Les cérémonies de présentation d’enfant

Certaines dénominations qui n’acceptent pas le baptême des enfants organisent plutôt des cérémonies de présentation d’enfant. Une Église chrétienne évangélique au Canada, par exemple, explique sur son site web : « Puisque nous ne baptisons pas les nouveau-nés à notre Église, nous offrons la possibilité aux parents chrétiens de présenter leur enfant au Seigneur et à l’Assemblée lors d’une cérémonie spéciale à cet effet le dimanche matin. » Bien que cette Église elle-même reconnaît le parallèle entre cette cérémonie et le baptême des enfants (qu’elle rejette), il est surprenant de trouver la prétention que cette pratique trouve son origine dans la Bible.

Étant donné que le Nouveau Testament ne recommande pas et ne fournit aucun exemple d’une telle cérémonie dans les Églises, en quoi son origine se trouve-t-elle dans la Bible ? On nous parle du commandement divin en Exode 13.12 : « Tout premier-né sera consacré au Seigneur. » Ce commandement, en fait, n’a rien à voir avec les cérémonies qu’on veut justifier, ni dans sa raison d’être ni dans son application. Dieu expliqua au peuple d’Israël : « Le jour où j’ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, je me suis consacré tous les premiers-nés en Israël » (Nombres 3.13). Non seulement ce commandement ne concernait pas les enfants qui n’étaient pas des premiers-nés, mais il ne concernait ni les petites filles ni les premiers-nés de la tribu de Lévi (Nombres 3.40,41). Quant à l’application de la loi, il s’agissait de payer un montant d’argent pour « le rachat » de l’enfant quand il aurait un mois (Nombres 18.15,16). Une autre loi ordonnait un sacrifice pour la purification cérémonielle de toute femme après son accouchement (Lév. 12). Il est question de ce sacrifice en Luc 2.21-24 après la naissance de Jésus. Ces commandements font clairement partie de l’alliance mosaïque plutôt que la nouvelle alliance.

On cite également l’exemple d’Anne, la mère de Samuel, pour justifier les présentations d’enfants dans les cultes. Anne avait été stérile, mais elle pria Dieu avec ferveur de lui donner un fils. Elle promit que si Dieu exauçait sa prière, elle consacrerait l’enfant à l’Éternel pour toute sa vie. Dieu lui donna un fils. Après que l’enfant a été sevré, sa mère le confia au prêtre Éli qui servait au tabernacle. Elle ne voyait plus son fils sauf quand elle allait au tabernacle pour le sacrifice annuel et apportait un habit pour l’enfant. Cet acte de piété chez Anne ne correspond pas aux cérémonies modernes dont nous parlons, et ce n’est pas du tout de cette manière que l’on recommande aux mères chrétiennes d’élever leurs enfants dans le Seigneur.

Il est normal de se réjouir avec un frère ou une sœur bénis par la naissance d’un enfant (1 Cor. 12.26). Il est bien de rappeler aux parents leur devoir en ce qui concerne l’éducation spirituelle de leurs enfants (Éph. 6.4; Tite 2.3,4). Il convient de remercier Dieu de la grâce que représente le don d’un enfant et de lui demander la sagesse dont on a besoin comme parent.

Mais méfions-nous d’instituer des cérémonies religieuses de notre propre chef. La Bible est notre seul guide. N’allons pas au-delà de ce qui est écrit. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : ce n’est pas parce que le Nouveau Testament nous enseigne de le faire qu’on crée des cérémonies de présentation d’enfant ; c’est parce qu’on veut quelque chose de semblable au baptême des enfants pratiqué par les autres. On a besoin de se rappeler l’avertissement que Moïse adressa aux Israélites concernant leurs voisins religieux : « Garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant… Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même » (Deut. 12.30).

B.B.

Combien de chemins mènent à Dieu ?

Existe-t-il plusieurs chemins qui mènent à Dieu? Si nous parlons de chemin dans le sens d’un parcours par lequel nous passons, selon l’action providentielle de Dieu dans nos vies, la réponse est sans doute «Oui!». Tout en respectant la liberté de choix (le libre arbitre) qu’il a donnée à chaque être humain, Dieu crée et se sert de circonstances pour favoriser notre salut. Il est certainement à l’œuvre de plusieurs manières que nous ne serons jamais à même de comprendre.

Telle personne cherche le bonheur dans la drogue, l’argent, le sexe, l’éducation ou autre chose qu’offre le monde, et finit par être déçue et reconnaître que son âme ne trouvera jamais de repos jusqu’à ce qu’elle cherche le repos en Dieu. Telle autre personne est attirée par sa curiosité – elle veut découvrir ce livre «mystérieux» qu’on appelle la Bible. Une troisième personne cherche Dieu après avoir été touchée en voyant ou en étant l’objet d’un acte d’amour chrétien. Telle autre se trouve dans une situation désespérée, que ce soit un problème médical ou financier ou social; elle prie Dieu, et Dieu le délivre du danger, peut-être de manière extraordinaire. La délivrance d’un problème physique, en effet, peut pousser à rechercher le salut spirituel. Des millions de Soudanais, victimes des violences perpétrées par un régime islamiste radical, se sont convertis au christianisme. Dieu s’est servi même des ces actes terribles: selon un de ces convertis, «les gens ont le vrai Islam, et ils préfèrent Jésus».

Qu’on accepte ou rejette la prétention que la violence est un trait du «vrai» Islam, l’idée que ces Soudanais ont choisi Jésus nous mène à un tout autre sens de l’expression «chemin vers Dieu». Évidemment, Dieu œuvre de diverses manières dans la vie de chacun, mais nous voulons savoir s’il y a diverses manières d’être sauvé par Dieu. Y a-t-il une seule vraie religion, ou bien est-ce que toutes les religions se valent? Existe-t-il un ensemble de principes qu’il faut suivre pour être accepté par Dieu, ou bien peut-on atteindre le paradis par une religion quelconque? Faut-il absolument connaître Jésus et croire en lui?

«Je suis le chemin…»

Pour trouver la réponse, commençons par quelques-unes des nombreuses déclarations catégoriques à ce sujet dans la Bible.

«Jésus dit [à Thomas]: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.» (Jean 14.6)

«[Jésus] leur dit: Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés.» (Jean 8.23,24)

«Sachez-le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous… Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.» (Actes 4.10,12)

«Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force.» (2 Thessaloniciens 1.7-9)

«Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie.» (1 Jean 5.10-12)

Pour nous qui croyons que la Bible est la parole inspirée de Dieu, notre réaction à ces versets est probablement ceci: «Il est donc clair que Dieu l’a dit. C’est réglé. Nous le croyons.» Mais considérons quelques vérités qui nous aideront à comprendre pourquoi Dieu parle de façon si catégorique à ce sujet.

Pourquoi Jésus serait-il le seul chemin?

Le problème de l’homme

Avant de comprendre et d’apprécier l’évangile, il faut reconnaître que le péché condamne l’homme et le sépare de Dieu. Ce n’est pas simplement l’homme dans un sens général ou abstrait. Chaque être humain, chaque personne responsable de ses actes, s’est rendu coupable de péché en faisant ce qui est contraire à la loi de Dieu, une loi écrite dans notre cœur, rendue encore plus détaillée dans l’Écriture. L’apôtre Paul consacre les premiers chapitres de son Épître aux Romains à la condition désespérée des hommes à cause du péché.

«Ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses… Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres… L’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec… Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés…

Il n’y a point de juste,
Pas même un seul;
Nul n’est intelligent,
Nul ne cherche Dieu;
Tous sont égarés, tous sont pervertis;
Il n’en est aucun qui fasse le bien,
Pas même un seul…
Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.» (Romains 1.32; 2.5,6,8,9,12,13; 3.10-12,23)

Non seulement tous les hommes ont commis du mal et sont sous la condamnation, mais ils ne peuvent pas enlever leurs propres péchés ou les compenser par leurs bonnes œuvres. Une loi qui ordonne le bien et interdit le mal n’a pas la fonction de rendre juste celui qui est déclaré injuste à cause de sa désobéissance. «Si une loi avait été donnée qui puisse procurer la vie aux hommes, alors l’homme pourrait être rendu juste devant Dieu par le moyen de la loi. Mais l’Écriture a déclaré que le monde entier est soumis à la puissance du péché» (Galates 3.21,22, FC). Si quelqu’un a mis du poison (par analogie avec le péché) dans un plat, le fait d’y ajouter des ingrédients ayant des vitamines et protéines (les bonnes œuvres) n’empêchera pas le poison de tuer. Le pécheur ne peut rien faire pour effacer ou cacher son propre péché.

La nature de Dieu

Pour vraiment comprendre l’évangile, il faut reconnaître aussi certains attributs de Dieu. Il est, bien sûr, souverain. Cela veut dire qu’il est le Roi et qu’il peut faire ce qu’il veut. «C’est moi qui suis Dieu. Je le suis dès le commencement, et nul ne délivre de ma main; j’agirai: qui s’y opposera?» (Ésaïe 43.12,13). Si l’on ne voyait que cette qualité de Dieu, on dirait que Dieu peut simplement effacer les péchés des hommes de façon arbitraire et ne pas en tenir compte. Il pourrait ainsi permettre aux hommes de s’approcher de lui, quel que soit le chemin qu’ils empruntaient.

Mais Dieu est non seulement souverain; il est juste et saint aussi. Parfaitement juste et saint. Et il refuse de compromettre sa justice. «Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même» (2 Timothée 2.13). Parce que Dieu n’acceptera jamais de faire le mal, la Bible nous rappelle qu’il est impossible qu’il mente (Hébreux 6.18). Mais sa justice l’empêche également d’accorder sa faveur aux coupables. Le prophète Habacuc lui dit: «Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder l’iniquité» (Habacuc 1.13). Abraham demanda un jour au Tout-Puissant: «Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice?» (Genèse 18.25). Dieu n’est pas un juge humain que l’on peut corrompre ou qui fera du favoritisme. Il fait respecter sa sainte loi, mais cela veut dire qu’il doit administrer la peine qu’ordonne cette loi, celle qui déclare «dignes de mort ceux qui commettent de telles choses».

Heureusement pour nous, Dieu est aussi un Dieu d’amour, plein de compassion et de miséricorde. Cet attribut est tellement remarquable chez Dieu que l’apôtre Jean dit simplement: «Dieu est amour» (1 Jean 4.8). À cause de son amour, il ne veut pas punir: «Je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure» (Ézéchiel 33.11).

Comment Dieu peut-il donc être fidèle à sa propre nature, sa justice aussi bien que sa miséricorde? La Bible parle de quelque chose qui s’appelle l’expiation. Expier, c’est couvrir un péché ou annuler l’effet du péché par un acte qui ôte la souillure ou la culpabilité. Dieu enseigna ce principe au peuple Israélite au moyen des sacrifices ordonnés dans la loi de Moïse. «Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation» (Lévitique 17.11). Le Nouveau Testament souligne la même idée: «Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon» (Hébreux 9.22). Puisque le salaire du péché, c’est la mort (Romains 6.23), le pécheur qui offre un sacrifice demande à Dieu d’accepter la vie de la victime à la place de la sienne.

Dieu enseigna ce principe à travers le sacrifice des animaux sous la loi de Moïse (même au temps des patriarches, tels qu’Abraham, Isaac et Jacob). Mais la personne qui réfléchissait aurait pu reconnaître un problème dans ce système: la vie d’un animal n’est pas égale à la vie d’un homme. Le Nouveau Testament confirme cette pensée gênante: «Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés» (Hébreux 10.4). Il fallait un homme qui puisse donner sa vie pour les coupables, mais un homme pécheur ne pourrait jamais servir de sacrifice valable. (Voilà pourquoi les animaux qu’on sacrifiait, ombres et symboles du sacrifice à venir, devaient toujours être «sans défaut».) Un homme criblé de dettes ne peut pas sortir son prochain de la dette; il faut un riche. Or, étant tous des pécheurs, tous les hommes sont endettés, incapables de se sauver, incapables de sauver les autres. Pour nous sauver donc, il fallait une personne sans péché.

Jésus est la seule personne qui pourrait servir de sacrifice valable. Étant sans péché (1 Pierre 2.22; 1 Jean 3.5; etc.), Jésus n’avait pas de dette à payer; au contraire, sa richesse spirituelle est inimaginable. Étant, pas simplement un homme, mais le Fils de Dieu, la valeur de sa vie dépasse celle de tous les hommes réunis. Il peut racheter par sa mort, non pas un seul pécheur, mais tous les pécheurs qui se confieront en lui. «Celui qui n’a point connu le péché, [Dieu] l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu» (2 Corinthiens 5.21).

