Le baptême des enfants

Supposez que vous venez de faire un enfant. Serait-il important de le faire baptiser ? Peut-être que vous avez reçu le baptême quand vous étiez trop jeune pour vous en souvenir. Faut-il mettre en doute la validité de ce baptême ? Faut-il écouter ceux qui vous conseilleraient de vous faire rebaptiser ?

La grande majorité de ceux qui se considèrent chrétiens acceptent la pratique de baptiser des enfants, y compris des nouveaux-nés. On trouve le baptême des enfants chez les catholiques, les orthodoxes, et beaucoup de protestants (luthériens, réformés, anglicans, presbytériens, méthodistes, nazaréens, etc.). L’Église catholique le considère si important qu’elle enseigne que des parents chrétiens qui retardent excessivement ou qui négligent complètement de procéder au baptême de leurs enfants commettent un péché « mortel » ; ils priveraient leurs enfants de la certitude d’une entrée dans la présence de Dieu en cas de mort, et ils s’exposeraient eux-mêmes au danger de l’enfer.

Des millions d’autres rejettent le baptême des enfants pour plusieurs raisons, notamment parce qu’il n’est jamais mentionné dans la Bible et qu’il présente plusieurs conflits avec ce que les Écritures enseignent au sujet du baptême, du salut et de la responsabilité individuelle.

Arguments en faveur

Voyons d’abord les arguments que l’on avance pour soutenir le baptême des enfants.

1. Les enfants seraient souillés par le péché originel ; ils hériteraient la faute commise par Adam et Ève dans le jardin d’Éden.

Nous avons traité cette erreur en long et en large dans un autre numéro de Chemin de Vérité, (Vol. 15, No. 2, Le péché originel), et nous vous encourageons à lire cette étude. Parmi les vérités bibliques qui démentent l’idée d’un péché originel héréditaire, il y a le fait que chacun rendra compte à Dieu pour lui-même. Il est vrai que mes actions peuvent avoir des effets négatifs dans la vie d’autres personnes, mais ces personnes ne sont pas jugées ou condamnées pour mes péchés.

En Ézéchiel 18, le prophète répond au peuple qui, puni par Dieu, essayait de rejeter la faute sur leurs ancêtres. Il leur dit : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.20). Ce principe fondamental de la justice ne s’applique pas seulement dans cette vie sur terre ; Dieu nous dit clairement et à maintes reprises qu’il agira selon le même principe d’équité au dernier jugement. Romains 14.12 dit simplement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (et non, évidemment, pour Adam et Ève).

Deux Corinthiens 5.10 énonce le même principe : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. »

Si l’enfant n’est pas souillé par le péché de son ancêtre et s’il n’a pas encore la faculté de choisir et donc de commettre du péché, c’est qu’il n’a pas besoin d’être purifié. Il est déjà pur.

De nos jours, beaucoup n’acceptent ni l’idée que le nouveau-né serait perdu à cause du péché originel ni l’idée que le baptême se fait pour le pardon des péchés. Ils tiennent quand même à conserver le baptême des enfants. Pour justifier la pratique, ils en font une cérémonie de dédicace de l’enfant et une occasion de permettre aux parents de l’enfant de s’engager à l’élever dans la foi chrétienne. Le problème principal en cela est que cette façon de faire déforme totalement le sens du baptême. Dans la Bible, le baptême n’a rien à voir avec l’éducation spirituelle que doit recevoir un nouveau-né. C’est un acte d’obéissance par lequel un pécheur exprime sa foi au Sauveur, s’engage à se conformer à la volonté de Dieu, et obtient, grâce au sang de Jésus, le pardon de ses péchés.

2. Le baptême des enfants serait valable parce que c’est une vieille tradition de l’Église.

Il est vrai que la pratique de baptiser des enfants remonte très loin dans l’histoire chrétienne, mais aucune preuve ne permet de dire que Jésus et ses apôtres l’ont instituée. La Bible n’en parle pas du tout. Aucun auteur du deuxième siècle ne parle clairement du baptême des enfants, ni pour l’appuyer ni pour s’y opposer. Le célèbre Justin Martyr, qui mourut en 166 apr. J.-C., était de l’Église de Rome mais ne semblait pas connaître un tel baptême. Dans son Apologie I, 61, il donne une raison pour le baptême qui exclut le baptême des nouveau-nés : « Pour ce qui est [du baptême d’eau] nous avons appris des apôtres cette raison. Puisque lors de notre naissance nous naissons sans notre connaissance ou notre choix, le mélange fortuit de nos parents ; et ensuite nous sommes élevés dans l’habitude du mal et des leçons de l’iniquité. Or, pour que nous ne restions pas ainsi les fils du hasard et de l’ignorance, mais de choix et de connaissance, l’eau vient nous obtenir la rémission de toutes nos fautes passées. » Justin fait donc un contraste : pour notre naissance physique, nous n’avons pas de choix ; pour la naissance spirituelle lors du baptême, nous devons choisir en connaissance de cause.

Au troisième siècle, le baptême des enfants était répandu, mais il n’était pas accepté partout. Tertullien, par exemple, un « Père de l’Église » d’Afrique, qui naquit vers 150 et mourut entre 220 et 240, était hostile au baptême des petits enfants.

Mais en réalité, même une vieille tradition, même une tradition qui semble être acceptée universellement, si elle ne provient pas de Jésus et des apôtres inspirés, si elle n’est pas enseignée dans les pages de la Bible, ne fait pas autorité pour l’enfant de Dieu. Jésus met solennellement en garde contre le danger de se laisser guider par les traditions humaines. Il dit en Marc 7.7,8 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. »

3. La Bible parle du baptême de plusieurs familles entières. Comme une famille a généralement des enfants, ceux-ci ont dû recevoir le baptême aussi.

Nous voyons la conversion de trois familles entières dans le livre des Actes : Corneille (10.44-48), Lydie (16.14,15) et le geôlier philippien (16.32-34). On nous dit qu’il y avait sûrement des enfants dans ces familles et que ces enfants ont donc été baptisés. Mais dans le cas de la famille de Corneille, le texte parle explicitement de « ceux qui écoutaient la parole ». Pour ce qui est du geôlier, il est dit que Paul et Silas « lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison », et après le baptême, « il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu ». Est-ce que les bébés, aussi, ont suivi la prédication et se sont-ils réjouis de la conversion du geôlier ? Quant à Lydie, afin de s’appuyer sur son cas pour soutenir le baptême des bébés, il faut supposer : 1) qu’elle était mariée (sa « famille » pouvait se composer de sœurs, de neveux, de domestiques, etc.) ; 2) qu’elle avait des enfants ; 3) que quelques-uns de ces enfants étaient des bébés. Tout cela est possible, mais pas forcément le cas. On peut avoir une famille sans être marié, sans avoir des enfants, ou sans avoir des bébés ou enfants très jeunes.

4. Il ne serait pas normal de refuser à son enfant les bénédictions qu’apportent le baptême et l’appartenance à l’Église (pardon, renaissance, participation à la vie divine, aide pour la croissance spirituelle, etc.). Pourquoi attendre pour faire vivre le don de Dieu à l’enfant ?

Il faut se rappeler que celui qui n’a pas encore péché n’a pas besoin de pardon et n’est point séparé de Dieu. En même temps il faut dire que la personne qui reçoit le baptême doit croire et s’engager personnellement pour que le baptême ait sa valeur. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16.16). « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.36,37). « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés » (Actes 2.41). Le baptême « ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure » (1 Pierre 3.21, Bible du Semeur). Penser que le baptême peut avoir des effets profonds dans la vie d’une personne, quelle que soit la croyance, l’intention ou l’attitude de la personne, c’est traiter le baptême comme une formule magique plutôt qu’une expression sincère de la foi de celui qui a besoin de la grâce de Dieu.

Une personne qui croit peut certainement demander à Dieu d’accorder des bénédictions (telle que la guérison) à d’autres personnes, même si ces personnes ne croient pas. Mais le Christ a clairement commandé certaines choses qu’une personne doit faire elle-même pour être sauvé : croire, se repentir, confesser sa foi en Christ et se faire baptiser (Marc 16.16; Luc 13.5; Matt. 10.32,33). Il n’a jamais suggéré que quelqu’un pourrait faire ces choses au nom d’un autre ou prendre un engagement pour lui sans son consentement. « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Rom. 14.12).

5. Ne pas baptiser son enfant serait ne pas respecter le souhait de Jésus, qui a bien dit : « Laissez venir à moi les petits enfants ».

Avant d’en tirer des conclusions sur le baptême des enfants, il est important de considérer le contexte de ces propos du Seigneur : « On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10.13-16). On n’amenait pas ces enfants pour les faire baptiser. On ne prenait aucun engagement au nom de ces enfants. On ne prétendait pas que ces enfants aient besoin de repentance ou de pardon. On demandait simplement à Jésus de prier pour eux et de poser ses mains sur eux (voir Matt. 19.13-15). Les enfants étaient importants aux yeux de Jésus et méritaient son temps et son attention. Mais la parole qu’il a prononcée à cette occasion n’avait rien à voir avec le baptême.

Le baptême des enfants ne correspond pas au baptême biblique

1. Les conditions pour recevoir le baptême

Le Nouveau Testament nous parle de trois choses qui doivent précéder le baptême : Il faut écouter l’Évangile (Rom. 1.16; 1 Cor. 15.1,2), croire en Jésus comme Fils de Dieu (Marc 16.15,16; Actes 2.41; 8.12,13,36,37; 18.8), et se repentir de ses péchés (Luc 24.46,47; Actes 2.38).

La repentance est la décision ferme et sincère d’abandonner ses péchés et de pratiquer la volonté de Dieu. Cette exigence s’accorde avec la description du baptême en 1 Pierre 3.21 : « Le baptême… est l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. » Quand on se fait baptiser, on s’engage à suivre Jésus. Sans repentance, sans engagement, sans désir de changer de vie, le baptême n’a plus sons sens.

