Le rôle de l’Esprit Saint

À la fin du livre de Job, Dieu reprend Job d’avoir « obscurci ses desseins par des discours sans intelligence » (Job 38.1,2) et ses amis de ne pas avoir parlé de Dieu avec droiture (Job 42.7). C’est donc avec humilité que nous essayons de parler aujourd’hui de l’action de l’Esprit de Dieu, sachant bien qu’il fait certainement beaucoup que nous ignorons et ne pourrions pas comprendre si l’on nous le déclarait. Mais il y a des vérités que Dieu lui-même révèle à son propre sujet dans les saintes Écritures, et nous devons permettre à ces vérités d’orienter nos pensées. C’est ainsi que nous voulons interroger les Écritures sur le sujet du Saint-Esprit et son rôle dans deux domaines : la conversion des pécheurs et la compréhension de la Bible.

Le rôle de l’Esprit dans la conversion

Nul ne peut nier que le Saint-Esprit, le Consolateur, joue un rôle important dans ce domaine, car Jésus a dit : « Si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16.7,8). L’Esprit convainc le monde, mais par quel moyen le fait-il ? Agit-il directement, voire miraculeusement, sur le cœur des incroyants ? Beaucoup répondent par l’affirmative sans considérer les problèmes relatifs à la nature de la foi, la liberté de l’homme et le manque de favoritisme chez Dieu que suscite une telle position.

Certains ont l’idée qu’une personne ne peut pas vraiment accepter la Parole de Dieu jusqu’à ce que l’Esprit de Dieu touche son cœur, ouvre ses yeux et la rende capable de saisir profondément le sens de l’Évangile. Ils admirent parfois la foi des autres, mais se lamentent en disant que Dieu ne leur a pas donné une telle foi. Ils estiment que tout dépend de Dieu. S’il te donne la foi, tu l’auras. S’il ne te la donne pas, ce n’est pas de ta faute. Il y a des gens qui disent qu’ils espèrent se convertir un jour, mais que Dieu ne les a pas encore appelés. Ils disent que ce n’est pas encore leur tour.

Prédestiné à croire ?

Ces propos sont parfois offerts par des gens qui ne sont pas très religieux, mais en fait, cette façon de penser s’accorde très bien avec la théologie du célèbre réformateur Jean Calvin. Ce dernier croyait que Dieu avait choisi d’avance les individus qu’il voulait sauver de la condamnation éternelle – il les avait élus, ou prédestinés, à la vie. Ces personnes seraient les objets de sa grâce irrésistible. Croyant que tous les hommes sont totalement dépravés, incapables de bien penser ou de bien faire de quelque manière que ce soit (voir Chemin de Vérité, Vol. 15, No. 3, « Totalement mauvais »), Calvin écrivit :

« Dieu ordonne que le Saint-Esprit touche le cœur de tous ceux qu’il a élus à la vie éternelle. L’appel intérieur de l’Esprit résulte toujours dans la conversion. Cet appel n’est adressé qu’aux élus. L’Esprit ne dépend ni de leur aide ni de leur coopération pour le succès de son œuvre. »

L’Église réformée, connue en France et dans plusieurs autres pays simplement comme l’Église protestante, continue d’enseigner la même sorte d’idée. On peut lire dans son catéchisme :

« Dieu nous donne notre espérance en nous parlant directement… en sorte que ce n’est pas d’un tiers que nous tenons notre foi… Notre foi est le miracle du Saint-Esprit au-dedans de nous… Il donne l’unique assurance sans intermédiaire, avec ou contre nos raisonnements, nos inclinations ou nos désirs… Dieu nous place en face de son Fils mais ne nous laisse pas conclure librement ce que nous allons en penser. S’il nous laissait libres à ce moment-là, il nous perdrait sans aucun doute car de nous-mêmes nous sommes fermés à la grâce et ennemis de Dieu… Dieu décide d’en finir avec nos raisonnements et nos hésitations. C’est Dieu lui-même qui prend pitié de nous, nous visite et croit en Jésus-Christ à notre place puisque nous n’y croyons pas nous-mêmes. »

Ce langage est très fort, n’est-ce pas ? Je ne connais pas beaucoup de gens qui croient tout à fait de cette façon concernant le salut. Néanmoins, on rencontre souvent l’idée que la foi est un don de Dieu, qu’elle est mystérieuse, que l’Esprit de Dieu doit toucher le cœur d’un homme de façon directe avant que les paroles de la Bible ne puissent avoir un effet sur lui.