Voilà donc pourquoi nous trouvons ces déclarations sans appel concernant le seul Sauveur:«Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous» (1 Timothée 2.5,6). «Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse» (Actes 13.38,39).

De faux arguments

Trop de personnes se laissent embrouiller et persuader par des arguments captieux contre l’enseignement de la Bible sur ce point, des arguments erronées qui ne font qu’égarer.

«Toutes les religions sont pareilles. Les noms pour Dieu varient, et on insiste sur différentes vérités, mais au fond c’est la même chose.» Il est vrai que les différentes religions ont beaucoup en commun – c’est normal, puisque, selon Romains 2.14,15, Dieu a écrit sa loi dans les cœurs de tous les hommes. Mais les différentes dénominations dites «chrétiennes» se contredisent sur beaucoup de choses: la manière d’adorer Dieu, la manière de déterminer sa volonté, les conditions du salut, les rôles des hommes et des femmes, et même la nature de Dieu (Existe-t-il en trois personnes divines? S’agit-il d’une seule personne divine qui s’appelle Jésus? Ou bien, Jésus n’est-il rien qu’un ange glorifié?). Les divergences entre les religions mondiales sont encore plus frappantes: l’Islam (Sunnisme et Chiisme), le Judaïsme, l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, le Shintoïsme, et toutes les religions tribales et traditionnelles du monde. Aucune de ces religions n’enseigne ce que dit le Christianisme sur l’œuvre de Dieu pour racheter les hommes pécheurs par le sacrifice de son propre Fils. Le Christianisme dit qu’il y a un seul Dieu éternel qui créa l’univers. L’Hindouisme dit que tout est Dieu: vous êtes Dieu, je suis Dieu, l’objet sur lequel vous êtes assis est Dieu. L’Islam nie que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est mort pour nos péchés. Non. Toutes les religions ne sont pas pareilles.

«Les différentes religions sont bien différentes, mais elles sont quand même toutes valables.» La liberté de culte ordonne que tous les points de vue religieux soient protégés; toute personne a le droit de croire ce qu’elle veut. Mais on ne doit pas tirer de là la conclusion que tous les points de vue ont la même validité.

La base de ce raisonnement est l’idée que la vérité est subjective, qu’elle dépend du goût et de la volonté de la personne qui croit. Ainsi, vous auriez votre vérité, et moi, j’aurais la mienne. Soyons francs: nous n’acceptons pas un tel raisonnement dans les autres domaines de la vie – pourquoi l’accepter en ce qui concerne la vie spirituelle? Si, par exemple, un maître d’école enseignait aux enfants que deux et deux peuvent faire cinq ou six si quelqu’un le croit sincèrement, ce maître ne garderait sûrement pas son poste. Si un fabriquant de cigarettes prétendait, pour vendre ses produits, que le tabac n’est pas nuisible à la santé de la personne qui ne veut pas qu’il soit nuisible, on condamnerait cette société pour publicité mensongère. La vérité objective existe. Si ceux qui affirment avec confiance que toute vérité est subjective étaient capables de prouver que leur prétention est juste, ils auraient établi au moins une vérité objective et auraient démenti par là leur propre position.

«Une personne qui pense qu’elle a raison et que tous ceux qui disent le contraire ont tort est forcément arrogante et mesquine.»

Voilà un exemple classique de l’erreur de logique appelée ad hominem. Il s’agit d’un effort d’invalider un argument en s’attaquant au caractère de ceux qui l’avancent. C’est un sophisme évident, car la vérité d’une position ne dépend nullement des qualités de ceux qui y croient. Même si tous les chrétiens qui disent que le salut se trouve uniquement en Christ étaient réellement arrogants et immoraux, cela ne serait pas une preuve qu’ils avaient tort de croire ainsi.

D’ailleurs, il n’y a aucune raison d’accuser d’arrogance tous ceux qui croient qu’il y a une seule voie de salut. Supposez que vous avez fait tout votre possible pour découvrir la vérité et que vous avez été convaincu que le message du christianisme est vrai. Vous avez humblement accepté comme un don merveilleux de la part de Dieu l’évangile concernant la mort et la résurrection de Jésus pour sauver les hommes du péché. Êtes-vous automatiquement arrogant et méchant pour avoir accepté que ce message est vrai, même si la conclusion logique est que ceux qui rejettent ce message sont dans l’erreur? Pas du tout. Autrement, la même accusation s’applique à la personne qui insiste que toute vérité est subjective et que ceux qui croient qu’elle ne l’est pas sont dans l’erreur.

«Ceux qui croient en Jésus le font simplement parce qu’ils sont nés dans un milieu chrétien. Leur croyance ne peut pas être valable, car s’ils étaient nés en Arabie, par exemple, ils seraient certainement musulmans.»

Nous avons affaire ici à un faux raisonnement appelé «sophisme génétique». C’est une méthode d’analyse consistant à critiquer ou à approuver une croyance ou une théorie non pas en analysant son contenu, mais en se fondant sur sa genèse, et tout particulièrement sur les intentions attribuées à son auteur. Le fait vous croyez certaines choses à cause du pays et de l’époque où vous êtes né n’a rien à voir avec la vérité de ces croyances. Si vous étiez né en Grèce il y a des millénaires (ou n’importe où au monde avant le temps de l’astronome polonais, Nicolas Copernic, du 16e siècle), vous auriez probablement cru que le soleil tournait autour de la terre. Est-ce que cela suggère que votre croyance que la terre gravite autour du soleil est fausse ou injustifiée? Bien sûr que non! Si vous avez accepté aveuglément que Jésus est le seul chemin parce que vos parents vous l’ont dit, ou si vous l’avez accepté après des années de recherches et de réflexion sur la fiabilité des documents du Nouveau Testament, les prophéties de l’Ancien Testament et les données historiques qui appuient la résurrection de Jésus, quel que soit le moyen par lequel vous avez fini par le croire, tout cela ne change pas la réalité concernant le Christ et son rôle dans le salut de l’homme.

Conclusion

La Bible est claire: Jésus est le seul chemin, et nul ne vient au Père que par lui. Quand Jésus priait dans le jardin de Gethsémané, peu de temps avant son arrestation, sa torture et son exécution sur la croix, il éprouvait de l’angoisse. Il suppliait Dieu de l’épargner. «Il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux» (Matthieu 26.39). S’il avait été «possible» de sauver l’homme d’une autre manière, sans que ce soit par la mort de son Fils bien-aimé, pensez-vous que Dieu aurait refusé ce que Jésus demandait? Aurait-il réellement demandé à Jésus de souffrir inutilement cette humiliation, cette douleur atroce, cette souffrance inexprimable, sans que cela soit nécessaire? Si la mort de Jésus n’était pas le seul remède aux péchés des hommes, la venue de Jésus sur terre n’aurait pas de sens, et la fermeté des premiers chrétiens face à la persécution violente serait de la folie.

Il se peut que l’on nous traite d’hommes ayant l’esprit borné et que l’on nous persécute parce que nous refusons d’admettre que les autres voies de salut soient valables. Quoi qu’il en soit, restons fidèles à la vérité de l’évangile. Ne minimisons jamais l’importance vitale de la croix de Jésus. Ne minimisons ni la gravité de notre péché, ni la sainteté de Dieu, ni la nécessité absolue de la mission de Jésus. Il n’est pas un chemin parmi tant d’autres – il est LE chemin.

Totalement mauvais ?

Quand Dieu interrogea Adam sur le péché qu’il avait commis en mangeant le fruit défendu, ce dernier n’hésita pas d’accuser Ève. Il dit à Dieu : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. » Ève, à son tour, au lieu de reconnaître sa faute, accusa Satan : « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé » (Gen. 3.12,13). Une doctrine répandue de nos jours permet à tout le monde de rejeter sur autrui la faute de ses péchés. Il s’agit de la doctrine de « la dépravation totale », qui prétend que depuis « la chute » (le péché d’Adam et Ève), la nature de toute personne est corrompue dès sa conception dans le ventre de sa mère.

Une version assez extrême de cette pensée fut propagée par le réformateur protestant Jean Calvin il y a environ 500 ans. Il écrivit : « Tous les hommes sont conçus dans le péché, et naissent les enfants de colère, indisposés à tout bien, inclinés au mal, morts dans le péché, et esclaves du péché. Et sans la grâce régénératrice du Saint-Esprit, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, corriger leur nature dépravée, ou se disposer à sa correction. » Ceux qui épousent ce point de vue ont l’habitude de dire que l’homme est « totalement dépravé ».

Contrairement à beaucoup de Protestants et d’Évangéliques, l’Église Catholique ne dit pas que la dépravation de l’homme est « totale », mais elle maintient que la nature de l’homme subit un changement. Selon le Catéchisme de l’Église Catholique, « Adam et Ève commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu. C’est un péché qui sera transmis par propagation à toute l’humanité, c’est-à-dire par la transmission d’une nature humaine privée de la sainteté et de la justice originelles » (#404).

Ne pourrait-on pas dire alors que si nous péchons, c’est par la faute d’Adam et Ève ? Serions-nous vraiment capables de faire le bien, étant né avec cette nature déchue, corrompue et affaiblie ?

Selon certains enseignants religieux, nous n’en sommes pas capables. Le Catéchisme de l’Église Réformée de France dit que la grâce de Dieu « n’est point à la disposition des hommes. On ne peut même pas la désirer sérieusement. Pourquoi pas ? Parce que tout homme au fond de lui-même est mauvais, détourné des choses de Dieu et son ennemi. Il ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de cette tendance naturelle. » Mais que dit la Bible à ce sujet ?

Dieu s’attend à ce que les hommes le cherchent.

Même s’ils ne le font pas toujours comme cela se doit, les hommes sont capables de chercher Dieu. « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre… il a voulu qu’ils cherchent Dieu, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous » (Actes 17.26,27). « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11.6). Comment Dieu pourrait-il être le rémunérateur de ceux qui le cherchent si, compte tenu de notre dépravation totale, aucun de nous ne serait capable de le chercher ou même de vouloir le chercher ?

Jésus dit aux hommes : « Cherchez, et vous trouverez » (Matthieu 7.7), et « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6.33). Tant de promesses vaines, si cette doctrine de la dépravation était vraie.

Jésus dit qu’un homme peut vouloir faire la volonté de Dieu.

Jésus dit : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef » (Jean 7.17). Selon la doctrine de la dépravation totale, personne ne pourrait savoir que l’enseignement de Jésus était de Dieu, car personne ne peut vouloir faire sa volonté.

Paul montre que « la chute » n’a pas détruit la conscience de l’homme.

La « chute » n’a évidemment détruit ni la conscience de l’homme ni son sens du bien et du mal : « Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusent ou se défendent tour à tour » (Romains 2.14,15).

La Bible enseigne qu’il y a des hommes qui, bien que coupables de péché et ayant besoin du pardon, arrivent à faire du bien. Corneille, qui n’était pas encore né de nouveau, est décrit de cette façon en Actes 10.2 : « Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. » La suite de l’histoire montre qu’il avait besoin d’entendre des paroles par lesquelles il serait sauvé (Actes 11.14). Il était donc un pécheur, comme chacun de nous, mais il n’avait certainement pas l’air d’un homme « totalement dépravé ».

La Bible invite les hommes à bien choisir.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24.15). « Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ézéchiel 18.31,32). « Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7.37). « Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement » (Apocalypse 22.17). Du début à la fin la Bible est remplie d’appels pleins d’amour qui n’auraient aucun sens, qui seraient même cruels, si l’homme perdu n’avait aucune possibilité d’y répondre.

Jésus dit que certains ont le cœur honnête et bon.

Dans le texte qu’on a l’habitude d’appeler la Parabole du Semeur (Luc 8.5-15), Jésus décrit différentes sortes d’auditeurs de la Parole de Dieu et les différentes manières de recevoir cette semence spirituelle. En expliquant ce qui arrive quand la semence tombe dans la bonne terre et porte beaucoup de fruit, le Seigneur dit : « Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » (Luc 8.15). Évidemment, certains, au lieu d’avoir un cœur dépravé, ont un cœur honnête et bon. L’état de ton cœur dépend de toi : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4.23).

Notre situation ne diffère pas fondamentalement de celle d’Adam.

En fait, tout comme Adam ne fut pas créé mauvais, pourtant il céda à la tentation et choisit le mal, nous autres, nous sommes tentés et devons choisir soit de céder soit de résister. Le diable emploie souvent les mêmes tactiques contre nous que ceux par lesquels il a séduit Ève : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2.16; voir Gen. 3.6). Au lieu d’avoir une nature différente de celle d’Adam, nous sommes tentés de la même manière et devons faire de notre mieux pour résister.

Oui, nous finissons tous par pécher, mais nous devons en accepter humblement la responsabilité. Nous devons aussi prendre du courage dans la certitude que nous sommes capables de nous tourner vers Dieu et de croire à son Évangile pour être sauvés.