Qui peut être baptisé ? Celui qui entend l’Évangile, croit en Jésus, et se repent de ses péchés. Au vu de ce que nous venons de lire, qu’est-ce qu’on peut dire de la pratique de baptiser des bébés ? Il est claire qu’un nouveau-né n’est capable de remplir aucune de ces conditions.

2. Le but du baptême.

Dans la Bible, le baptême est toujours pour le pardon des péchés, et là on parle de ses péchés personnels et non pas les péchés commis par autrui. Pierre dit le jour de Pentecôte : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé… pour le pardon vos péchés » (Actes 2.38). Ananias dit à Saul de Tarse : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés » (Actes 22.16).

L’enfant n’a pas encore commis du péché, et il ne vient pas dans ce monde ayant une âme déjà souillée par le péché d’autrui. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « innocents ». N’ayant pas de péché, les bébés n’ont pas besoin du baptême.

3. La forme du baptême.

Le baptême biblique est une immersion dans l’eau. Cela est clair quand on considère le sens du mot grec qui est traduit par baptiser (il signifie « immerger »), quand on regarde les exemples bibliques où des personnes « descendent dans l’eau » pour recevoir le baptême et en sortent après (Actes 8.38,39; Matt. 3.16), et quand on réfléchit au symbolisme du baptême qui représente la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus (Rom. 6.2-7; Col. 2.12). La vaste majorité des soi-disant baptêmes administrés aux enfants se font par aspersion et ne constituent même pas des baptêmes. (Pour une étude plus approfondie de ce sujet, voyez Chemin de Vérité, Vol. 10, No. 4, La forme et le but du baptême.)

Conclusion

Dieu ne vous demande pas de faire baptiser votre nouveau-né. Il vous demande de faire de votre mieux pour l’éduquer de telle sorte qu’il se donne au Seigneur quand il sera assez grand, mais la Bible ne vous autorise nulle part à faire le choix à la place de votre enfant.

Si vous avez été « baptisé » quand vous étiez trop jeune pour savoir de quoi il s’agissait, si vos parents ont cru et se sont engagés à votre place, sachez que vous n’avez pas encore fait ce que Dieu demande. Cette cérémonie que l’on fait autour d’un bébé n’est pas le baptême dont parle la Parole de Dieu. Pour être sûr d’avoir obéi à Dieu, sûr de votre salut, « repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38).

B.B.


Voir aussi Les cérémonies de présentation d’enfant.

Avantages du chrétien

L’apôtre Paul était enchaîné. Il avait été accusé faussement. Certains de ses propres compatriotes avaient essayé de l’assassiner. D’ailleurs, partout où il allait, il rencontrait de l’opposition et même de la persécution. Il n’avait pas de demeure permanente, pas de femme, pas d’enfants, pas de salaire régulier. Il avait peut-être un problème de santé chronique (si c’est ce qu’il voulait dire par « l’écharde dans la chair » à laquelle il se réfère en 2 Corinthiens 12.7). Pourtant, cet homme dit hardiment au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces liens ! » (Actes 26.29). Quels avantages Paul possédait-il qui lui permettaient de dire une telle chose ? Quels avantages tout chrétien fidèle possède-t-il qui pourraient le motiver à persévérer dans les épreuves de la vie et même face aux persécutions, à rester joyeux quoi qu’il arrive, et à exhorter les autres à emprunter le même chemin ?

En fait, le chrétien jouit d’un grand nombre de bénédictions merveilleuses, et ces bénédictions sont exclusivement pour la personne qui suit fidèlement Jésus-Christ.

Une conscience pure/Le pardon/La paix

Nous avons tous été créés par Dieu avec un sens du bien et du mal. En parlant des hommes qui n’avaient pas eu accès aux Écritures, l’apôtre Paul affirme : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, bien qu’ils n’aient point la loi ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. » Certes, nous n’apprenons l’attitude de Dieu à l’égard de certains actes que par la révélation de sa volonté dans la Sainte Bible ; quand même, nous connaissons naturellement un grand nombre de principes moraux. Mais non seulement nous reconnaissons, parfois malgré nous, un code de conduite pré-établi que nous n’avons pas inventé et que nous ne pouvons pas ignorer, nous reconnaissons aussi ne pas agir conformément à ce code. Parfois un homme se vante de quelque chose dont il devrait avoir honte ; parfois un homme persiste tellement dans un péché que sa conscience cesse de l’accuser – la Bible parle de ceux « dont la conscience est morte, comme si on l’avait brûlée au fer rouge » (1 Tim. 4.2, FC). Mais avec de rares exceptions tous le monde éprouve parfois des sentiments de culpabilité. Une femme souffre dans son for intérieur pour avoir avorté son enfant ; un soldat a des cauchemars où il revit chaque nuit un acte de lâcheté qu’il a posé ; un père s’accuse amèrement pour avoir négligé l’éducation de ses enfants pendant qu’il courait après l’argent ; un jeune est misérable en pensant à l’occasion où il a gardé le silence au lieu de prendre la défense d’un autre enfant qu’on humiliait sans merci. Nous essayons presque toujours de nous justifier, mais nos péchés, ceux du passé comme du présent, nous privent de paix. Nos actes d’égoïsme, d’impureté sexuelle, de malhonnêteté, d’orgueil ou d’ingratitude, nos paroles cruelles, grossières ou blasphématoires, même nos pensées indignes nous remplissent de honte et de remords et créent en nous la peur du jugement. Il y a des moments où chacun est tenté de s’écrier comme l’apôtre Paul l’a fait en Romains 7.24 : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? »

Pour le chrétien cette délivrance est une réalité. Paul poursuit en s’exclamant : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! … Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rom. 7.25; 8.1). Le soulagement ne vient pas d’un effort inutile de nier nos péchés ou minimiser leur gravité. Pourquoi vouloir excuser l’inexcusable ? La justification est disponible parce que Jésus, le Fils de Dieu a payé le prix de nos péchés, il a supporté le châtiment que nous avions mérité. « Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse » (Actes 13.38,39).

Saul de Tarse était rongé de culpabilité quand il a compris qu’il avait livré à la mort des hommes et des femmes qui servaient Dieu dans la vérité. Il s’est plus tard décrit comme le premier des pécheurs. Mais la grâce et la purification furent offertes même à cet homme – « un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent ». Il lui fut dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16). Il est fort probable que Paul pensait à cette bénédiction, le seul moyen de trouver la paix véritable et la confiance face à la mort, quand il dit au roi Agrippa : « Plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis. »

Accès au trône de Dieu

Un deuxième avantage est lié au premier. On peut avoir le sentiment que ses prières ne montent pas jusqu’à Dieu. Ce sentiment pourrait être dû au fait qu’on a beaucoup prié sans recevoir ce qu’on a demandé. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il attend le moment favorable pour nous exaucer. Dieu peut bien être à l’écoute, mais il sait que la chose que nous demandons nous fera du mal que nous ne soupçonnons pas, et dans son amour il ne nous l’accorde pas. D’autres prient sans jamais se douter que Dieu n’est PAS à l’écoute de leurs prières, sans jamais se dire que, compte tenu de leur péché, ils n’ont aucun droit de prier Dieu !

Cette idée, qui peut choquer certains, est enseignée en Éphésiens 2.12,13,18, où l’apôtre s’adresse aux païens : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christcar par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. »

Une idée communiquée au moyen des cérémonies de la loi de Moïse, c’est que l’homme est souillé par ses péchés et indigne de se présenter devant le Dieu Très Saint. Ayant décrit la première partie du lieu d’adoration sous la loi mosaïque, l’auteur de l’Épître aux Hébreux parle de la seconde partie, qui symbolisait la présence de Dieu lui-même : « Dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert » (Héb. 9.7,8). Par contre, la barrière du péché est enlevé pour le chrétien : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire… approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Héb. 10.19,22).

Il est vrai que Dieu bénit souvent des hommes malgré leurs péchés. Jésus dit : « Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (Matt. 5.45). Mais tous n’ont pas le privilège de prier Dieu et de savoir qu’il est attentif à leurs paroles. Les hommes n’ont pas ce privilège s’ils ne passent pas par le « seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2.5,6), celui qui dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14.6). Jésus devient notre médiateur, notre « souverain sacrificateur » quand nous obéissons à l’Évangile.

Une famille spirituelle

Y a-t-il quelque chose de pire que la solitude, que le sentiment que vous êtes seul dans l’univers et que personne ne se soucie de vous ? On peut se trouver dans une immense ville, entouré d’hommes par millions, et pourtant pleurer sous l’effet de son isolement.

Un grand avantage du chrétien, c’est que le Seigneur l’ajoute à son peuple, son Église. Voici l’une des promesses les plus merveilleuses de Jésus : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Marc 10.29,30). Même si l’on est rejeté par sa famille biologique quand on devient chrétien, on a la promesse d’une famille plus grande. Cette famille spirituelle, c’est l’Église. Que l’on soit dans une grande assemblée de mille membres ou un petit groupe de cinq ou six personnes, on trouve de véritables frères et sœurs. Il est vrai qu’on peut se rendre dans une assemblée et se tenir à l’écart, sans s’ouvrir aux autres et se laisser aimer, mais si vous fournissez un peu d’effort, vous découvrirez l’Église est bien un corps spirituel où les membres ont soin les uns des autres, tel que Paul la décrit en 1 Corinthiens 12.26 : « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. »

L’assurance de la providence de Dieu à l’œuvre pour le bien

La vie est remplie de petits ennuis et de souffrances intenses, de déceptions, d’échecs, et d’épreuves, d’événements majeurs qui touchent le monde entier et de troubles tout à fait personnels. Face à ces choses, certaines personnes ont envie de jeter l’éponge – quelques-uns vont jusqu’à se suicider. D’autres passent leur vie dans l’amertume, la jalousie et le mécontentement éternel, car tout semble dépendre du hasard, aveugle, injuste ou cruel.

