La croissance spirituelle

Cela fait pitié, n’est-ce pas, de voir une personne qui a l’âge
d’un adulte mais dont le développement s’est arrêté trop tôt.
Il peut s’agir du développement physique. Certaines personnes
n’ont jamais eu la force physique nécessaire pour travailler. Que
ce soit dû à des facteurs génétiques ou à la sous-alimentation, il
y a des gens dont les membres sont atrophiés ou qui n’ont pas
la taille «normale». Il peut s’agir du développement intellectuelle
ou émotionnelle. On s’attend à ce qu’une personne majeure soit
capable de comprendre, de parler, de lire et écrire, de raisonner
comme un adulte et de prendre des décisions rationnelles. Celui
qui a le corps d’un homme adulte mais qui raisonne et réagit
comme un enfant de trois ou quatre ans fait pitié parce qu’il ne
sera jamais autonome. On peut même parler de développement
sur le plan social: une personne qui est physiquement et intellectuellement
mûr est quand même parfois incapable de s’intégrer
dans un groupe, d’assumer des responsabilités dans la société ou
de compatir aux problèmes d’autrui.
Un phénomène encore plus triste que ce que nous venons de
décrire, c’est le manque de croissance spirituelle chez un enfant
de Dieu ou dans une assemblée de chrétiens. Si l’on ne grandit
pas sur le plan spirituel, si l’on ne progresse pas vers la maturité
en Christ, les conséquences risquent d’être désastreuses et même
éternelles.
Mais qu’est-ce qui constitue le développement spirituel que
Dieu souhaite voir en nous?

Quelques traits d’un chrétien mûr
La connaissance
L’apôtre Pierre nous exhorte: «Croissez dans la grâce et
dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-
Christ» (2 Pierre 3.17). On n’a pas besoin de connaître toutes
les doctrines chrétiennes avant de devenir disciple de Jésus, mais
il faut continuer d’apprendre après son baptême. Jésus dit en
Matthieu 28.19,20: «Allez, faites de toutes les nations des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.»
Oui, on peut ignorer certains enseignements au moment de sa
conversion; mais celui qui a eu le temps de les maîtriser n’est
pas sans faute s’il reste au stade du débutant. L’auteur de l’Épître
aux Hébreux adresse un reproche à ses destinataires parce qu’ils
n’avaient pas grandi en connaissance. Ils devaient être capables
d’instruire d’autres personnes, mais ils avaient encore besoin
qu’on leur enseigne des vérités de base: «Vous, en effet, qui
depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez besoin
qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de
Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une
nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience
de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la
nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le
jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce
qui est mal.» (Hébreux 5.11-14).

Un chrétien mûr en connaissance de la parole du Seigneur
sait ce qui constitue le péché aux yeux de Dieu; les récits de la
vie de Jésus lui sont tous familiers; il est capable d’expliquer
correctement la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau
Testament; il comprend la nature de l’Église que Jésus a bâtie et
les principes de l’adoration en esprit et en vérité; il sait ce que
Dieu demande d’un père de famille, d’une épouse ou d’un enfant
dans le foyer; il a étudié l’oeuvre du Saint-Esprit dans le coeur du
chrétien et le rôle des dons miraculeux aux temps des apôtres; il
n’est pas confus par toutes les doctrines contradictoires concernant
la fin du monde et le jugement dernier, car il a étudié ce que
la Bible elle-même enseigne là-dessus. Nous devons tendre vers la
maturité en matière de connaissance «afin que nous ne soyons
plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction» (Éphésiens 4.14).

Le caractère moral
Il est possible de posséder de la connaissance sans pour
autant vivre selon ce qu’on a appris intellectuellement. Jésus
demandait à certains qui l’honoraient des lèvres: «Pourquoi m’appelez-
vous ‘Seigneur, Seigneur!’ et ne faites-vous pas ce que je
dis?» Pierre nous dit en 2 Pierre 1.5: «Faites tous vos efforts pour
ajouter à votre foi la bonne conduite». Et Jacques nous dit: «Mettez
en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en
vous trompant par de faux raisonnements» (Jacques 1.22). Il y
a malheureusement trop de personnes qui sont capables de citer
de nombreux passages bibliques, mais qui n’ont jamais appris à
exercer la maîtrise de soi quand on les provoque à la colère, qui
ne résistent pas à la tentation de gagner de l’argent malhonnêtement,
à qui manque l’amour du prochain, que l’on n’aurait jamais
envie d’engager comme employés à cause de leur paresse, qui se
découragent devant la moindre persécution, ou qui traitent à la
légère le devoir chrétien de se garder sexuellement pur. Celui
qui est mûr sur le plan spirituel ne connaît pas la vie chrétienne d’une simple manière théorique – il la vit tous les jours. «Tout
disciple accompli sera comme son maître» (Luc 6.40).

