Parler en langues

Très souvent quand les hommes reconnaissent la valeur d’une chose, des malhonnêtes cherchent à produire des contrefaçons. Ainsi nous avons des billets de banque, mais nous devons nous méfier des faux billets. Il y a des montres suisses qui coûtent cher mais qui durent longtemps, et puis il y a des imitations qui ne marchent plus au bout de six mois. Il y a des chaînettes et des boucles d’oreille faits d’or pur ; mais si l’on ne s’y connaît pas, on peut acheter ce qui est fait d’un métal sans valeur mais que l’on a recouvert d’une très fine couche d’or, de l’or plaqué.

Dans le domaine spirituel aussi il y a des contrefaçons produites par Satan. Il y a ce qui est vrai, mais Satan a toujours essayé de tromper les hommes par ce qui est faux. Jésus a choisi ses apôtres et leur a délégué de l’autorité. Paul nous avertit qu’il y a ceux qui se disent apôtres mais ne le sont pas (2 Corinthiens 11.13-15). Dieu a révélé aux hommes son Évangile, la bonne nouvelle qui sauve du péché. Mais en Galates 1.8 Paul met les hommes en garde contre ceux qui prêchent un autre Évangile. La Bible nous parle des miracles qui étaient faits par la puissance de Dieu, mais elle nous parle à maintes reprises de faux miracles, réalisés par la puissance de Satan pour séduire les hommes (2 Thessaloniciens 2.9-12; Matthieu 24.24).

Un miracle que la Bible décrit et dont il existe aujourd’hui une contrefaçon est ce qu’on appelle « parler en langues ». Il est donc nécessaire d’apprendre à distinguer le vrai parler en langues du faux.

Qu’est-ce que c’est que parler en langues ?

Il s’agit de parler miraculeusement de vraies langues humaines que l’on n’a pas apprises.

Le récit d’Actes 2

Ceci est évident dans le seul passage de la Bible qui contient une description de ce phénomène, Actes chapitre 2. Dans ce chapitre nous voyons les apôtres réunis à Jérusalem quelque dix jours après la résurrection de Jésus. C’était le jour de la Pentecôte, une fête juive. À cause de cela, la ville était remplie de pèlerins. « Il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel » (verset 5). En effet, des millions de Juifs au premier siècle vivaient parmi les païens en dehors de la Palestine, mais chaque année beaucoup d’entre eux faisaient le voyage à Jérusalem pour célébrer les fêtes ordonnées dans la loi de Moïse.

Voici donc ce qui arriva ce jour de la Pentecôte décrit en Actes 2 :

« Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (versets 2-4)

Les versets suivants nous parlent des hommes qui étaient venus de toutes les nations, et précisent que « chacun les entendait parler dans sa propre langue. »

Nous apprenons au verset 7 que ceux qui parlaient étaient tous de la Galilée, la petite région de la Palestine où Jésus avait grandi et exercé son ministère la plupart du temps. En plus, les témoins de cet événement à Jérusalem reconnaissaient que les apôtres étaient Galiléens.

Devant ces faits, il y eut deux réactions opposées dans la foule : les uns « étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : Que veut dire ceci ? Mais d’autres se moquaient, et disaient : Ils sont pleins de vin doux » (versets 12,13).

L’explication la plus naturelle de ces deux réactions est que ceux qui comprenaient ces différentes langues, étant venus des pays où l’on les parlait, s’étonnaient. Ceux, par contre, qui ne comprenaient pas ces langues, étant originaires de la Palestine, pensaient que les apôtres parlaient tout simplement de façon inintelligible, comme des ivrognes.

La discussion en 1 Corinthiens 14

La description que nous venons de voir est en parfaite harmonie avec ce que Paul a écrit en 1 Corinthiens 14. Dans ce chapitre où Paul parle longuement du don miraculeux de parler en langues, il affirme aux versets 10 et 11 que toutes les langues du monde sont intelligibles pour ceux qui les parlent. Il est aussi significatif que les langues parlées par ceux qui avaient ce don pouvaient être interprétées (verset 13). Or, on ne peut pas « interpréter » du non-sens.