La foi : un don ou un devoir ?

Il est vrai que certains passages bibliques semblent au premier abord soutenir une telle manière de penser, mais quand on les examine de plus près, ou quand on les complète avec d’autres passages, on voit que l’on a mal compris. Éphésiens 2.8,9 est un tel passage : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » Certaines personnes lisent ces versets et tirent la conclusion que, selon Paul, la foi ne vient pas de vous, car c’est le don de Dieu. Mais si Paul avait voulu dire que la foi ne venait pas de nous, il aurait écrit : « Vous êtes sauvés par le moyen de la foi. Et elle ne vient pas de vous. » Le mot « foi » étant au féminin, que ce soit en français ou en grec, le pronom qui s’y réfère doit être au féminin aussi. Nous trouvons plutôt un pronom neutre, « cela ». « Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Le don de Dieu en question, la chose qui ne vient pas de nous, n’est pas la foi, mais le fait que Dieu nous sauve par la grâce. Nous étions incapables d’effacer les péchés qui nous condamnaient, mais Dieu est intervenu pour nous sauver. Notre salut n’est pas dû à nos mérites ou à notre justice. C’est un don de Dieu. La foi, par contre, est bien quelque chose que Dieu attend de notre part quand nous avons entendu sa Parole.

La Bible dit clairement que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Selon 1 Timothée 2.3,4, « Dieu notre Sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Selon 2 Pierre 3.9, Dieu « use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance ». Si Dieu veut sincèrement que tous les hommes soient sauvés, si la foi est une condition pour ce salut, et si personne ne peut avoir la foi sans que Dieu lui-même ne l’accorde, n’est-il pas évident que Dieu donnera la foi à tous les hommes ? Si tous n’ont pas la foi, ce sera la faute de Dieu, n’est-ce pas ? Jésus dit en Marc 16.16 : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Si une personne ne croit pas parce que Dieu ne lui a pas donné la foi, comment Dieu pourrait-il condamner cette personne pour n’avoir pas cru ? Ne serait-il pas injuste s’il faisait ainsi ? Encore, si nous voyions que certains avaient la foi mais que d’autres ne croyaient pas parce que Dieu ne leur aurait pas donné la foi, ce serait une preuve que Dieu montre du favoritisme. Pourtant, la Bible dit à plusieurs reprises : « Devant Dieu il n’y a point d’acception de personnes » (Romains 2.11).

L’Esprit convainc indirectement, au moyen de la Parole

En fait, la foi que Dieu demande de nous dépend de deux choses : il faut entendre la Parole de Dieu, et il faut la recevoir dans un cœur honnête et bon. Romains 10.17 dit que « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ ». Lorsque Jésus priait pour ses apôtres en Jean 17.20, il dit : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » Nous croyons en Jésus grâce à la parole des apôtres contenue dans le Nouveau Testament. L’apôtre Jean dit en Jean 20.31 : « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » Voilà pourquoi l’apôtre Paul demande en Romains 10.14 : « Comment donc croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? » L’Esprit se sert d’un outil (ou d’une arme) pour produire la foi dans le cœur ; il se sert de « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Éph. 6.17).