La confiance en Dieu
Trop souvent, des personnes qui sont censés avoir marché
pendant longtemps avec Christ sont encore des individus que le
Seigneur qualifierait de «gens de peu de foi» (Matthieu 6.30; 8.26;
14.31; 16.8). Des chrétiens mûrs prient beaucoup parce qu’ils
sont convaincus que Dieu est capable d’exaucer leurs prières. Ils
vivent sans crainte des sorciers parce qu’ils ont confiance que
le Seigneur les protégera. Il n’ont jamais recours aux pratiques
occultes ou aux actions malhonnêtes quand ils sont face à des
problèmes. Ils ont assez de confiance en Dieu pour remettre leur
sort entre ses mains et croire qu’il cherche leur bien ultime malgré
les épreuves qu’il les laisse traverser. Certaines personnes
sont chrétiennes depuis de longues années, mais elles ne manifestent
toujours pas de confiance en Dieu par leurs offrandes:
malgré ses promesses de bénir celui qui donne avec générosité
(Luc 6.38; 2 Corinthiens 9.6-11; Philippiens 4.10-19, etc.), elles
ont toujours peur de ne pas avoir le nécessaire si elles donnent
beaucoup à Dieu. Elles ont besoin de grandir en ce qui concerne
leur confiance en lui.

L’évangélisation et le service
Un arbre fruitier qui est mûr portera normalement du fruit.
Des animaux qui arrivent au stade de la maturité commencent
généralement à se reproduire. Le fait de se reproduire spirituellement,
c’est-à-dire d’évangéliser d’autres personnes pour qu’elles
soient nés de nouveau, est généralement un signe de maturité. En
fait, le plus grand encouragement pour un évangéliste n’est pas
de baptiser quelqu’un à qui il a enseigné la parole de Dieu – c’est
de voir ce dernier à son tour enseigner et amener une autre personne
à se convertir. C’est en ce moment que l’évangéliste est rassuré
que la bonne nouvelle a réellement pris racine dans le coeur.
Mais le fruit que le chrétien doit porter n’est pas seulement
les conversions que Dieu produit au moyen des efforts de ce chrétien.
Paul nous enseigne: «Il faut que les nôtres aussi apprennent
à pratiquer de bonnes oeuvres pour subvenir aux besoins pressants,
afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits» (Tite
3.14). Un chrétien sur le chemin de la maturité spirituelle ne
s’attend pas à une récompense matérielle de la part de l’Église
quand il rend service. Il s’occupe gratuitement de la propreté du
lieu de culte, et il le fait de bon coeur à cause de ce que le Seigneur
a fait pour lui. Il fait des courses pour l’assemblée sans hésitation,
parce qu’il se soucie de l’avancement du royaume de Christ. Si on
lui demande de gérer l’argent de collecte, enseigner un groupe
d’enfants, visiter un malade, ou exercer de l’hospitalité envers
un frère qui est de passage, il le fait sans murmures, heureux de
l’occasion de servir son prochain et son Seigneur.

Quelques traits d’une assemblée mûre
On peut aussi considérer le sujet de la maturité spirituelle en
ce qui concerne des assemblées locales. On devrait s’attendre à ce
qu’une assemblée fasse du progrès spirituel sur plusieurs plans.
Liens de fraternité
Il faut, par exemple, que des liens de fraternité et de solidarité
soient tissés entre les membres du corps de Christ, qui
est l’Église. «C’est grâce à [Christ] que les différentes parties du
corps sont solidement assemblées et que le corps entier est bien
uni par toutes les jointures dont il est pourvu. Ainsi, lorsque
chaque partie agit comme elle doit, le corps entier grandit et
se développe par l’amour» (Éphésiens 4.16, FC). Ceux qui composent
une assemblée doivent se voir comme étant une famille,
comme un corps où chaque membre est important et apprécié. Ils
doivent apprendre à s’encourager les uns les autres, à prier les
uns pour les autres et à s’entraider. Est-ce qu’ils connaissent les
domiciles les uns des autres? les numéros de cellulaire? les noms
des enfants? Remarquent-ils quand un tel est absent des réunions
de l’Église et se rendent-ils chez cette personne pour connaître le
problème et offrir de l’aide? Quand on commence une assemblée,
il faut chercher à cultiver ces expressions d’amour mutuel.