La puissance de Dieu pour le salut

Liée à cette idée de dépravation est une doctrine corollaire qui ne fait pas honneur à la Parole de Dieu. Cette doctrine prétend que, compte tenu de notre état déchu, le Saint-Esprit doit toucher notre cœur directement et nous amener lui-même à croire en Jésus. Le catéchisme de l’Église Réformée de France exprime l’idée de cette façon : « Nous ne pouvons pas croire en Jésus-Christ par nos propres forces… La foi en Jésus-Christ est l’œuvre directe de Dieu lui-même en nous… Notre foi est le miracle du Saint-Esprit au-dedans de nous… Dieu nous place en face de son Fils mais ne nous laisse pas conclure librement ce que nous allons en penser. S’Il nous laissait libres à ce moment-là, Il nous perdrait sans aucun doute, car de nous-mêmes nous sommes fermés à la grâce et ennemis de Dieu. »

Il est certainement vrai que l’homme ne peut pas se sauver lui-même par ses propres efforts. Il ne peut jamais faire assez de bonnes œuvres pour effacer un seul péché. Sans que Dieu ne prenne l’initiative, aucun pécheur n’aurait le salut. Mais Dieu a bien pris l’initiative : « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5.8). Cette initiative, il l’a prise en faveur de tous les hommes, car « Dieu ne fait pas acception de personnes » (Actes 10.34). Jésus a donc ordonné que la repentance et le pardon des péchés soient prêchés à toute la création (Luc 24.47; Marc 16.15).

Nous ne devons pas considérer la Parole de Dieu comme une « lettre morte » qui n’a aucun pouvoir de toucher un cœur si Dieu n’y met pas la main. L’Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1.16). « La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants » (Hébreux 4.12). Pierre rappelle aux chrétiens : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu… et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile » (1 Pierre 1.23,25).

Le Saint-Esprit convainc les hommes du péché (Jean 16.8), mais au lieu de toucher directement les cœurs, il agit au moyen d’un instrument, son « épée » qui est la Parole inspirée (Éphésiens 6.17). « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10.17; voir aussi Jean 20.30,31).

Il n’y a pas d’appel de Dieu en plus de l’Évangile. C’est par l’Évangile que l’on est tous appelé (2 Thessaloniciens 2.14). Si tous les hommes n’acceptent pas l’Évangile, la faute n’est ni à une nature totalement dépravée ni à Dieu, qui n’aurait pas envoyé son Esprit pour leur donner la foi. Ce n’est pas que Dieu fait du favoritisme. La faute est bien à l’homme, un être libre. Jésus dit à certains : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5.40). Nous ne devons pas simplement attendre que Dieu ait pitié de nous et nous accorde la foi ; il nous tend le bouée de sauvetage – saisissons-le ! Nous en sommes capables !


Il n’est pas trop difficile de reconnaître que tous les hommes sont pécheurs – nous voyons nos propres défauts et ceux des autres. Dire, par contre, que l’homme « non-régénéré » ne peut rien entreprendre ni désirer qui ne soit marqué de ses mauvais penchants semble bien exagéré. Nous voyons quand même des actes d’héroïsme, de générosité, de tendresse, de fidélité dans les circonstances les plus difficiles, et bien d’autres preuves de vertu. Quels arguments, tirés de la Bible, les partisans de la dépravation totale emploient-ils pour soutenir leur croyance ? Voici les deux les plus courants :

« Par nature enfants de colère »

« Nul ne cherche Dieu »

Le péché originel

Conséquences du premier péché

Quel est l’état spirituel de l’enfant qui vient de naître? Porte-t-il des effets de ce qu’on a l’habitude d’appeler « le péché originel » (le péché commis par Adam et Ève dans le jardin d’Éden) ? De fausses réponses à cette question influencent les pratiques et les doctrines de beaucoup d’Églises, qu’elles soient catholiques, protestantes, orthodoxes, ou autres.

Le baptême des enfants

Beaucoup ont enseigné que l’enfant vient dans le monde déjà souillé, ayant hérité ce « péché originel » de ses parents, qui à leur tour l’avaient hérité de leurs parents. La culpabilité et la condamnation seraient ainsi transmises à tout être humain depuis ce premier couple que Dieu a créé jusqu’à nos jours. L’idée du « péché originel » est à l’origine de la pratique du baptême des nouveaux-nés. Puisque l’enfant serait dès sa naissance un pécheur, spirituellement mort, il aurait besoin du baptême, même s’il n’était pas capable de le demander. Un prêtre catholique au Cameroun a justifié ainsi cette pratique : « L’enfant n’a pas choisi le péché originel, et le diable ne lui a pas demandé son avis avant de lui le donner. Il n’a pas dit : Je te donnerai le péché originel quand tu seras capable de choisir… Dieu, de la même manière, peut donner sa grâce à un enfant sans son consentement. Certains parents disent à leur enfant qu’il aura la vie divine quand il sera grand, que c’est lui qui va choisir. N’est-ce pas ces mêmes parents qui ont décidé de lui donner la vie humaine sans son consentement ? Pourquoi faut-il le consentement pour la vie divine, infiniment plus importante que la vie humaine ? » (La faute de raisonnement dans cette citation est qu’en traitant le baptême des enfants l’auteur suppose que la question du péché originel est déjà réglée ; il traite comme une vérité évidente l’idée que le diable puisse « donner » le péché à un bébé. Mais le principe que le péché souille dès la naissance doit être vérifié à la lumière de la Bible avant d’être admis.)

L’immaculée conception

La doctrine du péché originel posait un problème logique aux théologiens : si nous naissons tous souillés par le péché de nos premiers parents, Jésus-Christ n’aurait pas pu être le sacrifice « sans défaut » pour nous sauver. Sous la Loi de Moïse, le sang offert en sacrifice devait être celui d’une bête en bonne santé, sans défaut (Lévitique 22.18-20; Nombres 6.14; Deutéronome 15.21; etc.). Jésus s’est offert et nous a rachetés par son sang, « le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tâche » (1 Pierre 1.19). Le défaut qui aurait disqualifié Jésus, c’est le péché; mais il n’en avait pas. « Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché » (1 Jean 3.5). « Lui qui n’a point commis de péché… a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pierre 2.22-24). (Voir aussi 2 Corinthiens 5.21.) Il fallait que Jésus soit sans péché afin de pouvoir porter les nôtres. Mais si le péché est hérité, s’il se transmet d’une génération à l’autre par la simple naissance, Jésus lui-même en aurait été souillé par sa mère, Marie. Même si Marie n’avait pas personnellement commis du péché (ce que la Bible n’affirme nulle part), elle aurait été, selon cette doctrine, contaminée par le péché originel depuis sa naissance et transmettrait cette même souillure à ses enfants, y compris Jésus. C’est ainsi qu’on a inventé une doctrine dont la Parole de Dieu ne dit absolument rien : la conception immaculée. Beaucoup pensent que cette expression se réfère au miracle par lequel Marie, étant vierge, devint enceinte sans avoir des rapports sexuels. En fait, ce dogme catholique se rapporte à la conception de Marie elle-même dans le ventre de sa mère. Marie aurait été conçue de telle sorte qu’elle ne soit pas souillée par le péché originel. Marie, et plus tard Jésus, aurait ainsi été les seules personnes à naître dans le monde dans un état de pureté. Encore, aucun verset de la Bible ne traite ni de la conception ni de la naissance de Marie.

Que penser donc du péché originel ? Est-ce que le péché héréditaire existe et justifie donc le baptême des nouveaux-nés et la doctrine de l’immaculée conception ?

Chacun rendra compte pour lui-même

Un premier problème en ce qui concerne l’idée répandue du péché originel hérité, c’est qu’elle est en conflit avec un principe enseigné tout au long de la Parole de Dieu: la responsabilité individuelle. Il est vrai que mes actions peuvent avoir des effets négatifs dans la vie d’autres personnes, mais ces personnes ne sont pas jugées ou condamnées pour mes péchés.

En Ézéchiel 18, le prophète répond au peuple qui, puni par Dieu, essayait de rejeter la faute sur leurs ancêtres. « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ? Je suis vivant! dit le Seigneur, l’Éternel, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi; l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra… Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.2-4,20). Dieu avait enseigné ce même principe de justice dans la loi de Moïse : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères; on fera mourir chacun pour son péché » (Deutéronome 24.16).

Ce principe fondamental de la justice ne s’applique pas seulement dans la vie sur terre ; Dieu nous dit clairement et à maintes reprises qu’il agira selon le même principe d’équité au dernier jugement.

Romains 14.12 dit simplement : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (et non, évidemment, pour Adam et Ève).

Deux Corinthiens 5.10 énonce le même principe : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » (Remarquez que tout en enseignant que nous serons jugés selon nos actions au lieu des décisions de nos parents ou de nos enfants, ce verset précise que le jugement de chacun concerne ce qui s’est fait quand il était « dans son corps », donc avant sa mort. La prière pour les morts est donc inutile pour deux raisons.)

Jésus, pour sa part, affirme cette même vérité en Matthieu 16.27 : « Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses saints anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. »

Citons enfin ces versets qui expriment la même idée en termes de semailles et de moisson : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle » (Galates 6.7,8).

En parlant du dernier jugement, la Bible ne dit nulle part que Dieu condamnera un enfant pour le péché d’Adam. Selon les versets que nous venons de voir, la seule personne qui rendra compte pour le péché d’Adam, c’est Adam lui-même.

Son sang nous purifie de tout péché

Avant de laisser l’idée que le péché pourrait se transmettre lors de la conception et la naissance d’un enfant, réfléchissons à ceci : La Bible dit en Éphésiens 1.7 qu’en Christ « nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » L’apôtre Jean dit à ses frères en Christ : « Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1.7). Une femme qui est en Christ et qui « marche dans la lumière » serait en communion avec Dieu et avec son Église et purifiée de tout péché. Même si l’on pouvait hériter le péché, comment une femme ainsi purifiée pourrait-elle transmettre une souillure quelconque à son enfant ?

D’où vient l’idée du péché originel ?

Pour ne pas être injustes, reconnaissons qu’il y a un texte biblique qui, à premier abord, semble soutenir la conception du péché originel que nous mettons en doute. Il s’agit de Romains 5.12-21, et notamment les versets 12 et 19:  « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché,… Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. »

Notons premièrement certains éléments-clés qui ne paraissent pas du tout dans ce texte : Il ne mentionne ni les enfants, ni la conception ni la naissance ni la transmission du péché de la mère à l’enfant.

Rappelons-nous ensuite le contexte de ces versets dans le cadre de l’Épître aux Romains, dans laquelle Paul répond à la question: Comment l’homme peut-il être juste devant Dieu? L’apôtre met l’accent sur ce que Dieu fait pour nous sauver et sur l’impossibilité pour l’homme de se sauver lui-même par ses propres efforts sans l’intervention de Dieu. Paul consacre la plus grande partie des trois premiers chapitres à prouver que tous les hommes étaient sous la condamnation de Dieu, des objets de sa colère légitime, à cause de leurs péchés: idolâtrie, perversions sexuelles, orgueil, amour de l’argent, ruse, ingratitude, rébellion envers leurs parents, manque de miséricorde, hypocrisie, etc. Il démontre que les Juifs aussi bien que les païens commettaient ces péchés et conclut que «tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3.23). (On se demande pourquoi Paul se donne la peine de prouver que tous les hommes font du mal et omettent souvent de faire le bien qu’ils devraient faire s’il les considère pécheurs par le simple fait de naître dans le monde, souillés dès le départ par l’acte de leurs premiers ancêtres.)

Paul passe ensuite à une explication et défense de l’Évangile, qu’il a déjà appelé au 1.16 « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ». Cet Évangile nous apprend que par la mort de Christ sur la croix, Dieu a payé notre dette, puni notre péché et ainsi satisfait aux demandes de la justice divine. Pour en bénéficier, le pécheur doit manifester une foi obéissante. Il est incapable d’offrir à Dieu une vie parfaite qui mérite le bonheur éternel; il doit humblement accepter, par la foi en Christ, le don que Dieu lui offre. Comme Abraham démontrait sa foi en obéissant à l’ordre de quitter sa patrie et plus tard à l’ordre d’offrir en sacrifice son fils, Isaac, le pécheur démontre sa foi par ses actions. Dieu sauve les hommes, non pas sur la base de la circoncision ou l’observance de la Loi de Moïse, mais sur la base de la foi en Christ. Au chapitre 5 Paul explique les effets merveilleux de la justification que nous avons à cause de Christ, tels que la paix avec Dieu, l’espérance de la gloire, la consolation dans les afflictions, la certitude de l’amour de Dieu, et la joie.  Puis il nous assure que la justification en Christ est plus que suffisante pour annuler les effets du péché d’Adam.