La foi du chrétien aux promesses de Dieu transforme sa perspective. Une promesse particulièrement chérie se trouve en Romains 8.28, où Paul écrit : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » Si j’aime Dieu et que je suis chrétien, quelqu’un qui a accepté son appel par l’Évangile, j’ai l’assurance que Dieu se servira de toute circonstance et tout événement dans ma vie pour en produire du bien. Que ce soit une maladie, l’échec lors d’un examen, la rupture d’avec un(e) fiancé(e), le fait de ne pas obtenir un certain emploi ou de ne pas être admis par une certaine école, la naissance d’un enfant sévèrement handicapé ou bien l’absence d’enfants dans mon foyer – quelle que soit la chose que je n’aurais jamais souhaitée, Dieu peut la changer en bien ou l’employer pour produire du bonheur, même un bonheur éternel.

La vie de Joseph (Genèse 37,39-50) nous fournit une démonstration très claire de la providence de Dieu. Ce jeune homme fut vendu par ses propres frères et devint un esclave dans un pays étranger. La femme de son maître l’accusa faussement d’avoir voulu la violer. Il fut jeté en prison. Après avoir rendu service à quelqu’un qui aurait pu agir pour le faire libérer, il fut oublié. Mais dans toutes ces situations injustes dans lesquelles Joseph n’était qu’une victime impuissante, Dieu était aux commandes. Comme Joseph dit à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux » (Gen. 50.20).

Corrie ten Boom et sa sœur Betsy furent transportées par les Allemands dans un camp de concentration pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Se trouvant dans un bâtiment construit pour abriter 400 femmes mais dans lequel plus de 1 400 femmes étaient entassées, un bâtiment puant et dégoûtant de tout point de vue et infesté de puces, les deux sœurs ont sorti la Bible que les gardes n’avaient pas trouvée parmi leurs affaires ; elles ont lu ce verset : « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thess. 5.17). Corrie se demandait bien pour quoi, au juste, elles pouvaient rendre grâces, mais Betsy a commencé : « Merci de ce qu’ils ne nous ont pas séparées. Merci de ce qu’ils n’ont pas arraché notre Bible. Merci de que les femmes sont serrées dans ce bâtiment car elles seront plus nombreuses à bénéficier de cette parole divine que nous voulons partager avec elles. Merci pour les puces et… » Corrie donnait son assentiment à cette liste de bénédictions, mais elle s’arrêta lorsque Betsy a parlé des puces. Elle dit à sa sœur que même Dieu ne pouvait pas la rendre reconnaissante pour une puce. Mais elle reconnut plus tard que Dieu utilisait même les puces pour produire du bien : à cause de l’infestation, les gardes de la prison n’entraient que très rarement et brièvement dans le bâtiment où les prisonnières dormaient, et la Bible de Corrie et Betsy n’a jamais été découverte.

Parfois nous ne voyons pas le bien que Dieu prépare : l’avantage peut être pour une autre personne ou il peut rester caché à nos yeux jusqu’à ce que cette vie soit passée. Peu importe. La promesse est toujours bonne et nos difficultés ne sont donc pas inutiles. Mais cette promesse est uniquement pour ceux qui aiment Dieu et qui sont des « appelés », c’est-à-dire des chrétiens. Quand je pense à ceux dont la frustration et la douleur ne servent à rien d’utile, je me dis, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. »

La protection des puissances des ténèbres

Une bonne partie du monde vit dans la peur continuelle des puissances sataniques – la possession démoniaque, les mauvais sorts, la sorcellerie, le pouvoir manié par les féticheurs, les houngans ou les marabouts, les phénomènes qu’on attribue aux ancêtres, aux génies ou djinn, ou à d’autres forces spirituelles. La Bible ne nie pas la réalité de Satan et de son pouvoir maléfique, mais elle nous enseigne que le chrétien ne doit pas vivre dans la crainte des esprits mauvais. En effet, Dieu « nous a délivrés de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13).

Certes, une lutte spirituelle se poursuit, et nous n’en sommes pas exemptés : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. 6.12). Mais Dieu nous fournit les armes spirituelles dont nous avons besoin (Éph. 6.13-17), et nous avons, en plus, cette assurance : « Vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4). Comme les enfants d’Israël, les chrétiens (Israël spirituel de nos jours) savent que « l’enchantement ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël » (Nom. 23.23).

L’espérance de la vie éternelle

Au temps de Job, Dieu n’avait pas encore révélé clairement ce qui attend l’homme dans l’au-delà. C’est Jésus qui « a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile » (2 Tim. 1.10). Job, dans son ignorance et son incertitude, s’exclama : « L’homme né de la femme ! Sa vie est courte, sans cesse agitée. Il naît, il est coupé comme une fleur ; il fuit et disparaît comme une ombre… Un arbre a de l’espérance : quand on le coupe, il repousse. Il produit encore des rejetons ;… Mais l’homme meurt, et il perd sa force ; l’homme expire, et où est-il ?…Si l’homme une fois mort pouvait revivre, j’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu’à ce que mon état vînt à changer » (Job 14.1,2,7,10,14). Mais le manque d’espérance ne troublait pas seulement l’homme qui voyait sa vie s’écouler dans la misère. Le roi Salomon, dans toute sa grandeur, était abattu en réfléchissant à la mort : « Le sage meurt aussi bien que l’insensé. Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. J’ai haï tout le travail que j’ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l’homme qui me succédera. Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? » (Éccl. 2.16-18).

Quel malheur d’être sans espérance ! Et pourtant, c’est bien la situation de ceux qui ne sont pas encore chrétiens. Paul rappelle aux Éphésiens le temps avant leur conversion : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éph. 2.12).

C’est Jésus qui a tout changé de telle sorte que nous ayons une grande consolation quand nous perdons des frères et sœurs en Christ (1 Thess. 4.13,18) et une grande confiance quand nous sommes face à notre propre mort. Tout chrétien fidèle pourra dire comme l’apôtre Paul : « Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Tim. 4.8). À cause de cette confiance, il pouvait avoir cette belle attitude à l’égard de la vie et de la mort : « Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair » (Phil. 1.23,24). La vie lui offrait la joie de servir Dieu et les hommes ; la mort lui offrait la joie d’être avec le Seigneur dans la gloire.

Cette espérance de la gloire nous soutient et nous donne de la paix et de la joie, quelles que soient nos circonstances dans ce monde. « Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Dans sa grande bonté, il nous a fait naître à une vie nouvelle en relevant Jésus-Christ d’entre les morts. Nous avons ainsi une espérance vivante, en attendant les biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni disparaître, ni être salis, ni perdre leur éclat. Dieu vous les réserve dans les cieux… Vous vous en réjouissez, même s’il faut que, maintenant, vous soyez attristés pour un peu de temps par toutes sortes d’épreuves. » (1 Pierre 1.3-6, FC). Quand ce « peu de temps » sera passé, nous aurons une éternité de bonheur parfait.

Conclusion

À cause de l’espérance éternelle et de tous les autres avantages que nous avons en Christ, la personne la plus méprisée sur la terre, la plus rongée de douleur et la plus pauvre peut considérer avec pitié les riches, les puissants et les beaux qui sont admirés de tous et vivent dans le luxe, mais qui n’ont ni le pardon de Dieu ni l’espoir au-delà de cette vie passagère. Ce pauvre chrétien peut dire, comme Paul : « Plaise à Dieu qu’ils deviennent tels que je suis. » Si vous n’avez pas encore obéi à l’Évangile de Christ, n’attendez plus. Commencez à jouir, vous aussi, des avantages du chrétien.

Le salut par la foi

La Bible affirme clairement que la puissance capable de procurer le pardon des péchés des hommes, c’est le sang de Jésus. Sa mort paya le prix de nos péchés (Éph. 1.7; Rom. 5.6-9; Héb. 9.14; 1 Pi. 1.18,19). Mais comment et quand un individu entre-t-il en contact avec ce sang purificateur ? Quelle est la condition (ou quelles sont les conditions) à satisfaire pour que Dieu accorde son pardon aux pécheurs que nous sommes ?

Beaucoup enseignent que la foi est la seule condition pour recevoir la vie éternelle. Pour obtenir le pardon de ses péchés, il suffirait de « recevoir Jésus dans son cœur » ou de « l’accepter comme son Seigneur et Sauveur personnel ». Cette doctrine est-elle vraie ? Que dit la Bible au sujet des conditions du salut ?

La foi est essentielle au salut

 De nombreux passages bibliques enseignent que nous sommes sauvés par la foi :

Jean 3.16 – Dieu donna son Fils « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Romains 1.16 – L’Évangile « est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. »

Romains 5.1 – « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu. »

Éphésiens 2.8 – « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. »

Évidemment la foi est nécessaire au salut, et sans la foi personne ne sera sauvé.

Mais aucun passage ne dit que nous sommes sauvés par la foi seule :

Les versets que nous venons de citer prouvent que la foi est nécessaire, mais ils ne disent pas s’il y a d’autres étapes, ou si « croire » signifierait plus que le fait d’accepter que telle ou telle idée est vraie.

Quelqu’un dira : « Il va sans dire que, pour avoir une foi qui sauve, il faut se repentir et confesser Jésus de sa bouche. Tout le monde comprend cela. » Oui, mais comment le comprend-on ? Nous savons que la repentance et la confession sont essentielles parce que d’autres passages l’affirment.