Conducteurs qualifiés
Une assemblée où les hommes ne sont pas capables de faire
un culte sans la présence d’un frère de l’extérieur de l’assemblée
pour les aider n’est évidemment pas une Église mûre. Dès que
possible il faut préparer et former des hommes sur qui on puisse
compter, des hommes dont le comportement ne fasse pas honte à
l’Église et qui aient du zèle pour le Seigneur.
Au début d’une assemblée, il n’est généralement pas possible
de remplir tous les rôles dont nous lisons dans le Nouveau Testament:
anciens (pasteurs, évêques), diacres, évangélistes, enseignants,
etc. En effet, il est précisé qu’un ancien ne doit pas être
«un nouveau converti» (1 Timothée 3.6); quant aux diacres, Paul
dit: «Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur
ministère» (1 Timothée 3.10). Dans un premier temps, les Églises
sur l’île de Crète n’avaient pas d’anciens, mais Paul écrivit à Tite:
«Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste
à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens
dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable,
mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient
ni accusés de débauche ni rebelles» (Tite 1.5,6).
Non seulement les hommes de l’assemblée doivent être en
mesure de la conduire dignement, ils doivent aussi progresser afin
de pouvoir établir de nouvelles assemblées ailleurs, là où le besoin
se présente. Un chrétien mûr devrait pouvoir «se reproduire»
spirituellement en amenant d’autres personnes à la conversion;
une assemblée mûre devrait être capable de se reproduire aussi
en créant une autre assemblée locale, que ce soit dans un autre
quartier, une autre ville, ou le village d’un membre.
Fidélité à la doctrine des apôtres
Nous avons déjà cité Éphésiens 4.13 qui décrit les chrétiens
immatures comme des «enfants, flottant et emportés à tout vent
de doctrine, par la tromperie des hommes». La même description
s’applique à une assemblée qui n’a pas encore une bonne assise doctrinale. Elle devient facilement victime des faux docteurs, ou
elle adopte des pratiques qui ne sont nulle part autorisées dans
la parole de Dieu. Les Églises de la Galatie n’étaient apparemment
pas mûres sur ce plan. Après le départ de Paul, elles ont
dévié de la vérité. Paul leur écrivit en Galates 1.6-8: «Je m’étonne
que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a
appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui
vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ…
Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.» (Galates 1.6-
8; 4.11). Le Seigneur reprocha aux assemblées de Pergame et de
Thyatire d’avoir permis aux fausses doctrines de s’introduire au
milieu d’elles (Apocalypse 2.14,15,20); il loua, par contre, l’Église
de Philadelphie – ses membres n’étaient pas nombreux mais elle
avait gardé la parole du Seigneur (Apocalypse 3.8).
Correction spirituelle
Une assemblée mûre sait traiter les problèmes de péché, que
ce soit l’immoralité, la division ou la fausse doctrine. Elle sait ce
que la Bible recommande à ce sujet, et elle a le courage de mettre
en pratique cet enseignement. L’Église de Corinthe, à laquelle
Paul fut contraint de dire «ce n’est pas comme à des hommes
spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des enfants
en Christ» (1 Corinthiens 3.1), n’était pas mûre dans la pratique
de la discipline. Il leur dit: «On entend généralement qu’il y a
parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne
se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un
de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil!
Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui
qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! … Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec
quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide,
ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme.» (1 Corinthiens 5.1-2,11). La
correction d’un chrétien qui s’égare dans le péché doit se faire
avec humilité et amour (Galates 6.1; 2 Thessaloniciens 3.14,15) et
selon les étapes enseignées par Jésus lui-même (Matthieu 18.15-
17), mais elle doit se faire. Une assemblée mûre se soucie de la
condition spirituelle de ses membres, et quand il s’avère nécessaire,
elle applique la discipline appropriée.
La croissance spirituelle ne vient pas
automatiquement avec le temps
Il semble que nos enfants grandissent généralement qu’on le
veuille ou pas. En effet, Jésus pose la question: «Qui d’entre vous,
par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille?»
(Matthieu 6.27, Version Darby). L’enfant qui se dit: «quand je serai
grand, je vais faire 1,85 m» n’atteint pas forcément cette taille;
cela ne dépend ni de sa volonté ni de son effort. Certaines choses
qui dépendent de nous, telle que l’alimentation, sont, néanmoins,
nécessaires ou contribuent à la croissance physique. Pareillement,
certaines choses que nous devons faire contribueront à notre
croissance spirituelle. Quand l’auteur de l’Épître aux Hébreux dit
que ses destinataires n’avaient pas progressé comme ils auraient
dû faire (Hébreux 5. 12), ou quand Paul accuse les Corinthiens
d’être encore des «enfants spirituels» (1 Corinthiens 3.1), il est
sous-entendu qu’ils étaient en faute. Qu’est-ce qu’on peut donc
faire pour promouvoir notre propre croissance spirituelle et celle
de nos assemblées?