Quels sont les effets du péché d’Adam? Dieu avait dit à Adam, concernant l’arbre dont le fruit était défendu: « le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2.17). Après le péché d’Adam, deux sortes de  mort sont venues : la mort spirituelle (la séparation d’avec Dieu) et la mort physique. Adam et Ève furent bannis du jardin où ils avaient joui de la communion avec leur Créateur, et le processus de la mort physique s’est mis en marche dans leurs corps. Depuis ce jour, nous sommes tous destinés à mourir physiquement, quelles que soient notre justice ou notre méchanceté.  Nous subissons les conséquences du péché d’Adam, tout comme les hommes souffrent certains maux tous les jours à cause des méfaits de leurs prochains ou de leurs prédécesseurs. La mort physique vient uniquement de la faute d’Adam – des bébés meurent, mais cela n’a rien à voir avec leur moralité. La mort spirituelle, par contre, est attribuée dans la Bible à la désobéissance de chaque personne individuellement (Ephésiens 2.1 – nous étions morts par nos offenses, pas celles d’autrui.)

Au chapitre 7 nous avons un autre indice que l’être humain n’entre pas dans le monde déjà condamné. Dans ce passage Paul détaille le rôle de la Loi de Moïse dans l’emprise du péché sur les hommes (ayant dit dans les premiers versets que le chrétien est libéré de cette ancienne loi). Bien qu’elle soit sainte et bonne, la loi aggravait, à cause de la faiblesse humaine, la situation en ce qui concerne le péché. « Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus » (Romains 7.9). Paul pense à un temps où il était «sans loi», inconscient de péché, pas encore condamné à la mort. Apparemment ce temps était l’enfance, avant qu’il ne soit responsable devant la loi, avant qu’il n’en ait connaissance, avant qu’il ne soit condamné par elle. Quand, arrivé à un certain âge, il fut instruit dans la loi et mis devant sa responsabilité envers elle, («le commandement vint»), le péché «reprit vie.» Il se manifesta concrètement dans la violation des commandements, et Paul mourut spirituellement.

Qu’est-ce que Paul veut dire alors, quand il dit en Romains 5.19 : « Par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs » ? Étant donné que, comme nous l’avons vu à maintes reprises, « chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même », il ne veut pas dire que Dieu nous déclare coupables d’un acte que nous n’avons pas commis et n’avions aucun moyen d’empêcher – ce serait contraire à sa justice. Mais comment avons-nous été « rendu pécheurs » par le mauvais choix d’Adam ? On peut certainement constater que depuis Adam, chaque personne naît dans un monde où l’humanité entière (toutes les personnes responsables de leurs actes) est pécheresse. Instruits par des exemples imparfaits, voire corrompus, tous continuent dans le même chemin. Quand David dit en Psaume 51.7, «Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché, » il veut dire simplement qu’il est né dans un monde où le péché l’entourait; c’est pas qu’en tant que nourrisson il s’est mis déjà dans la danse. Il est intéressant de noter qu’une traduction littérale d’Actes 2.8 dit : « Comment entendons-nous, chacun dans notre propre dialecte, dans lequel nous sommes nés ? ». On est « né dans une langue ». Évidemment, l’enfant ne parle pas dès qu’il sort du sein maternel, mais il est entouré d’une langue, et c’est cette langue qu’il apprendra à parler. De même, grâce à Adam et Ève, nous naissons dans un monde empreint du péché. Nous suivons l’exemple de ceux qui nous entourent dès notre enfance. Qui de nous se rappelle le premier péché qu’il a vu ou qu’il a commis ?

Il a aussi été suggéré que « Par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs » se réfère à l’idée que tous les êtres humains portent l’étiquette de « pécheur » parce qu’ils subissent tous la punition que le péché a fait venir dans le monde (la mort physique). De la même manière, Jésus porte l’étiquette de « maudit » selon Galates 3.13 : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, – car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois. » Christ n’est pas appelé maudit parce qu’il a fait quelque chose de « maudissable », mais parce qu’il a subi le châtiment d’un homme maudit – Deutéronome 21.22,23. La mort est le salaire du péché, et nous recevons tous ce salaire.

Mais pour revenir à l’argument de Paul en Romains 5, le sacrifice de Jésus est suffisant pour annuler tous les effets du péché d’Adam. La mort physique ? « Puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme [Jésus] qu’est venue la résurrection des morts » (1 Corinthiens 15.21). La mort spirituelle ? « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ » (Éphésiens 2.4,5). Cette vie est offerte à tous les hommes qui remplissent la condition d’une « foi qui est agissante par l’amour » (Galates 5.6). « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5.13). Les petits enfants qui ne sont pas encore capables de croire ne sont pas concernés par cet offre de la vie, car ils ne sont pas encore morts spirituellement. Ils n’ont pas commis de péché et ne sont coupables de rien.   

Ainsi, les bébés n’ont pas besoin du baptême, et Marie n’avait pas besoin d’une « immaculée conception ». En réalité, toute personne bénéficie d’une immaculée conception, étant née dans un état de parfaite pureté. Dieu, «  le Père des esprits » (Héb. 12.9), de qui nous recevons « toute grâce excellente et tout don parfait » (Jacques 1.17) ne donne pas au nouveau-né une âme déjà souillée (Éccl 12.9). Répétons-le : « Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Ézéchiel 18.20).

B.B.

Le baptême des enfants

Compte tenu de l’innocence des enfants qui viennent de naître, la justification traditionnelle du baptême des nouveaux-nés n’est pas valable. Voilà pourquoi nous ne voyons aucune trace de cette pratique dans le Nouveau Testament, où le baptême est toujours accompagné de la foi (Marc 16.16; Actes 18.8; etc.). Il est précisé en Actes 8.12 que « hommes et femmes se firent baptiser ». Quand l’eunuque éthiopien demanda à Philippe « qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Actes 8.36,37). Évidemment il n’était pas autorisé de baptiser celui qui ne croyait pas.

Les défenseurs du baptême des enfants citent les conversions de familles entières – il y en a trois dans les Actes : Corneille (10.44-46), Lydie (16.14,15) et le geôlier philippien (16.32-34). Ils nous disent qu’il y avait sûrement des enfants dans ces familles et que ces enfants ont donc été baptisés. Mais dans le cas de la famille de Corneille, le texte parle explicitement de « ceux qui écoutaient la parole ». Pour ce qui est du geôlier, il est dit que Paul et Silas « lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi à tous ceux qui étaient dans sa maison », et après le baptême, « il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu ». Est-ce que les bébés, aussi, ont suivi la prédication et se sont-ils réjouis de la conversion du geôlier ? Quant à Lydie, afin de s’appuyer sur son cas pour soutenir le baptême des bébés, il faut supposer : 1) qu’elle était mariée (sa « famille » pouvait se composer de sœurs, de neveux, de domestiques, etc.); 2) qu’elle avait des enfants; 3) que quelques-uns de ces enfants étaient des bébés. Tout cela est possible, mais pas forcément le cas. On peut avoir une famille sans être marié, sans avoir des enfants, ou sans avoir des bébés ou enfants très jeunes. Soyons honnêtes : La Bible n’enseigne nulle part que les bébés ont besoin du baptême. Jésus a bien dit : « Laissez venir à moi les petits enfants », mais cela n’a rien à voir avec le péché originel ou le baptême. Amenons nos enfants à Jésus dans le sens de leur apprendre sa volonté au fur et à mesure qu’ils seront capables de la comprendre.

Le plein évangile

Le «plein Évangile»

Les Églises Pentecôtistes et le mouvement charismatique emploient souvent l’expression «plein évangile». Ils entendent par là, non seulement le salut du péché, mais «la guérison pour le corps et le baptême du Saint-Esprit avec comme preuve initiale le parler en d’autres langues selon que l’Esprit donne de s’exprimer» (Constitution de la Communauté Pentecôtiste de l’Amérique du Nord). Le Nouveau Testament enseigne que ni la guérison du corps ni le don de parler en langues n’est promis à tout chrétien fidèle, mais ce n’est pas là le sujet de notre étude. Nous voulons simplement tirer l’attention sur le terme «plein évangile» et suggérer que beaucoup prêchent bien un «évangile partiel». Ils annoncent, il est vrai, que Jésus le Fils de Dieu est mort pour nos péchés, qu’il est ressuscité d’entre les morts, et que la vie spirituelle se trouve en lui seul. Mais quand il s’agit des conditions à remplir pour recevoir le salut en Christ, leur message est malheureusement incomplet.

Beaucoup croient qu’elles ont évangélisé quelqu’un quand elles ont dit à la personne que Jésus l’aime et qu’il pardonne. Ils citent les paroles de Paul et Silas au geôlier philippien: «Crois au Seigneur Jésus, et tu  seras sauvé» (Actes 16.31).   Ils suggèrent de prier le Seigneur et de «l’accepter comme Seigneur et Sauveur». Ils pensent qu’ils ont alors dit l’essentiel, et ils assurent la personne qu’elle est maintenant enfant de Dieu. Mais Paul et Silas ne se sont pas tus après avoir dit de croire en Jésus. En effet, les versets suivants en Actes disent: «Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens.» En Actes 8 Philippe parlait avec l’eunuque éthiopien. Le verset 35 dit simplement qu’il «lui annonça la bonne nouvelle de Jésus», mais le verset suivant nous dit: «Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. L’eunuque dit: Voici de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé?» Comment savait-il qu’il avait besoin d’être baptisé? Évidemment, quand on annonce la bonne nouvelle, on parle du baptême, l’une des conditions du salut. Jésus n’avait-il pas dit: «Prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira ET qui sera baptisé sera sauvé» (Marc 16.15,16). Prêchons toujours le «plein» Évangile.

L’évangélisation

Un devoir de tout chrétien

Après avoir accompli sa mission sur la terre en offrant sa propre vie comme sacrifice pour les péchés des hommes, Jésus-Christ confia à ses disciples une autre mission tout aussi nécessaire pour le salut du monde: «Il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.15,16). Cette responsabilité d’annoncer l’Évangile au monde entier se transmet forcément à tous ceux qui obéissent à la parole et deviennent des disciples de Jésus. En effet, le Seigneur dit à ses apôtres à l’égard de ceux qui seraient baptisés: «et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20).

En lisant le Nouveau Testament, nous voyons facilement que les premiers chrétiens comprenaient bien que le travail de répandre le message du salut en Christ n’appartenait pas aux seuls apôtres et dirigeants des assemblées locales. En Actes 8.1,4 par exemple, il est dit qu’après le meurtre d’Étienne, il y eut «une grande persécution contre l’Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie… Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.» Remarquez que dans ce passage ceux qui annonçaient la parole n’étaient pas les apôtres, car ces derniers étaient restés à Jérusalem. Les membres «ordinaires» de l’Église avaient compris qu’ils avaient, eux aussi, le devoir et le privilège de prêcher l’Évangile à tous ceux qu’ils rencontraient.

La connaissance est presque toujours accompagnée de responsabilité. Supposez qu’une personne est blessée dans un accident: sa douleur est atroce et sa vie est en danger. Un médecin est présent ; il a la formation et l’expérience nécessaires pour apporter les soins qui sauveraient la vie de la victime. Que dirait-on si ce médecin affirmait que ce n’était pas son problème et ne voulait pas secourir celui qui avait tant besoin de son aide? Tout chrétien connaît des personnes qui sont perdues et séparées de Dieu à cause de leurs péchés, destinées au châtiment éternel. Tout chrétien sait que Jésus est le Sauveur, le seul sauveur, et que son sang est le seul remède au péché. Toute personne qui a été sauvée par Jésus sait ce qu’elle a fait pour que ses péchés soient lavés par le sang précieux du Christ. Comme le médecin face à la victime d’un accident grave, le chrétien a une connaissance qui lui donne, qu’il le veuille ou non, la responsabilité de venir en aide à ceux qui se perdent à cause du péché. Il n’a pas le droit de rester indifférent. Il faut qu’il se laisse pousser par l’amour pour annoncer à son tour la bonne nouvelle du pardon et de la vie éternelle que quelqu’un a un jour eu la bonté de lui annoncer. Inutile de se dire que ce travail appartient aux «professionnels», c’est-à-dire aux évangélistes et aux anciens de l’Église. Jésus dit qu’il est venu pour «chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19.10); il veut que ses disciples lui ressemblent (Luc 6.40; Philippiens 2.5; 1 Pierre 2.21; 1 Jean 2.6).