Quand on parlait en langues, il s’agissait donc du pouvoir de parler miraculeusement de vraies langues humaines que l’on n’avait pas apprises.

Une langue de prière ?

D’aucuns disent qu’en 1 Corinthiens 14 il ne s’agit pas de la même chose qu’en Actes 2. Ils disent que Paul se réfère à une langue spéciale de prière. Ils disent cela parce que Paul parle de « prier en langue » (verset 14) et de « rendre grâces par l’Esprit » (verset 16). En plus, le verset 2 dit que « celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend ». Ces versets ne sont pas, pourtant, en conflit avec la description en Actes 2. En Actes 2, comme en 1 Corinthiens 14, le sujet dont on parlait en langues était « les merveilles de Dieu » (Actes 2.11). On louait Dieu. Quand on prie ou loue Dieu, ceux qui écoutent peuvent très bien en être édifiés (1 Cor. 14.16,17). Mais de la manière que cela se pratiquait à Corinthe, et que Paul reproche tout au long du chapitre 14, les assistants ne comprenaient pas ce qui était dit en langues, et on n’interprétait pas. C’est pour cela que Paul dit que la personne ne parle qu’à Dieu, celui qui comprend toutes les langues. S’ils ne comprenaient pas, ce n’est pas parce que c’était une soi-disante langue de prière.

(Il est malheureux que certaines versions de la Bible, dans un effort de rendre le texte en 1 Corinthiens 14 plus clair, ont ajouté le mot « inconnues », ou ce qui est pire, « incompréhensibles », à l’expression « parler en langues ». En réalité, l’expression employée par Paul en 1 Corinthiens est exactement la même que celle employée par Luc en Actes 2, et elle ne contient pas les mots « incompréhensibles » ou « inconnues ».)

À quoi servait-il de parler en langues ?

La preuve de la présence de l’Esprit ?

Beaucoup affirment de nos jours que le don de parler en langues est toujours la première preuve qui permet de savoir qu’une personne a reçu le Saint-Esprit. De nombreux croyants sincères s’affligent à la pensée qu’ils ne sont pas remplis de l’Esprit parce qu’ils n’ont pas eu cette expérience.

Aucun passage de la Bible n’affirme cette idée. La première lettre de Paul aux Corinthiens nous montre même le contraire. Paul dit clairement en 1 Cor. 12.13 que tous les membres de l’Église de Corinthe avaient reçu le Saint-Esprit. « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » Par contre, il enseignait que tous ne recevaient pas le même don.

« Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit…à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » (1 Corinthiens 12.7-11)

La fin du chapitre rend très clair que tout chrétien ne devait pas s’attendre à parler en langues, pas plus que tout chrétien ne devait s’attendre à être apôtre. Après avoir réaffirmé que la diversité en ce qui concerne les fonctions et les dons spirituels dans l’Église était voulue par Dieu, Paul pose une série de questions auxquelles la réponse est toujours « non ». « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don de guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? » (1 Corinthiens 12.29,30).

Dans l’Église tous avaient le Saint-Esprit, mais tous ne parlaient pas en langues. Ce don n’était pas « la preuve » que l’on avait reçu l’Esprit. L’absence de ce don n’était pas une preuve que l’on n’avait pas l’Esprit.

Une confirmation du témoignage des apôtres

La Bible elle-même nous dit la raison d’être de ce don : C’était l’un des miracles qui servaient à appuyer le témoignage ou confirmer la parole des apôtres. Avant de remonter au ciel, Jésus avait promis aux apôtres qu’ils feraient plusieurs sortes de miracles, y compris le fait de parler « de nouvelles langues ». Après son ascension, « ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient » (Marc 16.20).