En effet, nous avons besoin d’accepter tout ce que la Parole de Dieu exige. Jésus rappela au diable : « L’homme vivra de… toute parole qui sort de la bouche de l’Éternel » (Matt. 4.4). L’apôtre Paul dit aux anciens de l’Église d’Éphèse : « Je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher » (Actes 20.26,27). Les derniers mots du Nouveau Testament défendent formellement de retrancher quoi que ce soit de ses paroles (Apoc. 22.19). Jésus chargea ses disciples d’enseigner aux hommes d’observer tout ce qu’il avait prescrit (Matt. 28.20).

Quand nous tenons compte de tout l’enseignement du Nouveau Testament, nous reconnaissons que les passages qui disent que nous sommes sauvés par la foi ne signifient pas que la foi est la seule condition. En fait, d’autres versets montrent que la foi dans le cœur ne peut pas, en elle-même, sauver le pécheur.

Jacques 2.20,24 – « Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?… Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. » Voici le seul passage biblique qui emploie l’expression « la foi seule » ou « la foi seulement », et il déclare que l’on n’est PAS justifié par la foi seulement.

Jean 12.42,43 – « Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue. Cars ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. » Furent-ils sauvés ? Certes pas ! (Voir Rom. 10.9; Matt. 10.32,33.)

Ne peut-on pas dire que ces Juifs n’étaient pas sauvés parce qu’ils avaient la mauvaise sorte de foi ? Ils avaient une conviction intellectuelle, mais ils ne mettaient pas leur confiance en Jésus pour leur salut. La foi est donc nécessaire au salut, mais il y a différentes sortes de foi ! Il y a une sorte de foi qui ne sauve pas.

La question à résoudre est donc : Quelle sorte de foi sauve, et qu’est-ce que cette foi comporte ? Comporte-t-elle la repentance, la confession, l’obéissance aux commandements de Dieu et même le baptême ?

La sorte de foi qui sauve

Le chapitre 11 de l’Épître aux Hébreux est souvent appelé « le chapitre de la foi », car il insiste tellement sur l’importance de la foi et cite en exemple tant de personnes qui « par la foi » plurent à Dieu. À la fin du chapitre précédent l’auteur avait exhorté ses lecteurs à être « de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (Hébreux 10.39), et au chapitre 11 il leur montre comment cette foi se manifeste et comment elle est récompensée.

Remarquez que la foi des personnes citées les poussait à agir :

Héb. 11.4 – « C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent… »

Héb. 11.7 – « C’est par la foi que Noé… construisit une arche pour sauver sa famille. » Noé fut-il sauvé par sa foi avant d’obéir, ou bien Dieu le sauva-t-il du déluge seulement après qu’il obéit ? Noé aurait-il été sauvé s’il n’avait pas obéi ?

Héb. 11.8 – « C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage. »

Héb. 11.17 – « C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsqu’il fut mis à l’épreuve. »

Héb. 11.27,28 – « C’est par la foi que [Moïse] quitta l’Égypte… C’est par la foi qu’il fit la Pâque et l’aspersion du sang, afin que l’exterminateur ne touchât pas aux premiers-nés des Israélites. »

Héb. 11.30 – « C’est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours. » Les murailles de Jéricho tombèrent-elles avant que le peuple ait fait ce que Dieu avait ordonné, ou après ? Les murailles seraient-elles tombées si le peuple n’avait pas obéi ?

Noé construisit l’arche,
et ensuite sa famille fut sauvée.
Abraham obéit pour partir,
et ensuite il reçut l’héritage.
Israël fit le tour de Jéricho,
et ensuite les murailles tombèrent.
Nous obéissons à des conditions,
et ensuite nous recevons le pardon.
L’obéissance vient en premier,
en ensuite vient la bénédiction.

Dans chaque cas Dieu récompensa les gens pour une foi obéissante. Ils reçurent une bénédiction « par la foi », mais non pas avant d’obéir ou sans obéir. Quand la foi mena à l’obéissance, ces personnes obtinrent la récompense « par la foi ».

Jacques parle dans son épître d’une foi qui ne pousse pas celui qui la possède à obéir à Dieu et faire du bien aux autres. « Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous lui dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent » (Jacques 2.14-19). L’exemple des démons est très clair – ils croient au vrai Dieu ; nous pouvons ajouter que tout au long des Évangiles, les démons confessaient que Jésus était bien le Fils du Dieu Très-Haut. Malgré cette foi, à laquelle s’ajoutait même la confession, les démons ne sont pas agréables à Dieu. Pareillement, des gens qui croient que Dieu existe, qui confessent même de leur bouche que Jésus est le Fils de Dieu, mais qui ne montrent pas par des actions concrètes qu’ils ont la foi ne sont pas sauvés. Une foi qui ne se traduit pas dans l’obéissance et l’amour est inutile pour le salut. Comme Paul le dit en Galates 5.6 : « Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par l’amour. » Une foi qui produit de l’activité religieuse, mais qui n’amène pas une personne à obéir à la volonté de Dieu ne sauve pas (Matt. 7.21-23).

À quel moment la foi sauve-t-elle ?

Quand la foi peut-elle être qualifiée d’efficace pour sauver un pécheur ? Est-il possible de savoir quand on passe d’une foi morte à une foi vivante et capable de nous procurer le salut par le sang de Jésus ?

Beaucoup de gens reconnaissent qu’il faut confesser Jésus de sa bouche, comme Paul l’affirme en Romains 10.9,10. Nous avons déjà parlé de la nécessité de confesser sa foi en Jésus, mais nous avons vu dans l’Épître de Jacques qu’il ne suffit pas de dire qu’on a la foi. Jésus, aussi, a indiqué cette même réalité quand il dit en Luc 6.46 : « Pourquoi m’appelez-vous ‘Seigneur, Seigneur’ et ne faites-vous pas ce que je dis ? »

Beaucoup reconnaissent aussi qu’il faut se repentir, ou se détourner de ses péchés. Jésus dit en Luc 24.47 que « la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés » en son nom. Évidemment ces deux choses sont liées de telle sorte que l’on ne reçoit pas le pardon de Dieu si l’on ne se repent pas. Jésus dit explicitement en Luc 13.5 : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » C’est ainsi que les apôtres n’ont pas manqué de proclamer dans leur prédication que « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice » (Actes 17.30,31). Bien qu’ils omettent parfois de le préciser, la plupart d’Églises diraient que l’homme qui vient à Christ pour le salut doit être prêt à changer de comportement.

Mais il y a une autre chose que la Bible associe constamment à la foi et la conversion, mais que beaucoup de gens n’acceptent pas du tout comme condition de salut. Il s’agit du baptême. En fait, les preuves bibliques sont claires et nombreuses concernant le sens et la nécessité de cet acte d’obéissance. C’est au moment où la croyance s’exprime dans le baptême que la foi devient une foi qui sauve.

Cette idée est vivement contestée par de nombreux enseignants dans les différentes Églises. Elle mettrait en doute la vérité de ce qui est prêché dans beaucoup de croisades d’évangélisation. Elle mettrait en cause la validité de l’expérience de salut que beaucoup de gens sincères croient avoir vécue. Essayons donc de définir bibliquement la relation entre foi et baptême.

On comprend facilement la logique de Dieu en ce qui concerne la confession de foi et la repentance : nous devons reconnaître devant les hommes que nous croyons en Jésus, car si nous avons honte de lui devant les gens, il aura honte de nous devant le Père céleste. Nous comprenons facilement aussi que la repentance est nécessaire. On ne peut guère demander à Dieu de pardonner nos péchés si nous ne voulons pas nous en détourner. La plupart des gens trouvent qu’il est normal que Dieu nous demande de faire ces choses si nous croyons réellement. Mais, beaucoup ont du mal à voir un lien logique entre le fait de se laisser plonger dans l’eau (le baptême) et la réception du pardon de Dieu.

Deux sortes de commandements

Remarquons qu’il y a au moins deux sortes de commandements de Dieu. Il y en a ce que l’on appelle parfois des commandement moraux. Ils se rapportent à ce qui est juste par la nature des choses, ce qui est toujours juste, ce qu’il faut faire parce que la justice elle-même le demande. Les commandements de ne pas mentir, de ne pas dérober, de ne pas commettre le meurtre, de respecter son père et sa mère et d’adorer Dieu seul sont des commandements moraux. Même si nous n’arrivons pas toujours à vivre selon ces principes, nous savons en nous-mêmes que nous avons mal fait quand nous agissons autrement.

Mais il y a aussi une autre sorte de commandement, des choses que l’on doit faire tout simplement parce l’autorité divine les a ordonnées. C’est justement parce que l’on ne voit ni l’utilité ni la nécessité morale ou pratique de la chose ordonnée que l’obéissance à ce genre de commandement est la meilleure preuve de notre foi, de notre confiance en sa sagesse, et de notre soumission à l’égard de son autorité.

Nous voyons ce genre de commandement tout au long de la Bible. Lorsque Dieu dit à Abraham de quitter sa patrie pour aller dans un pays que Dieu lui montrerait, ce n’était pas un commandement moral. Mais en y obéissant Abraham a démontré sa foi. Quand Dieu lui dit plus tard de sacrifier son fils Isaac sur un autel, ce n’était pas un commandement moral – au contraire, le commandement semblait être en violation de la justice. Y obéir exigeait une confiance totale à Dieu. Lorsque Dieu dit aux Israélites de sacrifier un agneau et d’en mettre le sang sur la porte de leurs maisons en Égypte pour que leurs premiers-né ne soient pas frappés de mort comme ceux des Égyptiens, ce n’était pas un commandement moral. Dieu aurait pu demander autre chose pour que les Israélites identifient leurs maisons. Il aurait pu accepter n’importe quel sang au lieu de préciser le sang d’un agneau sans défaut. Dieu avait certainement ses raisons pour ce qu’il a ordonné, mais il n’a pas choisi de révéler ces raisons aux Israélites. Le commandement à Adam et Ève de ne pas manger d’un certain arbre, le commandement à Josué de faire le tour de la ville de Jéricho pendant sept jours, le commandement à Naaman de se laver sept fois dans le Jourdain – dans tous ces cas et bien d’autres il fallait obéir tout simplement par respect pour l’autorité de Dieu.