D’autres Évangiles

En annonçant l’Évangile, il est très important de s’assurer qu’on prêche le message qu’il faut. Les chrétiens en Galatie au premier siècle commencèrent d’accepter un Évangile modifié qui, selon l’apôtre Paul, n’était plus l’Évangile. Il les avertit en ces termes: «Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit!» (Galates 1.8).

Les faux enseignants en Galatie altéraient l’Évangile en changeant les conditions du salut en Christ. Certains de nos jours altèrent l’Évangile, eux aussi, par le fait de modifier les conditions du salut détaillées dans le Nouveau Testament. D’autres changent le sujet même de l’Évangile. Selon 1 Corinthiens 15.1-4, les faits que les apôtres annonçaient avant tout étaient les suivants: «Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.» Dieu a, «au moyen de la bonne nouvelle, révélé la vie éternelle» (2 Timothée 1.10). Voilà pourquoi la Bible l’appelle «l’évangile de votre salut» (Éphésiens 1.13). Au lieu de mettre l’accent sur le salut du péché, la réconciliation avec Dieu, et la promesse de la vie éternelle, beaucoup aujourd’hui prêchent un «évangile de prospérité matérielle». Ils mettent l’accent sur le fait que Dieu est capable de bénir ses enfants sur le plan matériel. Cela est vrai (bien que ce ne soit pas l’Évangile). Mais ils vont au-delà et ils promettent au nom de Dieu ce que Dieu n’a pas promis. Ils ne reconnaissent pas, d’ailleurs, que les promesses du vrai Évangile valent infiniment mieux que la prospérité sur la terre. Comme Jésus l’a dit: «Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16.26). «Les choses visibles sont passagères, mais les choses invisibles sont éternelles» (2 Corinthiens 4.18). «Le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement» (1 Jean 2.17). D’autres mettent au premier plan la guérison et d’autres miracles, mais le message de l’Évangile n’est pas «Jésus guérit» ; ces gens, peut-être sans le savoir, se sont mis à prêcher «un autre Évangile». D’autres insistent sur les atouts de leur Église, tel que la bonne musique, l’ambiance de fête, un bel édifice, le rang respectable des membres de leur communauté, ou d’autres considérations mondaines. En «évangélisant» de cette manière, ils ne suivent pas l’exemple de Paul. Il écrivit en 2 Corinthiens 4.5: «Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c’est Jésus-Christ que nous prêchons.»

Quelques attitudes à adopter

Il est toujours possible, n’est-ce pas, de prononcer un message vrai et bénéfique mais de le faire avec une attitude qui fait que les auditeurs le rejettent. Cela est particulièrement le cas quand il s’agit d’un message qui déclare que les hommes sont tous des pécheurs qui méritent la colère et le châtiment de Dieu (Romains 1.18; 3.23). Il convient donc de veiller sur nos attitudes quand nous prêchons l’Évangile. Considérez les passages suivants:

«Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en vous» (1 Pierre 3.15)

«…professant la vérité dans la charité» (Éphésiens 4.15)

«Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté» (Galates 6.1)

«Or, un serviteur du Seigneur ne doit pas se quereller. Il doit être aimable envers tous, capable d’enseigner et patient, il doit instruire avec douceur ses contradicteurs : Dieu leur donnera peut-être l’occasion de changer de comportement et de parvenir à connaître la vérité» (2 Timothée 2.24,25).  

Tout en étant doux et humbles, conscients de nos propres faiblesses et péchés, nous devons enseigner avec confiance à la vérité de la parole de Dieu que nous apportons. Paul dit: «Je n’ai point honte de l’Évangile: c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit» (Romains 1.16). Nous sommes pleinement convaincus que la parole de Dieu est vraie et qu’elle est capable de toucher les cœurs des hommes et de produire la foi et sauver l’âme. En plus, nous savons que le Seigneur est avec nous (Matthieu 28.20) quand nous sommes en train d’accomplir la mission qu’il nous a confiée. Nous avons donc du courage. Paul dit à Timothée: «Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur» (2 Timothée 1.7,8). Quand les chefs des Juifs «virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus» (Actes 4.13).

Non seulement nous devons être caractérisés par l’humilité personnelle et la confiance complète au message que nous prêchons; nous devons aussi être motivés par l’amour sincère pour nos auditeurs. L’apôtre Paul en était un très bon exemple. Malgré le fait que ses frères juifs l’avaient souvent persécuté et avaient même cherché à le faire mourir, il dit: «J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être maudit et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair… Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés» (Romains 9.2,3; 10.1). Dieu lui-même «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Timothée 2.4). Nous devrions en vouloir autant.

À qui dois-je annoncer l’Évangile?

Toute personne responsable de ses actes a besoin de l’Évangile, «car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Romains 3.23). Dieu ne nous demande pas de trier les personnes que nous évangélisons. Ce n’est pas à nous de décider d’avance que telle ou telle personne n’acceptera pas le message. Nous ne connaissons pas le cœur d’autrui. Ce n’est jamais une faute que de vouloir partager avec quelqu’un le message qui peut lui sauver l’âme, mais c’est un péché grave de se taire quand Dieu nous dit de parler (Actes 4.19,20). Dieu dit au prophète Ézéchiel qu’il était comme une sentinelle chargée d’avertir le peuple d’un danger. Si le peuple ne prêtait pas attention à l’avertissement et ne se préparait pas en conséquence, ce peuple périrait, mais la sentinelle aurait fait son devoir. Si, par contre, la sentinelle voyait venir le danger et n’en disait rien, le peuple périrait tout de même, mais Dieu la tiendrait responsable de la mort de ces gens.

Personne n’est donc à exclure, mais il y a autour de chacun de nous beaucoup de personnes ayant besoin de la parole de Dieu et par qui nous pouvons commencer. Il suffit souvent de demander à ces personnes, qui nous connaissent déjà, si elles accepteraient d’étudier la Bible avec nous. J’ai fait l’expérience moi-même avec celui qui me vendait du pain chaque jour, le technicien qui réparait mon ordinateur, des visiteurs dans mon assemblée locale, la serveuse dans un restaurant où j’ai mangé, l’employé dans le service où je payais des photocopies, mon plombier, un élève qui voulait perfectionner son anglais, le père d’un membre de l’Église, et bien d’autres. Toutes ces personnes n’ont pas seulement accepté que je leur partage l’Évangile; elles ont toutes fini par obéir à la bonne nouvelle. Il y a beaucoup de personnes qui suivent Jésus aujourd’hui parce qu’un chrétien qu’elles ne connaissaient pas a frappé un jour à leurs portes et leur a parlé du Seigneur. Peu importe si d’autres ont claqué la porte dès qu’ils s’apercevaient qu’on voulait leur parler de la Bible; au moins ceux qui ont écouté sont maintenant sauvés, et ils ne le seraient pas si un chrétien n’avait pas eu l’amour et le courage de se présenter chez eux.

Par où commencer?

Le point de départ dans l’enseignement dépend souvent de ce que l’élève comprend déjà. Parfois il faut prendre du temps pour poser un fondement. Certaines personnes ont besoin qu’on leur parle d’abord de Dieu et de sa nature. D’autres connaissent déjà les arguments qui prouvent l’existence de Dieu, mais ils ont besoin de comprendre que Dieu nous parle à travers sa parole inspirée, la Bible. Beaucoup reconnaissent l’autorité de la Bible, mais ils ne comprennent pas la relation entre l’Ancien Testament, qui n’est plus en vigueur, et le Nouveau Testament. Les gens ont généralement besoin qu’on leur parle de ce qu’est le péché aux yeux de Dieu et de ses conséquences. Il est très important de faire comprendre que l’homme ne peut pas se sauver lui-même de ses péchés, raison pour laquelle Dieu, dans son grand amour, a envoyé son Fils pour  mourir à notre place. Il faut expliquer également que seule la personne qui croit en Jésus comme Fils de Dieu et le déclare ouvertement peut bénéficier de son sacrifice sur la croix. Il ne faut pas sauter l’étape de la repentance: si une personne n’est pas prête à se détourner de ses péchés, elle n’aura pas le pardon. Enfin, il faut enseigner le sens, la forme et le but du baptême, par lequel le pécheur entre en contact avec le sang de Christ. Par la suite, on parlera de l’Église que Jésus a bâtie, de son culte, de l’importance de jouer un rôle actif dans l’assemblée comme un membre du corps de Christ.

Certaines  personnes fréquentent des Églises depuis leur jeunesse, et elles comprennent la plupart de ces idées. En prenant le temps de parler avec elles, vous découvrirez ce qu’ils ignorent dans la parole de Dieu. Il n’est pas rare que les gens qui croient en Jésus et fréquentent des Églises vous encouragent de ne pas perdre du temps avec eux, mais d’aller évangéliser ceux qui ne connaissent pas du tout le Seigneur. Cette attitude se comprend, mais il faut se rappeler aussi le cas d’Apollos. «Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Écritures, vint à Éphèse. Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu» (Actes 18.24-26). Cette homme avait beaucoup de qualités et connaissait beaucoup de vérités concernant Jésus. Il connaissait bien les Écritures. Mais il y avait une insuffisance grave dans ses connaissances: il ne connaissait rien du baptême que Jésus avait ordonné quand il confia aux disciples la mission d’évangéliser le monde. Apollos enseignait le baptême que Jean-Baptiste avait pratiqué, un baptême qui préparait les gens à recevoir Jésus mais qui n’était plus en vigueur. Il s’agissait bien d’une immersion dans l’eau, mais ce baptême n’avait pas la même signification que celui qui doit se faire au nom de Jésus. Aquilas et sa femme Priscille, ces deux chrétiens qui avaient travaillé avec l’apôtre Paul, ont tout de suite reconnu l’erreur d’Apollos, cette lacune dans sa connaissance de la bonne nouvelle. Au lieu de raisonner qu’après tout, Apollos connaissait déjà le Seigneur et les Écritures et qu’il valait mieux passer leur temps à parler avec ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de Jésus, ce couple l’a pris à part pour parler. Ils «lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu». C’est aussi de l’évangélisation.

Conseils divers

Évitez de dire: «Moi, je pense…», «Dans notre Église nous croyons…», «Mon prédicateur a dit…», etc. Les opinions personnelles ne sauvent pas. Les hommes ont besoin de savoir ce que la Bible enseigne et non pas ce que vous pensez. Dites plutôt: «Jésus a dit…», «L’apôtre Pierre enseigne…», «Selon l’Épître aux Éphésiens…» ou «Voyons ensemble ce que la Bible nous dit à ce sujet en Jacques, chapitre 2».

Il n’y a pas besoin de condamner des personnes ou de citer le nom de tel ou tel groupe religieux pour le condamner. Il est important d’exposer des erreurs – de faux enseignements ou des pratiques qui ne sont pas autorisées par la parole de Dieu (1 Timothée 4.6). Mais on peut signaler que telle doctrine est fausse sans dire que telle Église est mauvaise parce qu’elle l’enseigne. La personne qui vous écoute sera capable de tirer ses propres conclusions.

Sachez qu’il n’y a pas de mal à dire quand on ne sait pas: «Je ne sais pas. Mais j’essaierai de vous trouver la réponse biblique dès que possible.»

Ne vous découragez pas quand les gens ne réagissent pas de la manière que vous espérez. Continuez de les aimer, de prier pour eux, et d’annoncer la bonne nouvelle à ceux qui écouteront. Et ne considérez pas la réaction de ceux qui refusent d’écouter comme un rejet de votre personne. Si vous avez présenté fidèlement la parole du Seigneur, c’est le Seigneur qu’ils rejettent. Jésus dit: «Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé» (Matthieu 10.40).

N’oubliez pas la suite du baptême. Si quelqu’un à qui vous avez prêché la parole l’accepte et se fait baptiser, reconnaissez que le travail n’est pas fini. Jésus a dit de faire des disciples, de les baptiser, ET de leur enseigner tout ce qu’il a prescrit (Matthieu 28.19). Prenez le temps de leur enseigner au sujet de la vie chrétienne et de l’Église du Nouveau Testament.

Examinez-vous pour savoir si vous avez obéi à l’Évangile tel qu’il est enseigné dans le Nouveau Testament (2 Corinthiens 13.5). Si vous n’avez pas encore été immergé pour le pardon de vos péchés, ne renoncez pas à l’évangélisation – faites-vous baptiser!

Conclusion

Dans un monde qui ne croit pas qu’il y ait des vérités objectives et universelles, qui pense que toutes les religions sont bonnes (ou qu’elles sont toutes mauvaises), qui n’accepte pas que ses actions ou ses valeurs soient traitées de condamnables devant Dieu, l’idée même de l’évangélisation est inacceptable. Dans la société occidentale, on essaie de plus en plus de faire taire la voix des chrétiens. Dans le monde musulman, le fait de persuader quelqu’un de devenir chrétien est souvent traité d’acte criminel. Mais les choses n’étaient pas très différentes au premier siècle – la prédication de l’Évangile était «scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Corinthiens 1.23). Pour celui qui pense comme Jésus, par contre, il n’y a rien de plus utile, de plus noble et de plus urgent que d’annoncer dans l’amour sincère le message de vie éternelle en Jésus.