Un autre passage soutient la même idée :

« Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu (les apôtres), Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté. » (Hébreux 2.3,4)

Le texte en 1 Corinthiens dit aussi que « les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants » (1 Corinthiens 14.22).

[Cette précision confirme encore ce que nous avons dit concernant la définition du parler en langues. Certains disent que les hommes ne peuvent pas comprendre la personne qui parle en langues parce qu’elle parle une langue céleste, une langue qui est inintelligible aux hommes. Mais parler de façon incompréhensible ne pourrait pas convaincre une personne non croyante de quoi que ce soit. Elle ne serait convaincue que s’il était évident qu’un vrai miracle se produisait. Pour être convaincu de cela, il faudrait que celui qui écoute comprenne la langue qui est parlée, et il faudrait qu’il sache que la personne qui parle n’a jamais appris cette langue.

Certains se basent sur 1 Corinthiens 13.1-3 pour soutenir l’idée qu’on parlait la langue des anges, ou une langue céleste. Pour comprendre ce passage, il faut remarquer que dans tous les exemples que Paul emploie dans ces trois versets il prend un extrême. Il parle de connaître tous les mystères, d’avoir toute la connaissance et toute la foi, même jusqu’à pouvoir transporter des montagnes. Ce n’est pas que quelqu’un dans la Bible ou de nos jours était omniscient comme Dieu ou a pu transporter miraculeusement une montagne par sa foi. De même, Paul n’est pas en train de dire que quelques-uns parlaient la langue des anges. Au contraire, on parlait des langues humaines. L’idée de Paul est que même si l’on avait ce don à un degré que l’on n’avait jamais vu, c’est-à-dire au point de pouvoir parler les langues des anges, ce serait sans valeur si l’on n’avait pas l’amour.]

Existe-t-il toujours ?

La Bible déclare que ce don, comme les autres dons miraculeux, devait cesser. « La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra » (1 Corinthiens 13.8-10). Pour comprendre ce passage correctement, il faut noter que Paul n’a pas dit que ces choses cesseraient quand « Celui qui est parfait » serait venu, comme s’il parlait du retour de Jésus à la fin du monde. Il parle plutôt de « ce qui est parfait », employant des mots qui conviennent à une chose et non une personne. Remarquons que le sens du mot « parfait » dans ce contexte n’est pas « sans faute » mais « complet ». Paul dit que ce qui était partiel serait remplacé par ce qui était parfait, ou complet. Ce qui était partiel, c’était des révélations ou paroles reçues miraculeusement, directement de Dieu. Quand une révélation complète serait donnée, il n’y en aurait plus besoin. « Ce qui est parfait » est la révélation complète de la volonté de Dieu. Elle nous est donnée depuis la fin du premier siècle quand le Nouveau Testament a été achevé.

Si les dons devaient cesser, c’est qu’ils ne seraient plus nécessaires. La parole de Dieu que nous avons, en effet, suffit pour convaincre ceux qui ont un cœur honnête. Selon Hébreux 2.3,4, elle a déjà été confirmée par Dieu. Elle est capable de produire en nous la foi en Jésus-Christ.

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10.17)

« Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20.30,31)

Selon les exemples bibliques, le moyen par lequel on recevait le don du parler en langues n’est plus disponible. Les divers dons miraculeux, y compris le don de parler en langues, furent donnés par imposition des mains d’un apôtre. Cela ressort clairement dans des passages tels que Actes 8.18,19; Actes 6.8 et 8.6,7 avec Actes 6.5,6; 2 Timothée 1.6; et Actes 19.6. (La seule exception à cette règle est la famille de Corneille qui en Actes 10 reçut le Saint-Esprit avec des manifestations miraculeuses sans même être baptisée. Actes 11 montre que cela arriva pour que les chrétiens juifs soient persuadés que Dieu voulait les non-juifs aussi dans l’Église.)