Cette Parole n’a pas le même effet chez tous les auditeurs, mais le facteur déterminant n’est pas une action directe du Saint-Esprit accordée aux uns et non aux autres. Jésus dit une parabole dans laquelle il compare la Parole de Dieu à une semence semée par un cultivateur ; il compare les cœurs des auditeurs à différentes sortes de sol. Quand le semeur disperse la semence, une partie tombe sur le chemin où il marche, une partie sur de la pierre recouverte d’une fine couche de sol, une partie au milieu des épines, et une partie dans une bonne terre où elle pousse et finit par porter du fruit. Ces différentes sortes de sol correspondent à différentes sortes de personnes : celles qui ne s’y intéressent pas et oublient la parole aussitôt, celles qui l’acceptent sans mesurer l’engagement demandé et qui ne persévèrent pas, et celles qui permettent aux plaisirs et aux soucis de cette vie d’étouffer le message de Dieu. Et puis, dit Jésus, il y a ceux qui, « ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » (Luc 8.15).

Comme nous l’avons dit, la foi dépend de deux choses : il faut entendre la Parole de Dieu, et il faut la recevoir dans un cœur honnête et bon. Voilà pourquoi dans la Bible on ne demande pas au non-croyant : « Priez Dieu afin d’avoir la foi pour que vous soyez sauvé. » On dit plutôt, comme en Hébreux 3.15 : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. »

Des choses qui aident à préparer le sol

Certes, il y a des facteurs qui influencent le cœur d’une personne et la rendent plus susceptible d’accepter le message de l’Évangile. Par exemple, un non-croyant s’intéresse davantage à la Parole quand il voit la conduite, l’amour et la joie profonde d’un chrétien fidèle. « Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée » (1 Pierre 3.1,2).

La Bible enseigne de plusieurs manières que Dieu est toujours à l’œuvre dans le monde. Il fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment (Rom. 8.28). Tant de choses différentes disposent les cœurs à écouter, alors qu’ils n’y pensaient pas auparavant : un échec professionnel ou scolaire, le décès d’un proche, une prière exaucée, une guerre, la naissance d’un enfant, la lecture d’un livre, un rêve, et j’en passe. Paul dit à la population de Lystre que Dieu n’avait cessé « de rendre témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance » (Actes 14.17). Par contre, David dit en Psaume 119.67 : « Avant d’avoir été humilié, je m’égarais ; maintenant j’observe ta parole. » L’Esprit de Dieu peut se servir de toutes sortes de circonstances, agréables ou pénibles, pour rendre des cœurs plus ouverts à la Parole. Il ouvre des portes pour sa Parole (Col. 4.3 ; 1 Cor. 16.9 ; 2 Cor. 2.12).

Il est important de noter que ces moyens de préparer les cœurs – c’est-à-dire l’influence de l’exemple d’un bon chrétien ou l’effet des circonstances que Dieu crée dans nos vies par son action providentielle – ces moyens n’enlèvent à l’homme ni son libre arbitre ni la responsabilité pour ses choix. Dieu est tout-puissant et pourrait bien nous forcer à faire ce que nous devons faire, mais il ne se permet pas d’agir ainsi envers nous. Remarquez aussi que ces moyens de préparer des cœurs n’éliminent pas non plus la nécessité d’entendre et de croire à l’Évangile pour être sauvé. L’action de l’Esprit pour amener l’homme à la conversion est plutôt indirecte.

L’obéissance à l’Évangile d’abord, la venue de l’Esprit après

L’idée que l’Esprit n’entre pas dans le cœur du non-croyant pour l’amener à la foi s’accorde avec un autre principe que nous trouvons dans le Nouveau Testament. L’Esprit est promis à ceux qui croient en Jésus et sont baptisés en lui. Jésus dit : « “Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.” Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jean 7.38,39a). Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38). Paul dit : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils » (Galates 4.6). Ce n’est donc qu’après avoir été sauvé par l’obéissance à l’Évangile qu’on reçoit l’Esprit. Jésus dit en Jean 14.17 que le monde ne peut pas recevoir l’Esprit de vérité. L’Esprit exerce une influence sur le pécheur, surtout au moyen de l’Évangile, mais l’Esprit n’est pas présent dans son cœur. Le don de sa présence est un privilège qui est réservé à celui qui est déjà chrétien.