Le baptême est sans doute un commandement du même genre. C’est ainsi que nous démontrons notre foi, notre amour, notre confiance et notre soumission envers Dieu quand nous nous faisons baptiser conformément à la parole de Christ. Le Seigneur aurait pu établir une condition différente à remplir. Mais il a bien ordonné le baptême.

La Bible fait-elle réellement du baptême une condition du salut ?

D’après l’Évangile de Marc, Jésus lui-même associe foi et baptême comme conditions du salut lorsqu’il confie à ses disciples la mission d’évangéliser le monde. Il dit : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc. 16.16). Pour être condamné, il suffit de ne pas croire. Par contre, pour être sauvé, vous devez, selon Jésus, non seulement croire, mais être baptisé aussi.

Si nous comprenons ceci, nous ne serons point étonnés de constater que tout au long du livre des Actes ceux qui avaient vraiment cru à l’évangile sont passés directement au baptême. Le jour de la Pentecôte, Pierre a prêché la bonne nouvelle de Jésus. À ceux qui ont indiqué leur foi en demandant ce qu’ils devaient faire, Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38). Le verset 41 dit que « ceux qui acceptèrent sa parole (c’est-à-dire qui crurent) furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes ». Au chapitre 8 l’évangéliste Philippe apporta l’évangile au peuple de la Samarie, y compris au magicien du nom de Simon. Les versets 12 et 13 disent : « Quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui-même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe… » Plus tard, Philippe, envoyé à la rencontre d’un homme éthiopien, lui prêcha Jésus. « Comme ils continuèrent leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible… Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque » (Actes 8.36-38). Le geôlier de Philippes à qui Paul et Barnabas avaient dit de croire au Seigneur, « à cette heure même de la nuit… aussitôt… fut baptisé, lui et tous les siens » (Actes 16.33). Actes 18.8 dit que lorsque Paul prêcha à Corinthe, « plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés ». Pourquoi dans chacun de ces exemples de conversion ceux qui croient à la parole sont-ils baptisés du même coup ? La réponse évidente se voit dans les paroles qu’Ananias adressa à Saul de Tarse, qui avait cru en Jésus après l’avoir rencontré sur la route de Damas. Il lui dit : « Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

Dire que le baptême est nécessaire au salut n’est pas nier le salut par la foi. Dans la Bible, le baptême n’est jamais mis en opposition à la vraie foi en Jésus-Christ. Le baptême n’est pas contre la foi ; il signifie la foi. C’est un acte qui est motivé par la foi, qui exprime la foi, et qui rend la foi efficace pour nous sauver.

B.B.


Un mot n’a pas toujours le même sens

Un mot doit être compris dans son contexte. Parfois le mot « amour » se réfère à une attitude de bonne volonté envers les autres, une disposition distincte des choses que nous faisons. « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres… et que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien » (1 Cor. 13.3). Ailleurs, le mot « amour » comporte l’obéissance qu’il produit : « L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements » (1 Jn. 5.3) ; « Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (1 Jn. 3.18).

Deux mots clés dans la discussion du salut sont « foi » et « œuvres ». La foi peut se référer à la conviction intellectuelle, quelque chose qui existe dans le cœur, qui est distincte de son expression extérieure : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur… » (Rom. 10.9; Jn. 12.42). Mais ailleurs, la foi se réfère à la confiance au Seigneur qui s’exprime dans l’action (l’amour et l’obéissance) (Gal. 5.6; Actes 16.31). Les « œuvres » sont, encore selon le contexte, tantôt des œuvres ordonnées par la loi de Moïse (Rom. 3.20; Gal. 2.16; 3.10) et qui ne sauvent pas, tantôt des actes d’obéissance par lesquelles notre foi doit s’exprimer pour être qualifiée de vivante (Jacques 2.14-26) et qui sont nécessaires pour que nous soyons sauvés.

La prière du pécheur

Nous avons probablement tous entendu parler de « la prière du pécheur ». Lors de grandes croisades d’évangélisation ou pendant des émissions télévisées l’évangéliste invite les non-convertis à réciter après lui, peut-être une phrase à la fois, une prière au moyen de laquelle ils pourront demander au Seigneur de les sauver. Il dira, par exemple : « Seigneur Jésus, je sais que je suis un pécheur et que j’ai besoin de toi. Merci d’être mort à la croix pour moi. Je t’invite à venir dans mon cœur et à prendre le contrôle de ma vie. Je me confie en toi ; sois mon Sauveur. Merci de m’avoir donné la vie éternelle. Amen. » On trouve souvent une telle prière à la conclusion d’un traité. Des millions de personnes aujourd’hui croient avoir été sauvées après avoir fait « la prière du pécheur ».

N’est-il pas curieux qu’on ne trouve pas un seul exemple de conversion dans le Nouveau Testament où l’on ait dit au pécheur de faire une telle prière pour être sauvé ? En fait, ce n’est qu’à la fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle que cette pratique devint populaire. Ce sont les évangélistes américains Dwight Moody, Billy Sunday et Billy Graham, ainsi que l’organisation internationale, Campus pour Christ, qui ont exercé la plus grande influence dans ce domaine. Mais aucun des apôtres n’a employé cette méthode.

Quand nous demandons un soutien biblique pour cette façon de procéder, on nous fait lire parfois Apocalypse 3.20 où Jésus dit : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » On nous dit qu’il faut donc lui ouvrir la porte de notre cœur et l’inviter à y prendre place. Mais on doit toujours tenir compte du contexte d’un verset de l’Écriture. Dans ce passage Jésus ne s’adresse pas à des non-chrétiens qui n’ont jamais obéi à l’Évangile. Il s’adresse à l’Église de Laodicée, cette assemblée réputée pour sa tiédeur. Il ne s’agit pas d’une évangélisation mais d’un appel à des chrétiens tièdes et satisfaits d’eux-mêmes qui avaient exclu le Seigneur de leurs vies. De même, l’ordre donné par l’apôtre Pierre de se repentir et de prier pour que son péché soit pardonné (Actes 8.22) s’adresse à Simon, qui avait déjà cru au Seigneur et s’était fait baptiser (Actes 8.13). Encore, 1 Jean 1.9, qui nous dit de confesser nos péchés, sachant que Dieu est fidèle pour nous les pardonner, s’adresse clairement à ceux qui sont déjà chrétiens. Pour ceux qui n’ont pas encore été sauvés, ce n’est pas la prière qui est ordonnée, mais la foi, la repentance, la confession de foi et le baptême.

B.B.

N’allez pas en enfer!

Le Seigneur Jésus a souvent exhorté les hommes à mesurer les conséquences éternelles de leurs choix. «Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou que donnerait un homme en échange de son âme?» (Matthieu 16.26). «Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés» (Jean 8.24). «Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également» (Luc 13.3). «Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux» (Matt. 10.32,33). «Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.16). «Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde… Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges» (Matthieu  25.31-34,41).

Jésus rappelait toujours à ces auditeurs qu’il y aurait un jour de jugement où serait prononcé le sort éternel de chaque personne. Considérez combien de ses paraboles se portent sur le thème du jugement dernier: Matt. 5.17-19 (l’arbre qui porte de mauvais fruits); 13.24-30 (l’ivraie); 13.47-49 (le filet); 18.21-35 (le serviteur impitoyable); 24.45-51 (le serviteur infidèle); 25.1-13 (les dix vierges); 25.14-30 (les talents); etc. Rien n’est plus urgent que de se préparer pour ce jour.

Pour ceux qui font la volonté de Dieu, Jésus promet une place dans le royaume des cieux, la miséricorde, la consolation, le privilège de voir Dieu, une «grande récompense dans les cieux», et bien sûr, la vie éternelle (Matt. 5.3-12;  7.14,21; Jean 3.16; 14.2,3; etc.). Ceux qui n’auront pas fait la volonté de Dieu seront exclus, privés de toutes ces bonnes choses, rejetés par le Dieu à qui ils ne se sont pas soumis.

Jésus dit à ceux qui n’avaient pas cru en lui: «Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra : Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers de l’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors.» (Luc 13.25-28). Mais Jésus ne présente pas le sort des condamnés comme étant le simple fait de se voir exclure du «festin». Il a souvent parlé du châtiment (Matt. 25.46), des ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements des dents (Matt. 8.12; 22.13; 25.30), d’une fournaise et du feu éternel (Matt. 13.42,50; 25.41; etc.). En Marc 9, en parlant du danger des «occasions de chute» (c’est-à-dire les choses qui nous feraient tomber dans le péché), il dit: « Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir les deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point » (Marc 9.47,48).

Une dizaine de fois Jésus se réfère à un endroit appelé la géhenne comme étant la destination des hommes perdus.

Comme Charles White écrit : « Devant l’hypocrisie des Pharisiens, son indignation est telle qu’il les interroge avec véhémence: ‘Serpents, race de vipères! Comment fuirez-vous la condamnation de la géhenne?’ (Matt. 23.33). Le mot traduit par ‘géhenne’ est le mot grec gehenna, référence à la vallée d’Hinnom et donc sans aucun doute à la décharge publique de Jérusalem. Mais ceci ne doit pas nous empêcher de croire que Jésus désigne un endroit réel. »

White continue en citant Stanley C. Baldwin : « Que gehenna soit une décharge publique explique pourquoi Jésus la décrivit comme un endroit où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint jamais. On jetait continuellement sur les déchets brûlants des carcasses d’animaux et toutes sortes d’autres détritus. Le feu perpétuel, la fumée acre, la puanteur de la chair en décomposition, les carcasses grouillantes d’asticots — tout cela forme pour nous l’image entre toutes la plus immonde imaginable. Quelle doit être l’horreur de la géhenne pour que Jésus choisisse de la décrire de cette façon ? » (Charles White, Le sang d’Abel, Éditions C.E.B.)