Pour être apôtre il fallait être témoin oculaire de la résurrection du Christ et choisi par le Seigneur lui-même. (Voir Actes 1.21-24; 1 Corinthiens 9.1). Or, les apôtres, par qui les dons miraculeux étaient communiqués, ne sont plus parmi nous. Certes, Dieu est capable de donner ces pouvoirs à quelqu’un d’une autre manière que celle qui nous est présentée dans la Bible. Mais cela ne veut pas dire qu’il choisit de le faire.

Que penser du parler en langues moderne ?

Il est certain que beaucoup de cas où l’on prétend parler en langues ne sont pas miraculeux. Au lieu de le faire par le pouvoir du Saint-Esprit, de nombreuses personnes ont « appris » à « parler en langues » en imitant consciemment d’autres personnes. Dans certains milieux pentecôtistes on donne des « conseils » à ceux qui voudraient parler en langues. Cela n’est jamais le cas dans les récits bibliques.

Dans tous les cas que l’on a essayé de vérifier, ceux qui parlaient en langues ne parlaient pas de vraies langues, mais du non-sens. Par exemple, un psychologue nommé John Kildahl passa 10 ans à étudier et même enregistrer sur cassette des personnes de diverses religions partout dans le monde, sans trouver un seul cas légitime. D’autres psychologues et linguistes ont eu des résultats identiques dans leurs études.

Les témoignages qu’on entend pour soutenir que quelqu’un a parlé miraculeusement en telle ou telle langue sont presque toujours donnés par des personnes qui ne comprennent pas elles-mêmes les langues qu’elles prétendent avoir entendues.

Quand l’un des premiers pentecôtistes, A. G. Garr, est allé en Inde comme missionnaire, il comptait se servir de son « don » pour prêcher à la population. Les gens n’ont rien compris de ce qu’il disait, et il abandonna l’effort. Il partit à Hong Kong où il fut obligé d’apprendre la langue chinoise de la manière traditionnelle. De nos jours les missionnaires qui prétendent parler en langues sont aussi obligés d’étudier le français ou les langues locales, ou bien de se servir d’interprètes.

La même chose se passe en ce qui concerne ceux qui prétendent avoir le don d’interpréter des langues. John Kildahl a plusieurs fois présenté des cassettes enregistrées qu’il avait faites de personnes qui prétendaient parler en langues à différentes personnes disant avoir le don d’interprétation. Il n’a jamais trouvé deux « interprètes » qui s’accordaient sur le sens du même message « en langues ». Par exemple, une personne dit que celui qui parle en langue doit choisir entre deux emplois et demande à Dieu de l’aider à choisir. Une autre personne écoutant la même cassette dit que celui qui parle est en train de remercier Dieu de l’avoir guéri d’une maladie grave.

Un célèbre chanteur américain nommé Pat Boone a écrit un livre intitulé A New Song pour expliquer son expérience du Saint-Esprit. En parlant du jour où sa femme a « parlé en langues », il dit : « Ma femme louait le Seigneur – en latin. Je savais qu’elle n’avait jamais étudié le latin, même pas un seul jour… Pourtant maintenant elle disait distinctement “Ava Diem ! Ava Diem ! Ava Diem !” ou “Louez Dieu !” dans une langue qu’elle n’avait jamais apprise…Nous savions qu’elle venait de vivre un miracle. Le Saint-Esprit avait donné à Shirley une phrase qu’il savait que je pourrais interpréter, et pour notre foi et édification mutuelles. » Ava est un mot latin, mais il signifie « grand-mère » ! Peut-être qu’il voulait dire « ave », mais ave est une salutation et signifie « salut » ou « au revoir ». Diem signifie « jour ». « Louez Dieu » en latin serait « lauda (ou laudate) Deum ».