Le rôle de l’Esprit dans la compréhension de la Bible après la conversion

Supposons que nous avons obéi à l’Évangile et que nous sommes maintenant chrétiens. L’Esprit qui fait maintenant sa demeure en nous, est-ce qu’il nous aide à comprendre la Bible ? Disons d’abord que la Bible n’est pas un livre codé, dont les auteurs cherchaient à en cacher le vrai sens. Moïse dit au peuple d’Israël, par exemple : « La loi que je vous communique aujourd’hui n’est pas trop difficile à comprendre ni hors d’atteinte pour vous… Non, cette loi est tout près de vous, dans votre bouche et dans votre cœur, et vous pouvez la mettre en pratique » (Deutéronome 30.11,14, FC). L’apôtre Paul n’adresse pas ses épîtres aux prêtres ou pasteurs ou professeurs, mais aux Églises et aux chrétiens en général. Il adresse sa Première Épître aux Corinthiens : « à l’Église de Dieu qui est à Corinthe… à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre » (1 Cor. 1.2). Jésus a signalé que ses enseignements étaient plus facilement saisis par les gens ordinaires : « Jésus déclara : Ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits » (Matt. 11.25, FC). En effet, le désir sincère de connaître et faire la volonté de Dieu est plus important que le niveau d’instruction (Jean 7.17).

Selon certains croyants, pourtant, même après qu’une personne est née de nouveau, elle sera incapable de comprendre les Écritures si elle n’a pas d’assistance surnaturelle. Quand un interlocuteur n’accepte pas leur interprétation d’un passage biblique, ils disent : « Le problème, c’est que tu essaies de le comprendre charnellement. C’est seulement par l’Esprit qu’on peut comprendre le vrai sens. »

Cette façon de penser est parfois appelée la doctrine de l’illumination. Elle maintient que l’Esprit de Dieu doit « illuminer » le chrétien, le rendre capable de comprendre le message ou lui expliquer en quelque sorte le sens des Écritures. Trois passages sont souvent employés pour appuyer cette conception. Tous les trois parlent, en fait, non pas de l’illumination mais de la révélation.

1 Cor. 2.14,15 : « Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. »

Les partisans de la doctrine de l’illumination expliquent ces versets en affirmant que l’homme naturel, ou selon certaines versions, l’homme animal, serait l’homme qui n’a pas l’Esprit. L’homme spirituel serait celui qui a l’Esprit. En réalité, comme Paul parle dans ce contexte de l’inspiration, on doit reconnaître que l’homme naturel est celui qui n’est pas inspiré ou qui n’a pas accès à la révélation donnée par l’Esprit. Il s’appuie sur la sagesse humaine, il ne connaît que ce que l’homme peut découvrir par ses sens physiques et par sa propre logique. L’homme spirituel serait celui qui était inspiré du Saint-Esprit et qui en recevait des révélations authentiques. Il s’agit des apôtres et des prophètes. (L’homme spirituel pourrait aussi être celui qui se laisse guider par les vraies révélations de Dieu au lieu de se référer à ce qui peut être connu naturellement, sans la Parole de Dieu.) L’homme spirituel n’est jugé par aucun homme, non pas en ce qui concerne ses actions (les actions de Pierre étaient une fois condamnables – Gal. 2), mais dans les révélations qu’il donne, puisque c’est la pensée du Seigneur qu’il révèle (ou qu’il suit, selon le cas).

Les remarques de David Lipscomb sur ce passage semblent utiles :

« L’homme par ses facultés naturelles, sans révélation, ne pouvait pas apprendre la volonté de Dieu ; mais afin qu’il la connaisse, l’Esprit de Dieu, qui connaît les choses de Dieu… fit savoir par les apôtres la volonté de Dieu, et ils la révélèrent au peuple. L’homme naturel est donc l’homme qui n’a jamais entendu la volonté de Dieu, car il n’a aucun moyen de la découvrir jusqu’à ce que ceux qui ont reçu la révélation la lui fasse connaître… Cela signifie plus ou moins la même chose que ce que Paul dit en 1 Corinthiens 1.21 : “Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, dans la sagesse de Dieu il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.” »

Un deuxième passage utilisé pour prouver l’idée de l’illumination est Jean 16.13 :

« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Il suffit de faire remarquer qu’en Jean 13–17 Jésus était seul avec ses apôtres et que cette promesse s’adresse à eux plutôt qu’à tous les chrétiens en général. Nous bénéficions de ce que Jésus a promis ici chaque fois que nous lisons le Nouveau Testament, mais la promesse ne s’applique pas directement aux chrétiens de nos jours.