Se nourrir de la parole
Un enfant ne grandit pas convenablement s’il ne mange pas
bien. Il doit manger suffisamment et régulièrement. La nourriture
spirituelle dont nous avons besoin pour grandir, c’est la parole
de Dieu. L’apôtre Pierre dit: «Désirez, comme des enfants nouveaux-
nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous
croissiez pour le salut» (1 Pierre 2.2, Colombe). La parole n’est
pas seulement pour les nouveaux convertis. Dans certaines communautés,
il y a peu d’occasions pour l’étude sérieuse de la Bible
après le catéchisme destiné aux candidats pour le baptême. Mais
au lieu de cesser de manger après l’enfance, une grande personne
prend de plus grandes quantités de nourriture. En plus, il est
capable de supporter et profiter d’aliments que le bébé ne peut
pas digérer. Pareillement, le chrétien qui tend vers la maturité
doit «consommer» (lire, étudier, méditer) fréquemment la parole.
Il doit augmenter au lieu de réduire le temps qu’il met à étudier,
et il doit se nourrir de la «nourriture solide» de la parole, les
enseignements qu’il n’était pas en mesure de comprendre lors de
sa conversion (Héb. 5.11-14).
Une personne en bonne santé a généralement un appétit normal,
mais parfois il faut manger même quand on n’en a pas envie.
Le corps a besoin des nutriments. Même si le chrétien n’a pas
envie d’écouter ou d’étudier la parole de Dieu, il doit s’efforcer
de le faire, car son âme en a besoin. Il trouvera peut-être que
l’appétit vient en mangeant.
Une bonne alimentation spirituelle contribue également au
développement d’une assemblée. Quand une Église locale manifeste
des faiblesses spirituelles, il est fort possible que quelque
chose manque à son régime, c’est-à-dire à l’enseignement qu’elle
reçoit. Je me rappelle une conversation avec un membre d’une
dénomination en Afrique: le jeune homme avec qui je parlais
m’affirma qu’il pouvait être sûr que le sujet de la prédication du
dimanche suivant se porterait soit sur la fornication, soit sur la
dîme, soit sur la tenue des femmes. Selon lui, on ne prêchait jamais
sur autre chose dans son Église! La parole de Dieu contient
pourtant de nombreux enseignements sur ce que nous devons
croire, la manière qu’il faut mener nos vies en tant que chrétiens,
l’amour de Dieu pour nous, le modèle que Jésus représente pour
nous, les fausses doctrines dont il faut se méfier, la glorieuse espérance
qui devrait nous animer, l’Église que le Seigneur a bâtie et
bien d’autres choses. Veillons à ce que nos assemblées suivent un
régime bien équilibré afin de grandir spirituellement.
Demander l’aide de Dieu
Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous fortifier et
nous aider à atteindre la sainteté (Romains 8.13,26; Éphésiens
3.16). Il se soucie de notre survie et notre croissance spirituelles,
et il écoutera certainement nos prières dans ce sens. Nous ne
prétendons pas connaître toutes ses voies et tous les moyens à sa
disposition pour nous venir en aide, mais nous savons que rien
n’est difficile pour Dieu (Genèse 18.14). Voilà pourquoi l’apôtre
Paul n’a pas manqué de prier pour ceux qu’il avait évangélisés. Il écrivit aux Philippiens: «Je suis persuadé que celui qui a commencé
en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le
jour de Jésus-Christ… Et ce que je demande dans mes prières,
c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance
et en pleine intelligence pour le discernement des choses
les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour
le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-
Christ, à la gloire et à la louange de Dieu» (Philippiens 1.6,9-11).
Dieu nous aide à progresser vers la maturité grâce à l’aide
des personnes qu’il «donne» à son Église: «Et il a donné les
uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs
[Segond]. Il a agi ainsi pour préparer les membres du peuple
de Dieu à accomplir la tâche du service chrétien, pour faire
progresser le corps du Christ dans la foi. De cette façon, nous
parviendrons tous ensemble à l’unité de notre foi et de notre
connaissance du Fils de Dieu; nous deviendrons des adultes
dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ.