Dieu veut que tous soient sauvés

Il est très important de comprendre que Dieu ne veut absolument pas que vous alliez dans ce lieu horrible qu’est l’enfer. Non seulement il nous donne de nombreux avertissements dans sa Parole pour que chacun se prépare au jour du jugement, mais il a fait ce que nous ne pouvions pas faire : par la mort de son Fils unique, il a payé le prix de nos péchés, ces péchés qui souillent chaque personne responsable de ses actes.

« Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de plaisirs, vivant dans la méchanceté et dans l’envie, digne d’être haïs, et nous haïssant les uns les autres. Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle » (Tite 3.3-7).

« Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5.8).

Non, Dieu ne veut pas qu’on aille en enfer. Au contraire, il plaide avec nous de ne pas y aller, car le choix nous appartient. Comme il dit aux Israélites par la bouche du prophète Ézéchiel: « Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ez. 18.31,32).

On retrouve le même sentiment dans le Nouveau Testament: Le Seigneur « use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3.9). Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2.4). Jésus a même versé des larmes sur les habitants de Jérusalem à cause leur incrédulité (Luc 19.41,42). Il les aimait malgré leur rébellion meurtrière: « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Luc 13.34).

Les conditions pour en être sauvé

La condamnation de Jérusalem n’était pas due à la haine et la cruauté du Seigneur. Au contraire, c’est Jérusalem qui « n’a pas voulu » accepter le salut que Jésus annonçait.

Aujourd’hui Dieu invite les hommes à se sauver des flammes de l’enfer: « Il n’y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu’ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Romains 10.12,13). Si vous croyez au Fils de Dieu, si vous vous détournez de vos péchés, si vous dites aux autres que vous croyez en Jésus, et si vous vous faites baptiser (immerger) en Christ pour le pardon de vos péchés, vous serez désormais sur le chemin du ciel plutôt que celui qui mène à l’enfer. « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22.16).

Pourquoi certains rejettent 

l’idée de l’enfer

Beaucoup de gens ne croient pas à l’enfer, ou ne croit pas que ce sera le lieu de tourment éternel décrit dans les passages cités plus haut.

L’idée que l’homme n’a pas d’âme

Certains n’y croient pas à cause de leur conception de la nature de l’homme. Ils ne croient pas qu’il y ait une partie de l’homme qui continue d’exister après la mort. Qu’on l’appelle esprit ou âme, ils l’interprètent comme le souffle ou le principe de vie, ce qui anime tous les êtres sur terre, y compris les animaux. Pour eux, qu’on parle de la mort d’un homme ou la mort d’un poulet, c’est la même chose qui se passe. Le corps pourrit; l’homme cesse d’exister quand il meurt.

Les sadducéens au temps de Jésus étaient de cet avis. Ils ne croyaient pas en une existence après la mort. « Car les sadducéens disent qu’il n’y a point de résurrection, et qu’il n’existe ni ange ni esprit, tandis que les pharisiens affirment les deux choses » (Actes 23.8). Un jour quelques sadducéens posèrent une question à Jésus concernant une femme qui avait eu sept maris au cours de sa vie sans faire d’enfants avec aucun d’eux. La question était: «À la résurrection, duquel de ces hommes sera-t-elle la femme? Car tous l’ont eue.» Les sadducéens pensaient apparemment qu’une résurrection des morts créerait trop de problèmes à résoudre. Jésus leur dit: « Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu… Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ? Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants » (Matthieu 22.29-32). Dans le passage parallèle dans l’Évangile de Luc, Jésus ajoute: « car pour lui tous sont vivants » (Luc 20.38). Dieu avait prononcé ces mots concernant Abraham, Isaac et Jacob des centaines d’années après leurs morts, et pourtant, au lieu de dire, «J’étais leur Dieu», il dit à Moïse: «Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob». Ils n’avaient pas cessé d’exister. Ils se trouvaient dans le séjour des morts, et Dieu les voyait toujours.  

Peut-être que les sadducéens avaient basé leur raisonnement sur des passages de l’Ancien Testament, tel qu’Écclésiaste 3.19: « Car le sort des fils de l’homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre… qui sait si le souffle des fils de l’homme monte en haut, et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre ? » Malgré la conclusion du livre qui assure le lecteur que Dieu, après tout, « amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Éccl. 12.16), ceux qui vivaient avant le temps de Jésus avaient moins de renseignements de la part de Dieu concernant ce qui arrive après la mort. Mais Jésus a enlevé les doutes qui pouvaient rester. Selon l’apôtre Paul, Dieu nous a appelés « selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels, et qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort et a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile » (2 Tim. 1.9,10).

D’autres personnes se basent sur le sens des mots grecs ou hébreux pour «esprit» et «âme» pour dire que l’homme cesse d’exister lors de sa mort physique. En effet, ces mots signifient souvent «souffle» ou se réfèrent simplement à une personne. Ils est vrai que le mot traduit «esprit» signifie parfois
souffle, mais essayez de remplacer le mot «esprit» par «souffle» dans les passages suivants: « qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit (le souffle??) soit sauvé au jour du Seigneur Jésus » (1 Cor. 5.5); « …purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit (du souffle??) en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7.1); « Frères, que la grâce de notre seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit! (avec votre souffle??) » (Gal. 6.18). Pareillement, les mots traduits par «âme» peuvent désigner une personne toute entière, comme dans Actes 2.41, 43; 1 Pierre 3.20. Mais il est clair qu’ils n’ont pas toujours ce sens. Quand Élie a ressuscité le fils de la veuve qui le logeait, il pria: « Éternel, mon Dieu, je t’en prie, que l’âme de cet enfant revienne au-dedans de lui! » (1 Rois 17.21). Son âme avait quitté son corps, mais elle existait toujours. Et il est évident que le mot «âme» ne se réfère pas simplement à l’enfant en tant que personne. En Matthieu 10.28 Jésus dit: « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » Si l’âme signifie simplement la vie animale, comment pourrait-on tuer le corps sans tuer l’âme ? Il faut donc toujours regarder le contexte pour déterminer le sens d’un mot. Dans tous les cas, il est clair que l’homme n’est pas simplement un être physique, comme les animaux; il a aussi une partie spirituelle, «l’homme intérieur» selon 2 Corinthiens 4.16-5.1, qui est invisible. Or, « les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. ».

L’idée du châtiment par «désintégration»

D’autres personnes ne s’opposent pas forcément à l’idée que l’être humain est doté d’une âme mais rejettent l’idée que cette âme pourrait subir un châtiment éternel.

Il y en a qui pensent que les mots «faire périr» ou «détruire» signifient toujours «anéantir». Quand ils lisent qu’il faut craindre « Celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Matt. 10.28), ils tirent la conclusion qu’une personne est consumée en quelque sorte dans le feu de l’enfer et finit par ne plus exister. Mais le mot grec apollumi traduit «périr» dans ce verset est traduit «perdre» en Luc 15.4,6 et 24 en parlant de la brebis, la pièce d’argent et le fils prodigue: tous les trois ont été retrouvés – ils n’avaient pas cessé d’exister. Ce même mot est employé pour parler de nourriture qui «périt» (Jean 6.27), des outres «perdues» ou «ruinées» parce qu’éclatées (Luc 5.37), et des marins en danger de se noyer (périr) (Matt. 8.25). Le sens n’est jamais «anéantir». Les démons que Jésus chassait lui demandaient tantôt s’il est venu pour les «perdre» (apollumi) (Marc 1.24), tantôt s’il est venu les «tourmenter» (kolasis) (Matt. 8.29). Ils pensaient au même sort, et ce n’était pas l’anéantissement.

Plusieurs passages seraient difficiles à concilier avec l’idée que la personne condamnée à l’enfer est simplement anéantie ou volatilisée. Après avoir dit que ceux qui avaient violé la loi de Moïse pouvaient être condamnés à la mort, l’auteur de l’Épître aux Hébreux demande: « De quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu ? » (Héb. 10.29). Il y a donc un châtiment pire que la mort.

Jésus dit en Matthieu 26.24 concernant celui qui le trahissait: « Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût pas né. » S’il n’était pas né, il aurait été inexistant. Mais l’inexistence serait préférable au sort qui attendait Judas.

Plusieurs passages affirment clairement que certaines personnes seront châtiées plus sévèrement que d’autres (Matt. 10.15; 11.22-24; Luc 12.46-48). Comment peut-il y avoir de degrés d’anéantissement?

Qu’il soit plus sévère ou moins sévère, le châtiment des réprouvés est décrit par le même mot que celui qui décrit le bonheur des justes: tous les deux seront «éternels» (Matthieu 25.46).

Enfin, tandis que la Bible dit « Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur… afin qu’ils se reposent de leurs travaux » (Apoc. 14.13), voici la description du sort de celui qui n’est pas sauvé par Jésus: « il sera tourmenté dans le feu et le soufre… et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit » (Apoc. 14.10,11). Apocalypse 20.10 dit que le diable sera « jeté dans l’étang de feu et de soufre » où il sera « tourmenté jour et nuit, aux siècles des siècles ». Les hommes et les femmes qui se seront laissés séduire par Satan partageront ce sort. Le Juge leur dira: « Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.41).