B.B.

Recevoir le pardon de Dieu


« Toi, tu es un Dieu prêt à pardonner, compatissant et
miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. »
Néhémie 9.17

Nous avons besoin de pardonner parce que nous
sommes nous-mêmes dans le besoin du pardon. Dieu
est sans péché, et il n’a besoin du pardon de qui que ce
soit. Malgré nos crimes, si nombreux et si graves, Dieu
nous offre son pardon parce qu’il nous aime. Parce
qu’il est non seulement un Dieu d’amour mais aussi un
Dieu de justice et de sainteté, le Juge de l’univers ne
peut pas laisser les péchés impunis. Comme Dieu a
fourni à Abraham le bélier qui fut sacrifié à la place de
son fils. Dieu a aussi fourni le sacrifice qui paie le prix
de nos péchés: son Fils, Jésus-Christ, qui est mort à
notre place. Le péché ne reste donc pas impuni, mais
le pardon que Dieu nous offre lui a ainsi coûté très
cher.

Nous acceptons le pardon de Dieu par une foi
active et qui s’exprime dans l’obéissance. Pour être
plus précis, on peut identifier cinq étapes dans l’accep-
tation du pardon qui est disponible en Jésus-Christ:

1) Il faut écouter la bonne nouvelle de la mort et la
résurrection de Jésus pour nos péchés (Romains 10.17;
Jacques 1.21).

2) Il faut croire que Jésus est le Fils de Dieu (Jean
3.16,36; 20.31; Romains 1.16)

3) Il faut vous repentir – vous devez accepter de faire
désormais de votre mieux pour éviter le péché et pra-
tiquer le bien (Actes 3.19; 17.30; 20.26).

4) Il faut confesser votre foi – dire devant les hommes
que vous croyez en Jésus (Romains 10.9,10; Matt10.32,33; 1 Timothée 6.12).

5) Il faut vous faire immerger (baptiser) selon le com-
mandement de Jésus «pour le pardon de vos péchés»
(Aces 2.38; 22.16; Marc 16.16; Colossiens 2.12,13).

B.B.

(dans Vol. 11, No. 2)

les 144 000 et la grande foule – l’éternité aux cieux ou sur la terre?

Une doctrine distinctive des Témoins de Jéhovah concerne un chiffre qui se trouve dans le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse. Selon une publication officielle de leur organisation:

«En 1935, les Témoins eurent une intelligence plus claire de ce qu’étaient la classe du Royaume céleste, qui régnera avec le Christ, et les sujets terrestres de ce Royaume. Ils savaient déjà que le nombre des chrétiens oints de l’esprit appelés à régner avec le Christ depuis les cieux se limiterait à 144 000. Quelle espérance aurait donc le reste de l’humanité? Un gouvernement a besoin de sujets pour justifier son existence. Ce gouvernement céleste, le Royaume, aurait aussi des millions de sujets obéissants sur la terre. Il s’agirait de la ‘grande foule que personne ne pouvait dénombrer, de toutes les nations et tribus et peuples et langues’, qui crie: ‘Le salut, nous le devons à notre Dieu [Jéhovah] qui est assis sur le trône, et à l’Agneau [Jésus-Christ].’ – Révélation 7.4,9,10; 14.1-3; Romains 8.16,17.» (L’Humanité à la recherche de Dieu, page 358, ©1990).

On pourrait donc dire que, selon cette doctrine, il y a deux espérances distinctes pour ceux qui font la volonté de Dieu: 144 000 seront aux cieux avec Jésus pour régner; les autres, la «grande foule», espèrent vivre sur une terre transformée en paradis. Les Témoins disent en plus que ceux qui feront partie de la «grande foule» ne deviennent pas membres du corps de Christ, ne naissent pas de nouveau, n’entreront pas dans le royaume céleste, ne sont pas baptisés du Saint-Esprit, n’ont pas droit à la Sainte Cène et n’ont pas part à la nouvelle alliance. Le nombre des 144 000 étant atteint depuis 1935, la prédication des Témoins met l’accent sur l’espérance terrestre de la «grande foule».

L’espace ne permet pas d’explorer tous les aspects de cette doctrine, mais nous allons souligner quand même plusieurs problèmes dans l’explication assez unique que les Témoins de Jéhovah nous offrent à l’égard du sort final des hommes justes.

Où se trouvent les 144 000 et la «grande foule»?

Apocalypse 7 est le passage biblique qui parle des cent quarante-quatre mille et de la grande foule. Il s’ouvre avec un ordre adressé aux quatre anges qui s’apprêtaient à «faire du mal à la terre, et à la mer» : «Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres,  jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille» (Apoc. 7.3,4). La raison pour laquelle les anges destructeurs devaient attendre avant de faire du mal à la terre, c’est que les 144 000 serviteurs de Dieu en question se trouvaient sur la terre et devaient être épargnés du châtiment qui venait.

Le passage suivant, qui commence au verset 9 du même chapitre, parle de la grande foule: «Après cela,  je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte, en disant: Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’agneau. Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants; et ils se prosternèrent sur leurs faces devant le trône, et ils adorèrent Dieu.» (Apoc. 7.9-11). La foule nombreuse dans ce passage se trouve devant le trône de Dieu, là où se trouvaient également les anges – c’est-à-dire aux cieux!

Le seul autre verset de l’Apocalypse qui fait mention d’une grande foule se trouve au chapitre 19.1: «Après cela, j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait: Alléluia! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu.»

Quelle que soit l’identité de cette grande foule, absolument rien dans la Bible ne permet de la considérer comme étant composée de personnes situées sur une terre devenue paradis.

Combien d’espérances et de troupeaux?

Il est intéressant de noter que le Nouveau Testament insiste beaucoup sur l’unité. Tandis qu’il y avait eu au temps de l’ancienne alliance une distinction très nette entre les Juifs et les non-juifs, tel n’est plus le cas. «C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair…vous étiez jadis éloignés, mais maintenant vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation.» (Eph. 2.11-14). «Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.» (Gal. 3.28). «J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger.» (Jean 10.16). «Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps.» (1 Cor 12.13). Alors que ces passages célèbrent l’unité et la paix que Jésus-Christ a créées pour tous ceux qu’il sauve, la doctrine des Témoins de Jéhovah en ce qui concerne les 144 000 et la grande foule met en place une barrière infranchissable et divise en deux les serviteurs de Dieu.  En Éphésiens 4, Paul encourage la paix parmi les fidèles à Éphèse en leur rappelant sept choses fondamentales qu’ils avaient en commun.  «Vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.» (Éph. 4.4-6). Remarquez que la doctrine des Témoins enlève certaines choses de cette liste. Les membres de la foule ne seraient pas dans le corps de Christ, ne seriaent pas oints du même Esprit et n’auraient pas d’espérance d’être avec Christ dans les cieux comme les 144 000. Selon cette doctrine, les bases de l’unité chrétienne ne s’appliquent qu’au groupe privilégié. On doit se demander à quoi cela a servi de «renverser le mur de séparation» entre païen et Juif, et de déclarer que «Dieu ne fait pas d’acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable» (Actes 10.34,35), pour tout de suite après redresser un mur de séparation et refuser toute une liste d’avantages à un groupe qui craint Dieu et pratique la justice, avantages que l’on accorde librement à l’autre groupe.

A qui l’espérance du ciel est-elle offerte?

Selon les publications des Témoins de Jéhovah, les 144 000 sont choisis parmi les disciples éprouvés de Christ, les chrétiens qui ont été fidèles au cours des années. Les fidèles serviteurs de Dieu qui ont vécu avant la naissance de Christ, tout comme les disciples de Jésus qui ne sont pas destinés à régner avec Christ dans les Cieux, feraient partie de la «grande foule».

En Jean 17 Jésus a prié, d’abord pour lui-même, puis pour les apôtres qu’il allait bientôt quitter, et ensuite pour nous tous qui croyons en lui. Après avoir prié spécialement pour les apôtres, Jésus dit: «Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un… Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé avant la fondation du monde.» (Jean 17.21,24). Jésus voulait que nous tous qui croyons en lui soient un et que nous soyons avec lui là où il serait, afin que nous puissions contempler sa gloire.

Selon l’Épitre aux Hébreux, l’espérance d’une demeure aux cieux n’était pas seulement pour quelques-uns qui ont vécu depuis la venue du Christ. L’auteur dit que les patriarches de l’Ancien Testament – Abraham, Isaac, et Jacob – attendaient «la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur.» Ils reconnaissaient qu’ils étaient «étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi mon-trent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.» (Héb. 11.10,13-15).

A maintes reprises Jésus et ses apôtres font appel à l’espérance céleste pour motiver leurs auditeurs et leurs lecteurs à penser et agir de certaines manières. Par exemple, le chrétien ne doit être ni avare ni matérialiste: ce n’est pas la peine de nous attacher aux biens de ce monde quand des richesses nous attendent aux cieux. Jésus dit: «Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel… Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur» (Matt. 6.19-21). «Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s’usent point, un trésor inépuisable dans les cieux.» (Luc 12.33). L’auteur de l’Épître aux Hébreux rappelle à ses lecteurs la bonne attitude qu’ils avaient manifestée précédemment: «Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours.» (Héb. 10.34). Si la plupart des chrétiens n’ont pas droit d’entrer dans le ciel et accéder aux trésors qui s’y trouvent, ou s’ils n’ont pas vraiment la possibilité d’y amasser des trésors, ces textes et bien d’autres ne leur offrent pas de motivation pour ne pas amasser les trésors sur terre ou ne pas  s’affliger quand leurs biens sont arrachés.

C’est la citoyenneté céleste du chrétien qui l’aide  à ne pas participer à la corruption morale de ce monde. Paul dit aux Philippiens: «Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé… Leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ.» (Phil. 3.19-21). Qu’est-ce qui permet qu’on ne pense pas uniquement aux choses de la terre? C’est le fait qu’on est citoyen des cieux. (Or, quel citoyen n’a pas droit d’entrer dans le pays dont il est citoyen?) «Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre… Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité.» (Col. 3.2,5).

Les membres de la «grande foule» n’auraient-ils pas droit de trouver dans une espérance céleste le courage de persévérer face à la persécution et aux diverses épreuves? Car, c’est exactement la sorte d’encouragement qui est proposé du début à la fin du Nouveau Testament. Jésus dit en Matthieu 5.11,12: «Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.» Pierre parle de la joie du chrétien qui est éprouvé: «C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés par diverses épreuves.» (1 Pi. 1.6). Et qu’est-ce qui fait cette joie? «Nous avons ainsi une espérance vivante et pouvons nous réjouir des biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni se gâter, ni se salir, ni perdre leur éclat. Dieu les réserve dans les cieux pour vous.» (1 Pi. 1.3,4, FC).

Que deviendra la terre?

Avant de regarder de plus près le texte en Apocalypse qui a été notre point de départ, il serait bien de considérer le sort de la terre. Les Témoins de Jéhovah enseignent qu’elle sera transformée en paradis et continuera d’être habitée. Ils citent souvent Ésaïe 45.18 qui dit «Car ainsi parle l’Éternel, le créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, qui l’a créée pour qu’elle ne fût pas déserte, qui l’a formé pour qu’elle fût habitée: Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre». Certes, Dieu a créé la terre pour qu’elle soit habitée, mais ce verset ne dit rien concernant la durée de son existence. De la même manière, je pourrais dire que ma femme m’a cousu une chemise pour que je la porte et non pour que je la laisse au placard pour être gâtée par les mites. Mais le fait que je porte la chemise comme ma femme l’a voulu ne veut pas dire que cette chemise restera pour toujours. La Bible elle-même fait une comparaison entre la terre et un habit usé:  «Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains; ils périront, mais tu subsistes; ils vieilliront tous comme un vêtement. Tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés; mais toi, tu restes le même et tes années ne finiront point» (Hébreux 1.10-12). Jésus, aussi, dit catégoriquement que «le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point» (Matt. 24.35). Ces passages, parlent-ils simplement, comme le prétendent certains, du système actuel des choses, de la société humaine et des structures politiques que nous connaissons?  Après tout, disent-ils, quand Dieu a «détruit» le monde par le déluge au temps de Noé, la planète est restée intacte tout en étant purifiée des hommes pécheurs et leurs œuvres. En fait, ce ne sont pas seulement les œuvres des hommes qui sont destinées à passer. Non, tout ce que nous voyons de nos yeux n’est que passager. Voilà pourquoi l’espérance d’une demeure céleste nous est si précieuse. «Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons [notre corps physique] est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste.» (2 Cor. 4.17-5.1).  Ainsi, c’est la terre, et non seulement les œuvres qu’elle renferme, qui sera détruite: «Le jour du Seigneur viendra comme un voleur; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée» (2 Pierre 3.10).