Le fils d’un missionnaire, élevé en Afrique, parlait une ethnie africaine. Dans une réunion où l’on parlait en langues, il récita le Notre Père dans cette ethnie. Celui qui « interprétait » dit aux autres qu’il avait dit que Jésus reviendrait très bientôt.

Même si l’on trouvait des cas miraculeux, ils ne seraient pas forcément de Dieu. Des miracles mensongers existent. Il faut toujours examiner le message qu’une personne cherche à confirmer par ses miracles (Deut. 13.1-5). En effet, de nombreux groupes qui se contredisent pratiquent le même parler en langues. Les Assemblées de Dieu, qui croient à la doctrine de la Trinité, et l’Église Pentecôtiste, qui nie cette doctrine et dit qu’un baptême fait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit n’est pas valable, ont le même « don ». Le renouveau catholique qui encourage la prière à la vierge Marie et des protestants qui considèrent cela comme une idolâtrie parlent en langues de la même manière. On trouve le même phénomène dans des Églises Baptistes qui acceptent la Bible comme le seul livre inspiré, et l’Église Unitaire qui ne reconnaît aucun livre comme inspiré. (Même dans l’Église de Satan qui existe aux USA on parle en langues.) Évidemment Dieu, qui n’est pas l’auteur de la confusion, ne peut pas être en train d’appuyer le témoignage de toutes ces religions contradictoires. Cependant, confirmer la parole était bien le but du vrai parler en langues.

Quelle que soit la source de ce qu’on appelle parler en langues de nos jours, que ce soit l’esprit de l’homme lui-même ou un esprit trompeur, ce n’est pas l’Esprit de Dieu.

Conclusion

Jésus nous a mis en garde contre la soif de voir des miracles. En Matthieu 16.4 il dit : « Une génération méchante et adultère demande un miracle. » En 2 Thess. 2.9-12 Paul dit que Dieu permettra des signes et des prodiges mensongers et une puissance d’égarement pour ceux qui n’ont pas l’amour de la vérité. 1 Corinthiens 1.22 parle de Juifs qui, cherchant des miracles, finissent par ne pas saisir la bonne nouvelle qui pourrait les sauver.

Un don miraculeux n’a jamais sauvé une âme. Jacques 1.21 nous dit par contre de recevoir avec douceur la parole qui a été plantée en nous et qui peut sauver nos âmes. Oui, il y a beaucoup de contrefaçons dans le monde, même en ce qui concerne les choses spirituelles. Mais si nous recherchons, non pas les dons miraculeux qui étaient destinés à disparaître, mais plutôt la vérité de l’Évangile de Jésus-Christ, nous ne serons pas déçus.

B.B.

La guérison divine

Je vais vous donner quelques extraits d’une lettre d’une femme qui est vivement intéressée par tout ce qui concerne la foi. Depuis dix ans, elle est la proie d’une maladie très douloureuse. Pendant plusieurs années elle a assisté à des réunions dites de « Réveil Pentecôtiste » où l’on impose les mains pour guérir les malades. Au début de sa maladie, on lui imposa les mains à plusieurs reprises, mais sans résultat. Depuis une année elle est en pension chez une dame qui fait partie d’un autre mouvement dont le pasteur est également venu lui imposer les mains avec onction d’huile. Là encore, aucune amélioration de son état.

« Alors » écrit-elle, « cela me fait tellement de peine de m’entendre dire que je ne marche pas avec le Seigneur et que c’est un manque de foi… J’avoue cher monsieur que je me trouble avec tout cela et que les arguments humains me font plus de mal que de bien, car ils ruinent mon âme. Si Dieu n’a pas voulu me guérir à cause de toutes mes désobéissances, malgré les dizaines de fois que j’ai demandé “pardon” et me suis repentie, cela me décourage en pensant à cette foi que je n’ai pas ; et je ne sais comment l’obtenir. »

Dans un autre passage de sa lettre, elle nous dit avoir vu à maintes reprises un pasteur imposer les mains à un jeune garçon aveugle de naissance, en lui disant : au nom de Jésus je te déclare guéri ! Le garçon est toujours aveugle. La lettre tout entière exprime un sentiment d’incompréhension, de révolte parfois, et surtout un grand déchirement de l’âme qui se sent abandonnée, coupable et méprisée par Dieu. Malgré les prières répétées, malgré les supplications et les larmes, Dieu ne consent pas à guérir. Que penser de cela ?