Le troisième passage auquel on fait appel est 1 Corinthiens 12.3 : « Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. » Ce texte fut cité par Jean Calvin pour soutenir sa doctrine de l’illumination. Le frère Wayne Jackson répond de cette façon :

« Ce passage affirme simplement que la croyance à la seigneurie de Christ dépend de la mission révélatrice de l’Esprit. Suggérer qu’il enseigne que chaque individu doit être éclairé personnellement et directement par l’Esprit, c’est supposer beaucoup plus que ce que le texte dit. Le Saint-Esprit est l’auteur des Écritures ; sans les informations qu’elles contiennent, aucun homme ne peut déclarer que Christ est Seigneur. Cette déclaration doit donc être attribuée à l’Esprit. Mais ceci n’appuie nullement la théorie d’illumination directe. » (Jackson, Wayne. « The Holy Spirit “Illumination” Theory : A Critical Review. » ChristianCourier.com.)

Le frère Jackson poursuit avec une série de questions :

« Si l’Esprit illumine la pensée de l’étudiant chrétien, explique-t-il aussi infailliblement qu’il a inspiré ceux qui ont écrit le message sacré au départ ? Sinon, pourquoi pas ? En plus, comment quelqu’un pourrait-il savoir si, ou quand, il a été illuminé ? S’il croit avoir été illuminé à l’égard d’un passage précis, peut-il jamais par la suite modifier sa position sur ce texte ? Si oui, l’Esprit l’avait-il mal conduit auparavant ?

Si l’on a été illuminé à l’égard d’un passage, toute personne qui prendrait une autre position là-dessus, serait-elle en erreur ? Si deux personnes qui toutes les deux prétendent bénéficier de l’illumination ne sont pas d’accord sur le sens d’un passage, comment peut-on savoir laquelle a raison – ou si toutes les deux ont tort ? Si le Saint-Esprit n’a pas été à même de rendre les Écritures compréhensibles au premier tour (par le processus de la révélation), comment pourrions-nous être confiants qu’il sera capable de le faire au deuxième tour (par le processus de “l’illumination”) ? »

Conclusion

L’Esprit de Dieu joue un rôle crucial dans conversion. C’est lui qui rend témoignage de Jésus – il le fait par les Écritures. Elles ne sont pas sans puissance pour toucher le cœur avant la conversion, et elles ne sont pas incompréhensibles après la conversion jusqu’à ce que le lecteur reçoive une soi-disant illumination de l’Esprit. La Bible, l’épée de l’Esprit, est déjà bien adaptée aux besoins de tous, chrétiens comme non-chrétiens.

B.B.