Une autre explication des textes en Apocalypse

Il est bien de pouvoir reconnaître qu’une interprétation d’un passage biblique est fausse parce qu’elle ne peut pas se concilier avec d’autres enseignements clairs de la Bible. Mais il faut essayer aussi de déterminer le vrai sens du texte. C’est ce que nous voulons faire à l’égard d’Apocalypse 7, qui parle des 144 000 et de la grande foule. De quoi parle au juste ce passage?

Il est particulièrement important, avant d’aborder un texte dans l’Apocalypse, de tenir compte du contexte du livre entier, et notamment du contexte historique dans lequel l’apôtre Jean l’a écrit.

Le vaste empire romain qui dominait le monde au temps du Nouveau Testament avait établi le culte des empereurs. Chaque empereur fut déclaré dieu lors de sa mort. On considérait qu’une révolte serait moins probable parmi des gens qui adoraient les chefs de l’empire. On prenait ce culte très au sérieux vers la fin du 1er siècle, et cela fut la cause d’une grande persécution contre l’Église.  Brûler un peu d’encens sur l’autel dans le temple de l’empereur et dire qu’il était «Seigneur et Dieu» était vu comme une preuve de loyauté. Refuser de le faire marquait une personne comme irréligieuse et traîtresse. Cette politique rendit inévitable le conflit entre l’Église et l’empire. Pour les chrétiens, Jésus était le seul Seigneur (1 Cor. 8.5-6, Eph. 4.4,5 et Actes 4.19).

Les chrétiens devinrent l’objet de la haine, des boycottes économiques, et de la persécution jusqu’à la mort. Les empereurs se sont donné l’objectif de faire disparaître de la terre le nom de chrétien. L’Apocalypse fut écrit aux chrétiens dans cette crise afin de les exhorter à la patience et les consoler dans leurs souffrances. Il sert également à avertir les ennemis de l’Église de leur destruction. Le livre se rapporte donc surtout au conflit que vivaient ses premiers destinataires.

Dans les versets qui précèdent la mention des 144 000, l’apôtre Jean voit dans sa vision quatre anges qui retiennent les quatre vents de la terre (est, ouest, sud, nord). Dans les livres prophétiques, le vent représente souvent les jugements de Dieu contre une nation méchante (voir par exemple, Jér. 23.19; 49.36; 51.1-2). Ces jugements sont prêts à s’abattre sur les hommes, mais doivent attendre que les serviteurs de Dieu soient marqués. Cette scène suit la même idée qu’une vision donnée au prophète Ezéchiel. Dieu allait punir Jérusalem pour son péché. Mais avant que les destructeurs ne s’élancent, l’ordre fut donné de faire une marque sur le front de tous ceux «qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les horreurs qui s’y commettent.» Le prophète a vu ensuite les destructeurs frapper tous ceux dans la ville qui n’avaient pas une telle marque (Ezéchiel 9.1-7).

En Apocalypse 7, l’ange a ordonné que la destruction de Rome soit retardée jusqu’à ce que les innocents soient marqués. La raison pour cela est la même que dans la vision d’Ezéchiel: Dieu voulait épargner ses serviteurs de la condamnation des pécheurs.

Cette marque ou sceau n’est pas un signe physique mis littéralement ou visiblement sur chaque vrai croyant. Notez que les serviteurs de Satan aussi reçoivent une marque (13.16-17; 14.9; 16.2). L’image signifie simplement que les deux chefs dans la grande lutte entre le bien et le mal connaissent leurs serviteurs. Le sceau de Dieu montre que celui qui le porte appartient à Dieu et qu’il est sous la protection de Dieu. Il peut toujours souffrir physiquement dans ce monde et même subir le martyr, mais la mort ne peut lui faire aucun vrai mal ni lui faire perdre sa récompense céleste.

Le nombre de ceux qui reçoivent la marque est de 144.000. Il est composé de 12.000 personnes de chacune des 12 tribus d’Israël. Qui sont ces personnes?

Faut-il les identifier aux Israélites selon la chair, les Juifs? Cela est douteux en vue du fait que Jean a déjà deux fois (2.9 et 3.9) refusé le titre de Juifs à des Israélites selon la chair qui, par leur incrédulité, ont perdu leur statut de peuple de Dieu. En plus de cela, le fait que deux tribus (Dan et Ephraïm) ne sont pas mentionnées indique qu’il ne s’agit pas ici des douze tribus littérales de l’Ancien Testament. (Ces deux tribus sont omis peut-être à cause de leur association avec l’apostasie dans l’histoire d’Israël – Juges 18 pour Dan, et la position dominante d’Ephraïm dans le royaume idolâtre d’Israël du Nord.) L’interprétation la plus raisonnable semble être que les 144 000 sont tous ces croyants – juifs et gentils – qui resteraient fidèles face aux persécutions. Il s’agit de l’Israël spirituel, composé de chrétiens de toutes les nations.

Le nombre 144 000 est évidemment symbolique et exprime non pas une limitation, mais le caractère complet de ce qui est compté. Ce nombre est formé à partir du chiffre 12, élevé au carré et multiplié par 1000: 12x12x1000=144 000. Le chiffre 12 est souvent associé au peuple de Dieu (12 tribus, 12 apôtres, 12 fondements pour la cité célèste – Apoc. 21.14, etc.). Au temps du Nouveau Testament, l’expression «les 12 tribus d’Israël» indiquait la totalité de la communauté juive. Tout chiffre mis au carré garde la même signification avec une intensité plus forte: milliers de milliers, myriades de myriades. Mille est un nombre qui donne l’idée de plénitude. Le nombre 144 000 est simplement une manière de désigner la totalité de l’Eglise fidèle sur la terre. Au lieu d’exclure beaucoup de chrétiens des bénédictions, comme certains le disent, ce chiffre de plénitude nous assure qu’aucun ne sera oublié.

Ensuite Jean voit une grande foule qui se trouve, non pas sur la terre, comme les 144 000, mais au ciel, «devant le trône.» Les 144 000 sont toujours au milieu des souffrances, mais la grande foule est composée de ceux qui ont déjà vaincu – ils portent les robes blanches des vainqueurs et portent des palmes, signe de joie et d’adoration (Lév. 23.40, Matt. 21.8,9). Le fait qu’ils soient de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue, les identifie à ceux qui ont été rachetés par le sang de l’agneau (Apoc 5.9). La foule se réjouit et reconnaît que son salut est dû à la grâce de Dieu, et non pas à son propre mérite.

L’un des vieillards demande à Jean d’où sont venus ceux qui composent la foule. Ce n’est pas pour s’informer, puisque lui-même va donner la réponse. C’est plutôt une manière de nous donner ce renseignement. Ce sont ceux qui sont sortis fidèles et donc victorieux de la tribulation, une multitude purifiée par le sang de Jésus. Dans la présence de Dieu lui-même, tous leurs désirs sont satisfaits. Et Dieu essuie toute larme de leurs yeux. Les souffrances sont oubliées.

En voyant les 144 000, Jean contemple des chrétiens qui devaient bientôt passer par une épreuve, mais sur qui Dieu veillait. En voyant la grande foule, Jean contemple des chrétiens qui sont déjà passés par l’épreuve et qui se trouvent maintenant dans les cieux. Les deux groupes représentent l’Église, mais la perspective a changé. Le premier groupe est l’Église sur terre, le deuxième est l’Église triomphante dans les cieux.

Voilà de quoi encourager tous les chrétiens qui doivent passer par des temps difficiles!

B.B.    (avec des remerciments à Max Dauner, auteur de Commentaire sur l’Apocalypse de Jean)

(dans Vol. 11, No. 5)

Peut-on perdre le salut?

Peut-on être sûr de son salut? Les apôtres de Jésus prêchaient sans ambiguïté le pardon qu’il avait rendu possible: «Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui (Jésus) que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse» (Actes 13.38,19). Selon 1 Jean 5.13, on peut bien savoir qu’on a été sauvé: «Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu». Le Seigneur ne veut pas que ses enfants soient dans le doute concernant la réalité de la délivrance qu’il nous accorde du péché et de la mort. «Nous ne voulons pas que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance» (1 Thessaloniciens 4.14). Considérez la confiance exprimée par l’apôtre Paul quand il voyait que le moment de sa mort approchait: «Désormais la couronne de justice m’est réservée; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement» (2 Timothée 4.8).
Si la Bible enseigne qu’une personne peut savoir qu’elle est sauvée, cela ne veut pas dire forcément qu’elle ne peut en aucun cas perdre ce salut. Or, c’est justement ce que de nombreuses personnes affirment. On l’appellent tantôt «la doctrine de la persévérance des saints», tantôt «la sécurité éternelle du croyant». D’autres résument l’idée par la phrase: «Une fois sauvé, toujours sauvé!». Quand on leur pose des questions sur le cas de personnes qui ont cru à l’Évangile mais qui sont maintenant dans un état d’infidélité totale envers le Seigneur, ils affirment souvent que Dieu fera en sorte que ces personnes reviennent forcément à lui avant de mourir. Si elles ne se repentent pas, cela prouve, selon eux, que ces personnes n’avaient pas été sauvées au départ. Leur conversion n’avait pas été réelle. Ils n’avaient pas été parmi les élus de Dieu. D’autres n’admettent même pas qu’il soit nécessaire que la personne sauvée revienne à la fidélité avant sa mort. Ils insistent sur l’idée que du moment où nous avons accepté l’évangile, notre état devant Dieu est garanti inconditionnellement et que ce salut ne peut donc pas être perdu à cause des choix que nous prenons ou des actes que nous posons.
Comme toujours, nous voulons surtout savoir ce que la Bible dit à ce sujet très important.

Les paroles de Christ
La parabole de l’homme qui refuse de pardonner 
En Matthieu 18.21-35 Jésus dit une parabole concernant un roi qui décida de régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui amena un homme qui lui devait une très grosse somme d’argent mais qui n’avait pas de quoi rendre cet argent. Le roi ordonna, selon la coutume et la loi de l’époque, de vendre cet homme comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait. Mais comme son serviteur tomba à genoux et supplia le roi, ce dernier en eut pitié et lui remit sa dette. Le serviteur sortit et rencontra un de ses compagnons qui lui devait une somme très modeste. Il le saisit à la gorge et le serrait à l’étouffer en disant: «Paie ce que tu me dois!» Et il le fit jeter en prison. Lorsque le roi apprit ce qui s’était passé, il fit venir le premier serviteur et lui dit: «Méchant serviteur! Je t’ai remis toute ta dette parce que tu m’as supplié de le faire. Tu devais toi aussi avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi.» Le roi était très en colère; il retira son pardon et envoya le serviteur en prison. Et Jésus ajouta: «C’est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur
Jésus enseigne ici que le pardon de Dieu, bien qu’accordé librement par pures miséricorde et grâce à des pécheurs qui ne le méritent pas du tout, demeure toutefois conditionnel. Le pardon que Dieu accorde peut être retiré si la personne qui le reçoit agit de certaines manières – si, par exemple, après avoir été pardonnée par Dieu elle refuse de pardonner aux autres. Nier cette réalité serait nier que cette parabole ait un sens quelconque.
Le cep et les sarments
En Jean 15.1-6 Jésus se compare lui-même à un cep (une vigne) et ses disciples à des sarments (des rameaux). La source de notre vie spirituelle, c’est Jésus, comme la vigne est la source de vie pour les rameaux. Si nous ne sommes pas unis à Christ, nous sommes morts. «Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie» (1 Jean 5.11). La présence continuelle du Christ dans son disciple dépend en partie de la volonté du disciple: «Demeurez en moi, et je demeurerai en vous» (Jn 15.4). La conséquence quand le disciple demeure en Christ, c’est que le Christ demeure en lui, et le disciple porte du fruit: «Un rameau ne peut porter de fruit tout seul, sans être uni à la vigne; de même, vous ne pouvez pas porter du fruit si vous ne demeurez pas unis à moi. Je suis la vigne, vous êtes les rameaux. Celui qui demeure uni à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruit, car vous ne pouvez rien faire sans moi» (Jn 15.4,5, FC). La conséquence quand le disciple ne demeure pas en Christ, c’est que celui-là ne porte pas de fruit, et qu’il est retranché: «Il coupe chaque rameau qui, en moi, ne porte pas de fruit… Celui qui ne demeure pas uni à moi est jeté dehors, comme un rameau, et il sèche; les rameaux secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent» (vs. 2,6).
Plusieurs fois quand Jésus avertissait ses disciples concernant des temps difficiles et des persécutions futures, il énonça le principe contenu dans ces versets: «Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé» (Matthieu 2.11-13; cf. Matt.10.22; Apoc. 2.10). Il semble évident que le contraire serait vrai: Celui qui ne persévère pas jusqu’à la fin ne sera pas sauvé.
Ces paroles de Christ sont assez directes. La façon la plus naturelle de les comprendre serait de reconnaître que le salut peut bien se perdre. 
Les paroles des apôtres