Mes amis, après avoir lu cette lettre, j’ai eu le sentiment à la fois navré et amer que l’on éprouve devant un gâchis. Car voici une personne, parmi tant d’autres, dont la foi en Dieu est indéniable, que l’on a induite en erreur et qui est peut-être sur le point de désespérer de Dieu. Il est même étonnant qu’après ces longues années elle n’ait pas perdu la foi comme c’est, hélas, souvent le cas dans des situations semblables.

Votre foi n’est pas en cause

À cette personne, à vous Madame, et à tous ceux qui se trouvent dans la même perplexité, je veux dire tout d’abord que votre foi n’est pas en cause. Qui vous a donné la conviction que la maladie qui s’attache à vous est le signe d’une carence de votre foi ? !

Si l’on examine les différentes guérisons opérées par le Christ et par ses apôtres, on s’aperçoit que la foi du malade n’était pas toujours sollicitée. Le chapitre 3 du livre des Actes nous en donne un exemple clair et typique. Il s’agit d’un homme boiteux de naissance que l’on plaçait tous les jours à la porte du temple juif à Jérusalem. Il vivait des aumônes du peuple. Pierre et Jean s’approchent et s’arrêtent devant lui.

« Regarde-nous », lui disent-ils. « Et il les regardait attentivement s’attendant à recevoir d’eux quelque chose. » (L’idée d’une guérison ne lui avait même pas effleuré l’esprit.) « Alors Pierre lui dit : Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et, le prenant par la main droite, il le fit lever. Au même instant il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu. » (Actes 3.4-8)

Nous constatons que si la foi a joué un rôle dans cette guérison complète, c’était la foi des apôtres et non celle de l’homme guéri. Il en est de même de la plupart des miracles opérés par Jésus, comme par exemple la guérison de l’aveugle de naissance (Jean 9) ou de Malchus dont l’oreille droite avait été emportée (Luc 22.49-51), et que dire des morts qu’il a ressuscités ?

Il arriva même que Jésus guérit à distance, comme il le fit pour le centenier romain dont le serviteur était gravement malade (Matthieu 8.5-13). Ce dernier ne se rendit compte de rien. Il sut seulement qu’il était guéri.

Ceux qui aujourd’hui prétendent détenir des pouvoirs divins miraculeux, ne pourraient-ils, ne devraient-ils pas agir de la même manière en guérissant à distance un malade pour lequel d’autres chrétiens prient instamment, même si ce malade n’a pas nécessairement la foi ? Ces guérisseurs ne devraient-ils pas être aussi généreux que Pierre et être capables de dire comme lui : « Ce que j’ai, je te le donne ! » ?

Mais ces choses ne se passent jamais ainsi. On trouve plus prudent de faire courir le risque au malade. S’il n’est pas guéri, c’est que sa foi est faible. On ne met jamais en doute la qualité de celui qui impose les mains et qui crie : sois guéri au nom de Jésus-Christ !

(Je ne veux pas ici mettre systématiquement en doute la sincérité de tous ces guérisseurs. Beaucoup croient de tout leur cœur. C’est indéniable. Mais il n’empêche qu’ils soient sincèrement dans l’erreur.)