Le besoin de prêcher sur l’enfer

Que cette doctrine nous plaise ou pas importe très peu. Nous avons besoin de l’enseigner pour plusieurs raisons. D’abord, parce que, étant donné que le Fils de Dieu lui-même l’a enseignée, elle doit être vraie. Les apôtres inspirés l’ont enseignée également. La réalité du châtiment éternel qui attend les hommes perdus nous fait apprécier davantage le salut que Jésus nous donne. On néglige trop souvent la bonne nouvelle quand on ne saisit pas la mauvaise nouvelle de notre condition en tant que pécheurs. La doctrine de l’enfer motive très souvent à l’obéissance à la loi de Dieu. Il peut être vrai que l’amour est une motivation plus noble que la crainte de la punition, mais Jésus lui-même n’a pas hésité de motiver les hommes en leur parlant du jugement à venir. Cette doctrine doit nous donner plus de zèle et de l’urgence dans la prédication de l’Évangile. « Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes » (2 Cor. 5.11).

Conclusion

Pour être honnête, beaucoup ne rejettent pas la doctrine de l’enfer parce qu’elle n’est pas biblique. C’est plutôt parce que la simple idée leur paraît trop injuste et contraire à la nature d’un Dieu qui aime ses créatures. Mais le Dieu d’amour est aussi un Dieu de justice. Sa parole nous dit: «  Considère la bonté ET la sévérité de Dieu » (Rom. 11.22).  Ces deux qualités se confondent dans la croix de Christ, là où Dieu a puni nos péchés et «prouvé son amour envers nous» (Rom. 5.8). Quelle tragédie que tant de personnes auront à subir la punition dans l’enfer alors que Jésus l’a déjà subie pour eux au Calvaire!

S’il nous semble que le châtiment de l’enfer est trop grand par rapport à la faute, il se peut que nous ne saisissons ni la sainteté et la justice de Dieu, ni la gravité du péché et le bien-fondé de sa colère. Quoi qu’il en soit, acceptez que Dieu sait mieux que les hommes ce qui est juste, et saisissez le salut qu’il vous offre avant que ce ne soit trop tard.

B.B.

Christ, oui! L’Église, non?

Il n’est pas rare de rencontrer des individus qui sont attirés par Jésus-Christ, qui croient en lui et qui sont contents de parler de lui ou d’écouter sa parole, mais qui ne s’intéressent pas du tout à l’Église. Il y a, en fait, des milliers, sinon des millions de personnes autour du monde qui se considèrent chrétiennes mais qui ne font partie d’aucune organisation religieuse. Le christianisme est, pour elles, quelque chose qu’on essaie de vivre chez soi et dans ses activités quotidiennes sans appartenir à une Église quelconque. Certaines de ces personnes manifestent une attitude négative, pour ne pas dire hostile, quand on leur parle de l’Église.

Pourquoi ce phénomène ? Il est peut-être facile d’aimer Jésus. Ses puissantes œuvres de compassion, ses enseignements, son courage et l’amour qu’il a pour les hommes pécheurs tout en étant lui-même parfaitement pur et sans péché – tout cela nous impressionne.

L’Église, par contre, est composée d’hommes et de femmes qui ont toutes sortes de défauts. Les chrétiens ne se conforment pas toujours à l’exemple de leur Maître. On trouve parfois dans l’Église des hypocrites. Comme dans toute famille humaine, on s’offense parfois les uns les autres ; on doit souvent pardonner à autrui et user de patience.

Et puis, il y a certaines personnes qui ne s’intéressent pas tellement à l’Église parce qu’elles voient un grand écart entre les enseignements de Jésus et les doctrines (étrangères à la Bible) que les hommes ont introduites dans les Églises. Il faut avouer, en effet, que de nombreuses Églises existent aujourd’hui qui ne sont tout simplement pas l’Église dont la Bible parle. Par leur doctrines, leurs formes d’organisation, leurs façons d’adorer, leurs noms, leurs origines et leurs activités, elles se distinguent nettement de l’Église que Jésus a fondée et qui est décrite dans le Nouveau Testament. Dans ce cas, au moins, on a raison de conclure qu’il serait inutile de s’intégrer à une telle organisation religieuse. Jésus lui-même a dit : « Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse (Matthieu 15.13,14).

Nous pouvons donc comprendre pourquoi certains croyants veulent accepter Jésus sans jamais participer à la vie de l’Église, mais cela ne veut pas dire qu’ils aient raison. L’Église, c’est-à-dire l’Église authentique, est nécessaire. Elle fait partie du plan de Dieu pour chacun de nous, qu’on parle de l’Église « universelle » dans le sens du corps spirituel composé de tous les sauvés du monde, ou de l’Église « locale ». Une Église locale est composée de chrétiens qui vivent relativement proches les uns des autres et qui forment une assemblée pour adorer ensemble, s’entraider spirituellement et collaborer dans le service de Dieu. L’Église, dans ces deux sens, est extrêmement importante, et vous vous faites tort si vous la rejetez. Elle a toujours fait partie du plan de Dieu. Il a voulu que non seulement les hommes, mais les anges, aussi, « connaissent aujourd’hui par l’Église la sagesse infiniment variée de Dieu, selon le dessein éternel qu’il a mis à exécution par Jésus-Christ notre Seigneur » (Éphésiens 3.10,11).

On ne peut séparer Christ de son Église

Pourquoi serait-il impossible d’accepter Jésus tout en se dissociant de son Église ?

1. Jésus aime son Église. Elle est si précieuse qu’il se l’est acquise « par son propre sang » (Actes 20.28). Traiter l’Église comme étant sans valeur, c’est déprécier le sang de notre Seigneur et Sauveur. L’apôtre Paul nous rappelle que « Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5.25). Si j’aime réellement Jésus et que je le prends pour modèle, j’aurai de l’amour pour ce qu’il aime, et j’attacherai beaucoup d’importance aux choses qui lui importent.

2. Jésus est le Sauveur de son Église. « Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur » (Éphésiens 5.23). En parlant des jours qui ont suivi l’établissement de l’Église en Actes 2, l’Écriture nous dit que « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Actes 2.47). La même idée se trouve en Colossiens 1, où l’apôtre Paul emploie un autre terme pour l’Église, le royaume : « Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Colossiens 1.12,13). C’est dans l’Église, le corps de Christ, que Dieu a choisi de « les réconcilier, l’un et l’autre [Juif et non Juif] en un seul corps, avec Dieu par la croix » (Éphésiens 2.16). Au temps de Noé, tous ceux qui furent sauvés du déluge se trouvèrent dans l’arche ; de même, ceux que Dieu sauve du péché aujourd’hui se trouvent dans l’Église, dont Jésus est le Sauveur.

3. Jésus s’identifie intimement à son Église. On ne peut pas les dissocier. Saul de Tarse « ravageait l’Église ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison » (Actes 8.3). Quand Jésus lui parla sur la route de Damas, il dit d’abord : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Puis il s’identifia ainsi : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9.4,5). Son langage ne pourrait être plus clair : persécuter (ou dénigrer) l’Église est égal à persécuter Jésus lui-même.

4. Jésus prépare un avenir glorieux pour son Église. L’Église est l’épouse spirituelle de Christ. Paul dit à l’Église de Corinthe : « Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure » (2 Corinthiens 11.2). Il décrit Jésus dans le rôle d’époux : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Éphésiens 5.25-27). Au retour de Christ, le jour des noces sera arrivé où il sera dit : « Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur » (Apocalypse 19.7,8). Deux chapitres plus tard, l’image de l’Église comme épouse revient une dernière fois dans cette belle description de l’Église glorifiée, prête à entrer dans les joies célestes pour lesquelles elle a tant lutté : « Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. Et j’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21.2-4). Pour qui Jésus prépare-t-il toute cette gloire, cette joie, cette consolation ? Pour son Église. Même dans l’éternité, Jésus manifestera son amour pour l’Église qu’il a sauvée.

Une catégorie ou un corps ?

Quelqu’un dira peut-être : « Tous ces passages se réfèrent à l’Église ‘universelle et invisible’ qui serait composée des chrétiens fidèles partout au monde, qu’ils soient des membres actifs d’une Église locale ou non. Ces textes ne font pas allusion à une organisation ; ils parlent d’une catégorie de personnes. Ils ne sous-entendent pas d’activité en commun ou d’interaction sociale entre les personnes dans cette catégorie de ‘sauvés’. »

Tandis qu’il est vrai que la Bible n’envisage pas d’organisation mondiale dans le style de l’Église Catholique Romaine, l’Église Mormone, ou l’Église Anglicane, avec leurs sièges, leurs chefs humains et leurs hiérarchies, l’Église dont la Bible parle est plus qu’une catégorie de personnes. Dans l’image d’un corps, on voit facilement qu’il doit y avoir de l’interaction et de la coopération entre les membres de l’Église. « Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ. Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps… L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous… Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres » (1 Corinthiens 12.12,13,21,24,25).

Ce soin mutuel et cette interdépendance se manifestent le plus souvent et le plus clairement dans le contexte de l’Église locale, mais ils ne s’y limitent pas. Dans le Nouveau Testament nous voyons de la collaboration volontaire entre des assemblées locales et entre les membres de différentes assemblées locales dans le travail d’évangélisation (Philippiens 1.5,7; 4.10,15,16; 2 Corinthiens 11.7-9; 3 Jean 5-8) et dans les œuvres de bienfaisance (Actes 11.27-30; 1 Corinthiens 16.1-3; Romains 15.26-28). Les liens de la fraternité ne se limitaient pas aux relations au sein de chaque assemblée locale. Dans les épîtres de Paul, il transmet aux différentes assemblées non seulement ses propres salutations, mais aussi celles des frères et sœurs qui se trouvaient avec lui quand il écrivait. Quand il s’adressait aux chrétiens de Rome, il dit, par exemple : « Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d’œuvre en Jésus-Christ, qui ont exposé leur tête pour sauver ma vie ; ce n’est pas moi seul qui leur rends grâce, ce sont encore toutes les Églises des païens. Saluez aussi l’Église qui est dans leur maison… Toutes les Églises de Christ vous saluent… Timothée, mon compagnon d’œuvre, vous salue, ainsi que Lucius, Jason, et Sosipater, mes parents » (Romains 16.3-5,16,21).