Les apôtres de Christ ont-ils compris son enseignement de la même manière que nous venons de l’interpréter?
L’apôtre Pierre est très clair:
«En effet, si les hommes qui ont échappé aux mauvaises influences du monde parce qu’ils ont connu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, se laissent ensuite reprendre et vaincre par elles, ils se trouvent finalement dans une situation pire qu’au commencement. Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître le juste chemin, que de l’avoir connu et de se détourner ensuite du saint commandement.» (2 Pierre 2.20,21)
En Romains 11, l’apôtre Paul traite le problème d’Israël incrédule: la majorité des Juifs n’avaient pas cru à l’Évangile, tandis que de nombreux païens avaient accepté le Christ avec joie. Paul compare le peuple de Dieu à un arbre (un olivier) et les individus à des branches. Ceux des Juifs qui ne croyaient pas à la bonne nouvelle étaient comme des branches qui ont été coupées; les païens qui sont devenus chrétiens étaient comme des branches d’olivier sauvage greffées à leur place sur cet olivier cultivé. Aux versets 20-23 Paul s’adresse à un chrétien d’origine païenne qui risquait de s’enorgueillir: «Tu vas me dire: “Mais, des branches ont été coupées pour que je sois greffé à leur place.” C’est juste. Elles ont été coupées parce qu’elles ont manqué de foi, et tu es à cette place en raison de ta foi. Mais garde-toi de l’orgueil! Crains plutôt. Car, si Dieu n’a pas épargné les Juifs, qui sont des branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Remarque comment Dieu montre sa bonté et sa sévérité: il est sévère envers ceux qui sont tombés et il est bon envers toi. Mais il faut que tu demeures dans sa bonté, sinon tu seras aussi coupé comme une branche. Et si les Juifs renoncent à leur incrédulité, ils seront greffés là où ils étaient auparavant» (FC).
Ce que dit l’apôtre Paul à son propre sujet surprend beaucoup de lecteurs: «Je traite durement mon corps et je le maîtrise sévèrement, afin de ne pas être moi-même rejeté après avoir prêché aux autres» (1 Corinthiens 9.27). Paul reconnaissait le danger de se voir rejeter par Dieu s’il se mettait à tolérer le péché dans sa propre vie ou à être dominé par ses désirs charnels. Certains enseignent que Paul ne craignait pas la perte de son salut, mais qu’il avait peur de se disqualifier pour le service de Dieu ou de ne pas recevoir une pleine récompense pour son oeuvre. Mais le contexte montre que cela n’est pas le cas. Il poursuit son idée, en effet, en rappelant aux Corinthiens l’exemple des Israélites dans le désert. Ils avaient été délivrés de l’esclavage en Égypte et avaient reçus de nombreuses bénédictions de la part de Dieu, mais «la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu et c’est pourquoi ils tombèrent morts dans le désert» (1 Cor. 10.5). Ceux-ci n’ont pas atteint le pays que Dieu leur avait promis, le Canaan. Les chrétiens, pour leur part, ont été délivrés «de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13) et de la servitude au péché, et ils reçoivent aussi de nombreuses bénédictions de la part de Dieu. Ils doivent se garder de tomber dans la même sorte de péchés que les Israélites – idolâtrie (v. 6), immoralité sexuelle (v.8), rébellion (v.9), murmures (v.10) – et de perdre, eux aussi, l’accès au pays que Dieu leur promet, c’est-à-dire le ciel. Le danger est réel et non imaginaire. Paul dit concernant les Israélites: «Ces malheurs leur arrivèrent pour servir d’exemples à d’autres; ils ont été mis par écrit pour nous avertir… Par conséquent, celui qui pense être debout doit prendre garde de ne pas tomber» (1 Cor. 10.11,12).
Les autres livres du Nouveau Testament aussi parlent de cette manière. Voyez, par exemple, Jacques 1.12; 5.19,20; 2 Pierre 1.5-11; 3.16-18; 2 Jean 7-9; Col. 2.4-8; Apoc. 22.19; etc. 
Des cas concrets

Le Nouveau Testament ne traite pas la perte du salut comme une simple possibilité théorique: il se réfère à des cas concrets, différentes personnes qui avaient été dans la foi mais qui ont été perdues par la suite. Tout en exhortant Timothée de combattre «le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience», Paul déclare que «quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi». Il cite Hyménée et Alexandre comme étant de ce nombre. (1 Tim 1.18-20).
Dans la même lettre Paul donne des instructions concernant des veuves qui devaient ou ne devaient pas être assistées matériellement par l’Église. Celles qui recevaient cette assistance devaient prendre une sorte d’engagement solennel. L’apôtre dit en 1 Timothée 5.11,12,15: «Mais refuse de mettre les jeunes veuves sur la liste; car lorsque leurs désirs les poussent à vouloir se remarier, elles se détournent du Christ et se rendent ainsi coupables d’avoir rompu leur premier engagement à son égard… Car quelques veuves se sont déjà détournées du droit chemin pour suivre Satan» (FC). Le danger était réel. Certaines sœurs en Christ avaient déjà été perdues.
Toujours en 1 Timothée, Paul met en garde contre le danger que représente l’amour de l’argent (et ce danger concerne les chrétiens autant que les non-chrétiens): «Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments» (1 Tim. 6.9,10).
En Galatie, aussi, il y avait eu des cas concrets de personnes qui avaient bénéficié de la grâce de Dieu, qui avaient été sauvées, mais qui étaient tombées de la grâce: «Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce» (Gal. 5.4).
L’Épître aux Hébreux parle beaucoup du danger de perdre le salut. Elle, aussi, se réfère à des personnes qui avaient clairement été sauvées mais qui ne l’étaient plus: «Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés…» (Héb. 6.4-6).
Il est sûr que dans chaque génération certains ont seulement fait semblant de croire, et leurs professions de foi étaient fausses dès le départ. Mais il est aussi sûr, selon ce que nous lisons dans les Écritures, que d’autres ont réellement abandonné une vérité après y avoir obéi de tout cœur. 

Des arguments en faveur de «la sécurité éternelle du croyant»
Pourquoi alors certains diraient-ils que le salut ne peut pas se perdre? Nous sommes sûrs que ces gens sont sincères dans ce qu’ils croient et qu’ils pensent avoir une base biblique pour leur point de vue. Mais quels arguments trouvent-ils pour appuyer une doctrine qui semble contredire non seulement le sens commun, mais tous ces passages bibliques que nous venons de voir?
1. «La vie éternelle ne peut pas avoir de fin, sinon elle n’est pas éternelle.»
Certaines personnes, en réfléchissant à la déclaration de 1 Jean 5.13 qui dit que nous pouvons savoir que nous avons la vie éternelle, se posent la question suivante: «Si la vie éternelle peut être terminée, comment peut-on la considérer comme étant éternelle?» Il est certes vrai que la vie éternelle demeure pour toujours. Elle ne peut cesser. Mais le Nouveau Testament nous avertit à maintes reprises que notre privilège de participer à cette vie éternelle dépend directement de notre persévérance à demeurer en celui en qui cette vie est rendu disponible aux hommes. Si nous cessons de demeurer en lui, la vie éternelle continue; mais notre participation à cette vie prend fin. «Votre véritable vie, c’est le Christ» (Col. 3.4). «Le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur» (Rom. 6.23). «Voici ce témoignage: Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie nous est accordée en son Fils. Celui qui a le Fils a cette vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie» (1 Jn. 5.11,12). «Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui« (1 Jn 2.28).

2. «Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu ni nous ravir de sa main»
Une merveilleuse promesse du Sauveur se trouve en Jean 10.28,29: «Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.» Malheureusement, beaucoup de gens citent cette promesse en omettant le verset 27, qui fait partie de la déclaration de Jésus. Il présente la condition qui régit la promesse: «Mes brebis écoutent ma voix; je les connais, et elles me suivent» (FC). Ces verbes sont au temps présent, qui en grec indique une action qui continue. La sécurité que Jésus promet n’est pas offerte à ceux qui ne continuent pas de le suivre.
Nous avons d’autres promesses, comme celle de Romains 8.38,39: «Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre chose ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur». Il est important de distinguer entre tous les ennemis possibles que Paul énumère et le croyant lui-même. Aucun esprit, aucune force, aucune circonstance ne pourrait enlever de la main de Christ même le plus faible qui se confie en lui. Il y a une sécurité totale en Christ pour la brebis qui suit le berger et écoute sa voix. Mais Dieu ne nous tiendra pas en captivité si nous décidons de l’abandonner.
Rien de l’extérieur à l’enfant de Dieu ne peut lui ravir son salut, mais de mauvais choix faits par le chrétien, le reniement du Seigneur, par exemple, peut le ramener dans un état de perdition. Le danger vient du dedans, de notre propre volonté.

3. «Une fois qu’on est né, on ne peut pas cesser d’être un fils de son père.»
D’autres personnes considèrent la question du point de vue de la nouvelle naissance. Une fois qu’un enfant nous est né, il demeure toujours notre enfant, même si parfois il nous déçoit profondément par ses actions. Dans notre conversion au Christ, nous sommes devenus enfants de Dieu. Il est vrai que nous pouvons attrister notre Père céleste, mais ces gens considèrent qu’il nous reconnaîtra toujours comme ses enfants, et donc ses héritiers. En réalité, notre état de «fils de Dieu» demeure conditionnel tout au long de notre séjour sur la terre. Considérez ces déclarations de l’apôtre Paul: «Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tousceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu… Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui» (Rom 8.12-14,17). «Si nous persévérons, nous régnerons avec lui; si nous le renions, lui aussi nous reniera» (2 Tim. 2.12). Si nous cessons de nous laisser conduire par l’Esprit Saint qui nous parle à travers la parole de Dieu, nous ne serons plus «fils de Dieu».
Même dans une famille physique, un parent aura toujours de l’amour pour son enfant, mais un enfant rebelle peut, par son comportement, rendre impossible une bonne relation avec le parent, au point même de se voir déshériter.

4. «Ceux qui rechutent n’avaient pas été sauvés; le fait qu’ils sont tombés montre qu’ils n’avaient pas été sauvés»
L’un des avertissements les plus forts concernant le danger de perdre le salut se trouve en Hébreux 10.26,27: «Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement». Cet avertissement ne s’adresse pas, comme certains le disent, à des non-croyants qui hésitent de mettre leur confiance en Christ; l’auteur parle plutôt à des «frères » qui ont «au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous» (vs. 19,20), – des hommes qui n’ont qu’à retenir «fermement la profession de notre espérance» (v. 23) et ne pas «abandonner notre assemblée» (v. 25) pour l’encouragement mutuel dans la foi. Les lecteurs auxquels l’avertissement s’adresse sont des «frères» qui ont déjà «accompli la volonté de Dieu» (v. 36) jusqu’au moment présent, et qui ont simplement besoin de ne pas «abandonner leur confiance» (v. 35) en Christ. Ils sont actuellement des croyants et ne sont pas de «ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme» (v.39). Ayant clairement à l’esprit la situation des lecteurs, on ferait bien de relire les nombreuses exhortations ailleurs dans cette épître, dans laquelle l’auteur plaide avec des chrétiens d’origine juive de ne pas tourner le dos à Jésus-Christ et perdre leur salut. (Héb. 3.6-19; 4.1-16; 6.4-9, 10-12; 10.19-31, 35-39; 12.14-17).
Dieu nous aime plus que nous ne pouvons jamais comprendre, et il désire tant le salut de chacun de nous qu’il a payé le prix ultime: le sang de son Fils Jésus-Christ. Il nous appelle par l’Évangile. Il nous donne son Esprit pour nous fortifier. Mais il ne force personne. Nous devons croire et être baptisés en Christ (Gal. 3.26,27; Rom. 6.3), et puis demeurer en Christ jusqu’à la fin (Jn. 8.31). Si nous ne retenons pas l’Évangile par lequel nous sommes sauvés, nous aurons «cru en vain». (1 Cor 15.1,2).
B.B.
(Beaucoup d’idées dans ce numéro sont empruntés du livre Life in the Son, par Robert Shank.)

(dans Vol. 10, No. 5)