Deux choses qu’il faut constater

Lorsqu’on examine de près ces « miracles modernes », on constate deux choses :

1- Tout d’abord ils ne sont pas plus étonnants que les résultats enregistrés par la psychiatrie et le traitement médical par hypnose, tant il est vrai que la majorité des troubles organiques ont leur origine dans l’esprit. Ainsi, il est notoire que les sentiments négatifs, tels la haine et la jalousie, les soucis, la peur, les contrariétés, les frustrations continuelles, sont cause de nombreuses maladies, depuis les ulcères stomacaux et intestinaux, jusqu’à certaines formes de tuberculose en passant par les maladies de cœur et diverses paralysies.

2- Lorsqu’on les examine à la lumière des miracles rapportés dans la Bible, il leur manque ce cachet d’authenticité, ce caractère net et sans bavures que même les ennemis du Christ ne pouvaient contester. La chose se passait « aussitôt » « au même instant ». Et la guérison était totale. En outre, les miracles étaient non seulement d’une grande variété, mais, ce qui est important, ils ne se produisaient pas dans l’atmosphère enfiévrée d’une foule conditionnée qui sert de cadre à la plupart des séances de « guérisons miraculeuses modernes ». Je pense aux aveugles que Jésus guérit, aux lépreux, aux paralytiques et aux estropiés ; à l’évangéliste Philippe que l’Esprit transporta instantanément d’un lieu à un autre (Actes 8.39,40).

Je pense à la guérison des apoplectiques, à la multiplication des pains. Je pense aussi à la résurrection de plusieurs morts par Jésus et par les apôtres. L’un des morts était dans le tombeau depuis quatre jours (Marc 5.41,42; Luc 7.21; Jean 11.43; Actes 9.40; 20.9).

Ces quelques exemples suffisent à nous montrer que les soi-disant miracles modernes n’ont rien de commun avec les miracles opérés par les véritables messagers de Dieu. Si l’on prétend aujourd’hui pouvoir guérir une maladie de cœur ou un ulcère au nom de Christ, on peut, par ce même pouvoir, ressusciter des morts. Tout le monde pouvait constater que la puissance que Jésus et ses apôtres déclaraient détenir de Dieu était réelle. Ils en faisaient la démonstration. Mais aujourd’hui on le constate, il ne se passe rien de semblable, rien en tout cas qui soit au-dessus de tout soupçon ; rien qui soit aussi irréfutable et objectivement public que les prodiges opérés par le Christ et ses apôtres.

Le but des miracles

Quel était le but de ces manifestations miraculeuses au premier siècle ? Le Nouveau Testament nous apprend que leur but essentiel était de confirmer le message de l’Évangile. Il fallait que le monde sache que les messagers de l’Évangile étaient vraiment des envoyés de Dieu et que leur message était par conséquent d’origine divine. La révélation était dans sa phase première. Elle se fit d’abord d’une manière orale par la bouche des apôtres, Dieu étant avec eux confirmant leur message. Nous l’avons à présent sous la forme d’un document écrit qui s’appelle à juste titre « la Parole de Dieu » et qui suffit à produire la foi. « Ces choses sont écrites afin que vous croyiez… » dit l’apôtre Jean (Jean 20.30,31).

Cette période vit également la naissance de l’Église. Elle fut établie et « lancée » en quelque sorte avec l’aide miraculeuse de Dieu (Actes 2). C’est ainsi que le monde fut créé par une série de miracles. C’est la loi naturelle qui assura par la suite sa continuité. Il en est de même de l’Église. Elle fut inaugurée par un miracle (Actes chapitre 2). Elle continue d’exister et de se reproduire non avec l’aide des miracles, mais avec la Parole de Dieu qui est sa semence.

L’Épître aux Hébreux évoque cette phase primaire de la révélation par ces mots :

« Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, » (Comment ce message fut-il confirmé ?) « Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté. » (Hébreux 2.3,4)

À l’époque où fut rédigée la lettre « aux Hébreux » ces manifestations miraculeuses n’avaient donc plus cours. Elle fait en effet allusion aux choses qui se passaient au commencement, au temps où Dieu appuyait le message des témoins du Seigneur par sa puissance miraculeuse. Notre rôle est à présent de croire à leur témoignage. C’est le fondement même de la foi : la foi de celui qui croit sans avoir vu (2 Corinthiens 5.7; Romains 10.17; Jean 20.28,29).

