la dîme, ou 10% de tous ses revenus. Cette loi n’a pas été reprise dans le Nouveau Testament, qui nous parle de donner avec générosité : « Que celui qui donne le fasse avec libéralité » (Romains 12.8). (Ne confondons pas librement, qui veut dire sans contrainte, et libéralement, qui veut dire généreusement.) « N’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir » (Hébreux 13.16). Pour le chrétien il n’y a pas de taux fixe, tel que la dîme, mais chacun doit s’examiner pour voir s’il est vraiment généreux avec Dieu. La dîme peut servir de point de repère pour s’évaluer. Par exemple, on pourrait se dire que, si Dieu exigeait un minimum de 10% de ses serviteurs dans le passé, donner 3 ou 4% de nos revenus aujourd’hui ne serait probablement pas généreux à ses yeux. Si TOUS les Juifs devaient forcément donner la dîme, quelle que soit leur position sociale, je ne pourrais pas dire que pour moi il n’est pas possible de donner autant. C’est une question de foi et de volonté. Il ne faut pas faire de la dîme une loi pour l’Église, mais la dîme peut me servir personnellement de point de départ en ce qui concerne mes dons. Dans l’amour que j’ai pour Dieu, j’essaierai de donner le plus possible.

Enfin, pour la gérance de l’argent qui est collecté, il faut que ce soit fait avec intégrité et transparence. Paul a parlé des précautions prises avec l’argent donné pour aider les pauvres de la Judée. Il dit : « Nous agissons ainsi, afin que personne ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte, à laquelle nous donnons nos soins ; car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes » (2 Corinthiens 8.20,21). Les assemblées locales étant autonomes, chacune doit gérer ce qui est donné. Les membres devraient savoir comment l’argent est utilisé. Tous devraient reconnaître que ce qui est dans la caisse de l’Église appartient à Dieu lui-même et doit être employé de manière à le glorifier.

Le plan de Dieu pour financer son œuvre est donc très simple et très beau. Chaque dimanche, chaque chrétien donne volontairement tout ce qu’il peut, selon sa foi, son amour pour le Seigneur, et sa reconnaissance pour la grâce de Dieu, « car Dieu aime celui qui donne avec joie ».

B. B.
(Dans Vol. 6, No. 1)