Les miracles sont-ils nécessaires

Les miracles, sont-ils nécessaires ? 
   Dans les Eglises du Christ nous parlons l’importance de restaurer l’Eglise telle qu’elle nous est décrite dans les pages du Nouveau Testament. Nous cherchons à enseigner uniquement ce qui était enseigné dans l’Eglise au temps des apôtres. Nous voulons rendre à Dieu un culte qui soit conforme au modèle laissé par les premiers chrétiens. Et nous croyons que même l’organisation de l’Eglise doit-être identique à celle qui est révélée dans la Bible.
Certains, qui sont habitués à voir l’accent mis sur les miracles dans les Eglises modernes, s’étonnent de ce que nous ne cherchons pas à restaurer cet élément de la vie de l’Eglise primitive. En effet, personne ne peut nier que le livre des Actes contient de nombreuses références aux miracles opérés parmi les chrétiens. Ces miracles, ne sontils pas nécessaires à une restauration authentique de l’Eglise du premier siècle ?
Avant d’entamer une réponse, notons que dans la Bible le mot «miracle» a un sens plus restreint que pour beaucoup de lecteurs. Nous ne parlons pas ici de ce qu’on appelle parfois «les petits miracles», ni des oeuvres providentielles mais néanmoins merveilleuses que Dieu fait tous les jours. Dans cet article il s’agit plutôt des «grands miracles» dont nous lisons dans la Bible, les miracles puissants et instantanés attribués aux apôtres et à certains autres chrétiens.
Pour déterminer si les miracles sont toujours nécessaires, il faut définir le rôle des miracles dans l’Eglise du premier siècle. A quoi servaient-ils ? Plusieurs passages montrent que les miracles étaient des «signes» pour confirmer que l’Evangile était la Parole de Dieu et que les apôtres servaient de porte-parole du Seigneur. Dieu appuyait le témoignage porté par ces hommes. «Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté.» (Hébreux 2.3,4). « Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient. » (Marc 16.20).
Bien des maux furent soulagés par les miracles de Jésus et de ses apôtres. Certainement, la compassion les motivait souvent à faire des miracles. Cependant, la raison fondamentale pour les miracles était de prouver la divinité du Christ et la véracité de ses messagers. Après tout, Dieu est capable d’ôter de la terre toute souffrance et toute maladie d’un seul coup. Bien qu’il soit compatissant, ce n’était pas selon son dessein de faire ainsi. Il visait premièrement la foi, et non la guérison en elle-même.
Ajoutons qu’il n’est pas nécessaire de voir les miracles personnellement pour en être convaincu. En lisant les récits des miracles contenus dans la Bible, nous recevons le même bienfait que les témoins oculaires: la foi. «Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.»
Les miracles du premier siècle prouvaient l’inspiration de l’évangile de Christ. Cet évangile, dont l’origine divine fut confirmée au premier siècle, est conservé pour nous aujourd’hui dans l’écriture. Il n’a pas besoin d’être révélé et confirmé de nouveau puisque la foi chrétienne « a été transmise aux saints une fois pour toutes.» (Jude 3). En lisant ou en écoutant l’enseignement biblique aujourd’hui, on peut être convaincu sans voir des miracles, car « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ.» (Romains 10.17).
Dans l’histoire du mauvais riche et du pauvre Lazare, le riche (se trouvant comme Lazare dans le séjour des morts) demande au père Abraham d’envoyer Lazare auprès de ses frères pour les persuader de se repentir. Il pense qu’un tel miracle persuadera ces hommes au coeur dur : «Si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. » (Luc 16.30-31). En disant « Moïse et les prophètes » Abraham se réfère à leurs écrits puisque Moïse et les prophètes étaient morts depuis des siècles lorsque Jésus racontait cette histoire. Les générations qui ont vécu bien après le temps de Moïse furent obligées d’accepter la loi de Moïse comme authentique, bien qu’elles n’aient pas vu personnellement tous les signes par lesquels Dieu confirma qu’il était son prophète. Ce fait fut établi une fois pour toutes du vivant de Moïse. De même, l’inspiration de l’évangile fut établi au temps des apôtres. Dieu s’attend à ce que les hommes écoutent sa Parole dans le Nouveau Testament, sans demander des preuves supplémentaires.