Dieu guérit toujours

Ceci signifie-t-il que Dieu ne guérit plus aujourd’hui, qu’il est vain d’attendre de lui ce qu’il accordait autrefois à tant de malheureux ? Mes amis, loin de nous cette pensée. Il ne faut pas limiter la puissance de Dieu. Si sa manière d’intervenir dans les affaires des hommes varie, comme nous le montre l’histoire biblique, il est toujours présent. Il est toujours amour. Il désire toujours que nous soyons sauvés.

Par la prière Dieu peut toujours guérir. Il ne faut pas perdre confiance dans la prière… Je me suis élevé ici contre ceux qui font de la publicité pour leurs séances d’imposition de mains, lesquelles font plus de mal que de bien en donnant de fausses espérances.

Que ta volonté soit faite

Il y a un autre point sur lequel je dois insister, c’est que la prière n’est pas un moyen infaillible d’obtenir la guérison, même si elle est dite avec foi et maintes fois répétée. Ce n’est pas une manière de forcer la main de Dieu. Elle est avant tout, dans ce cas, une pétition soumise à sa volonté. « Que ta volonté soit faite » avait dit Jésus, « et non la mienne. » Telle doit être également notre attitude dans la prière.

Même au temps des apôtres, certains malades ne furent pas secourus d’une manière miraculeuse. Paul dit par exemple qu’il a « laissé Trophime malade à Milet » (2 Timothée 4.20). Épaphrodite, un autre compagnon de voyage de l’apôtre Paul tomba également malade. Il était près de la mort. « Mais Dieu a eu pitié de lui » écrit l’apôtre, « et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse » (Philippiens 2.25-27).

L’élément miraculeux n’est pas intervenu dans ces cas-là, parmi d’autres sans doute. La guérison a eu lieu quand même, mais selon le cours normal des choses. Nous pourrions également évoquer la maladie de l’apôtre Paul que Dieu ne guérit pas malgré d’instantes prières. Il lui fallut continuer de vivre avec « son écharde dans la chair » (2 Corinthiens 12.7).

C’est Dieu qui guérit

Dans la maladie, nous devons nous en remettre à Dieu avec la confiance qu’il peut guérir s’il le veut. Nous pourrions ici citer de nombreux cas où Dieu a guéri ce que les hommes avaient jugé inguérissable. Le médecin chrétien lui-même sait bien qu’il ne peut que panser les plaies. C’est Dieu qui guérit.

Mes amis, la vieillesse vient souvent accompagnée de maux de toutes sortes. Elle est elle-même une maladie. Notre correspondante écrit à cet égard : « Ce n’est pas avec des impositions de mains et onctions d’huile que des ministres du 20e siècle vont rajeunir mon squelette. » C’est vrai. Il faut que la vie suive son cours jusqu’au terme. Mais ce qui compte avant tout, ce n’est pas tellement la guérison du corps, mais celle de l’homme intérieur, c’est-à-dire l’âme. Par la foi en Christ, le repentir et le baptême en son nom pour la rémission des péchés (Actes 2.38), Dieu opère en nous un changement, une transformation. « Si quelqu’un est en Christ », s’exclame l’apôtre Paul, « il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées. Voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5.17).

Voilà le bien suprême à rechercher ; même si comme Paul nous devons vivre avec un corps diminué par la souffrance, ce qui compte, c’est la nouvelle nature que Dieu peut créer en nous (Galates 6.15). Il faut alors faire nôtres ces paroles que Dieu adressa à l’apôtre au sein de sa souffrance : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12.9).

Richard Andrejewski

(dans Vol. 5, No. 4)