Jésus a promis une grande famille à ceux qui le suivent. « Il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Marc 10.29,20). Cette famille au moyen de laquelle le Seigneur nous bénit est, je peux en témoigner, une famille mondiale ; l’amour qu’elle partage n’a pas de limites géographiques. La communion fraternelle que pratique l’Église de Jésus-Christ n’est pas pratiquée uniquement dans le contexte de l’assemblée locale. Partout où le chrétien fidèle arrive, quelle que soit sa nationalité, il trouve des frères et sœurs pour l’accueillir, un groupe de personnes qui partagent la sainte foi, un groupe qu’il pourra intégrer pour donner et recevoir de l’aide. Car l’Église n’est pas simplement la « catégorie » de ceux qui ont obéi à l’évangile ; c’est une véritable famille spirituelle. Les membres ont « également soin les uns des autres » non seulement dans le contexte de leurs assemblées locales, mais aussi dans le contexte de « la famille élargie », c’est-à-dire quand il s’agit des nos frères et sœurs en Christ qui composent d’autres assemblées locales.

L’assemblée locale : Une partie essentielle du plan de Dieu pour le chrétien

On ne peut pas lire très loin dans le Nouveau Testament sans reconnaître que l’Église locale était très importante dans la vie de tout chrétien fidèle. Dans chaque endroit où les apôtres prêchaient la bonne nouvelle et amenaient des pécheurs à se convertir, ils regroupaient ces convertis en assemblées pour qu’ils adorent ensemble. On le voit depuis l’établissement de la première assemblée, celle de Jérusalem.

« Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières… Tous ceux qui croyaient étaient ensemble, et ils avaient tout en commun… Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu et trouvant grâce auprès de tout le peuple » (Actes 2.42,44,46,47). En Actes 4.32 nous voyons que « la multitude de ceux qui avaient cru n’étaient qu’un cœur et qu’une âme », et au chapitre 6 nous lisons que l’Église distribuait chaque jour de la nourriture aux veuves chrétiennes. Quand un problème se posa concernant cette distribution, les chrétiens ont choisi parmi eux sept frères de bonne réputation pour la superviser. Il est évident que les chrétiens de Jérusalem ne vivaient pas leur foi chacun dans son coin, sans appartenir à une « organisation religieuse ». Ils formaient une famille, un corps spirituel, comme le Seigneur l’avait prévu.

Paul et Barnabas suivaient le même modèle en faisant leur travail missionnaire. Par exemple, en évangélisant la province de la Galatie, ils ont fait des disciples dans les villes d’Antioche, Icone, Lystre et finalement à Derbe. « Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples… Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru » (Actes 14.21-23). On voit clairement que ces nouveaux chrétiens formaient des Églises locales et que celles-ci étaient dotées d’une même forme d’organisation. Un regard rapide sur les différentes épîtres dans le Nouveau Testament montre que la même chose s’était produite dans les autres villes où l’on avait prêché l’évangile (Philippiens 1.1; Colossiens 4.16; 1 Thessaloniciens 1.1; Jacques 5.14; etc.).

L’assemblée locale est un cadre indispensable pour satisfaire aux besoins spirituels de chaque chrétien. On reçoit de l’enseignement ou des rappels des vérités que nous devons toujours garder à l’esprit ; on reçoit du soutien moral et de l’encouragement ; on est fortifié et enrichi par l’expérience de s’unir à d’autres chrétiens pour adorer Dieu ensemble ; on est inspiré par les exemples de fidélité et de persévérance que nous fournissent nos aînés spirituels et par les exemples de zèle chez les nouveaux convertis.

Tout ce qui se fait dans l’assemblée devrait non seulement honorer Dieu, mais aussi édifier les hommes : « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification » (1 Corinthiens 14.26). Il peut y avoir des jours où je n’ai pas eu le sentiment d’avoir reçu quelque chose à cause de ma présence dans l’assemblée, mais il se peut que Dieu voulait que je sois présent afin d’aider autrui d’une manière ou d’une autre, par une parole ou même par ma simple présence. Nous avons tous besoin les uns des autres. Voilà une raison pour l’instruction que le Seigneur nous donne en Hébreux 10.25 : « Ne cessons pas d’assister à nos assemblées ; ne soyons pas comme certains qui ont pris l’habitude de ne plus y venir. Au contraire, encourageons-nous les uns les autres, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour du Seigneur. »

La vie de l’assemblée locale ne se limite pas au culte du dimanche, aussi important soit-il. La communion fraternelle peut et doit se vivre tous les jours. Les œuvres collectives en faveur des malheureux, les efforts d’évangélisation en équipe, les visites aux malades, les repas fraternels – toutes ces activités de l’Église ont lieu en dehors du culte, mais dans le cadre de l’assemblée locale.

L’utilité de l’Église locale se voit encore quand un membre s’égare dans le péché. Jésus avait indiqué pendant son ministère que l’Église aurait un rôle à jouer dans de tels cas : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église… » (Matthieu 18.15-17). D’autres passages, comme 1 Corinthiens 5 et 2 Thessaloniciens 3.6-15, montrent de quelle manière l’assemblée doit intervenir pour essayer d’amener un disciple qui est dans le péché à se repentir pour ne pas perdre son salut.

Nous avons besoin les uns des autres pour mieux conserver notre foi, pour grandir spirituellement, pour ne pas refroidir dans notre zèle spirituel. Quand on enlève un charbon du feu et qu’on le place à part, il ne tarde pas à s’éteindre. Quand un chrétien s’éloigne de l’assemblée locale, il finit le plus souvent par s’affaiblir spirituellement ; la foi de certains meurt complètement. En vérité, la sagesse de Dieu se manifeste dans son Église (Éph. 3.10).

Conclusion

Jésus dit en Matthieu 16.18 : « Je bâtirai mon Église. » Elle n’est pas une invention des hommes mais fait partie du plan du Seigneur. Il y a des chrétiens qui sont réellement isolés : là où ils habitent il n’y a pas, pour le moment, d’assemblée qui soit fidèle aux Écritures. Dieu comprend leur situation et nous prions qu’ils puissent maintenir leur foi et persévérer dans le Seigneur. Mais pour ceux qui pourraient participer activement à la vie d’une congrégation de l’Église du Nouveau Testament et qui choisissent se tenir à l’écart, ils ont besoin de changer leur attitude. Qu’ils cessent de négliger leur devoir envers le corps de Christ et les nombreuses bénédictions dont ils se privent. Ils seront ainsi fortifiés, et le Seigneur sera honoré. « À Dieu soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les génération, aux siècles des siècles » (Éphésiens 3.21).


Les uns les autres

« Nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres. » (Romains 12.5)

« Aimez-vous ardemment les un les autres, de tout votre cœur. » (1 Pierre 1.22)

« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. » (Galates 6.2)

« Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. » (Colossiens 3.16)

« Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. » (Éphésiens 4.32)

« Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. » (Hébreux 3.13)

« Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres. » (Jacques 5.16)

« Si nous vivons dans la lumière, comme Dieu lui-même est dans la lumière, alors nous sommes unis les uns aux autres. » (1 Jean 1.7, FC)

« Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés. » (Jacques 5.9)

« Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. » (1 Pierre 4.9)

« Accueillez-vous donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » (Romains 15.7)

« Rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. » (Galates 6.13)
B.B.

(dans Vol. 13, No. 6)

Le but de Chemin de Vérité

LE BUT DE Chemin de Vérité

L’apôtre Paul écrivit aux Romains: “Je désire vivement vous voir, pour vous communiquer quelque don spirituel, afin que vous soyez affermis” (Romains 1.11). Il ajouta qu’il avait souvent formé le projet d’aller les voir, mais qu’il en avait été empêché (v. 13). Toutefois, il dit toujours, “j’ai un vif désir de vous annoncer aussi l’Evangile, à vous qui êtes à Rome” (v. 15). Tout prédicateur peut compatir aux sentiments de l’apôtre. On a envie de se rendre quelque part, non pour communiquer des dons miraculeux comme faisait l’apôtre, mais pour annoncer l’Evangile. On pense à des endroits où ce message de Vie n’est pas encore prêché. On connaît des frères en Christ qui ont besoin d’enseignement plus approfondi. On sait que tel ou tel petit groupe de croyants a besoin d’exhortation. Mais tout comme l’apôtre Paul, on est empêché. On n’a pas la possibilité de répondre personnellement à tous ces besoins.
Voilà l’une des valeurs de la parole écrite: elle va là où son auteur ne peut pas aller. Paul envoya des épîtres à des Eglises dont les membres, comme les Colossiens, n’avaient pas vu son visage (Col. 2.1). L’apôtre Jean encouragea les Eglises de l’Asie, étant lui-même exilé à l’île de Patmos (Apocalypse 1.9). Et Pierre a écrit à ses frères en Christ pour qu’ils se souviennent de ses enseignements même après sa mort (II Pierre 1.12-15), quand il ne pourrait plus aller leur parler en personne.
C’est le même besoin qui était ressenti par ces auteurs inspirés qui nous pousse à lancer ce modeste journal chrétien. Les articles qu’il contient ne sont pas, bien sûr, inspirés. Il est, toutefois, notre prière qu’ils aident à remplir un besoin d’enseignement biblique. Nous voulons édifier des membres de l’Eglise, donner une source d’idées à ceux qui enseignent dans les Eglises locales, et indiquer la voie du salut à ceux qui ne sont pas encore en Christ. Des conseils sont offerts également pour la santé physique.
Que ce journal soit un instrument efficace dans les mains du Seigneur pour la proclamation de sa parole. “Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins” (Esaïe 55.11).

B.B.

(dans Vol. 1, No. 1)