Alors, nous ne serons plus des enfants... [FC]» (Éphésiens 4.11-
14a). Il est vrai que les apôtres et les prophètes ont déjà achevé
leur travail de nous révéler la vérité de l’évangile et la volonté
de Dieu pour tous les hommes: nous continuons de jouir du fruit
de leur travail chaque fois que nous ouvrons la Bible. Le travail
des évangélistes et des pasteurs-docteurs, par contre, n’est jamais
achevé et des hommes doivent continuer de jouer ces rôles aujourd’hui
parmi nous pour que les chrétiens soient équipés pour
le service et qu’on parvienne à la maturité.
Dieu nous aide également à travers les épreuves dans nos
vies. Certes, nous ne souhaitons pas ce qui est difficile et douloureux,
mais Dieu se sert même de ces expériences pour notre
bien, pour faire de nous les personnes que nous devons être. «Mes
frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses
épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que
l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la
patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous
soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien» (Jacques 1.2-4).
Que ce soit la patience, l’humilité, la compassion, la confiance en
Dieu ou bien d’autres qualités, c’est souvent à travers des expériences
difficiles que Dieu les cultive en nous. (Voir aussi Hébreux
12.5-11; 2 Pierre 1.6,7).
S’exercer
Si vous voulez devenir plus fort physiquement, vous devez
vous exercer. Vous devez utiliser la force que vous possédez déjà,
vous entraîner, tester vos limites et vous efforcer de faire toujours
davantage. Le paresseux ne fera pas de grands progrès.
Nous voyons le même phénomène dans le domaine spirituel. Il
faut utiliser les dons que Dieu vous a déjà confiés, qu’ils vous
semblent grands ou petits, sinon vous risquez de les perdre. «Car
on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à
celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a» (Matthieu 25.29).
Si vous ne faites aucun effort pour évangéliser, vous n’en serez
jamais capable. Il faut vous appliquer si vous espérez un jour donner
très généreusement, ou conduire des cantiques lors du culte,
ou prêcher un sermon, ou encourager quelqu’un qui est abattu,
ou apprendre un chapitre de la Bible par coeur. Et si vous ne réussissez
pas la première fois que vous essayez, il faut persévérer.
Ce principe s’applique, bien sûr, aux assemblées aussi bien
qu’aux individus. Une Église locale doit s’aventurer à faire des
choses pour Dieu qu’elle n’a jamais tentées dans le passé. Peutêtre
qu’elle veut s’engager à soutenir un frère pour qu’il reçoive
une formation comme évangéliste ou même pour le soutenir
pour qu’il travaille à plein temps après cette formation. Peut-être
qu’elle veut s’organiser pour venir en aide aux veuves et aux
orphelins de son entourage. Peut-être qu’elle veut construire un
lieu de culte. Il y a une tendance à vouloir attendre que d’autres
personnes ou d’autres assemblées fassent le gros du travail, mais
une Église qui attend les autres de cette façon au lieu de puiser
dans ses propres ressources matérielles et spirituelles ne grandira
pas.
Le premier pas
Si vous voulez grandir spirituellement en tant que chrétien,
il faut tout d’abord vous demander si vous êtes déjà un enfant de
Dieu. Êtes-vous déjà né de nouveau? L’apôtre Jean écrit en 1 Jean
3.2 : «Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu…»
Comment devient-on enfant de Dieu? Jean nous l’explique dans
son évangile. Il dit, en parlant de la lumière qui est venue dans
le monde, c’est-à-dire, Jésus: «Mais à tous ceux qui l’ont reçue,
elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui
croient en son nom et qui sont nés… de Dieu» (Jean 1.12-13).
Ce n’est pas par le simple fait de recevoir Jésus, de croire en son
nom, que l’on devient enfant de Dieu. Mais celui qui croit en lui a
« le pouvoir» (la possibilité, le moyen) de devenir enfant de Dieu,
en étant né de Dieu.
En Jean 3.3,2 Jésus explique comment naître de Dieu, comment
naître de nouveau: «…En vérité en vérité je te le dis, si
un homme ne naît de nouveau, … Si un homme ne naît d’eau
et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.» Cette
naissance d’eau et d’esprit s’accomplit quand le croyant pénitent
est baptisé en Christ (ensevelis, immergé dans l’eau). C’est en
ce moment que ses péchés lui sont pardonnés et qu’il reçoit le
don du Saint-Esprit (Actes 2.38). Il est alors sauvé et ajouté par
le Seigneur à son Église. Si quelqu’un est en Christ, il est une
nouvelle créature (2 Cor. 5.17). C’est alors que la vraie croissance
spirituelle peut commencer.
BB