Répondons ensuite à des arguments qui sont souvent avancés pour soutenir que les miracles sont nécessaires de nos jours.
1. « Aux temps apostoliques le Saint-Esprit accordait à certains hommes des dons miraculeux. Si le même Esprit est présent aujourd’hui, il accordera les mêmes dons.»
Ce raisonnement est erroné. Le même Père céleste existe aujourd’hui comme toujours, mais il n’est plus en train de créer le monde. Il a fini de créer, mais il n’est pas inactif; il soutient le monde actuellement par sa même puissance. Nous avons le même Seigneur Jésus que les hommes ont connu au premier siècle, mais il ne mourra plus. Il est mort sur la croix une fois pour toutes. Maintenant il règne et il intercède pour les siens auprès de Dieu. Et le même Esprit Saint vit dans l’Eglise aujourd’hui, mais il a fini de transmettre la foi chrétienne. Il a fait cela une fois pour toutes. Il n’est pas pour cela «à la retraite»; il demeure dans les chrétiens pour les fortifier et les aider à vivre dans la sainteté.
La nature de Dieu ne change pas. Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit obligé de répéter dans chaque génération ce qu’il a fait dans le passé. Il a achevé certains aspects de son oeuvre et certaines manifestations de son pouvoir ont déjà servi leur but.
2. «Il faut les miracles pour convaincre les Thomas modernes. Comme Dieu veut que tous soient sauvés, il accordera des miracles pour ceux qui ne sont pas persuadés sans voir. Pour eux la vérité de l’évangile n’est pas encore prouvée.»
En Jean 11.47,48 et 12.9-11 nous voyons que les principaux sacrificateurs et les pharisiens reconnaissaient les miracles de Jésus. Ils savaient même que Jésus avait ressuscité Lazare d’entre les morts. Ils avaient vu les preuves et elles étaient suffisantes pour convaincre un homme à l’esprit ouvert. Mais au lieu de croire en lui, ces chefs religieux cherchaient un moyen pour arrêter Jésus ou même le faire mourir. Que certains refusent de croire en un fait ne diminue pas la qualité des preuves en sa faveur. Les preuves de l’évangile sont là, et on peut les examiner.
Ceux qui continuent de nier ce qui a été suffisamment démontré ont généralement d’autres motifs que l’amour de la vérité, et Dieu ne se plie pas devant leurs exigences. Au contraire, il permet aux ouvriers de Satan de faire des miracles pour égarer ceux qui s’intéressent plus aux miracles qu’à la vérité (2 Théssaloniciens 2.9-12)
La vérité de l’évangile fut prouvée pour tous (qu’ils le reconnaissent ou pas) par la résurrection de Jésus. «Il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts…» (Actes 17.31). Les miracles des apôtres prouvaient, non pas la divinité du Christ, mais l’autorité de ses porteparole.
Y aura-t-il des miracles pour les Thomas modernes ? Dieu considère que sa parole est suffisante pour produire la foi en son Fils (Jean 20.30,31; Romains 10.17.)
3. «Les miracles sont nécessaires pour discerner le vrai du faux.»
Un regard autour de nous montre que cela n’est pas vrai. La multiplicité d’Eglises montre que les miracles ne permettent pas de savoir qui est dans la vérité. Des groupes aussi divers que les Assemblées de Dieu, l’Eglise du Christianisme Céleste, l’Eglise Papa Nouveau, le Renouveau Catholique, et des dizaines d’autres prétendent tous faire des miracles par la puissance de Dieu, mais leurs messages sont éperdument contradictoires.
C’est la Bible seule qui peut nous permettre de distinguer entre l’erreur et la vérité. Satan se sert souvent des miracles pour tromper les hommes (2 Théssaloniciens. 2.8-10, Matthieu 24.24, 2 Corinthiens 11.13-15).
4. «Sans miracles, l’oeuvre ne sera ni solide ni durable.»
Ce qui est nécessaire pour un travail solide et durable est plutôt des coeurs bons et honnêtes pour recevoir la bonne nouvelle (Luc 8.11-15). Jésus se méfiait des hommes qui étaient attirés surtout par le miraculeux, et il les exhortait à chercher avant tout la parole (Jean 6.26,27).
Les Hébreux avaient témoigné des miracles, mais ils risquaient d’abandonner la foi et négliger leur salut (Hébreux. 2.1-4), raison pour laquelle l’Epître aux Hébreux leur fut envoyée. Les miracles sont-ils nécessaires à une restauration de l’Eglise du Nouveau Testament. Non. C’est la Parole de Dieu, enseignée fidèlement, qui crée dans les hommes la foi en Christ et qui les dirige en tant que chrétiens dans les voies qui plaisent à Dieu.
B.B.

(dans Vol. 2, No. 2)